Macron au tableau : oral réussi ? #cdanslair 12.04.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:49OuverteRéponse directe
C'était pas rien, un chef de l'État qui se déplace dans une classe de CE2 dans un village normand. Ça a apporté quelque chose à l'exercice de l'interview présidentielle ?
- 2:27OuverteRéponse directe
Mais sur la forme, ça a apporté quelque chose, le fait qu'il se déplace dans une classe, c'est pas un cadre habituel ?
- 5:11OuverteRéponse partielle
Et il leur a parlé, vraiment, à ces Français-là qu'il voulait cibler, en tout cas qu'il voulait atteindre cette France des territoires ?
- 7:04FerméeÉludée
Donc il dit qu'il n'a pas le nez sur les sondages ?
- 8:25FerméeRéponse directe
La question c'est, ont-ils moins le tournis après l'émission ?
- 10:22ComplaisanteRéponse directe
Pendant un peu plus d'une heure, le président a tenu sa ligne. Il est retraité, la SNCF, les universités, Notre-Dame-des-Landes, sur tous ces sujets de crispation, et malgré parfois la pression du pays, Emmanuel Macron a assumé sa politique, ses choix, son rythme et sa méthode.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28PrésentateurFait
« Il remercie les retraités de leur effort sur la CSG, mais ne recule pas. »
- 0:32PrésentateurFait
« Il respecte les cheminots, mais affirme qu'il ira jusqu'au bout. »
- 0:35PrésentateurFait
« Il dénonce les agitateurs professionnels dans les facs et renvoie les étudiants à leur révision. »
- 0:40PrésentateurFait
« Macron lui-même se dit à l'écoute, mais refuse de se caler sur l'opinion. »
- 0:47PrésentateurFait
« Macron jusqu'au bout, mais prudent tout de même sur la Syrie. »
- 10:49InvitéFait
« La SNCF, ça restera à 100% public, et ce sera dans la loi. »
- 10:52InvitéFait
« Les cheminots qui sont aujourd'hui cheminots, ils resteront cheminots. »
- 11:35InvitéPromesse
« On va mettre plus de moyens dans l'hôpital. »
- 11:56InvitéPromesse
« C'est une priorité, je ferai d'ailleurs à l'été des annonces. »
- 12:40InvitéFait
« Ils n'ont plus aucune raison de le faire, il n'y aura pas d'aéroport. »
- 13:14InvitéFait
« Les professionnels du désordre, ils doivent comprendre que nous sommes dans un état d'ordre. »
- 13:34InvitéFait
« Je suis président de tous les Français. »
- 29:56Locuteur 2Fait
« Et on a plutôt l'impression que la corde est là et que la corde, elle va être mise au coup des pendus. »
- 30:02Locuteur 6Fait
« ceux qui aujourd'hui subissent en réalité cette politique qui sont l'immense majorité des Français. »
- 30:30Locuteur 3Chiffre
« Mais ce qui est d'autant plus incroyable, c'est que l'ensemble des mesures qui ont été votées pour les lois de finances ont surtout concerné les 1% des Français les plus aisés. »
- 40:40InvitéFait
« C'est-à-dire que les entreprises qui payaient ce qu'on appelle un forfait social, c'est-à-dire des charges sur les sommes d'intéressement et de participation, si elles sont en dessous de 250 salariés, elles ne le paieront plus. »
- 43:50InvitéChiffre
« Je crois que c'est 475 millions de pertes pour l'État. »
- 46:16InvitéFait
« Nous avons la preuve que la semaine dernière, il y a maintenant près de 10 jours, des armes chimiques ont été utilisées, au moins du chlore, et qu'elles ont été utilisées par le régime de Bachar el-Assad. »
- 46:40InvitéPromesse
« Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu quand nous le jugerons le plus utile et le plus efficace. »
- 47:32InvitéFait
« Donc ce sera la cible d'éventuelles frappes. »
- 48:04InvitéFait
« Le monde est chaotique, il y a des situations inacceptables, et donc c'est pour cela que ce que nous faisons aujourd'hui, et ce que nous serons conduits à faire en Syrie, c'est de rester sur nos priorités. »
- 55:50InvitéFait
« on ne peut pas laisser passer sans réagir le crime qui a été commis auprès du gazage de population civile »
- 56:00InvitéFait
« personne ne se fait d'illusion sur l'efficacité de cette sanction »
- 56:08InvitéFait
« Bachar el-Assad l'a gagné »
- 57:30InvitéChiffre
« il est minoritaire dans l'opinion quand on est à 32-34% d'approbation de l'action gouvernementale »
- 58:36InvitéFait
« les retraités quand ils ont payé jadis ils ont payé pour la retraite des anciens »
- 58:41InvitéFait
« Là maintenant on va arriver à un actif pour un retraité dans quelques années »
- 58:53InvitéFait
« on a une démographie âgée de plus en plus de personnes âgées »
- 1:00:43InvitéChiffre
« les 100 000 et quelques retraités qui vont être remboursés finalement de cette CSG qu'on leur a prélevé par erreur »
- 1:00:49InvitéFait
« les 80 km heure avec la ligne Jacques Mézard cohésion des territoires qui l'emporte sur la ligne Édouard Philippe »
- 1:02:40InvitéFait
« ce n'est pas à travers l'état que les mécanismes de redistribution vont se faire quand Hollande a demandé aux riches de lui donner de l'argent ils sont partis en Belgique »
- 1:02:46InvitéPromesse
« il faut leur laisser de l'argent et leur demander de l'investir en France est-ce que ça va marcher ou est-ce qu'ils vont être c'est son pari »
Temps de parole
- Invité24 %
- Invité 221 %
- Invité 317 %
- Présentateur15 %
- Invité 414 %
- ?5 %
≈ 27,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Toutes et à tous, nous attendons vos questions SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Pas question de lâcher son cap dans ce décor acidulé d'une classe de CE2 d'un village normand. Pendant une heure, Emmanuel Macron a défendu sa politique face aux colères des Français. Il assume, il explique, mais il ne lâche rien. Il remercie les retraités de leur effort sur la CSG, mais ne recule pas. Il respecte les cheminots, mais affirme qu'il ira jusqu'au bout. Il dénonce les agitateurs professionnels dans les facs et renvoie les étudiants à leur révision. Macron lui-même se dit à l'écoute, mais refuse de se caler sur l'opinion.
Macron jusqu'au bout, mais prudent tout de même sur la Syrie. Le chef de l'État dit avoir la preuve des attaques chimiques, mais craint une escalade dans la région. Alors à quoi lui a servi cette émission ? Quels étaient réellement aujourd'hui les messages adressés au territoire ? A-t-il réussi à apaiser les colères qui montent dans le pays ? Macron au tableau oral réussi, c'est une question.
Pour
en parler avec nous ce soir, Christophe Barbier. Vous êtes éditorialiste à l'hebdomadaire L'Express. À la lune de L'Express cette semaine, Luc Besson, taxi driver. Françoise Fressot, vous êtes éditorialiste au Monde. À la lune du Monde, datée de demain, Syrie, la chute de la route à renforce l'emprise russe. Enfin, votre chronique qui est intitulée, je ne
sais
pas si vous vous souvenez du titre, mais moi je l'ai oublié. La social-démocratie entre
en résistance.
Merci beaucoup. Claude Veil, vous êtes journaliste éditorialiste politique à Nice matin et var matin. Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos. Vous avez publié il y a quelques jours un sondage sur les Français. Et le clivage gauche-droite, rappelons votre ouvrage, plus rien à faire, plus rien à foutre. La vraie crise de la démocratie, publiée chez Robert Laffont. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir.
Merci de participer
à ce C'est dans l'air en direct. Pour commencer quand même, un mot sur cette émission. C'était pas rien, un chef de l'État qui vend dans une classe de CE2 dans un village normand. Ça a apporté quelque chose à l'exercice de l'interview présidentielle ?
Ah oui, quand même, parce qu
'il
y avait eu un long silence présidentiel, hormis les prises de parole type vœux classiques et institutionnels. Il y
a
un état de crise dans le pays avec des tensions multiples, étudiants, cheminots, zadistes, etc. Donc c'était une parole attendue. Par ailleurs, c'est un président qui a accumulé le déficit d'opinion depuis le début de son mandat sur certaines populations. La ruralité, il est le président des centres-villes et de la Startup Nation, les retraités, et donc il lui fallait corriger le tir.
Mais sur la forme, ça a apporté quelque chose, le fait qu'il se déplace dans une classe, c'est pas un cadre habituel.
Non, c'est pas un cadre habituel, c'est des moments toujours sympathiques en images et toujours empathiques.
C
'est pas ça l'essentiel, l'essentiel c'est le contenu.
C'est pas très
important la forme.
Ça peut
abîmer le contenu, ça peut au contraire aider à porter un message.
Là en
tout cas, il avait été travaillé.
Mais le message sur la Syrie par exemple, c'est pas mieux dans ce cadre-là. En revanche, c'est sûr que pour l'attention à une certaine France, et l'attention surtout au problème de proximité, rien n'est plus proche qu'une école et tout ce qu'il y
a
autour. Oui, et puis il y a quand même un côté chez Emmanuel Macron, et je pense que c'est ce qui a favorisé aussi son élection, c'est qu'il est compétent. Et vous le voyez tout seul au milieu de cette classe, il fait très premier de la classe, il fait très
j
'ai réponse à tout, il fait tout avec moi, je sais, on sait où on va. Et je pense qu'il y avait aussi cette mise en scène-là de dire, écoutez, je suis jeune, il
y
a la jeunesse aussi qui peut aller avec l'école. Il y a aussi le symbolique, et il l'a dit, l'école c'est la mère des réformes, parce que je prépare, et il le dit, j'essaye de préparer les 50 ans qui viennent. Donc il y a tout ça, je pense que la symbolique était là, mais moi ce qui m'a beaucoup frappée, c'est vraiment, le Macron, il est sur tous les sujets, alors là on ne peut pas le prendre en défaut, il est le premier de la classe, et il est en majesté dans cette école.
C
'est
vrai
que le dispositif est original, dans une classe de deux personnes, comme ça, avec les dessins d'enfants mûrs, on peut dire que ce n'est pas ça qui est essentiel.
Non,
alors, ce n
'est
pas simplement anecdotique,
pardonnez-moi, on a passé des
émissions à expliquer qu'il y avait une rupture avec
le territoire, on a un président
qui
se déplace,
ce n'est pas une question de cadrage.
