Consultations, inéligibilité de Marine Le Pen, rave party...L'interview intégrale de Sébastien Chenu
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Il est 8h32 sur RMC et BFM TV. Bonjour Sébastien Chenu.
Bonjour Madame.
Vous êtes député RN du Nord, vice-président du Rassemblement National. On va revenir sur ce qui se passe dans le pays. Pendant qu'il y a cette crise politique au sommet, là arrive partie dans les corbières, les déserts médicaux qui vont tenter d'être comblés par le ministre de la Santé, une mutinerie qui commence à s'organiser à Vendin-le-Vieil. Mais d'abord, cette réunion, ça sert encore à quelque chose. Y a-t-il encore de quoi négocier ?
De quoi négocier, je ne crois pas, parce que François Béroud lui-même a indiqué plusieurs fois que son plan budgétaire conserverait la même logique, dit-il, et la même cohérence, dit-il. Donc par conséquent, nous on n'est pas favorable à ces logiques, pas favorable à ce qu'on ne trouve pas d'ailleurs très cohérent. Donc nous allons aller lui dire qu'il est surtout un Premier ministre qui est dans le déni, un Premier ministre qui est dans une forme de déresponsabilité et un Premier ministre qui est déconnecté de la réalité des Français.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que concrètement, vous y allez, mais pour rien, pour du beurre ?
Non, parce que je pense qu'on a des choses à faire valoir. Nous, on veut lui montrer qu'il y a d'autres chemins qui existent en politique. Le problème, c'est que ça fait 30 ou 40 ans qu'en fait, on suit les gouvernements qui succèdent, suivent les mêmes chemins, les mêmes politiques. Il y a des différences de degrés, mais depuis François Hollande, sincèrement, on est dans la même philosophie politique, c'est-à-dire plutôt une soumission à l'Union européenne, plutôt des politiques libérales et plutôt des politiques qui n'ont pas de résultats.
On le voit bien, que ce soit la création d'entreprises, que ce soit la situation économique et sociale, le pouvoir d'achat des Français, tout ça a considérablement été abîmé durant toutes ces années. Donc nous, on dit qu'il y a une autre politique qui existe. Sa politique, elle est parfois d'ailleurs suivie par d'autres.
Parfois, je me dis que c'est confortable presque pour vous de ne jamais avoir été au pouvoir, de ne jamais avoir gouverné.
Non, on a envie de gouverner, on a envie d'être au pouvoir. Et même si c'était, voyez-vous, 18 mois, enfin un an ou un an et demi, s'il y avait une dissolution demain, eh bien on a envie de montrer aux Français ce qu'on sait faire dans des temps très difficiles, ce qu'on peut faire et les résultats que peut avoir notre politique. Donc on ne choisit pas le confort ni la facilité, on veut gouverner et le plus tôt possible sera le mieux.
Mais seulement s'il y a une dissolution. C'est-à-dire si la semaine prochaine, si à la fin de la semaine, Emmanuel Macron appelait Jordan Bardella, voire même Marine Le Pen d'ailleurs, pour lui proposer d'arriver à Matignon, ce sera non ?
Mais avec quelle majorité ? Quand on a des idées politiques, un projet politique, un programme politique, pour le faire vivre à l'Assemblée, il faut une majorité. Parfois elle est relative, parfois elle est très loin, effectivement, de la possibilité de faire vivre le projet politique qu'on porte. Nous, on porte un projet politique, on porte des idées. On a, avec nos alliés d'Éric Ciotti, presque 140 députés, on va dire. Ce n'est pas avec ça qu'on réussira à faire passer nos idées.
Donc ce sera non. Est-ce que ce ne serait pas courageux, vraiment, pour le coup, puisque vous dites que vous avez envie d'y aller, de dire oui ? De dire on est Olivier Faure et la gauche disent, voilà, on est prêt à y aller.
Non, mais ils vont nous censurer immédiatement. Donc si vous voulez, il faut adopter un principe de réalité, de réalisme. Il faut dans ce pays une majorité pour pouvoir gouverner. Il faut sortir des alliances de circonstances. Et c'est vrai que cette difficulté que nous connaissons, c'est-à-dire une Assemblée nationale très fractionnée, elle est due aussi à Emmanuel Macron, Gabriel Attal, François Bérou, Édouard Philippe, Xavier Bertrand. Ce sont eux qui, en appelant à voter les uns pour les autres, c'est-à-dire en essayant de préserver leur prébande, ont créé cette instabilité politique.
