Commémorations du 13 Novembre : la France rend hommage aux victimes du terrorisme (Punchline)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Voilà, si [musique] vous nous rejoignez à l'instant sur C News et sur Europain, évidemment, ce sont les cloches, le bourdon de Notre-Dame de Paris [musique] mais aussi de toutes les églises de la capitale qui raisonnent pour rendre hommage [musique] aux victimes du terrorisme, aux victimes du 13 novembre 2015, ces attentats [musique] qui ont commencé au Stade de France, ensuite le Bataclan, les terrasses, des victimes, 132 victimes, deux d'entre elles se sont donnés la mort il y a peu de temps, des centaines de blessés et des traumatisés évidemment qui tentent chacun à leur façon de surmonter ce qui s'est déroulé. Il y a tout juste 10 ans. Nous allons vivre en direct dans cette édition spécial les prises de parole, celle du président Macron.
Il ne s'est pas exprimé depuis le début de la journée. Il y a eu plusieurs cérémonies dans cette journée devant les lieux de chaque attentat. Et nous allons vivre avec vous, chers amis auditeurs et téléspectateurs.
Cette journée de commémoration, d'émotion euh avec nos invités. Nous sommes avec Éric Nolou, bonsoir Éric Michel Auboin. Nous sommes avec le docteur Mathieu Langois, ancien médecin, chef du RAID.
Merci d'être avec nous. Latitia Guinon, Louis de Ragnelle Louis, on est on est étraint par l'émotion parce que ce bourdon que l'on entend de de Notre Dame de Paris, on sait qu'il ne raisonne que dans les les cas les plus graves évidemment, les drames. Et là aujourd'hui, on commémore un drame.
Puis là, on entend on assister à beaucoup de stigmat quand même des années récentes de notre pays à la fois Notre-Dame évidemment qui avait brûlé et puis effectivement ce 10e ces 10e commémoration 10e anniversaire comme on dit du des attentats du du 13 novembre en fait qui qui a qui a créé un avant et un après qui a plongé la France quand même dans une dans une nouvelle période dans laquelle on est maintenant avec certes peut-être un peu moins la menace des [musique] commandau projetés mais une menace endogène au sein de la société française. une menace terroriste qui est encore très présente. On voit bien qu'il y a beaucoup de mesures aussi qui ont été prises en matière de sécurité.
Il y a des lois qui ont été votées. Il y a des même au niveau des peines et des sanctions, il y a beaucoup de choses qui ont été faites depuis. Mais euh il y a le le ce qui reste à faire quand même, c'est le terroau.
C'est ce qu'il y a de plus difficile. C'est le terreau qui sommeille au fond de notre société. Et on est quand même rappelé, on est plongé euh malheureusement assez régulièrement euh dans les stigmates de ce terrorisme dont on narrive pas à se débarrasser et et dans on est dans une société qui malgré tout reste extrêmement fragile.
C'estd qu'on a des forces de sécurité robustes, très fortes mais humaines aussi. et une société euh c'est vrai qui euh qui a été aussi qui qui a mis du temps à savoir comment il fallait réagir. Il y a eu un moment vous n'aurez pas ma haine et puis euh il y a beaucoup de gens qui se sont dit quand même la menace est est très violente et il va falloir qu'on se réarme et à mon sens alors je sais que les avis sont un peu différents mais je je trouve que le réarmement moral de la société n'a pas encore commencé et il est indispensable.
Plusieurs lieux ce soir pour ces commémorations du 13 novembre 2015. le bourdon de Notre-Dame que nous pouvons entendre amis auditeurs et téléspectateurs, euh le jardin du souvenir qui sera inauguré dans quelques instants par Emmanuel Macron, euh la place de la République où l'on voit de nombreuses bougies, des messages, beaucoup de Parisiens qui viennent se recueillir. Docteur Mathieu Langlois, vous êtes l'ancien médecin chef du RA.
Vous êtes intervenu dans cette nuit du 13 novembre 2015 à l'intérieur du Bataclon et je le précise alors que les terroristes étaient encore sur place, vous avez découvert une scène de guerre et vous avez avec la colonne du REC dans laquelle vous êtes arrivé porter secours au premier blessé. C'est bien cela ? Racontez-nous. avec avec tous les policiers aussi euh du quotidien qui étaient déjà euh qui étaient là avant nous.
Euh et euh et donc la ce qu'on avait euh euh anticipé c'était que sur des situation euh de terrorisme de masse [musique] euh l'action des unités spéciales Red Gign BRIP, c'était d'être en capacité évidemment de sécuriser, neutraliser les menaces queles qu'elles soit mais aussi et c'est pour ça qu'on avait intégré des des médecins, être capable dans dans une zone où personne peut aller, parce que la menace est telle, de gagner un autre combat qui est celui du temps et pour les blessés les plus graves. Et donc notre rôle là c'était d'organiser les secours, de faire du sauvetage, des chaises de sauvetage, mais surtout de mettre en sécurité, donc d'extraire l'ensemble des des gens qui sont encore vivants et de les mettre en sécurité parce qu'on tout le monde comprend que ben la neutralisation des menaces, ça prend du temps ou ça peut prendre du temps. Moi je suis pas c'est pas ma spécialité, je peux pas dire voilà, il faut arrêter, je suis médecin euh et je sais que ça peut prendre du [musique] temps.
Et donc tout ce qu'on avait construit depuis 2012 en particulier sous l'impulsion d'Amorie de Hutlock, c'était de dire ce temps là, il faut pas le perdre en plus pour les blessés graves. Et donc si on moi si j'ai le feu vert, je peux pas faire seul le le va décider seul de rentrer dans la fosse si un des officiers me dit "Si tu rentres dans la fusse, [musique] on va te tirer dessus et ça va exploser." Bon, je suis en principe, je suis pas complètement fou.
Vous écoutez les ordres ? Voilà. J'obéis aux ordres.
Personne ne le savait à ce moment-là justement parce que personne ne savait si il y avait des explosifs. Vous saviez pas de combien de temps vous alliez disposer justement peut-être avant que il y a d'autres tirs aller vite. Faut [musique] aller vite, faut que ce soit coordonné entre nous.
Donc tout ça, ça demande énormément d'exercices et après il y a une part de il y a une part d'incertitude évidente, mais si nous on y va pas, personne n'y va. Donc voilà, c'est après c'est euh c'est la décision, elle nous appartient tous, elle appartient au commandement dire on engage ou on engage pas. Clairement, si les terroristes étaient [musique] juste sur le balcon en train de tirer dans la fusse, je suis certain.
