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ChroniqueC à vous (sur YouTube)· 7 janvier 2026 9 minActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

« Néron à l’Élysée » : les coulisses du dernier mandat d’E. Macron - L’édito de Patrick Cohen

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:30OuverteRéponse directe

    On peut y répondre... Vous reconnaissez quand même qu'il y a quelques réussites, des avancées non négligeables, en tout cas dans son 2e mandat, à partir de sa réélection en 2022.

  • 2:00OuverteRéponse directe

    D'abord, ce titre, c'est de la provocation? C'est volontairement excessif?

  • 3:00FerméeRéponse directe

    De la rage?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    L'explication est pathologique?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    C'est parce qu'il est mal entouré qu'il est plus seul que tous les autres présidents de la République avant lui?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30P.CohenFait
    « Macron, c'est un peu Néron qui a mis feu à Rome en accusant les chrétiens. »
  • 1:00E.CiottiFait
    « Macron, qui se voulait Jupiter, c'est Néron, l'empereur maudit. »
  • 1:30E.MacronFait
    « Individualiste et rassembleur, despote éclairé, Napoléon était capable de modestie provocante, de réussite, de rêve comme de ses chutes qui l'accompagnent. »
  • 2:30N.DomenachPromesse
    « Il nous conduit au RN. Il nous y conduit tout droit. »
  • 3:00M.SzafranFait
    « Il était 10 fois plus fort que les autres chefs de l'Etat autour de la table, qu'il était plus balèze qu'eux, mais que ça finissait toujours mal. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonne émission, Babeth. - A.-E.Lemoine: Tout de suite, L'Edito de Patrick.

Vous avez lu ce "Néron à l'Elysée". - P.Cohen: Je l'ai ouvert avec un peu de réticence.

Néron, c'est l'empereur psychotique qui incendié Rome avant de se suicider. La 1re curiosité tient aux auteurs du livre. Comment des observateurs aussi raisonnables et modérés que vous deux, qui ont d'emblée été séduits par le personnage, en sont venus à de telles extrémités?

Dans le tome 2 de votre série sur J.Chirac, vous écrivez ceci. C'est extraordinaire, cette phrase.

Avec Macron, ça fait 2. L'image de Macron-Néron a déjà servi, dûment, chez ses opposants. - Macron, c'est un peu Néron qui a mis feu à Rome en accusant les chrétiens. - E.Ciotti: Macron, qui se voulait Jupiter, c'est Néron, l'empereur maudit. - P.Cohen: Macron, l'empereur maudit, qui a aussi évoqué Néron, mais pour parler de Napoléon. - E.Macron: Individualiste et rassembleur, despote éclairé, Napoléon était capable de modestie provocante, de réussite, de rêve comme de ses chutes qui l'accompagnent.

Aigle et ogre, Alexandre et Néron, incarnation de la liberté autant que de la répression policière. Il pouvait en effet être à la fois l'âme du monde décrite par Hegel et le démon de l'Europe. - P.Cohen: Macron, Néron, Napoléon, la force des rimes en "on"...

Plus qu'une histoire de fous, ce livre est le récit d'un enfermement, ce qui est assez courant dans les fonctions présidentielles. Mais on reste impressionné par le niveau de déception affichée par les personnalités qui ont cru en lui. Ce phénomène, aucun de ses prédécesseurs ne l'a connu.

Ils sont un certain nombre à témoigner, qui ont travaillé avec lui, à visage découvert. Beaucoup décrivent un homme qui est dans la démonstration de sa supériorité, une personnalité narcissique, ce que disent F.Hollande et D.Cohn-Bendit.

Un Roi-Soleil qui tient à montrer qu'il est toujours le plus fort, qui n'écoute pas les avis extérieurs, qui se surestime électoralement. On l'a vu aux européennes, juste avant la dissolution. Il ne supporte pas l'idée, raconte l'un de vos interlocuteurs, d'être accompagné par M.Le Pen sur le perron de l'Elysée au printemps 2027.

Mais est-il vraiment responsable de tous les malheurs du pays? A-t-il le dos si large? - A.-E.Lemoine: On peut y répondre...

Vous reconnaissez quand même qu'il y a quelques réussites, des avancées non négligeables, en tout cas dans son 2e mandat, à partir de sa réélection en 2022. Vous dressez un réquisitoire d'une sévérité folle à l'égard d'E.Macron.

D'abord, ce titre, c'est de la provocation? C'est volontairement excessif? - N.Domenach: "Caligula", c'était déjà pris.

