Gabriel Attal est l'invité de Olivier Bost
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RTL Matin, Olivier Bois. L'interview de 7h40, Olivier Bost. Bonjour Olivier. Bonjour. Vous recevez Gabriel Attal, le patron du parti Renaissance et candidat à l'élection présidentielle. Bonjour Gabriel Attal.
Bonjour Olivier Bost. Vous dites que Marine Le Pen prend en otage, c'est votre mot, la campagne présidentielle. En otage. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ?
On voit aujourd'hui que la campagne présidentielle qui démarre se résume à une chronique judiciaire plutôt que de parler de fonds et de visions pour le pays. Et ça, je pense que ça fatigue déjà les Français. Par ailleurs, il faut en revenir aux bases. Je pense qu'il y a des Français qui nous écoutent, qui passent leur temps à expliquer à leurs enfants qu'il faut respecter les règles, qu'il faut respecter la loi, qu'il ne faut pas tricher. Il y a des Français qui nous écoutent par ailleurs qui savent qu'ils doivent respecter la loi et qui sont pénalisés au premier écart.
Et ils entendent une responsable politique, candidate à l'élection présidentielle, qui s'attaque à des décisions de justice et qui même intimide la justice. On voit les pressions qui sont faites pour que l'arrêt en cassation ne tombe pas avant l'élection présidentielle. Comment vous voulez expliquer à des jeunes délinquants qu'il faut respecter la loi, qu'il faut respecter les règles, quand vous avez des responsables politiques qui, eux-mêmes, ne sont pas capables de les respecter ?
Mais la décision de justice lui permet de se présenter. Vous dites qu'elle aurait dû renoncer. Ce n'est pas ce que je dis. Ce que je dis, c'est que les attaques qui sont faites contre la justice,
qui expliquent que cette décision est illégitime, elle a été condamnée deux fois à de la prison ferme pour détournement de fonds publics, les attaques qui visent à expliquer que la justice... Elle n'a pas contesté le jugement de Marie-Ville. Elle dit que c'est un jugement politique. Elle l'a redit sur le plateau de TF1. Et par ailleurs, il y a une intimidation très claire de la part de son camp pour empêcher la justice de rendre une décision de cour de cassation avant l'élection présidentielle.
Est-ce que c'est vraiment un sujet qui va occuper la campagne présidentielle ? Puisque c'est ce que vous redoutez. Et moi, ce que je souhaite, Olivier Bost... Parce que la cour de cassation dit qu'elle rendra une décision en avril, c'est-à-dire dans les tout derniers jours ou dernières semaines de la campagne présidentielle. Ce ne sera donc pas un sujet qui va paralyser, comme vous le dites, l'élection présidentielle ?
Moi, ce que je souhaite, Olivier Bost, c'est précisément qu'on parle des Français et qu'on parle d'une vision pour le pays. Moi, je veux battre le Rassemblement national dans les urnes à la loyale. Je veux expliquer aux Français ce qu'est la réalité du programme du Rassemblement national. Je suis dans l'hémicycle à l'Assemblée. Je vois les propositions qui sont faites, les amendements qui sont déposés. Il y a encore quelques mois, au moment du budget, ils proposaient de taxer l'épargne des Français pour établir la retraite à 60 ans. Ils ont des mesures qui visent à nous faire sortir de l'Europe. Ça veut dire que nos agriculteurs ne recevront plus la PAC avec laquelle ils vivent au quotidien.
Donc tout ça, il faut le dire. Et par ailleurs, je veux les battre de manière différente parce que je crois que ces dernières années ou ces dernières décennies, moi je suis d'une nouvelle génération politique qui a vu aussi le Rassemblement national progresser, je pense que les politiques se sont toujours un peu votrées dans des arguments moraux et dans la contestation. Or, on doit aussi parler de nous et de notre projet. Là, vous êtes sur un plan moral. Vous m'interrogez sur les condamnations judiciaires. Moi, je veux aussi parler de mon projet. Et c'est avec ça que je veux convaincre les Français. Moi, je crois qu'on a vocation, la France, à redevenir la première puissance d'Europe.
Et que ça bénéficiera aux Français parce qu'ils gagneront plus de leur travail et parce que leurs enfants auront un travail qui leur permettra de gagner leur vie et de fonder une famille. Et pour ça, il faut qu'on réussisse sur quatre chantiers capitaux.
École, salaire, frontière, IA. On va venir sur votre programme. Mais est-ce que vous désapprouvez ou est-ce que vous soutenez les manifestations comme celles d'hier qui ont contrarié le déplacement de Marine Le Pen et Jordan Bardella à la flèche ?
Vous avez des Français qui décident de manifester et c'est leur droit. Et moi, je respecte le droit de manifestation en France. Voilà, je n'ai pas d'autre chose à dire. Si je me mettais à commenter la légitimité de certaines manifestations, dès lors que vous avez une manifestation qui n'est pas interdite par la préfecture pour des risques de troubles à l'ordre public, il y a la possibilité de manifester, bien sûr.