Indépendamment de l'école, ce qui est important, c'est à qui il s'adresse, par le truchement
de
Jean-Pierre Pernault. Ce n
'est
pas n'importe quelle France,
et
le choix du village en ce sens fait sens, évidemment. On s'adresse là à une France, d'abord qui est chez elle à 13h, donc probablement pas beaucoup de cheminots ou pas beaucoup d'actifs urbains parisiens. On s'adresse à une France, on le sait, on connaît le public Jean-Pierre Pernault, je vais dire ça, sans aucune notion péjorative, provinciale, plutôt populaire, relativement âgée, et qui n'est pas extrêmement politisée, on peut dire les choses comme ça. Donc, un observateur étranger qui aurait regardé l'émission, tout à
l
'heure,
je
ne sais plus, c'est vous, Christophe, qui avez parlé d'une France en crise, un observateur qui aurait regardé cette émission n'aurait pas du tout l'insentiment qu'on avait une France en crise. On a parlé d'insatisfaction, de mécontentement de cette France-là, de cette France reléguée, qui se sent oubliée, méprisée par Paris. Cette France sur laquelle Wauquiez fonde beaucoup d'espérance, parce qu'elle est supposée être celle que Macron méprise et ne comprend pas. Et donc là, c'est en ça que c'était important, c'est que le premier de la classe
parlait
à une France qui a l'impression que les têtes d'œufs ne s'intéressent pas à elle.
Et il leur a parlé, vraiment, à ces Français-là qu'il voulait cibler, en tout cas qu'il voulait atteindre cette France des territoires, comme on dit pour résumer ?
Si on se rappelle ce que disait Laurent Wauquiez et Emmanuel Macron à la haine de la province, le lieu, effectivement, n'est pas anodin. Les ruraux, si vous prenez les définitions de l'INSEE, c'est environ 23% de la population. Mais quand vous demandez aux Français si vous avez l'impression de vivre en centre-ville ou dans une métropole ou dans une petite ville en zone rurale, un Français sur deux a le sentiment de vivre dans le rural. Donc la forme et le lieu, c'est important. C'est aussi un village qui avait voté FN. Donc ça, c'est pour le dispositif, on va dire, d'accompagnement. Après, oui, il s'est adressé à beaucoup de catégories. Son enjeu, c'était d'apaiser et de rassurer.
Est-ce qu'il a réussi ?
Sans renoncer et sans rien annoncer. Donc c'est quand même un exercice d'explication et de posture un peu compliqué. Il a quand même annoncé des petites choses. Moi, je pense qu'il a pris, on va y venir, je crois, dans le détail, j'espère, mais il a pris beaucoup de catégories et il y avait beaucoup de messages qui systématiquement étaient envoyés pour rassurer ou répondre à des critiques ou à des objections. Ça avait l'air comme ça d'être un panorama général, de politique générale sur beaucoup d'aspects.
Dans le détail, véritablement, il répondait à toutes les critiques qui lui sont adressées et sur de multiples dimensions, pas seulement le président des riches ou le président des villes, mais également sur la CSG, sur les personnes âgées, sur le rural, bien évidemment, sur le déficit de justice, puisqu'il ne se préoccuperait pas de justice. Il a aussi répondu sur la santé, qui est devenue la première préoccupation personnelle des Français. Le système de santé inquiète fondamentalement les Français. Là aussi, il a perlé son discours en disant qu'il mettrait des moyens, qu'il va ajouter des moyens. Donc à chaque fois, il y avait beaucoup de petites choses, en réalité très signifiantes. C
'était
des petites choses, mais à dessein, c'était une stratégie voulue par le président de la République pour ne pas donner le sentiment qu'il lâche, c'est ça ?
Alors, il ne renonce pas, mais c'était une stratégie voulue pour perler son discours à chaque fois de petits cailloux qui sont destinés à apaiser ou à rassurer une partie de la population par rapport à une critique spécifique qui lui est adressée. Et c'était, je crois, très systématique, très préparé, très étudié. Quand vous avez en tête, comme moi je l'ai grâce à mon travail, mais vraiment toutes les catégories de Français qui lui reprochent certaines choses,
c
'était quand même assez intéressant de voir à quel point systématiquement il répondait.
Donc il dit qu'il n'a pas le nez sur les sondages
? Oui, ils disent tous
ça.
Ils n
'ont jamais le nez sur les sondages, bien évidemment.
Mais visiblement,
il les a lus avant de faire
cette émission.
Mais l'opinion, c'est quand même quelque chose, je pense qu
'il
doit suivre attentivement quand on regarde ce qu'il a dit aujourd'hui. Le forum de justice là au questionnement, c'est-à-dire que Pernod, sur lequel il y
a
eu quelques commentaires un peu goguenards au début, quand on a dit qu'il allait chez Pernod, Pernod a parfaitement exprimé en effet ces problématiques de cette France qu'on appelait jadis profonde. Et j'ai trouvé très judicieux aussi, un procédé quelquefois que je trouve très abusif en télévision, les fameux micro-trottoirs, mais qui était très bien, très habilement choisi et qui chaque fois exprimait exactement, très justement, ce qu'on entend tous les jours dans la rue, en France, en Paris, en province, etc. des gens qui
ont
le tournis, qui ne comprennent plus où ils nous emmènent, qui trouvent que ça va trop vite ou pas
assez vite. La question c'est, ont-ils
moins le tournis après l'émission ?
Mais un ton, je dirais, je redis le mot, volontairement assez dépolitisé.
C
'est-à-dire que la France en colère, on ne l'a pas vue dans cette émission. Française Preston. C'est ce que dit Brice Tinturier, très juste.
C
'est-à-dire que globalement, quand vous l'entendez, il est quand même, il reste quand même. Le président qui a été élu sur l'idée, je vais transformer le pays. Et ça, sans arrêt, il l'a dit. C'est un président aussi qui a un cap, qui dit, je ne peux pas redistribuer tant qu'on ne produit pas plus. Et donc, qui a vraiment justifié le fond de sa politique économique, qui a justifié le cadeau fait au riche, qu
'on
lui reproche tant, l'ISF et tout. Mais c'est vrai qu'à chaque fois qu'on rentrait dans le détail des dossiers, il nuançait pour répondre aux critiques. Et par exemple, la SNCF. Par exemple, la SNCF,
c
'est au lieu de prendre le cheminot comme le bouc émissaire, il a dit, chacun doit faire des efforts. Et il a cité l'État, l'usager, le cheminot. Et donc, à chaque fois, il répond aux critiques, mais quand même avec cette volonté de se dire, je ne me détournerai pas du chemin. Et moi, ce qui me frappe quand même chez ce président, c'est qu'il croit énormément en lui-même. C'est-à-dire qu'il y
a
un côté chez lui messianique. Et c'est pour ça aussi que la mise en scène était intéressante. C'est qu'il est jeune, il croit en ce qu'il fait. Et il pense que parce qu'il croit en ce qu'il fait, il va réussir à convaincre. Et toute l'émission, quand même, toute cette heure d'émission était aussi un grand show personnel d'Emmanuel Macron sur « faites-moi confiance, suivez-moi, je sais où je vais ». Et voilà.
C'est ce que certains
lisent comme de l'arrogance
? Ça
pouvait, par moment, je trouve que ça pouvait au début friser de l'arrogance. Souvent, moi, j'ai eu l'idée de me dire « mais il n'est pas tout seul, il y a quand même une France à côté de lui, il faut qu'il arrête d'être tout seul ». Mais à la fin de l'émission,
j
'ai trouvé, quand il invoquait l'idée de créer du lien, l'idée « j'ai besoin de vous », parce que souvent, il tend la main aussi, « j'ai besoin de vous, les retraités,
merci ».
Là, on sentait qu'il y avait quand même une empathie qui se créait.
Alors, on va l'écouter. Le président de la République, assis au milieu d'une classe de CE2 de Berduis, dans l'Orne, entourée de dessins d'enfants. Pendant un peu plus d'une heure, le président a tenu sa ligne. Il est retraité, la SNCF, les universités, Notre-Dame-des-Landes, sur tous ces sujets de crispation, et malgré parfois la pression du pays, Emmanuel Macron a assumé sa politique, ses choix, son rythme et sa méthode. Morceau choisi, Pierre Gladys-Lafitte.
La
SNCF, ça restera à 100% public,
et
ce sera dans la loi.
Et
les cheminots qui sont aujourd'hui cheminots, ils resteront cheminots. Donc, il ne
faut
pas qu
'il
y ait de mensonges entre nous ou de fausses peurs. Moi, je vous respecte, mais il faut que vous proposiez dans la convention qui va se définir ensuite ce qui est important pour vous.
Mais
moi, je crois, comme les syndicats, qu'on a besoin d'un service ferroviaire fort, d'une SNCF forte,
et
je respecte cette lutte, mais je leur demande aussi d'avoir
toute
la considération qu'il faut pour nos concitoyens qui la subissent, pour les entreprises qui peuvent tomber à cause de cette grève. Donc, je les appelle plutôt au calme, en leur disant que je les ai entendus,
mais
que la bonne réponse, ce n
'est
pas d'arrêter de faire la réforme,
c
'est de la faire ensemble.
On
va mettre plus de moyens dans l'hôpital.
Mais
ça ne sert à rien de mettre de l'argent sur un système qui n'est plus adapté. On a besoin, là aussi, d'avoir un hôpital fort, parce que l'hôpital, c'est le lieu où l'on forme, où l'on fait la recherche et où l'on soigne. Et donc, on doit absolument
avoir
un système d'accès aux soins et en particulier d'urgence,
où
on enlève du stress, où on met beaucoup plus de moyens et où on permet aux gens de bien faire leur travail. C'est une priorité, je ferai d'ailleurs à l'été des annonces. Oui,
j
'ai demandé à nos anciens
un
effort. Oui, je l
'ai
demandé parce que c'est ma responsabilité, je ne les ai pas pris en traite, je l'aurais dit. Mais je le dis avec beaucoup de considération, je l'ai dit en les remerciant, et je l
'ai
dit parce que j'ai besoin pour que celles et ceux qui payent leur retraite puissent être mieux récompensés de leur travail et qu
'on
puisse un peu remettre tout le pays au travail par l'ensemble des réformes. Donc je leur dis merci et je leur dis surtout une chose, je n
'ai
jamais pris un retraité pour un portefeuille.
Les
gens qui aujourd'hui manifestent
sont
présents, créent du trouble, ce sont des gens qui occupent illégalement des territoires publics ou privés. Ils n'ont plus aucune raison de le faire,
il
n'y aura pas d'aéroport.
Donc
depuis le début de la semaine, nous faisons ce que nos concitoyens attendent de l'État.
