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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 10 mars 2018 24 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asileSécurité

Sébastien Chenu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 45 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 48 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Bonjour M. Chenu.

  • 0:34RelanceRéponse partielle

    Qui a supervisé ce dépouillement et qui nous garantit qu'il est vérifiable ?

  • 1:15RelanceRéponse partielle

    Jean-Marie Le Pen conteste cette validation, faite entre deux portes et contredite.

  • 2:11RelanceÉludée

    Un cadre frontiste a dit à l'AFP que ce changement de nom n'a pas été validé.

  • 2:44RelanceRéponse partielle

    Le changement de nom n'est qu'un ravalement de façade.

  • 3:57OuverteÉludée

    Sébastien Chenu, vous le connaissez, vous, ce nouveau nom ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:29Invité politiqueChiffre
    « Nous avions parié sur à peu près 15 000 retours de questionnaires. On est à peu près 30 000. »
  • 7:51Invité politiquePromesse
    « La sortie de l'euro, aujourd'hui, pour nous, est à la fin du programme que nous présentons, à la fin d'un quinquennat que nous souhaitons. »
  • 14:27Invité politiqueChiffre
    « Vous savez que 80% de la législation française, c'est de l'adaptation de législation européenne. »
  • 18:58Invité politiqueFait
    « Nos idées sur l'immigration, sur la politique migratoire sont majoritaires. »
  • 22:03Invité politiqueFait
    « Aéroport de Paris est bénéficiaire, c'est qu'Aéroport de Paris rapporte de l'argent et qu'on est en train de vendre un outil stratégique. »

Temps de parole

  • Sébastien Chenu70 %
  • Présentateur24 %
  • Auditeur2 %

2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le Front National tient ce week-end de son 16e congrès à Lille pour se relancer pour une refondation complète après l'échec de mai 2017 en ligne à Lille grâce aux moyens techniques d'Alexandre Abergel, Sébastien Chenu qui est député Front National du Nord et porte-parole du FN. Bonjour M. Chenu.

0:20
Sébastien Chenu

Bonjour et bienvenue à Lille.

0:22
Présentateur

Très attendu dimanche, le changement de nom du parti que doit dévoiler Marine Le Pen. Les militants ont validé à une courte majorité le changement de nom du FN. C'est ce qu'a dit Marine Le Pen. Qui a supervisé ce dépouillement et qui nous garantit qu'il est vérifiable ?

0:39
Sébastien Chenu

Si vous partez du principe qu'effectivement tout ça n'a ni cohérence ni vérité et qu'il y a tromperie sur la marchandise, c'est difficile de pouvoir avancer. Oui, il y a le secrétaire général chargé de la préparation du Congrès, Steve Brioua, entouré d'une équipe, celle du bureau politique sortant dans laquelle, vous le savez, il y a des gens, j'allais dire, de tous horizons, pour ne pas dire de différentes sensibilités, qui ont supervisé ces résultats. Si on s'est donné du mal, notamment cette consultation, c'est qu'effectivement nous avons envie d'avoir des résultats, de pouvoir les exploiter et pas, comme vous le sous-entendez...

1:12
Présentateur

Non mais Sébastien Chenu, je ne sous-entends rien. Jean-Marie Le Pen conteste cette validation, faite, je le cite, faite entre deux portes et contredite, je cite Jean-Marie Le Pen, par toutes les sources internes, Jean-Marie Le Pen dénonce le manque de transparence propice aux manipulations.

1:29
Sébastien Chenu

Non, écoutez, nous avions parié sur à peu près 15 000 retours de questionnaires. On est à peu près 30 000. Donc, je ne sais pas si c'est entre deux portes, quand on s'adresse à 30 000 de nos adhérents et qu'ils répondent. Moi, ça me semble conséquent. C'est la première fois, et c'est vrai, et c'était peut-être pas une habitude, évidemment, auparavant, mais que le Front National se lance dans des exercices de démocratie interne.

Donc, c'est tout neuf, c'est tout récent, c'est probablement imparfait, moi je veux bien entendre quelques critiques, mais ça a le mérite d'une grande sincérité, parce que nous avons choisi, effectivement, de ne pas être dans le déni, comme peuvent l'être d'ailleurs les socialistes ou les républicains après leur échec à la présidentielle, mais de rebattre les cartes, de revisiter notre programme, notre organisation, et peut-être même, à la fin, notre nom.