Alors déjà, moi je pense que j'aurais eu l'attitude appropriée, mais je suis certain que le commandement du raid m'aurait dit "Doc, pour l'instant, tu restes en arrière dans voilà." Après, on est habitué à être très engagé par rapport à la menace. Alors là, ce soir-là, on l'a été un peu plus bien entendu parce que vous vous nous racontez que vous avez vu les premiers blessés déjà sur le trottoir et quand vous entrez dans la salle, il y a il y a des plats des plaques terribles.
Enfin, je veux dire, ce sont des armes de guerre qui ont déchiré les jeunes gens qui étaient dans le public, docteur. Mais euh voilà, il faut à ce moment-là, il faut faut vous passez dans une [musique] un autre rôle, une autre dimension. Euh mon rôle, il est d'organiser, de de d'avoir une vision globale et surtout pas de s'arrêter euh aux premières horreurs que vous pu que vous allez euh vous allez voir.
Euh c'est pas comme si je soignais de quand je suis euh chez les pompiers au SAMU ou à l'hôpital où là on est concentré à 100 % sur le blessé. Euh là c'est autre chose. D'accord.
Là c'est ce qu'on connaît bien en médecine de catastrophe. Enfin, on connait bien, c'est des situations qu'on a anticipé en médecine de catastrophe. Après, dans ce qui était vraiment pour mon avis nouveau pour pour tout le monde, c'est qu'on est on est tous pris au piège.
On est enfermé dans un lieu clos. Si vous êtes dehors, moi j'avais beaucoup discuté après avec ceux qui avaient vécu par exemple la tuerie de Las Vegas, la tuie de Las Vegas, ils sont à l'extérieur. Les blessés fuent de tous les côtés.
Euh là, on est pris au tous pris au piège. Si ça explose euh on sera tous condamnés dans ce piège-là. Et euh et je et ça change beaucoup les euh votre appréciation ou en tout cas votre compréhension de la menace.
Et est-ce que vous découvrez, ce sont des des dizaines de cadavres ? Oui. Alors euh encore une fois, je vais être très euh pudique euh mais en tout cas pour les deux médecins du raid, je le connais bien euh le celui qui était avec moi, on c'était malheureusement pas nos premiers cadavres.
D'accord. Mais dans cette proportionlà, évidemment, personne n'avait jamais vu ça dans notre pays. Mais personne n'avait vu ça.
Et c'est là où il faut surtout pas rester euh et subir cette situation en disant "Mince, je l'ai pas vécu, qu'est-ce que je fais Faut dire en effet, il faut l'accepter de jamais l'avoir vécu et que ce soit beaucoup plus violent et brutal que ce que tout ce que vous avez pu imaginer, tout ce que vous avez pu préparer. Mais ce qu'on attend de vous, c'est c'est maintenant allez et soyez efficace. Et que ce soit pas efficace, que ce soit très efficace, très très [musique] efficace.
Vous avez revu certaines des personnes qui étaient dans la salle depuis très peu. J'ai surtout pas cherché [musique] ça. Hm hm.
Et surtout avec Laura quand on entre et qu'on voit ce spectacle et surtout d'entendre les portables qui sonnent, c'est-à-dire des parents, des victimes et qui cherchent [musique] à rentrer en contact et les portables, la sonnerie s'arrête et ça recommence. Alors oui, je vais je l'ai dit juste avant, c'est que nous euh quand on rentre, à partir du moment où en tout cas pour ma part quand je suis rentré, je pense que je me suis mis dans une [musique] ce que j'appelle une bulle sensorielle qui me protège. Moi je suis obligé aussi de me protéger.
Je suis là pour faire mon métier de la manière la plus efficace possible tout en gardant la lucidité, hein. On n'est pas des robots. Euh c'est pas de la dissociation [musique] qui nous permettrait de faire des gestes réflexes.
On est obligé de comprendre. On est [musique] on voit les visages, on voit on voit ce qui est la terreur, on voit les blessures, on parle. Mais euh il faut pour rester calme, pour rester déterminé, pour rester lucide, moi je suis voilà, je suis obligé de me protéger.
Et donc je pense que c'est par cette protection, j'ai absolument pas entendu le moindre portable sonner pendant toute la soirée euh et on est resté plusieurs heures à l'intérieur. Je ne m'en souviens pas. Je vous dis pas que c'est ce que vous dites est sûrement vrai.
Euh d'autres Je l'ai déjà entendu. Oui oui oui. J'avais j'avais lu.
J'avais lu ces témoignages. Oui. Après, j'ai entendu des anneries aussi.
Mais [musique] mais mais euh mais sur les portables, je pense que même sur laquelle la lumière qu'elle était euh l'intensité lumineuse, h je sais même pas vous dire. Je sais que j'ai pas moi utilisé de de lampe torche de lampe. Enf on a Et vous avez dialogué avec certains des blessés, vous leur avez qu'est-ce qui se passait ?
Vous leur avez dit euh évacuer ou on va vous êtes en sécurité maintenant. Mais encore une fois, c'est pas le même métier que ce que quand je fais euh quand je travaille au SAMU ou à l'hôpital ou chez les pompiers. C'est c'est un autre métier et il faut être euh en quelques secondes, il faut être à la fois Moi je dis souvent, il faut être empathique, mais empathique c'est pas euh est-ce que ça va ?
Parce que si vous dites à la victime, ça fait 1hure et3 qu'elle est dans le Bataclan et vous la regardez en lui demandant si ça va, vous avez bien compris, ça va même aggraver ce son son Donc vous lui dites quoi ? Je lui dis "Regardez-moi" et on va sortir. Et ça dure h et je le dis d'une manière peut-être pas comme là, je le dis peut-être d'une manière un peu encore plus infirmé.
Ouais. Et et voilà. Et c'est ce qui euh et c'est je sais que d'autres policiers du raid ont fait exactement la même chose.
C'est l'assurance de la voix qui peut réconforter le nonverbal. Ce qui est sûr que c'est que le non verbal est beaucoup plus efficace que les mots que vous allez dire. H donc faut les deux.
H alors la cérémonie a commencé au jardin du souvenir. On entend, je le dis pour nos auditeurs, de la musique. Il y a aussi des discours.
