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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 23 décembre 2025 20 min

Le Rassemblement national votera en faveur de la loi spéciale, déclare Sébastien Chenu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Sébastien Chenu.

0:11
Sébastien Chenu

Bonjour Madame.

0:11
Présentateur

Le Conseil des ministres a donc adopté hier soir une loi spéciale pour faire face à l'absence de budget. Elle permet de lever l'impôt, de continuer à payer les fonctionnaires. Elle arrive tout à l'heure à l'Assemblée nationale. Vous la votez au Rassemblement national ?

0:24
Sébastien Chenu

Oui, on va voter une loi spéciale parce que la loi spéciale, ça permet, vous l'avez dit, la continuité de la machine de l'État. Et donc, par conséquent, puisqu'il n'y a pas de budget au moment où nous nous parlons, qui ait été voté dans les mêmes termes, eh bien, nous, nous souhaitons que l'appareil d'État puisse continuer à fonctionner. On n'a jamais été pour un blocage. Donc, par conséquent, oui, on votera.

0:45
Présentateur

Là, vous êtes dans le camp de la responsabilité. Pourquoi vous ne l'êtes pas pour voter le budget, justement ?

0:51
Sébastien Chenu

Parce qu'on n'est pas d'accord. Parce qu'on n'est pas d'accord avec ce budget qui est totalement, pour le coup, irresponsable. Ce budget, il faut bien le voir, c'est beaucoup, beaucoup d'impôts supplémentaires. D'ailleurs, Amélie de Montchalin l'assume. Elle dit qu'il y aura des impôts supplémentaires, à peu près 20 milliards d'impôts.

1:05
Présentateur

La fiscalité des plus riches, notamment.

1:07
Sébastien Chenu

Pas seulement. Beaucoup de classes populaires, la France qui travaille, etc., va être très impactée par ce budget.

1:12
Locuteur non identifié

Sébastien Genu, vous parlez d'impôts supplémentaires. C'est vous qui avez voté la taxe sur les holdings, la taxe sur les multinationales, la taxe sur la fortune improductive. On vous a reproché même 34 milliards d'impôts en 24 heures.

1:24
Sébastien Chenu

Alors, ce reproche, il est tout à fait infondé parce que ce n'est pas du tout 34 milliards. On a voté un dispositif anti-évasion fiscale. Ce n'est pas une taxe, c'est un dispositif anti-évasion fiscale. Je le répète à chaque fois, je l'ai répété déjà sur votre antenne. Mais nous, ce qu'on veut, c'est une certaine forme de justice fiscale. C'est-à-dire qu'effectivement, il n'y a pas de société sans impôts. Moi, j'adorerais qu'on puisse se dire une société sans impôts, personne ne paye d'impôts. Ça n'existe pas.

Donc, on veut une justice fiscale qui permette de faire contribuer peut-être ceux qui ont beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, c'est-à-dire 0,5% des foyers fiscaux sur lesquels il y avait effectivement une volonté d'aller un peu plus loin. Mais pour le reste, ce sont des mesures de justice fiscale.

2:08
Locuteur non identifié

Vous êtes d'accord pour augmenter les impôts ?

2:10
Sébastien Chenu

Non, nous ne sommes pas d'accord pour augmenter les impôts puisqu'on en a fait baisser beaucoup dans nos propositions. Mais d'ailleurs, regardez, il y avait des choses très simples à faire pour répondre sur la question de votre consoeur. Pourquoi est-ce qu'on ne vote pas ce budget ? Par exemple, il y a 2 milliards d'euros à aller chercher très simplement avec la fin de l'accord sur l'Algérie. Je rappelle que l'Assemblée nationale a voté, sur proposition du Rassemblement national, a voté la fin des accords avec Algérie qui nous coûtent 2 milliards d'euros par an.

2:36
Invité

Les accords de 68 ?