2:11
Présentateur

Un cadre frontiste a dit à l'agence France Presse que ce changement de nom n'a pas été validé. L'AFP le cite, il dit, les échos que j'ai eus, c'est qu'il y a eu une courte majorité contre le principe du changement de nom. Les personnes qui ont participé au dépouillement ont perçu une majorité contre.

2:28
Sébastien Chenu

Écoutez, moi, je m'en teste tout à fait, je ne suis pas souciée de cette nouvelle chanson. De toute façon, il y aura un vote des adhérents. Chez nous, contrairement aux autres mouvements politiques, on vote à tous les étages, vous voyez. On va voter pour le nouveau nom, on vote pour la présidente, on vote pour la ligne, on vote pour les statuts. Donc, tout ça, ce sont de piètres polémiques qui ne sont pas au niveau des enjeux.

2:44
Présentateur

Sébastien Chenu, le changement de nom n'est qu'un ravalement de façade. On se souvient que Marine Le Pen avait ironisé lorsque l'UMP était devenue les républicains. Elle avait dit, c'est un gadget de forme qui ne change rien sur le fond.

2:57
Sébastien Chenu

Non, surtout pas. D'ailleurs, si c'était ça, ça ne valait pas le coup de le faire. Alors, nous avons toujours dit, et le changement de nom, c'est la dernière étape. Il y a d'autres étapes importantes. Revoir, revisiter notre programme, notre position notamment sur la sortie de l'euro. Je pense que ça, c'est important de consulter nos adhérents. Nous aurons une position éclairée. Chez nous, les adhérents, ce sont les patrons. Donc, on va voir ce qu'ils en pensent. L'organisation, le Front National date de 1972. Autant vous dire que l'organisation était un peu obsolète.

Et puis, à la fin du parcours, la question du nom, qui doit signifier plutôt ce que nous sommes aujourd'hui, ce que nous sommes devenus et ce que nous comptons être demain dans l'avenir. Donc, à partir du moment où on a choisi de mettre sur la table les trois piliers de ce qu'est une organisation politique, son programme, son organisation et son nom, de consulter ses adhérents, eh bien, on ne peut pas dire que ce soit un ravalement de façade. Profondément, nous nous sommes remis en question. Pourquoi ? Parce que nous voulons gagner les élections la prochaine fois. Pas faire de la figuration. Nous avons fait un score formidable. Vous parliez d'échec au présidentiel.

C'est plutôt un score retentissant. Beaucoup auraient aimé être à notre place et rassembler un Français sur trois, comme nous l'avons fait.

3:57
Présentateur

Sébastien Chenu, vous le connaissez, vous, ce nouveau nom ? Ah, j'ai une petite idée, oui. Oui, alors ?

4:03
Sébastien Chenu

Oui, mais vous attendrez encore jusqu'à dimanche.

4:05
Présentateur

Ah bon. On parle du rassemblement national, ce serait ça ?

4:08
Sébastien Chenu

Écoutez, j'ai entendu beaucoup de choses. J'ai entendu rassemblement national, j'ai entendu union nationale. Enfin, j'ai entendu beaucoup de noms. Il y a peut-être dans tous ces noms des choses qui s'apparenteront au nom du Front National. Mais ce qu'il faut, c'est qu'il ait du sens politique. Il ne faut pas que ce soit un nom gadget, si vous voulez, les Républicains, ou les coups de pub, etc. organisé par des agences de com', ce n'est pas pour nous. On veut que ce contenu, ce nom, enfin ce nom est un contenu politique. Donc, les noms que vous citez en nom, mais il y a d'autres possibilités aussi.

4:37
Présentateur

Sébastien Chenu, Marine Le Pen se fixe trois objectifs, s'implanter, s'allier et gouverner. Mais Sébastien Chenu, s'allier avec qui ? Personne ne veut s'allier avec vous, mis à part peut-être Nicolas Dupont-Aignan et son tout petit mouvement. Et encore, il reste prudent pour l'instant.

