Edouard Philippe : le seul à pouvoir battre Jordan Bardella ?
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
On va poursuivre avec les sujets de préoccupation des agriculteurs. Des agriculteurs de la FNSEA, le principal syndicat agricole, réunis en congrès cette semaine à Caen. Bonjour Hervé Lapie, merci d'être avec nous secrétaire général de la FNSEA. Votre congrès se tient, Hervé Lapie, alors que l'inquiétude est vive avec la flambée des prix du carburant qui impacte évidemment fortement les agriculteurs. Le gouvernement a annoncé vendredi une exonération de taxes sur le gazole non routier que vous utilisez dans vos tracteurs. Est-ce que vous saluez ces mesures ou est-ce que vous en demandez plus ? Non, effectivement, il y a une grosse difficulté dans le monde agricole aujourd'hui.
Depuis le contexte géopolitique très instable, l'Ukraine, l'Iran, un contexte énergétique qui fait flamber les coûts. Et donc, le gazole non routier, on est passé… Il y a un mois et demi, on était à 70 centimes. Aujourd'hui, on est à 1,30 euro. Donc, ça a pratiquement doublé dans nos exploitations agricoles. Et juste pour vous prendre un exemple, sur la mienne, une exploitation… J'ai 140 hectares avec mon frère en gaèque. Ça va générer un coût, si ça continue, de 9 000 euros supplémentaires sur mon exploitation. Donc, c'est des charges qui sont explosives. Et puis ensuite, c'est les engrais, c'est les plastiques. Donc, tout le monde est concerné.
Les maraîchers, les horticulteurs, les éleveurs, les grands culteurs. Tout le monde, tout le monde est concerné. Et je pense que le contexte géopolitique fait que c'est très, très difficile. Et que les exploitants agricoles, qui assurent la souveraineté alimentaire, qui est mise en grande, grande difficulté à chaque fois, méritent d'être accompagnés, tels que les services de santé, tels que les ambulanciers, tels qu'aujourd'hui, le transport routier. Et je pense qu'il y a une vraie stratégie à mettre en place. Alors, certes, la France n'est pas responsable de ce qui se passe au niveau en Iran.
Mais globalement, il y a un impact très fort sur nos exploitations agricoles qui amènent des difficultés supplémentaires dans les deux filières qui sont en grande difficulté. La viticulture et la céréaliculture, aujourd'hui en France, qui était un pionnier de l'ahuture française et qui se retrouve très, très en difficulté avec des ahuteurs qui pourraient ne pas passer l'année économiquement. Donc, voilà, je pense qu'il y a des sujets.
Pendant notre congrès, l'idée, c'est de continuer à pousser ce projet à la veille des présidentielles pour que, pendant les présidentielles, on ait un vrai projet qui redonne de l'ambition, de l'espoir aux ahuteurs, mais aussi une source de revenus pour assurer le renouvellement des générations qui est combien important dans notre corporation. Mais justement, Hervé Lapis, vous l'avez dit, il y a la flambée des prix du carburant, mais il y a des secteurs en difficulté, vous l'avez rappelé. Il y a la viticulture, il y a les céréaliers, les récoltes de blé ont été difficiles ces derniers mois. Il y a une multiplication des épisocies. La colère ne retombe pas.
Quel message vous allez faire passer au gouvernement lors de votre congrès ? Le message, il est clair, c'est qu'on va valider un rapport d'orientation à la FNSEO sur l'ambition des ahuteurs et des adhérents de la FNSEO dans ce rapport d'orientation à la veille des présidentielles. Et je crois que le projet, en fait, le nôtre, c'est revenir dans un contexte européen très chahuté, une vraie ambition pour la France agricole à travers l'Europe, avec une politique agricole qui redonne de l'espoir aux ahuteurs. Dans un marché unique, il nous faut des règles uniques.
Et je pense que le message aussi prioritaire qu'on fait passer chez nous à la FNSEO, c'est que la surtransposition des règles franco-françaises grève notre compétitivité. Mais vous pouvez entendre les artisans, les commerçants, les ahuteurs. On a tous le même sujet. En fait, on est en perte de compétitivité. Merci beaucoup. Merci Hervé. Ah, on vous avait un petit peu perdu. On vous avait un peu perdu. Merci beaucoup d'avoir été avec nous, secrétaire général de la FNSEO qui tient donc son congrès cette semaine à Caen. Et Stéphane, on reparle de la hausse des prix du carburant puisque c'est à la une de nombreux quotidiens régionaux ce matin.
