Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV· 28 mars 2026 16 min

Attentat déjoué à Paris: entretien avec Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et monsieur le ministre de l'Intérieur, le parquet national antiterroriste s'est très vite saisi de cette affaire, de cet attentat déjoué. Pourquoi ?

0:08
Laurent Nuñez

Alors d'abord, permettez-moi de revenir sur les faits. Peut-être dans la nuit, effectivement, entre 3 et 4 heures du matin, rue de la Boétie, dans les locaux de cette banque, Bank of America, les effectifs de la préfecture de police, dont je veux saluer vraiment la réactivité et l'efficacité, qui sont des dispositifs de sécurisation dans le contexte international. Il faut savoir que partout sur le territoire national, j'ai demandé aux forces de sécurité intérieure d'être extrêmement attentives à la protection des intérêts américains et des intérêts de la communauté juive également. Etats-Unis, Israël, avec cette confusion toujours entre nos compatriotes juifs et les intérêts israéliens.

Donc on est extrêmement attentifs parce qu'on sait que dans le contexte, il y a une menace évidemment qui pèse. Et donc les forces de sécurité intérieure sont attentives et font énormément de missions de sécurisation. Et c'est ce qui s'est passé cette nuit, où un équipage de la brigade anticriminalité du 8e arrondissement de Paris a aperçu deux individus qui déposaient effectivement ce qu'on appelle un engin explosif improvisé, avec un bidon contenait probablement de l'hydrocarbure et un dispositif de mise à feu, au moyen d'un gros pétard, étaient en train d'essayer d'allumer cet engin, pendant qu'un autre filmait d'ailleurs.

Et donc ils sont intervenus, on en a interpellé un, et le second est évidemment activement recherché.

1:21
Présentateur

Donc ils étaient là au bon moment, au bon endroit, où ils avaient eu des signaux d'alerte, ces policiers ?

1:26
Laurent Nuñez

Non, ils étaient là au bon moment, au bon endroit, comme sur de nombreux sites dont nous associerons la sécurisation. Énormément de sites, encore une fois, beaucoup de sites de la communauté juive et beaucoup de sites d'intérêt américains. Donc il y a un gros dispositif de sécurisation qui a été déployé depuis le déclenchement du conflit, en fait. On l'a dit à plusieurs reprises dans les médias. Et donc ils ont interpellé un individu, le second est activement recherché. Et pour répondre très précisément à votre question, pourquoi le parquet national antiterroriste se saisit ?

Il se saisit parce que cette affaire, elle nous fait vraiment penser à d'autres types d'actions exactement similaires qui se sont déroulées dans d'autres pays ces jours derniers, en tout cas depuis le déclenchement du conflit, aux Pays-Bas, en Belgique, au Royaume-Uni. On a eu aussi la Norvège, avec l'ambassade des États-Unis à Oslo qui a été touchée.

2:11
Présentateur

Sans faire de victimes, mais effectivement avec le même mode opératoire.

2:15
Laurent Nuñez

Un engin explosif improvisé qui est déposé par des individus qui sont soit des mineurs, soit des jeunes hommes, qui appartiennent plutôt à la délinquance de droit commun et qui sont rétribués pour mener ces actions. Et d'ailleurs, dans les pays européens que je cite, il y a eu en plus une revendication par un groupuscule, dont on le connaît, qu'on ne s'est pas vraiment identifié, mais un groupuscule identique qui revendique ces actions. Donc manifestement, il y a une action concertée. Et donc le parquet national antiterroriste s'est saisi. Il a saisi, comme vous l'avez dit, la direction générale de la sécurité intérieure et la section antiterroriste de la police judiciaire.

2:50
Présentateur

Mais c'est très important ce que vous êtes en train de nous dire. On va parler évidemment de la garde à vue de cet individu dans un instant, ce qu'il dit, son profil. Mais vous faites, vous, directement le lien entre ce qui s'est passé la nuit dernière à Paris et le conflit au Moyen-Orient.

3:03
Laurent Nuñez

Oui, bien sûr. Je fais évidemment le lien comme ministre de l'Intérieur. Le procureur national antiterroriste fait le lien entre les actions qui ont été menées dans ces pays européens voisins où les revendications qui ont été publiées sur les réseaux sociaux dans les pays européens, que je cite, les actions ont abouti. C'est-à-dire qu'il y a effectivement eu des mises à feu. Il n'y a jamais eu uniquement du dégât matériel, jamais de blessés. Mais les revendications qui ont été exprimées dans ces pays faisaient référence au conflit.

