Budget 2026, armement de la police municipale, situation à Gaza... Le 8h30 d'Olivier Faure
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Bonjour Olivier Faure, Donald Trump doit recevoir Benyamin Netanyahou aujourd'hui pour parler de la situation à Gaza. Donald Trump qui s'est dit très optimiste sur la conclusion d'un accord d'une trêve cette semaine, malgré ce que vous pouvez penser de lui, qu'est-ce que vous pensez de son action ? Est-ce que vous saluez son action sur le sujet ?
Je serais beaucoup dire que je salue. En fait, il a eu des positions extrêmement variables. Il a d'abord parlé d'une rivière à Gaza pour remplacer ce territoire palestinien. Il a eu un soutien inconditionnel à Netanyahou et à sa politique qui conduit à ce qu'aujourd'hui on puisse parler d'un génocide en cours. Et donc, j'aurais du mal à saluer l'action du président américain.
Maintenant, si dans les prochaines heures on arrivait non pas à une trêve simplement, mais à cesser le feu, qu'ils soient à cesser le feu, qu'ils permettent d'aboutir à une solution politique, là, effectivement, j'applaudirais, mais nous en sommes très loin, puisqu'en réalité, je crains que nous n'ayons à assister qu'à une trêve de courte durée qui ne permette pas de résoudre ce conflit. Et la seule façon de le résoudre, c'est de parvenir à une solution politique, une solution à deux États qui cohabitent, qui coexistent, qui assurent leur sécurité mutuelle. Je pense évidemment à un État palestinien à côté d'un État israélien.
Olivier Faure, la conférence sur la Palestine qui devait se tenir, mi-juin, a été reportée à cause de la guerre en Iran. Vous appelez le président de la République, malgré tout, aujourd'hui, à reconnaître un État palestinien, même si, à ce stade, il serait relativement isolé. Son projet, c'était d'embarquer d'autres pays avec lui ?
Oui, et j'encourage le président de la République à faire ce qu'il a dit qu'il ferait. Et ce n'est pas vrai qu'il serait isolé. Il y a aujourd'hui plus de 150 pays qui ont reconnu un État palestinien, mais c'est vrai que les États occidentaux ont plus de mal à le faire. L'Espagne l'a fait, l'Irlande l'a fait. Il pourrait le faire à son tour et poser de tout son poids pour qu'enfin soit reconnu une solution à deux États, une solution politique, parce que personne ne peut croire qu'on puisse régler la question israélo-palestinienne uniquement au moyen des armes, sauf à éradiquer complètement la population palestinienne.
Est-ce que c'est vraiment opportun, en ce moment, en pleine négociation, sans véritable alternative sérieuse, autre que le Hamas ?
Mais d'abord, on négocie toujours avec ses ennemis. Ensuite, évidemment qu'il faudra obtenir, in fine, le désarmement du Hamas et le transfert de toute la souveraineté de l'État palestinien à l'autorité palestinienne, mais pour peser sur cette décision, pour faire en sorte qu'à un moment, cette question-là soit posée, soit mise sur la table, il faut que les États, et notamment les États qui ont une importance dans la région, je pense notamment à la France, puissent élever la voix et dire, oui, il est temps de passer à une solution politique.
Que voulez-vous qu'il se passe si, pendant les 20, 30, 40 prochaines années, vous avez encore une bande de Gaza qui est sous l'autorité israélienne où vous avez des gens qui sont enfermés dans une enclave avec des enfants qui auront vu disparaître leurs proches et qui n'auront qu'une seule envie, c'est un jour de prendre leur revanche sur l'État israélien. Et donc la seule possibilité de trouver une paix durable, c'est forcément d'arriver à une solution politique et donc une solution à deux États où chacun a un espace dans lequel il peut vivre.
Et le Parti Socialiste, aujourd'hui, parle de génocide en cours à Gaza, donc ?
Moi, je parle de génocide en cours parce que, vous le savez, en fait, la Convention de 48, celle que la France a signée, est une convention qui n'est pas simplement là pour constater, ex poste, a posteriori, les génocides, mais pour les prévenir. Et donc, pour les prévenir, il y a un certain nombre de critères qui ont été fixés et c'est l'éradication de tout ou partie d'un peuple. C'est une intention génocidaire qui est manifestée et aujourd'hui, elle est manifestée par nombre de ministres du gouvernement d'Edna Niaou qui ne sont pas corrigés par le Premier ministre, qui ne sont pas démissionnés.