Oui, notamment cette alerte de la Voix du Nord. Les prix repartent à la hausse. Le prix du litre de gasoil a atteint hier son plus haut niveau depuis 1985 avec 2,20 euros en moyenne. C'est 50 centimes de plus que depuis le début de la guerre il y a un mois. La Voix du Nord a ouvert ses pages aux nordistes qui changent le contenu de leur caddie en conséquence de ces prix du carburant. Ces deux mères de famille, Angélique et Émilie, qui disent qu'elles aimeraient faire de grosses courses et stocker. Mais elles ne font plus, ces grosses autres, elles n'ont plus les moyens de le faire.
Catherine aussi, interrogée par la Voix du Nord, dit qu'elle se limite à des petites courses et n'achète plus de viande. Elle se rue sur les produits en date courte et sur les bacs à moins 30% pour alléger la facture.
Et le gouvernement a annoncé plusieurs aides mais le compte n'est pas, c'est ce que titre le télégramme.
Oui et voyez aussi cette une de la charrente libre qui nous parle des professionnels de santé oubliés par le gouvernement. La presse régionale fait le point sur les dispositifs annoncés par le gouvernement. Une aide de 70 millions d'euros ciblée en avril pour les pêcheurs, les agriculteurs et les transporteurs censés réduire leur coût du carburant. Mais ils appellent déjà à prolonger ce coup de pouce au mois à 2 mai. Du côté des infirmières libérales, des aides à domicile ou encore des ambulanciers, pas d'annonce à ce stade. Quand on fait 250 km par jour, ça pique un peu, explique un infirmier libéral interrogé par la charrente libre.
D'autant que les professionnels n'ont pas le choix que de se déplacer pour soigner. Ils attendent donc eux aussi d'être catégorisés comme des gros rouleurs.
Alors il y a un autre titre qui fait beaucoup la une de nos quotidiens régionaux ce matin, Stéphane, c'est la grève dans les écoles.
Oui parce que les suppressions de postes d'enseignants concernent la totalité des départements. Un tiers des professeurs sont en grève aujourd'hui pour protester contre ces mesures de carte scolaire. Ils demandent aussi des revalorisations de salaire. Le ministère de l'éducation et le ministre justifient ces suppressions de postes par la baisse de la démographie. Moins d'élèves par classe, donc moins de classe. Un calcul que réfutent les syndicats. On aurait dû en profiter pour améliorer les conditions d'apprentissage. Peste Cédric Turcot, enseignant dans le Var et membre du FSU SNIPP. Il dit ça dans les colonnes de la Marseillaise.
Pour connaître les détails des fermetures de classes et des suppressions de postes d'enseignants qui sont pour le moment envisagés, rien n'est fixé. Vous pouvez ouvrir la presse régionale de chez vous aujourd'hui.
Et les touristes pourront-ils profiter des paillotes en bord de mer à la Grande Motte dans les rots ?
Eh bien la question se repose avec le retour des beaux jours. C'est Midi Libre qui nous en parle. Les plages du Grand Travers au bord de la Méditerranée à la Grande Motte sont classées comme espaces remarquables. Ça c'est au titre de la loi littorale. Et donc interdiction pour les restaurants de plage de s'y installer. Mais le maire de la Grande Motte a finalement trouvé un autre emplacement à ces paillotes. De nouveaux emplacements à nouveau contestés par les associations environnementales. Conclusion de Midi Libre sur ce sujet qui revient année après année. Les beaux jours reviennent, les paillotes aussi.
Et à la Grande Motte on dirait que le sable a beau bouger, le feuilleton lui reste toujours au même endroit.
Allez on termine avec l'événement de ces dernières heures Stéphane. C'est le retour de Céline Dion en concert à Paris après des années sans faire de scène.
Ah bah oui la grande annonce de la chanteuse canadienne. Message en grande pompe diffusée hier sur la Tour Eiffel. Paris je suis prête a dit la chanteuse qui a vendu plus de 260 millions d'albums dans le monde. Une vidéo diffusée à l'occasion de son 58ème anniversaire. Avec un cadeau, 10 concerts à la Défense Arena du 12 septembre au 14 octobre. 33 000 personnes sont attendues chaque soir pour chanter notamment J'irai où tu iras. Voilà 10 secondes, on ne pouvait pas s'en priver de passer ces 10 secondes de Céline Dion ce matin. Des chansons que vous irez chanter.