Hier, vous avez eu cette réunion, cette réunion qui n'était pas à l'agenda, enfin pas pour tout de suite, cette réunion de préparation pour des législatives. Vous avez d'ailleurs fait revenir, vous étiez, vous, à Paris, mais un certain nombre de cadres à Paris pour cette réunion du RN. Est-ce que vous vous dites, s'il y a des législatives, demain, on est prêt ?
Oui, je crois qu'on est prêt. D'abord, nos propositions politiques, notre contre-budget sont désormais, je crois, bien connues des Français. Ce que nous proposons, de baisser la contribution à l'Union européenne, de s'attaquer aux dépenses toxiques de l'État, je pense aux agences d'État en particulier, d'ouvrir le dossier de l'immigration et du coût de l'immigration. Les Français connaissent, je crois, les grandes lignes de notre programme. Et puis après, nos candidats sont presque tous prédésignés, préfléchés, présélectionnés. Et là, je pense que...
Parce qu'à chaque fois, vous nous dites que vous êtes prêt, et ensuite, vous nous dites, finalement, on n'était pas si prêt. Le premier à l'avoir dit, c'était Jean-Marie Le Pen, souvenez-vous, le 21 avril 2002. Quelques semaines plus tard, il l'a dit, il avait presque été pris de court, et en réalité, il n'avait pas forcément vraiment envie de gagner.
Vous nous parlez d'une histoire qui a 25 ans, madame. Oui, mais les dernières législatives, ça n'a pas 25 ans.
Et vous avez presque découvert qu'un certain nombre de vos candidats n'étaient pas prêts ou n'étaient pas ceux que vous pensiez qu'ils étaient.
Oui, je vais revenir là-dessus. La dernière fois, on a eu 5 jours. Donc en 5 jours, nous avons désigné 577 candidats x 2 avec les suppléants. Et vous nous parlez d'une quinzaine de candidats qui n'étaient ou pas au niveau ou qui ont posé problème. Nous allons évidemment corriger cela. Mais qu'il y avait l'étiquette ARN parce qu'ils étaient un peu passés ou entre les mailles. Nous avions en 5 jours, peut-être dans certaines circonscriptions, mal sélectionné une quinzaine de candidats. Mais nous, quand on sélectionne ces candidats, vous ne les retrouverez pas demain. Ce scénario n'aura pas lieu cette fois-ci. Nous ne faisons pas élire. Nous allons corriger le tir. Ils ne seront pas candidats.
Quand la LFI sélectionne des candidats triple fiché S, dealers, consommateurs de drogue, ou quand les macronistes en 2017 nous ont dit on a des gens de la société civile formidables, et puis à la fin on s'est retrouvé avec une médecin dingue, anti-vax, avec M. Sonneforget dont on peut considérer qu'il n'était pas exactement l'image ou l'exemple qu'on aurait envie d'avoir d'un parlementaire ou un certain nombre d'élus macronistes complètement dingues qui ont siégé en 2017. Ils les ont fait élire. Nous, au contraire, ces candidats, lorsque nous considérons... Un peu grâce à nous, j'ai envie de vous dire. Parce qu'on a mené l'enquête. Je ne suis pas sûr que M.
Sonneforget ou Mme Vonner, qui était cette médecin complètement dingue, a eu besoin des médias pour montrer leur réalisage. Non mais je veux dire, là, vos candidats,
si vous ne les avez pas fait élire, c'est aussi parce qu'on a fait le boulot.
Non, ils étaient dans des circonscriptions imprenables en plus. Ils étaient tous dans des circonscriptions dans lesquelles le Rassemblement de la Ciel est très long de l'escore.
Est-ce que vous vous êtes parfois demandé est-ce que c'est normal d'attirer des gens comme ça ? C'est-à-dire, est-ce que le fait que notre parti attire des gens qui, pour certains, avaient eu des propos antisémites, qui, pour d'autres, avaient eu de la violence, qui, pour d'autres, étaient effectivement assez dingues, est-ce que vous ne vous dites pas ? Bon, ça, ça m'interroge.