Et donc, on peut considérer aujourd'hui qu'il y a non seulement, effectivement, des faits qui tendent à le prouver, mais aussi une intention qui est affirmée par un certain nombre de ministres.
Olivier Faure, dans quelques jours, François Bayrou dévoilera ses arbitrages pour le budget le 15 juillet. Vous qui aviez permis au Premier ministre de se maintenir pour le budget 2025, en ne le censurant pas, à l'époque, vous dites, c'est terminé, les socialistes ne sont plus à bouée de secours ?
Mais nous n'avons jamais été la bouée de secours de François Bayrou et nous ne le serons jamais. Nous avons dit à l'époque que nous étions dans l'opposition, mais une opposition prête à bâtir des compromis avec le pouvoir. Je dirais que même cette aide-esprit-là n'a pas changé. Je suis toujours pour bâtir des compromis. Ils n'ont pas de majorité absolue, nous n'avons pas de majorité absolue. Et donc, ça suppose que pendant le temps qu'il reste jusqu'à la prochaine présidentielle, on trouve des solutions pour les Françaises et pour les Français. Simplement, les compromis, ce n'est pas on fait comme on veut au gouvernement et les oppositions n'ont qu'à regarder le train passer.
Et donc, c'est la raison pour laquelle nous avions obtenu toute une série de concessions. Concessions qui ont été en partie reprises par des décrets d'application qui n'ont pas été, en fait, à la hauteur de ce que nous avions réclamé. Et surtout, il y avait un conclave, le nom qu'avait donné François Bayrou à cette conférence sociale sur les retraites, qui devait aboutir à substituer une nouvelle réforme à la réforme Borne. Et vous n'avez pas obtenu cela,
donc vous avez censuré le Premier ministre. Mais aujourd'hui, sur le budget, 40 milliards d'euros à trouver. Est-ce que les socialistes sont prêts à prendre leurs responsabilités ? Est-ce que vous assumeriez de proposer des mesures impopulaires où vous dites, oh là là, non, non, ça va obéir nos chances d'accéder au pouvoir un jour ? Alors, on laisse le Premier ministre faire le saludo.
Mais pourquoi faudrait-il toujours que les bonnes mesures soient impopulaires ? Moi, je pense qu'il y a des bonnes mesures qui sont populaires. Ce que je ne veux pas, c'est que... Je vois les solutions qui se profilent aujourd'hui. On nous dit, on pourrait augmenter la TVA. Mais la TVA, elle frappe d'abord les classes populaires et les classes moyennes. On nous dit, on pourrait désindexer les retraites. Mais ça touche qui, en fait ? Ça touche des gens qui ont travaillé toute leur vie et à qui on voudrait retirer une part de leur pension. On nous dit, on pourrait aussi dérembourser les médicaments. On pourrait aussi faire en sorte qu'il y ait des franchises médicales qui soient plus élevées.
Mais au détriment de qui ? Au détriment de ceux qui ne peuvent pas, dans ces cas-là, accéder aux soins. Donc ces mesures-là, c'est hors de question. Et des économies, bien sûr, moi, je veux bien en faire si ça exige de corriger les doublons, faire en sorte qu'il y ait un certain nombre de dépenses qui, aujourd'hui, sont des dépenses parfaitatoires qui soient reprises. Ça, il n'y a aucun problème.
Mais je doute qu'on trouve 40 milliards
dans ces conditions-là. Ce que je vois aussi, c'est que les économies, c'est aussi tout simplement reprendre ce que Emmanuel Macron a offert aux grandes fortunes, aux grandes entreprises depuis, en fait, 8 ans. C'est 60 milliards d'euros qui manquent chaque année au budget de l'État. 60 milliards. Et là, on nous dit, on va reprendre 40 milliards sur qui ? Sur les classes populaires, sur classes moyennes.
Mais ça a eu d'autres vertus, Olivier Faure. Ça a eu d'autres vertus. On crée enfin des emplois industriels. Ça a empêché peut-être certaines délocalisations. Ça a créé des emplois.
