Marie-Charlotte Garin défend la motion de censure déposée par les Écologistes - 6/07/2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Madame la présidente, monsieur le premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, chers collègues, depuis quelques mois, il se passe quelque chose de curieux dans cet hémicycle. Dès que nous ne sommes pas d'accord avec le gouvernement, dès que nous vous demandons des comptes, chaque ministre au micro s'ofusque, nous reproche la polémique ou pire encore de faire de la politique. Alors, je me doute que ça doit pas être très confortable quand on met tant d'énergie chez vous, Macroniste, à tout asceptiser, tout vider de son sens, tout dépolitiser, mais vous nous offrez là un bien triste spectacle qui dévoile votre incapacité à faire face au monde qui a changé sans même que vous ne vous en rendiez compte. trop occupé que vous êtes à attendre que la richesse ruisselle pendant que ça sèche nos cours d'eau.
Dans le grand chaos que vous avez organisé ces 10 dernières années, face à la crise climatique et aux canicules extrêmes que vous n'avez pas anticipé, face à la crise sociale que vous avez provoqué, il nous appartient de clarifier clarifier qui est responsable, qui est redevable et à la fin qui est coupable. C'est le sens de la motion de censure proposée par ma collègue Rousseau à notre groupe. Je vais vous dire d'où je parle, monsieur le premier ministre.
Je me suis engagé en politique précisément pour combattre votre inaction parce que j'étais une jeune femme dans un monde en flamme et que les responsables politiques regardaient ailleurs. Sur les bancs de ma famille politique, aucun d'entre nous n'est là par hasard. Il y a parmi nous ceux et celles qui ont été de tous les combats depuis plusieurs décennies pour empêcher ce que nous vivons aujourd'hui.
Les écologiste ne joue ni avec le feu ni avec le climat. Il n'y a pas de posture chez nous lorsque nous débattons des conditions de la vie sur terre. La semaine dernière, nous avons vu un monde en train de s'effondrer.
Des coupures de courants répétées, des villes éteintes, des récoltes ruinées, des milliers d'animaux morts, des chambrelés, des travailleurs des parents et des enfants épuisés, des aînés en danger, des hôpitaux, des prisons, des épades surchauffées, des morts dans les funérariums refusés. Daniel avait 19 ans. Le 26 mai, il est monté sur une charpente par une chaleur écrasante.
Le soir, il est mort. hypertermie. Notre pays compte déjà plus de 2000 morts à cause de votre inaction et pendant que je vous parle, une nouvelle vague de chaleur s'installe sur le pays.
Alors, on nous répétera que c'était la fatalité, qu'il faisait chaud, que Daniel aurait dû s'arrêter, que ses gens auraient dû boire, faire attention. La valse habituelle des petits gestes, la canicule à ce génie funeste. Elle tue en laissant toujours à ses victimes juste assez de responsabilité pour qu'on ne parle jamais des vrais coupables.
Daniel n'est pas mort du climat. Il est mort parce qu'il n'a pas été protégé. C'est politique et c'est votre politique.
Alors disons la vérité, celle qu'on ose pas toujours dire à cette tribune. La canicule n'est pas un accident. Elle est la conséquence directe du réchauffement climatique, c'est-à-dire de nos émissions de gaz à effet de serre.
Météo France nous prévient. D'ici le milieu du siècle, le nombre de jours de canicule sera multiplié par 5. Il y a des tout petits bébés qui sont nés le mois dernier et qui ont déjà vécu deux canicules.
Ce que nous vivons aujourd'hui, ça n'est pas la catastrophe. C'est la bande d'annonce de la catastrophe. Et pour eux, c'est le reste de leur vie. 30 ans d'alerte des scientifiques, une condamnation de la France pour une action climatique, les rapports du haut conseil pour le climat de la Cour des comptes, une CPE 21 en grande pompe, une convention citoyenne qui avait tout dit, tout écrit.
Qui aurait pu prédire ? Tout le monde, littéralement tout le monde et vous en particulier. Vous saviez, vous saviez et vous avez continué.
Alors non, ça n'est pas l'homme avec un grand H qui a fait ça. Ça n'est pas nous tous renvoyé dos à dos coupable à égalité. On nous a assez culpabilisé avec l'eau quand on se brosse les dents et les pailles en carton pendant que les vrais responsables prospéraient.
Le réchauffement a un moteur et il est économique. Depuis 50 ans, Total sait pour le réchauffement climatique et depuis 50 ans, totalement et organise la désinformation pour protéger ses profits. Les 50 personnes les plus riches de la planète émettent à ell seul plus de gaz à effet de serre qu'un milliard 300 millions d'êtres humains.
Voilà où est le problème. pas dans la paille en plastique de votre enfant, dans le mode de vie et surtout dans les décisions d'une minorité qui possède, qui décide et qui pollue pour nous tous et toutes. Il faut aussi regarder qui meurt.
On nous répète que devant la chaleur, nous serions tous égaux, que même les puissants ont chaud. C'est faux et c'est un mensonge de classe. Plus vous êtes exploité, plus vous brûlez.
La chaleur frappe l'ouvrier du bâtiment. On climatisera pas les toits, elle frappe le paysan. On climatisera pas les champs.
Elle frappe le livreur à vélo, l'aide soignante dans un hôpital surchauffé, l'enfant dans une salle de glace à plus de 30 degrés, l'étudiant qui révise ses examens dans une pièce sans air, le détenu qui étouffe, la vieille femme seule et pauvre au dernier étage d'une passoire thermique. La personne qui vit dans la rue. Je vais le dire simplement ici dans l'hémicycle de la République.