Peut-être on va écouter un un extrait du discours qui est donné. C'est une chanson. une chanson voilà pour rendre hommage aussi à ces victimes à la fois du Bataclan et des terrasses parce que c'était des jeunes gens qui étaient là pour la musique pour Éric Nolo, pour parce qu'il voilà ils avaient envie de boire un verre ensemble et qu'ils célébraient notre mode de vie à la française.
C'était tous les gens qui s'amusaient en toute innocence. Voilà boire boire un verre, aller au concert des choses anodines mais qui ne le sont plus. Maintenant on peut pas s'empêcher d'y penser.
Même je pense que s'assayant une terrasse de café c'est plus le même acte qu'avant. C'est pas tout à fait le même acte. Il quelque chose qui vous reste en tête et une salle de concert peut-être un peu anxiogène.
Vous avez parlé de ce qui s'est passé à la Philharmonie. Moi récemment au cinéma, il y a une femme qui a posé un sac sous son siège et qui est sorti quelques minutes. Je vous ai jure, j'ai j'ai pensé jusqu'à ce qu'elle revienne et ça me serait pas venu à l'idée il y a 10 ans.
Michel Auoin, ancien ancien préfet, nous avons changé. La société a changé depuis 10 ans. Attention, je pense que la société a changé.
Oui. Alors, il y a évidemment c'est un peu l'accé de la violence le Bataclan. On a eu des attentats avant, on en a eu d'autres après.
Parce que moi d'ailleurs, j'aimerais bien qu'on on parle de la totalité de de des victimes et pas uniquement. C'est c'est très important d'avoir fait cette journée sur le Bataclan. Il faut pas oublier ceux qui sont intervenus après quoi.
Je pense que on a surtout que c'est toujours la même origine d'une certaine façon et même le même mode d'action quoi, même si c'est des victimes plus isolées. Mais euh oui, c'est je pense que la société a a changé après le Baclan devant l'ampleur. D'abord la réaction de la population le lendemain même, une espèce de d'émotion nationale qu'on avait pas connu quand même depuis extrêmement longtemps dans ce pays. et et ensuite la prise de conscience qui a été plus lente hein quand même de cette menace qui plane et qui et qui subsiste dans notre pays.
Je pense que le regard est différent. Ça empêche pas ça empêche pas de faire la fête, ça empêche pas d'aller boire des coups avec les copains. Mais l'esprit est pas tout à fait le même parce que la menace existe et on et on l'a on a fini par l'identifier.
Bien sûr, Catherine Net. Oui, en tout cas, c'est un événement, on se souvient tous euh de ce que l'on faisait, où on était quand on a appris euh les attentat, qu'on a commencé à écouter la radio, à rentrer chez soi en voiture et à rester devant la télévision toute la nuit pour suivre les événements. Et on a bien vu qu'il se passait quelque chose de hors norme.
Les [musique] terrorisme, islamisme, on en avait déjà parlé mais là, c'était tellement d'une telle ampleur que voilà, c'est quelque chose qui est [musique] qui est Oui. qui est marqué chacun comme un fer rouge et qui accroit la peur et la peur demeure surtout qu'il ne faudra pas oublier l'an prochain il y a un autre on va écouter Catherine un tout petit expert de cette bien sûr il faut il faut et on n'oublie pas ce qui s'est passé mais il y a une chorale qui est en train de chanter on va écouter quelques instants cette chorale La chorale High [musique] [musique] [musique] [musique] [musique] [musique] [musique] [musique] [musique] [musique] [musique] [musique] [musique] [musique] Voilà pour cette cérémonie, on va y retourner évidemment et je lis pour nos auditeurs, il y a un jeu de lumière qui forme comme une voûte euh éclairé au-dessus de ce jardin du souvenir. J'aimerais bien qu'on laisse la musique, s'il vous plaît, comme ça euh nos auditeurs pourront en profiter comme nos téléspectateurs.
Euh c'est important, Éric Molot de faire ses cérémonie. On entendra euh notamment Arthur Des nouveaux qui a créé une association, d'autres personnes témoigneront. Le président Macron prendra la parole.
C'est important, ces moments de commémoration sont importants pour ceux qui ont survécu et qui disent "Ne nous oubliez pas." Parce que c'est le risque d'oublier ce genre de cérémonie. Ça prend quand même ça prend au trip he cette cérémonie quand on voit Notre Dame, quand on voit le reste.
Voilà. Donc c'est très important de raviver sinon ça s'efface avec le temps, ça devient de moins en moins vivace. Il faut pas oublier.
Non. Docteur Langlois, don voulez savoir qui est Oui. Alors qui s'exprime là ?
C'est le président de la l'autre association donc c'est Philippe Duperon. On va écouter ce qu'il dit. 13 11 15.
Écoutons ce qu'il dit. Merci monsieur le président de votre présence en ce jour et en ce lieu, marquant ainsi votre attention jamais prise en défaut pour toutes les victimes. Par votre présence, c'est toute la nation qui aujourd'hui se souvient.
C'est toute la nation qui aujourd'hui se recueille. C'est à vous, madame la maire de Paris que nous le devons ce jardin qu'aujourd'hui nous inaugurons. Dès 2016, au nom de la ville de Paris, victime elle aussi, vous preniez devant les associations envers les victimes l'engagement de l'édification d'un lieu de mémoire dédié à toutes les victimes des attentats du 13 novembre.
Il fait consensus qu'il ne peut en aucun cas s'agir d'un monument aux morts. De plus, dans le paysage parisien. Le lieu ne doit pas faire oublier que les attentats ont touché le Stade de France à Saint-Denis d'abord, le Carillon et le petit Cambodge ensuite puis le Cassanostra, la bonne bière, la belle équipe, le le comptoir Voltaire et le Bataclan.
Enfin, mais l'accord était plus difficile à dégager quant à la nature même de la réalisation envisagée. Deux lieux sont même évoqués un temps. L'un pour les morts, l'autre pour les vivants.
L'introduction dans la réflexion du labo des idées et la présence de Sarah Ginsburger, sociologue de la mémoire, ont permis de remettre le chantier sur les rails qui le mèneraient à bonne fin. En effet, pour les associations de victimes qui ont toutes qui ont toujours reçu l'écoute la plus attentive et la plus bienveillante de la part de tous les acteurs, plusieurs demandes sont essentielles. Il doit s'agir d'un lieu où tous les sites des attentats sont représentés et traités à égalité entre eux sans que l'un ou l'autre prévale d'un lieu central dans Paris, d'un lieu facilement identifiable et accessible.
