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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 5 août 2024 19 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleTravail & emploiInstitutions & élections

Instant Porcher | Le bilan désastreux que Macron tente de vous faire oublier avec les JO

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Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 75 %Défensif 25 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:16PrésentateurChiffre
    « les prix des biens alimentaires ont fait plus de 20%. »
  • 1:46PrésentateurChiffre
    « Le taux de départ en vacances monte à 76% chez les plus aisés, mais il est seulement de 42% pour les plus modestes, donc aux revenus inférieurs à 1 285 euros par mois. »
  • 5:37PrésentateurFait
    « Le pouvoir d'achat des Français par unité de consommation fluctue depuis 2017. »
  • 5:41PrésentateurChiffre
    « En 2023, il a augmenté de 0,3% par rapport à l'année précédente. »
  • 5:55PrésentateurChiffre
    « On compte plus de 9 millions de pauvres en France en 2023, c'est-à-dire un niveau de vie avec moins de 1 216 euros par mois par unité de consommation. »
  • 9:17PrésentateurChiffre
    « l'inflation a reflué. Donc, s'établissant à plus 2,3% sur un an en juin 2024, contre plus 4,5% un an plus tôt, »
  • 9:39PrésentateurChiffre
    « Sur l'année, le salaire moyen par tête réelle augmenterait en moyenne de 0,5%. »
  • 9:47PrésentateurFait
    « une inflation à plus 2,3% veut dire que les prix continuent d'augmenter. »
  • 10:43PrésentateurChiffre
    « le taux d'inflation cumulé, c'est-à-dire qu'on prend toutes ces années, les prix des biens alimentaires ont fait plus de 20%. »

Temps de parole

  • Présentateur67 %
  • Présentateur 233 %

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Présentateur

Le Média à la place de CNews ou BFM ? Oui ou non ? Rendez-vous sur tnt.lemediatv.fr En juillet-août, quand vous avez une famille, vous êtes obligés de partir en vacances parce qu'il y a des vacances scolaires. Et dans ce calendrier scolaire, tout est très cher. La SNCF est très chère, les locations sont très chères, même si vous prenez un an à l'avance, les prix des biens alimentaires ont fait plus de 20%. C'est énorme ! Et pas les salaires ! Pas les salaires ! Si on regarde une seule année, ça peut être très dangereux. Là, il faut regarder le taux d'inflation cumulé.

Bonjour tout le monde, vous le savez, malgré notre dossier sérieux et la ferveur populaire, le Média n'a pas été sélectionné par l'Arcom pour être diffusé sur la TNT. Mais nous ne lâchons pas le combat et nous nous engageons à un recours après le renouvellement de CNews. 6 chaînes sur 15 au groupe Bolloré ou encore l'arrivée de Réel TV, chaîne du milliardaire Kretinsky, nous exigeons une répartition plus équitable et plus démocratique des fréquences TNT. Signez et partagez notre grande pétition sur tnt.lemediatv.fr. Vous rêvez d'une autre info sur la TNT, nous aussi. Pour nous, on est ravis de vous retrouver pour ce nouvel épisode de l'Instant Porché.

À l'heure où l'on est assommé par les discours de toutes parts, il est bon de se poser, faire le tri et décrypter. Bonjour Thomas. Salut Lisa. Avec toi aujourd'hui au programme, les vacances, ça ne concerne pas tout le monde et la politique économique de Macron dans laquelle il s'entête malgré les résultats négatifs concrets pour les Français. C'est parti. Début du mois d'août, ciel bleu, enfin ça, ça dépend. Tout cela ferait presque oublier le bilan de Macron dans lequel il s'entête encore et toujours plus. Commençons par un exemple.

Malgré les reportages qui se multiplient sur les départs en vacances, c'est finalement seulement 60% des Français qui font leur valise une fois par an, selon l'Observatoire des inégalités. Le taux de départ en vacances monte à 76% chez les plus aisés, mais il est seulement de 42% pour les plus modestes, donc aux revenus inférieurs à 1 285 euros par mois. Le taux des plus pauvres retrouve le début des années 2000. L'Observatoire explique que les catégories supérieures partent plus car elles gagnent plus, mais aussi parce qu'il y a toute une socialisation autour des vacances.

