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interviewBFMTV· 12 décembre 2025 17 min

Colère des agriculteurs, dermatose bovine... L'interview en intégralité d'Arnaud Rousseau (FNSEA)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et notre invité ce soir est Arnaud Rousseau. Merci d'être l'invité du club ce soir, président de la FNSEA, je le rappelle, le premier syndicat agricole français. Alors très clairement, il y a eu deux appels clairs aujourd'hui et même ce soir sur le plateau, puisque le président de la coordination rurale, Bertrand Venteau, était à votre place il y a une petite heure. La coordination rurale et la confédération paysanne appellent tous les deux à des blocages. Quelle est la position de la FNSEA ?

0:26
Arnaud Rousseau

D'abord, je voudrais vous dire que ce qui se passe en agriculture est particulièrement pénible et que les éleveurs, puisque ce qui déclenche la crise est le sujet sanitaire, mais vous avez compris à travers les propos qui viennent d'être tenus, que c'est plus largement l'absence de vision agricole qui est là. Moi, je voudrais avoir une pensée notamment pour les éleveurs qui ont subi durement, pour quelques-uns d'entre eux en tous les cas, des abattages. Et puis la question de fond, c'est la question de la vision de l'agriculture. Et donc, des blocages sont appelés.

Vous savez que nous, on a appelé à manifester la semaine prochaine à Bruxelles, parce que beaucoup de nos mots sont d'abord des mots européens, avec une absence totale de vision. Le Mercosur vient d'être également évoqué. Comment comprendre qu'on est exigeant avec les agriculteurs français et européens dans la production, dans la vision, alors qu'on est en train de perdre notre outil productif, et que ça n'est pas un problème d'importer de la nourriture du bout du monde qui ne respecte pas nos standards ? Les agriculteurs ne comprennent plus. On dit depuis des mois, des années, que l'agriculture se paupérise, qu'il n'y a pas de vision.

Il suffit de regarder la balance commerciale, par exemple, qui depuis, pour la première fois depuis 1978, va être négatif. Quand vous êtes agriculteur, vous ne délocalisez pas votre entreprise. Votre ferme, elle est ancrée dans le territoire. Quand vous êtes en Occitanie et que vous avez l'absence de vision politique, les difficultés climatiques, la crise viticole, la crise des céréaliers, le sanitaire qui vient de nous frapper, franchement, et que vous voyez l'absence de vision politique, franchement, il y a de quoi désespérer.

1:54
Présentateur

Et quand tombe au-dessus de tout ça un ordre du gouvernement qui dit « il y a une vache de votre chaptel qui est atteinte, vous devez éradiquer tout le troupeau », est-ce que ça, c'est vraiment obligatoire ?

2:04
Arnaud Rousseau

Alors, je crois qu'il faut faire attention dans le moment dans lequel on est. Je crois que le combat agricole, il est légitime, la FNSEA le mène depuis des années pour faire reconnaître la place centrale de l'agriculture et le sens qu'a de produire de l'alimentation pour nourrir. Le sujet de la dermatose, puisque c'est cette maladie dont on parle, qui est une maladie qui atteint les vaches, qui est extrêmement contagieuse, c'est un sujet technique. La question, c'est qu'au moment où on se parle, il y a des interrogations sur le consensus scientifique.

Les scientifiques, aujourd'hui, disent que ce qui est le plus efficace pour éviter que la maladie se propage, c'est d'abattre dès le début la totalité d'un lot d'animaux dans lequel il y a une vache malade. Parce que cette maladie, qui est sournoise, elle a la possibilité de se déployer dans des animaux, dans des vaches, qui n'ont pas de symptômes, qui n'ont pas de symptômes, et qui malgré un test, qu'on appelle un test PCR, qui peut s'avérer, un test sanguin qui peut s'avérer négatif, la bête est chargée en virus et continue à essaimer.

3:09
Présentateur

Et vous, vous les suivez, la FNSEA ? C'est-à-dire que vous cautionnez ces tests scientifiques ? Vous les encouragez ? Vous trouvez que c'est normal ?