On
rétablit l'ordre républicain.
D
'abord, il
y
a très peu d'universités qui sont occupées. Ensuite, les universités qui est du débat, c'est une très bonne chose. Je constate quand même que dans beaucoup d'universités occupées, ce ne sont pas des étudiants, mais ce sont des agitateurs professionnels. Les professionnels du désordre, dont parlait Michel Oddiard, donc les professionnels du désordre, ils doivent comprendre que nous sommes dans un état d'ordre. Et les étudiants, ils doivent comprendre une chose, c'est que s'ils veulent avoir leurs examens en fin d'année, c'est mieux de les réviser,
parce
qu'il n'y aura pas d'examen en chocolat dans la République. Les riches,
ils
n'ont pas besoin d'un président.
Ils
se débrouillent très bien tout seuls. Moi, je suis président de tous les Français. Mais être président de tous les Français, ça n'est pas montrer du doigt une catégorie et faire qu'ils aillent moins bien, ou les villes ou les métropoles, parce qu'elles iraient mieux. Je suis président de tous les Français.
On
va s'arrêter quand même sur cette phrase, qui restera une des phrases marquantes de cette interview. Je ne
suis
pas le président des riches, ils n'ont pas besoin de président.
Je
ne suis pas le président des riches, il fallait le dire et le redire,
parce
qu'en effet, ça lui colle. Mais venir dire les riches n'ont pas besoin de président, c'est faux. Les riches ont besoin d'un président, pas pour les aider, ils sont hors des problèmes, mais pour leur rappeler tous les jours les efforts qu'ils doivent faire pour aider leur pays. Eh oh, les riches, je vous ai fait cadeau de l'ISF, l'argent que je vous ai laissé, ce n
'est
pas pour mettre dans les paradis fiscaux, ce n
'est
pas pour mettre dans des placements stratosphériques, c'est pour mettre dans l'économie française. Ils ont besoin d'un président pour les rappeler à leur devoir de citoyens français responsables d'une partie de l'économie
française. Ce qu'il a fait en
début d'interview.
Ce
qu'il a fait en début d'interview. Et ce qu'il devra faire avec un peu plus d'autorité, à mon avis, s'il ne veut pas se retrouver dupé, c'est-à-dire avoir lâché de l'argent au plus aisé, sans le retrouver dans l
'investissement, donc dans l'emploi. Merci aux retraités. Notre président se moquerait-il de nous
?
Alors voilà, il y a une contestation sur la hausse de la CSG, et toute la grande partie de l'émission a concerné ce sujet
-là.
Et la réponse d'Emmanuel Macron était de dire « ça ne bougera pas, et je vous dis merci » quasiment les yeux dans les yeux. Ce
qui
est assez amusant, c'est que lui qui s'emploie à faire toujours à peu près l'exat contraire de ce que fait François Hollande, c'est Hollande qui a inventé ça. Remercier les contribuables qu'on a taxés. Il avait fait une conférence de presse où il avait annoncé avant « je vais remercier », moi il me
l
'avait dit avant. Et il avait fait sa conférence de presse, c'était au moment où du fameux matricage fiscal, en remerciant les riches de leur bien voulu contribuer au redressement national. À gauche,
ça
ne savait modérément plus. Mais lui, il était très sincère, Hollande. On y trouvait qu'en effet, il avait tellement tapé sur les catégories supérieures que c'est tellement la moindre des choses que de les remercier. Et là, c'est assez drôle parce qu'en effet, il reprend exactement le même procédé. Mais en réalité, c'est une façon élégante de se sortir, de leur dire qu'on ne changera pas, que voilà, vous avez perdu 25, 30, 40, 50 euros. Vous les récupérez, si vous êtes assujettis à la taxe d'habitation, vous les récupérez à la fin de l'année par le dégrèvement sur la taxe d'habitation. Mais autrement, je ne bougerai pas parce que c'est un effort de solidarité nationale.
Je vous demande, en gros, aux retraités de faire un effort pour les jeunes actifs. Et bien, voilà, consentez cet effort. Et merci d'avance.
Pour reprendre notre titre, oral réussi sur la question des retraités qui était un des principaux objectifs.
Je ne dis pas qu'il les aura convaincus. Parce que
c'est vrai que
c'est une population qui ne brûle pas les préfectures, qui ne va pas verser du purin, mais qui est quand même très en colère et qui vote beaucoup et qui est très importante électoralement. C
'était l'un des objectifs, on est d'accord. Et
qui a voté massivement pour lui à l'élection présidentielle.
Et
ces retraités, en effet, c'est une catégorie qui se sent un peu grugée parce qu'ils ont eu une perte sèche de pouvoir d'achat, ce qui n'est pas tellement banal. Mais comme il ne renonce pas, évidemment qu'il n'a pas beaucoup de grain à moudre sur le contenu à apporter vis-à-vis de cette catégorie. En revanche, le ton était très différent, la forme était différente. Dire merci, ce n
'est
pas le même ton que ce qu'il avait adopté il
y
a quelques semaines quand il leur faisait un petit peu la leçon sur le thème, écoutez, vous, vous êtes une catégorie qui n
'a
pas connu le chômage,
qui
n
'a
pas connu la guerre, donc c'est bien normal que... Ce n'était pas ça, là. C'était dire merci, c'était important, non pas sur le fond, sur le fond, il ne change pas grand-chose, mais sur la forme. Il est accusé d'être un président méprisant, arrogant ou méprisant.
Vous le
voyez dans les enquêtes ?
On
le voit dans sa structure d'image, globalement. Mais
tout
l'effort, je crois,
de
cette émission, aussi bien vis-à-vis des retraités que d'autres catégories, c'est de dire, non, je ne suis pas méprisant, mon grand-père était cheminot, à un moment donné, sur la CNCF, j'écoute, je respecte, je suis quelqu'un qui veut une société juste. Il a repris aussi l'image des premiers de cordée, mais ce n'était pas exactement la même argumentation que la dernière fois. Là, il a beaucoup plus insisté sur l'ensemble des premiers de cordée, enfin, le premier et les autres. Donc, on voit qu'il essaye de polir un peu son image,
d'échapper à une grille de
lecture,
qui soit celle
de quelqu'un, oui, de s'humaniser, de rassurer, d'apaiser. Il essaye, par petites touches, donc, de montrer qu'il est plus à l'écoute. Mais il ne renonce pas, ou pas beaucoup. Il y a quelques petites choses. Il est prêt à dire, par exemple, que le 80 km heure, on va expérimenter, et dans deux ans, éventuellement, on abandonnera. Il ne disait pas comme ça. Donc, là aussi, c'est je vous entends, je vous écoute, je vous respecte. Il a dit plusieurs fois le mot respect qu'il a utilisé. Ce n'était pas exactement le Macron qu'on avait entendu au moment des voeux ou à d'autres moments, qui était beaucoup plus dans la verticalité, voire dans l'admonestation.
Donc, là, on sent qu'il a besoin, qu'il a compris qu'il avait besoin de recouturer un certain nombre de choses.
La question, c'est est
-ce
qu'il avait le bon fil ? Vous voyez ce que je veux dire ?
C
'est-à
-dire
qu'il est un fléchi, vous l'avez très bien expliqué. L'objectif aussi de cette émission de ce soir, c'est savoir si une émission comme ça, qu'on a attendue, dont on a dit, ce sera un moment important, parce qu'on est dans un climat très particulier. Début du quinquennat, c'est la première crise sociale assez lourde. Il commence à y avoir des mécontentements, vous voyez dans les enquêtes. Est-ce que ça suffit
? Non. Mais non. Parce qu'on bute sur la question du contenu. La forme a été très travaillée. Sur le contenu, il ne renonce à quasiment rien. Il rassure un petit peu en disant « La santé, je mettrai des moyens, le 80 km heure, etc. » Mais en gros, il n'infléchit pas la ligne.
Donc,
il polie l'image, c'est tout. Françoise Fréceuse. Ce qui le sert, à mon avis, c'est que le climat social est compliqué. C'est-à-dire que je pense, par exemple, quand il dit sur les facs ou sur Notre-Dame-des-Landes, on va faire preuve d'autorité. Je pense qu'il a l'opinion derrière lui. Parce qu'au fond, ce qu'il présente, c'est-à-dire qu
'il
y
a
quelques agitateurs et ce n
'est
pas du tout... Ça lui permet d'affirmer l'autorité de l'État. Et je pense que c'est bon. Il y a deux sujets, moi, je le trouve, où il n'est pas totalement convaincant. C'est les retraités. Alors, il dit... Ce n
'est
pas une surprise, je l'avais dit pendant la campagne.
Ce qui est vrai.
Ce qui est vrai. Mais ce que je pense, c'est qu'il y
a
eu une boulette qui a été faite. C'est-à-dire que les retraités pensaient être imposés sur leur pension. Et finalement, ils l'ont été sur leur revenu fiscal. Ce qui veut dire que certaines personnes ne s'attendaient pas à être imposées et le sont. Et là-dessus, il n'a pas tellement fait de marches en arrière. Et il ne s'est pas tellement excusé non plus. Il a reconnu. Certains, il peut avoir des mauvaises surprises. Alors, le message qu'on a entendu, c'est que le minimum vieillesse avait été revalorisé. C'est-à-dire que les petites pensions étaient préservées, même augmentées. Mais il y a quand même cette catégorie de retraités moyens qui ne pensaient pas être imposés, qui le sont.
Et à part de leur dire merci et puis d'ailleurs engagez-vous. J'ai trouvé que
c
'était une maladresse parce que
les retraités... Ah oui, il leur a dit engagez-vous.
Engagez-vous, j'ai besoin de vous. Mais ils sont engagés, les retraités.
Ils
sont engagés, ils sont bénévoles. Ils sont dans les associations. Ils aident leurs enfants. Donc voilà. Donc je trouve que sur les retraités, ce n'était pas terrible. Sur la SNCF, l'autre difficulté, c'est qu'il reconnaît.
Il
dit je ne fustige pas les cheminots. Je reconnais que chacun doit faire un effort. Mais en même temps, il ne donne pas la petite clé qui fera que les syndicats vont revenir à la date des négociations. Donc moi, je trouve que
c
'est les deux faiblesses de l'entretien. Mais pour le reste, il a quand même un climat social où il n'y a pas de coalition des luttes. Je ne pense pas qu'il y
ait
une coagulation qui fait qu'il y aura un climat explosif. Et que sur certains terrains, il peut enfoncer le clou en disant je représente l'autorité de l'État et je marque des points. Et sur d'autres, il est un peu plus scientifique.