Non mais je viens de vous démontrer que tous les partis politiques sont confrontés au fait de devoir sélectionner des candidats qui, parfois, ne répondent pas à leurs critères. Tous les partis politiques. Je ne vous parlais des macronistes, je vous ai parlé de la LFI avant, et les candidats LFI aux propos antisémites, on peut en faire une longue liste. Donc, la politique peut parfois attirer des gens qui pensent trouver un écho, une lumière, une tribune pour des idées. Nous, on considère qu'à partir du moment où ce ne sont pas nos idées, ils ne partagent pas nos valeurs, ils ne doivent pas être présentés par le Rassemblement national. Donc, on est exigeant.
Le scénario ne se représentera pas, vous serez plus exigeant. Est-ce que Jordan Bardella sera candidat, cette fois-ci, pour les législatives ?
C'est à lui de le décider. En tous les cas, j'allais dire, il est le bienvenu, et s'il a envie d'être candidat aux législatives, je crois qu'il a exprimé plusieurs fois son intérêt. Ça vous paraît très logique, quoi. Oui, franchement, aucun souci, et avec plaisir, évidemment.
Marine Le Pen ne pourrait pas être candidate, en tout cas, sauf... Vous avez l'air de... Alors là, je me dis, pour ceux qui sont sur l'AMC, vous faites une sorte de geste, genre, oui, on verra, c'est possible, c'est jouable. C'est jouable comment ?
Il y a visiblement un chemin juridique, via le Conseil constitutionnel, qui lui permettrait de déposer sa candidature aux élections législatives. Donc, Marine Le Pen, elle va, je vous rappelle, elle est présumée innocente, elle se bat pour faire valoir cette innocence devant les tribunaux. Elle utilisera tous les moyens légaux qui existent dans la loi, qui lui permettront d'être candidate pour porter la voix des millions de Français qui veulent la voir arriver à la tête de l'État.
Est-ce qu'elle pourrait être candidate à Matignon ?
Non, ce n'est pas dans nos perspectives. Vous savez, nous, on a toujours dit Marine Le Pen, l'Élysée, Jordan Bardella, Matignon. C'est toujours le chemin qu'on construit. Si on devait changer d'idée, on le dirait aux Français. Si les choses devaient changer, on le dirait aux Français, comme on a dit. Si Marine Le Pen était empêchée, Jordan prendrait le relais. Nous, on dit les choses assez facilement, comme on a dit à François Béroud, nous ne voterons pas la confiance et nous ne voterons jamais ce budget. Les choses sont claires.
Jordan Bardella qui a dit que son ambition, c'était d'être au moins Premier ministre. Oui. Ça veut dire peut-être plus.
Oui, enfin, c'est déjà conséquent, vu la situation de la France. Mais c'est au moins, effectivement, de reger ce défini au moins.
S'il y a des élections demain, dans cette réunion hier, est-ce que vous avez commencé à faire un peu les calculs, à voir si vous seriez en mesure d'avoir la majorité ?
Alors, on n'a pas commencé hier, mais on regarde les choses. Les sondages nous invitent à penser qu'on peut faire la course en tête. Et moi, je crois que nous pouvons avoir une majorité absolue. Je crois que l'écroulement du bloc central, les Français ont les yeux ouverts, contrairement à François Béroud, qui est dans le déni, qui pense qu'il est un lanceur d'alerte, alors qu'en réalité, il acte simplement la situation catastrophique qu'il a créée avec Emmanuel Macron, qu'il a lui-même d'ailleurs fait élire. Je pense que les Français ont les yeux ouverts. L'écroulement du bloc central pourrait amener effectivement une majorité rassemblement national et alliée.
On peut avoir une majorité absolue. Oui, je pense. Vous nous le dites ce matin.
Ah oui, je pense que nous pouvons avoir une majorité absolue parce que les Français veulent de la stabilité. Aujourd'hui, nous sommes les garants de la stabilité. Le rassemblement national et le parti politique garantent la stabilité. L'extrême-gauche, c'est l'instabilité. Ils le disent eux-mêmes d'ailleurs. Ils veulent de l'instabilité. Ils veulent percuter les institutions. Le bloc central, en écroulement qu'on a vu depuis tant d'années aux manettes, depuis au moins 8 ans en tous les cas, n'est pas capable de représenter un espoir et une stabilité. Nous sommes les garants de la stabilité.