Ce sera un lieu où toutes les victimes qui ont perdu la vie le 13 novembre seront identifiées. Mais ce sera aussi un lieu où les survivants se retrouvent tout à la fois de déambulation et de recueillement. Ce sera un lieu où la vie est présente par les symboles de lumière, d'eau, de végétation.
Ce sera un jardin. Ce sera un lieu où la vie renaît à chaque printemps. Et alors, je fais volontiers mienne la parole de Robert Badinterre.
Oui, la vie est plus forte que la mort. Mais Dieu qu'il nous manque. Au cours de ces 10 années passées, nous nous sommes relevés.
Nous avons fait face debout. La colère s'est apaisée, les ples ont été pensées, celle du corps et celle de l'âme. Mais les cicatrices demeurent indélébiles.
Au cours de ces 10 ans, le temps du deuil s'est écoulé et après la tristesse, l'acceptation s'est imposée. Nous avons vaillamment traversé notre mais nécessaire procès V13 au cours duquel tant de larmes ont coulé. Mais où comme le dit madame la procureur qui a mis ces réquisitions ici c'est la justice et le droit qui ont le dernier mot.
Ces témoignages, ils nous ont bouleversé par la violence de ce qu'ont vécu ceux qui sont venus le dire à la barre. Ils nous ont ainsi ils nous ont aussi permis d'appréhender la réalité de ce qu'ont vécu ceux qui ne sont plus là. Si ce procès a apporté des réponses à la question du comment, il laisse en revanche encore largement sans réponse la question du pourquoi.
Alors au jour où débute le procès du cimentier la farge, nous devons persévérer dans notre quête de vérité. Il y a 10 ans, c'est la société qui a fait front, tous unis. Ce sont des milliers de témoignages, de fleurs, de dessins, de messages qui étaient déposés sur tous les lieux des attentats et partout en France.
Quand serait-il aujourd'hui alors que nombre de politiciens ici et en Europe et au-delà de président irresponsable s'emploitent à semer les graines de la discorde et de la désunion alors que les réseaux sociaux inondent les esprits de nos plus jeunes les envahissent de contenu haineux. À cette question, point de réponse et formons le souhait que nous n'ayons jamais à l'éprouver. Nous devons résister à ces tentatives de fracturation et nous résisterons.
Nous résisterons par notre engagement à vos côtés, monsieur le président, monsieur le ministre de l'intérieur pour construire la sécurité sans sacrifier les libertés. Nous victimes de ces attentats, nous continuerons de porter témoignage devant les jeunes générations pour la raison que la mémoire doit être incarné et non seulement porté par des proclamations solennelles. Nous entretiendrons la mémoire par des gestes, par des créations, par des rencontres, par des initiatives pour que toutes les générations se souviennent.
Nous poursuivrons la la réflexion. Nous chercherons à comprendre pourquoi, pourquoi des jeunes gens, pourtant souvent normalement intégrés, s'engagent sur ses voies mortifaères. Nous résisterons pour montrer que toutes les générations sont liées à ces victimes parce que l'on se doit, on doit se battre pour la liberté, pour la démocratie, pour les valeurs qui sont les nôtres, pour que l'on puisse être les vainqueurs.
Enfin, alors qu'aujourd'hui nous dévoilons la plaque inaugurale de ce nouveau lieu de mémoire, je renouvelle ici le vœu. Et vous nous avez, monsieur le président, il y a peu rassuré à cet égard. Je renouvelle le vœu qu'un de ces jours prochains nous puissions pareillement inaugurer le musée mémorial des sociétés face au terrorisme.
Ce musée qui a une autre vocation, ce musée qui a une autre ambition. non seulement de cultiver la mémoire, mais aussi l'ambition de transmettre, l'ambition d'éduquer pour éveiller les consciences, pour que les lumières de la connaissance éclairent les ténèbres de la barbarie. Ainsi l'exprime Henry Rousseau, le président de la mission de préfiguration, lorsqu'il nous dit "Ça ne sert à rien de commémorer des événements si on ne les connaît pas. et surtout si on ne les comprend pas.
Pour conclure, une fois encore, monsieur le président, merci pour votre présence, merci pour avoir gravé sur le calendrier de la nation la journée nationale dommage aux victimes du terrorisme qui honore toutes les victimes en France et française à l'étranger sur tous les lieux. Merci à vous madame la maire de Paris, chère Anne. Merci aux élus du conseil de Paris pour votre engagement, votre soutien, votre émotion sincère pendant ces 10 années et tout au long du parcours qui aura mené à cette réalisation.
Merci pour cette cérémonie. Pareillement, mes très sincères remerciements aux membres de l'équipe de Wagon Landscaping et à tous les maîtres artisans, à tous les compagnons, tailleurs de pierre, paveur, paysagistes, jardiniers qui ont mis tout leur cœur à cet ouvrage à l'ombre de la maison des compagnons du Devoir. Merci à Thierry Rebou et à Victor Leman.
À tous ceux qui autour d'eux ont contribué à la réalisation de ce moment où le où l'émotion le dispute à la beauté. Merci d'avoir sublimé ce lieu de mémoire par la lumière et la musique. Merci pour cette cérémonie d'hommage où le rock prend sa place si symbolique.
Cette cérémonie dont les victimes forment le cœur dans les deux orthographes du mot. Merci pour l'infinie délicatesse du choix des textes. Merci à vous tous.
Merci pour eux dans ce jardin fleuri. Ce soir, ils sont présents avec nous. Voilà donc pour le discours de Philippe Dupéron de l'association 13 11 15.
On est en édition spéciale sur C News et sur Europain euh [musique] pour cette cérémonie euh évidemment et l'inauguration du jardin mémoriel du 13 novembre 2015 et je le dis pour nos auditeurs, une cérémonie qui se déroule avec [musique] de la musique. On entendra des chants, il y aura il y a des jeux de lumière aussi. C'est [musique] important de pouvoir évidemment partager ce moment avec [musique] tous les Français qui ont en mémoire cette date terrible du 13 novembre 2015.