Ça fait partie du mode de vie, et ce souvent depuis l'enfance, entre l'habitude mais aussi les réseaux qui font qu'on peut aller dans les résidences secondaires. Thomas, je le disais, on retombe à un niveau des années 2000 pour les plus modestes qui partent en vacances. Qu'est-ce que ça veut dire pour toi ? Comment tu l'analyses un peu ? On voit très bien que les fruits de la croissance, de la création de richesses, n'ont pas été partagés de manière équitable. Ils ont été captés par une infime partie de la population, qui elle peut se faire toujours plaisir en allant toujours plus loin, dans des conditions toujours plus idylliques.

Et puis il y a une partie de la population qui elle, régresse et revient à un niveau 24 ans de pauvreté qui va dans celui d'il y a 24 ans. Et donc il y a une forme de régression. Et c'est l'inverse de ce que devrait être l'évolution d'un pays. Quand je vois aujourd'hui qu'on est revenu aux années 2000 pour ces gens-là, ou par exemple que les Grecs sont plus pauvres qu'il y a 20 ans, et bien là vous vous dites que c'est quelque chose qui ne va pas dans le sens normalement de l'évolution économique. Parce qu'il y a eu en 24 ans de la croissance. Et cette croissance, cette création de richesses, elle a été mal partagée. Et c'est ça le constat en fait de ces chiffres-là.

C'est important aussi pour un pays que sa population parte en vacances ? C'est très important. C'est très très important. Et tu l'as très bien dit au début, c'est qu'il y a effectivement la première, c'est la contrainte du revenu, parce que les vacances coûtent cher. Parce que toutes les tarifications, vous savez maintenant vous avez des tarifications qui varient en fonction de l'offre et la demande, et toutes les tarifications sont faites pour qu'en juillet-août ce soit cher. Et en juillet-août, quand vous avez une famille, vous êtes bloqué, et vous êtes obligé de partir en vacances parce qu'il y a des vacances scolaires.

Quand vous êtes un étudiant, vous pouvez partir dans des zones un peu plus creuses en début septembre, ou en juin quand vous avez fini vos examens. Quand vous êtes célibataire et que vous travaillez, que vous êtes salarié, vous pouvez partir en gros sombre presque quand vous voulez. Mais quand vous êtes une famille, vous êtes enfermé dans le calendrier scolaire. Et dans ce calendrier scolaire, tout est très cher. La SNCF est très chère, les locations sont très chères. Même si vous prenez un an à l'avance, tout le monde sait que c'est une zone où il y a beaucoup de demandes et les prix sont chers. Donc il y a la contrainte de revenu. Mais il y a aussi clairement le mode de vie.

Quand toute votre vie, vous n'êtes pas parti en vacances, vous commencez à être étudiant, les deux mois de vacances sont deux mois où vous pouvez accumuler une petite épargne que vous utiliserez dans l'année en travaillant. Ou sinon, vous allez au centre de loisirs, etc. Donc il y a aussi, c'est vrai, une façon de voir les choses. Moi, je me souviens que j'avais lu ce livre de Tachine Shikoat, qui est un penseur afro-américain très, très connu. Et il expliquait que voilà, quand il était jeune et qu'il a commencé à gagner de l'argent, il trouvait que partir en vacances, c'était de l'argent perdu. Et il ne comprenait pas ça. Et que maintenant, il comprend très bien.

Et c'est ce qu'il fait avec ses enfants. Maintenant qu'il a vendu des best-sellers, etc., c'est qu'il a très bien compris que les vacances, c'était pas en fait une dépense perdue. C'était plutôt un investissement parce qu'on découvrait d'autres choses, on sortait de son quartier, etc. Donc c'est important, les vacances scolaires sont importantes. Et c'est d'ailleurs pour ça que les riches partent beaucoup en vacances parce qu'ils savent que ça ressource.

C'est pour ça qu'ils ont beaucoup de dépenses aussi de loisirs qui peuvent être vues comme futiles dans les classes populaires, mais qui font du bien, qui sont les dépenses bien sûr médicales, mais aussi paramédicales et les dépenses de bien-être. Et donc c'est très, très important. Mais quand on a énormément de dépenses contraintes, des contraints revenus, pour beaucoup, la dépense de loisirs, c'est une dépense qui ne sert à rien. Cet été, c'est aussi un bon temps pour faire un nouveau bilan de Macron qui s'entête dans sa politique économique malgré ses effets négatifs et dans son gouvernement malgré la défaite aux élections législatives.