Vous dites avec nos alliés. Vos alliés, c'est qui ? C'est les troupes d'Éric Ciotti ou il y a d'autres alliés potentiels ?
Aujourd'hui, c'est les troupes d'Éric Ciotti. Ce ne veut pas dire que demain, il n'y ait pas des députés élus sous d'autres étiquettes qui se diraient écoutez, la situation de la France fait qu'on n'a pas envie de s'opposer ou on a envie de soutenir les propositions que pourrait faire un gouvernement mené par Jordan Bardella.
Si vous n'aviez pas la majorité absolue, les 289 députés, est-ce que vous pourriez faire des alliances ? Est-ce que, par exemple, vous vous dites au fond, nous, on pourrait travailler avec les LR, par exemple ?
Nous, on dit les choses avant et on se bat et on se fait élire pour des idées, sur des idées politiques. On ne se fait pas élire sur des magouilles, on ne se fait pas élire sur des bidouillages de cuisine ou d'arrière-salle. On dit aux Français, voilà ce qu'on vous propose. Si vous pensez qu'il faut de la stabilité et si vous pensez que nos solutions peuvent être une réponse à la crise du pays, faites-nous confiance. Ensuite, il y aura des députés, peut-être d'autres bancs, qui diront effectivement, leurs solutions, elles valent le coup d'être mises en œuvre et on ira ou les voter ou tout simplement on ne s'y opposera pas. Mais ce n'est pas des questions d'alliances, de boutiques, de partis.
Aujourd'hui, M. Retailleau, les LR, votent la confiance à François Béroud. Il faut se rendre compte de ce que ça veut dire. Ils nous disent d'un côté, on veut moins d'impôts, mais ils votent la confiance à un Premier ministre dont le budget est 20 milliards d'euros d'impôts supplémentaires. Ils nous disent, on n'est pas d'accord avec François Béroud sur la politique migratoire, mais ils votent la confiance à un Premier ministre qui poursuivra la même politique migratoire. En réalité, ils sont totalement schizophrènes. Les pauvres LR, moi, je pense à leurs électeurs.
Je me dis toujours, mais un électeur qui a fait confiance à Vauquiez, à Retailleau, etc., aujourd'hui, il doit être bien malheureux.
Sébastien Chenu, cette rave party encore en cours ce matin dans le massif des Corbières. Il y avait 2500 personnes au pic ce week-end. Il y en aurait toujours 1000 sur place. Ils se sont mis dans une des zones qui a été emportée par les flammes dans l'Aude. Le maire de la commune était en direct avec moi sur RMC ce matin. Il parlait aussi hier de cet affrontement. On a vu les images des viticulteurs, notamment du coin qui étaient excédés, qui ont décidé d'arriver avec des pattes de fer et des bâtons, qui ont retourné les voitures, des tuffeurs, comme on dit. Est-ce que vous comprenez la colère des viticulteurs ou est-ce que vous les appelez au calme ?
Je comprends évidemment la colère des viticulteurs et la colère des élus locaux et des habitants. En réalité, cette rêve-partie, elle dit tout de notre société. C'est-à-dire un État incapable de faire respecter la loi, une loi qui n'est probablement pas adaptée, et puis des Français qui finissent par se battre les uns contre les autres parce que l'État est incapable d'assumer tout cela. Aujourd'hui, qu'est-ce que c'est ? Les rêve-parties, elles sont encadrées par la loi Mariani. Je rappelle que Thierry Mariani est aujourd'hui l'un de nos érodéputés. C'est lui qui, à l'époque, a encadré, pour la première fois, avec une déclaration obligatoire,
– Là, ça n'était pas le cas, donc elle est officiellement interdite ?
– Absolument. Il y a des pays, on le voit, comme l'Italie, qui ont mis en place un encadrement et des sanctions plus lourdes et plus dures. Il faut aller par là. – Vous êtes d'accord avec M. Retailleau ? – Non, voilà le problème. M. Retailleau, c'est un hypocrite. Au début de l'été, les députés du Rassemblement national, ou plutôt le député Marc Chavant, député UDR de l'Ain, a déposé la proposition de loi 1721, que j'ai signée, que des députés du Rassemblement national ont signé, pour justement aligner notre législation sur la législation italienne. Si M. Retailleau et M.