Il était obligé sur les universités de parler des professionnels du désordre, de dire
il n'y aura pas
d'examants
en
chocolat.
Oui, pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'il sait que la population qu'il écoute à cette heure-là, c'est une population très hostile. On piscule qui bloque les facs. Ce ne
sont
pas les étudiants, c'est leurs parents ou leurs grands-parents qui sont très hostiles. Ensuite, parce que c'est la vérité, on voit bien dans l'absence justement de contamination qu'on a affaire plus à une opération extrêmement politique, de gens très déterminés, très militants, et c'est tout à leur honneur, mais qui ne reflètent pas un mécontentement général et l'expression, ne sont pas l'expression d'un mécontentement dans les facultés. Donc, il fallait qu
'ils
redressent cela. D'autant plus qu'on est dans le cinquantenaire de 1968, alors qu'il y avait toute une mythologie qui était en train de se construire, attisée par la France insoumise, dont certains éléments vont dans les facs, vont à Tolbiac, s'imprégner un peu de cette lutte comme il l'avait fait avec Nuit Debout. et terminer par la petite boutade sur les examens en chocolat, c'est rattacher cela à son discours sur le travail,
c
'est-à-dire tout peut se gagner par le mérite, mais rien, par le coup de force, il n
'y
aura pas de partiel distribué de cette manière-là. Il y a trois sortes de mécontents dans le pays. Il y a ceux qui sont vraiment contre, par exemple les étudiants ou bien les cheminots. Il y a ceux qui sont impatients. Ils sont impatients parce qu'ils croyaient que les résultats arriveraient plus vite.
Il
leur a parlé.
Il leur a parlé. Il voit que l'économie va mieux en général et pour eux en particulier, ça ne s'améliore pas. Et puis, il
y
a les déçus.
Il
y a le salarié qui pensait démissionner et s'inscrire à l'assurance-chômage. On lui dit, oulala, non, ça va être beaucoup plus compliqué que ça. Il y a l'électeur de l'Ouest français qui pensait qu'avec Macron, il y aurait un aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Eh
bien,
il n'y
en
aura pas. Tous ces déçus, il va falloir les récupérer. Et ce n
'est
pas simple. Les retraités, ils ne pardonneront que quand ils verront que leurs enfants, leur pouvoir d'achat augmente grâce à Macron et qu'éventuellement, leurs petits-enfants, ils trouvent un travail des premiers mots. Il y
a
eu un échange d'ailleurs assez intéressant sur le rythme du changement où à un moment donné, il a été interpellé par Jean-Pierre Pernault sur le thème. Beaucoup de Français disent que ça va trop vite, que vous conduisez la machine de manière trop autoritaire et trop rapide. Et ce qui est vrai en termes de perception générale des Français, 59% des Français pensent que la société change trop vite. Donc, il y a quand même un rapport au changement qui est difficile pour une grande partie des Français, notamment les ruraux où le chiffre est encore plus élevé. Eh bien, il a pas mal répondu sur cet aspect-là. Quand il dit « Mais quand vous êtes au chômage, vous
avez
au contraire l'impression que ça
ne change pas assez
vite. »
Quand
vous êtes dans des bandiers difficiles et qu
'il y
a des problèmes, ça ne va pas assez vite. Donc, il y avait aussi ce rapport à l'autorité et ce rapport au temps et à la façon dont on doit conduire la réforme. Donc, derrière la réassurance sur la forme, il y a toujours un discours sur la méthode. Il explique, c'est pour ça que c'était aussi une émission dite pédagogique mais d'explication sur le fond et sur la méthode de gouvernement. Ce qui m'a frappé, c'est à quel point les images que nous avons vu aujourd'hui contrastées avec la séquence que nous voulons vivre.
Quand vous ouvrez votre téléviseur le soir pour regarder les informations de 20h depuis une semaine, qu'est-ce que vous voyez tous les jours, tous les jours, tous les jours, des gens sur des quais de gare, des pneus qui brûlent, des jeunes gens masqués qui jettent des cocktails Molotov à Notre-Dame-des-Landes, des unis, «
Ah,
beutolbiac en grève, machin, la révolution, etc. » Et là, on avait l'impression d'une France très apaisée. En réalité, moi, ce que j'ai vu, c'est un président de la République qui non seulement constate que la convergence n'a pas eu lieu, comme le disait Christophe, mais qui fait... Alors que vous avez observé les appels de Ruffin, etc., à la
coalubulation,
à la grande marge de tous les mécontentements, le poteau-feu, comme il dit, moi, j'ai vu un président de la République
qui
fait le pari
que
mai 2018 n'aura pas lieu. C'est-à-dire, il y a eu un moment, clairement, où le pouvoir s'est posé la question « Où est-ce que tout ça nous emmène ? » Et je pense qu'aujourd'hui, leur idée, c'est qu'on peut passer directement d'avril à juin sans passer par mai. Et d'une certaine façon, c'est à la France de juin qui s'adressait. La France de juin, c'est-à-dire celle, je fais référence évidemment, à la France de juin 68, qui a dit « Assez de bordel, remettez le parti de l'ordre au pouvoir, on en a marre de lâcher en lit. »
Et
d'une certaine façon, je trouve que son discours était très dirigé vers cette France de juin aujourd
'hui. Il enjambe le mouvement social.
Il enjambe.
Et je fais un lien avec ce que disait tout à l'heure François Spressoz, il croit en lui. Il croit en sa capacité
de
ramener
le calme et d'enjamber le
conflit. Il constate les choses. C'est vrai que Notre-Dame des Landes, on nous avait annoncé que ce serait le Vietnam. En gros, c'est plus très loin d'être terminant.
Je
veux dire, sur le quinquennat
précédent, il
n'était pas question que la gendarmerie aille,
c
'était trop dangereux. Bon, on y va. Les
facs,
d'après les statistiques du ministère de l'université, il
y
a 3 ou 4 % des sites qui sont occupés et souvent des occupations minoritaires. On ne
peut
pas dire que les facs sont en grève.
Quant
à la SNCF, je dirais ça avec infiniment de prudence et peut-être dommage serait démenti, mais il semble que le mouvement, en tout cas, ne s'étende pas. Les pronostics de la direction de la SNCF pour le week-end qui vient, qui était un week-end sensible, puisque ce sont des départs en vacances, etc., c'est plutôt qu'il y
aura
un peu plus de trains que dans
les deux
vagues précédentes d'arrêt de travail. Donc, le gouvernement peut croiser les doigts et se dire, on va peut-être réussir
à...
Sauf qu'il manque ce petit lien de se dire comment il va ramener les syndicats réformistes à la SNCF, à la table des négociations. Autrement dit, il n
'y
a pas la petite annonce qu'on aurait pu attendre un président de la République constatant qu'on est quand même, je ne sais plus, au cinquième jour de grève et qu'il faudrait peut-être faire un geste. Donc, lui, il n'a absolument pas stigmatisé les cheminots. Il a dit, c'est un dossier qu'il faut qu'on arrive à régler ensemble, mais il n'a pas fait la petite ouverture qui fait que la CFDT et l'UNSA pourraient se dire, tiens, on va aller à
la table des négociations. Moi, j'ai quand même cru comprendre que la reprise de la
dette, c
'était
une
affaire réglée.
Oui, mais il n
'a
pas dit,
je la reprends tout de suite. Il n
'a
pas dit comme ça. Qu'est-ce qu'il a dit
précisément
sur la dette ? Il a dit qu'il
reprendrait une partie de la dette et ensuite, il a aussi subordonné immédiatement la capacité de la SNCF à se réformer.
Ce
qui est, pardon, ce qu'il
dit
depuis le début.
Oui,
mais il dit aussi quand même clairement, là je crois, et peut-être plus clairement qu'auparavant, que sur la dette, malgré tout, il est prêt à en prendre une partie et que c'est l'autre partie qui est subordonnée à de la réforme. Donc, c
'est
une petite ouverture.
À mon avis,
il dit une phrase très très importante que c'est
on
ne peut pas demander à une entreprise de droit commun puisque la SNCF va être une société anonyme de droit commun même si les capitaux restent publics. C'est une société privée de droits publics, à capitaux publics. Il dit on ne peut pas demander à une société comme ça de prendre sur son dos 50 milliards de dettes parce
que vous l'envoyez par le fond directement.
Compte tenu du volume, du chiffre d'affaires de la SNCF, si vous lui mettez 50 milliards de dettes, vous la déclarez en faillite en même temps que vous l
'a
déclaré l'État civil.
Tout
le monde a compris qu
'en
réalité,
on va
discuter sur les financiers,
le calendrier,
mais l
'État... Vous avez raison
d'insister sur la SNCF parce que c'est sans doute l'un des sujets qui vont avoir à gérer les plus difficiles dans les jours qui viennent. Il n
'y
avait pas là de message adressé aux partenaires sociaux, vous l'avez dit.
Il
n
'y a
pas de raison
que
ce week-end, il y
ait
des réactions d'ouverture de la part des syndicats ou est-ce que les messages que vous avez précisément notés peuvent être entendus et peuvent faire en sorte que les gens qui s'apprêtent à prendre le train le prennent peut-être plus facilement ?
Sur la SNCF, je pense qu'il mise quand même malgré tout beaucoup plus sur l'opinion publique qui oscille beaucoup sur ce conflit mais qui est en train d'être exaspéré par le conflit que ça, il le sait. Donc de plus en plus, il n'y a pas de solidarité des Français vis-à-vis du conflit. Donc il tient sa ligne, il la tiendra jusqu'au bout et il laisse des toutes petites perspectives en se disant que si les syndicats ne prennent pas cette demi-balle ou cette carte de balle au bon, il peut tenir parce que les Français sont en train de plus en plus
de refletir. Le premier message,
c'était jusqu'au bout. C'était la chose qu'il a dit avec beaucoup
de fermeté.
Mais derrière cette fermeté, tout de même, il y a trois messages. D'abord, je respecte votre lutte. Imaginez Nicolas
Sarkozy dans la même situation. Il n'aurait pas eu le même discours.
Donc il y a une compréhension. On n'est non pas en social-démocratie mais en démocratie sociale. Il le reconnaît. Ensuite, il
y a
la dette. C'est un puissant message pour l'UNSA et la CFDT. Oui, la dette sera dans les comptes de l'État. Comment, quand,
il
faut faire attention à Bruxelles, on va en discuter. Puis, troisième message tout de même, la convention collective. Il n'y aura plus le statut pour les nouveaux entrants mais il y aura une convention collective. Là, il manque une phrase.