Le pouvoir d'achat des Français par unité de consommation fluctue depuis 2017. En 2023, il a augmenté de 0,3% par rapport à l'année précédente. On voit des petites montagnes, mais tout de même un abaissement du niveau de vie en général depuis le début du premier quinquennat Macron en fait. Le taux de pauvreté a lui augmenté depuis 2017. On compte plus de 9 millions de pauvres en France en 2023, c'est-à-dire un niveau de vie avec moins de 1 216 euros par mois par unité de consommation. Thomas, est-ce que ces résultats, ils sont du fait de la politique économique d'Emmanuel Macron ou de la fameuse conjoncture économique et de la géopolitique mondiale ? On va dire des deux.

En fait, quand on évalue le revenu, ce que quelqu'un gagne, il y a plusieurs échelons. Il y a le revenu qui est le salaire, c'est-à-dire ce qu'il va gagner dans l'entreprise, comment l'entreprise le paye. La deuxième partie, c'est les prestations sociales qui vont toucher les allocations familiales, les aid de logement, etc. Et la troisième chose, c'est quand on prend en compte après tous les services publics qui lui sont offerts.

Quand on prend en compte la totale, il est vrai que la France, qui a un modèle très redistributif depuis toujours et que Macron a abîmé, vous avez effectivement les inégalités qui se réduisent drastiquement entre ce que vous touchez, entre les différences de salaire et ce que vous avez au final grâce à la redistribution. Mais Macron, dans toute sa politique, s'est concentré que sur les salaires. Donc il a fait des micmacs sur les cotisations, etc. En disant, mais regardez, vous augmentez vos revenus. Mais de l'autre côté, les prestations baissaient et il y avait des attaques très sérieuses sur les services publics.

Donc quand on prend le revenu en prenant en compte ces trois éléments, bien sûr que les plus pauvres se sont appauvrés. Et on l'avait souvent dit ici, ce que Macron vous donne d'un côté, il vous le retire de l'autre côté. La taxe d'habitation, il vous le rend, vous êtes content, vous ne payez plus la taxe d'habitation, par exemple. Vous dites, ah ben, j'ai gagné un peu d'argent, mais il va vous le retirer de l'autre côté, puisqu'il y a un problème d'équilibre des budgets. Donc la politique de Macron, ça a été une politique clairement qui a visé toujours, pour les classes populaires, à leur donner une chose et à leur retirer encore plus via les économies sur les services publics.

Notamment pour rembourser en partie aussi ces baisses d'impôts sur les plus riches sur les entreprises. Et puis après, il y a l'aspect géopolitique conjoncturel qui a fait très fortement augmenter les prix avec l'inflation. Il n'y a pas eu de vraie réponse politique là-dessus. Il y a eu quelques aides à droite et à gauche qui ont eu un effet, c'est clair. Mais il n'y a pas eu une réponse globale sur le pouvoir d'achat.

De sorte qu'entre 2020 et 2023, à part le SMIC, parce qu'il est indexé, et nous avions souvent ici défendu l'indexation des salaires, notamment les indexations en dessous du salaire moyen, mais comme il est indexé, a tenu en termes de pouvoir d'achat, mais le salaire moyen a perdu en pouvoir d'achat. Les prestations sociales, les retraités ont perdu en pouvoir d'achat. Et les rattrapages qu'il y a aujourd'hui, ce sont des rattrapages après coup. C'est pour ça qu'il ne faut pas regarder la donnée en disant « Ah ben ces trois derniers mois, les salaires ont augmenté plus vite que l'inflation. » Oui, mais ce n'est pas ça.

Je veux dire, si le pouvoir d'achat, il chute drastiquement et qu'il reprend un petit peu des couleurs. Ça ne veut pas dire qu'on est revenu au niveau de départ. Donc oui, il y a eu une perte de pouvoir d'achat comme on n'a jamais vu depuis les années 70. Et aujourd'hui, on ne l'a toujours pas rattrapé. Et donc, il y a eu trois ans où les Français ont dû s'adapter. Ils ont dû faire pareil, continuer leur vie avec moins. Alors, ils ont réduit la voilure, notamment sur les vacances, je pense, notamment sur les dépenses de loisirs. Et ils ont été plus sur les discounters pour acheter des aliments. Donc, il y a eu une vraie adaptation.

Et on ne peut pas dire aujourd'hui, parce que les salaires réaugmentent un peu plus ces trois derniers mois par rapport à l'inflation, que c'est fini. Ce n'est pas fini. Justement, tu en parles. C'est bien aussi de faire des rappels de chiffres, un révélateur du quotidien concret des Français. Par exemple, des médias avaient pu dire, tu l'as dit, que les salaires ont augmenté de 3,8% cette année, un niveau supérieur à l'inflation. Alors, l'INSEE a rectifié ça. On va faire un petit peu de chiffres, mais au moins, on comprendra bien. En fait, l'inflation a reflué.