2:37
Sébastien Chenu

Les accords de 68, absolument. Pourquoi est-ce que le gouvernement et le président de la République n'appliquent pas la volonté de l'Assemblée nationale ? Là, il n'y a pas besoin d'une seconde lecture. Là, il n'y a pas besoin d'autre chose. Il y a 2 milliards d'euros qu'il faut aller chercher. Donc, vous voyez, on ne peut pas voter ce budget parce que, je le disais, c'est beaucoup d'impôts supplémentaires pour les Français. Ça ne résout rien. La dette continue. Le déficit continue. On est totalement en roue libre. Ce gouvernement est totalement en roue libre. Donc, ne résout rien. Prélève beaucoup sur les Français. Et, en réalité, ne donne pas de perspective en matière d'économie.

3:10
Locuteur non identifié

Sauf qu'il n'y a pas de budget, là. Donc, il va falloir remettre l'ouvrage sur le métier à partir du mois de janvier. Et la ministre des Comptes publics dit qu'il faut un budget avant la fin janvier. Vous pensez qu'on peut se mettre d'accord, qu'on peut trouver un compromis à l'Assemblée nationale ? Et vous y êtes prêts ?

3:23
Sébastien Chenu

Mais nous, on n'est pas là pour trouver des compromis sur le dos des Français. Enfin, nous, nos députés...

3:28
Présentateur

Aucun compromis avec le gouvernement, c'est votre position.

3:30
Sébastien Chenu

Le but, ce n'est pas de trouver un compromis. Le but, c'est de trouver une politique qui n'alourdisse pas les impôts des Français et résolve les problèmes de déficit et de dette. C'est ce gouvernement qui est en place. C'est son budget. C'est leur imagination qui est à l'œuvre.

3:47
Présentateur

Et vous n'avez pas envie d'y participer, d'y contribuer à votre manière ?

3:50
Sébastien Chenu

Ah non, je n'ai pas du tout envie de participer à cette espèce de grande magouille PS, LR, Macroni qui consiste à ne rien résoudre et qui consiste à faire la poche des Français. Nous, on a des propositions. Mais pour ça, il faudrait qu'on soit majoritaire pour les appliquer. Et le problème de ce budget, et en fait, c'est toujours le serpent qui se mord la queue, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale. Donc, en réalité, ce budget tel que voudraient les uns ou les autres est absolument invotable. Donc, il faut aller à la dissolution pour demander aux Français de donner une majorité.

4:19
Locuteur non identifié

Est-ce que la fenêtre de tir, elle n'est pas ratée pour la dissolution ? La fenêtre de tir, elle n'est pas ratée pour la dissolution ? Aujourd'hui, on va arriver dans les campagnes municipales à partir du début mars.

4:27
Sébastien Chenu

Justement, on va voter au mois de mars. On va voter au moment des municipales. On pourrait faire les législatives en même temps. On pourrait imaginer... On a déjà eu deux scrutins le même jour. C'est techniquement tout à fait faisable. Il y a une urgence. On nous dit matin, midi et soir, le gouvernement nous dit, c'est urgent, il faut voter un budget. Il faut quand même un budget, vous êtes d'accord ? Il faut un budget.

4:44
Présentateur

Donc, pour vous, le budget peut être adopté avec le 49-3, c'est ce qui se profile ?

4:47
Sébastien Chenu

Alors, j'y viens. Mais, je veux dire, au lieu de nous faire perdre du temps, ça fait trois mois qu'ils sabotent ce budget, ce gouvernement. Ils l'ont saboté parce qu'il a été présenté avec trois semaines de retard. Ils l'ont saboté parce qu'ils ont déposé 6000 amendements. Je vous rappelle que, moi, quand j'ai été élu en 2017, il y avait, de mémoire, sur le budget, 480 amendements. Et ces amendements, ils viennent de qui ? Du fameux bloc central. Ils ne viennent pas du Rassemblement national. C'est nous qui en avons déposé le mois.

5:11
Présentateur

Mais c'est du sabotage d'avoir réussi à faire adopter le projet de loi de finances sur la sécurité sociale ?

5:16
Sébastien Chenu

149-3 ? Mais, je veux dire, tout ça, ce sont des manœuvres, madame.

5:18
Présentateur

C'est des compromis, ce sont des discussions qu'il y a eues avec le Parti socialiste, notamment.

5:23
Sébastien Chenu

Oui, c'est ce que j'appelle des magouilles avec le PS. Ils ont acheté le Parti socialiste à pas cher.