3:14
Arnaud Rousseau

On appuie nos raisonnements sur la science, depuis le début, mais on voit bien que ça interroge. Et je le dis parce que tout le monde parle de cette maladie depuis quelques jours, mais elle a démarré dans les Savoies, fin juin. Et nous, dès le début, on a posé ces questions, parce que les éleveurs posaient déjà ces questions. Est-ce que je suis obligé d'abattre mon troupeau ? Je ne sais pas si vous imaginez pour un éleveur ce que ça signifie sur le plan émotionnel et la charge mentale, d'abattre son troupeau, c'est terrible. Mais ne mélangeons pas les sujets politiques nécessaires par ailleurs. Et nous, on combat, et vous avez compris qu'on sera à Bruxelles pour dire cette agriculture...

Qu'est-ce que vous répondez aux éleveurs qui proposent d'abattre seulement les animaux qui sont contaminés par la maladie et de vacciner plus massivement ? Non, mais moi, je ne réponds pas aux éleveurs. Moi, je vous explique que quand j'ai ces questions qu'on a déjà eues depuis des mois... Oui, mais la priorité, ils n'ont pas entendu le message. Le message, c'est de dire, pardon, mais je ne suis pas épidémiologiste. Moi, je ne suis pas compétent, je suis agriculteur. Non, quand j'ai ce problème, je vais voir des gens dont c'est la compétence qui sont les meilleurs sachants. Pardon, mais ça ne peut pas être les réseaux sociaux qui font la vision scientifique.

Qu'il y ait des débats scientifiques, c'est normal. Mais à un moment, il y a un consensus. Et ce qui se passe en France, qui est extrêmement douloureux, se passe aussi...

4:23
Invité

C'est une forme de panique qui est en train de s'emparer du monde agricole, ce que vous me dites. Parce que s'il y a des arguments scientifiques qui ne sont pas entendus, si la ministre parle de rationalité qui peine aujourd'hui à être entendue sur le protocole à suivre, c'est qu'il y a un mouvement de panique.

4:38
Arnaud Rousseau

En tous les cas, il y a quelque chose qui est partagé au-delà des syndicats, c'est que les gens veulent sauver leurs animaux. Ça, c'est partagé. Il y a une deuxième chose qui est partagée, c'est que si on n'agit pas vite parce que c'est une course contre la montre, on va avoir une maladie qui n'est plus sous contrôle, avec un risque majeur que l'Europe, finalement, mette la France sous cloche. Bon, personne ne veut perdre des animaux, et nous, on ne veut pas non plus...

5:03
Invité

La France sous cloche, très concrètement, c'est-à-dire ?

5:04
Arnaud Rousseau

Ça veut dire que l'Europe dit...

5:06
Invité

Viande impropre à la consommation, on jette le lait et on n'exprime plus. Attention, pas de psychose. Qu'est-ce que ça veut dire ?

5:10
Arnaud Rousseau

Pas de psychose. D'abord, cette maladie n'est pas transpissible à l'homme, donc il n'y a pas de psychose à avoir. La deuxième chose, c'est que cette maladie ne rend pas les aliments impropres à la consommation. Cette maladie, c'est une maladie qui se déploie de manière sournoise, qui est extrêmement contagieuse. Et donc l'objectif, et moi je crois que ça s'est partagé, c'est qu'il y ait le moins d'animaux possibles qui soient infectés et qu'on continue à pouvoir soutenir le prix des produits. Alors c'est pas partagé par tous les... C'est ça, et c'est les deux qui comptent.

5:35
Présentateur

Bien sûr, mais c'est pas partagé par tous les syndicats. On va quand même écouter celui qui était à votre place il y a quelques instants, à savoir Bertrand Randeau, le président de la coordination rurale.

5:43
Invité

La co-gestion historique de la France, c'est-à-dire FNSEA, ministère de l'Agriculture, a créé des choses qui ne fonctionnent plus. D'ailleurs, regardez la balance commerciale de la France, c'est le bilan d'Arnaud Rousseau et de ceux qui étaient avant.