Donc, s'établissant à plus 2,3% sur un an en juin 2024, contre plus 4,5% un an plus tôt, les hausses de salaires restent toutefois modérées. C'est l'INSEE qui le dit. Après deux années de recul en 2022 et en 2023, le ralentissement des salaires en 2024 serait un peu moins marqué que celui des prix, si bien que les salaires réels repartiraient légèrement à la hausse. Sur l'année, le salaire moyen par tête réelle augmenterait en moyenne de 0,5%. Et on le rappelle, une inflation à plus 2,3% veut dire que les prix continuent d'augmenter. Ils augmentent juste un peu moins rapidement. Thomas, comment on doit analyser un peu tous ces chiffres ?

Parce qu'on dit que l'inflation ralentit, c'est bien, etc. Mais comme tu l'as dit, il faut un rattrapage des salaires. Alors, la première chose qu'il faut dire, il faut s'en méfier, c'est que chaque fois qu'il y a une grande crise, on essaye, en manipulant des données, avec parfois beaucoup de maladresse, de dire en fait que tout ça est psychologique. Moi, je me souviens, dans la crise 2008, il y a beaucoup de gens qui ont dit « Mais non, c'est psychologique, la crise 2000, c'est fini, c'est dans la tête des gens, c'est les gens qui ne veulent pas. » Et là, on essaie de nous expliquer la même chose.

Non, non, non, il n'y a pas eu de problème de pouvoir d'achat, tout va bien, circuler, il n'y a rien à voir, regardez, les salaires ont augmenté de temps. Si on regarde une seule année, ça peut être très dangereux. Là, il faut regarder le taux d'inflation cumulé, le cumul qu'il y a eu sur les trois dernières années depuis 2020 ou 2019. Et là, quand on regarde le taux d'inflation cumulé, c'est-à-dire qu'on prend toutes ces années, les prix des biens alimentaires ont fait plus de 20%. C'est énorme. Et pas les salaires. Et pas les salaires. Voilà. Pas les salaires. Les salaires, ils ont augmenté la première année de 1, 2% à peine. Donc là, plus de 20%, c'est énorme.

Donc il y a un rattrapage des salaires qui va se faire, mais qui doit encore se faire. Et donc, pendant ces trois dernières années, les gens vont quand même tous les jours au supermarché. Donc les prix alimentaires, c'est l'inflation qu'ils perçoivent. Quand ils vont au supermarché, ils ont l'impression de pouvoir moins acheter. Donc la réalité, c'est que les salaires n'ont pas suivi l'inflation ces quatre dernières années. Et que ce n'est pas parce que le dernier mois ou la dernière semaine ou le dernier trimestre, on a ces salaires qui augmentent plus vite que l'inflation qu'on peut dire que c'est fini, on a retrouvé le pouvoir d'achat. C'est faux.

Parce qu'il y a eu une chute vertigineuse les trois années précédentes. Et que le rattrapage va mettre un certain nombre de temps. Comment c'est possible de se retrouver encore avec des résultats comme ça en France, en 2024 ? Est-ce qu'il faut remettre au centre de la question le pouvoir d'achat ? Quand je dis remettre au centre de la question, évidemment, on en parle énormément dans les interviews politiques, etc. C'est un mot qui revient beaucoup. C'est une expression qui revient beaucoup. Mais est-ce qu'il faut vraiment remettre le fond du problème sur la table ? En fait, le vrai problème dans le pouvoir d'achat, c'est les salaires.

Ce qui essaie de nous faire croire la Macronie, c'est qu'en fait, c'est un problème de taxes. Donc pour eux, la question du pouvoir d'achat, c'est la baisse des taxes. Alors, ils ont déjà baissé les cotisations, comme je l'ai dit, au début du quinquennat. Je crois que les gens ne s'en souviennent même plus. Ils veulent baisser encore un peu. Ils veulent baisser l'impôt sur le revenu. Ils essaient de toucher aux taxes. En fait, la vraie question, c'est le salaire. Et le salaire, c'est le nerf de la guerre. Et je veux dire, ça ne date pas d'hier. Ça fait à peu près, je veux dire, dans la création de richesses, dans la valeur ajoutée, la part des salaires a diminué dans les années 80.