Éric Nolo, on a entendu ce discours de Philippe Dupéron, on entendra dans un instant celui d'Arthur des nouveaux. Peut-être sera-t-il sur un autre registre de l'Ou Paris ? Ce sont des gens qui étaient là. [musique] Chacun se reconstruit comme il le veut et comme il le peut et ça c'est très [musique] important.
Oui, mais la cérémonie est importante parce que ça devient même si c'est une tragédie [musique] aux dimensions inédites, ça finit par devenir abstrait. En fait, pour ceux qui ne l'ont pas vécu, ça devient un drame parmi d'autres. Et là, on touche un peu le on touche on revient un peu à la dimension tragique.
Après dans dans les discours, on a bien vu que chacun se reconstruit vraiment comme il peut comme il veut et puis avec le discours qu'il veut après tout voilà, nous n'avons pas vécu ce qu'ils ont vécu. Mais il y a des choses un peu surprenantes dans ce qui vient d'être dit. Alors là, on a les visages de sous ceux qui sont morts lors des attentats qui sont projetés sur la façade et je pense que peut-être de la poésie qui est lu.
Louis Dragnel. Oui. Et puis [musique] ensuite, on aura donc le discours de du maire de Paris, Annie d'Algo.
Puis il y aura la lecture et je pense que ce sera un moment très émouvant, la lecture de tous les noms euh des personnes qui ont été tuées euh ce 13 novembre là. Et ensuite un discours du président de la République avant le dévoilement de la plaque. Donc il avait dit un jour euh figurera dans ce jardin en en mémoire du 13 novembre 2015.
Lady Lisaginom. Oui, les actes mémoriels on on ont pas mal de fonctions. La première est quand même de rendre hommage et de de respecter la mémoire de ceux qui sont là, de leur donner la parole, de les mettre en image, de composer autour quelque chose qui sacralise un petit peu ce qui leur est arrivé.
C'est une aussi une cohésion de la nation et puis c'est une inscription dans l'histoire parce que quand même voilà cette place va rester ces noms vont rester gravés. Après sur la vertu pédagogique du du mémorial et j'aimerais quand même saluer parce que Emmanuel Macron là la cérémonie qu'on à laquelle on assiste est quand même magnifique hein. C'est Thierry Rebou qui a été en charge de la cérémonie des Jeux Olympiques qui qui l'a faite. musique, c'est Victor, je crois compositeur et je dois dire quand même, on a c'est de culture de de critiquer beaucoup Emmanuel Macron, mais malgré tout resteront de ces quinquenas de très très belles cérémonies de tout ordre et celle-ci qui vient de commencer est très belle et très adaptée, disons qu'à la circonstance.
Après, ce qui est au cœur là, ce sont les victimes et c'est euh une forme de réunion quand même de la nation, bien entendu. Et là, on entend Édie de Preto qui interprète l'absent de Gib Gilber Barbeco. Euh, ma chère Catherine, euh il y a ce moment de communion comme le disait Latia Guin autour de ses victimes, un moment de communion nationale.
Ah mais c'est sûr. Et entendre ses musiques, voir ces visages qui apparaissent à l'écran, c'est ça vous prend au trip quoi. C'est ça fait revivre en tous les cas en nous quelque chose qui doit pas s'éteindre et qui devrait être présent et laisser une trace pérenne.
Mais c'est bien que que chaque année un hommage soit rendu qu'on se ceux qui veulent se retrouvent dans ce jardin mais même ils passent à Paris viennent et que oui c'est c'est un nouveau lieu de mémoire qu'il fallait qui qui est qui était souhaitable et qui qui est créé. Michel Ain. Oui, moi j' enfin j'étais un peu circonspect quand on a parlé de jardin mais en fait en voyant ces images me dit que c'était quand même tout à fait ça qu'il fallait faire.
Absolument. Vous avez raison. Docteur Langl on évoquait la façon de se reconstruire.
Certains le font à partir de la colère, d'autres pas du tout. Chacun a sa propre méthode pour se reconstruire et surmonter le trauma. Alors je suis pas spécialiste du psychop.
En tout cas, je suis sûr qu'il y a pas une méthode, il y en a une par individu. Et puis après, il y a la bulle familiale, il y a la bulle professionnelle, il y a il y a tout ça qui fait que on va ou pas sur construire, chacun a son rythme, chacun voilà et et que c'est un moment là, moi je suis je suis assez ému quand même quand quand je vois ça. Après, moi ma vie elle a pas été brisée ce ce ce soir-là, même si elle évidemment elle m'a impacté très [musique] fortement que je suis plus le même médecin, je suis plus le même homme depuis depuis 2015.
Mais c'està dire que vous agissez différemment. Bien sûr. Euh j'ai j'ai Bien sûr, mais euh mais j'ai pas ma ma vie personnelle n'a [musique] pas été brisée.
J'ai pas perdu ma ma sœur euh mes enfants, enfin je je euh et je pense à eux quand [musique] je dis ça. C'està-dire que euh évidemment je sais des victimes, j'en croise euh tous les jours dans mon métier de médecin. Euh donc des [musique] vie brisées, je sais ce que ça peut être.
Je sais aussi dans le temps parce que vous l'avez dit, il faut pas oublier et que souvent euh [musique] tous toutes ces familles vont vivre toute leur vie avec ses séquelles et et on sait que parfois même c'est parfois ça peut surprendre mais les séquelles physiques sont plus faciles pour se reconstruire que les séquelles psychologiques. Ça a été ça a étéidé exactement et en plus c'est très facile à comprendre. Mo je suis pas pyre mais quand vous luttez contre la douleur quand vous luttez contre une amputation contre des vrais séquels physiques, vous luttez, vous êtes dans l'action la le traumatisme psychologique c'est terrible et euh et ça nous touche tous et attention parce que là on est au 10 ans mais il y a il y en a parlé déjà de de de nouvelles victimes qui se sont euh suicidés il y a pas si longtemps que ça.
Euh mais il faut faut tout faire pour qu'il y en ait pas d'autres, y compris chez les intervenants. Enfin, je je mets tout le monde je pense aux policiers, aux pompiers, même aux médecins, même aux psychologues qui ont ensuite travaillé, qui ont suivi. Il y a les avocats qui ont participé au procès.
