Thierry Mariani : "Même en mai 68 il n'y avait pas eu autant de blessés" dans les manifestations
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L'actualité ce matin c'est aussi les gilets jaunes, acte 16 aujourd'hui. Comment est-ce qu'on sort de cette crise ?
- 0:48FerméeRéponse partielle
Êtes-vous sur la même ligne [que Macron] ?
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Sur les violences Thierry Mariani, je vous ai entendu dire que le ministre de l'Intérieur devrait rendre des comptes. Ça signifie quoi ?
- 1:36RelanceRéponse partielle
Oui mais en 68, les manifestants ne s'en prenaient pas au magasin non plus.
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Est-ce qu'il faut redouter une internationalisation de ce mouvement ?
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Emmanuel Macron, vous l'accusé de ne pas assez soutenir les agriculteurs français. Dans quel secteur précis ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« même en mai 68, je n'ai pas souvenir qu'il y a eu autant de blessés »
- 1:31Invité politiqueChiffre
« on en est quand même à presque 20 personnes qui ont perdu un oeil, une quinzaine qui ont perdu une main »
- 3:02Invité politiqueFait
« Je l'accuse d'avoir un double langage »
- 3:28Invité politiqueFait
« On vient de signer un traité de libre-échange entre l'Union européenne et Singapour »
- 3:52Invité politiqueFait
« Or, on impose à nos agriculteurs une concurrence totalement déloyale en matière de traçabilité, en matière de sécurité sanitaire »
- 4:02Invité politiquePromesse
« Ce que nous demandons, par exemple, c'est une exception agriculturelle, comme il y a eu à un moment une exception culturelle »
- 4:37Invité politiqueFait
« en tout cas, les paysans, c'est le plus grand plan social depuis ces dernières années »
- 5:57Invité politiquePromesse
« On est quand même en position d'exiger que la politique agricole commune ne soit pas touchée »
- 6:17Invité politiqueChiffre
« une baisse de 12%, comme cela est demandé par certains, notamment les membres du Parti Libéral, de 12% de la politique européenne, il faut savoir que c'est 16 à 20% de baisse de revenus pour nos agriculteurs »
- 9:34Invité politiqueFait
« la zone euro est la zone qui a la plus faible croissance dans le monde depuis ces 15 dernières années »
- 12:10Invité politiquePromesse
« Je ne souhaite pas qu'on récupère les djihadistes ou les enfants djihadistes »
- 13:03Invité politiqueFait
« Oui, je pense qu'on est enfant, d'abord jusqu'à quel âge ? »
- 15:16Invité politiqueFait
« le Rassemblement National d'aujourd'hui, ce n'est plus le Front National »
- 15:30Invité politiqueFait
« sur les questions européennes, aujourd'hui, la position de Marine Le Pen est très claire et la position du parti est très claire »
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Bonjour Thierry Mariani, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, député et candidat du Rassemblement National désormais pour les Européennes. L'actualité ce matin c'est aussi les gilets jaunes, acte 16 aujourd'hui. Comment est-ce qu'on sort de cette crise ?
On en sortira le jour où le Président annoncera clairement ses propositions.
Le 15 avril ?
Oui je pense, c'est-à-dire qu'on est à l'acte 16 mais on est parti jusqu'à l'acte 24 si je suis à peu près compté. Puisque dans 15 jours ce sera la fin du grand débat, après on a un mois pour annoncer les propositions. Et voilà, je pense qu'en réalité il a choisi un calendrier qui condamne à ce que ce mouvement soit forcément encore pendant 5-6 semaines.
Hier à Bordeaux le Président Macron a dit que le mouvement des gilets jaunes devait s'arrêter car il devient incompréhensible. Êtes-vous sur la même ligne ?