Elle a chuté drastiquement. Elle est stable depuis. Elle est stable, mais elle a chuté drastiquement. Et depuis les années 80, on n'en parle plus. Et je veux dire, tout le monde constate ça. Je veux dire, même au niveau européen, il y avait un moment le président de la Commission qui avait dit, maintenant, il faut parler de l'augmentation des salaires. Je veux dire, la question, elle est là. Mais pourquoi c'est une question difficile ? Parce que c'est une question qui touche au partage des richesses créées. C'est ça. Et donc, les gens, ils veulent vous dire que non, si on augmente les salaires, ça va coûter trop cher aux entrepreneurs. Ils vont partir, ils vont délocaliser.

Voilà, on achète tous les chiffons rouges pour dire que ce serait une catastrophe. Mais c'est là le vrai combat. Et c'est le vrai combat de la gauche aujourd'hui. C'est celle de dire, voilà, on va mieux rémunérer le travail. Et tout le monde l'a constaté. Je veux dire, même des industriels comme Michelin, on dit le SMIC, on ne peut pas vivre avec. Dans l'hôtellerie, ils disent qu'ils n'arrivent plus à attirer des profils parce que le travail est trop mal payé par rapport aux heures fournies. Tout le monde le constate. Donc, il va falloir à un moment qu'il y ait cette question qui soit mise sur la table. La question des salaires, d'augmenter les salaires.

Et je veux dire, ce ne sera pas probablement aussi inefficace qu'on le dit parce que quand vous payez bien quelqu'un, il travaille mieux. Je veux dire, il travaille mieux. Quand vous payez quelqu'un très mal, à la fin, il utilise tous les moyens pour, ça s'appelle le salaire d'efficience, pour faire en sorte de ne pas produire ce qu'il doit produire parce qu'il est mal traité. Si vous voulez que des salariés s'investissent dans l'entreprise, il faut bien les rémunérer. C'est le nerf de la guerre.

Et donc, cette question-là, elle doit être portée vraiment par la gauche parce que ni la Macronie, ni la droite, et je crois qu'une partie du PS, je pense que le rapport de force à tenir serait tellement fort avec le patronat, ne veut porter cette question-là. Or, c'est la question, pour moi, c'est la question centrale aujourd'hui d'un gouvernement de gauche. Va-t-il augmenter les salaires en commençant par le SMIC ? Oui ou non ? Surtout, Emmanuel Macron n'arrête pas de viser les prestations sociales. même certains peuvent dire le mot « assistana », le fameux, etc.

Mais si on toque à la porte des entreprises privées qui, elles, font des bénéfices pour augmenter les salaires, je parle des grandes entreprises, etc., on ne parle pas des PME, TPE, qui, à chaque fois, reviennent dans le débat que pendant cette question-là, d'ailleurs. S'ils toquent à la porte des entreprises pour que les salaires augmentent, il y aura forcément moins de prestations sociales aussi. Donc, on n'arrête pas de nous parler d'aide de déficit, mais on dirait qu'ils ne veulent pas aller chercher l'argent là où il est. Non, non, ils ne veulent pas chercher l'argent là où il est.

Mais ce qui est assez marrant, c'est que chez Macron, en fait, il y a une volonté de dire « bon, ok, le travail ne paie pas, mais pour sauver la dignité des gens qui travaillent et qui n'ont pas un grand salaire, on va faire en sorte que ceux qui ne travaillent pas soient encore plus dans une situation difficile. Parce que, déjà, aujourd'hui, il faut le dire, ceux qui touchent des prestations, à pas. Je veux dire, il y a toujours un exemple qu'on va vous trouver, mais je crois qu'il n'existe même pas. Parce que je crois que c'est une légende urbaine de dire qu'on va mieux gagner avec des prestations qu'en travaillant. Voilà, ça peut un peu se toucher.

Il peut y avoir, dans certains cas, dans certains cas des arbitrages. Mais globalement, le travail ne se résume pas uniquement qu'au salaire. Parce que vous avez quand même une reconnaissance sociale et une dignité dans le travail. Et on l'a bien vu quand les plateformes sont ouvertes. Il y a beaucoup de gens qui ont plongé là-dedans en travaillant beaucoup et en gagnant très peu. Parce qu'au moins, ils avaient une forme de dignité. Et c'est ça qui est scandaleux. C'est-à-dire que, oui, ils peuvent travailler. Oui, c'est bien, mais il faut qu'ils aient un droit du travail. Et d'ailleurs, la plupart des chauffeurs Uber aujourd'hui s'en plaignent.