Vous dites vous-même peut-être. Vous n'en êtes pas sûr.
Sur les services à la personne, par exemple, parmi les mesures, il est question d'un coup de rabot. C'est dans le viseur de Bercy. C'est particulier, qui embauchent pour garder leurs enfants, faire le ménage, le jardinage. Vous êtes pour ou contre un coup de rabot, vous ?
Je ne sais pas ce que c'est qu'un coup de rabot. Ça dépendra de ce qu'est le montant.
Ça serait peut-être une baisse de crédit d'impôt.
J'imagine qu'en ces cas-là, il faudra plus de crèches. Si vous empêchez les particuliers d'avoir accès à ce type de services, il faut qu'il y ait des services collectifs qui soient offerts en regard. Autrement, comment ferons-nous pour que les femmes, notamment, qui seraient pénalisées les premières, parce qu'on connaît aussi l'attitude dans les couples, c'est que ce sont les femmes qui sont chargées des enfants.
Ça a créé de l'emploi, pour le coup.
Et ça a créé de l'emploi aussi. Est-ce qu'on sacrifie ces emplois-là ? J'aimerais comprendre quelle est la logique de ce que veut faire le gouvernement. Et c'est la raison pour laquelle je vous dis que si on veut honorer tous les engagements qui sont pris pour maintenir des services publics de qualité, même les consolider, je vois que le gouvernement a signé, au moment du sommet de l'OTAN, la participation à une hausse considérable des dépenses en matière d'armement. Mais qui va les financer ? Est-ce que ce sont les tout-venants, tous les Français, ou est-ce que ça va être celles et ceux qui en ont les moyens ?
Et donc, la question qui est posée au moment du budget, comme chaque année, c'est à qui doit contribuer à l'effort nouveau ?
Cette question sur les services à la personne, c'est que parfois, il y a des ménages aisés qui recrutent, des chefs à domicile pour cuisiner, des coachs sportifs. Il y a plusieurs activités qui sont concernées. L'idée du gouvernement, peut-être, c'est de supprimer certaines de ces activités. Ça, vous pouvez l'entendre ?
Oui, ça, sur les coachs sportifs à domicile et sur les chefs cuisiniers à la maison, effectivement, on peut largement comprendre que ça n'a aucun sens et c'est même fou qu'on puisse aujourd'hui encore en bénéficier. Mais je doute que ça fasse 40 milliards. Donc là, je vois bien qu'il y a l'idée de masquer derrière d'immenses économies sur les collectivités locales qui sont pourtant responsables de 75% de l'investissement public et donc qui sont là et qui sont là comme moteurs de l'économie.
Eh bien, je ne voudrais pas qu'on camoufle derrière de vraies coupes claires dans ces budgets-là, dans les budgets des services publics, avec quelques mesures homéopathiques qui permettraient de dire « Regardez, on a touché aussi aux grandes fortunes ». Les grandes fortunes, si vous voulez les toucher, il ne faut pas simplement s'occuper de leur majeur d'homme, il faut s'occuper principalement de ce qu'elles ne payent plus et je me répète, mais c'est 60 milliards d'euros par an qui leur sont attribués sous forme de cadeaux fiscaux.
Et je rajoute que pendant la période de 8 années pendant laquelle Emmanuel Macron a gouverné ce pays, ce chiffre que chacun devrait connaître et entendre et se l'ancrer définitivement dans le crâne, c'est que les 500 familles les plus riches de France ont un patrimoine qui est passé de 600 milliards d'euros à 1200 milliards d'euros. Ils ont gagné 600 milliards d'euros de patrimoine et maintenant, c'est à tous les Français qu'on demande de venir leur chercher 40 milliards. Il y a un moment où il faut quand même qu'on prenne l'argent là où il se trouve et qu'on arrête d'emmerder les Français.
Il y a une autre piste qui est envisagée dont on entend parler depuis ce week-end dévoilée par le Parisien, plafonner les réductions d'impôts sur les dons versés aux associations. 5 millions de foyers en ont bénéficié l'an dernier, par exemple. Vous en dites quoi, là ?