Non, je pense que les violences doivent s'arrêter. Et que ces violences sont inadmissibles qu'elles soient contre les forces de l'ordre, qu'elles soient contre les commerces. Mais quelques voyous ne doivent pas dénaturer un mouvement où il y a des milliers de gens honnêtes qui tout simplement veulent faire part de leurs préoccupations. Après, excusez-moi, on est en France. Monsieur Macron peut-être est gêné par ses manifestations mais les français ont le droit de manifester.
Sur les violences Thierry Mariani, je vous ai entendu dire que le ministre de l'Intérieur à un moment donné devrait rendre des comptes. Ça signifie quoi ?
On a quand même des conditions de maintien de l'ordre qui ont entraîné pour la première fois depuis... Écoutez-moi, j'ai presque envie de vous dire depuis même en mai 68, je n'ai pas souvenir qu'il y a eu autant de blessés. Je veux dire, on en est quand même à presque 20 personnes qui ont perdu un oeil, une quinzaine qui ont perdu une main.
Oui mais en 68, les manifestants ne s'en prenaient pas au magasin non plus.
On est d'accord. Sauf que bon, soyons clairs, depuis au moins 40 ans, on n'a jamais eu de telles conditions. Et on s'habitue à une sorte de banalité où chaque samedi on a un oeil de main. Enfin je veux dire, c'est absolument incroyable qu'on s'habitue à une telle violence dans ce pays. Et oui, on voit que dans d'autres états aussi démocratiques que nous, les forces de l'ordre arrivent à maintenir l'ordre dans des conditions beaucoup plus, j'allais dire, beaucoup moins dangereuses pour les manifestants et pour eux-mêmes.
Avec pour cet acte XVI, les gilets jaunes belges qui pourraient venir en France, gilets jaunes luxembourgeois, anglais et allemands, ils sont invités à grossir les rangs. Est-ce qu'il faut redouter une internationalisation de ce mouvement ?
Vous savez, on a déjà une internationalisation des black blocs, où on voit que dans certaines manifestations, des black blocs étrangers sont là. Est-ce qu'il faut redouter une internationalisation de ce mouvement ? Il n'y a rien à redouter. Je crois qu'il faut simplement que les gens puissent s'exprimer. Et puis, on est à la veille des élections européennes. Une partie quand même de la situation économique française est due à une situation européenne. C'est normal que les autres pays manifestent aussi.
Emmanuel Macron, vous l'accusé de ne pas assez soutenir les agriculteurs français. Dans quel secteur précis ? Sa politique est-elle déficiente à vos yeux ?
Je l'accuse d'avoir un double langage. C'est-à-dire à la fois d'expliquer qu'il faut maintenir la PAC et qu'il n'est pas question de céder là-dessus. Et sur ce point-là, on est d'accord. Mais dans le même temps, d'expliquer qu'au Parlement européen, les députés qui vont être élus sous l'étiquette En Marche se retrouveront dans le groupe des libéraux, qui, je le rappelle, est le groupe qui veut en priorité la réduction de la politique agricole commune. Deuxièmement, comme d'habitude, au niveau européen, on a un double langage. Je prends un exemple très concret. On vient de signer un traité de libre-échange entre l'Union européenne et Singapour.
Singapour, on sait très bien que ça ne produit quasiment rien en agriculture. J'étais député d'Asie, je connais quand même un peu la zone. Mais on sait très bien que Singapour aussi, c'est une plaque tournante pour tous les pays autour. Et qu'en réalité, importer de la nourriture de Singapour, c'est très souvent récolté, ce qui vient du Vietnam, bref, des Philippines, ou de tous les pays autour, où les normes sanitaires ne sont pas du tout les mêmes. Or, on impose à nos agriculteurs une concurrence totalement déloyale en matière de traçabilité, en matière de sécurité sanitaire.
Ce que nous demandons, par exemple, c'est une exception agriculturelle, comme il y a eu à un moment une exception culturelle, pour avoir des échanges qu'avec ceux qui ont le même niveau de sécurité sanitaire que nous.
Sauf que justement, le traité de Singapour reconnaît les spécificités, les normes européennes, et que ça concerne ce traité de Singapour, plutôt l'informatique, le transport maritime...