4:55
Sébastien Chenu

Oui, en tout cas, moi, je serais vous, je ne serais pas comme ça condescendant sur les tout petits mouvements qui parfois deviennent un peu plus grands. C'était le cas du Front National. Pendant longtemps, c'était un tout petit mouvement qui bousculait le jeu politique. Aujourd'hui, on peut dire qu'il a une place centrale dans le jeu politique. S'allier, c'est évidemment parler à tout le monde, à gauche et à droite, aux gens qui participent du même débat d'idées que celui que nous faisons vivre, c'est-à-dire les nationaux contre les mondialistes, ceux qui croient en la nation, en ses équilibres, en son modèle social.

Et il y a, effectivement, Dupont-Aignan, il y a, vous savez, le plus vieux parti politique français, le CNIP. Il y a des gens avec qui on a déjà fait des choses au moment des élections présidentielles ou dans le passé, tout simplement. Et puis, il y a aussi des personnalités. Il n'y a pas que des appareils politiques. Il y a des gens qui peuvent nous rejoindre. Nous, nous tendons les bras à tous ceux qui, sincèrement, veulent construire un pôle autour de ceux qui défendent la nation. Alors, ils peuvent venir de tous les horizons. Et moi, j'ai le sentiment que les...

5:49
Présentateur

Mais personne ne répond à votre demande, là.

5:51
Sébastien Chenu

Ah ben, écoutez, pendant les présidentielles, ils ont plutôt répondu. Ça ne vous a pas échappé. On n'était pas complètement seuls. Avec 35% des voix et 11 millions d'électeurs, on n'était pas complètement seuls. On va continuer. Et je pense qu'il y a des étapes pour cela. Et ces étapes, elles se construisent au fur et à mesure que notre crédibilité s'affermit. Et au fur et à mesure, d'ailleurs, que l'insincérité d'un certain nombre de mouvements politiques encore en place aujourd'hui finit par se voir. Donc, étape par étape, européenne puis municipale. Vous verrez que nous vous réserverons quelques surprises.

6:18
Présentateur

On l'a appris hier. Vous avez invité, lors de ce congrès à Lille, Steve Bannon, l'ancien conseiller de Donald Trump. Réaction ce matin du secrétaire d'État aux relations avec le Parlement, Christophe Castaner. Il dit « Steve Bannon, le roi des fake news et des suprémacistes blancs invités au congrès du FN. Ça montre qu'il n'y a pas de changement de ce parti d'extrême droite. » Votre réaction ?

6:43
Sébastien Chenu

Je reconnais là le côté modéré de l'ancien socialiste Castaner qui, après s'être fait arracquerie dans le Sud, vient nous donner des leçons. Steve Bannon, il incarne pour nous le rejet de l'establishment, le rejet comme nous le faisons d'ailleurs de l'Union Européenne, du système politico-médiatique, cette résistance que nous incarnons aux politiquement corrects, à la bien-pensance, cette chape de plomb qui tombe un peu plus chaque jour sur les Françaises et les Français. Il est dérangeant probablement. Il a été aussi l'artisan d'une victoire, celle de Donald Trump, sur laquelle personne ne pariait et surtout pas, je crois, les médias européens ni les politiques européens.

Donc il va nous expliquer que la victoire est possible, comment on peut s'y prendre. Et je trouve ça toujours intéressant d'aller écouter ceux qui ont gagné une élection plutôt que ceux qui ont perdu.

7:29
Présentateur

Sébastien Chenou, en quoi serez-vous dimanche soir un parti de gouvernement et plus un parti de contestation ? Parce que votre programme est toujours le même, anti-immigration, anti-européen.

7:40
Sébastien Chenu

Notre programme a des fondamentaux forts. La contestation de l'Union Européenne telle qu'elle est aujourd'hui, évidemment. La contestation de cette politique immigrationniste. Et puis nous le faisons évoluer, ce qui ne nous a pas échappé. La sortie de l'euro, aujourd'hui, pour nous, est à la fin du programme que nous présentons, à la fin d'un quinquennat que nous souhaitons.

C'est parce que nous avons entendu le message des Françaises et des Français qui contestent l'Union Européenne, qui ne lui donnent pas de crédit, mais qui ne veulent pas immédiatement sortir de l'euro et qui préfèrent d'abord récupérer leurs frontières, puis leurs lois, et enfin, au bout de 5 ans, après consultation, évidemment, et référendum, récupérer une monnaie nationale. C'est en cela que nous sommes un parti du gouvernement, parce que nous sommes lucides, parce que nos idées correspondent à une majorité d'idées des Français. En réalité, nos idées ont déjà gagné dans la tête des Français.

