Interview de Sébastien Martin, ministre chargé de l'Industrie - Protéger le marché européen|TF1 INFO
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Les derniers chiffres du chômage (4e trimestre 2025) montrent une hausse de +0,2% à 7,9%. Comment analysez-vous cette situation ?
- 0:44OuverteRéponse directe
Vous vous rendez ce matin avec le chef de l'État sur un site d'ArcelorMittal. Pouvez-vous nous préciser l'ampleur des investissements annoncés ?
- 2:00OuverteRéponse directe
La CFDT a indiqué ne pas participer à la rencontre avec le chef de l'État, invoquant des suppressions de postes. Que leur répondez-vous ?
- 3:13OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron appelle à la préférence européenne sur des secteurs stratégiques comme l'acier. Partagez-vous cette analyse ?
- 4:28RelanceRéponse directe
Clément Bone propose de taxer de 30% les produits chinois. Est-ce selon vous la seule solution face à la concurrence asiatique ?
- 5:04OuverteRéponse directe
Face aux menaces commerciales américaines, quelles mesures concrètes l'Europe peut-elle encore prendre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:12Sébastien MartinChiffre
« depuis 2017, on est passé de 10 % de taux de chômage à aujourd'hui 7,9 %. »
- 1:20Sébastien MartinChiffre
« on est dans des investissements effectivement de cette ampleur en faveur de la décarbonation de l'industrie sidérurgique »
- 2:36Sébastien MartinChiffre
« le marché de l'acier quand même ces dernières années a baissé de pratiquement 30 % en Europe. »
- 3:52Sébastien MartinFait
« on a des produits qui arrivent en provenance d'Asie qui sont à des prix inférieurs même au coût de la matière. »
- 4:28Sébastien MartinChiffre
« aujourd'hui, sur les 10 véhicules électriques les plus vendus en France, zéro n'est chinois parce qu'on a mis en place des droits de douane face à une concurrence qui est déloyale. »
- 5:04Sébastien MartinFait
« il faut unifier ce marché et puis il faut faire en sorte qu'il soit protégé. »
- 7:21Sébastien MartinFait
« quand vous avez ce qu'on appelle un tsunami, c'est pas simplement en travaillant sur 2 % de baisse des charges que vous allez régler le problème. »
Temps de parole
- ?100 %
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7h36. Bonjour Adrien Gendre. Votre invité ce matin Sébastien Martin, ministre chargé de l'industrie. Bonjour Sébastien Martin. Bonjour. L'INC vient tout juste de publier les derniers chiffres du chômage. Il concerne le 4e trimestre 2025 et ils ne sont pas bons. Une hausse de + 0,2 % ce qui porte le chômage à 7,9 %. C'est du jamais vu depuis 2021. Il y a de quoi être inquiet quand même. Oui. Vous pourriez dire aussi que depuis 2017, on est passé de 10 % de taux de chômage à aujourd'hui 7,9 %. Tout va bien. Je dis pas que tout va bien, je dis qu'il faut toujours mettre les choses en perspective et que cette augmentation, elle est aussi révélatrice des difficultés que notre pays traverse face à une concurrence notamment sur l'industrie en provenance d'Asie qui
fait des ravages sur un certain nombre de secteurs industriels. Mais je suppose qu'on va en parler dans dans l'entretien. Et bien, parlons-en en effet, puisque vous vous rendez ce matin avec le chef de l'État d'Inker. sur l'un des sites d'arceloral. Le premier producteur d'acier français doit notamment annoncer des investissements moins émetteurs en carbone. On parle d'un milliard d'euros d'investissement. Ce sera bien ça, c'est le bon ordre de grandeur. Écoutez, le président de la République tout à l'heure et la direction d'Arceller auront l'occasion d'annoncer exactement quel est la nature des investissements. Mais en tout cas, on est dans des investissements effectivement de cette ampleur en faveur de la décarbonation de l'industrie sidérurgique et particulièrement