Mais ils sont quand même, ils ont réussi à employer plein de gens qui voulaient travailler pour avoir une certaine dignité, même si les conditions étaient dégradées. Mais Macron, comme il ne veut pas s'attaquer au salaire, il a théorisé lui-même l'ubérisation de l'économie. Il a rendu avec des lois de travail les CDI qui sont de plus en plus cassables et on peut plus en plus facilement licencier quelqu'un. Son but, c'est de dire, bon, vous avez perdu beaucoup de dignité, vous avez perdu beaucoup de sécurité. L'ubérisation de l'économie, on s'en rend compte, c'est très dur. Donc, qu'est-ce qu'on va faire ?

Pour que vous vous sentiez quand même bien, on va faire en sorte que les autres, ils aient encore moins de prestations. Comme ça, vous pourrez dire, je travaille et ça paye plus. C'est ça son but. Mais ce n'est pas ça le nerf de la guerre. Aujourd'hui, le nerf de la guerre, c'est de faire en sorte que ceux qui sont des travailleurs indépendants, l'ubérisation, que ça cesse, qu'au bout d'un moment, ce soit contractualisé dans un cadre et de faire en sorte que ceux qui aient des salaires, ils gagnent plus. Qu'il y ait un retour stratégique, ça permet aussi de détourner le regard des gens vers le bas plutôt que vers le haut ? Exactement.

La victoire des gens qui sont les plus riches, qui sont un petit nombre en réalité, grands patrons, gens qui sont des gagnants de ce système-là, qui sont un plus petit nombre, c'est quoi ? Ils savent qu'ils sont un plus petit nombre. Donc, ils restent unis bien que parfois concurrents. Ils restent unis sur un certain nombre d'éléments. Par exemple, les baisses d'impôts, ils peuvent être très concurrents parfois, mais ils sont tous d'accord sur le fait qu'il faille baisser les impôts. Sur la réglementation du marché du travail, ils sont concurrents parfois de grandes boîtes, mais ils sont d'accord sur le fait qu'il faille déréglementer le travail.

Et ce qui compte pour eux, bien sûr, c'est que le plus grand nombre qui a tout intérêt à ce que ça change soit divisé. Donc, il faut créer des oppositions horizontales alors que la vraie opposition, elle devrait être verticale, du bas vers le haut. Et là, on crée des oppositions horizontales en clivant entre la France des campagnes contre la France des banlieues des grandes villes, en clivant des cadres contre les ouvriers, les ouvriers contre les employés, les salariés contre les Uber et ainsi de suite, les chômeurs contre les salariés. Et voilà, on crée des façons de s'opposer pour éviter qu'il y ait ce combat justement vertical.

Merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porcher. J'attrape une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite, historique, de direct par jour du terrain du reportage mais aussi de l'enquête. Le Média, c'est 25 travailleurs et travailleuses qui produisent de l'information au quotidien. Vous le savez, nous avons appris avec consternation la décision de l'ARCOM au sujet du renouvellement des fréquences TNT. Malgré un dossier solide, original et financé, notre candidature, portée par une alliance inédite de médias indépendants mais aussi par les 4000 sociétaires de notre coopérative, a été rejetée.

Mais voilà, alors que nos médias étouffent sur la férule oppressive de milliardaires qui les utilisent comme instrument d'influence et de séduction des pouvoirs politiques, l'ARCOM a choisi le statu quo. Le groupe Bolloré conserve 6 fréquences sur 15, dont CNews. L'ARCOM consacre l'entrée dans le paf du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky qui s'est enrichi dans le rachat de centrales à charbon hyperpolluantes en fin de cycle et qui se construit un empire sur le modèle classique fondé sur l'hyperconcentration médiatique Marianne, elle, franc-tireur. Bref, tout change pour que rien ne change.

Aucune solution n'est apportée au problème de concentration, de manque de pluralisme et de diversité des médias télé présents sur ces fréquences qui nous appartiennent à toutes et tous. Mais Le Média n'est pas seul, fort d'une puissance dynamique citoyenne. Nous allons tout à la fois renforcer notre projet éditorial et conforter notre modèle mais aussi engager très vite un recours. Nous exigeons une répartition plus équitable et plus démocratique des fréquences TNT signées et partagez notre grande pétition sur tnt.lemediatv.fr Force à nous, force à vous qui nous regardez, qui nous partagez, qui nous aimez et qui nous financez.

Spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à très vite.

19:07
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Sous-titrage Société Radio-Canada