8:22
Présentateur

Sébastien Chenu, député Front National du Nord et l'invité de France Inter ce matin. Merci de rester avec nous, Sébastien Chenu, pour répondre à d'autres questions et aux questions des auditeurs dans Interactive. Vers 9h moins 20, le standard est à votre disposition. C'est le 01-45-24-7000. France Inter, le 6-9 du week-end, intervenez. Sébastien Chenu, député Front National du Nord et porte-parole du FN à l'occasion du congrès du Front National qui s'ouvre aujourd'hui. Ça va durer 48 heures et c'est à Lille. Sébastien Chenu est toujours avec nous. Il va répondre à nos questions et à vos questions aux standards Interactifs. Mais d'abord, la question d'à côté, de côté, de Patricia Martin.

9:04
Invité

Sébastien Chenu, hier soir, au JT de France 2, Marine Le Pen disait que le FN était enfin devenu adulte. Est-ce à dire qu'elle est affranchie, et là aussi, on va dire, enfin, complètement de son père ?

9:17
Sébastien Chenu

Écoutez, je sais que vous aimez beaucoup regarder dans le rétroviseur et nous, on prépare l'avenir.

9:22
Invité

Je reprends ses propos à elle.

9:24
Sébastien Chenu

Oui, mais nous préparons l'avenir. Et donc, par conséquent, pour préparer l'avenir, on fait le miel de ce que nous avons construit dans le passé, de tous ces succès électoraux. Vous avez bien vu que le FN n'a jamais cessé de progresser et que nous arrivons à un degré de maturité tel qu'aujourd'hui, nous pouvons dire, raisonnablement, que nous pouvons préparer notre arrivée au pouvoir dans les années à venir. Marine Le Pen avait indiqué, il y a quelques temps, il y a 5 ans, que nous arriverions au pouvoir dans les 10 ans qui viennent. Eh bien, voilà 5 ans de fait. Nous préparons donc les 5 prochaines années, notre arrivée aux responsabilités, pour tout simplement mener une autre politique.

9:59
Présentateur

Sébastien Chenu, il y a le doute de vos électeurs. On l'a entendu dans la revue de presse de Rosalie Lafarge. Les critiques virulentes de Jean-Marie Le Pen, quand même le fondateur de votre mouvement, les ambitions de Marion Maréchal Le Pen, et puis il y a les affaires. Ça ne fait pas beaucoup de handicap pour une refondation ?

10:17
Sébastien Chenu

Alors, vous mettez un petit peu tout sur le même plan, et c'est assez injuste. Je sais que les présentations du FN, et comme j'ai pu l'entendre par les médias, ne sont jamais valorisantes. On a toujours des angles qui sont particulièrement négatifs, et c'est vrai qu'on subit une sorte de harcèlement, non seulement judiciaire, politique, mais aussi médiatique, depuis un certain temps, un certain pionnage. Si, si, écoutez, on peut imaginer que quand même, lorsque les auditeurs entendent la façon dont le FN est constamment présenté, ils savent très bien d'ailleurs, au fond d'eux-mêmes, personne n'est dupe, que cela ne correspond pas à la réalité.

10:48
Présentateur

Il n'y a pas de doute chez vos électeurs ? Il n'y a pas de critique virulente de Jean-Marie Le Pen ?

10:51
Sébastien Chenu

Je crois qu'il y a une solidité de notre électorat. Qu'il y ait des critiques de Jean-Marie Le Pen, oui. Enfin, on sait très bien pourquoi, il ne partageait plus la ligne de Marine Le Pen, élue en 2011, présidente du mouvement. Maintenant, quand le FN faisait 15% des voix il y a quelques années, il y avait une certaine émotion, on disait, ah, le FN arrive à 15%, quel succès ? Quand on en fait 35 et qu'on rassemble un électeur sur trois, probablement d'ailleurs de nombreux auditeurs de France Inter, eh bien, on dit, quel échec ?

