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interviewLe Média — Podcasts· 9 février 2026 23 min

Macron en pleine parano pour 2027

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour tout le monde, à nos abonnés, nos sociaux, nos téléspectateurs et bienvenue pour un nouvel épisode des Indiscrets sur le Média. Votre rendez-vous hebdomadaire politique avec Niels. Grâce à son carnet d'adresses sans égale, Niels nous permet d'arpenter chaque semaine les coulisses de la politique française. Et avouons-le, on adore ça. Au sommaire de cette émission, Emmanuel Macron en pleine crise de parano, le président sortant est confronté aux ambitions de ses alliés pour 2027. Niels nous en dévoile les coulisses. Et puis en pleine campagne des municipales, tous les coups semblent permis, y compris entre amis, Niels a enquêté sur les basses manœuvres entre candidats.

La France insoumise d'extrême-gauche, c'est le classement établi par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, avant les municipales. Et ça fait scandale, on va vous en parler. C'est parti pour les Indiscrets. Bonjour Niels, comment ça va aujourd'hui ?

1:09
Emmanuel Macron

Eh bien écoute, ça va, on fait aller, merci beaucoup.

1:11
Présentateur

Et avant de démarrer, d'entrer dans le vif du sujet, une petite précision que tu dois nous apporter par rapport à la dernière émission.

1:18
Emmanuel Macron

Oui, Marie-Élise Léon n'est pas présidente de la CFDT, comme je l'avais indiqué la semaine dernière dans l'émission. Elle est secrétaire générale de la CFDT. Voilà, précision utile et donc apportée à nos abonnés.

1:31
Présentateur

Effectivement, tu as bien fait, il faut être rigoureux. Sinon, on ne sait jamais, les commentaires vont être un peu plus compliqués parfois. Revenons à notre sujet du jour. Emmanuel Macron n'est pas content, Niels.

1:43
Emmanuel Macron

Et non, et pourtant, notre président bien-aimé a au moins un motif de satisfaction. Sa cote de popularité a remonté en flèche. Alors, pas chez l'ensemble des Français, chez ses propres sympathisants. C'est déjà pas mal parce qu'elle avait beaucoup baissé ces derniers mois. Alors, effectivement, il reste très, très impopulaire au niveau de la population de manière générale. Mais il regagne du crédit chez ses sympathisants avec un bond de 14 points en un mois. 63% des sympathisants ensemble, qui rassemblent Horizon, Le Modem et Renaissance, lui font confiance.

C'est ce qu'a observé le Figaro Magazine dans son dernier baromètre réalisé par l'Institut Vériant, qui rappelle peut-être l'effet lunettes de soleil ou le fameux « for sure ». Certains se sont même amusés à en faire des runics ces derniers jours. Regardez ça. « For sure, for sure, for sure, for sure, for sure.

2:36
Invité

Sometimes it's too slow, for sure, for sure. It needs to be reformed, for sure, for sure. Sometimes it's too slow, slow. »

2:44
Emmanuel Macron

Alors, on se console comme on peut, Cyril. Et d'ailleurs, Emmanuel Macron a réagi dans un direct surbrut à cette vibe inattendue.

3:05
Invité

« Je pense que c'est à la fois le caractère un peu insolite de ces lunettes, le moment aussi qui est un moment de très forte tension politique avec les États-Unis, et le fait qu'on ait un peu dit « stop », et la franchise, et puis la France internationale. » Mais c'est très simple.

3:23
Emmanuel Macron

Mais c'est quand même une bien maigre consolation, au moment où un champ de ruines se dresse dans son propre camp et que les appétits de ses obligés s'aiguisent. Attal, Édouard Philippe, Darmanin, Lecornu, tous sont des héritiers du macronisme, en quelque sorte, même si certains s'en défendent, comme Édouard Philippe, par exemple, et Gabriel Attal aussi. Il faut dire effectivement qu'après dix ans de pouvoir, le macronisme est démonétisé, je crois qu'on peut le dire. C'est l'euphémisme du jour. Et évidemment, ça fait cogiter les équipes des potentiels candidats ou futurs candidats. Dans le cas d'Édouard Philippe, il est déjà déclaré.