5:56
Présentateur

Voilà, votre bilan ne fonctionne plus, finalement c'est de votre faute si la balance commerciale est déficitaire.

6:01
Arnaud Rousseau

Oui, écoutez, moi je pense que la période est beaucoup trop tendue pour que ces arguments de simplicité soient utilisés. Écoutez, si c'est juste qu'Arnaud Rousseau disparaisse du paysage pour que la balance commerciale remonte au niveau auquel elle était et que la totalité des problèmes soit réglée, je vous prie de croire qu'on pourrait le régler séance tenante.

6:17
Présentateur

Mais quel est l'intérêt de la coordination rurale finalement de vous attaquer, d'attaquer le gouvernement ? Est-ce que vous y voyez une stratégie politique ? On sait que cette question est très politique, inflammable.

6:28
Arnaud Rousseau

Absolument, mais il y a des débats politiques d'ailleurs. Le débat a été tranché puisqu'on a eu des élections professionnelles. Je dis simplement que dans le moment dans lequel on est, on a des sujets politiques sur lesquels, par exemple, on s'oppose. Moi, je suis désolé, je ne suis pas pour l'utilisation de la force et de la violence. On ne cesse de le répéter. Ce qui ne veut pas dire que par ailleurs, on est d'accord avec le gouvernement. Je pense que dans les propos publics que nous tenons depuis des mois, on a alerté sur l'absence de vision politique, sur ce qui se passe à Bruxelles, sur les non-réponses. Enfin, on le fait partout.

Mais je fais bien le distinguo entre ce qui relève de sujets sanitaires, parce que, pardon, mais la dermatose, elle n'est ni de droite ni de gauche, et indépendamment de nos désaccords sur le fond, elle va continuer à progresser. Moi, je dis, on a des débats politiques, et on va le faire. Et vous avez compris qu'on sera à Bruxelles la semaine prochaine. Mais sur la maladie, la maladie, il faut qu'on aille vite pour l'éradiquer. Il faut qu'on fasse en sorte qu'elle n'explose pas. Et moi, encore une fois, on a des désaccords sur le fond, mais moi, sur cette maladie, je m'en réfère aux scientifiques, aux gens qui savent.

Et je veux dire ici, parce que j'ai lu beaucoup de choses fausses, c'est la même chose en Espagne. Il y a aussi cette maladie en Espagne, et c'est le même protocole. C'est la même chose en Italie, et même en Suisse, qui est un pays qui n'appartient pas à l'Union Européenne, dans lequel c'est le même protocole. En Suisse, il n'y a pas eu de cas, et ils ont vacciné l'ensemble du cheptel. Non, vous avez raison, il n'y a pas eu de cas, mais c'est malgré tout le même protocole qui était appliqué. Ils ont vacciné tous les cheptels, alors qu'il n'y a pas eu de cas.

7:49
Présentateur

Alors pourquoi est-ce qu'on ne vaccine pas l'ensemble du cheptel en France ?

7:51
Arnaud Rousseau

C'est une très bonne question, qu'on a aussi posée depuis les mois, c'est que si on vaccine la totalité du cheptel, d'abord la différence entre la Suisse et la France, c'est qu'on n'a pas le même nombre d'animaux. On a un peu plus de 15 millions de bovins. Et donc mécaniquement, pour vacciner 15 millions d'animaux, il faut des mois, des mois. Pour autant qu'on ait les vaccins.

8:10
Présentateur

Et de l'argent.

8:12
Arnaud Rousseau

Alors, de l'argent, des vaccins, la mobilisation de tout le monde pour le faire. Mais à la limite, admettons que ce soit possible, plusieurs mois. Mais ça a une conséquence mécanique, c'est que la France se ferme les frontières et plus rien ne bouge.

8:26
Invité

Les éleveurs ne veulent pas vacciner leurs bêtes par ailleurs.