Et là aussi, en fait, de quoi parle-t-on ? On parle des réseaux du cœur, on parle... Notamment ? Notamment, on parle de toutes les associations qui vivent, la Ligue contre le cancer, enfin, toutes celles et ceux qui aujourd'hui ne vivent que grâce aux dons ou principalement grâce au nom des Français. Et on voudrait venir là, réduire, en fait, donc, les déductions fiscales qui sont autorisées sur la base de ces dons, mais avec un effet dont on connaît déjà le résultat, c'est que vous aurez moins de dons et donc moins de budget pour des associations qui aujourd'hui couvrent en réalité des vrais services qui sont rendus au public, mais ce ne sont pas des services publics.
Mais imaginez la France sans le Secours Populaire, sans les réseaux du cœur, sans toute une série d'associations qui, dans le domaine de la santé, dans le domaine de l'humanitaire, dans le domaine de l'urgence, sont indispensables. En précisant, ce sera un plafond à 2 000 euros,
donc ça reste
un plafond quand même élevé. Oui, mais en fait, il y a aussi des contributeurs qui donnent plus et dans ces cas-là, j'aimerais être certain qu'ils donnent encore.
Vous dites que certaines dépenses sont obéopathiques, microscopiques. Qu'est-ce que vous pensez de la piste d'une année blanche, cette idée de maintenir les dépenses publiques de 2026 à leur niveau de 2025 sans tenir compte de l'inflation ? Elle permettrait d'économiser environ 6 milliards d'euros. Bonne ou mauvaise idée, Olivier Faure ?
C'est une mauvaise idée. C'est une mauvaise idée parce qu'en fait, selon l'OFCE, cette mesure-là, elle frappe au deux tiers les ménages modestes et moyens. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'en réalité, elle vient frapper les services publics, elle vient frapper la protection sociale parce que quand vous n'augmentez pas au rythme de l'inflation, c'est moins de moyens pour l'hôpital, c'est moins de moyens pour les écoles, c'est moins de moyens pour la police, c'est moins de moyens pour celles et ceux qui aujourd'hui, contribuent à notre confort et à notre bien-être. Donc, il y a bien là un sujet et donc, c'est en plus l'absence de choix.
Ça veut dire que finalement, on est sur pilotage automatique et on considère que le gouvernement ne sert à rien. Donc, si c'est ce qu'ils veulent nous dire, j'ai tendance à les croire.
Mais donc, pour vous, tout se résoudra en taxant les plus riches, en fait. C'est ça, votre programme ?
Pas seulement en taxant sur les plus riches, je suis prêt à regarder les économies structurelles que nous pouvons réaliser dans la durée, mais ça ne se fait pas par des coups de rabot. Ça n'est pas...
Mais vous ne proposez que des impôts sur les plus riches
au Parti Socialiste. Mais je ne propose pas que des impôts sur les plus riches. Je viens de vous répondre, Agathe Lambret, que, en fait, je suis prêt à regarder les économies sur le long terme, des économies qui ne se font pas à coup de rabot et à la serpe de manière aveugle, mais en regardant à chaque fois quelles sont les dépenses qui sont devenues inutiles au fil du temps. Ça prend du temps. Oui, parce que le budget, c'est le 15 juillet. Oui, d'accord. Enfin, ça fait des années qu'ils nous en parlent. Jamais ils n'ont réussi à le faire. Donc, moi, je ne suis pas au gouvernement. Ce que je dis, c'est que si j'étais au gouvernement, voilà ce que je ferais.
Je chercherais les économies structurelles à réaliser et en même temps, je chercherais aussi une forme d'équité parce que ça n'est pas normal que là, on soit en fait d'une générosité incroyable en direction des plus riches en 8 ans. Et pendant ce temps-là, pour des gens qui se serrent la ceinture, qui ont des fins de mois qui commencent en début de mois, ceux-là, on leur dit vous allez encore continuer à contribuer. C'est pas normal. Vous restez avec nous. On poursuit cette interview
dans un instant après le Filinfo à 8h47 avec Maureen Suignard.