Mais évidemment, encore faut-il avoir des places parce qu'on est bien placé pour savoir que c'est un peu compliqué quand même. Il faut faire la queue pour la pré-vente. Ouais voilà.
Pour être peut-être tiré au sort.
C'est tout un processus. Je suis sûre qu'il y a beaucoup de gens qui comme nous ont essayé. et qui galèrent comme nous.
Ça va, ils ont encore 24 heures pour le faire.
Allez, on vous souhaite bonne chance. Si vous aussi vous essayez d'avoir des places, d'avoir des places pour Céline Dion. Merci Stéphane. Merci beaucoup. On va revenir dans quelques instants à notre baromètre Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale. Et vous allez voir qu'Edouard Philippe est en grande forme dans ce baromètre. Mais d'abord, le sujet d'actualité, c'est la flambée des prix du carburant. Les annonces gouvernementales qui ne satisfont pas agriculteurs, pêcheurs, transporteurs. Et ils poursuivent leur mobilisation. On voit ça avec Assa Arbunel.
Faire un maximum de bruit pour faire entendre leurs revendications. Face à la flambée du prix des carburants, des dizaines de conducteurs, de camions et de bus ont mené une opération escargot hier sur le périphérique parisien. On est désespérés. Parce qu'on s'est investis. On a fait une formation. On a payé pour le permis. Du coup, on ne travaille pas. Malheureusement, ça atteint tout le monde. Après, ça va atteindre les petits véhicules. Et il faut trouver une solution. C'est tout. Jusqu'à 200 véhicules présents pour ralentir le trafic. Et exiger un soutien financier plus important de la part de l'Etat.
Et ce qu'on réclame, c'est deux aides. Une aide à la pompe pour le futur, pour aider le carburant, la hausse du carburant. Et une aide forfaitaire par véhicule, que ce soit des cars ou des camions. Les 1500 euros pour des véhicules lourds, pour pouvoir absorber une partie de ce qui a été dépensé en mars.
De son côté, la FNSEA, principal syndicat agricole, met également la pression sur Sébastien Lecornu. Vendredi, le gouvernement a annoncé une exonération de taxes sur le gazole non routier utilisé dans les tracteurs. Mais reçu hier à Matignon, Arnaud Rousseau estime que cette mesure ne va pas assez loin.
Évidemment, on a abordé les sujets très conjoncturels. Je pense évidemment au GNR. Peut-être ce que je peux vous dire, c'est que le Premier ministre m'a dit que les annonces de vendredi n'étaient pas un solde de tout compte. Et qu'il ferait le point à la fin du mois pour voir ce qui serait possible de faire. Mais qu'il était prêt à aller plus loin si la guerre devait se poursuivre.
Réunis pour aborder la situation du Moyen-Orient. Les ministres de l'énergie et des finances du G7 se disent prêts à prendre toutes les mesures nécessaires. Pour assurer la stabilité du marché de l'énergie.
On va en parler avec vous. Bonjour Nathalie Moré. Merci d'être la journaliste politique pour les journaux du groupe Ebra. Ce sont tous les journaux de l'Est de la France. Et bonjour Erwann Lestron.
Bonjour.
Directeur conseil à l'Institut de sondage Odoxa. Un mot sur évidemment la flambée des prix du carburant qui inquiète les Français. Est-ce qu'ils attendent que le gouvernement prenne des mesures Erwann ?
Oui exactement. C'est vrai que c'est un sujet particulièrement inflammable si j'ose dire avec le carburant. pour les Français parce que non seulement la préoccupation principale des Français c'est le pouvoir d'achat, c'est le coût de la vie, c'est toutes nos dépenses contraintes. Ce qu'on paye en chauffage, en loyer, en alimentation. Et ça ils nous le disent dans les sondages. Et en plus dans le même temps 7 Français sur 10 sont dépendants de leur voiture. C'est le moyen de transport qu'ils utilisent tous les jours pour leur trajet quotidien.