5:27
Locuteur non identifié

Des magouilles qui vous bénéficient aussi, parce qu'il y a la suspension de la réforme des retraites que vous avez réclamée depuis très longtemps, que vous n'avez pas réussi à faire adopter, et alors là, vous en bénéficiez.

5:38
Sébastien Chenu

Non, mais ce n'est pas une suspension. D'abord, ce n'est pas nous qui en bénéficie. C'est quoi ? C'est un décalage. À un moment, il faut dire les choses telles qu'elles sont. Nous, on est pour une suspension. D'ailleurs, on a voté pour ce décalage, mais c'est un décalage.

5:48
Locuteur non identifié

C'est un décalage, mais entre-temps, il y aura une présidentielle et qui arrivera en 2027. Et vous avez voté pour.

5:52
Sébastien Chenu

On a voté pour, parce que tout ce qui peut aller dans le sens de ce que nous défendons pour les Français, nous le votons. Donc, le compromis, il a du bon.

5:59
Locuteur non identifié

Donc, merci le PS.

5:59
Sébastien Chenu

Non. Alors, écoutez, quand on est dans l'opposition, je vais vous dire, on ne peut pas se satisfaire d'un budget pareil. Le PS n'est plus dans l'opposition. Les LR ne sont plus dans l'opposition. Alors, les LR, on ne sait jamais, parce qu'au Sénat, ils votent contre, à l'Assemblée, ils votent pour. Ils ont des ministres à l'intérieur du gouvernement. Bruno Retailleau dit qu'il faut voter contre. Ces gens-là n'ont plus aucune ni conviction ni boussole. Nous, notre boussole, je vous le répète, c'est arrêter de faire la poche des Français, faire des économies. Je vous ai parlé des accords sur l'Algérie. Fin des accords sur l'Algérie.

C'est 2 milliards d'économies à faire tout de suite, immédiatement. Et une autre politique à mener. Le nœud gordien de tout ça, c'est évidemment le fait qu'il n'y ait pas de majorité et qu'il faille une dissolution pour donner une majorité. On a beau tourner en rond, ces gens, ces gouvernants sont irresponsables. Et arriveront sur quoi ? Sur un 49-3. Sébastien Lecornu vous a baladé depuis des mois.

6:46
Locuteur non identifié

Il faut le réintroduire, le 49-3.

6:49
Sébastien Chenu

Mais ça, c'est leur problème. Ce n'est pas moi qui vais leur dire la façon dont ils doivent se sortir de ce qu'ils ont concocté. Ils ont saboté le budget. Sébastien Lecornu nous balade depuis 3 mois. Il sait qu'à la fin, ça ne peut se terminer que comme ça, par une loi spéciale. Je l'ai déjà dit sur votre antenne il y a quelques mois. Ça se terminera par une loi spéciale.

7:06
Locuteur non identifié

Mais si 49-3 il y a, vous déposerez une motion de censure ?

7:09
Sébastien Chenu

On s'autorise tout. On a déjà déposé des motions de censure. On a déjà voté des motions de censure. La nôtre ou celle des autres. Nous, rien ne nous fait peur.

7:19
Présentateur

Mais finalement, Sébastien Chenu, votre objectif, c'est quoi ? C'est d'avoir un budget ? D'avoir une nouvelle fiscalité ? Ou de faire tomber le gouvernement avec une nouvelle dissolution ?

7:29
Sébastien Chenu

Tout marche ensemble. En fait, pour avoir un nouveau budget, une nouvelle fiscalité, pour avoir une autre politique, il faut faire tomber ce gouvernement. Il faut qu'il s'en aille. Ils en ont raté des occasions.

7:40
Présentateur

Avoir de nouveau un Premier ministre ? De nouveau une forme d'instabilité avant les élections municipales ?

