Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrançois Ruffin· 29 janvier 2026 3 min

« Nous, flics, on était fliqués. »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

et qui dit aux gendarmes, aux policiers, "Vous n'êtes pas payé à jouer au foot." Là, on est au bar Lebraza à commenterie. On vient de prendre le café.

On est tombé sur un gendarme à la retraite et qui nous a expliqué comment a évolué son métier. Quand il est rentré, il nous disait "J'avais le temps, j'avais le temps d'aller rencontrer les maires, j'avais le temps d'aller rencontrer les agriculteurs, de venir au bistro." Et puis il y a eu la rupture de 2003.

C'est SarkoZi au ministère de l'intérieur qui met en place la politique du chiffre et qui dit au gendarmes, aux policiers, vous n'êtes pas payé à jouer au foot. et lui il a notre gendarme il disait mais moi on avait un club de foot où on jouait avec les gamiens des quartiers sensibles et ça permettait de créer du lien et puis ensuite bah ça on l'a laissé tomber et on a plus eu le temps plus le temps plus le temps plus le temps. Tu sais c'est comme Alice au pays des merveilles le lapin.

Je sais pas si tu vois mais le slogan qui m'a répété là à ta place où tu te trouves. C'est pas le temps pas le temps, pas le temps. Plus le temps d'aller rencontrer les gens.

Et lui qui était rentré oui pour être dans les forces de l'ordre mais aussi pour un volet social bah tout ça ça a complètement disparu et on leur demander de faire du chiffre son lieutenant lui demandé de faire du chiffre jusque une espèce de caricature quand le 31 décembre il manquait des PV il y avait pas eu assez de PV pendant l'année on leur demandait de se mettre sur le bord de la route et de d'arrêter bah les gens qui avaient un problème de lionomiumière sur plaque minéralogique juste pour au 31 décembre semble avant la fin de l'année avoir les chiffres les chiffres les chiffres et ça je l'interrogé du coup sur là la guerre à la drogue. C'est comme si cette guerre là elle devait être menée de l'extérieur par une police extérieure aujourd'hui. Et lui est bien d'accord, il dit non, ça doit être mené de l'intérieur avec une police qui est à l'intérieur, qui est au contact de la population, au contact des associations et des associations qui sont là pour essayer de faire que les gamins basculent dans le bon sens et la police, la gendarmerie et bien elle doit être en contact de ça, en lien avec ça.

Sinon cette guerre contre l'arrogue nous ne la remporterons pas. Là, on en parle pour les gendarmes, c'est pas le temps, pas le temps, pas le temps. Mais en fait, c'est vrai dans les hôpitaux pour les infirmières, c'est vrai même dans les usines.

Avant, les gens, ils expliquaient que entre la fabrication de deux pièces, il y avait un peu un temps de flottement, il y avait encore un petit temps pour aller à la machine à café et maintenant c'est un enchaînement de tâche. Je résume ça en disant voilà le travail ça doit être comme de la brasse coulée. On fait une tâche, on respire, on fait une tâche, on respire et maintenant c'est devenu de l'apnée. on fait une tâche, on fait une tâche, on fait une tâche, on fait une tâche et en fait ça produit de l'usure d'avoir une perte de sens et ça produit de l'usure psychologique, c'est le burnout et de l'usure physique, ce sont les troubles musculosqueltiques.

Mais voilà ce que ce que nous racontait ce gendarme sur la transformation de son métier, finalement ce qu'il en avait senti comme perte de sens quoi. Oui, il dit nous flic et si on ne ramenait pas les chiffres et ben par exemple on se faisait privé de quartier libre de demande d'avoir une soirée sans avoir le téléphone de la strreinte. Euh le chef qui a regardé sur l'ordinateur combien de PV a av été ramené.

Il dit "Bah non, on me faire des PV à la place." Des espèces de brimade à la brigade pour euh coller à cette exigence tombée d'en haut du ministère de l'intérieur de faire du chiffre du chiffre du chiffre. Yeah.