Le bilan humain avoisine désormais les 80 morts au Texas après des inondations ce week-end dans cet état du sud des Etats-Unis. Une quarantaine de personnes disparues au total dont des enfants. Certains habitants accusent Donald Trump d'avoir affaibli les services météo-nationaux avec des coupes budgétaires, ce que réfute le président américain. Le chef d'État qui va recevoir tout à l'heure le Premier ministre israélien il dit espérer qu'un accord soit conclu cette semaine entre Israël et le Hamas pour une libération des otages retenus dans la bande de Gaza. En France, le drame est devenu le symbole du fléau de l'habitat indigne à Marseille.
L'effondrement de l'immeuble de la rue d'Aubagne c'était il y a 7 ans. La justice rend son jugement ce matin. Un adjoint au maire, un expert, le syndic et des copropriétaires font partie des 16 prévenus jusqu'à 10 ans de prise en ferme possible. Une étape de 178 kilomètres cet après-midi, troisième et dernière étape du Tour de France dans le Nord. Les coureurs vont s'élancer à 13h10 depuis Valenciennes pour rejoindre Dunkerque. C'est le néerlandais Mathieu Van Der Poel qui porte le maillot jaune.
France Info
Le 8.30 France Info Agathe Lambret Benjamin Fontaine
Toujours avec Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste. Emmanuel Macron s'est invité au meeting des jeunes avec Macron ce week-end. J'aurai besoin de vous dans deux ans, dans cinq ans, dans dix ans à lancer le président. Comment vous l'interprétez ?
Peut-être que le président ne connaît pas la Constitution et qu'il ne sait pas qu'il ne sera plus candidat en 2027.
Mais en 2032 ?
Je ne sais pas. En fait, j'ai entendu Gabriel Attal proposer un chemin. Je propose que ce soit un chemin vers la sortie.
Emmanuel Macron n'est pas légitime pour éventuellement envisager de se représenter.
Il est parfaitement légitime. Il a le droit, comme n'importe quel citoyen, de se représenter s'il le souhaite. Mais enfin, après dix années sur lesquelles on a déjà revenu amplement, je pense que les Français auront envie de passer à autre chose. Et s'il fallait se poser, par exemple, une bonne question sur le budget, il y a une taxe, la taxe Zuckmann, qui a été proposée à de nombreuses reprises par la gauche et les écologistes.
Et on est dans une situation où aujourd'hui, le président de la République se refuse même à imposer des gens qui ont plus de 100 millions d'euros, ils ne sont pas nombreux en France, pour leur prendre 2% par an sur la base de ce capital, alors même que ce capital leur rapporte à des rendements d'ordre de 7%. Donc, vous voyez, en fait, on a besoin là d'un président de la justice après avoir eu un président des super riches.
Vous parlez de justice, on va parler de police. Le ministère de l'Intérieur veut donner plus de pouvoir et de compétence à la police municipale pour l'adapter face aux nouvelles réalités de l'insécurité. C'est ce que dit François-Noël Buffet, le ministre délégué qui présentera sa loi en septembre. Alors, les policiers municipaux pourront notamment fouiller les coffres de voitures, saisir des objets dangereux ou dresser des amendes. Est-ce que vous y êtes favorable, vous ?
Oui, sur ce que vous venez de nous dire, je n'y vois pas d'inconvénients. Ce que je ne veux pas, c'est que d'un seul coup, on transforme, enfin, que la police nationale s'appuie de manière, enfin, que, en gros, l'État finisse par dire je me déleste d'une part de mes compétences pour les renvoyer vers les collectivités locales. Mais s'il s'agit d'aider la police municipale à mieux faire son travail et à pouvoir demain être en mesure, par exemple, de dresser des amendes sur ce nombre de délits qui sont des délits dans le bas du spectre, eh bien, oui, je pense que ça peut être utile.
Mais c'est quoi votre ligne OPS ? Parce que le maire de Saint-Nazaire, maire PS, était contre, il a changé d'avis, la maire de Nantes, elle, s'y refuse toujours.
Mais là, vous parlez de quoi ? Vous parlez de l'armement des policiers ? De l'armement. L'armement des policiers, dans la loi qui n'est pas encore votée, mais qui est la loi Buffet, laisse cette possibilité aux maires. Tout dépend, en réalité, des situations locales. Il n'y a pas une ligne chez vous, au parti, sur le sujet ? Dans ma propre circonscription, il y a des polices municipales armées et des polices municipales non armées.