Et ça fait cogiter effectivement leurs équipes qui se demandent comment s'y prendre avec le macronisme, et notamment un soutien de Gabriel Attal qui m'explique est-ce qu'il faut défendre le bilan macroniste ou assumer une rupture ? C'est un point qui n'est toujours pas tranché, me dit-il. Si on défend le bilan, on passe pour des clones de Macron. Si on le critique, on nous accuse de cracher dans la soupe. Évidemment, c'est un peu la question de l'œuf ou de la poule. Ce n'est pas tranché pour le moment. Au départ, Édouard Philippe et Gabriel Attal ont joué la carte de la rupture avec Emmanuel Macron.

Le premier tient le président pour responsable de la situation politique actuelle et porte un jugement très sévère sur ces quinquennats. Regardez ça.

4:35
Invité

J'entends le président de la République dire qu'il est le garant de la stabilité. Mais objectivement, qui a créé cette situation de très grande instabilité et pourquoi ? Il se trouve que c'est lui. Je pense qu'il a une responsabilité éminente à la fois dans la cause de cette affaire et dans la façon de le répondre. Comme beaucoup de Français, je ne comprends plus les décisions du président de la République. Il y a eu la dissolution. Et il y a depuis des décisions qui donnent le sentiment d'une forme d'acharnement à vouloir garder la main.

5:01
Emmanuel Macron

Voilà. Alors, entre-temps, le problème, c'est qu'Édouard Philippe a pris cher dans les sondages, notamment de la part de son électorat macroniste, qui n'apprécie peut-être pas parfois les décisions d'Emmanuel Macron, mais qui déteste encore plus ce qu'ils appellent les traîtres. Et donc, on l'a vu revenir sur ses propos en ouvrant sa campagne pour les élections municipales au Havre. Voilà. Donc, Édouard Philippe esquisse, mais à coup le pas, envers Emmanuel Macron. On l'a vu sur RTL, effectivement, en expliquant que parfois, il était trop brutal.

5:31
Présentateur

Il se vient de parler d'Édouard Philippe, tout à l'heure, Gabriel Attal. Mais qu'en est-il de Gérald Darmanin ?

5:36
Emmanuel Macron

Oui, Gérald Darmanin, lui, il joue un peu une carte à part. Il joue la carte de la fidélité, du moins en apparence. C'est ce que m'explique l'un de ses soutiens. Il fait remarquer, d'ailleurs, qu'il n'a jamais trahi ni Nicolas Sarkozy, ni Emmanuel Macron. En tout cas, pour le moment, ce n'est pas au programme. Et puis, c'est vrai que Gérald Darmanin le communique à sa manière. Il explique notamment aux Parisiens « Voilà neuf ans que je suis ministre et que je délivre des réformes. Je suis d'une loyauté indiscutable au président. » C'est ce qu'il déclare, affirmant au passage, qu'il contribuera, je cite, « d'une manière ou d'une autre à la présidentielle.

» Et évidemment, qu'il veut peser sur cette élection. C'est ce qu'il assure. Alors, il nous fait aussi un petit élément de communication. Il ne serait pas digne de se désintéresser de l'élection de 2027 alors que le RN est favori pour l'emporter. Alors, traduction d'un de ses conseillers, « Si Darmanin lorne sur l'Elysée, c'est au nom de l'intérêt général. » Décidément, Cyril, on ne le mérite pas. Effectivement. Alors, l'IB a révélé cette semaine que notre ministre de la Justice actuelle a invité Édouard Philippe et Bruno Retailleau pour un dîner mardi soir Place Vendôme et ils plaident pour une seule candidature à droite et au centre. Alors, la sienne, évidemment, si possible.

6:49
Présentateur

Et Macron, que pensent-ils de ses héritiers présomptifs ? Ils ne laissent rien paraître.