7:44
Sébastien Chenu

Non mais enfin, l'instabilité, c'est eux qui la créent. L'instabilité qui consiste à ne pas avoir de budget et qui peut inquiéter parfois. C'est leur résultat. C'est le résultat de leur politique. Tout ça, ce sont eux qui sont aux manœuvres. Et en fait, ils y sont pourquoi ? Parce qu'eux, ils veulent durer. Ils ont peur des électeurs. Ils ont la trouille. Les socialistes, les LR, les macronistes, ils ont bien raison d'ailleurs d'avoir la trouille. Parce qu'à mon avis, ils se prendraient une déculottée phénoménale. Donc nous, on ne cherche pas à durer. On cherche à faire changer les choses. Mais ils en ont raté des occasions. À un moment, il y a eu de la croissance dans ce pays.

À un moment, il y a eu des taux d'intérêt qui étaient plus bas. Ils auraient pu mener une autre politique. Non, ils ont continué les mêmes logiques qui nous amènent aux mêmes résultats. Plus de dettes, plus de déficits, zéro économie égale plus d'impôts pour les Français.

8:30
Locuteur non identifié

On l'a dit, vous avez quand même voté des hausses d'impôts. Et vous avez présenté aussi un contre-budget qui prévoit 50 milliards de réduction, de baisse en appelant sur la fraude sociale, la fraude fiscale, sur l'immigration. Un budget qui est jugé pas réaliste par de nombreux économistes. Philippe Aguillon, nouveau prix Nobel, parle à propos de vous de grands amateurs pas capables de gérer la France.

8:53
Sébastien Chenu

Non mais, M. Aguillon, il est surtout, il a été membre du Parti communiste il y a longtemps. Il est un des soutiens des rédacteurs de la politique d'Emmanuel Macron. Comment voulez-vous qu'il soit d'accord avec nous ? M. Aguillon, il n'est plus soutien aujourd'hui et il est prix Nobel. D'accord, il est prix Nobel. Dites donc, un prix Nobel qui soutient l'état de l'économie, les choix économiques de la France tels qu'ils sont aujourd'hui. Franchement, c'est à se poser des questions. Il ne soutient pas les choix d'Emmanuel Macron. D'accord, bon, écoutez, M. Aguillon peut faire preuve d'une sorte de mépris nous concernant. Nous, nous ne sommes responsables de rien dans cette situation.

Nous, nous avons d'autres logiques politiques et nous demandons à les appliquer. On sera jugé sur pièce. Si un jour les Français nous font confiance, ils verront le résultat de nos politiques. Ils verront ce que c'est qu'une fiscalité qui est plus adaptée. Ils verront ce que c'est que la chasse à la fraude. Ils verront ce que c'est que la lutte contre l'immigration guichet social. Ils verront ce que c'est qu'une politique fiscale différente. Eh bien, nous, nous ne sommes pas en accord avec ce budget. Ce budget, encore une fois, je vous le redis, il est dangereux pour le pays. Il est récessif.

Je vous rappelle que beaucoup d'économistes, puisque vous parliez de Philippe Aguillon, ont dit que ce budget portait en lui des causes de récession. Il handicape le pays.

9:58
Locuteur non identifié

C'est ce qu'on vous reproche aussi avec votre contre-budget.

10:00
Sébastien Chenu

Écoutez, laissez-nous aux manœuvres si les Français le veulent et vous nous jugerez sur pièce.

10:05
Présentateur

Sauf qu'en attendant, si le Parti Socialiste s'abstient sur le vote du budget, s'il a lieu fin janvier, il passe. Et 149,3, 110 solutions, vous faites quoi ?

10:15
Sébastien Chenu

Écoutez, ce n'est pas notre choix. Si le Parti Socialiste est complice de la Macronie pour lui-même tenir et ne pas aller devant les électeurs, on en prendra acte. Enfin, c'est la situation politique telle qu'elle est. Et puis, leurs électeurs pourront en prendre acte aussi. Ils ont voté pour des députés qui se sont fait élire sous le label Nouveau Front Populaire comme des opposants à Emmanuel Macron. Et à la fin, ce sont des députés qui soutiennent le budget d'Emmanuel Macron, comme les LR. C'était les premiers opposants à Emmanuel Macron au mois de juin 2024, quand il y a eu les élections. Et c'est devenu les premiers alliés d'Emmanuel Macron. Mais ils ont obtenu des choses.