Donc entre pouvoir d'achat qui inquiète et carburant qui est indispensable au quotidien pour l'accès au travail, pour l'accès au loisir, c'est forcément un sujet explosif dans l'opinion. Au début du mois, nos confrères des labs testaient le sujet. Ils mesuraient déjà que 45% des Français disaient que ça avait eu un impact important sur leur budget. C'est hausse du prix du carburant. Et deux tiers d'entre eux étaient favorables à la mise en place d'un bouclier tarifaire ou d'un chèque énergie. Il y a des attentes très très fortes à l'égard de l'exécutif.
Nathalie, avant de faire réagir, on va écouter Marie-Lise Léon. C'était ce matin la secrétaire générale de la CFDT. Pour elle, il ne faut pas tout attendre de l'État.
Je pense qu'il ne faut pas tout attendre de l'État. Aujourd'hui, il y a des employeurs qui doivent jouer le jeu de la négociation. Et intégrer le fait qu'aujourd'hui, il y a des salariés qui perdent de l'argent par rapport à il y a quelques semaines en venant travailler. Donc il faut pouvoir soutenir aussi ces personnes et le pouvoir d'achat des personnes qui doivent travailler. Je pense que les employeurs doivent remettre les choses sur la table et avoir des vraies négociations salariales. Nathalie ?
Elle a raison parce que, effectivement, vous avez raison, c'est un sujet explosif. Mais c'est en plus un sujet qui alimente les clivages entre les gens, entre les ruraux et les urbains, entre Paris, entre provinces, entre ceux qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler et ceux qui n'en ont pas besoin. Et on voit bien qu'un certain nombre de partis politiques à un an de la présidentielle, là où c'est facile de s'opposer, prennent ce sujet-là pour essayer d'alimenter les tensions entre les gens, en proposant des choses qui, effectivement, ne sont pas forcément possibles. Parce que, comme Marie-Lise Léon le disait, l'État ne peut pas tout, surtout en ce moment.
Donc on voit bien que c'est un sujet sur lequel l'exécutif fait très, très attention. Parce qu'il y a le ferment d'une contestation qui peut aller beaucoup plus loin.
Allez, on va parler de la présidentielle. C'est l'objet du baromètre d'Oxa mensuel pour Public Sénat et la presse régionale. Avant de regarder les intentions de vote, comme tous les mois, on s'intéresse à la popularité de l'exécutif. Erwan Emmanuel Macron qui prend deux points de popularité. Il est à 25%. Est-ce que c'est lié à l'actualité internationale ?
Alors, c'est surtout lié à probablement sa mise en retrait de la scène nationale sur les élections municipales. Finalement, ça valide la stratégie d'ignorer ces élections, de ne pas se mettre en avant. Et c'est tout de même une sacrée performance de réussir à se maintenir à ce niveau-là, alors que la majorité présidentielle a été inexistante quasiment à ces élections, ou du moins qu'elles ont confirmé son manque d'ancrage territorial. Donc le résultat reste très négatif pour Emmanuel Macron. Trois-quarts des Français jugent que c'est un mauvais président. Néanmoins, plus de points par rapport au mois dernier, plus quatre points par rapport à décembre.
Ce qu'on observe quand on regarde les chiffres en profondeur, c'est qu'il regagne un tout petit peu de terrain auprès de son socle de référence. Chez les sympathisants Renaissance, à la rentrée de l'année dernière, quand on avait le sentiment que le pays était dans une impasse politique, et que c'est Emmanuel Macron qui l'avait plongé dans cette impasse politique avec la dissolution, qu'on ne savait plus où il allait quand Gabriel Attal disait qu'il avait du mal à comprendre ses décisions, mais on était plutôt à 70-75% d'approbation chez les sympathisants Renaissance. Il redevient hégémonique dans cet espace politique.
93% des sympathisants Renaissance jugent ce mois-ci que c'est un bon président. Alors ça progresse auprès de son socle de référence. Il faut voir jusqu'où ça peut s'élargir. Peut-être que la bienveillance va augmenter d'ici à l'approche de la présidentielle, quand la page Macron sera de plus en plus proche d'être tournée. Pour l'instant, ça reste quand même encore timide.
– Nathalie, le socle reste encore bas. Comment vous l'expliquez, vous, cette légère remontée grignote, mois après mois ?