Sauf que les normes européennes, elles sont contrôlées en France, elles sont contrôlées aussi, je pense, dans les autres pays européens, mais elles ne sont pas contrôlées dans les pays asiatiques.
Mais est-ce que vous êtes d'accord avec Marine Le Pen quand elle dit que les paysans sont abandonnés par le pouvoir depuis des années ? Ça veut dire que ce n'est pas que du fait du gouvernement actuel ?
Écoutez, en tout cas, les paysans, c'est le plus grand plan social depuis ces dernières années.
Donc c'est imputable aussi à François Hollande, à Nicolas Sarkozy ?
C'est imputable à l'ensemble des gouvernements actuels, mais je pense que les choses se sont accélérées depuis François Hollande. Et en tout cas, ce qu'on demande aujourd'hui, c'est qu'il y ait une reconversion de notre agriculture, que l'Europe accompagne cette reconversion, notamment par le bio, par le localisme.
Mais c'est ce que souhaite Emmanuel Macron, de ce point de vue-là ?
Oui, sauf que, je répète, quand il explique que ses députés vont être avec les libéraux, c'est totalement contradictoire. Les mots d'Emmanuel Macron sont séduisants, les intentions sont plus inquiétantes.
Sauf que la baisse annoncée de la PAC, c'est d'abord la conséquence du Brexit. La Grande-Bretagne qui donne son lot de 11 milliards de recettes qui vont disparaître, c'est un vrai chamboule-tout qui arrive. Or, Marine Le Pen avait justement soutenu la campagne du Brexit à propos de double langage. C'est aussi un positionnement un peu paradoxal de Marine Le Pen, qui conteste à la fois la baisse de la PAC et qui avait soutenu pourtant la campagne du Brexit.
Je ne pense pas qu'il y ait absolument de double langage. Je vous rappelle que l'année prochaine, on va donner 1,5 milliard de plus à l'Union Européenne, la France, en vertu de nous. Que la France est globalement, et c'est normal, puisqu'on est un des pays un peu plus riches que les autres, déficitaire de 8 à 9 milliards entre la dotation et ce qu'on reçoit. On est quand même en position d'exiger que la politique agricole commune ne soit pas touchée. C'est notre principal, j'allais dire, retour de l'Union Européenne.
Et d'autre part, une baisse de 12%, comme cela est demandé par certains, notamment les membres du Parti Libéral, de 12% de la politique européenne, il faut savoir que c'est 16 à 20% de baisse de revenus pour nos agriculteurs. C'est absolument intenable. Donc ça n'a rien à voir, excusez-moi, avec le retrait de la Grande-Bretagne. On peut tout à fait continuer à avoir la même politique européenne, avec une Grande-Bretagne qui serait sortie.
Il faudra trouver ailleurs les 11 milliards que la Grande-Bretagne ne donnera plus.
Oui, mais la France donne déjà 8 ou 9 milliards de plus que ce qu'elle reçoit. Donc je pense que s'il y a des efforts à faire, il faut peut-être aussi les chercher.
C'est qu'on paye avec cette manne, on paye aussi les agriculteurs des pays de l'Est.
Vous avez raison, vous avez raison, mais il y a un moment aussi où la France peut exiger, comme la Grande-Bretagne d'ailleurs l'avait fait à une époque sous Thatcher, qu'elle a aussi des intérêts auxquels on ne peut pas toucher.
Jordan Bardella, à la tête de liste pour les Européennes, il commence à se faire un nom. Vous l'avez rencontré, vous serez demain avec lui, je crois, en meeting à Bessières, au-dessus au nord de Toulouse. Candidat trop jeune, candidat trop inexpérimenté, a-t-on entendu dire ?
Quand je l'entends, y compris sur vos antennes, je n'ai pas l'impression qu'il soit trop jeune ou trop expérimenté.