Beyrou avaient eu la lucidité, avaient anticipé les choses, eh bien ils auraient mis à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. – Elle n'a pas été mise à l'ordre du jour ? – Elle n'a pas été mise à l'ordre du jour, parce qu'en fait, ça ne venait pas de leur banc, leur sectarisme, ce sont les Français qui le payent. Ce sont les viticulteurs qui payent le fait que cette proposition de loi, elle était la clé en main sur le bureau de l'Assemblée nationale, elle a été enregistrée, déposée par les députés UDR et Rassemblement national, on avait les outils juridiques, et Bruno Retailleau nous dit qu'on est très démunis.
C'est un peu l'alignement sur la législation italienne, c'est-à-dire des sanctions beaucoup plus dures. – Des peines de prison ? – Il est possible d'aller jusqu'aux peines de prison, évidemment.
– En Italie, on peut aller jusqu'à 6 ans de peines de prison pour les organisateurs.
– Après une proposition de loi, ça ouvre un débat, M. Retailleau n'a pas voulu ouvrir ce débat. Aujourd'hui, il pleurniche, comme c'est sur tous les sujets, l'aide médicale d'État, l'Algérie, etc. M. Retailleau, il a ouvert des tas de dossiers qu'il a refermés aussitôt, il a eu zéro résultat depuis qu'il est là.
– C'est vraiment lui, votre adversaire ?
– Non, mais c'est nul ce qu'il a fait. Je veux dire, il nous a vendus, il a quelques convictions, je ne l'ai pas en cause, mais il nous a dit, ça fait maintenant 8 mois qu'il est au manette, il en a ouvert des dossiers, il n'en a jamais traité un. Le nombre de régularisations, le nombre de naturalisations n'ont jamais été aussi fortes. L'aide médicale d'État, on en est où ? Le dialogue, la riposte graduée avec l'Algérie, on en est où ? Les rêves, il y avait de quoi tout de suite, au début de l'été, empêcher cela, M. Retailleau est passé à côté.
– Un mot quand même sur cette façon de faire en Italie, au contraire de la France. Le maire sur place, dans la commune où se passe cette rêve partie, me disait ce matin que plus de la moitié des voitures de ces tuffeurs étaient immatriculées en Italie ou en Espagne. Ça veut dire qu'effectivement, ils viennent chez nous parce qu'ils ne peuvent plus le faire chez eux.
– Parce que ça fonctionne, parce que cette loi les empêche d'avoir ce type de comportement de vandale chez eux, alors ils se déplacent. Et donc par conséquent, il faut qu'on adapte notre législation, que l'État ait du courage, que M. Retailleau ait du courage, de la lucidité, qu'il renonce à son hypocrisie et à son macronisme de circonstances pour pouvoir donner un cadre adapté. Mais il le découvre un peu tard. Face au problème de rêve, ce n'est pas la première fois qu'on en parle. Là, ça a pris des proportions absolument insupportables sur des terres qui ont déjà été brûlées souvent.
Enfin, je veux dire, dans l'Aude, nos amis, c'est la circonscription de Christophe Barthès, député du Rassemblement national. Les gens ont beaucoup souffert durant l'été. Eh bien, M. Retailleau découvre qu'il y a un problème de rêve.
– Cette histoire de Saint-Quentin-le-Vieille avec un début de… – Vendant-le-Vieille. – Vendant-le-Vieille, pardon. – C'est un début de mutinerie. Alors, la semaine dernière, ils ouvraient les robinets et il y avait des inondations. Et là, c'est un début de grève de la faim avec un communiqué qui a été écrit par les détenus eux-mêmes qui se nomme le cartel de Vendant-le-Vieille et qui veulent commencer une grève de la faim. Du côté du ministère de la Justice, on ne dit pas question. On va absolument tenir. Et ils disent même que c'est le signe, finalement, que cette prison fonctionne vraiment. Et que c'est une menace pour ces narcotrafiquants.
– Je ne sais pas si cette prison fonctionne. On le verra dans la longueur. Mais enfin, c'est totalement inadmissible. Les prisonniers, bientôt, ils vont demander aussi des syndicats. Ils vont se syndiquer. Enfin, qu'est-ce que c'est que ça ? – Mais ils ne l'obtiennent pas. Enfin, vous ne pouvez pas dire. Le fait qu'ils le demandent… – D'accord, ils ne l'obtiennent pas. Heureusement. Enfin, on en est là à se réjouir que des prisonniers n'obtiennent pas le fait de pouvoir avoir des syndicats. Moi, je suis pour des conditions d'emprisonnement qui soient fermes, des peines qui soient fermes, justice qui soit ferme. Je ne suis pas pour l'indignité.