Je souhaite que cette convention collective soit
rapidement signée et tous les cheminots qui rentreront dans l'entreprise, tant qu'elle ne sera pas prête, ils continueront à être embauchés au statut qu'il y
ait
une jointure. Ça ne coûtait pas grand-chose de dire ça. Ça aurait pu désamorcer plus le conflit.
Alors, le président était attendu au tournant dans les couloirs de l'Assemblée nationale. La France Insoumise tacle un exercice convenu et ennuyeux. Je cite, le PS épingle le président des riches et les républicains dénoncent un chef d'État sourd à la colère des retraités et des territoires. Panorama des réactions politiques avec Walid Berissoul, Juliette Vallon et David Lemarchand.
À
160 kilomètres de Berduis, les députés ont suivi dans leur bureau l'interview fleuve du président de la République.
Plus
d'une heure d'entretien que certains ont tué un peu de mal à suivre jusqu'au bout.
Je
me suis endormi cinq minutes à mon moment donné. Non, c'était vraiment lignifiant sans aucune surprise.
On nous a beaucoup parlé des premiers de cordée, n'est-ce pas ? Et on a plutôt l'impression que la corde est là et que la corde, elle va être mise au coup des pendus. Et les pendus, ce ne sont pas les plus riches dans notre pays. C'est le moins qu'on puisse dire.
Tous
ceux qui aujourd'hui subissent en réalité cette politique qui sont l'immense majorité des Français. Et je crois qu'aujourd'hui, je ne crois pas qu'Emmanuel Macron l'aurait répondu sauf à leur donner encore plus
envie de se mobiliser. Pour l'opposition, du côté gauche de l'hémicycle, Emmanuel Macron n'a pas réussi à se défaire d'une étiquette,
celle
de président des riches. Les riches, ils n
'ont
pas besoin d'un président. Ils se débrouillent très bien tout seuls.
Je trouvais que c'était incroyable de la part d'un président de la République d'avoir de tels propos. Mais ce qui est d'autant plus incroyable, c'est que l'ensemble des mesures qui ont été votées pour les lois de finances ont surtout concerné les 1% des Français les plus aisés.
Un exercice de pédagogie nécessaire et d'explication des réformes vantées au contraire par les troupes macronistes.
Il
n'y a pas
l'once d'une démagogie.
C
'est-à-dire que même quand il doit rappeler un certain nombre de réalités qui sont soit complexes, soit difficiles à accepter compte tenu de ce qu'est la culture politique ou la culture publique du pays, eh bien, il l'assume. Oui, nous avons la justice sociale au cœur de notre pays, de notre politique, mais nous ne pouvons redistribuer que ce que nous avons produit et pour produire et produire plus, il faut mettre le travail au même niveau que la justice.
Mais
la droite, elle, n'a retenu que les explications techniques d'un Emmanuel Macron jugé distant et sans grande empathie.
les
Français ne sont pas des dossiers. Les Français, c'est des gens de chair et de sang qui vivent des difficultés. Quand ils s'adressent aux retraités, ils disent aux retraités « il faut bien que vous fassiez un effort ». Je vous demande de faire un effort, mais pourquoi les retraités doivent faire un effort alors que les autres pas ? En quoi cette catégorie de population aurait volé l'argent de sa retraite
?
»
Le
Front National, lui, concentre ses tirs sur la lutte contre le terrorisme, le point faible du président, selon les députés frontistes.
«
Il donne une impression de fermeté.
Il
veut être le maître d'école qui est capable de taper de la règle sur les doigts.
Mais
il nous dit
qu
'il a fermé
trois
mosquées salafistes.
Il
y
en
a plus de 200.
C'est
moqué du monde. » Jean-Luc Mélenchon, lui, n'est
pas au Palais Bourbon, mais à Lisbonne. Ce qui ne l'empêche pas de fustiger via les réseaux sociaux, une parole présidentielle et un ton qu'il qualifie de paternaliste.
« Jamais aucun étudiant n'a cru qu'il aurait un diplôme en chocolat.
Et
d'ailleurs, aucun d'entre eux n'en réclame les deux tels diplômes. Oui, ils savent qu'ils prennent des risques et qu'ils engagent une partie de leur investissement dans leurs études. Ils le savent. Eh bien, cela devrait plutôt forcer le respect. C'est exactement comme quand les cheminots font grève pour défendre non pas leur statut actuel, mais celui de ceux qui vont arriver ensuite.
Les cheminots et plus largement l'avenir de la SNCF. C'est justement le sujet cet après-midi des débats dans l'hémicycle. Le gouvernement y défend encore une fois sa méthode et sa réforme.
Et
nous prenons avec cette question. J'ai écouté tous les commentaires de l'opposition. Je constate qu'ils ne savaient pas quoi dire. Est-ce votre avis
? Les
réactions n'étaient pas enflammées comme elles le sont parfois après une émission politique d'un chef d'État. Est
-ce
que vous avez cette impression ?
Oui, c'est vrai parce que c
'était compliqué pour les oppositions. D'abord parce que ce n'était pas un discours très politique au sens idéologique. Ensuite, il y avait deux sortes de commentaires un peu inutiles. Le commentaire dogmatique, tout est mauvais parce que c'est Macron. Bon, c'est le rôle en jouant sur les mots parce que c'était dans une école ou parce que etc. Au milieu, prendre mesure par mesure et pour contre-caresser cela, ce n
'est
pas évident. Comment la droite peut-elle être contre certaines baisses de charges alors qu'elle en a faites ou qu'elle voulait les faire et qu'elle a trahi ses promesses ? Comment la gauche peut être contre certaines mesures plus sociales ou plus écologiques ou d'autres mesures qui veulent faire du vivre ensemble ? C'est compliqué pour les oppositions d'autant qu'elles sont en pleine reconstruction. Comment voulez-vous qu'en ce moment Laurent Wauquiez qui a du mal à reconstruire sa maison soit contre l'évacuation de Notre-Dame-des-Landes, le discours dur contre les occupants de Tolbiac et une position ferme face aux cheminots ? Et comme il ne
veut
pas approuver Macron parce qu
'il
veut être l'opposition, il se tait. Et
pareil
chez Olivier Faure. Olivier Faure qui a tenu des propos assez proches de la gauche, de la gauche dure, de la gauche radicale, mais qui n'a pas été non plus tellement agressif parce qu'on retrouve dans les propos de Macron parfois des propos de Hollande, notamment ce côté créons les richesses, redistribuons-les ensuite. Donc c'est compliqué pour les oppositions. Le gouvernement n'est pas encore en échec. Il est en train de semer, de cultiver. On ne sait pas encore si c'est une erreur, ça ne
va
rien donner ou s'il y aura une moisson. C
'est un discours qui
ne donnait pas de prise surtout. C'est un discours
qui ne donnait pas de prise.
La déclaration de... Toutes ces déclarations,
c
'est quand même un rituel qui nous fait rigoler. Il
faut
dire les choses. Ça fait 40 ans que j'entends...
La
démocratie. ... que j'entends les réactions des opposants aux discours des présidents de la République. C'est quand même un exercice imposé d'une grande... Mais moi, ce qui m'a le plus frappé,
c
'est le ton de Mélenchon. Parce que sur l'échelle de Mélenchon, le paternalisme,
c
'est vraiment le degré 1. On ne peut pas faire plus doux comme critique. En général, il est un peu plus... Il monte un peu plus dans les cintres. Là, lui reprocher son paternalisme.
Donc à Citrolas,
c
'est réussi,
il
y aura le réussi parce que
ça ne donne pas de prise. Ça ne
donnait pas de prise. Autant le discours sur la laïcité, le rapport avec l'Église catholique il y a trois jours a déclenché des foudres parce qu'il était transgressif par certains côtés. Autant là, c'est vrai qu'il y avait un côté un peu consensuel quand Coquerel disait qu'il s'était endormi. Peut-être qu'il ne plaisante pas. Peut-être qu'il s'est vraiment endormi. Oui, mais moi,
je
pense qu'il y a une difficulté pour Jean-Luc Mélenchon depuis le début du quinquennat qu'il espère incarner l'opposition sociale à Emmanuel Macron. Il a échoué au moment des ordonnances travail. Et là, le pari,
ça
a été fait, notamment avec une partie de la gauche, avec le NPA, avec les communistes, avec une partie des socialistes, d'une coagulation des mouvements sociaux et on voit que ça ne marche pas. Donc, il n
'y
a pas d'adversaire. En fait, là, ce qu'on voit aujourd
'hui,
c'est qu'il n'y a pas d'opposants installés face à Emmanuel Macron.
Avec un discours.
Avec un discours. Et c'est vrai que Laurent Wauquiez a essayé de faire cette opposition au moment des derniers actes terroristes. Et je ne pense pas qu'il ait bien agi parce qu'il a été très, très offensif alors qu'il y
avait
un moment d'union nationale au lieu d'attendre un peu et que là, il n'est pas bon non plus sur le social. du côté de Mélenchon, il y
a
une faille et du côté de Wauquiez, il y
a
aussi une faille.
Et Laurent
Wauquiez avait tenté d'arponner le président de la République sur la question des territoires. Là
aussi, il y avait
les retraités, on l'a évoqué dans la première partie de l'émission. L'autre enjeu de cette intervention, c'était de dire à cette France des territoires, des terroirs, comme on veut, on choisit ses mots, qu'elle n'était pas oubliée, qu'il l'entendait et qu'il s'en préoccupait. Est-ce qu'à ce titre-là, il a réussi son oral, son intervention, cette interview ? Qu
'est
-ce qu'il leur a dit en réalité ?
Il
leur a dit qu'il ne les ignorait pas, il leur a dit qu'il n'était pas le président des villes, qu'il était parfaitement conscient qu'il y avait d'abord une complexité dans les territoires, qu'il n
'y avait
pas simplement le rural et les villes, donc sans faire la leçon pour autant. Donc il s'est adressé à eux tout simplement. Il leur a dit aussi à travers le 80 km heure, parce que Françoise Fresseux disait que pour Laurent Wauquiez c'était compliqué, il a même perdu son 80 km heure dont il avait fait l'étendard du mépris d'Emmanuel Macron à l'égard de la ruralité. Il
sera testé pendant deux ans
? Oui, et puis la formule aussi était assez amusante, on s
'est
un peu échauffé le sang sur cette question, donc il l'a en réalité très banalisé, très ramené à quelque chose de pas si important que cela et sur lequel il était prêt si l'expérimentation n'était pas bonne et bien à revenir et puis en plus l'argent qui pourrait être collecté. Donc il s'est adressé à eux, il a essayé de minimiser voire d'annihiler cette image d'un président des villes qui haïrerait la province, qui ne la comprendrait pas.