Vous parlez de l'importance de la probité pour votre génération, mais en 2024, vous aviez pourtant Rachida Dati mis en examen dans votre gouvernement lorsque vous étiez Premier ministre. Est-ce que c'est une forme de probité finalement à géométrie variable ?
Vous savez, il y avait eu ce débat avec un ministre, Éric Dupond-Moretti, qui avait été mis en examen. Et à l'époque, des personnes avaient dit, il est mis en examen, il devra quitter le gouvernement.
Oui, ce n'était pas la même chose. Rachida Dati est mis en examen au moment où elle intègre le gouvernement.
Qu'est-ce qui s'est passé ensuite pour Éric Dupond-Moretti ? Il a bénéficié d'un non-lieu. Donc, s'il avait été sorti parce qu'il était mis en examen, vous voyez bien que ça aurait été quelque part injuste puisqu'il a eu un non-lieu à la fin. C'est différent, Olivier Bost, d'être mis en examen et d'être condamné. Et c'est encore différent d'être mis en examen et d'être condamné deux fois,
comme c'est le cas de Mme Le Pen. Avant les ministres mis en examen quittaient un gouvernement, avec un gouvernement, ils intègrent un gouvernement.
C'était une époque où il y avait des instructions individuelles qui pouvaient être données au parquet par le gouvernement. C'est une époque qui a changé. Mais encore une fois, c'est différent d'être mis en examen et d'être condamné et d'être condamné à deux reprises pour détournement de fonds publics à de la prison ferme. Et le micro-parti de Mme Le Pen avait déjà été condamné définitivement auparavant. Mais encore une fois, moi je vous le dis, je me mets aussi à la place des Français, je parle avec eux au quotidien.
Ce qu'ils disent, c'est ok, vous vous attaquez entre vous les partis politiques, mais parlez un peu de notre vie quotidienne, de nos problèmes et de ce que vous voulez faire pour changer nos vies. La réalité, c'est que l'ERN, il prospère sur les ruines d'un système qui arrive à bout de souffle, un système économique, politique, institutionnel, et il prospère sur ce système à bout de souffle et sur le fait que les Français ont aujourd'hui un vrai doute. Ils se demandent si leurs enfants et leurs petits-enfants auront une meilleure vie que la leur. Et je crois que c'est une première fois dans l'histoire que les Français sont habités par ce doute-là. Et c'est très grave.
Et moi, ce que je veux, c'est leur redonner confiance. Je crois sincèrement que les plus belles pages de notre histoire sont potentiellement devant nous si on s'en donne les moyens. Parce qu'on a plein de talents, on a plein d'atouts, à condition de réussir sur quatre chantiers capitaux, école, salaire, frontière, IA, c'est-à-dire intelligence artificielle.
Sur le plan politique, est-ce que vous n'avez pas perdu, Gabriel Attal, pour dire les choses de manière un peu abrupte, perdu depuis mardi soir votre meilleur adversaire, celui de votre génération, Jordan Bardella ?
Non, vous savez, moi d'abord, je ne trie pas, mais je ne choisis pas mes adversaires. Ce n'est pas la démocratie. Oui, ensuite, il y a un adversaire du Rassemblement national, quel qu'il soit.
Ça change la configuration de l'élection présidentielle et de la campagne.
Vous savez, moi, je suis candidat à cette élection présidentielle depuis plusieurs mois, quel que soit le candidat du côté du Rassemblement national. C'est vrai que j'appartiens à une nouvelle génération en politique. Je l'assume, ça me donne aussi un regard différent sur les choses, sur la politique elle-même, mais je pense aussi sur l'avenir du pays. Effectivement, je considère que l'avenir, celui des générations futures, est extrêmement important. C'est ça que me donne peut-être mon âge et ma génération. Quels que soient les candidats en face de moi, c'est le projet que je porte et que j'aurais porté.
Avant de revenir sur votre projet, les sondages ne font pas tout, certes, mais ils sont quand même assez importants dans ce début de campagne présidentielle, notamment parce qu'ils pourraient guider l'offre politique. Selon notre tout dernier sondage RTL, Toluna Harris Interactive, il a été réalisé hier. Vous gagnez deux points à 16% d'intention de vote, à égalité avec Jean-Luc Mélenchon, mais 20 points derrière Marine Le Pen. Ça bouge, on le voit, mais les rapports de force, eux, ne bougent pas. Parleriez-vous d'un début de campagne laborieux ?
D'abord, vous le dites, je suis en progression dans les sondages. Il vaut toujours mieux ça que l'inverse, même si je prends toujours beaucoup de pincettes, parce qu'on est à près d'un an de l'élection. Je ne sais pas si vous vous souvenez... Il y a un autre enseignement dans ce sondage. Je ne sais pas si vous vous souvenez, il y a à la même époque, avant l'élection de 2017, c'est-à-dire en juillet 2016, qui était en tête dans les sondages très largement ?