Non, la réalité, c'est que nous sommes une force qui se construit, année après année, dans le temps, avec une vraie solidité, que l'histoire des partis politiques, c'est aussi l'histoire des individus et des hommes dans tous les partis politiques. Et je pourrais en citer un certain nombre. Il y a, après une élection présidentielle, des reconfigurations. Regardez, Emmanuel Valls a quitté le PS. Il y a un certain nombre de M. Juppé ou M. Philippe ont quitté les Républicains. Donc, vous voyez, il y a dans tous les mouvements des mouvements d'hommes qui correspondent aussi à l'évolution de ce que sont les partis politiques. C'est bien normal, d'ailleurs.

11:45
Présentateur

Des électeurs du FN cités dans la presse ce matin, Marine Le Pen, elle est cramée, elle est grillée à jamais, elle est finie, elle ne tient pas la route. Qu'est-ce que vous répondez à ces gens qui ont voté pour vous ?

11:58
Sébastien Chenu

Je réponds que vous avez dû aussi en trouver, qui considèrent que Marine Le Pen est solide, expérimentée, cohérente. Enfin, j'espère. Parce que quand on fait autant de voix que nous, vous ne pouvez pas simplement résumer nos électeurs à des gens qui doutent. Nous avons un socle très fort, qu'un certain nombre de nos électeurs aient été déçus de ne pas gagner. C'est compréhensible. Et ici, dans le Nord, où on a fait largement plus de 40%, et dans les Hauts-de-France, deux départements donnaient la majorité à Marine Le Pen, il y avait beaucoup de gens qui pensaient et qui croyaient que nous allions pouvoir gagner et qui en sont déçus. C'est normal. Mais le pire, ce serait de ne rien faire.

Ce serait de se regarder le nombril et de dire nous avons vécu un accident industriel. Non. Marine Le Pen a cette solidité, cette expérience aujourd'hui, cette cohérence de son discours qui fait qu'elle incarne, et elle incarnera, je crois, demain, l'opposition pour mieux incarner demain une relève, pour redresser le pays, parce qu'elle a cette stabilité qui va nous manquer. Quand M. Macron aura terminé de déconstruire le pays tous azimuts, il faudra quelqu'un de solide pour le reconstruire.

12:58
Présentateur

On va aller au standard d'interactive. René nous appelle. Bonjour René. Merci d'écouter France Inter. Et Sébastien Chenu attend votre question.

13:07
Invité

M. le député Sébastien Chenu, bonjour. Je voudrais connaître votre position. Dans le contexte de la refondation de l'Union Européenne, quel rôle prévoyez-vous pour la réorganisation de la Banque Centrale Européenne ?

13:23
Sébastien Chenu

Sébastien Chenu. Oui, écoutez, cher monsieur, c'est plus vaste que ça. Nous, ce que nous souhaitons, c'est que les peuples, les nations, reprennent les leviers des commandes. C'est-à-dire que l'Europe des nations, notamment théorisée il y a déjà un certain temps, par des gens comme Michel Poniatowski, eh bien, fait que ce sont les nations qui décident de leur vie, qui décident de leur priorité. Et la Banque Centrale Européenne, c'est un peu, derrière cela, c'est la question de l'euro, de la monnaie commune, voire de la monnaie unique que vous posez. Moi, je crois qu'elle arrive en dernier lieu.

Il faut d'abord reconquérir nos frontières, il faut d'abord reconquérir nos lois, puis viendra le temps de se poser la question, et ce sont les Français qui décideront, de la nécessité de reconquérir une monnaie nationale. Viendra donc le temps de la définition de ce que doit être la Banque Centrale Européenne à ce moment-là. Mais je crois que la priorité, c'est d'abord reconquérir nos libertés. La question technique de la Banque Centrale Européenne m'apparaît, évidemment, et vous le voyez dans le programme que nous redessinons, finalement assez secondaire.

14:16
Présentateur

Vous dites reconquérir nos lois. Il n'y a plus de lois françaises ?

14:20
Sébastien Chenu

Très peu. On a beaucoup d'adaptations de directives européennes. Vous savez que 80% de la législation française, c'est de l'adaptation de législation européenne. Au Parlement, on le voit. Donc on a la main sur très peu de choses, en réalité, pour faire évoluer notre modèle, pour permettre de rétablir la sécurité, pour permettre de contrôler l'immigration. Il faut qu'on dispose du pouvoir législatif le plus étendu possible, et c'est mal parti.