Quelquefois, il dit quand même des choses, par exemple au sujet de l'agriculture, justement il a dit qu'il fallait stopper le bœuf aux hormones et le poulet au chlore. Or en Europe, je pense, les normes font que, évidemment sur le principe on ne peut être que d'accord avec lui, mais c'est interdit dans l'Union Européenne.
C'est sûr que quand on a 23 ans, on n'a pas des années et des années d'expérience. Mais il a 23 ans, il est élu de Seine-Saint-Denis, il vient de ce département où il a grandi, il n'a pas fait, j'allais dire, il a fait des études normales, il n'a pas fait l'ENA ou je ne sais quoi. Et moi je trouve qu'il a l'expérience du terrain. Et je suis très heureux d'être derrière lui parce que je l'avais repéré quand il n'était que porte-parole, entre guillemets, du Rassemblement National. Et je trouve que pour quelqu'un qui a 23 ans, il a un potentiel très important. Après, je constate que tous les partis politiques renouvellent leur tête de liste.
Écoutez, les Français, tantôt on nous explique qu'on prend des trop vieux, tantôt on nous explique qu'on prend des trop jeunes. Voilà, et je trouve qu'à 23 ans, il a un gros potentiel.
Pour les Européennes, le Rassemblement National a perdu un peu de sa position de leader au profit des marcheurs, d'Emmanuel Macron. Au final, ça va se présenter comme un duel entre vos deux formations, un duel entre progressiste et nationaliste, comme nous dit Emmanuel Macron. D'abord, est-ce que vous validez ces deux champs lexicaux ?
Alors d'abord, progressiste, je ne sais vraiment pas ce que ça veut dire. Ça fait partie de ces mots, vous savez, qu'on lance en isme. Enfin, ça sonne bien, il y a le mot progrès, mais personne ne sait ce que ça veut dire. Enfin bon, mais au moins, ça permet d'avoir un concept. Emmanuel Macron est spécialiste en concept, même s'ils sont un peu vides. Ensuite, nationaliste, pour moi, ce n'est pas un gros mot. Je veux dire nationaliste, souverainiste, voilà, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on est attaché à l'Europe, mais à une Europe qui défend son identité, qui défend ses nations.
Avec un euro réinventé, comme le veut Marine Le Pen, ça signifie quoi exactement ?
Avec un euro réorienté ou réinventé, ça veut dire avec un euro au service de l'économie. On a eu un euro qui, sous la pression allemande depuis le début, est uniquement au service de la lutte contre l'inflation. Et la lutte contre l'inflation est utile, mais ce n'est pas le seul paramètre. Regardez ce qui se passe avec la Fed aux Etats-Unis. La Fed a l'inflation et l'emploi comme objectif. Et ce qu'on demande, c'est tout simplement que la politique monétaire soit réorientée aussi en direction de l'emploi. Personne ne peut contester un fait, c'est que la zone euro est la zone qui a la plus faible croissance dans le monde depuis ces 15 dernières années.
Et donc, oui, il faut réorienter l'euro et on peut garder l'euro.
Ce sera dans un mois, votre tête de liste aux européennes, Jordan Bardella, fera donc un meeting commun à Rome avec le parti de Vladimir Poutine, Russie unie aux côtés du Rassemblement National. Quel lien y a-t-il entre ces deux formations ?
Alors là, je ne sais pas d'où vous sortez cette information.
Il y a des France Inter ce matin, un reportage, explication. Sous la houlette de Salvini, ce sera dans un mois à Rome, un grand rassemblement des partis... Écoutez, je n'ai absolument pas cette information.
Je n'ai absolument pas cette information. Et ça m'étonnerait, très franchement, je ne vois pas ce que viendrait faire Russie unie, même si j'ai certaines sympathies pour la Russie, vous le savez. Par contre, il y aura des meetings prévus avec nos amis italiens, autrichiens, etc. Mais alors là, je pense...
