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interviewLe Média· 6 mars 2025 10 min

UKRAINE : MACRON, CHEF DE GUERRE ? ON S'EST TAPÉ SON DISCOURS. LE RÉCAP’

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour à tous et à toutes, ravi de vous retrouver sur Le Média pour Le Récap, votre nouveau rendez-vous quotidien d'actualité. Du lundi au jeudi, on revient sur un sujet sans filtre et sans langue de bois. Le Récap, c'est l'une de nos quatre nouvelles quotidiennes qui arrivent sur notre antenne et que j'ai le plaisir de vous présenter. N'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, Le Média TV et Le Média 24-7, pour être sûr de ne rien rater. Le Récap épisode 4, c'est parti ! Hier soir, Emmanuel Macron a pris son habituel air grave. Il s'est adressé aux Français pour donner le cap que prendra le pays dans le contexte de la crise mondiale qui nous pend au nez.

Il ne vous aura sûrement pas échappé que depuis quelques jours, c'est l'escalade des tensions géopolitiques mondiales. Le clash Trump-Zelinsky a accéléré l'arrêt du soutien américain à l'Ukraine, mais aussi le rapprochement de la première puissance mondiale avec la Russie de Poutine. L'Europe est dos au mur et n'a plus trop le choix que de mettre les bouchées doubles pour aider son voisin ukrainien. Depuis, l'expression « économie de guerre » est sur toutes les lèvres des dirigeants du vieux continent.

0:59
Emmanuel Macron

Le monde continue d'être sans cesse plus brutal et la menace terroriste ne faiblit pas. Au total, notre prospérité et notre sécurité sont devenues plus incertaines. Et il faut bien le dire, nous rentrons dans une nouvelle ère.

1:15
Présentateur

Dans ce contexte géopolitique des plus instables, Macron n'a pas raté l'occasion d'enfiler son costume préféré, celui de chef de guerre. Et il a commencé par habiller la Russie pour l'hiver.

1:24
Emmanuel Macron

La Russie a déjà fait du conflit ukrainien un conflit mondial. Et au fond, elle teste nos limites. Elle le fait dans les airs, en mer, dans l'espace et derrière nos écrans. Cette agressivité ne semble pas connaître de frontières. Et la Russie, dans le même temps, continue de se réarmer, dépensant plus de 40% de son budget à cette fin. D'ici 2030, elle prévoit d'encore accroître son armée, d'avoir 300 000 soldats supplémentaires, 3 000 chars, 300 avions de chasse de plus. Qui peut donc croire, dans ce contexte, que la Russie d'aujourd'hui s'arrêtera à l'Ukraine ? La Russie est devenue, au moment où je vous parle et pour les années à venir, une menace pour la France et pour l'Europe.

2:09
Présentateur

Et comme il était sur une bonne lancée, il s'est aussi payé les États-Unis.

2:13
Emmanuel Macron

Les États-Unis d'Amérique, notre allié, ont changé leur position sur cette guerre, soutiennent moins l'Ukraine et laissent planer le doute sur la suite. Dans le même temps, les mêmes États-Unis d'Amérique entendent imposer des tarifs douaniers aux produits venant d'Europe.

2:29
Présentateur

Durant son allocution, il n'a pas cessé de prôner l'indépendance de l'Europe vis-à-vis des États-Unis de Donald Trump. Et il a fustigé la décision d'appliquer des tarifs douaniers à ses alliés.

2:38
Emmanuel Macron

Cette décision incompréhensible, tant pour l'économie américaine que pour la nôtre, aura des conséquences sur certaines de nos filières. Elle accroît la difficulté du moment, mais elle ne restera pas sans réponse de notre part.