8:28
Arnaud Rousseau

Mais non, mais attendez, là on est en Occitanie, on est en plein milieu de la crise. Mais vous interrogez des éleveurs en Bretagne, ils n'ont pas ce problème. Mais je veux dire que partout, les éleveurs s'interrogent, bovins. Parce qu'ils n'ont qu'une crainte, c'est que la maladie se déplace. Donc tout le monde est inquiet. Tout le monde est inquiet. Mais vous voyez bien qu'on veut réguler cette maladie au plus vite, la faire disparaître, l'éradiquer, parce que c'est une maladie à éradication. Et en même temps, ne pas dégrader le prix, parce qu'encore une fois, sauver les animaux, mais ne plus pouvoir commercer et avoir des prix de viande ou des prix...

8:58
Présentateur

Ça aurait quelles conséquences économiques, par exemple, si l'ensemble du cheptel français bovin était finalement vacciné ? Ça veut dire qu'on ne pourrait plus exporter d'animaux pendant combien de temps ?

9:07
Arnaud Rousseau

Non mais attendez, moi je ne suis pas dans le scénario catastrophe, je vous donne juste un exemple.

9:09
Présentateur

Ça serait un scénario catastrophe ?

9:11
Arnaud Rousseau

Oui, mais vous voyez bien que je suis sûr que tout le monde va être assez intelligent pour l'éviter. Mais prenons un exemple pour ne pas me dérober à la question. On exporte un million de ce qu'on appelle des broutards, des animaux qui font 400, 450 kilos et qui partent essentiellement vers l'Italie ou vers l'Espagne. Un million d'animaux. Aujourd'hui, ça vaut de l'ordre de 6 euros le kilo. Si jamais on perd 1 ou 2 euros, on parle de 2 euros sur un animal qui fait 450 kilos, ça fait 900 euros par animal, fois un million d'animaux si on devait fermer les frontières, ça fait quasiment un milliard d'euros.

Alors évidemment, ces animaux, on arriverait peut-être à les repositionner sur le marché intérieur, mais la valorisation du produit serait perdue. Ce serait dramatique.

9:53
Présentateur

Les spectateurs comprennent bien, ça veut dire qu'un animal finalement qui est vacciné vaut beaucoup moins cher et presque invendable sur le marché parce que considéré comme...

10:01
Arnaud Rousseau

Alors, il ne devrait pas. Il ne devrait pas parce que le marché reste ouvert au moment où on se parle et il ne devrait pas. Mais vous savez que la ministre a fermé le marché pendant 15 jours, il y a à peu près un mois, et que alors qu'il n'y avait aucune raison que les prix baissent, les prix ont baissé, parfois jusqu'à 1 euro. Pour avoir interrogé le président de la Chambre d'agriculture de la Loire qui était concerné, il parle d'une perte d'un euro par animal. Par kilo, 1 euro du kilo, c'est dramatique.

Et donc nous, notre objectif, c'est de sauver le troupeau, et évidemment de sauver le prix des produits des éleveurs parce qu'on n'a pas en plus non plus besoin d'avoir une réaction en chaîne. Et pour ça, il faut qu'on ait la meilleure solution pour préserver le troupeau et ça, ça passe par les scientifiques. Pardon, mais encore une fois, ne mélangeons pas les sujets politiques, et ça a été dit par la personne de la 64, et le sujet sanitaire. Le sujet sanitaire, quel que soit le gouvernement et quelle que soit la tendance, il devra être adressé. Et plus on attend, et plus c'est grave.

10:55
Invité

Arnaud, vous évoquez la crainte des agriculteurs, et vous avez pris cet exemple d'un éleveur en Bretagne qui aujourd'hui n'est pas touché, mais qui aurait peur de voir ses bêtes contaminées. Est-ce que ça veut dire que potentiellement, il y a une menace, ou en tout cas le risque, que des éleveurs ne veuillent pas amener leurs bêtes au salon de l'agriculture ? C'est dans à peine deux mois et quelques jours, par crainte précisément de ces brassages, par crainte d'un manque de, comment dire, d'étanchéité sanitaire, on va dire ça comme ça.