6:53
Emmanuel Macron

Non, non. Effectivement, pour le moment, Macron joue les sphinx. C'est vrai. Il faut dire aussi que le président veut présider et user de ses pouvoirs jusqu'au bout, en tout cas, ceux qui lui restent en l'absence de majorité au Parlement. Mais, comme me l'expliquent l'un de ses anciens conseillers, on en a déjà parlé dans cette émission, on en a parlé dans d'autres émissions sur le média, le président est un peu l'ingénieur du chaos ou en tout cas, il se plaît à s'imaginer comme tel. Et c'est vrai qu'il va user de son pouvoir jusqu'au bout quitte à laisser un champ de ruines politique. C'est déjà un petit peu le cas.

7:27
Présentateur

On va passer maintenant à notre second sujet. Fuides, boules puantes, espionnages, les municipales sont l'occasion de toutes les trahisons. Nils soit enquêté sur ces basses manœuvres.

7:37
Emmanuel Macron

Et oui, à chaque élection, c'est la même histoire. Les journalistes dont votre serviteur reçoivent sur leur boîte mail ou leur bureau, ça c'était il y a quelques années, maintenant c'est plutôt par mail anonymisé, des informations sur les candidats aux municipales. Parfois, ce sont des petits riens, un souci administratif avec une candidature, un visuel de campagne non conforme éventuellement et potentiellement retoqué par la commission des campagnes électorales. Mais souvent, c'est plus grave. Par exemple, on a appris hier à Toulouse la condamnation d'une ex-élu toulousaine proche de Jean-Luc Moudinck, l'homme fort de la ville.

Laurence Arribagé a une peine de 5 ans d'inégibilité, de 18 mois de prison avec sursis de 10 000 euros d'amende. Qu'est-ce qu'elle a fait ? Elle a été condamnée pour avoir déstabilisé, je cite, de manière illicite son adversaire au législatif de 2017. Son adversaire qui s'appelle Karine Vignon, elle a relayé cette dame des accusations de fraude fiscale et de travail dissimulé. Mme Arribagé aurait agi avec l'aide d'un ancien agent des impôts et d'un ex-employeur de sa rivale, tous deux condamnés en première instance. Il n'y a pas des cas aussi graves, mais il y a aussi d'autres soucis qui peuvent attendre les candidats au tournant.

Il y a des propos problématiques, on l'a vu avec le Rassemblement national, on découvre de nouvelles affaires, de nouvelles révélations tous les jours, notamment de nos confrères et consœurs de libération. Leurs candidats au Rassemblement national, ils sont régulièrement épinglés pour leur racisme, leur homophobie ou leur antisémitisme. Ce qui fait dire au vice-président du RN Sébastien Chenu qu'il ne peut pas tout savoir. C'est une défense qui est quand même un peu piteuse.

9:19
Invité

Il y a la question des choix de candidats faits par le Rassemblement national, dont je rappelle que vous êtes le vice-président. Certains d'entre eux sont épinglés pour des propos racistes, complotistes. Je voudrais qu'on prenne l'exemple de Carpentras. Vous avez retiré son investiture hier à Christian Richaud-Simony après des articles de presse, dans le cas d'Espèce de Libération, qui reprenaient certains de ses tweets. J'en cite deux en 2017 sur la députée de la France Insoumise Daniel Obono. Ouvrez les guillemets que cet Obono retourne avec les bonobos de son pays. Même année, cette fois sur l'acteur Omar Sy.

Quand on a la bouche plus grande que la tête, on raconte forcément du vent, qu'il s'occupe de ses chèvres. Voilà ce que tweetait ce candidat. Qu'est-ce qui se serait passé si Libération n'avait pas exhumé ces tweets qui dataient de 2017 ?

9:59
Emmanuel Macron

Bon, deux choses d'abord. Ce n'est pas à libération de décider qui doit être candidat ou pas l'être dans notre pays. Nous, on est un parti politique responsable.