– Je l'explique exactement comme ce que vient de dire Erwan, c'est-à-dire que pour l'instant, il est relativement absent de nos antennes, et je pense que c'est une bonne chose pour lui, parce qu'il est quand même profondément impopulaire après 9 ans. Ça, c'est effectivement une tendance qui ne s'inversera pas, je pense. À l'Élysée, on parle… Alors nous, dans les médias, on parle souvent d'effet drapeau. À l'Élysée, il parle plus d'effet cohérence, c'est-à-dire que ce qui se passe actuellement, les crises que l'on traverse, mettent, disent les conseillers du président, en évidence toutes les politiques qu'il a menées depuis 9 ans.
Par exemple, tout ce qu'il a fait sur l'indépendance du pays, sur la nécessité du pays d'être indépendant, notamment énergiquement, etc., ça met en lumière ce qu'on est en train de vivre. de la même façon que, dès 2017, il a dit qu'il allait faire un effort sans précédent sur l'armée et sur les budgets de l'armée. Ce qui se passe aujourd'hui met en cohérence ça. Voilà pourquoi, à l'Élysée, on met plus en avant cet effet cohérence que cet effet drapeau.
Sébastien Lecornu, lui, le Premier ministre, il prend un point de popularité. Il est à 35% nettement au-dessus d'Emmanuel Macron, Erwann.
Oui, et on retrouve encore ce sentiment positif des Français à l'égard de Sébastien Lecornu quand il est perçu comme un ministre, finalement, qui exécute les actions nécessaires pour résoudre les défis du quotidien des Français et surtout un Premier ministre qui se tient à l'écart des manœuvres politiciennes. C'est probablement pour ça qu'il a du crédit. Ce qui est paradoxal, c'est que quand on teste la candidature de Sébastien Lecornu dans des intentions de vote pour la présidentielle, il arrive à un niveau assez bas. Donc ça ne fait pas de lui une personnalité qui serait légitime pour concourir à la présidentielle.
Mais pour autant, sa volonté de travailler, de se mettre au service des Français en dehors de la politique politicienne, ça lui fait gagner du crédit dans l'opinion. Et encore une fois, au sortir d'élections municipales où la majorité présidentielle n'a pas existé, il maintient sa cote de popularité alors qu'il y a des angoisses aussi sur la hausse des prix du carburant. Donc c'est plutôt une bonne performance et ça montre que son implication pour la France lui est créditée.
– Municipale dont il a été relativement absent. Alors il était en campagne lui-même dans sa commune de Vernon, il était troisième de liste, mais au plan national, il n'a pas été très présent.
– C'était son choix, puisqu'il veut cultiver l'image d'un Premier ministre qui est au travail et qui est loin de la tambouille politique. Si effectivement vous impliquez en allant soutenir des candidats sur le terrain, vous cassez totalement cette image-là. Sébastien Lecornu, il est connu pour deux choses, le fait d'être monsieur tout le monde, de faire son marché et d'être absent des médias. Si jamais il casse cette faible dynamique, parce que ça reste quand même un Premier ministre de l'exécutif Macron, donc avec une forte impopularité, il perd le peu de crédit qu'il a. Donc il a tout intérêt, je pense, à cultiver cette discrétion.
Et ça se voit d'ailleurs dans votre étude où on voit que, alors que Macron n'est apprécié que dans son socle électoral, le Premier ministre parvient, lui, à avoir des points de popularité chez ses opposants.
– Allez, on passe au palmarès de l'adhésion. Et c'est là qu'il y a le principal enseignement, finalement, de ce sondage palmarès de l'adhésion, c'est la remontada d'Edouard Philippe, plus 8 points. Il est à la deuxième place, Erwann.
– Oui, il arrive à 36% de code d'adhésion. Il était à 28% le mois dernier. Alors on n'est pas revenu à son 41% de mai 2024, avant la dissolution qui a été un peu fatale à toutes les personnalités de la majorité présidentielle.
– Parce qu'il a longtemps été en tête de ce palmarès.
– Il a été très longtemps en tête. D'ailleurs, c'était souvent des personnalités de centre-droit. Il y a eu Alain Juppé avant lui, qui a été très longtemps en tête du palmarès des personnalités politiques préférées des Français. Il a reculé, mois après mois, derrière Jordan Bardella, derrière Marine Le Pen et aux côtés de Gabriel Attal. Il était vraiment un cran en dessous. Aujourd'hui, plus 8 points. Et c'est vrai que la victoire au Havre fait fixture de rampes de lancement dans l'opinion, parce que c'est un succès électoral quand même, dans un contexte de repli de la majorité présidentielle pour laquelle les élections sont de plus en plus difficiles avec le temps.