Ils n'ont rien obtenu. Ils ont obtenu le fait qu'il y ait 20 milliards d'euros d'impôts de plus dans ce budget pour les LR. Une augmentation des crédits pour les hôpitaux, la suspension de la réforme des retraites. Il y a rien de tout ça aujourd'hui. Dans le budget de la sécurité sociale qui a été adopté. Dans le budget de la sécurité sociale. Et on verra aussi si tout ça tient. Parce que moi, je me souviens que les objectifs de l'ONDAM sont des objectifs simplement et qui ne sont en général pas tenus. Mais les LR, c'était les grands chantres des baisses d'impôts. On a 20 milliards d'impôts de plus sur les ménages et les entreprises dans ce budget.

Bravo pour les grands chantres des économies.

11:18
Présentateur

Sébastien Chenu, député Rassemblement National du Nord et vice-président de l'Assemblée Nationale. Vous restez avec nous. Il est 8h45 sur France Info et c'est le fil d'info tout de suite avec Laura Dulieu.

11:28
Invité

Les roues restent en vigilance rouge. Pour les crues, l'eau a atteint 3,56 mètres de haut hier à Agde où les habitants sont appelés à rester chez eux encore aujourd'hui. Le Tarn, l'Aveyron et la Lauser restent aussi par ailleurs en vigilance orange. La loi spéciale a rendez-vous au Parlement aujourd'hui après son adoption en Conseil des ministres. Hier soir, le texte sera soumis à l'Assemblée puis au Sénat en attendant un vrai budget. 2026 au plus tard en janvier, demande Emmanuel Macron. Plus de 50 000 téléphones portables, ordinateurs, écouteurs et tablettes volés dans la nuit de dimanche à lundi dans un entrepôt de Duny en Seine-Saint-Denis en propos de l'entreprise JD.com.

Il y en a pour 37 millions d'euros de butins. Le système d'alarme ne fonctionnait pas. La belle opération de l'Olympique lyonnais, le brésilien Hendrik rejoint l'OL pour 6 mois. L'international brésilien prêté par le Real Madrid sans option d'achat. A 19 ans, Hendrik n'a disputé que 3 morceaux de match avec les Madrilènes depuis le début de la saison.

12:27
Locuteur non identifié

France Info

12:31
Présentateur

Et nous sommes toujours avec Sébastien Chenu, député Rassemblement National du Nord, vice-président de l'Assemblée Nationale. De nouveaux cas de dermatose nodulaire bovine ont été confirmés dans le Sud-Ouest hier, des vaches qui avaient été vaccinées. Même si les barrages d'agriculteurs refluent ces derniers jours, certains restent toujours mobilisés. On n'a pas bien compris votre position, vous, au Rassemblement National. Abattage systématique, comme le préconisent les scientifiques et le gouvernement, ou vaccination généralisée des bovins ?

13:06
Sébastien Chenu

Pour d'abord, cette situation traverse nos agriculteurs. Elle est non seulement alarmante, mais elle résulte de choix politiques qui sont néfastes. Après le plan social sur l'industrie, la disparition de notre pays, Emmanuel Macron et ses alliés voulaient un pays sans usine. Les voilà qui veulent un pays sans ruralité, parce que derrière l'agriculture, c'est la ruralité. C'est un plan social de la ruralité qui est en train de se faire avec les accords de libre-échange, avec effectivement des choix politiques.

13:36
Présentateur

Mais la dermatose nodulaire bovine, elle est liée à un insecte et notamment au dérèglement climatique ?

13:42
Sébastien Chenu

D'abord, plusieurs choses. D'abord, on peut se poser la question de l'anticipation. En juin dernier, en Savoie, je crois, il y a eu des premiers cas. Il y avait une demande de protocole d'isolement qui avait été faite. Est-ce que tout ça a permis d'anticiper les choses ? Est-ce qu'on ne s'est pas dit, est-ce que le ministère de l'Agriculture ne s'est pas dit à ce moment-là, attention, ça pourrait, puisque c'est transmis par les insectes, ça pourrait se développer ? Où en sommes-nous des vaccins à ce moment-là ? Est-ce qu'il y a eu une anticipation ? Moi, je vois qu'on importe nos vaccins.