10:07
Présentateur

Quand on apprend, on ne peut pas toujours tout savoir. Souvent, les journées sont tuautées par les équipes des candidats et parfois par les candidats eux-mêmes.

10:14
Emmanuel Macron

Je dois t'avouer que ça m'est arrivé. J'ai couvert des municipales dans plusieurs villes, notamment dans d'anciens médias. Effectivement, certains candidats sont les premiers à alimenter ce qu'on appelle La Boîte à Merde. Désolé pour le vocabulaire, mais je cite le conseiller de l'un des candidats d'une grande ville dans le sud de la France qui m'explique effectivement comment ça fonctionne. J'ai fait des campagnes où j'étais chef poubellier. C'est comme ça qu'il intitule son poste. On prend quelqu'un qui sait faire les poubelles. Il faut avoir l'habilité de prendre une source d'informations bien renseignées, donc avoir un réseau de renseignements ultra performant.

C'est un peu le recueil des informations et notamment des informations les plus sensibles les plus à même de faire trébucher les rivaux, les adversaires et parfois même les alliés. C'est un peu un passage obligé dans les campagnes électorales, y compris donc les municipales. Souvenez-vous de l'affaire Griveaux en 2020. On a l'impression que c'était un siècle, mais non. Et un conseiller politique macroniste m'explique que dès le mois de 2019, des dossiers sur Griveaux pouvaient circuler, m'explique cette source. Pour ma part, dit-il, je conseillais à des députés de ne pas s'engager avec lui en leur prédisant qu'il n'irait jamais jusqu'au bout.

Effectivement, le lendemain, notamment quand il a dit ça à une députée macroniste qui lui demandait si elle devait aller avec Griveaux, la vidéo de son sexe était diffusée sur les réseaux et 24 heures après, le candidat démissionnait. Évidemment, ça ne va pas toujours aussi loin parce que là, c'est quand même du revenge porn et puis c'est puni par la loi. D'ailleurs, l'artiste russe Piotr Pawlenski qui était à l'origine de la diffusion de cette vidéo a été condamnée en 2023 pour ses faits.

Alors, on n'en est pas encore là à Paris cette année mais c'est vrai que la guerre fait rage entre macronistes sur le soutien ou nous au candidat Bournazel investi officiellement par Gabriel Attal avec Horizon et la candidature de Rachida Dati qui, elle, est soutenue par les Macron à l'Élysée et d'autres chefs à plumes du parti présidentiel.

12:08
Présentateur

Donc, preuve de cette division, Honor Berger fait partie de la team Dati et Schiappa de la team Bournazel, c'est ça ?

12:14
Emmanuel Macron

Oui, tu vois, c'est une sacrée équipe à d'ailleurs alimenter les rumeurs, certains affirmant que Marlène Schiappa n'avait rejoint un Bournazel que par défaut car Rachida Dati n'en voulait pas dans sa campagne. Voilà, c'est ce qu'affirme notamment le canard enchaîné cette semaine.

12:28
Présentateur

Donc, le groupe vit bien comme on dit dans le football.

12:31
Emmanuel Macron

Toujours chez les macronistes. Ceci dit, ce n'est pas beaucoup mieux à gauche. Regardez les invectifs que s'échangent les candidats LFI et PS à Paris sur les réseaux sociaux ou encore notamment chez les écolos. Un ton de lié ce matin qui crie à l'opération de déstabilisation à Paris car deux écolos à malheur ont rejoint Sophia Chikirou sur sa liste pour les municipales. Écoutez, la chef des Verts sur France Info.

12:51
Invité

Donc, ils partent y compris contre nous à Grenoble où on dirige la ville ensemble depuis 2014. Ils partent contre nous à Tours. Vous avez des adjoints à qui on m'explique que Paul Vannier nous a ordonné de bon, faites ce que vous voulez que je vous dise. Mais voyez, à la fin, ce n'est pas de ceux qui en restent à l'écart et qui passent plus de temps comme c'est le cas de M. De Logu à Marseille ou de Mme Chikirou à Paris à taper sur les socialistes ou sur la gauche plutôt que sur la droite et l'extrême droite qui menacent.