François Fillon. C'était Alain Juppé. Alain Juppé, pardon.
Il était très largement en tête. Il n'a même pas été candidat à la fin. Donc ce que je veux dire par là, c'est qu'un an avant une élection, les sondages disent peut-être une photographie à un moment donné, mais ils ne disent pas ce que sera l'élection, parce qu'entre les deux, il y a une campagne. Et heureusement, et surtout entre les deux, il y a des Français qui se rendent dans l'isoloir et qui votent. Et c'est ça le plus important.
Vous faites quatre points de moins qu'Édouard Philippe, qui reste le plus haut face à Marine Le Pen. Si le choix devait se faire aujourd'hui, c'est vous qui seriez en position de vous retirer pour soutenir Édouard Philippe ? Nous sommes d'accord. D'abord, vous savez... C'est comme ça que ça va se faire.
Moi, je pense qu'il faut une vraie campagne et un vrai rassemblement. Qu'est-ce qu'il y a eu en 2022 ? Le problème. Il n'y a pas eu de campagne. Il n'y a pas eu de campagne présidentielle. Le président a décidé de se représenter très tard. Il y avait la guerre en Ukraine. Il n'y a pas eu de débat. Et je pense que ça a créé beaucoup de frustration chez les Français. Ça a fait qu'ensuite, il n'y a pas eu de majorité absolue à l'Assemblée nationale. Donc là, il faut une vraie campagne avec des projets qui sont différents et qui s'affrontent au sens démocratique et noble du terme et des Français qui décident.
Et ensuite, vous savez, moi, le sens de mon engagement, c'est évidemment aussi de me battre contre la France insoumise et le Rassemblement national. Et je veux empêcher qu'il y ait un deuxième tour entre la France insoumise et le Rassemblement national. Et donc pour ça, il faudra un rassemblement. Probablement début 2027, il faudra que des candidats qui sont sur le même espace politique partagent des valeurs communes.
En février, vous êtes tombé d'accord avec Edouard Philippe sur cette idée ?
Au début de l'année, ça peut être janvier, ça peut être février. On verra. Moi, j'ai fait une proposition de méthode. Vous avez un comité de liaison avec des représentants de nos partis, celui d'Edouard Philippe et le mien, qui se parlent pour organiser ça en amont. Et donc voilà, moi, je suis toujours dans la proposition constructive pour chercher à construire le Rassemblement. Ce que je constate aujourd'hui, vous l'avez dit, c'est qu'il n'y a pas de favori dans cette élection, dans notre espace politique. On est quasiment dans la marge d'erreur. Je suis en progression, vous l'avez dit. Et donc, il va y avoir une campagne.
Et je compte bien, comme j'ai commencé à le faire, me déplacer tous les jours sur le terrain à la rencontre des Français. Ces derniers jours, j'étais dans les Landes à Sanguinet, à Villers-Cotterêts dans l'Aisne, à Marseille dans les Bouches-du-Rhône, à Creil, en région parisienne. Je vais continuer à me déplacer partout sur le terrain. Et ce soir, vous allez sans doute regarder le football ? Alors, oui, même si, vous savez, on a un texte dans l'hémicycle sur la sécurité des Français. On luttait contre le protoxyde d'azote, les rêves parties, etc. Donc, ça va être dur de jongler, sans mauvais jeu de mots, entre l'hémicycle et le match France-Maroc.
France-Maroc en quart de finale. Alors, vous avez lancé avec votre fan club, on peut dire ça comme ça, des paris sans enjeux financiers sur la Coupe du Monde. Ce soir, quel est votre pronostic ?
Alors, j'ai une application de campagne sur smartphone qui peut être téléchargée par n'importe qui. Vous allez sur l'App Store, ça s'appelle Atta le Président. Et effectivement, je propose aux militants qui font ma campagne de me défier au pronostic. Ce que j'ai mis sur l'application pour ce pronostic aujourd'hui, c'est 2-1 pour la France.
Oui, ce qui est un score où, à la fin, toutes les équipes ont marqué, et c'est la France qui gagne. Je pense que la France va gagner, et je pense qu'elle va gagner cette Coupe du Monde, Olivier Bost. Vous aimez le football, ou vous aimez réellement le football, ou la ferveur du football, le spectacle ?
J'aime les deux. En plus, j'ai un rapport au football qui est très intime et particulier. Mon père était un fan de foot. On regardait tous les matchs ensemble. Il m'emmenait aussi au stade de temps en temps pour voir les matchs. Il est malheureusement décédé quand j'étais assez jeune. Donc, c'est quelque chose de très intime. Vous êtes réellement passionné du football ? J'aime le football. J'aime, et surtout quand il y a des compétitions. Mais c'est vrai que c'est quelque chose de très intime pour moi.
Merci beaucoup, Gabriel Attal.
Merci Olivier Bost. Merci Gabriel Attal.
Gabriel Attal