11:24
Arnaud Rousseau

Alors, bon, c'est encore un peu tôt pour le dire. Ce qui est sûr, c'est que de toute façon, il y a toujours une rigueur extrêmement forte sur les animaux qui viennent au salon. C'est-à-dire qu'il faut qu'il y ait une biosécurité, il faut qu'il y ait un certain nombre de garanties qui soient données. Mais vous voyez bien que la situation est évoluant heure par heure. Je suis absolument incapable de vous dire ce que seront les choses fin février.

11:44
Invité

Mais vous ne pouvez pas l'exclure, c'est ça qui est intéressant. C'est que vous dites, il faut voir comment ça évolue.

11:47
Arnaud Rousseau

Non, mais on ne peut rien exclure à ce stade, évidemment. Et je redis aussi que les cas qui apparaissent en Occitanie sont des cas qui sont géographiquement éloignés les uns des autres et qui témoignent que les règles sanitaires ne sont pas respectées. Je ne sais pas par qui, je n'incrimine personne. Et c'est aussi une des raisons pour lesquelles les éleveurs, mais nous tous, on veut savoir ce qui se passe. On voudrait avoir le résultat des enquêtes administratives, voire des enquêtes judiciaires. Pourquoi cette maladie qu'on avait réussi à bloquer en Savoie est en train d'exposer dans un certain nombre d'endroits ? Est-ce qu'il y a des gens qui ne font pas leur job ?

Est-ce qu'on ne nous dit pas tout ? Donc moi, je ne suis pas dans la paranoïa. J'ai deux objectifs, je vous l'ai dit.

12:25
Présentateur

Quand vous dites des gens qui ne font pas leur job, ça veut dire quoi ?

12:27
Arnaud Rousseau

Ça veut dire qu'il y a des gens qui partreintent ? Mais je ne sais pas si c'est des éleveurs. Des éleveurs, des marchands ou des tiers, qui à un moment se disent, cet animal, je le bouge. Et comme il n'a pas forcément de signe au clinique, je le bouge. Je le fais sortir de la zone où il ne devrait pas sortir. Et puis finalement, une fois qu'il est sorti, il déclare des symptômes. Enfin voilà, je ne sais pas. Encore une fois, je n'ai pas d'élément tangible. Mais enfin, un temps ou un stomax, ça ne fait pas 100 kilomètres. Ça, c'est une certitude. Donc après, il faut regarder les conditions pour lesquelles le faire. Et c'est pour ça qu'on a besoin des spécialistes.

Moi, je suis désolé, mais il faut se méfier de la théorie du complot. Il y a des certitudes scientifiques. Enfin, en tous les cas, il y a des consensus scientifiques. Ensuite, il y a des réalités. Le cas de la Haute-Garonne, c'est une réalité. Voilà. Ensuite, aujourd'hui, on nous dit, il faut abattre. Les éleveurs disent, mais ce n'est pas possible. Mais le consensus scientifique dit, il faut abattre. Nous, à l'AFN SOA, on continue à apporter notre concours au consensus scientifique, même si c'est d'une douleur effroyable pour les éleveurs. Parce qu'on a des expériences réussies. Allez voir les éleveurs en Savoie. Ils vous disent, c'était un drame absolu.

En six mois, on a dépeuplé, repeuplé et on fait autant de lait aujourd'hui. C'est ça, la réalité. Et puis ensuite, il faudra que l'État indemnise. Ça a commencé, nous ne sommes pas au bout.

13:37
Invité

C'est la question que j'allais vous poser. Est-ce que le protocole de suivi par l'État sur l'indemnisation des cheptels décimés, sur la désinfection des bâtiments, etc. Est-ce que cet accompagnement est satisfaisant ?

13:47
Arnaud Rousseau

En tous les cas, il n'est pas arrivé à son terme, notamment sur la perte d'exploitation.

13:51
Invité

La perte d'exploitation, c'est le chiffre d'affaires qui aurait dû être réalisé et qui n'a pas été réalisé. Absolument.