Il y a tout un tas de de personnes qui se sont à différents niveaux, chacun dans leur métier impliqué énormément et dont ils peuvent aussi avoir des traumatismes qui peuvent évoluer dans dans le temps malheureusement. Docteur, on va écouter ces noms grrené, c'est nom des victimes des attentats du 13 novembre. [musique] Ludovic, Bumb, Véronique de Bourgie. [musique] Elodie Breuil Cypriaun Calchu et lacrimiura Mariana Pop Claire Camax [musique] Nicolas Catina Baptiste Chevre Nicolas Classa Cécile Coudon Pegado de Lille [musique] Nicolas Degenart, Elsa Delglace et Patricia Saint-Martin Alban de Nuit [musique] [musique] Vincent Doc [musique] Frédéric Calizo dit de ville, [musique] Asta Diquité, Manuel Dias, [musique] Romain Didier et Lamia Mondegger, Lucy Ditrich, [musique] Elif Dogan, Fabrice Dubois, Romain Dunet, [musique] Thomas Dupéron, Justine Dupont, [musique] Mathias Dimarski et Marie Loche. [musique] [musique] Salad El Jebali [musique] Germain Ferr Romain Feuillade Grégory Fosse [musique] Christophe Foutier Julien Galisson, [musique] Suzon Garig, [musique] Maul Gobert, Michelie Gill Rimz, Cédric Ginestou, [musique] Mathieu Girou, Cédric Gomet [musique] Noé Gonzalez [musique] Ran Alberto Gonzalez Garrido, Stéphane Grégoire et [musique] Frédéric Enino, Anne Guillomar, Néz Cornet [musique] et Pierrive Guyomar, Stéphane Héry Ardoin [musique] et Marie Aimée d'Alose, Olivier Ha du cœur Pierre-Antoine Henri Raphaël Hills, [musique] Mathieu Hoch, [musique] Jamila [musique] Mohamed Hamid Imn Mobarak Pierre Innocenti, Nathalie Jardin, Marion Joanau, [musique] Milko Josic Jean-Jacques Kirsheim, Yassin Kom, Nathalie Laurine Nebouigina, [musique] Guillaume Ledran, Renault Legen, Gill Lecler Clair Christophe Lelouche [musique] Claire Mro Tapreste [musique] Cécile Martin, [musique] Antoine Marie [musique] Cédric Maudu Charlotte et Émilie Mot, [musique] Isabelle Merlin, Fanny Minot, Yannick Mainviel, [musique] Cécile Miss et Louis Philippé Chor Marie Mosser Justine Moulin Quentin Mourier [musique] Victor Munos qui est moess Christophe Mèz Hélène Mouyal Lis Romain [musique] Bertrand Navaret Christopher Noé Chalter Bodino [musique] Léla Oun David Perchirin Aurélie de Perti Manuel Manu Perez et Priscilia Coréa Marian et Anna Péard lesfri Franck Pitio, Caroline Prena, [musique] François Xavier Prévau, Sébastien Proisi, Richard Raman, Valentin Ribé, Mathieu de Roré, Estelle Roua, [musique] Thbo Rousse Lacorder, Raphaël Ruise, Oda Saadi et Alima N Saadi. [musique] Madeleine Sadin, Keredine Sabi, Lola Saline [musique] Hugo Sarad Jalal Seba, Mode Sven Alerandroiva Pelucini [musique] Valéria Souzine Fabian Stche Arianne Teller Éric Tomé [musique] Guillaume Valette Olivier Vernadal, [musique] Stella Soan, Irina Yasmine Berry.
Voilà pour cette lecture bouleversante des noms des victimes du 13 novembre 2015. Nous sommes en direct sur C News et sur Europ. C'est l'Italie évidemment qui nous bouleverse, qui nous évidemment nous aimeux.
Mon cher Louis de Ragnel, on a entendu ses noms et grainés autant de vie, autant de visage, de parcours interrompu dans un drame absolu ce soir du 13 novembre 2015. Ce qui est assez marquant, je trouve, c'est aussi la cette lenteur, ce rythme qui fait que pour chaque nom et bien on peut penser ou essayer d'imaginer la personne et je pense que c'est ça qui est moi, c'est peut-être ça qui que je trouve le plus marquant dans toutes ces cérémonies et puis ça rappelle à toutes les familles euh qui ont vécu différemment ce ce ce massacre, cette tuerie terroriste. Ça ça montre que que qu'on les oublie pas.
Faut quand même avoir en tête et c'est un peu ce que disait tout à l'heure le médecin chef du l'ancien médecin chef du raide, c'est que pour les familles, il y a eu certes la période des attentat qui était épouvantable. Il y a eu pour ceux qui pouvaient [musique] la reconstruction et puis ensuite il y a eu le procès et le procès ça a été une épreuve épouvantable [musique] pour beaucoup de familles. Certains voulaient oublier enfin voulaient passer à autre chose.
Ils ont été contraints de se replonger dans un dossier d'instruction [musique] avec des personnages avec des détails, parfois des reconstitutions et ça a été extrêmement douloureux. D'autres pour qui ça a été salvateur et donc chacun a vécu à son rythme la le temps des réparations du deuil. [musique] peut-être jamais leur deil.
Bref, chacun est à son rythme et c'est c'est vrai que la difficulté dans ces cérémonies, c'est de réussir à à essayer de de parler [musique] à tous en ne blessant personne et sachant que chacun voilà avance [musique] à sa vitesse. On entend de la guitare Éric Street, c'est Street d' Straight évidemment. Merci Latia pour votre culture musicale.
C'était un moment de musique évidemment [musique] ce soir. Je cru je même si c'était de la musique rock au Bataclan et girls of de metal mais c'est réussi parce que ça nous replonge dans l'atmosphère de ce soir-là et du lendemain. Bizarre, il y a des images qui reviennent cette atmosphère.
Il y avait dans Paris un silence de mort au sens littéral de la chose et là on replonge dans cette ambiance. Bon c'est humain, le temps a passé. On n'y pense pas quand même tous les jours et là ça nous revient comme si c'était un événement d'actualité et pas un événement historique.