13:14
Emmanuel Macron

Voilà, donc elle n'est pas très contente c'est le moins qu'on puisse dire. Alors, au point quand même la parano règne dans les équipes au point que les équipes de chaque candidat ont reçu des consignes strictes de sécurité. On ne discute pas stratégie politique dans un café bondé ou dans les transports. On ne laisse pas traîner de documents stratégiques ou d'agenda y compris au QG de campagne dis donc. Donc tu vois que ça peut allier quand même très loin.

13:36
Présentateur

On ne sait plus à qui faire confiance là.

13:39
Emmanuel Macron

La confiance ne règne pas. C'est le cas de le dire. Alors, il faut quand même avouer que ça peut arriver. Moi, je me souviens d'une histoire qui n'a pas été publiée mais c'est effectivement une consignes à air politique qui avait oublié un dossier électoral très sensible sur la banquette d'un bistrot à Paris qui me l'avait avoué quelques mois après en me disant heureusement on a retrouvé le document intact mais voilà, ça peut arriver y compris dans les moments de stress évidemment.

Évidemment, c'est vrai aussi que les équipes de campagne sont en permanence à la recherche de points faibles pour attaquer les faiblesses de leurs adversaires et notamment en principe sur la politique mais ça peut aller évidemment à d'autres domaines. J'ai même parlé aux membres d'une campagne au centre qui a infiltré une campagne concurrente plusieurs mois avant pour savonner la planche ou surveiller le candidat adverse pour avoir toutes les informations et pouvoir évidemment le contrôler au besoin.

À Paris encore, cette fois c'est plutôt à droite et au centre, démission fracassante cette semaine de Paul Hatt, le coprésident du groupe Renaissance au Conseil de Paris annoncé ce 3 février dans les colonnes du Figaro qui a fait l'effet d'une bombe politique à droite et au centre.

L'homme de 32 ans dénonce la prétendue gauchisation de la campagne de Bournazel, le candidat officiel de Renaissance et d'Horizon, il faut le faire quand même, dont il était pourtant l'un des principaux soutiens à six semaines du premier tour à tel point qu'un élu Renaissance de Paris me dit lui c'est vraiment le traître puissance 1000, c'est dégueulasse de se tirer si près des élections tout en crachant dans la soupe. Alors Paul Hatt lui se défend et sous-entend que l'objectif de Pierre-Yves Bournazel serait de faire élire un maire de gauche au troisième tour du Conseil de Paris pour contregarer Rachida Dati ce qui équivaut à une trahison évidemment de la droite.

On voit la réponse de Chiapas qui s'affiche, qui s'est imposée donc par défaut ou par conviction, on ne sait pas trop, comme porte-flingue de Bournazel. Regardez, voilà, donc elle crie évidemment au Trumpisme, il faut dire que l'ancienne ministre est une experte en la matière. Regardez, petite séquence souvenir.

15:33
Invité

On s'en apercevoir, il faut que je passe en mode robot débat self-control, je ne réponds à aucune question, élément de langage, le gouvernement reviendra vers vous ultérieurement, je ne dis rien, je ne réponds à rien et là je commence à me conditionner moi-même, tu es en plateau de BFM TV face à un opposant un soir d'élection que tu as perdu et tu dois expliquer que non, ce n'est pas vraiment une défaite parce que j'ai compris le message des Français, etc. Donc je passe en mode langue de bois, pardon, mais j'ai un mode comme ça qui est activé depuis 20 ans, il existe ce mode et je peux le mettre on-off. Donc je me mets on, je me dis, réponds jamais, réponds à rien, embrouille-les.