Mais est-ce qu'il a donné plus que dire qu'il l'entend, est-ce qu'il a donné des gages ?
Non, sur le fond, moi je pense que sur le fond il n'a pas répondu, il n'a pas répondu à toutes les critiques majeures qu'on fait sur la forme en revanche et effectivement le paternalisme, c'est le degré 1, j'aime bien la formule du rejet parce que le paternalisme ce n
'est
pas l'arrogance, ce n
'est
pas l'ignorance, ce n
'est
pas le mépris. Donc il n'a pas fondamentalement changé les choses, il n
'a
pas apporté beaucoup de choses sur le contenu, donc il ne convaincra pas massivement, mais il a fait baisser la température. Et je pense que c'était ça l'enjeu.
C'est
ça qu
'il
voulait faire
?
Moi je suis persuadé que c'était ça, c'est je fais baisser la température, j'apaise, j'explique, j'apaise et j'essaye d'échapper aux grilles de lecture qu'on m'a collées ou que j'ai données à voir sur quelqu'un qui serait trop vertical, trop péremptoire,
Est-ce qu'on peut y
arriver à échapper à cette grille de lecture avec des formules, avec une allure, avec une posture ? Ça
compte, il faudra le voir. Ça compte, bien
sûr, ça compte, bien sûr, mais sans annonces. Il y a eu quelques petites
annonces, mais sur la question des territoires, il n'y a pas eu
d'annonces.
Je
crois qu'il faudra le voir sur l'ensemble de la séquence parce que n'oubliez pas que dimanche soir, il a rendez-vous avec les colères.
Il
a rendez-vous avec Edouard Plenel qui est une des voix fortes d'une gauche radicale très très critique à l'égard de la politique du gouvernement et très sympathisante de Sud, de la CGT, du mouvement social, avec Jean
-Jacques
Bourdin qui a la réputation d'être un intervieweur particulièrement punchy et qui n'hésite pas à exprimer la colère d'une catégorie de population dont on dit qu'en général, sur les médias,
ils
n'ont pas droit au chapitre. Donc, c'est sur l'ensemble de la séquence. Je veux dire, aujourd'hui, disait-il parler à la France 2 juin, peut-être que dimanche,
ça
sera plus compliqué parce qu'il aura à répondre beaucoup plus directement aux gens, aux étudiants qui sont aujourd'hui qui occupent les facs, aux cheminots en colère, etc. Et c'est sur la totalité de la séquence qu'il faudra voir l'équilibre. Ce qui prépare aussi, on est dans une période, on l'a dit,
de
conflit, donc il faut apaiser, etc. Mais c'est les un an aussi de Macron au pouvoir. Donc,
il
est en train de faire sa propre justification et son propre travail de valorisation de la première année du quinquennat. Donc, la séquence BFM que Claude Veil indique, elle fait partie de ce plan média et de cette réflexion globale où il y a non seulement le contexte agité, mais il y a aussi la préparation de ce qu'on va dire sur la première année. Et là, c'est l'explication et c
'est
la défense.
Et vous avez compris le message
?
Le message, c'est je ne renonce à rien. Je ne renonce à rien, mais j'écoute. J'écoute, je suis attentif, je ne suis pas arrogant, mais la France a besoin d'être mise en mouvement et je continuerai à
la mettre en
mouvement comme je... Il n
'a
pas varié là-dessus.
Il n'a
pas varié. Il y a un deuxième message, à mon avis, qui était déjà très fort dans la campagne présidentielle qui reprend, c'est la valorisation du travail. Et alors, il dit je ne distribuerai pas la cagnotte,
ça
ne sert à rien, mais il prévoit quand même un geste assez fort sur l'intéressement et la participation. C'est la seule annonce ? Voilà. C'est-à-dire que les entreprises qui payaient ce qu'on appelle un forfait social, c'est-à-dire des charges sur les sommes d'intéressement et de participation, si elles sont en dessous de 250 salariés, elles ne le paieront plus.
Ça suffit pour les
salariés
?
Ça se change pour les entreprises. Elles vont être évidemment incitées à abonder. Le taux est soit de 8% pour les toutes petites, soit de 20%. Donc c'est quand même assez important.
Et l'idée, et en fait Emmanuel Macron sait très bien que la croissance est en train de revenir, donc il y a de l'argent qui va rentrer dans l'entreprise, il est en dialogue avec la CFDT là-dessus sur qu'est-ce que c'est que l'entreprise et je pense que le message fort de l'émission c'était de dire au moment où les fruits de la croissance reviennent, il y aura une valorisation du travail et ça je le demande aux entreprises, c'est-à-dire si vous faites du bénéfice, si ça marche bien, vous le redistribuez aux salariés.
Et
donc vous
allez quand même... C'est pas l'État qui redistribue, c'est les entreprises.
C'est
pas l
'État, c'est les entreprises
on l'a entendu dans les micro-trottoirs comme on dit, les reportages qui étaient diffusés pendant l'émission avec des gens qui disaient en gros, il n
'y a
pas de politique sociale.
Il a eu cette phrase, il
a dit le social c'est pas dépenser comme ça et distribuer de l'argent public. Donc il a tenté de faire baisser la pression mais la pression elle est en train vraiment de s'installer sur l'idée la croissance est là, il faut notre part du gâteau.
Et ce qui monte dans les préoccupations des Français ce sont les questions justement sociales, termes que Macron n'emploie jamais. D'ailleurs, il a même dit ce que vous appelez le social
à un moment donné
pour parler lui de protection. Ce n'était pas le passage où il était le plus convaincant. Il a évoqué un certain nombre d'éléments mais on voit bien que dans sa conception on n'est pas du tout dans un social où l'État aurait un rôle de régulateur, de redistributeur. C'est aux entreprises. En revanche, il a évoqué son souci de justice, de vouloir une société juste. Donc ce n'est pas à travers la redistribution sociale, ce n
'est
pas à travers une action frontale sur les inégalités, c'est à travers cette image de premier de cordée qui était plus horizontal où
tout le
monde devait marcher.
Exactement, le premier de cordée désormais
est clairement chargé de tirer la cordée,
pas seulement d'arriver au sommet le premier.
Et c'est vrai que toutes les explosions sociales majeures en France sont arrivées non dans des moments défensifs parce qu'il
y a
la crise, mais dans des moments offensifs parce que ça va mieux. En 68, ça allait bien. Croissance, 30 glorieuses, plein emploi, on veut notre part du gâteau. En 89, Rocard, qui venait d'arriver à Matignon, a eu un mouvement social dur, ça va mieux, on veut notre part du gâteau comme salarié, comme retraité, comme bénéficiaire des allocations sociales. Et Macron risque d'avoir le même problème si ça va mieux vite et que les Français n'en voient pas les fruits. Et en effet, ça ne dépend pas que de lui.
Ça dépend des entreprises. Ça, c
'est compliqué. Cette mesure, la défiscalisation, en gros, de
l
'intéressement,
du forfait social, c'est pas un lapin sorti du chapeau puisque à peine l'interview du président de la République terminée, Bruno Le Maire a donné le chiffrage. Je crois que
c'est
475 millions de pertes pour l'État. Donc, ça veut dire que c
'est
un truc qui a été étudié et qui a été sorti.
Ça, ça
fait
partie des annonces.
Avec la possibilité de faire rentrer par la loi la raison d'être d'une entreprise comme motif d'existence de l'entreprise. Il n
'y a
pas que le profit, il
y
a aussi le rôle social de l'entreprise. C'est peut-être pas acquis, mais ça, ça serait une révolution presque philosophique. Ça veut dire aux entreprises, vous avez le devoir de faire profiter les autres de la réussite de la boîte.
Est-ce qu'il
y a
eu une autre annonce ? Il y a eu d'autres annonces parce que là, on a l'impression que
c
'est du point de croix.
C
'est-à
-dire
que les annonces, elles ne sont pas annoncées avec
tambour et
trompette. C'est distillé comme ça dans l'émission.
Et
c'est souvent dans les mois à venir. Dans les mois à venir, à l'été, je mettrai plus de moyens où je vais annoncer des choses
sur la
santé. Également à propos de la veuille sur le salafisme et la venue aussi d'accords qui pourraient se faire avec l'Arabie saoudite. Donc, c'était toujours il
va y avoir des annonces,
mais c
'est
pour plus tard.
Juste un mot, libérer, protéger, ça c'était son
cas. Et unir. Et unir. Voilà le
mot unir.
C'est important.
C'est dans les murs, ça. Il a fait aussi une métaphore
sur
il y a la base, le socle, c
'est
l'ordre républicain et l'école. Et puis ensuite, il y
a
les murs. Et là, il y avait un triptyque libérer, protéger et unir. Et c'est ça qui est un petit peu nouveau. C'est qu'on a le sentiment qu'il a compris qu'il était un président qui donnait le sentiment de vouloir opposer les territoires, les riches, les pauvres, etc. À un moment donné, je suis un président rassembleur qui cherche à unir et non pas à diviser. Ça
permet de
relativiser quand vous dites ça.
Ça
permet de relativiser.
Il
est très sensible depuis qu'il a été élu à la thématique de l'engagement. C'est-à-dire qu'à chaque intervention, il essaye de dire « engagez-vous ». C'est pour ça aussi qu
'il
veut faire le service national. Mais le fait qu'il soit obligé à tel point d'insister,
c'est que ça ne marche pas.
Oui, c'est que la
société
est extrêmement individualisée. Ou alors elle fait du bénévolat dans sa sphère privée. Mais on voit qu'il y a...
Il a
du mal à entraîner le
pays dans cette ville-là. Il a énormément
de mal et on sent que c'est quand même un souci
de très large.
En marche.
En
marche.
Pour l'instant,
il marche seul, c
'est
ça que vous voulez
dire ?
En marche, la porter au pouvoir, mais pour changer la France, il est un peu seul.
Alors, c'est par ce sujet qu'il a débuté cette émission. La Syrie, alors que le climat se détériore entre Moscou et Washington, faisant craindre une escalade sur le dossier syrien, le chef de l'État a confirmé que la France avait la preuve de l'usage d'armes chimiques par le régime de Bachar el-Assad. On l'écoute.
Nous
avons la preuve que la semaine
dernière,
il y a maintenant près de 10 jours, des armes chimiques ont été utilisées, au moins du chlore,
et
qu'elles ont été utilisées par le régime de Bachar el-Assad.