3:33
Présentateur

Donc la France est désormais dans le camp des méchants ?

3:35
Laurent Nuñez

Non, la France n'est pas dans le camp des méchants. Ce sont des actions qui visent les intérêts américains, vous l'avez vu. Donc c'est pour cela que nous sommes présents, que nous protégeons ces intérêts. Et je veux rappeler que dans cette affaire, les individus ont été interpellés, enfin l'un d'entre eux a été interpellé. Alors précisément. Et surtout, l'action a été déjouée. Cette action violente n'a pas eu lieu.

3:54
Présentateur

Mais un homme, un deuxième individu est toujours dans la nature, vous allez nous en parler, mais pour celui qui a été interpellé, 17 ans d'origine sénégalaise, ces informations sont confirmées ce soir ?

4:05
Laurent Nuñez

C'est le parquet national antiterroriste qui le confirmera, mais je peux vous dire évidemment que c'est un individu mineur, on verra ce qu'est le second. En tout cas, ce sont, comme dans ces pays européens dont je parlais, manifestement deux individus qui ont des profils plutôt de délinquants de droit commun, qui accomplissent ces actions violentes, moyennant une rétribution, et qui appartiennent plutôt au milieu de droit commun. C'est ce qu'on appelle, en langage policier, je me permise terme, des proxys.

4:29
Présentateur

Connus des services de police, donc ces individus...

4:31
Laurent Nuñez

Pour des affaires de droit commun.

4:32
Présentateur

Pour des affaires de droit commun, le deuxième est toujours dans la nature, ou est-ce qu'il a été interpellé ? Est-ce que vous avez des informations à nous donner à ce sujet ?

4:39
Laurent Nuñez

Non, je ne peux pas donner d'informations, il est évidemment activement recherché.

4:44
Présentateur

Est-ce qu'il parle en garde à vue, celui qui a été interpellé ? Est-ce qu'il pointe des commanditaires ?

4:49
Laurent Nuñez

Non, je ne peux pas vous prévéler des éléments d'enquête. Ce que je peux vous dire, c'est que le parquet national antiterroriste, et l'ensemble des services, et le procureur, vont évidemment tout faire pour remonter la chaîne des commanditaires.

4:58
Présentateur

Selon nos informations, il dit donc qu'il a été recruté sur Snapchat pour 600 euros. Vous, vous faites directement le lien avec le conflit au Moyen-Orient. Allons droit au but. Qui peut donc se cacher derrière cette attaque ? Qui peut être le commanditaire ? On parle de l'Iran ?

5:15
Laurent Nuñez

C'est le mode opératoire habituel. Vous savez, quand le conflit s'est déclenché, avec le Premier ministre, et un certain nombre de ministres, nous avons reçu des représentants des partis politiques à Matignon pour leur exposer ce qui se passait évidemment sur zone, et puis les menaces qu'il pouvait y avoir sur le territoire national. Ce type de menace, nous l'avons clairement exposée, nous le disons depuis le début. Dans ce type de conflit, vous avez effectivement un certain nombre de services iraniens qui sont susceptibles de mener des actions telles que celles-là, ont moyen de proxy. Est-ce que c'est le cas au cas d'espèce ? Je n'en sais rien du tout.

Simplement, ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a une grosse similitude entre cette action et ce qui s'est passé dans d'autres pays européens, où des acteurs qui ont été interpellés, puisqu'il y a eu aussi des interpellations dans d'autres pays européens, avaient posté des vidéos qui faisaient clairement référence au conflit. Je ne pointe pas à un commanditaire, je dis voilà, il y a quand même une suspicion importante.

6:05
Présentateur

Vous nous expliquez le scénario privilégié, c'est-à-dire que ça passe par les services iraniens ?

6:10
Laurent Nuñez

Ça c'est l'enquête, c'est l'enquête qui va le déterminer, c'est une suspicion importante. Ce que je veux vous dire comme ministre de l'Intérieur...

6:14
Présentateur

Mais la responsabilité iranienne est davantage privilégiée que la responsabilité russe ?