Si j'en crois les indications de la réforme constitutionnelle, notamment la fin du droit d'amendement, ou en tous les cas son rétrécissement important, pour être très précis, du droit d'amendement pour les parlementaires, eh bien on ne va pas dans ce sens-là. On ne va pas dans le sens de donner plus de pouvoir et plus de démocratie à notre pays.

15:05
Présentateur

Que dites-vous, Sébastien Chenu, même à ceux qui sont au sein de votre parti, et qui mettent en doute les capacités, la compétence de Marine Le Pen, après ce fameux débat raté de l'entre-deux-tours ? Elle doit travailler plus ?

15:19
Sébastien Chenu

Marine Le Pen, de bord, est un bourreau de travail, ça n'a échappé à personne, et on peut lui reconnaître au moins la qualité du courage et de la cohérence, que je crois même nos adversaires politiques reconnaissent. Vous savez, ce débat, elle a reconnu elle-même, elle a manqué ce rendez-vous. Maintenant, nous allons au-delà. Je pourrais rappeler un certain nombre de grandes personnalités politiques, tout ce qu'ils ont raté, et pas uniquement des débats électoraux. Vous savez, il y en a qui ont raté le gouvernement de la France. Je pense à M. Hollande, par exemple. C'est quand même peut-être un peu plus important. Donc, nous, nous sommes en train de dépasser cela.

Il y a peut-être un petit métro de retard, si vous me le permettez, en ce qui concerne l'analyse, puisque nous sommes dans l'après, nous sommes dans la refondation, nous sommes en train de préparer l'avenir, et évidemment, Marine Le Pen me semble être celle qui l'incarne le mieux.

16:04
Présentateur

Est-ce qu'on peut diriger un parti et aspirer à diriger un jour la France, quand on est mis en examen pour abus de confiance, dans l'enquête sur les emplois fictifs présumés d'assistants d'eurodéputés ?

16:16
Sébastien Chenu

Oui, nous contestons, nous, cela. Voyez-vous, c'est vrai que nous faisons une sorte de guerre politique à l'Union Européenne et qu'elle nous le rend à coup d'arguments judiciaires. Mais, par exemple, le modem de Mme Goulard, Mme de Sarnez et M. Bayrou, qui subit aussi une problématique d'assistant parlementaire comparable à la nôtre, lui, voyez-vous, dans cette affaire-là, aucun juge n'a été pour l'instant désigné. Donc, nous contestons cette mise en cause, mais surtout, nous dénonçons un harcèlement permanent pour essayer de nous faire taire. Qui impressionnons-nous tant pour qu'on veuille nous faire taire à ce point ?

Moi, je pose la question parce que nous sommes en train de découvrir une démocratie française un peu originale dans laquelle les opposants politiques, le Front National depuis toujours, mais aussi maintenant M. Mélenchon et M. Wauquiez et leurs militants, sont victimes de ce harcèlement politico-médiatique qui visent à faire taire toutes les oppositions à Emmanuel Macron. Eh bien, je me dis qu'il y a probablement quelque chose qui réfléchit, qui est organisé pour faire taire celles et ceux qui dérangent un système, qui le contredisent et qui, visiblement, empêchent ce système de tourner dans son petit ronronnement qui n'est pas au service des Français, il faut bien le dire.

17:22
Invité

Mais vous êtes en train de nous dire, Sébastien Chenu, que la France n'est pas une démocratie ?

17:26
Sébastien Chenu

Je suis en train de vous dire que la démocratie est en danger en France, madame. Je suis en train de vous dire qu'une chape de plomb de la bien-pensance et du politiquement correct s'abaisse sur nous. Je suis en train de vous dire qu'il y a des méthodes, des techniques qui montrent que la justice est de moins en moins indépendante et qu'elle pourrait être utilisée pour faire taire des opposants. Je suis en train de vous dire qu'il y a une collusion entre les médias et le pouvoir, que l'ensemble des patrons des médias français ont soutenu Emmanuel Macron et que ça commence à se voir en ce qui concerne le traitement médiatique des oppositions à Emmanuel Macron.