Donc, à votre avis, ligne rouge franchie, et vous l'aviez dit, il y aurait une intervention, une riposte en tout cas occidentale. Vous en avez parlé avec Donald Trump ?
Oui. Tous les jours, depuis le début de semaine, nos équipes travaillent très étroitement. Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu quand nous le jugerons le plus utile et le plus efficace.
Mais
donc, qu'allons-nous continuer à faire en Syrie
?
Un, lutter contre les terroristes jusqu'au bout, ensemble dans la coalition.
Deux, nous
assurer que le droit international est respecté et donc continuer, à la table des Nations Unies, comme nous l'avons fait, de tout faire pour qu'il y ait des cesser le feu pour les populations civiles. Et on l'a déjà à plusieurs reprises montré. Et la France, depuis le début de semaine, s'active.
Trois, le droit humanitaire et l'accès humanitaire aider les ONG à aider les populations sur le terrain, dans ce qu'on appelle la route orientale, demain sans doute à être libre, et à sortir les populations civiles, les enfants comme les femmes, pour ne plus jamais revoir les images atroces de crimes que nous avons vus avec des enfants, des femmes, qui étaient en train de mourir étouffées, parce que subissant le chlore. Quatre, enlever les moyens d'intervention chimique au régime. Donc ce sera la cible d'éventuelles frappes.
Et cinq, quand nous le déciderons, et une fois que nous aurons vérifié toutes les informations, et cinq, c'est aussi de préparer la Syrie de demain, parce que c'est la seule qui permettra la paix, et donc une transition, un régime libre, où toutes les minorités seront représentées.
Une
question qu
'on
se pose, on a entendu hier le président Poutine, en Russie, parler de la situation chaotique du monde, vous l'avez eu au téléphone aussi, depuis le début de cette crise ?
Je l'ai eu à plusieurs reprises, depuis que je suis élu, reçu, comme vous le savez, le président Poutine, nous nous sommes vus à plusieurs reprises, nous nous parlons régulièrement. Le monde est chaotique, il y a des situations inacceptables, et donc c'est pour cela que ce que nous faisons aujourd'hui, et ce que nous serons conduits à faire en Syrie, c'est de rester sur nos priorités,
et
d'assurer la stabilité au maximum de cette région, et donc en aucun cas,
en
aucun cas, la France ne laissera une escalade se faire, ou quoi que ce soit qui puisse endommager la stabilité de la région, mais on ne peut pas laisser aujourd'hui,
des
régimes qui se croient tout permis, en particulier le pire, en contravention du droit international, agir. Je crois que
toutes
celles et ceux qui nous regardent ce midi ont été choqués. Par les images
terribles
qu'on a vues
dimanche
dernier.
Cette
question, sait-on quelles sont les preuves des attaques chimiques en Syrie dont Macron parle
? Non,
on ne le sait pas. Les différents pays travaillent en quête, chacun a un peu sa vérité, Merkel est visiblement sur la ligne de Macron, Theresa May était un peu plus prudente, Trump, comme d'habitude, a soufflé le chaud et froid, il n'a cité qu'une arme, Macron, c'est le chlore, le chlore par certains experts est contesté comme arme chimique véritablement interdite parce que son usage existe dans le civil, à l'inverse de certains poisons comme le gaz sarin qui n'existent pas dans le civil. Donc il y a toute une gamme d'interprétations selon ce qui sera retenu définitivement, correspondra à cela une réponse militaire différente.
On ne frappera pas les mêmes cibles et pas avec la même véhémence.
Est-ce qu'il en a dit suffisamment sur ce sujet-là
?
Je trouve qu'il y a beaucoup de questions qui se posent et davantage peut-être que les réponses qu'il a apportées. On comprend qu'il veut assurer en même temps la stabilité de la région et là c'est probablement l'antimodèle de la Libye. Mais comment ? La question aussi c'est avec qui ? Comment ? C'est très bien comme objectif mais qu'est-ce que ça veut dire ? Est
-ce
que ça veut dire qu'ensuite le départ de Bachar el-Assad va être à nouveau posé ? Comment pourrait-il l'obtenir ? Donc il
y a
la stabilité mais il
y a
la sanction. Il nous dit aussi il doit y avoir une sanction. Très bien. Quels objectifs ? Comment ? Et puis il n'y aura pas d'escalade on comprend aussi pas simplement dans la région mais sur l'ensemble de cette crise
qui pourrait être extrêmement grave. Ça sera plus
à Donald Trump et Vladimir Poutine. D'ailleurs
il a dit
qu'il avait parlé à Vladimir Poutine autant qu'à Trump.
C'est
important.
Ça
veut dire que ce qui va se passer probablement sinon ça serait vraiment une pantalonnade ça ne se fera pas avec l'approbation de Poutine et ça ne se fera pas complètement dans le dos de Poutine.
Il
sera informé
de ce qui
va se
passer.
Je pense que ce qu'il montre c'est qu'il n'est pas un vat en guerre qui ne va pas faire des choses comme ça de manière inconsidérée qu'il est parfaitement conscient des enjeux qu'il le sait qu'il essaie de rassurer les français sur un certain nombre de points mais on reste totalement dans l'expectative et c'est peut-être tout à fait normal et dans les ténèbres sur concrètement
que
vont-ils faire comment avec quels objectifs ça ne l
'a
pas dit Est-ce que
ça c'est un sujet
risqué Claude
Veil ? C
'est beaucoup cinq buts de guerre sur un dossier aussi compliqué
et
où jusqu'à présent on n'a obtenu aucun résultat il faut dire les choses comme elles sont ça fait quand même cinq ans que la coalition internationale est sur pied
et
on n'a abouti à rien les islamistes sont toujours là les populations souffrent toujours Daesh a
quand même bien reculé Oui mais
enfin sauf qu'au départ c'était pas contre Daesh la guerre c'était contre Aussi contre
Pas la coalition
C'était bon toujours est-il que Bachar el-Assad est toujours au pouvoir que les souffrances des populations n'ont fait que ça gravé que les exodes ont pris des dimensions cataclysmiques et que la communauté internationale était trop divisée pour obtenir aux résultats donc je pense qu'il y a légitimement dans l'opinion française et dans l'opinion européenne d'ailleurs ça a été dit sur ce plateau par Merchet il
y
a deux ou trois jours
Jean-Dominique Merchet
Jean-Dominique Merchet rappelez-moi la dernière fois qu'une intervention militaire occidentale dans le monde arabo-musulman a été un succès
il
faut remonter et encore il faudrait parler des
suites on refait pas l'émission qu'on a fait il y a deux jours sur Emmanuel Macron donc je pense
qu'il y a beaucoup d'interrogations sur tout ça et moi de la façon dont il en parlait
je
trouve qu'il a surtout donné à voir ses propres interrogations
et c'est la question que je voulais vous poser c'est que autant
sur les autres sujets
il
dit fermement avec toutes les nuances que vous avez parfaitement expliquées j'irai jusqu'au bout mon cap est clair sur ce sujet là après avoir fait adresser un message pour le coup assez ferme lors de la venue de Vladimir Poutine sur ses lignes rouges sur ce qu'il n'accepterait pas là on sent que il y a moins de fermeté qu'il y en a eu sur le dossier
oui mais je veux dire c'est le résumé absolu de la position française qui de toute façon ne peut rien faire toute seule on l'a vu avec François Hollande à l'été de 2013 où il voulait intervenir où il espérait que les Etats-Unis suivraient où il a été lâché par les Etats-Unis parce qu'à l'époque il était absolument ou très scandalisé qu'on puisse utiliser des armes chimiques les Etats-Unis l'ont laissé tomber et donc il n
'y a
pas eu cette intervention aujourd'hui on voit bien les interrogations d'Emmanuel Macron et on voit bien même si on agit dans le cadre de la coalition que les résultats ne seront pas à attendre si jamais il y a une intervention ne seront pas mérifiques donc je trouve que de ce point de vue là ça en dit long sur la difficulté pour la France aujourd'hui d'exister en politique internationale on pourrait presque faire la comparaison avec l'Europe aussi souvenez-vous où Emmanuel Macron s'est fait élire sur un discours pro-européen de transformation de l'Europe où est-ce qu'on en est un
an après ?