6:19
Laurent Nuñez

Évidemment, évidemment. Mais ce que je veux dire comme ministre de l'Intérieur, c'est que surtout nous avons un dispositif de protection depuis le déclenchement du conflit, qui a pris en charge, à titre individuel, un certain nombre, d'opposants iraniens qui sont protégés physiquement. Non, nous protégeons l'ensemble des synagogues, l'ensemble des sites d'intérêt américains. Et on l'a vu cette nuit efficacement. Et nous sommes présents sur l'ensemble, les forces de sécurité intérieure sont présentes. C'est ce que j'ai demandé, c'est ce que le Premier ministre a demandé également. Nous sommes présents sur l'ensemble du territoire.

On a augmenté le niveau, le volume de militaires sentinelles engagés. J'en remercie Madame la ministre des Armées pour protéger nos concitoyens et protéger notre territoire.

6:55
Présentateur

Ça veut dire, monsieur le ministre, et on a donc la preuve a priori concrète, que dans cette guerre asymétrique dont on parle tant, l'Iran pourrait se servir du territoire français pour mener des attaques à moindre frais, à moindre coût, contre les intérêts israéliens et américains ?

7:13
Laurent Nuñez

C'est ce que nous avons dit dès le début. Ce sont évidemment ces intérêts-là qui sont ciblés. Ce n'est pas la France qui est ciblée par ces actions. Ce sont évidemment ici les intérêts américains. Mais ce que je veux encore vous dire, c'est que ça n'est pas nouveau. Les services de renseignement connaissent parfaitement ces modes opératoires. Nous les avons vus à l'œuvre ces jours derniers dans un certain nombre de pays européens. Et nous avons un dispositif de protection qui est parfaitement adapté pour faire face à cette menace.

7:36
Présentateur

Toujours sur le mode opératoire, a priori il y a peu d'employés devant une banque à 3h du matin. Et on avait affaire aussi à un deuxième individu qui visiblement filmait le premier. Ça, qu'est-ce que ça nous indique selon vous ?

7:47
Laurent Nuñez

Ça, ça indique très clairement qu'il filmait probablement pour poster une vidéo de revendication de cette action, si elle avait réussi. Et encore une fois, c'est bien pour cela que le procureur national antiterroriste, que les policiers placés sous mon autorité et sous l'autorité du procureur pour cette action, font évidemment le rapprochement avec les actions qui ont eu lieu ailleurs en Europe. Manifestement, il voulait revendiquer cette action. Donc voilà, on n'est pas sur une action de dégradation gratuite, manifestement. Il y avait un message politique qu'il voulait faire passer. Encore une fois, ce sont des proxys.

Ce sont des individus qui, généralement, pour quelques centaines d'euros, quelques milliers d'euros, réalisent ce type d'opération.

8:20
Présentateur

C'est-à-dire que les proxys iraniens, ça peut aussi prendre cette forme-là. Ce ne sont pas simplement les Houthis au Yémen, ce n'est pas simplement le Hezbollah au Liban. Ça peut être aussi ça, les proxys d'Otéron.

8:32
Laurent Nuñez

Des délinquants de droit communs qui peuvent être effectivement manipulés pour mener ce type d'action. Et encore une fois, nous avons un dispositif qui est vraiment à la hauteur. Nous sommes prêts. Oui, bien sûr, nous sommes prêts. Mais vous savez, le risque zéro n'existe jamais. Mais on va continuer notre dispositif de protection, évidemment, à très haut niveau.

8:48
Présentateur

Vous dites évidemment que le risque zéro n'existe jamais. Mais malgré tout, c'est un tournant quand même, non ?

8:54
Laurent Nuñez

Qu'il y ait une action de ce type sur le territoire national dans le contexte, c'est la première fois. Après, vous parlez au ministre de l'Intérieur. Moi, je travaille avec les services de renseignement, avec les forces de sécurité intérieure. On en a discuté avec le premier ministre. Vous savez, on l'a évoqué devant les représentants des partis politiques. Il y avait une probabilité que ce type d'action soit tentée sur le territoire. Ça a été le cas. Ça a été déjoué. On va rester dans les jours qui viennent, dans les semaines qui viennent, évidemment, extrêmement vigilants. Voilà. Mais on ne peut pas dire... Nous ne sommes pas surpris du déploiement de ce mode opératoire.