2:51
Présentateur

Le mec voit que les deux super méchants sont en pleine phase maniaque, ambiance bouton nucléaire qui démange, et il se dit que c'est le moment d'aller les provoquer. Ça n'a pas loupé, parce que Poutine, par l'intermédiaire de sa diplomatie, a estimé que les propos du président français sont une menace contre la Russie. Ce qu'ils n'ont pas digéré, c'est que Macron évoque la dissuasion nucléaire. Il a commencé par se faire mousser.

3:10
Emmanuel Macron

Nous avons l'armée la plus efficace d'Europe. Et grâce au choix fait par nos aînés après la Deuxième Guerre mondiale, nous sommes dotés de capacités de dissuasion nucléaire. Ceci nous protège beaucoup plus que nombre de nos voisins.

3:23
Présentateur

Puis, par rappeler à tout le monde qu'il avait raison.

3:25
Emmanuel Macron

L'Europe de la défense, que nous défendons depuis huit ans, devient donc une réalité.

3:31
Présentateur

Et puis il n'a pas pu s'empêcher de rajouter une petite couche d'autorité par là-dessus.

3:34
Emmanuel Macron

Quoi qu'il arrive, la décision a toujours été et restera entre les mains du président de la République.

3:40
Présentateur

On a compris, c'est lui qui appuie sur le bouton qui fait tout exploser. C'est son bouton, rien qu'à lui. Et nous, on n'est pas sûr que ça nous rassure.

3:48
Invité

Bien sûr, c'est une menace à l'égard de la Russie. S'il nous considère comme une menace, organise une rencontre des chefs d'état-major des pays européens et de la Grande-Bretagne, dit qu'il est nécessaire d'utiliser des armes nucléaires, se prépare à utiliser des armes nucléaires contre la Russie, c'est bien sûr une menace.

4:05
Présentateur

Juste pour vous donner une idée, selon les estimations diverses, la Russie posséderait plus de 5000 ogives nucléaires, contre à peine 300 pour la France. Macron, il ne fait pas vraiment le poids face à tout cet arsenal. Et pourtant, il adore prendre le lead. C'est ce qu'il a essayé de faire hier soir avec son allocution. Il a voulu se positionner comme un rempart pour l'Europe, entre les États-Unis et la Russie. Rappelons que la France est le seul des 27 pays membres de l'Union à posséder l'arme nucléaire depuis le départ du Royaume-Uni. Les Européens s'étaient habitués depuis 80 ans à être protégés par le parapluie américain.

Ce temps-là, il est révolu et vu l'ambiance, il vaut mieux se dépêcher de trouver de nouvelles solutions. Ce week-end, Macron a évoqué l'idée de partager le bouton nucléaire avec ses partenaires européens pour ne plus dépendre de la dissuasion américaine. Selon lui, cela rendrait la France plus forte, car aujourd'hui, les missiles russes déployés en Biélorussie nous exposent. Cette idée, elle a divisé le champ politique. En gros, pour la droite, le bouton nucléaire, c'est comme les brosses à dents, on ne les partage pas. En revanche, chez les socialistes, on n'y voit pas trop d'objections.

5:02
Invité

En l'espèce, je me retrouve parfaitement dans ce qui a été énoncé par le chef de l'État. Et ce n'est pas parce que je suis dans l'opposition que je suis pavlovien et que c'est parce que c'est le président qui le dit que je suis en désaccord. Donc parfois, quand je suis en accord, je le dis aussi. Et ce matin, je vous le dis, je suis en accord avec ce que fait le président de la République.

5:21
Présentateur

Alors, c'est sympa de jouer au grand leader de la défense, tout ça, mais ça demande quand même pas mal d'investissement. Macron et les budgets, c'est toujours un peu chaotique. Alors, on a entendu tout et son contraire, des mobilisations d'investissements privés, de l'épargne des Français. Le ministre de l'Économie a même ouvert la voie à une hausse d'impôts pour financer cet effort de guerre. Mais hier, Macron a exclu cette option sans qu'on sache trop comment il compte s'y prendre. Il faudra des réformes, du choix et du courage, a-t-il dit. Vous sentez venir les coupes budgétaires sur le social et les services publics ? Enfin, pour ce qu'il en reste, parce que...