13:55
Arnaud Rousseau

C'est ce que vous n'avez pas eu entre le moment où vous dépeupliez les animaux et le moment où vous avez retrouvé votre niveau de production. Donc, on n'y est pas encore. Mais il y avait un premier à compte mécanique. Il y avait un deuxième à compte en fonction de la qualité des animaux. Parce que si c'est un veau, ce n'est pas la même chose qu'une vache. Et en fonction de la capacité de production, ce n'est pas la même chose. Et ça, c'était des experts qui venaient l'établir. Puis ensuite, il y aura un troisième niveau qui est la perte d'exploitation. Pour le moment, ça se déroule. Je peux vous dire qu'on est d'une vigilance totale. Et qu'on aura une exigence maximum.

Mais à ce stade, ça n'est pas terminé. Et encore une fois, ce qui compte, c'est aussi de préparer l'avenir. Est-ce qu'il faut revacciner ? A quelle date ? Comment ? Ça aussi, c'est aux scientifiques de nous le dire.

14:34
Présentateur

Alors, le président de la coordination rurale appelait le Premier ministre à se saisir directement du dossier. Il ne comprenait pas pourquoi Sébastien Lecornu n'était pas venu encore au chevet des agriculteurs. Est-ce que vous appelez aussi Sébastien Lecornu, finalement, à venir au chevet des agriculteurs ?

14:49
Arnaud Rousseau

Écoutez, de toute façon, vu la situation politique ce soir, je ne doute pas un seul instant qu'il va être obligé de le faire.

14:54
Invité

Vous l'avez eu au téléphone ?

14:56
Arnaud Rousseau

J'ai eu un contact avec lui et je lui ai évidemment dit qu'il y avait besoin qu'il prenne la parole. Mais vous voyez bien...

15:03
Présentateur

C'est-à-dire que c'est une crise suffisamment grave et un dossier suffisamment inflammable pour qu'effectivement Matignon s'en saisisse directement ?

15:08
Arnaud Rousseau

Mais ça fait des mois, pardon, mais ça fait des mois que c'est inflammable. Personne ne se posait la question de savoir si ça allait arriver ou pas. La question, c'était quand et où. Mais tout le monde le savait. La situation est dramatique. Pardon, mais en Occitanie, vous avez la crise viticole. C'était encore une manifestation d'ampleur à Béziers. D'une dignité totale, il y a quelques semaines. C'est la crise des grandes cultures. Quand vous êtes en Occitanie, dans le Loraguet, c'est trois, voire quatre années dans lesquelles vous n'avez pas de résultat. Du coup, vous soutenez les agriculteurs qui sont en train de bloquer la 64 aujourd'hui et vous appelez à les rejoindre ?

Depuis le début, je soutiens le fait qu'on a besoin d'une vision pour l'agriculture. Pour ce qui concerne nos instances, on est mobilisés à Bruxelles pour notre manifestation du 18. Et puis ensuite, on va faire le point. Mais je ne mélange pas.

15:52
Invité

C'est compliqué, le 18, parce que le Conseil européen à Bruxelles est vraisemblablement avancé le majeur sur le Mercosur.

15:57
Arnaud Rousseau

Absolument. Le 18 décembre aura lieu à Bruxelles un conseil des chefs d'État et de gouvernement dont on dit qu'il devrait faire avancer le dossier du Mercosur. Et vous avez compris que depuis des mois, et c'est en lien avec ce qui se passe, on est évidemment très opposé à ce qu'on nous mette des contraintes et que par ailleurs, on amène de l'alimentation qui ne correspond pas...

16:14
Invité

Il s'agirait notamment de viande bovine ?

16:16
Arnaud Rousseau

De viande bovine, mais aussi de volaille, mais aussi de sucre, mais aussi de tout un tas de produits qui sont importés dans des conditions qui ne respectent pas nos standards de production.

16:26
Présentateur

Merci Arnaud Rousseau d'avoir été l'invité du Club BFM et d'avoir précisé les positions de la FNSEA qui suit les avis sanitaires et donc qui se déclare pour l'abattage du troupeau en cas de dermatose. Merci infiniment d'avoir été avec nous ce soir.