Parce que Mathilde Panot, de la France Insoumise, hier, sur BFM, elle, par exemple, s'est opposée à ces mesures pour la police des villes. Elle assure que dans les villes où la France Insoumise sera élue, non seulement la police sera désarmée, mais en plus, il y aura un plan pour retirer les caméras de surveillance. Vous serez peut-être amené à vous allier parfois avec les Insoumis
Non, absolument pas. Et je suis attaché à ce que nous puissions assurer la tranquillité publique. Et la vidéoprotection, elle sert notamment dans les enquêtes. Chacun le sait bien, qu'il s'agisse de délits routiers, qu'il s'agisse de délits pénaux, eh bien, nous avons là un instrument qui ne remplace pas la présence humaine. Et c'est là où il y a une opposition entre parfois ce que la droite peut proposer et ce que la gauche peut proposer.
Moi, je considère que c'est un outil qui permet d'appuyer en fait des hommes, des femmes qui sont sur le terrain et pas seulement d'ailleurs dans la sanction, mais aussi dans la prévention avec des médiateurs, avec des agents dans les rues, avec des gens qui sont à la proximité. On vous entend bien, Olivier Faure, mais là,
on ne parle pas d'une opposition avec la droite, on parle d'une opposition entre le Parti Socialiste et la France Insoumise. Mathilde Panot dit elle est fille si on gagne une ville, on désarmera la police, on enlèvera les caméras. Vous pourriez, vous, faire alliance avec la France Insoumise dans certaines villes ou municipales dans ces conditions avec des personnes qui prônent un programme antagoniste en matière de sécurité ?
En fait, je n'accepterais sur une liste des gens qui, enfin, je ne mettrais pas derrière un maire insoumis qui annoncerait qu'il va supprimer la vidéoprotection ou qu'il va supprimer l'armement des policiers. ça n'a aucun sens. Comment peut-on même l'imaginer ? Donc, bien sûr que ce n'est pas possible et il n'y aura aucun socialiste qui aura dans son programme ou dans le programme qu'il avance pour les prochaines élections municipales la fin de toute forme de vidéoprotection. Je le répète, la vidéoprotection, c'est souvent une façon, y compris, de solutionner un certain nombre d'enquêtes.
Et je devrais, et Mathilde Panot devrait se souvenir qu'y compris sur les violences policières, c'est souvent la vidéoprotection qui a permis de lever le lièvre dans l'affaire Naël, dans toute une série d'affaires. Ce sont les caméras de vidéosurveillance qui ont permis de dire qui était en faute, est-ce qu'il y avait eu ou pas une menace sur le policier qui était menacé, enfin qui était menacé ou pas d'ailleurs, et de savoir comment comprendre, interpréter en fait le geste qui avait été celui du policier. Donc, on a compris qu'il y avait un désaccord entre vous. Ce serait une erreur et même une abération.
Sur ce sujet. Merci Olivier Faure d'avoir été l'invité de France Info ce matin. Merci à vous. Merci Agathe. Très bonne journée. L'info continue sur France Info. Et c'est la vidéo du week-end. Elle a fait le tour des réseaux sociaux. Vendredi, fin d'après-midi dans le 18e arrondissement de Paris. Des flammes, des cris, la panique, un incendie éclate au deuxième étage d'un immeuble du quartier de la Chapelle. Au sixième étage, une famille est piégée. Six personnes, dont deux bébés. Les fumées envahissent l'appartement, les minutes s'égrènent et puis, un homme apparaît.
Il a le bébé dans les bras, il a le bébé dans les bras. Ils sont au sixième étage. Là, ils vont faire sortir les garçons. Il y avait un autre bébé encore. Il y a deux bébés ? Il y avait deux bébés. Lui, il doit avoir un an, je pense. Le troisième enfant, il est passé. Et là, il y a le quatrième enfant qui est en train de passer. Ils sont en train de descendre dans les bâtiments d'en bas.
Alors, toute la famille est finalement sauvée. Le héros du jour, en équilibre, sur quelques centimètres de taux, à 20 mètres de hauteur est indemne. Il s'appelle Foussé-nous Sissé et Adèle Belloumoury l'a rencontrée.