Donc je suis en train de vous dire, oui madame, que la démocratie dans notre pays n'évolue pas dans le bon sens.

17:57
Présentateur

Guy est au standard. Bonjour Guy.

18:00
Auditeur

Oui bonjour. C'est à vous. Oui je vous remercie de la qualité des émissions qui font suite à celle d'hier soir et le téléphone sonne sur les migrants qui sont effectivement le grain à moudre des partis extrémistes. La preuve en Italie. Je voulais demander à notre député, le député qui est en présence.

18:19
Présentateur

Sébastien Cheneu, oui.

18:20
Auditeur

Oui, si sa politique européenne se donne cinq ans, soit pour sortir, soit pour s'adapter, est-ce qu'il est sûr que le temps nécessaire est suffisant ?

18:32
Sébastien Chenu

Sébastien Cheneu ? C'est en tous les cas le temps d'un quinquennat. Évidemment je conteste aussi l'analyse de monsieur que je salue au passage, même si je suis en désaccord quand il présente les partis comme la Ligue, ou finalement le Front National comme des partis extrémistes. Ceci ne repose sur rien. Vous savez ce que disait le général de Gaulle, le peuple est patriote, le bourgeois ne l'est plus. On est un peu là-dedans aujourd'hui en France, le peuple est patriote. Et nos idées, nos idées sont majoritaires. Nos idées sur l'immigration, sur la politique migratoire sont majoritaires.

Les Français veulent moins d'immigration, les Français considèrent que l'Union Européenne est en échec sur cette politique migratoire qui amène, il faut bien le dire, à ouvrir de plus en plus large nos pays à tous les vents. Eh bien nous nous considérons qu'en cinq ans, effectivement, nous pouvons refaire des choses. C'est le temps d'un quinquennat. Nous préférerions peut-être l'utiliser plus longtemps ce temps pour arriver à mener une politique migratoire plus longue. Mais c'est le temps d'un quinquennat, c'est pour ça qu'on réfléchit sur le temps d'un quinquennat, tout simplement.

19:27
Présentateur

Sébastien Chenu, vous dites que nos idées sont majoritaires, mais enfin vous avez perdu la présidentielle.

19:31
Sébastien Chenu

Oui, nous avons perdu la présidentielle parce que la coalition du système, pour nous faire passer pour ce que nous ne sommes pas, était encore particulièrement forte. Mais je vois que dans les sondages, ça ne s'est pas traduit politiquement par une majorité politique, mais les idées sont majoritaires. Et vous le savez, les batailles culturelles et intellectuelles précèdent toujours les victoires politiques.

19:49
Présentateur

Des courriels sur le site de l'émission, un auditeur nous écrit « Si Marine Le Pen échoue dans les prochains mois, faudra-t-il sortir le joker ? Marion Maréchal Le Pen est-elle la solution de rechange ? »

20:02
Sébastien Chenu

Écoutez, il faudrait que Marion Maréchal Le Pen en ait envie d'abord. Il faudrait que Marion Maréchal souhaite venir refaire de la politique dans notre pays et on sera heureux. Nous, si elle revenait, on préfère toujours les gens qui nous rejoignent, aux gens qui nous quittent. Voilà, Marine Le Pen, en femme politique responsable, a indiqué qu'elle n'était pas candidate ad vitam aeternam à toutes les fonctions et à toutes les candidatures dans ce pays. Elle a indiqué que si elle était la mieux placée, moi je crois qu'elle le sera, compte tenu des qualités dont je vous ai parlé, d'expérience, de détermination, de solidité, etc. qu'elle a pour mener le combat en 2022.

Si toutefois, elle ne l'était pas, c'est sa responsabilité de faire monter une nouvelle génération, de faire monter des nouveaux visages. Écoutez, j'aurais aimé entendre cela dans la bouche de certains présidents de la République qui se sont accrochés jusqu'au bout à la capacité d'essayer de revenir dans le jeu.

20:49
Présentateur

Sébastien Chenu, que pensez-vous du projet de la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, qui veut créer un tribunal criminel composé de juges professionnels pour les crimes passibles de 15 ou 20 ans d'emprisonnement, objectif, accélérer le jugement, les affaires criminelles ?