Il y a quelques semaines, le gouvernement nous a vendu une cure d'austérité sans précédent pour le budget 2025, arguant qu'il nous fallait être responsables et faire des économies compte tenu du déficit abyssal qu'ils ont eux-mêmes creusé. Et maintenant, il n'y a plus aucun problème pour faire exploser les dépenses pour la défense. On ne se moquerait pas un peu de nous ? Bref, nous sommes presque en guerre. À Arras, dans le Pas-de-Calais, des enseignants, élèves et leurs parents se mobilisent contre la fermeture de 147 classes à la rentrée prochaine et la suppression d'une soixantaine de postes.

Mardi dernier, nos reporters Lisa Lapp et André Manivit se sont rendus sur place pour rencontrer les concernés. Je vous laisse avec un extrait de leur reportage.

6:28
Invité

À la rentrée prochaine, notre académie subira encore à elle seule 30% des suppressions de postes décidées au niveau national. 59 concerneront le Pas-de-Calais. Cela entraînera de nouveau 147 fermetures de classes pour seulement 10 ouvertures. C'est inacceptable ! Reçu par l'inspecteur d'académie en audience. L'opposition ferme des personnes, dit son apprentissage des élèves, dans un des départements les plus pauvres de France, là où on a le plus d'éducation prioritaire et le plus d'élèves qui dépendent de l'aide sociale.

7:29
Présentateur

Vous pouvez retrouver le reportage en entier sur notre chaîne YouTube. Le reste de l'actu résumé par Baptiste Lépiné. Au procès Sarkozy-Caddafi, l'ancien président est encore en mauvaise posture.

7:41
Invité

Le procès Sarkozy-Caddafi se penche sur des montages financiers opaques. Cette semaine, le tribunal s'attaque au dernier volet, une opération immobilière suspectée d'avoir rapporté plusieurs millions d'euros à Alexandre Djouri, un proche de Nicolas Sarkozy. L'accusation estime que la vente d'une villa lui appartenant, située à Mougin dans les Alpes-Maritimes, aurait notamment permis de dégager 500 000 euros versés à Claude Guéant. La villa, achetée 10,14 millions d'euros par le Fonds souverain libyen, valait en réalité 1,8 million. Malgré des échanges de fax à ce sujet entre Djouri et Claude Guéant, les deux protagonistes nient les faits ou font les amnésiques.

Face à ces incohérences, le procureur financier s'est insurgé. C'est tubuesque, j'ai du mal à comprendre pourquoi vous continuez à nier l'évidence.

8:22
Présentateur

Dans l'actualité internationale, le Hamas directement menacé par Donald Trump.

8:26
Invité

Des menaces de mort à l'encontre de Gaza. Dans un message sur son réseau True Social, Donald Trump a lancé un dernier avertissement au Hamas pour libérer les otages. Au peuple de Gaza, un bel avenir vous attend, mais pas si vous gardez des otages. Si vous le faites, vous êtes mort. Prenez une bonne décision. Une position confirmée par son chef de la diplomatie, Marco Rubio. Je suis content qu'il ait tenu ses propos. Il ne dit pas ce genre de choses s'il ne les pense pas, comme les gens peuvent le voir à travers le monde. S'il dit qu'il va faire quelque chose, il va le faire. Donc, il ferait bien de le prendre au sérieux.

Le président américain veut envoyer à Israël tout ce dont elle a besoin pour finir le travail à Gaza, d'après ses termes. Cette annonce survient alors que l'envoyé spécial de la Maison Blanche a confirmé avoir engagé des négociations avec le mouvement palestinien. Nouveauté pour les Etats-Unis, qui ne dialogue habituellement pas avec des groupes qu'ils considèrent comme terroristes.

9:15
Présentateur

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