C'est mon livre préféré. Il y a eu un précédent livre, qui était "Pourquoi tant de haine, E.Macron?" Il s'était moqué de nous: "Regardez, j'ai été réélu, où est le rejet?" C'était insupportable, à un moment, ce déni.

On est passés de la déception à la colère, à la rage même, parce qu'on voyait qu'il nous conduit au RN. Il nous y conduit tout droit. Il fallait parler assez fort, faire un titre électrochoc pour dire que ça suffit.

Il nous reste un peu plus d'un an. Stop. - A.-E.Lemoine: De la rage? - M.Szafran: La remarque de Patrick est la bonne.

On a toujours été contre la psychologisation. Mais on ne comprend rien depuis 2022. Pourquoi, après cette présidentielle qu'il a gagnée...

On peut revenir sur le contexte, mais il a gagné...

Pourquoi, après le 2e tour de la présidentielle 2022, tout se passe mal? Pourquoi toutes les décisions sont à contretemps? - A.-E.Lemoine: L'explication est pathologique? - M.Szafran: Un témoignage m'a frappé.

C'est un diplomate ou une diplomate qui accompagne E.Macron dans tous les grands sommets. On nous a expliqué dans le détail qu'il était 10 fois plus fort que les autres chefs de l'Etat autour de la table, qu'il était plus balèze qu'eux, mais que ça finissait toujours mal.

Elle ne comprenait pas pourquoi ça se finissait toujours mal. - P.Cohen: Parce qu'il le fait savoir?

Parce qu'il le montre trop? - E.Tran Nguyen: Une autre partie de l'explication, c'est qu'il prend les autres pour des idiots. - N.Domenach: Il pense que les autres ne comprennent pas, ne le suivent pas.

Il pense qu'il faut toujours jouer le coup gagnant. Il y a un témoignage passionnant d'un sociologue que vous avez reçu ici plusieurs fois. C'est le plus grand sociologue français, qui a accompagné Macron pendant longtemps, G.Bronner.

Il ne croit pas à la chance. Il croit que tout lui est dû, que tout lui revient. S'il a gagné les 2 fois, c'est grâce à lui.

Ce n'est pas un concours de circonstances. C'est qu'il est tellement supérieur... - A.-E.Lemoine: Il y a pourtant un nombre de circonstances incroyable avant son élection...

Il ne le reconnaît pas. Il pense qu'il doit tout à son talent. - M.Szafran: Il a quand même été très fort à ce moment-là.

C'est trop facile, aujourd'hui...

J'ai été le voir en 2016. Je le connaissais depuis très longtemps, depuis 2007. "Tu vas te présenter à la primaire de la gauche?

Comme ça, tu seras bon pour 2022." Il m'a regardé avec des yeux... "Ce type est stupide." - P.Cohen: Il vous a dit: "On va gagner." - M.Szafran: Il m'a fait comprendre que c'était l'idée la plus stupide du monde, qu'il allait se présenter et qu'il allait gagner.

C'était en 2016. - N.Domenach: Comment ne pas faire de psychologie quand, à l'issue d'une campagne qu'il a gagnée, il doit nommer quelqu'un de droite, C.Vautrin...

Il nomme E.Borne, qui est de gauche, pour faire une politique de droite... - A.-E.Lemoine: C'est parce qu'il est mal entouré qu'il est plus seul que tous les autres présidents de la République avant lui? - M.Szafran: Il est seul.

Quand on connaît les entourages de Mitterrand, Chirac, Giscard...

Ils avaient des cercles et des cercles... - A.-E.Lemoine: Il y avait des adultes dans la pièce? - M.Szafran: Ils avaient des cercles et des cercles.

Lui est volontairement tout seul. Il y a très peu de gens proches d'E.Macron, très peu. - N.Domenach: On va faire une interview de lui à l'Elysée sur l'industrie.

Il a devant lui tous les dossiers, avec des fiches. Le staff de l'Elysée est dans notre dos. Pendant 2 heures 30, ils vont faire les chiens de voiture.

Pendant 2 heures 30, il n'a pas consulté un seul dossier, personne. On a réussi à poser 3 questions en y allant au coupe-coupe. C'est le personnage le plus hors sol... - A.-E.Lemoine: Il n'est pas si seul que ça.

Au moment de décider de la dissolution...

« Néron à l’Élysée » : les coulisses du dernier mandat d’E. Macron - L’édito de Patrick Cohen — Emmanuel Macron · Pourquijevote