Hostile à l'immigration de travail, F.Ruffin s'attire les foudres de la gauche
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bien sûr. Autre autre proposition, celle-là cette fois elle vient de la part de François Ruffin juste après donc la polémique de début de semaine d'Emmanuel Macron sur les médecins étrangers. Et bien lui, il se dit hostile à l'immigration de travail et il maintient sa position.
Écoutez, c'était sur BFM ce matin. Je refuse le le plan d'importation massive de main d'œuvre étrangère. Mais en fait, je m'inscris dans une grande tradition.
Qui disait "Nous ne pouvons admettre une immigration qui viendrait aggraver la crise du travail ?" C'est Léon Bloom qui disait, là c'est beaucoup plus récent, nous disons "Honte à ceux qui organisent l'immigration par les traités de libre échange et qui l'utilisent pour faire pression sur les salaires et les acquis sociaux." Un certain Jean-Luc Mélenchon, c'était Jean-Luc Mélenchon en 2018.
Donc je m'inscris dans une tradition qui estime que tout le monde a sa place. Tous ceux qui sont sur le territoire français ont leur place, doivent pouvoir travailler à la fois pour eux-mêmes et pour produire pour notre pays, mais que on doit pas aller chercher les talents à l'étranger pour les utiliser chez nous. Alors, une bonne partie de la gauche et de ses anciens amis d'ailleurs hein, lui est tombé dessus, le qualifiant même de rouge brun.
Mais en fait, historiquement, si on prend un petit peu de récul Raphael Stinville, il renoula, il l'explique, il le dit un peu à demi-mot, il renoula avec les thèmes d'une gauche beaucoup plus ancienne finalement. Oui, mais il a il a raison de s'inscrire dans cette grande tradition qui a été celle de la gauche jusqu'à George Marchet. Mais ce faisant, en refusant cette immigration du travail, euh, il brise un tabou et et il révèle ce qui est devenu la gauche.
La gauche aujourd'hui de manière consubstantielle a fait de cette main d'œuvre étrangère qu'elle qu'elle appelle de ses vœux, qu'elle encourage une un électorat de substitution à défaut d'avoir pu garder conserver l'électorat ouvrier, l'électorat populaire. Désormais, c'est même inscrit dans leur stratégie. Souvenez-vous de la note de Terranova en 2000 en 2010 qui euh explicitait finalement cet abandon de de l'électorat ouvrier euh au profit de d'autres minorités et notamment des minorités euh étrangères.
C'est c'était écrit noir sur blanc. Ce faisant, il brise un tabou et c'est normal les qu'il qu'il s'attire les foudres de l'entièreté de la gauche parce que euh c'est euh c'est explicité finalement euh la manière de faire la stratégie euh organisée, orchestrée, voulu penser euh de la gauche depuis des années. Alors, je vais vous citer quelques réactions quand même.
Après son grand ministère de l'immigration et de l'intégration à la SarkoZie, Ruffin troque le rouge pour le brun en divisant les travailleurs. C'est Andy Kerbrad, le député LFI de l'ire Atlantique qui le dit. Le souverainisme et le chauvinisme mène fatalement à une politique xénophobe digne du RN a de son côté tweeté la porte-parole de lutte ouvrière Nathalie Hartau.
On peut citer aussi Léa Balage Marie qui a dit voilà opposé travailleurs français et étrangers est dangereux. Elliot Maman. Mais ça révèle aussi quelque chose de l'incapacité que l'on a à avoir un débat sur l'ouverture et l'étendue de l'ouverture de nos frontières, de nos droits sociaux sans que l'on soit irrémédiablement renvoyé au racisme ou à l'extrême droite.
C'est quand même assez invraisemblable d'imaginer que François Ruffin puisse aujourd'hui être accusé d'appartenir à l'extrême droite de proposer des de véhiculer des idées qui serait xénophobe alors que en réalité il a plus ou moins posé un débat qui me semble exprimé en des termes assez pragmatiques et qui ne renvoie à aucun moment aux personnes ou au danger que la France pourrait subir euh en cas de modification de notre politique notamment sur les questions donc il y a aussi cette incapacitél à avoir un débat raisonné sur un certain nombre de sujets Par ailleurs, on peut préciser que François Ruffin, dans l'extrait que vous avez diffusé, a cité un certain nombre de figures historiques de la gauche qui en effet avaient un regard critique sur l'immigration de travail. Marx lui-même estimait que l'immigration de travail était une armée de réserve industrielle. Et il faut tout de même reconnaître que bien souvent, il y a dans l'immigration de travail la possibilité pour un certain nombre d'employeurs d'encourager une forme de prolarisation euh du des du salariat de manière générale puisque évidemment euh on se retrouve avec une main d'œuvre qui est qui attend euh qui a des attentes salariales beaucoup moins importantes euh que celles que l'on pourrait espérer en France.
Et c'est ça reste un sujet social évident sans immédiatement estimer que c'est véhiculé des idées qui encourageraient la haine contre des travailleur venu d'ailleurs. Oui, mais visiblement Maman c'est un c'est un thème d'ancienne gauche de la gauche historique. Oui, absolument.
La gauche sociale du 20e siècle notamment. Ouais. Non mais c'est c'est très exactement ça.
On voit cette fracture et d'ailleurs c'est une fracture presque géographique je dirais entre un François Ruffin qui est ancré dans les dans les territoires, dans la province et un Jean-Luc Mélenchon qui a une vision extrêmement métropolitaine de de de la France qui qui pense à la à la France des villes et c'est vraiment finalement cette gauche gauche des campagnes contre la gauche des villes qui s'exprime qui s'exprime me semble-t-il à travers ce cette ce duel cette fracture et d'ailleurs outre l'ancrage territ l'ancrage territorial que cela impque implique par rapport au salariés directement vous savez il y avait une étude assez amusante qui nous montrait par exemple que les arrondissements à Paris et les quartiers dans les grandes villes de manière générale les plus embourgeoisées elles qui votent le plus à gauche sont beaucoup plus susceptibles de faire recours à des services de livraison de repas à domicile euh qui précisément repose notamment sur une main d'œuvre euh qui est très mal payée et qui bien souvent est venue d'ailleurs. Et donc il y a aussi cette exactement au-delà de la question du salarié directement, il y a aussi les besoins que les uns et les autres voient dans leur accès au services et des électorats auxquels ça renvoie. Yeah.
François Ruffin