21:03
Sébastien Chenu

Ce projet participe de la déconstruction des grands équilibres de notre pays. Moi, je suis attaché aux jurés populaires. Je pense que dessaisir les cours d'assises d'un certain nombre de dossiers criminels tels que la ministre la présente, tout ça pourra évoluer peut-être dans la discussion parlementaire, ne va pas dans le bon sens. Moi, je suis attaché à ce que le peuple, à ce que les Français puissent se mêler quelque part de ce qui les regarde à chaque fois que c'est possible. Et être un jury populaire, être un juré populaire, eh bien participe de cette idée que le peuple se mêle de ce qui le regarde.

Et là, je vois qu'on essaye d'éloigner, encore une fois, laisser les Françaises et les Français des décisions importantes, des décisions de justice qui font les grands équilibres de la vie en société.

21:44
Présentateur

Votre opinion sur les projets de privatisation du gouvernement qui devraient rapporter des milliards d'euros à l'État ?

21:52
Sébastien Chenu

Oui, j'ai vu ça. Le gouvernement souhaite privatiser, on l'a vu maintenant, c'est la grande tendance du gouvernement, c'est privatiser tout ce qui peut être privatisable. Demain, la SNCF, puis la Française des Jeux. Mais la difficulté avec Aéroport de Paris, c'est qu'Aéroport de Paris est bénéficiaire, c'est qu'Aéroport de Paris rapporte de l'argent et qu'on est en train de vendre un outil stratégique. On sait bien que le transport aérien va continuer à se développer. Et derrière, je ne vois pas de cohérence de politique industrielle. Quelle est la cohérence ? Quel est le chemin ?

Pourquoi vendre ça, si ce n'est récupérer du cash pour tout simplement répondre aux exigences de l'Union Européenne ? Encore une fois, vous savez, Emmanuel Macron, au bout du compte, il ne répond qu'à une exigence, celles qui lui sont dictées par l'Union Européenne. Donc, pour faire rentrer du cash, eh bien, vendons le patrimoine des Français, faisons rentrer du cash. C'est la politique d'Emmanuel Macron.

22:33
Invité

Patricia Martin. Vous parliez tout à l'heure de Steve Manon. Est-ce que Marine Le Pen semble d'accord sur beaucoup de points avec Donald Trump ? Est-ce que c'est pour elle un modèle ? Pour vous, un modèle ?

22:44
Sébastien Chenu

Je ne sais pas si Donald Trump est un modèle. Moi, je trouve qu'il a eu du mal et qu'il a du mal à entrer dans son habit de président des Américains. Mais en revanche, c'est un modèle en ce qui concerne la campagne électorale qu'il a faite. Il l'a gagnée. Tout le monde disait qu'il allait la perdre ici. Il l'a gagnée. Donc, c'était une campagne très intéressante. Il est surprenant. Aujourd'hui, ce que le président Trump fait avec la Corée du Nord nous surprend tous et va plutôt, je crois, dans le bon sens. En tous les cas, dans le sens d'un apaisement. Donc, ne brûlons pas Donald Trump immédiatement sur l'autel du mépris et de la bien-pensance.

Donald Trump est visiblement un homme de ressources. Donnons-lui le temps qu'il a devant lui pour le démontrer.

23:21
Présentateur

Il a raison de déclencher une guerre commerciale avec des droits de douane.

23:26
Sébastien Chenu

Non, mais Donald Trump est sur une politique de protectionnisme national, de protection de son industrie. Moi, je crois qu'il fait des choix qui sont ceux de protéger les Américains. En cela, il a raison. Il protège les Américains. Nous devrions, nous, protéger les Français plutôt que voter des traités comme le Mercosur à l'Union Européenne, voté d'ailleurs par les Républicains. Donald Trump, il a été élu pour protéger les Américains. Je crois qu'il lui en donne le quitus. Nous devrions nous avoir des dirigeants qui protègent les Français. C'est dans tous les cas ce que nous demandons et ce que fait Marine Le Pen.

23:55
Présentateur

Sébastien Chenu, député Front National du Nord, porte-parole du FN, était l'invité de France Inter ce matin. Merci, M. Chenu. Et merci à Alexandre Abergel qui nous a permis de réaliser cette liaison avec l'île où se tient ce week-end le Congrès du Front National. Sous-titrage ST' 501