Et de ce point de vue là, c'est très réussi. Oui, moi en écoutant euh cette litanie des morts, j'ai un souvenir qui me revient parce que on a tous on a tous autour de nous euh des jeunes qui avaient cet âge qui auraient pu être au Bataclan [musique] qu'on a appelé euh et qui on connaissait directement indirectement au bout du compte derrière parce que c'était beaucoup une population [musique] jeune qui était ce soir-là au spectacle et autour d'eux en fait c'est des milliers des milliers enfin des milliers en tout cas de jeunes Parisiens par c'était beaucoup des franciliens et des Parisiens qui qui en fait ont été touchés eux-mêmes indirectement et qui ont ce soir doivent ressentir cette émotion particulière qu'on avait ressenti aussi et je le dis pour nos auditeurs, les projecteurs qui surplombaient la cérémonie se sont tous dressés vers le ciel et ça donne des comme des étoiles ma chère Catherine qui représente évidemment tous ceux qui sont morts ce soir-là [musique] qui sont inscrites dans le ciel. Oui.
Non mais c'est une cérémonie très poignante [musique] qui vous prend au trip et c'est très beau. C'est très beau. Hm hm. [musique] Latitia Guinan, c'est un hommage euh vraiment euh c'est un hommage parce que effectivement là euh le terrorisme atteint toujours nous terrorise évidemment mais atteint à tous nos sacrés enfin brise nos nos tabous.
Là c'est en l'occurrence la jeunesse, la liberté, nos libertés, une certaine façon de vivre aussi et d'un d'insouciance l'art aussi. Et donc effectivement, il faut à d'autres moments, ça pu être la presse ou l'humour, hein. C'est en fait ce tout tout ce qu'on tout ce qu'on tout ce qu'on adore, il il déteste en gros.
Et donc effectivement, il y a un moment évidemment pour commémorer, pour respecter les victimes, pour pour [musique] montrer ce que sont nos valeurs aussi. Il y a un autre moment qui est celui de l'analyse de la situation et de la sécurité, mais maintenant on est dans le moment effectivement du respect à ses morts et du respect à ce qui ce qui nous compose aussi hein, certain une certaine élévation, une certaine liberté, une [musique] certains certain sens de l'art, de la culture, de la légèreté et et surtout de [musique] la liberté, je dirais. Non mais en ce moment on vit la nation un peu un moment de cafard politique où chaque jour on se désole, on on a quelquefois honte, on est malheureux et là on est malheureux autrement mais c'est un un malheur qui vous élève qui vous amène à quelque chose de qui vous soulève l'âme et qui est de ce point de vue là réconfortant.
Voyez, vous avez raison de et parce qu'il y a la beauté aussi, il y a le souvenir de voilà et on va écouter Arthur Nouveau de l'association Life for Paris maire de Paris. Chers tous, chers amis réunis ici ce soir, je crois qu'une seule chose réunit toutes les victimes de terrorisme, queles que soient leurs origines, leurs croyances, leurs religions, leur culture, la volonté que cela n'arrive. jamais à d'autres.
Voilà pourquoi ce soir, ce n'est pas tant à vous que j'ai envie de m'adresser qu'à la jeunesse. Une jeunesse qui ne sait pas exactement, voire peut-être pas du tout ce que nous commémorons le 13 novembre. En quelques mots, ce sont les pires attentats sur le sol français depuis des décennies.
Une tuerie perpétrée par des djihadistes dont beaucoup sont nés comme nous en France et en Europe. 132 morts, des centaines de blessés, des milliers de traumatisés qui se sont rendus compte il y a aujourd'hui 10 ans que leur vie ne pourrait jamais plus être comme avant. Nous n'avions aucun chemin tracé devant nous alors nous avons fait ce qui nous semblait le plus humain.
Au-delà du malheur, ce qui compte, c'est ce que l'on en fait. Nous avons commencé par nous rassembler d'abord dans des cérémonies qui ressemblaient un peu à celles d'aujourd'hui. Je nous revois tous le 27 novembre 2015 dans la cour des invalides nous regardant sans nous connaître, essayant de jauger nos malheurs respectifs.
Puis vint le temps du rassemblement, celui des associations, des combats et des commémorations. Nous avons fait fraternité. Ensuite, nous avons accepté de nous confier à des institutions médecine, fond de garantie et surtout justice.
Nous avons témoigné partout de notre malheur, de notre douleur et de notre difficulté à discerner un avenir heureux. À la barre de notre grand procès, nous avons étalé nos douleurs, mais aussi et surtout rappelé devant nos bourreaux que nous ne céderions jamais. Et ils nous ont écouté et ils nous ont répondu.
Nous leur avons montré qu'en France, devant la loi, il y a la force de l'égalité. reste aujourd'hui pour nous tous 10 ans après la question de pouvoir se détacher du drame. Le peut-on ?
Le peut-on quand on est en le doit-on ? Chacun y trouvera la réponse qu'il veut ou qu'il peut. Mais nous sommes liés par ce drame.
Nous ne pouvons que constater une chose : heureux ceux qui ont toute leur liberté. J'aurais aimé vous dire que l'espérance nous avait porté mais c'est faux. Elle ne trace aucun chemin.
Les Grec nous l'avait d'ailleurs bien dit. Elle faisait partie des mots de la boîte de Pandore. Au fond, nous victimes, nous n'avons rien d'autre à vous proposer qu'une exigence, celle de vivre en société selon les valeurs et les lois qui ont fait de la France et de sa démocratie un modèle.
Nous n'avons pas de remède contre la claustrophobie de ce présent que le passé n'éclaire plus et dont le futur semble insais. Mais nous avons appris une chose, on ne défend bien que ce qu'on aime. Défendre la vie dans ce cas de plus beau, c'est refuser de céder à la peur.
Refuser de croire que l'on peut aller plus loin seul qu'ensemble et refuser de croire que l'on peut s'abstenir de réfléchir. Mais c'est aussi et surtout beaucoup plus que refuser. C'est aimer.
Aimez l'humour, aimez la transmission, aimez autrui. Aimez enfin ceux qui se plient aux lois. Les autres, il faut les combattre sans pitié.
Je crois qu'il ne faut pas souhaiter laisser un monde meilleur à nos enfants. Il faut se battre tous les jours pour habiter un monde meilleur avec eux. Maintenant et sans répis, ne rien céder, ne rien relativiser.
Les 132 noms derrière moi vous le disent avec beaucoup plus de force. La vie est si fragile, il faut l'aimer. Aimons-nous et merci à tous ceux qui nous aiment depuis 10 ans.
Voilà pour les mots très forts d'Arthur Des nouveau, le président de Life for Paris. ne rien céder, ne rien relativiser. Il s'adresse à la jeunesse.