Le réchauffement climatique tue d'abord les pauvres. Les riches, eux, se protègent pendant que les autres meurent. Alors, qu'avez-vous fait vous et ceux qui vous ont précédé depuis bientôt 10 ans ?
Non seulement vous n'avez rien fait, mais vous avez aggravé le problème. Vous êtes coupable, coupable d'avoir raboté ma prime rénove et cassé les lents des rénovations thermiques. Fait passer la loi du plomb, les mégabassines, la cétamipride.
Vous avez enterré les 100 milliards premiers orail. Vous avez rallumé les centrales à gaz en pleine canicule pour compenser les réacteurs nucléaires à l'arrêt faute d'eau pour les refroidir. Vous avez saboté violemment le fond vert qui permettait aux communes de s'adapter en pleine vague de chaleur.
Vous êtes responsable, responsable de n'avoir rien su planifier et responsable du chaos qui en découle, vous qui émettant l'ordre. Des gens qui se précipitent sur des climes dans les supermarchés. des parents et des profs qui mettent des couvertures de survie dans les crèches et les écoles.
Des jeunes qui passent leurs examens dans des parkings, des soignants qui payaient les ventilateurs de leur poche. Mais heureusement, vous avez prolongé les soldes. Ah, et maintenant, pour sauver votre peau face à la censure, on nous apprend qu'on aurait une proposition de loi au Sénat.
Nous voilà sauvé. Tout va bien, dites-vous, puisque le système a tenu. Mais monsieur le Premier ministre, la seule chose qui tient encore, c'est l'ampleur de votre déni.
Les gouvernements changent mais la politique reste la même. Édouard Philippe, Jean Castex, Ellisabeth Born, Gabriel Atal, François Baou, tous ont poursuivi la même fuite en avant libéral. Toujours moins d'investissement public, toujours plus de renoncement écologique, toujours la même confiance aveugle dans le marché alors que le marché nous mène droit dans le mur.
Vous ne serez plus en responsabilité quand tout continuera de brûler, mais vous serez pourtant coupable et qu'on ne compte surtout pas sur l'extrême droite pour nous sauver. Qu'on se le dise, le Rassemblement national vote contre chaque mesure écologique, méprise la science, doute du GC à chaque occasion. Alors, comment agir ?
Tout de suite dans l'urgence, un budget rectificatif qui rétablit le fond vert, ma prime rénuve et les crédits des énergies renouvelables. Un congé climatique, un droit de retrait face à la chaleur et un vrai décret canicule avec enfin une température maximale de travail. Un milliard d'euros d'urgence pour rafraîchir les hôpitaux, les ÉPADES et les écoles.
L'état de calamité agricole pour nos paysans ruinés et en profondeur une transformation planifiée du pays. la rénovation thermique massive des logements, la végétalisation et la fin du béton dans nos villes, la remise en état de nos réseaux d'eau et d'électricité, l'accélération des renouvelables et de la sobriété, le déploiement partout de l'agroécologie et oui, la réduction de l'élevage intensif et de notre consommation de viande parce qu'elle est l'une des toutes premières sources d'émission et de gaspillage d'eau dans ce pays. Ça n'est pas une utopie.
Ce sont des politiques publiques que vous pouvez financer en rétablissant l'ISF, la taxation sur le revenu du capital et en arrêtant les cadeaux fiscaux à vos copains milliardaires. Et si vous croyez que cela coûte cher, regardez donc le coût de votre inaction. Il n'a pas fini d'augmenter.
Mes chers collègues, deux chemins s'ouvrent devant nous et un seul mène à la vie. Le premier, c'est celui que le gouvernement a choisi. Un monde où respirer ou simplement vivre l'été deviendra un privilège.
Un monde où les puissances se barricadent au frais pendant que les autres encaissent, s'adaptent, c'est-à-dire souffrent et meurent. Ce mondeel, ça n'est pas l'avenir, c'est déjà le présent et nous le refusons de toutes nos forces. Le second chemin, c'est celui de la rupture.
Cesser de commander poliment quelques ventilateurs, reprendre le contrôle, remettre l'économie au service de nos besoins réels et des limites du vivant et non de l'accumulation sans fin de quelques-uns. C'est l'écologie qui ne demande pas aux pauvres de se serrer la ceinture, mais qui désarme le pouvoir de l'argent sur nos vies. C'est la seule politique réaliste qui reste.
Toutes les autres nous ont mené au chaos. Monsieur le Premier ministre, ne méprisez ni la peur ni la colère que nous vous exprimons aujourd'hui. Elle est partagée par des millions de Français.
Cette motion de censure fera date car elleifie très clairement qui face à la crise climatique s'accroche envers et contre tout à un système agonisant et qui regarde devant. qui se contente de la goutte d'eau dans le désert quand le désert est à sec et qui a compris qu'il fallait abandonner ce vieux monde ? Un gouvernement qui savait, qui a désarmé le pays face au danger, qui a coupé les crédits de la survie et qui n'a rien fait quand les corps tombaient ne peut pas rester.
Nous ne vous demandons pas de comprendre, nous vous demandons de partir et nous vous demanderons des comptes. Chers collègues, censurons ce gouvernement et préparons la rupture. Je vous remercie.
Merci beaucoup madame la députée.
Marie-Charlotte Garin