Et je ne crois pas que la France soit indigne avec ses prisonniers. Donc, je pense qu'il faut de la fermeté. Je pense qu'il faut des peines de prison qui tombent, qui soient exécutées réellement. Moins d'aménagements de peine. Mais à un moment, il faut arrêter le cinéma. Enfin, je veux dire, quand on a découvert dans d'autres prisons des tables de massage, quand on a des prisonniers qui nous disent maintenant, on va bientôt faire une grève de la faim ou pourquoi pas se syndiquer, etc. On est dans quel monde ? Donc, la prison, ça fait pour protéger la société de gens ici à Vendant-le-Vieille particulièrement dangereux.
Et je pense qu'il doit y avoir un régime qui soit évidemment adapté à leur dangerosité.
Donc, le régime doit être maintenu et même s'il y a grève de la faim, il ne faut pas céder.
Mais évidemment. Enfin, force doit rester à la loi. Évidemment.
La question aussi des arrêts maladie, vous l'avez peut-être écouté. On les entend désormais partout, à la fois sur BFM TV, sur AMC, à la radio, à la télévision. Ce sont ces spots publicitaires désormais du ministère de la Santé sur « Ah, tu te mets en arrêt. » « Non, tu ne peux pas te mettre en arrêt. » C'est le médecin. Et ces nouveaux arrêts maladie qui entrent en vigueur cette semaine, qui seront infalsifiables, nous disent-ils. Est-ce que ça veut dire que c'est la faute des médecins ? Est-ce que ça veut dire que c'était un problème des médecins ? Et il y en a d'ailleurs près de 1000 qui ont été ciblés.
Oui. Alors, moi, je déteste l'idée qu'on puisse continuer à monter les Français les uns contre les autres. C'est-à-dire qu'hier, François Béroud disait c'est les boomers qui sont responsables de la dette. Là, c'est les médecins qui sont responsables de faux arrêts maladie, etc. Jusqu'à quand on va monter les Français les uns contre les autres ? C'est les agriculteurs contre les teufeurs ? À un moment, l'État doit donner le cap. Moi, je trouve que c'est bien qu'il y ait des arrêts maladie. Ce n'est pas l'État qui monte les agriculteurs
contre les teufeurs ?
C'est très bien qu'il y ait des arrêts maladie infalsifiables. Mais les médecins, et j'ai entendu les syndicats de médecins aussi, qui s'offusquent, qui disent l'État de notre société amène beaucoup de gens à demander, à solliciter des arrêts maladie parce que, depuis le Covid en particulier, l'État de notre société, la santé mentale de notre société a pris cher. La santé mentale, c'était un plan, c'était soi-disant une priorité nationale, c'était soi-disant un grand plan national de santé mentale. On en est où sur la santé mentale dans notre pays ? Voilà les vrais enjeux. Voilà, à court, à moyen, à long terme, les politiques vers lesquelles il faut faire des efforts.
Mais je trouve que c'est un peu hypocrite aussi de votre part, de dire ah, ils sont en train de monter les uns contre les autres. S'il y a un problème d'arrêt maladie, il y a quand même un moment des responsables.
Non mais qu'il y ait des arrêts maladie infalsifiables permet de répondre en partie. Il peut y avoir, comme dans tout domaine, il peut y avoir des gens qui ne jouent pas le jeu, des gens qui trichent, des gens qui contournent. Et évidemment, il faut les taper fort dans ces cas-là parce qu'il faut être exemplaire.
Vous, vous ne montez jamais les Français les uns contre les autres ?
Non, je ne crois pas. Je crois qu'on est aujourd'hui, je vous le disais tout à l'heure, un pôle de stabilité. Mais je pense qu'aujourd'hui, on est un pôle d'union nationale. Je pense que c'est nous qui préservons l'unité nationale dans notre pays.
Merci Sébastien Chenil d'être venu répondre à mes questions ce matin. Je rappelle que vous êtes le vice-président du Rassemblement national. Le Rassemblement national qui sera donc reçu à 10h à Matignon. Il est 8h52 sur RMC et BFM TV. Sous-titrage MFP.