Il rappelle que la théorie a été perpétrée par des djihadistes nés en France, Eric Nolo, et que voilà, c'est des des enfants de France qui ont commis en partie, pas tous ces massacres. Non, mais c'était remarquable comme discours parce qu'il a réussi à tenir euh un discours un peu offensif quand même, pas l'énifiant parce que c'est la tentation dans ces moments- là et puis de rendre hommage, de parler d'amour mais aussi de nécessiter de la lutte et de rappeler en effet le mot djihadiste hein qui est quand même euh le mot clé de cette tragédie. Ce sont des djihadistes et en effet des diadistes qui pour la plupart étaient nurs en Europe et certains en France. des jeunes des jeunes tués par des jeunes.
Et là, ils s'adresse aussi parce que effectivement c'est dans la jeunesse que se trouvent malheureusement peut-être les nouveaux futur terroristes. Il y a aussi évidemment ces phrases, il faut rappeler devant nos bourreaux Michel Aubois que nous ne céderons jamais. Euh oui, évidemment que c'est c'est très important de le dire.
Ouais. C'est très important de dire que nous citons jamais et de dire que tout ça se fait au nom de la démocratie et de la liberté comme ça été dit tout à l'heure. On doit pas se céder à la peur mais moi j'appartiens au ministère de l'intérieur avec mes amis de la police de la gendarmerie et des sapeurs pompiers.
Mais nous notre travail c'est quand même d'identifier la menace clairement. Donc on cède pas la peur mais en même temps on n'est pas naïf. La menace existe.
Il faut l'identifier. Moi, c'est pas mon travail le plus direct, il le font pour nous. Euh mais en tout cas donner des donner un nom à cette menace, identifier les auteurs, savoir comment les choses naissent devant cette cette pensée presque impossible qui est comment est-ce qu'on donne la mort euh pour son Dieu euh nous qui appartenons à une autre église d'une certaine façon pour lequel on donnait on on accepté de mourir pour son Dieu.
On on aurait jamais accepté de donner la mort à d'autres pour son Dieu. Et ça c'est dans nos sociétés qui sont devenues très éloignées du fait religieux. C'est un élément qui est quand même très très complexe.
Catherine N c'était un très beau discours d'Arthur Des nouveau qui dit heureux ceux qui ont toute leur liberté nous victimes, nous n'avons qu'une exigence qu'il faut vivre en société selon nos valeurs. Les valeurs de la République évidemment. Oui oui oui.
Le discours est d'autant plus fort qu'il est bref parce que il a le temps de vous entrer dans le dans le la tête de le retenir alors que mais au long on se perd un peu dans le raisonnement et on est déçu. Tandis que là c'était une force d'abord parce que je crois que c'est un homme qui a fait un travail formidable avec son association qu'il a décidé de dissoudre aujourd'hui. qu'il a décidé de dissoudre aujourd'hui pour ne pas rester enfermé à vie enfermé dans son statut de victime.
Voilà. Et qu'il dit que le message c'est d'aimer, c'est d'aimer la vie parce que dit-il elle est fragile. Voilà.
De défendre nos libertés. Effectivement, on peut on peut défendre on peut justement acter qu'il ait besoin d'une sécurité qui est une sécurité qui va nous permettre aussi de défendre nos valeurs, nos valeurs de liberté, de fraternité et d'égalité. Et cette articulation entre les deux, elle est très importante.
C'est-à-dire qu'on n'est pas dans un monde où effectivement on est on est simplement dans une naïveté qui peut nous conduire à la catastrophe. Non, on articule les deux. Ça ne veut pas dire céder à la terreur.
Ça veut dire simplement préserver nos libertés avec la force, il le faut. Dire que l'amour sans la sécurité, ça ne suffira pas. Ça ne suffira pas.
Absolument. Louagnel. Mais alors, je suis assez d'accord avec ce que disait Catherine alors sur l'amour et et sur aussi sur la puissance de de de ce qu'il a dit.
Et ça m'a je me suis souvenu du moment où donc 3 ans après Jean-Ive Ledrian en 2016 qui était le ministre de la défense de France Hollande publie un livre qui s'appelle qui est l'ennemi pour essayer un an après donc pardon ah oui pardon un an aprè excusez-moi et et à ce moment-là je me souviens qu'il y avait ça a fait polémique parce que alors certes il venait de la gauche puis à la limite c'est pas ça le sujet mais au sein de la société française il y avait encore cette fragmentation et je pense que ça a pas totalement disparu. encore aujourd'hui énormément de mal à désigner le mal parce que on a une société on a un modèle de société qui est pas très clair parce que il y a le relativisme qui est passé par là parce que il y a il y a pas on nous donne pas l'amour de notre pays. Alors c'est quelque chose qui revient un tout petit peu de avec quelques balbussiments depuis quelques années mais mais on voit bien à quel point ces sujets font encore débat.
Il y a pas un consensus absolu autour de ces questions et c'est pour ça que je trouve que ce discours-là était extrêmement limpide et clair. Voilà, il trace quelque chose. Mon discours ne s'adresse pas à vous mesdames, messieurs les élus, monsieur le président de la République, mais à la jeunesse.
Discours court. Ce qui compte dans la souffrance, c'est ce qu'on en fait. Moi, je retiendrai cette phrase là.
Ne rien céder, ne rien relativiser aussi Michel Abointi. Arthur de nouveau, ne rien céder. Ne rien relativiser.
Tout à fait. Ne pas dire il ne s'est rien passé. Non, on ne peut pas dire qu'il s'est rien passé.
Il faut ajouter quelque chose, c'est que pour rebondir sur ce que disait le docteur tout à l'heure, c'est que on est souvent malheureusement confronté à des catastrophes et cetera, mais là un attentat, c'est pas du tout la même chose. Les blessés sont les mêmes, sauf que là, ils sont blessés par la haine d'un ennemi. Et quand l'ennemi est insais, parce que quand l'ennemi en situation de guerre, il est connu, quand il est insais, le traumatisme collectif, individuel évidemment, mais collectif aussi, il est beaucoup plus important. re d'ailleurs c'est pas une catastrophe enfin moi je par au choix des mots je trouve que c'est extrêmement important catastrophe c'est quelque chose qu'on subit que pour lequel on peut pas faire c'est pas un tsunami c'est un attentat de terrorisme c'est un massacre c'est une tuerie de masse commise au nom de d'une religion et ça on peut le Yeah.
Marina Ferrari