d'Arcellormital sur sur Dquercque. Je crois que c'est quelque chose qui était très attendu localement aussi. Et ça permet de préserver de l'emploi pour le coup. Bien sûr que ça permet de préserver de l'emploi parce que finalement vous savez que l'Europe a désormais institué la taxe carbone aux frontières et que dès lors que l'on décarbone nos industries sur place, ça les rend beaucoup plus compétitive puisque désormais on impose à ceux qui importent du du pardon de l'acier carboné et bien finalement des taxes supplémentaires. Donc quand vous décarbonez quand vous décarbonez vous êtes plus compétitif par rapport à l'acier carboné. Ça veut dire qu'on va produire de l'acier avec un four électrique et non pas avec du charbon. Pour dire ça veut dire effectivement qu'on va
produire de l'acier avec une énergie plus propre qu'avec du charbon et donc on va être plus compétitif depuis la mise en place des taxes carbone. Malgré tout la CFDT a indiqué hier soir chez nos confrèts de France info qu'elle ne participerait pas à la rencontre avec le chef de l'État invoquant les suppressions de poste les délocalisations de certaines fonctions en Inde. Qu'est-ce que vous leur dites ? Je vous dis que ils ont le droit de ne pas participer à une rencontre que c'est un petit peu dommage parce que finalement je sais que cet investissement, il est attendu depuis longtemps, que certains ont pu émettre des doutes sur le fait que est-ce que ça se ferait, est-ce que ça se ferait pas et au moment où le président de la République et où Arceller Mital viennent
et s'engage, bien finalement faire un peu la politique de la chaise vide, c'est c'est dommage parce que il faut pas non plus négliger les difficultés qu'on que rencontre l'acier. Le le marché de l'acier quand même ces dernières années a baissé de pratiquement 30 % en Europe. Pratiquement de 30 %. Donc euh forcément ça a des conséquences sur l'activité des sites industriels, mais là on a une bonne nouvelle et je pense qu'il faut s'en réjouir. Ce matin dans le journal Leemande et dans plusieurs journaux européens, Emmanuel Macron appelle, je le cite à la préférence européenne sur des secteurs stratégiques. Il cite notamment l'acier et il dit que sinon les Européens seront balayés. Il se trouve qu'hier et c'est même à votre place le haut commissaire au plan Clément Bone euh faisait une
proposition taxer de 30 % tous les produits venus de Chine. On va l'écouter aujourd'hui. Les produits chinois, on le voit sur le véhicule électrique, sont souvent de meilleure qualité ou au moins d'aussi bonne qualité que les produits européens. Si on ne réagit pas face à ça par un bouclier commercial massif, c'est un danger de mort pour notre industrie en Europe en général. Vous voyez la même alternative 30 % de taxe ou la mort assurée. Moi, je suis convaincu qu'il est nécessaire d'avoir des mesures de protection au niveau européen parce qu'on a des produits qui arrivent en provenance d'Asie qui sont à des prix inférieurs même au coût de la matière. Tout simplement parce que l'Asie a construit un outil industriel surdimensionné et que si vous voulez aujourd'hui les productions sortent.
C'est un peu comme le tube de dentifrice. Une fois que vous avez sorti pour le faire rerentrer, c'est absolument impossible. Donc ces productions sortent et doivent être écoulées sur les marchés mondiaux. Et comme les États-Unis se sont fermés et que le marché intérieur de la Chine est moins dynamique, et bien ça vient s'écouler en Europe. Et là on a besoin d'une réaction. Donc on l'a obtenu par exemple sur l'acier, on en parlait à l'instant, il y a des droits de douane sur l'acier qui vont se mettre en place d'ici cet été. On l'a demandé aussi par exemple sur des alliages, on l'a obtenu aussi et je pense que sur un certain nombre de productions industrielles qui arrivent d'Asie, sur la sidérurgie, sur la chimie, sur l'automobile, on doit avoir des mesures de protection. On l'a
fait sur les véhicules électriques. Aujourd'hui, sur les 10 véhicules électriques les plus vendus en France, zéro n'est chinois parce qu'on a mis en place des droits de douane face à une concurrence qui est déloyale. Mais il y a la partie chinoise et il y a la partie américaine. Ce matin, le chef de l'État dit aussi "Des menaces commerciales et intimidation américaines ne sont pas finies. Pour le coup, qu'est-ce qu'on peut faire encore face à ça ? Bah oui, parce que si vous voulez, vous avez des continents qui aujourd'hui désorganisent le commerce mondial. Vous avez la surproduction asiatique d'un côté et qui a aussi des mesures de protectionniste en Asie. Vous avez les États-Unis d'un autre côté qui ont décidé de se refermer. Donc si l'Europe elle ne réagit pas en disant que sa