Donc, on voit bien qu'il y a eu un retard à l'allumage concernant la gestion de ce qui devient aujourd'hui une pandémie.

14:18
Locuteur non identifié

Mais alors, qu'est-ce qu'il faut faire aujourd'hui ?

14:20
Sébastien Chenu

Alors maintenant, moi, je regarde les choses avec une espèce d'objectivité. Ce n'est pas idéologique. Moi, je crois, je me suis référé, j'ai trouvé ce document de la Fédération européenne des vétérinaires qui dit exactement qu'il faut éviter, dans la mesure du possible, les abattages massifs en renforçant, évidemment, la biosécurité, en renforçant la vaccination. Moi, je crois que les abattages massifs sont une source de traumatisme incroyable pour les agriculteurs, de traumatisme, mais également de pertes financières. Il y a des compensations. Oui, d'accord, mais attention, les compensations, il n'y a pas de calendrier.

Est-ce que c'est le prix des bêtes ou est-ce que c'est également les rendements ? Je veux dire, il faut tout prendre en compte et puis donner aussi des calendriers.

15:03
Locuteur non identifié

Ça veut dire quoi, éviter l'abattage massif ?

15:05
Sébastien Chenu

Ça veut dire qu'il faut un plan de vaccination massif, par secteur géographique, généralisé, avec de l'isolement. Une bête est malade, on l'isole et on vaccine globalement l'ensemble des bêtes dans un secteur géographique.

15:16
Locuteur non identifié

Ça veut dire qu'on ne pourra plus exporter, vous le savez, puisque nos bêtes vaccinées ne seront plus acceptables, ni en Chine, ni en restant de l'Europe.

15:24
Sébastien Chenu

Il y a aussi la viande et le lait qui, eux, sont toujours consommables et qui doivent permettre, à qui on doit permettre d'être écoulés.

15:32
Présentateur

Mais la Chine a prévenu, des bêtes vaccinées, elle n'en veut pas.

15:35
Sébastien Chenu

La Chine n'est pas notre seul client, en l'occurrence, loin de là. Donc, moi, je crois que ce qu'il faut, c'est sauver nos agriculteurs. Alors, il y a cette dermatose avec le protocole dont je viens de vous parler. En tous les cas, les propositions de protocole dont je viens de vous parler. Encore une fois, moi, je me réfère, je vous ai dit, là, par exemple, la Fédération européenne des vétérinaires, parce que j'ai confiance plutôt dans la médecine. Et donc, ce sont eux qui sont capables de nous dire ce qu'il y a de mieux à faire. Mais derrière, ça n'empêche pas la nécessité de faire baisser les normes les plus toxiques pour nos agriculteurs.

Je vois que le plan EGALIME 4 a été totalement, là, c'était sur les rémunérations en particulier, a été totalement passé aux oubliettes.

16:13
Locuteur non identifié

Sauf que vous, le RN, vous vous êtes abstenu sur la proposition écologiste qui visait à garantir un revenu digne aux agriculteurs ?

16:20
Sébastien Chenu

Non, mais on a fait d'autres propositions, madame. On a fait d'autres propositions. Il y avait tout un débat là-dessus. Je m'en souviens parfaitement. C'était dans une niche. Nous avons fait un autre débat concernant les revenus des agriculteurs. C'est que ça n'allait pas dans le bon sens. Je n'ai plus en tête le texte exact. Ce qu'il y avait des dispositions qui ne nous convenaient pas. Ce ne sont pas les écolos qui défendent les agriculteurs. Ça serait, eux, ils sont pour des normes. Ils sont pour la décroissance. Ils sont pour la fin de la ruralité. Donc, si vous voulez, on n'en est pas là.

Moi, ce que je crois, c'est que derrière ça, l'énorme dossier de l'agriculture, le libre-échange, les normes, les revenus des agriculteurs ne sont pas traités. Ça fait des années. Je veux dire, tous les ans maintenant, il y a des manifestations d'agriculteurs dans notre pays. Et ça fait des années qu'on leur dit, oui, on prend en considération. La réalité, c'est qu'on ne prend pas en considération les agriculteurs et que ce plan social de l'agriculture, il est pensé, il est voulu, à travers les accords de libre-échange par Emmanuel Macron et l'Union européenne, qui n'en ont rien à faire, qui sacrifient notre agriculture contre les voitures allemandes, contre l'industrie allemande.