Là, on voit que dans ce contexte de reflux de la majorité présidentielle, lui, il s'inscrit à rebours dans une séquence victorieuse, alors qu'il avait même mis sa candidature à la présidentielle dans la balance. Donc, ça le crédite et surtout, ça le réconcilie avec les sympathisants Renaissance. Plus 30 points de code d'adhésion chez les sympathisants Renaissance. 62% il y a un mois, 92% aujourd'hui. Il ne lui avait pas pardonné il y a quelques mois d'avoir dit qu'Emmanuel Macron devrait démissionner, étant donné l'impasse dans laquelle était la France. Aujourd'hui, il se réconciliait avec eux. Et c'est ça qui explique cette reprise de sa code d'adhésion.
C'est parce qu'aujourd'hui, il mort sur un espace politique plus large qui va de Renaissance jusqu'aux Républicains, où 62% des sympathisants ont une bonne opinion de lui. Donc, ça explique sa reprise dans le paysage politique et le fait qu'il se replace parmi les personnalités préférées des Français.
– Oui, et sa victoire à la mairie du Havre, c'est une vraie rampe de lancement pour Édouard Philippe, direction 2027, Nathalie ? – Oui et non.
– Ça, c'est une réponse de Normand, direct Édouard Philippe. – Voilà, c'est exactement ça. Oui, parce qu'effectivement, il avait besoin de revenir dans les sondages ici tous les mois. On était en train de commenter sa chute, continuons les sondages. Et souvent, on dit que quand on est sur le toboggan, c'est très difficile de remonter. Force est de constater qu'aujourd'hui, sa victoire lui permet de retrouver une dynamique. Donc, ça, c'est pour le oui. Pour le non, on voit que finalement, il a décidé, contre même l'avis de certains de ses proches, de ne rien en faire. Et donc, de continuer à cultiver le surplomb. Alors, il le fait pourquoi ?
Déjà, rappelez peut-être aux gens qui nous regardent qu'il avait décidé de présenter son projet massif, c'est l'adjectif qu'il colle à son projet, après les municipales, justement, dans la foulée de ce qu'il espérait être une dynamique, et avec un grand, grand meeting organisé le 12 avril, tout ça, c'est fini. Il a décidé de se donner du temps et d'attendre sans doute jusqu'à la rentrée. Pourquoi ? Parce que là, effectivement, il jouit de cette dynamique qui est importante. Plus 8 points, c'est quand même assez rare dans un baromètre de popularité. Et il estime que, pour l'instant, l'actualité est plus à l'international.
Et qu'effectivement, une actualité à l'international, ça participe plus... Enfin, c'est quelque chose qui le sert, puisqu'il a une stature d'ancien Premier ministre. Et puis, enfin, le printemps, c'est traditionnellement, un an avant la présidentielle, l'époque où il émerge des seconds couteaux, des gens qui vont présenter leur candidature à la présidentielle pour voir si ça mord ou si ça ne mord pas. On va, par exemple, avoir une candidature vraisemblable de Dominique de Villepin, de gens qui pourraient être chez les Républicains, qui pourraient officialiser leur candidature. Bref, tous les gens qui veulent la jouer placée plus que gagnante. Voilà pourquoi il la joue en surplante.
Et on le voit dans le palmarès, il est pris entre Jordan Bardella et Marine Le Pen. Et on va regarder, justement, les intentions de vote pour la présidentielle. Vous avez testé deux hypothèses. Erwan, d'abord, une candidature, une hypothèse où il y a une candidature RN, Jordan Bardella, une candidature d'Edouard Philippe, une candidature de Bruno Retailleau. Et on regarde ce que ça donne. Jordan Bardella est largement en tête. Édouard Philippe est à 21%. Là où Jordan Bardella est à 34% et Bruno Retailleau seulement à 8%.
Oui. Ce qui est intéressant, c'est de regarder les grands mouvements. Jordan Bardella, il était à 35% au mois de novembre. Il est à 34% aujourd'hui. Donc, ça stagne relativement. Ça reste porté par la progression du RN aux élections municipales. Donc, le score du candidat, le score potentiel du candidat du RN reste très élevé. En ce qui concerne Édouard Philippe, c'est 4 points de plus que ce qu'on mesurait en novembre. Et là, c'est intéressant parce qu'il y a un vrai mouvement. Et on a tendance à dire élection locale, conséquence locale. Là, on voit que c'est les élections locales qui ont des conséquences, peut-être, sur les rapports de force politique sur le plan national.