C'est la même chose. Comment ? C'est le même meeting, dans un mois à Rome, il y aura effectivement les partis populistes européens. D'ailleurs, qu'avez-vous de commun avec les partis allemands, AFD, autrichiens, FPE, britanniques, UKIP, polonais, nationalistes ?
Ou avec l'italien. C'est une même conception, par exemple, d'être attaché à l'Europe et de défendre l'identité des différents pays en les respectant. C'est par exemple avec les Italiens de Salvini, cette idée qu'il faut défendre nos frontières. Je constate que depuis que le gouvernement dans lequel Salvini est vice-président, je crois, ou vice-premier ministre... Enfin, numéro 2, voilà, quel que soit le titre. Numéro 2, la maîtrise des frontières en Italie a été reprise.
Vice-premier ministre italien.
Que désormais l'immigration, et c'est d'ailleurs une des causes de la poussée de Vox en Espagne, se déplace vers l'Espagne, voilà. Non, ce qu'on a en commun, c'est une certaine conception, un attachement à l'Europe, mais qu'on veut, excusez-moi, une autre politique que celle qui nous est proposée, notamment par M. Juncker et la majorité du PPE depuis des années...
Il n'a pas toujours été tendre pour M. Juncker, vous avez eu des paroles très dures.
Bah oui, mais c'est la réalité. Enfin, ce que j'ai dit, je ne veux pas le répéter, vous le savez très bien. Non, ce n'est pas la peine de le répéter, vous avez été très dur. Oui, mais c'est la réalité, tous vos confrères le savent, voilà. Le problème, chacun a ses problèmes, voilà. Le problème, c'est que quand on est président de l'Europe, on doit avoir toutes ses capacités, quoi. Ou plutôt président de la Commission, pardon.
Thierry Mariani, candidat aux élections européennes sur la liste du Rassemblement National. Vous restez avec nous, on va poursuivre cet entretien dans un instant avec quelques questions d'actualité. A tout de suite.
France Alper, le 6-9 du week-end.
On a invité ce matin Thierry Mariani, candidat aux élections européennes sur la liste du Rassemblement National. Thierry Mariani, deux tiers des Français ne souhaitent pas voir les enfants de djihadistes en Syrie rentrer en France. Et vous ?
Je ne souhaite pas qu'on récupère les djihadistes ou les enfants djihadistes. Voilà, je pense qu'ils ont pris une décision. Aujourd'hui, s'ils souhaitent rentrer en France, d'abord c'est parce que, tout simplement, ils ont perdu la guerre. C'est des gens qui ont combattu contre nos valeurs, contre nos soldats sur certains territoires. On ne peut pas expliquer à des grandes déclarations qu'on est en guerre contre le terrorisme, etc. Et puis après, vouloir tout oublier. Je pense qu'il y a des moments où il faut un réarmement moral. Et le message doit être très clair, même si je reconnais que pour certains, il peut être dur.
C'est, vous avez trahi nos valeurs, vous avez combattu ce qu'on représente, on ne vous récupère pas, restez là où vous êtes.
On parlait des enfants de djihadistes. 80 enfants sont déjà rentrés en France depuis le début de cette guerre en Syrie. D'après les avocats français, d'ailleurs, qui suivent ce dossier dans les familles d'accueil, tout se passe plutôt bien. Pour ces enfants rentrés en France, à vos yeux, les enfants de djihadistes restent des bombes à retardement en France ?
Oui, je pense qu'on est enfant, d'abord jusqu'à quel âge ? Je vais vous dire, à l'extrême limite, quand on a un an, deux ans, trois ans, ok. Mais sept ans, huit ans, on a vu que certains enfants étaient endoctrinés de manière dangereuse. Moi, je vous le dis très clairement, je n'ai pas envie que mon gosse soit dans la même cour de récréation que des gamins qui, à 5-6 ans, ont appris, ont côtoyé, j'allais dire, la violence en permanence et tout. La première vocation d'un gouvernement, c'est protéger ses concitoyens. Je le répète, ce n'est pas une décision facile à prendre, mais je pense qu'il y a un moment où il faut penser à l'intérêt général plutôt que l'intérêt de quelques personnes.