Donc, ça, ça veut dire qu'il ne faut pas signer le Mercosur. Avec les pays du Mercosur.

17:22
Locuteur non identifié

Ça veut dire qu'il ne faut pas le signer, qu'il ne faut pas l'accepter, cet accord ?

17:25
Sébastien Chenu

Enfin, évidemment.

17:27
Locuteur non identifié

Même si on obtient des clauses de sauvegarde et des clauses miroirs.

17:29
Sébastien Chenu

Mais, madame, les clauses de sauvegarde, elles ne sont pas contraignantes. Les clauses de sauvegarde, elles sont déjà, pour certaines, elles sont déjà incluses dans le texte. Elles ne sont pas contraignantes. Elles ne sont pas opérantes. Elles sont temporaires. Donc, à un moment, il faut arrêter de...

17:42
Présentateur

Donc, pour l'instant, la France a raison de freiner.

17:44
Sébastien Chenu

Non, mais la France a raison de freiner. Mais surtout, elle a accéléré. Elle a laissé faire. Ça fait des années qu'Emmanuel Macron continue à négocier ce Mercosur. Ça fait des années qu'il soutient une commission qui est allée au-delà de ses prérogatives. Je vous rappelle que c'était normalement un accord et non pas simplement la possibilité pour la commission de faire signer à la majorité simple un texte. Ils ont scindé le texte pour le faire voter à la majorité et non pas à l'unanimité. C'est-à-dire qu'ils nous mettent dans un corner. Emmanuel Macron, il a soutenu tout ça.

Au moment où cet accord arrive à signature, il freine légèrement sur la pédale parce qu'il a compris que c'était insupportable avec la crise de la dermatose en parallèle. Il a toujours été contre la signature de cet accord ? Non, non, non. Sa philosophie, c'est soutenir les accords de libre-échange. La nôtre, c'est faire sortir l'agriculture de ces accords de libre-échange.

18:34
Locuteur non identifié

Pour autant, on voit que la Chine vient de relever ses droits de douane sur le lait européen jusqu'à 42,7% d'augmentation. Est-ce qu'il ne faut pas justement se tourner vers d'autres marchés ? Les pays du Mercosur, c'est 270 millions de consommateurs.

18:44
Sébastien Chenu

Mais madame, pour ça, il faut avoir des filières. On est en train de sacrifier la filière bovine et on va importer de la viande du Brésil. Enfin, on est chez les dingues ou quoi ? On est en train de liquider ici l'agriculture et l'élevage et on va importer. C'est ça le modèle ? Moi, ce n'est pas le modèle que je veux. Moi, je pense qu'il faut qu'on continue à faire pression pour sortir l'agriculture de ces accords de libre-échange. Auquel cas, à dire à l'Union européenne et à la Commission, eh bien la France, parce que c'est un grand pays et qu'on a des leviers, on va suspendre, nous, notre contribution ou la hausse, d'ailleurs, de notre contribution au budget de l'Union européenne.

On a des leviers. J'attends de voir ce qu'Emmanuel Macron fera là-dessus. En tous les cas, pour l'instant, notre agriculture, elle est en train de mourir et ce n'est pas Emmanuel Macron qui la défend.

19:27
Présentateur

Sébastien Chenu, une dernière question. La ZFE du Grand Paris met en place cette année encore, pour un an de plus, les dérogations et les dispenses de contrôle. C'est prolongé. Vous, vous aviez demandé la suppression des ZFE au Parlement l'année dernière. Vous saluez le report pour le Grand Paris ?

19:42
Sébastien Chenu

Oui, bien sûr. Il faut arrêter avec ça, avec cette espèce d'écologie punitive qui consiste à dire à des Français qui ont une voiture ancienne, vous ne pourrez plus rentrer dans les grands centres urbains.

19:50
Présentateur

Merci beaucoup Sébastien Chenu d'avoir été en direct avec nous sur France Info. Je rappelle que vous êtes député Rassemblement National du Nord et vice-président de l'Assemblée Nationale.