Ce qui compte, c'est la réaction que nous avons, qui est à la hauteur de cet événement, manifestement. Voilà. On a interpellé... C'est vrai que vous l'avez... Juste, sur l'engin explosif improvisé, c'est un... Il visait manifestement à commettre des dégâts, mais il ne vaut mieux pas ne pas passer à côté quand il est mis à feu et qu'il explose. Cet engin peut être létal. Bien sûr. Je ne le relativise pas du tout.

9:42
Présentateur

Bien sûr.

9:44
Laurent Nuñez

C'est du jargon policier de dire que c'est un engin explosif improvisé. Ça veut dire que c'est quelque chose qui est confectionné, qui est assez rudimentaire. La mise à feu, c'était un pétard. Mais ça peut faire quand même des dégâts. Mais ça peut avoir des conséquences... Et ça peut être létal quand vous passez à côté.

9:55
Invité

C'est vrai que vous l'avez dit, au premier jour de la guerre, vous avez envoyé deux circulaires, coup sur coup, à tous les préfets, disant attention, alerte rouge, enfin surveillé particulièrement tous les sites américains et la communauté juive. Mais quand même, comme le dit Alice, on pensait être un peu préservé dans notre relation avec l'Iran. Est-ce que ce n'est pas un signe que la France devient un théâtre d'opération possible ?

10:22
Laurent Nuñez

Non. Très honnêtement, non. Au cas d'espèce, c'était des intérêts américains. Il y a eu, par le passé, je vous le rappelais, vous connaissez parfaitement ces sujets. Lorsque j'étais haut fonctionnaire, directeur général de la sécurité intérieure, nous avons déjoué un attentat qui était dirigé contre l'association des Moudjanin du peuple. Honnêtement, ce n'est pas nouveau, ce n'est pas quelque chose qu'on découvre. Ce qu'il faut vraiment retenir, c'est que c'est quelque chose qu'on a anticipé avec le Premier ministre, avec l'ensemble du gouvernement. Évidemment, moi, comme ministre de l'Intérieur, on a anticipé, évidemment, la protection de notre territoire à très haut niveau.

C'est ce que nous faisons.

10:54
Invité

Votre homologue allemand a dit qu'il craignait la présence de cellules dormantes en Allemagne, iradiennes.

11:00
Laurent Nuñez

Il y a des éléments de renseignement, je ne m'étendrai pas là-dessus, mais vous imaginez bien que nous avons parmi les meilleurs services de renseignement du monde, entre la DGSI, la DGSE, et vous imaginez bien qu'il y a évidemment un certain nombre d'individus, d'objectifs, qui font l'objet d'un suivi particulier. Il faut s'en féliciter. C'est plutôt rassurant qu'inquiétant, je dirais. C'est plutôt rassurant qu'inquiétant. Voilà ce que je voulais dire. Encore une fois, je...

11:23
Présentateur

En tout cas, il y a une vigilance maximale, on l'a compris. Vous nous avez dit qu'on est prêts et on savait que ça pouvait potentiellement se passer. Mais malgré tout, je reviens sur la présence des policiers ce soir-là, au bon moment, au bon endroit. Vous nous affirmez qu'il n'y avait eu aucun signaux d'alerte quelques jours avant ?

11:39
Laurent Nuñez

Non, mais ce sont des dispositifs de sécurisation. Vous savez, quand un ministre de l'Intérieur s'exprime, on voit des circulaires, il demande au préfet de prendre en compte la sécurisation d'un certain nombre de points. Quand je m'exprime en disant que nous sécurisons un certain nombre de sites, ce ne sont pas des mots, ce sont des actions. Donc on est présent sur le terrain et au cas d'espèce, il y a eu effectivement une intervention. Et je félicite le préfet de police, l'ensemble de ses équipes. Voilà, c'est une action violente qui a été déjouée. Maintenant, pas de triomphalisme, on va rester extrêmement concentré dans les jours et dans les semaines qui viennent.

C'est ce que me demande le Premier ministre et le Président de la République.

12:08
Présentateur

Mais vous faites totalement le lien avec ce conflit au Moyen-Orient.