Excusez-moi, les parents ont choisi malheureusement le destin de leurs enfants, ils sont responsables.
Question d'actualité également, Marine Le Pen et Gilbert Collard, qui pourraient avoir à s'expliquer prochainement devant la justice, puisque le parquet vient de requérir leur renvoi en correctionnel, pour avoir posté il y a 4 ans des images violentes de l'État islamique sur Twitter. Avaient-ils eu raison, tous les deux, à l'époque, de publier des photos et des images aussi violentes de Daesh ?
Je pense que ceux qui avaient tort, excusez-moi, je le dis avec le sourire, c'était vos confrères journalistes qui avaient comparé à l'époque, je le rappelle, Daesh et le Front National. Puisqu'à l'époque, c'était le Front National. Voilà, il y a quand même des comparaisons qui sont totalement excessives. Et c'est vrai que Marine et Gilbert Collard avaient posté des photos pour dire, voilà, est-ce que...
Est-ce que vous avez choqué à l'époque ?
Que les journalistes fassent cette comparaison ? Oui.
Mais pas de publier sur Twitter les photos aussi violentes de Daesh ?
Non, parce que d'abord, excusez-moi, c'est la violence, malheureusement, de ces terroristes que certains veulent faire revenir. Voilà, je sais très bien que les textes de loi interdisent la publication de ça. Mais je répète aussi qu'en par moments, certains dépassent la raison dans les comparaisons, eh bien, le seul moyen de répondre, c'était celui-là.
Au sujet de Marine Le Pen, précisément, apparemment, maintenant, vous vous entendez bien ici même. Il n'y a pas très très longtemps, il y a quelques années, c'était en 2011, Thierry Mariani, vous disiez que Marine Le Pen exploitait la désespérance et vous vous adressiez à ce moment-là aux électeurs du Front National en leur disant qu'ils faisaient fausse route. Alors, qui est-ce qui a pu faire que maintenant, elle vous a séduit ? Est-ce que c'est un revirement politique de votre part ? Est-ce que c'est Laurent Wauquiez qui ne vous convient pas ? Qu'est-ce qui se passe ?
C'est une bonne question. Deux choses. D'abord, le Rassemblement National d'aujourd'hui, ce n'est plus le Front National.
C'est-à-dire, c'est un rassemblement, c'est un parti démocratique et ça ne l'était pas avant ?
Non, c'est un parti qui, par exemple, sur les questions européennes, je n'aurais jamais rejoint le Front National en 2011 parce que, sur les questions européennes, aujourd'hui, la position de Marine Le Pen est très claire et la position du parti est très claire. On reste dans l'Europe, on veut le faire évoluer de l'intérieur, on garde l'euro, on veut le réorienter vers l'emploi. Deuxièmement, la position des Républicains aussi était claire, mais je constate que ces dernières années, le discours qui a consisté à avoir des positions fermes à Paris est le contraire de ce qui est fait au niveau européen. On est à la veille des élections européennes. Quand je vois les déclarations de M.
Manfred Weber, c'est-à-dire le patron du PPE, le Parti Populaire Européen, dans lequel les Républicains sont, qui nous annoncent que, pour faire peut-être face aux nationalistes, puisque c'est le mot effrayant, il aura besoin d'une grande alliance entre le centre-droit, les socialistes, les libéraux, les écologistes. Il faut que les électeurs qui vont voter pour la liste républicaine savent qu'au niveau européen, ils risquent de se retrouver finalement dans un même groupe ou plutôt dans un même bloc, par exemple, que des députés qui, jusqu'à présent, ont toujours été socialistes. C'est ça, le double langage des Républicains.
Merci Thierry Mariani d'être venu le dire ce matin sur France Inter. Thierry Mariani, candidat aux élections européennes, sur la liste du Rassemblement National. Merci et bonne journée. Il est 8h38 sur France Inter.
Thierry Mariani