16:05
Emmanuel Macron

Voilà, une leçon de communication politique post-vérité par la grande prêtresse de l'embrouillage en personne, mais bon, trêve de plaisanterie, la prudence, certains diront la parano qui règne parmi les équipes des municipales semble raisonnable au regard de toutes les informations et parfois des boules puantes que l'on reçoit tous les jours. Oui, c'est une information qui vient de tomber. Un contact me dit que Rachida Dati aimerait beaucoup prendre son petit déjeuner et qu'il y a une rivière de diamants au cou, tu vois, bon, les rumeurs, je plaisante évidemment, mais tu vois, c'est le genre de messages qu'on reçoit, on en rigole, mais parfois, c'est à ce niveau.

16:42
Présentateur

Effectivement, la politique, un univers impitoyable. On passe maintenant au troisième sujet de cette émission avec la colère de la France insoumise.

16:51
Emmanuel Macron

Oui, il y a un moment de gravité politique, la formation de Jean-Luc Mélenchon s'est indigné ce jeudi de sa classification à l'extrême gauche pour les prochaines élections municipales. On croyait effectivement cette polémique éteinte, mais non. Une circulaire signée par Laurent Nunez permet au préfet de classer les partis selon leur sensibilité en vue des municipales. Bon, ça, c'est toujours la même chose. Et effectivement, la France insoumise n'est pas très contente. Et même les éditocrates, y compris sur BFM, semblent leur donner raison. Regardez ce matin.

17:21
Invité

Il est 7h53. Arthur, une fois n'est pas coutume ce matin. Je n'y crois pas, mais vous volez ce matin au secours de la France insoumise. Oui, parce que les insoumis sont rouges de rage depuis que le ministère de l'Intérieur les a classés à l'extrême gauche pour les municipales. Une première que le gouvernement assume, certes, mais que les mélenchonistes, eux, contestent sur les réseaux sociaux, dans les médias, mais aussi devant le Conseil d'État.

17:48
Emmanuel Macron

Mais attendez, là, c'est BFM qui prend la défense de LFI. C'est bizarre. Attendez, on attend la fin de la séquence peut-être.

17:54
Invité

Pour vous, l'extrême droite n'existe pas ? Si, elle existe, mais je ne crois pas tellement qu'elle se retrouve

17:59
Emmanuel Macron

au RN. Ah, voilà, on a eu peur à un moment que BFM fasse un traitement équilibré de la France insoumise. Bon, évidemment, si c'est pour les mettre sur le même plan que le Rassemblement national, tout va bien, on est rassuré. Alors forcément, chez la France insoumise, on n'est pas très content de la décision du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez. C'est un euphémisme, Mélenchon en rage, comme tous les insoumis, d'ailleurs. Et cette fois, la colère de la France insoumise peut se comprendre.

En 2024, le Conseil d'État avait tranché en validant la décision du ministère de l'Intérieur de classer la France insoumise dans le bloc de gauche et à l'époque, le prédécesseur de Nunez, il s'appelait Gérald Darmanin. Pas vraiment un gauchiste patenté.

18:34
Présentateur

Tu peux nous expliquer, Nils, justement, ce que dit cette circulaire et ce qu'elle disait à l'époque ?

18:39
Emmanuel Macron

Oui, alors c'est un peu technique, même pour moi, je t'avoue, mais je vais essayer de résumer ça de manière intelligible. En gros, il y a une circulaire qui est revue par le ministère de l'Intérieur avant chaque élection officiellement pour clarifier la sensibilité politique des listes et pour faciliter l'analyse et la lisibilité des résultats parce que parfois, on peut s'y perdre et donc c'est ce qu'on appelle le nuançage et c'est important notamment parce que les candidats des listes ne sont pas, parfois, ne sont pas directement rattachés au parti avec lequel ils se présentent.

Par exemple, on a nos deux écolos maudits, suspendus par la direction des Verts pour avoir rejoint la campagne de Sofia Chiquirou à Paris. Donc effectivement, en fait, il y a plusieurs grilles dans cette circulaire. Il y a une grille dite de regroupement des nuances politiques par blocs de clivage qui définit des blocs au sein duquel sont incluses les différentes nuances. Alors, c'est des blocs qui sont particulièrement importants pour le comptage des résultats et c'est uniquement dans cette liste que la France insoumise est intégrée au bloc de l'extrême-gauche au même titre que le NPA aux luttes ouvrières.