12:12
Laurent Nuñez

Qu'est-ce que vous dites ? Je fais le lien encore une fois par similitude entre cette action et ce que l'on a vu dans 4 pays européens ces jours derniers et de la revendication qui a été exprimée à ce moment-là. Je ne doute pas une seule seconde que si cette action avait abouti et que si la vidéo avait été postée, heureusement ça n'a pas été le cas. Je ne doute pas une seule seconde que cette référence aurait été faite également.

12:35
Présentateur

Oui, mais ce n'est quand même pas anodin que... Rien n'est pas... Dans ce type d'action, il n'y a rien d'anodin. Et qu'est-ce que vous dites aux Français qui nous regardent et qui se disent « Mais nous, on n'a rien à voir avec ce conflit, on n'en veut pas de cette guerre, on n'a pas payé le prix sur le sol français » et qui s'inquiètent de voir ce qui s'est passé malgré tout ? Encore une fois, il n'y a pas eu de victime, l'attentat a été déjoué, les policiers ont fait leur travail. Cette fois, tout s'est bien passé. Mais qu'est-ce que vous dites aux Français qui nous regardent là et qui s'inquiètent ?

13:00
Laurent Nuñez

Mais c'est qu'on est très présent, qu'on a un dispositif de protection qui est à très haut niveau depuis que le conflit a démarré. Protection, encore une fois, de tous les sites que j'ai cités, je ne vais pas me répéter, mais c'est ça, on a un dispositif de protection à très haut niveau.

13:12
Présentateur

Une dernière question qui concerne le reste de l'actualité, qui n'a rien à voir avec ce conflit au Moyen-Orient, mais ce sont des images qui ont marqué les esprits, qui ont interpellé. C'est la mairie de Fresnes qui a été visée par des tirs de mortier et qui a été saccagée par plusieurs individus, on le voit avec le visage dissimulé. Une enquête a été ouverte. Le tout s'est passé à la veille de l'installation du nouveau conseil municipal. Monsieur le ministre, est-ce que vous voyez une dimension politique dans ces images ?

Est-ce qu'on peut imaginer que ce soit, malgré tout, une tentative d'intimidation pour les futurs occupants de la mairie, alors qu'on sait que le climat a été très tendu au lendemain des municipales ?

13:55
Laurent Nuñez

Alors d'abord, je condamne évidemment fermement cette action. Je l'ai fait dès ce matin sur les réseaux sociaux, en disant que c'est une atteinte à la République. On voit la violence de cette attaque, les dégradations qui ont été commises. Ce sont des individus qui rentrent dans l'accueil de la mairie et qui pénètrent dans certains bureaux, qui commettent des dégradations, donc je condamne fermement. Je peux vous dire que les motifs, les mobiles ne sont pas connus. Il faut rester prudent. Il y a la sûreté territoriale du Val-de-Marne, de la préfecture de police, qui est saisie. Donc moi, je fais toute confiance aux enquêteurs pour rapidement confondre les auteurs.

Il y a probablement un chemin de... Ces personnes sont arrivées. Je suppose qu'on a de la vidéoprotection qui a pu filmer des images. Il y a un chemin de fuite sur lequel les enquêteurs vont travailler, comme ils le font d'habitude. Je suis persuadé qu'ils vont réussir à confondre certains auteurs. Et toute la lumière sera faite sur ce fait qui est très grave et que je condamne à nouveau très fermement. C'est vraiment une attaque. Est-ce que ça dit de l'État de la France aujourd'hui, quand on voit ce type d'événements qui se produisent après une élection ? Ça dénote... Je ne le relis pas. On verra ce que l'enquête dit.

Mais vous savez, je crois que je l'ai dit à l'Assemblée aux questions d'actualité, la campagne des municipales s'est déroulée dans un climat de tension, en tout cas un climat beaucoup plus tendu que les années précédentes. Ce que ça dit, c'est qu'il y a quand même une radicalisation, une brutalisation dans les échanges politiques, dans les rapports politiques qui inquiètent et à laquelle nous apportons une réponse ferme et qui doit rester extrêmement ferme. C'est la vie démocratique qui est en jeu.

15:21
Présentateur

Gérald Darmanin a parlé aujourd'hui d'un climat pré-révolutionnaire électoral. Les mots sont forts. Merci beaucoup, Laurent Nunez, d'avoir été avec nous sur ce plateau.

Attentat déjoué à Paris: entretien avec Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur — Laurent Nuñez · Pourquijevote