21%, plus 11 points chez les sympathisants des partis du centre et de la droite modérée. C'est vraiment là qu'il va chercher ces électeurs qui élargissent leur intérêt pour Édouard Philippe. À l'inverse, Raphaël Glucksmann arrive à 10 points d'intention de vote. Il était à 13,5 en novembre. Lui, il a perdu des électeurs du centre, moins 5 chez les électeurs du centre. Et il a perdu aussi des électeurs du Parti socialiste, moins 8 chez les électeurs socialistes. Peut-être que le fait qu'ils s'inscrivent vraiment à contrario du PS sur la question des alliances PS-LFI lui a coûté.
C'est vrai que la polarisation, ça lui a peut-être fait perdre du crédit au centre et perdre du crédit chez les sympathisants socialistes. En tout cas, c'est à ces deux niveaux-là qu'il perd du crédit. Jean-Luc Mélenchon est à 12% d'intention de vote à proximité de ce qu'on mesurait en novembre. Ça reste assez stable. Et Bruno Retailleau, en retrait à 8%, qui reste ancré à un niveau bas depuis qu'il est parti du gouvernement et qu'il a perdu le soutien d'une partie des sympathisants de Renaissance qui avaient une certaine bienveillance à son égard.
Et alors, c'est intéressant, la deuxième hypothèse, Nathalie, vous qui suivez particulièrement la droite et les Républicains, la deuxième hypothèse, c'est une candidature unique. Donc, plus de Bruno Retailleau, c'est Édouard Philippe qui porte la candidature unique. Et alors, on voit que les 8% de Bruno Retailleau se partagent en deux. Jordan Bardella prend 4 points, Édouard Philippe prend 4 points.
Oui. Et c'est, en fait, la conséquence de ce qu'on a connu lors des élections municipales. Ces élections municipales-là, elles étaient très politiques. Et on voit qu'elles sont un moment majeur de la recomposition politique. On voit bien que, sur le terrain, et vous en parliez avec les sénateurs en début d'émission, l'électorat RN est allé supporter l'électorat LR quand il s'agissait de battre des maires socialistes en place, je pense notamment à Clermont-Ferrand. Donc, ce n'est pas étonnant que dans cette deuxième hypothèse, effectivement, l'électorat de Bruno Retailleau se partage.
Il ne faut pas oublier, et moi, je trouve que c'est dans les deux cas, le principal enseignement, c'est que la dynamique est supérieure à l'arithmétique. Et on voit bien qu'Édouard Philippe, là, il dépasse les 20%. Depuis que vous faites votre baromètre, ça fait longtemps qu'il n'y avait pas eu un candidat, quel qu'il soit, qui, en dehors du Rassemblement national, soit capable de dépasser les 20%.
Oui, c'est ça qui est extrêmement intéressant. C'est que le fait qu'Édouard Philippe se situe à 21% d'intention de vote ou à 25% dans le cas où il n'y ait pas de candidature de Bruno Retailleau, ça raconte que le seuil de qualification au second tour de la présidentielle remonte. Quand il était englué à 16-17%, finalement, on pouvait se dire que d'un Jean-Luc Mélenchon ou d'un Raphaël Glucksmann, l'un des deux pouvait bénéficier d'un vote utile qui le hisserait potentiellement au second tour.
Aujourd'hui, avec un seuil de qualification qui remonte significativement, le match Jordan Bardella, Édouard Philippe et le descendant naturel du match Emmanuel Macron, Marine Le Pen, mais est celui qui est le plus probable aujourd'hui. Alors, ça ne dit rien des dynamiques de campagne qu'il va y avoir aujourd'hui, mais en l'état des rapports de force actuels et avec une gauche dont le potal reste très bas, c'est 30% pour le total gauche, le seuil de qualification à 21%, ça rend quand même très probable le fait que ce soit un candidat de la majorité présidentielle qui se qualifie.
On regarde l'hypothèse de second tour, Édouard Philippe, Jordan Bardella, c'est l'ancien Premier ministre qui l'emporte, 52% pour Édouard Philippe, 48% pour Jordan Bardella et là, on est dans un retournement de situation. On parlait des dynamiques, on est dans un retournement de situation par rapport à la dernière fois où vous l'avez testé où Jordan Bardella était à 53%.