force c'est son grand marché intérieur, 450 millions de consommateurs avec un niveau de pouvoir d'achat absolument bien plus important que beaucoup d'autres marchés, ça c'est une force. Mais il faut unifier ce marché et puis il faut faire en sorte qu'il soit protégé. Sébastien Martin en faisant comme eux par exemple les fameux 30 % de taxes dont parlé à Clément Bone quelle quelle arme on a entre nos mains ? Mais ces armes, on peut les utiliser aujourd'hui au niveau aujourd'hui au niveau européen, vous avez ce qu'on appelle des clauses de sauvegarde qui permettent de dire sur un certain nombre de produits qui font l'objet de mesure de dumping de la part des des productions asiatiques, vous pouvez mettre en place des droits de douane et la Commission européenne
peut décider de mettre en place des droits de Elle a fait pour les véhicules électriques et je pense qu'elle devrait le faire pour les véhicules hybrides qui arrivent en provenance d'Asie et qui sont en train de casser le marché. Est-ce qu'on est quand même pas trop timoré Sébastien Martin ce matin dans son interview ? Le chef de l'État dit aussi "Bon, il faut protéger notre industrie." Il dit "En effet, les Chinois le font, les Américains aussi mais dit face à ça, il ne s'agit pas d'être protectionniste mais d'être cohérent. C'est un mot tabou protectionniste. On peut pas dire en 2026, il faut être protectionniste." Être protectionniste, ça veut dire complètement fermer le continent européen. Or, je ne suis pas sûr que ça soit la solution. Et d'ailleurs, c'est
pas ce que propose le président de la République parce que il y a un certain nombre de choses de toute façon qu'on ne produit pas, qu'on ne produira sans doute jamais euh en Europe. Donc il faut rester ouvert et il faut être capable d'échanger avec le reste du monde. Mais face à des pratiques qui sont déloyales, face à des pratiques où on vous vend les produits un en dessous même du prix de la matière. En dessous même du prix de la matière, moi j'ai j'ai changé avec le PDG de Michelin il y a pas longtemps. Dis comment voulez-vous ? J'ai des pneus qui arrivent, le prix de vente est inférieur au prix de la matière parce qu'en fait on vend des productions parce qu'on ne sait pas quoi en faire d'aut. Sébastien, est-ce que vous dites pas parfois on ferait mieux aussi de balayer
devant notre propre porte et d'être plus exemplaire ? Vous entendez j'imagine bon on en parlait encore hier, Bernard Arnaud le patron de LVMH qui dit l'État est contre les entreprises ce weekend encore le patron du MEDF Patrick Martin qui parle à propos de la fiscalité des entreprises et qui dit ce n'est pas sans conséquence sur notre compétitivité, notre attractivité. on affaiblit en partie de nos entreprises. C'est bien évidemment bien évidemment qu'il faut travailler sur la compétitivité de nos entreprises. Bien évidemment que j'entends le mouvement de colère des chefs d'entreprise. Mais il faut bien avoir en tête une chose. En face de vous, quand vous avez ce qu'on appelle un tsunami, c'est pas simplement en travaillant sur 2 % de baisse des charges que vous allez régler le
problème. Bien sûr, il faut travailler sur la compétitivité. Bien sûr, il faut améliorer euh tout ce que l'on peut améliorer pour que nos entreprises soient plus compétitives. Mais vous ne pouvez pas le faire si en même temps vous vous protégez pas. C'est pas quand la la maison euh est inondée que vous attaquez les travaux de réparation. Vous voyez là, il la vague elle est là. Donc face à la vague qui est là, il faut protéger pour pouvoir travailler en parallèle sur la compétitivité. D'ailleurs, c'est ce que dit le président de la République. Il faut avoir des investissements communs. Il faut décider de filière d'avenir en commun au niveau européen sur la chimie, sur la pharmacie, sur la machine outil, sur l'automobile, sur les nouvelles technologies et se dire on investi
massivement, on fait des choix et pour pouvoir le faire, il faut fermer un peu à la vague du tsunami asiatique. Yeah.
Sébastien Martin