C'est important
ce que vous dites
Françoise Fressos puisqu'on fait le bilan de l'anniversaire quand il est arrivé aux responsabilités Emmanuel Macron l'ensemble des observateurs comme on dit ont salué son atterrissage sur la scène internationale Francis Bach etc un an après les résultats en matière de politique européenne ou sur la scène internationale sont peut-être plus mitigés qu'on pouvait l'imaginer au
début il
a été desservi oui probablement mais là on parle quand même d'un risque de guerre et d'un guerre non seulement au niveau régional et local mais qui pourrait aller beaucoup plus loin la réponse de Poutine disant que s'il y avait des missiles qui étaient envoyés non seulement ils chercheraient à les intercepter mais qu'il y aurait un retour sur ceux qui les ont envoyés ça
a calmé tout le monde
oui et puis ça construit une aporie c'est-à-dire qu'il n
'y
a pas de bonne solution c'est j'y vais au risque de déclencher une guerre mondiale je n'y vais pas au risque de déconsidérer tous les rapports de force
si je peux ajouter un codicil à ce
que disait Françoise Fresso
c'est
que non seulement la France est une situation difficile parce qu'elle ne peut pas agir seule dans cette affaire-là mais il
y
a une autre considération que évidemment Macron ne peut pas dire mais que nous savons tous
c
'est que le président des Etats-Unis est tellement irrationnel et décrédibilisé appelons les choses par leur nom que c'est très difficile aussi d'arriver la France à la politique américaine
avec un tel allié c'est ça
c
'est vrai que c'est compliqué d'être avoir pour partenaire un homme qui tweet le matin que ça y est les missiles sont partis et qu'à midi ben non finalement peut-être jamais et le soir entre les deux c'est vrai que c'est pas simple d'avoir Trump même si finalement avoir Obama c'était
pas juste pour Hollande et qu'il y a la dernière seconde
tout de même en un an il a reconstruit une relation virile mais correcte comme on dit sur les stades avec Vladimir Poutine il a su gérer Trump avec le retrait de Trump de l'accord de Paris dans lequel peut-être les Etats-Unis reviendront il ne l'a pas humilié il ne
l
'a pas fâché il l
'a
même honoré le 14 juillet résultat il va y aller là pour l'anniversaire de son élection il sera aux Etats-Unis pour l'anniversaire du premier tour
et
puis il a eu quelques petits points d'avancée quand il va à Riyad pour sortir à Riri le patron du Liban de cette NAS le faire revenir au pouvoir alors qu'il avait donné sa démission et quelques semaines après Mohamed Ben Salman vient quand même en France c'est-à-dire qu'il
n'y a
pas de fâcherie évidente entre Arabie Saoudite et France c'est de la diplomatie de dentelle alors il est trop tôt pour qu'il
y ait
un bilan pour ce président c'est tellement lent et notamment le chantier européen est très lent mais pas de la faute de Macron parce que les Allemands ont voté comme ils ont voté que ça a pris des mois pour faire une coalition et qu'on a maintenant une Merkel au pouvoir ce qui est une bonne nouvelle pour la France mais une Merkel affaiblie ce qui est une bonne nouvelle pour la France à lui maintenant de jouer mais c'est plutôt pour l'année 2
et
nous passons maintenant à vos questions justement on continue sur la Syrie Emmanuel Macron n'a-t-il pas été trop succinct sur la Syrie qui est le sujet actuel le plus important
mais
il ne peut pas dire davantage à part dire on ne peut pas laisser passer sans réagir le crime qui
a été
commis auprès du gazage de population civile il faut qu'on sanctionne mais en même temps personne ne se fait d'illusion sur l'efficacité de cette sanction il faut dire les choses comme elles sont on est plus dans la punition symbolique presque parce que
la
réalité c'est que cette guerre est quasiment finie et que Bachar el-Assad l'a gagné donc on va les chasser il y a un principe de réalité en politique étrangère qui s'impose personne aujourd'hui ne propose de monter une coalition pour se débarrasser de Bachar el-Assad
après fixer des limites dans des pratiques
comme celle de l'utilisation
si demain la guerre en Syrie s'arrête par faute de combattants parce que Bachar a écrasé toutes ses oppositions il n'aura même plus besoin de gazer ses populations
les gaz
chimiques il y
en
a ailleurs dans d'autres pays et
c'est déjà important
de dire qu'on ne laisse pas passer par ailleurs il faut regarder la suite c'est le début d'un rapport de force avec
soit
le futur régime syrien soit l'Iran et la Russie c'est dire aux Russes et aux Iraniens
on est prêt à continuer à
discuter de cette
zone du monde quand il dit
on va faire du nation building en Syrie sous-entendu puisqu'on l'a raté en Libye sauf qu'il y a un pouvoir en Syrie qui est
bien en place il y aura peut-être un droit de suite dimanche il
faut
qu'on soit
autour de la
table
Claude Veil il y
aura
peut-être un droit de suite sur ce sujet là dimanche lors de la prochaine interview
sans doute mais
comme le disait François je crois que la France n'a pas toutes les cartes en main dans cette affaire
L
'opinion est-elle toujours avec Macron
? Christian
Thurier
Oui
l'opinion aujourd'hui continue à approuver pour un gros tiers d'entre elles le bilan et la politique d'Emmanuel Macron ça veut dire deux choses ça veut dire que c'est pas mal notamment par rapport à ses prédécesseurs ça veut dire aussi qu'il est minoritaire dans l'opinion quand on est à 32-34% d'approbation de l'action gouvernementale ça signifie qu'il y
en
a plutôt 60% qui émettent un jugement négatif mais il tient il tient et il y a quels que soient les indicateurs qu'on regarde on voit bien qu'on a quand même un bon tiers un gros tiers de français qui adhère au mouvement qui adhère à la plupart des mesures et face à ce gros tiers il y a des oppositions émiettées et qui ne constituent pas des alternatives non plus
Quand il lit vos sondages il n
'a
aucune source d'inquiétude
? Il
y a beaucoup de sources d'inquiétude à
avoir Lesquelles ?
La montée des questions sociales et la difficulté à y répondre l'impatience des français puisqu'ils entendent que ça va un peu mieux et du coup le désir de redistribution et de plus grande justice le sentiment de ne pas être suffisamment pris en compte respecté compris donc c'est toutes les thématiques président des riches président des villes etc non non il y a beaucoup de choses difficiles et de reproches adressées
Pourquoi les retraités
devraient-ils dire merci aux actifs ? Nous aussi avons payé à notre époque pour les retraites de nos anciens
Là c'est les actifs à travers la voix de Macron qui disent merci aux retraités mais les retraités quand ils ont payé jadis ils ont payé pour la retraite des anciens sauf qu'il y avait quatre actifs pour un retraité Là maintenant on va arriver à un actif pour un retraité dans quelques années l'équation n
'est
plus du tout la même donc le modèle social de 1945 une démographie jeune et une économie très prospère très active il est à plat on a une démographie âgée de plus en plus de personnes âgées qui vivent de plus en plus vieilles et qui en plus coûte cher parce que la santé c'est tant mieux permet des soins plus coûteux et plus performants plus longtemps et des actifs toujours moins nombreux on rentre plus tard dans le marché du travail on a des carrières interrompues et donc il faut bien trouver une équation financière pour cela sinon à un moment donné le système explose chacun prend des assurances privées des retraites privées on est aux Etats-Unis en pire et Macron comme d'autres sociodémocrates ou sociolibéraux essaye de sauver le modèle mais on lui retrouve une stabilité financière c'est ce qu'il a dit d'ailleurs quand il a évoqué cette idée de protéger dans ses différents murs il y a mis la question des retraites c'était très allusif parce que c'est un chantier à venir mais il a évoqué à ce moment-là la formation l'intelligence artificielle c'était un peu plus éloigné en tous les cas il aurait fallu qu'il développe et les retraites
vous
avez fait un plan de la maison Macron c'est ça ?
j'ai repris moi j'ai suivi ce que
la truelle et le maçon nous disaient sur le socle on
le garde pour
commenter la prochaine émission allez à quoi ça sert d'être à l'écoute si on dit qu'on ne change pas d'avis
? ah mais si parce que
je pense que ça permet de gommer toute une image qu'on peut construire autour de l'intransigeance d'un président de
la
République c'est
-à
-dire on peut le considérer comme arrogant on peut le considérer comme couper des gens et là je trouve qu'il a fait cet effort c'est ce que disait Brice Tinturier il a fait cet effort de dire non je ne
suis
pas arrogant je ne vous méprise pas mais j'ai été lu sur une certaine idée et je tiens mon cap
cette question Macron fait du Macron je vous entends mais je me moque complètement de votre avis n'est-ce pas une drôle de conception de la démocratie
? c'est pas je ne me moque pas de votre avis je crois que ce qu'il a essayé de faire passer c'est je ne me moque pas de vous mais je veux transformer ce pays je l'avais annoncé
pendant la campagne
donc on est d'accord on n'est pas d'accord il réaffirme toujours son leadership et le besoin de leadership mais ce qu'il a cherché à éviter c'est justement le j'en ai rien à faire de vous et c'est l'arrogance
il
y
a
quand même quelques correctifs les 100 000 et quelques retraités qui vont être remboursés finalement de cette CSG qu'on leur a prélevé par erreur les 80 km heure avec la ligne Jacques Mézard cohésion des territoires qui l'emporte sur la ligne Édouard Philippe donc on y va plus en douceur avec une capacité de faire marche arrière ce qui en matière prévention routière est quand même un signe tout ça c'est quand même des correctifs
sur les hôpitaux sur
les hôpitaux et sur les retraites on voit qu'il est dans une bonne volonté moi je n
'ai
pas vu le début de commencement d'un financement d'une politique précise
un débat face aux français ne serait-il pas plus pertinent
? mais
c
'est
quoi un débat face aux français ? c'est un référendum
? non c'est un débat télévisé avec les français c'est un échantillon français c'est un échantillon français c'est un modèle qui se pratiquait beaucoup sous
Chirac on avait 30 français
ça
ressemblait beaucoup en réalité parce que les français n'étaient pas présents en studio dans le studio dans la classe mais en réalité c'est ça qui est la question montre quand même que les français n'ont pas le sentiment d
'être bien
représentés quand c'est un président qui est interrogé par un journaliste et uniquement cela il y a ce besoin de rapprocher encore davantage l'exercice du pouvoir celui qu'il détient les français il le fera face aux français il le fera tôt ou tard il le
fait
par pastille parce que chaque fois qu'il va dans la rue il parle un
jour
avec une fille amère le lendemain
avec un poids ça ne se passe pas toujours bien vous avez
noté allez je suis heureux le président m'a remercié de lui avoir donné une partie de ma retraite je le remercierai moi aussi en temps voulu on s'en inscrit
dans un bout d'un coup c
'est très bien ben voilà c'est ça tout l'enjeu de Macron s'il ne récupère pas cet électeur d'ici 2022 il sera remercié au sens de congé
il a 4 ans pour le faire il a 4
ans pour
le faire et la croissance est de
retour donc il y
a
peut-être désespoir
allez à quand va-t-on demander aux riches de faire des efforts
là
c'est pas prévu
non
et puis il a été interpellé aussi sur cette question et c'est là où il essaye d'expliquer qu'il est partisan d'une société juste mais pour le coup ce n'est pas à travers l'état que les mécanismes de redistribution vont se faire quand Hollande a demandé aux riches de lui donner de l'argent ils sont partis en Belgique
donc
maintenant il faut essayer autre chose il
faut
leur laisser de l'argent et leur demander de l'investir en France est-ce que ça va marcher ou est-ce qu'ils vont être c'est son pari malhonnête on verra
ça reste son pari le président toujours aussi bon sur la forme mais sur le fond quoi de neuf
excellent résumé de ce que nous avons dit je crois
j'ai été
distrait par les gamins jouant dans la course suis-je le seul est
-ce que vous avez dit c
'était en marche c
'était
les jeunes en marche les gentils retraités qui sont remerciés ne souhaitent pas que cet effort soit renouvelé trop souvent
normalement
en octobre ils devraient
s
'y retrouver avec
la taxe d'habitation et puis c'était bien cette école parce qu'on est dans un pays qui fait des enfants malgré les crises malgré les difficultés on continue à avoir une fécondité plutôt meilleure
allez
une dernière question remarque Macron en maître d'école et les français en petits écoliers on verra s'ils suivent la leçon d'Emmanuel Macron on le verra dans les prochains sondages c'est la fin de cette émission merci à tous qui sera rediffusée ce soir à 22h20 demain vous retrouvez Bruce Toussaint pour un nouveau C'est dans l'air dans un instant c'est à vous avec un invité exceptionnel l'ancien chef de l'état François Hollande qui aura sans doute beaucoup à dire de l'intervention d'Emmanuel Macron belle soirée c'est François
c'est
François Hollande