Le week-end, sérieusement, je m'attendais à me reposer. Mais vu la situation depuis lors jusqu'à présent, je n'ai pas pu me reposer comme il faut. Je réalise ce que j'ai eu à faire. Le vendredi, j'étais parti pour le travail. Je suis rentré chez moi vers le coup de 15h30. Donc, je me suis mis dans le salon pour me reposer un petit peu. Et c'est après d'avoir pris ma douce que je sens une odeur et j'entends aussi une espèce de sonnerie. C'est après que j'ai dit à ma femme et je crois que c'est de l'incendie. J'ai dit à ma femme qu'on descend. J'ai pris mon enfant et madame. Et en partant, j'ai toqué la porte voisine qui est d'à côté.
Il m'a appelé pour m'a dit de venir voir parce qu'il y a des gens qui sont bloqués là-haut. Lorsque j'ai jeté un coup d'œil et que j'ai vu la femme tente son bébé en espoir de voir quelqu'un le venir en aide, donc moi, je n'ai pas hésité. Ils n'avaient pas la possibilité de sortir de l'autre côté de la maison de par les escaliers. C'est pourquoi ils se sont retrouvés de par cette fenêtre pour pouvoir respirer l'air et la fumée les a piaisés. La famille était prise au piège. Elle ne pouvait pas s'échapper par les escaliers à cause des fumées. Exactement. Il y a une dame qui avait essayé avec ses enfants. Elle n'arrivait pas.
Même en se retrouvant aux fenêtres, ils n'avaient pas l'espoir de se saper. On est au sixième étage à 20 mètres du vide. Voilà, à 20 mètres du vide et il y avait beaucoup de monde qui sont là au bas pour les regarder, pour les filmer, pour le clier au secours. Et que vous pour aider ? Voilà. Ce n'est pas calculé. Donc, je suis parti par l'instinct. C'est le cœur qui te dit non, il faut y aller. Du coup, moi, j'ai souhaité pour les venir en aide sans pour autant savoir si l'endroit était mieux placé pour moi ou pas. Vous étiez sur de l'atoll, vraiment sur un petit bout de corniche. Exactement. Donc, il n'y avait pas beaucoup d'espace. L'espace pour mes pieds.
Donc, j'ai dû voir si l'atoll est lourde pour m'obtenir. Si c'était assez solide ? Oui, c'était assez solide. Je suis que c'est un peu solide pour moi, même si je fais passer les bébés. Donc, est-ce qu'ils peuvent tenir les adultes aussi ? Après, j'ai tendi mon bras. La dame me donne le premier bébé que j'ai dû le passer vers la fenêtre. Le deuxième aussi. À votre voisin ? Qui réceptionnait. Après, les adolescents de 8 à 10 ans. Et après, les femmes en déniant au maman afin qu'elles puissent venir contre le mur et puis les faire passer. Ils étaient 6 personnes. Rien de tout. Qu'est-ce qu'on réalise ensuite une fois qu'on a réussi à sauver cette famille qui était en proie aux flammes ?
C'est un soulagement et une fierté. C'est après qu'on avait réalisé ce qu'on avait fait. On réalise un geste de bravoure, tout simplement. Et autrement dit, héroïque, comme l'évoque dans certains réseaux et certains médias. Vous êtes un petit peu un héros dans le quartier. On voit là déjà aux fenêtres pas mal de gens qui vous regardent. Merci, merci. Merci. Donc, Emmanuel Macron est bien. Pourquoi il te faut la Légion d'honneur ? Merci. Merci. Merci, merci. Merci. Merci beaucoup. Qu'est-ce que vous espérez maintenant après votre acte de bravoure ? Moi, je travaille en tant qu'hazan d'accueil au niveau des établissements, des collèges de la ville de Paris.
Je fais dans plusieurs collèges en tant que contractuel parce que je travaille dans la fonction publique, certes, mais c'est à part de la nationalité. Je n'ai pas embauché. Embauché. Voilà. Mais pour l'instant, je suis contractuel malgré ma situation de titre de césure. Justement, ça pourrait déclencer la situation et j'aimerais bien que ça se déclenche. Voilà. Pourquoi pas ?
Foussez-nous si c'est au micro France Info d'Adèle Belloumry et vous retrouvez les images de ce sauvetage héroïque sur franceinfo.fr. Amen.
Olivier Faure