Absolument, on a une inversion de tendance, c'est pour ça que c'est intéressant de suivre les sondages dans la durée, de faire des intentions de vote de second tour régulières pour voir justement comment bougent les choses et alors qu'en novembre, mais dans ce sentiment d'impasse politique et que la majorité présidentielle avait conduit la France et vers un endettement record et vers une structuration de l'offre politique insatisfaisante, Édouard Philippe perdait 53 à 47 au second tour face à Jordan Bardella. Aujourd'hui, le match lui est favorable, 52% des Français voteraient pour Édouard Philippe face à Jordan Bardella, c'est donc 5 points de mieux qu'en novembre.
On voit qu'il reprend l'habit du favori de la présidentielle, ça dit beaucoup de choses aussi sur la séquence qui va venir, elle ne va peut-être plus être regardée. Il est moins un challenger qu'un vainqueur potentiel.
Alors ça reste des intentions de vote qui sont pathétiques à un an de l'élection présidentielle, mais ça raconte que le match a changé de favori et on retrouve vraiment les deux Frances qu'on avait dans l'électorat d'Emmanuel Macron, d'une part avec les habitants des métropoles de l'île de France, les cadres, les Français les plus âgés et de l'autre côté l'électorat de Marine Le Pen dans les petites villes, dans les communes rurales, dans les villes moyennes, les employés et les ouvriers et aussi les 18-24 ans et les 25-64 ans, les salariés du public et du privé.
Donc il y a vraiment ce match Macron-Le Pen qu'on retrouve dans le match Philippe Bardella dont Édouard Philippe est aujourd'hui le favori.
Et alors il y a aussi les questions dans chaque camp. Quel serait le meilleur candidat dans chaque camp ? Et alors là on voit Nathalie que dans le camp du bloc central, Édouard Philippe est là aussi favori, 47% contre 36% pour Gabriel Attal à la question est-ce qu'il ferait un bon président ?
En fait moi là j'y vois la conséquence vraiment de l'élection au Havre parce que dans le récit qu'il peut tisser, Édouard Philippe dit moi j'ai mis les mains dans le cambouis, moi je suis dans le fer et on sait bien qu'en France pour les Français... J'ai pris mon risque. Voilà, j'ai pris mon risque et puis je suis dans le fer, je suis allée, je suis allée devant les gens, je suis allée, je travaille dans ma mairie, etc. Ce qui n'est pas le cas de Gabriel Attal au sens où c'est juste un élu national et on sait bien que les élus nationaux ont une image beaucoup plus dégradée que les élus locaux. Donc moi j'y vois ça, cette espèce de plus qu'apporte l'encourage local réellement.
Un mot sur le RN, là Jordan Bardella est devant Marine Le Pen.
Significativement. Alors significativement chez les sympathisants RN qui sont quasiment 100% à dire que ce serait un bon candidat pour représenter son camp et 10 points de moins à dire que Marine Le Pen serait une bonne candidate pour représenter son camp mais chez les Français aussi et surtout le mois dernier on avait demandé aux Français si Jordan Bardella serait un meilleur candidat pour représenter le RN en 2027.
Les Français étaient majoritairement de cet avis et même les sympathisants RN, 69% considéraient que Jordan Bardella était un meilleur candidat parce qu'il y a ce sentiment déjà que Marine Le Pen ne sera pas candidate donc il y a un effet d'habituation et en plus que le non-Le Pen reste quand même pénalisant au deuxième tour donc il est le candidat qui a le plus de soutien aujourd'hui.
Un dernier mot parce qu'il y a une surprise du côté de la gauche radicale ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon qui a plébiscité François Ruffin arrive devant.
François Ruffin arrive devant chez les Français parce que Jean-Luc Mélenchon est une figure honnie auprès du grand public mais auprès des sympathisants de la gauche radicale et notamment de la France insoumise c'est très largement Jean-Luc Mélenchon qui arrive devant donc on peut imaginer que dans cet espace politique Jean-Luc Mélenchon ferait beaucoup plus recettes que François Ruffin.
Merci, merci à tous les deux pour l'analyse de ce baromètre on se retrouve le mois prochain pour un autre baromètre merci Erwan merci Nathalie merci à tous de nous avoir suivis on se retrouve demain très bonne journée
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