19:42
Présentateur

Or, le souci, c'est que LFI ne se situe pas vraiment à l'extrême-gauche et d'ailleurs, il y a un consensus historique autour de cette question.

19:48
Emmanuel Macron

Oui, il y a des historiens, des sociologues, des chercheurs, politologues, y compris d'ailleurs qui ne sont pas classés à gauche, qui ont déjà expliqué à maintes reprises et notamment en 2024 quand la première polémique avait éclaté que la France insoumise faisait partie de la gauche radicale mais pas de l'extrême-gauche. La formation de Jean-Luc Mélenchon, elle cherche une rupture par la voie des élections. Ce n'est pas le cas de l'extrême-gauche qui cherche plutôt à tout péter entre guillemets, une forme d'action directe. Et l'extrême-gauche n'est pas parlementariste historiquement, contrairement à la France insoumise qui respecte le jeu parlementaire.

20:22
Présentateur

Mais alors, quelle mouche a piqué le gouvernement ?

20:25
Emmanuel Macron

C'est de la politique, c'est de la petite politique politicienne. On l'a dit avant dans le deuxième sujet, en temps de campagne, tout est permis. L'exécutif, donc Macron et le Cornu et les macronistes en général ont désigné LFI comme l'ennemi à abattre au profit du RN pour ses élections et celles à venir. Communautarisme, extrémisme, islamo-gauchisme, tous les mots en isme, le champ lexical d'héisme sont de rigueur pour décrédibiliser les partisans de Mélenchon avant 2027 et notamment sur le terrain.

Les préfets qui sont désormais directement nommés par l'Intérieur et l'Elysée puisqu'on rappelle quand même qu'Emmanuel Macron a dégommé le corps préfectoral sont encouragés à taper sur les élus insoumis. Alors, dans un premier temps, l'Intérieur a même refusé de répondre aux questions des journalistes sur ce changement de classification. Mais j'ai fini par joindre ce matin le cabinet de Laurent Nunez qui m'a transmis une réponse du ministre faite dans la soirée hier lors d'un déplacement à Charleville-Mézières. Voilà ce qu'explique le ministre chez la France insoumise. Il y a un refus de la discussion parlementaire. Il y a des appels systématiques à la censure.

On refuse d'aller voir le gouvernement pour des réunions de travail. C'est dans ce cadre-là que nous avons classé la France insoumise dans le bloc d'extrême-gauche. C'est ce qu'explique Laurent Nunez. Bref, on voit qu'il y a beaucoup de mauvaise foi quand même parce que si effectivement ne pas se rendre à des réunions organisées par l'Elysée pour entendre Emmanuel Macron dégoisées sur la situation internationale pendant quatre heures ou simplement pour parler de redécoupage électoral. Est-ce que ça suffit à placer une étiquette censée faire rejeter LFI aux yeux du public, aux yeux des électeurs pour des raisons purement électoralistes ?

C'est d'autant plus problématique que la question des classifications est éminemment sensible dans la classe politique. J'en ai parlé, j'espère avoir eu des explications à peu près intelligibles, mais la preuve, c'est que le Rassemblement national a attaqué la qualification d'extrême-droite dont il est affublé. devant le Conseil d'État mais a toujours perdu à ce petit jeu en tout cas qui ne va pas arranger les tensions électorales d'ici les municipales et même la présidentielle en 2027. Je l'ai déjà dit, plus que jamais, tous les coups semblent permis.

22:22
Présentateur

Effectivement, Nils, et merci pour toutes ces infos et c'est la fin de cette émission. Merci à Nils d'avoir été avec nous et donc je vous invite à suivre les programmes du Média. Bonne journée à vous. Sous-titrage Société Radio-Canada

22:35
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

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