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Podcast / conversationRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 22 décembre 2025 18 minComplaisantDivertissementDéfenseInstitutions & électionsEurope & internationalNumérique

Noël sur les théâtres d'opération

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:46OuverteRéponse directe

    Ce porte-avions, ce nouveau Charles de Gaulle... Quelle est votre réaction ?

  • 2:29OuverteRéponse directe

    Vous vous êtes invité sur les porte-avions... C'est important ?

  • 2:54OuverteRéponse directe

    On attend l'évêque aux armées sur un lieu particulier au moment de Noël ?

  • 3:28OuverteÉludée

    Et cette année, où irez-vous ?

  • 3:54OuverteRéponse directe

    Donald Trump a annoncé le lancement d'une nouvelle classe de navires... Qu'est-ce que ça signifie ?

  • 5:50OuverteRéponse directe

    Est-ce que pour l'Église catholique... est-ce qu'il y a un moyen de jouer sa propre partition ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46PrésentateurFait
    « Ce porte-avions, ce nouveau Charles de Gaulle qui sera beaucoup plus fort, beaucoup plus lourd, beaucoup plus grand. »
  • 0:54PrésentateurChiffre
    « La France a le deuxième territoire maritime au monde. »
  • 2:18InvitéChiffre
    « Un porte-avions, un projet lancé en 2018 qui doit entrer en service en 2038. »
  • 2:58PrésentateurFait
    « Traditionnellement, l'évêque aux armées est toujours, depuis neuf ans, j'ai toujours été sur un théâtre d'opération. »
  • 4:18PrésentateurFait
    « ce à quoi nous assistons en ce moment, c'est une sorte d'effondrement de l'ordre mis en place au sortir de la Deuxième Guerre mondiale. »
  • 7:03PrésentateurFait
    « Nous retrouvons une logique d'empire, c'est-à-dire nous avons l'empire russe, l'empire américain, l'empire chinois, l'empire perse, l'empire ottoman et d'autres. »
  • 10:04PrésentateurFait
    « le capitalisme libéral de marché qui s'est déployé tout au long des 50 dernières années a conduit à structurer des individus consommateurs »
  • 11:52PrésentateurFait
    « Nous sommes en compétition, voire en confrontation ou en affrontement, avec l'ensemble de ceux qui nous entourent. »
  • 14:47PrésentateurFait
    « Napoléon disait que la gendarmerie était sans doute l'institution la plus utile au pays. »
  • 15:15PrésentateurFait
    « Ce dont vous parlez résulte, à ce que j'ai compris, d'une manipulation de l'information. »

Temps de parole

  • Présentateur77 %
  • Invité22 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. Votre invité de la matinale, Louis Dauphrenne, vous recevez Mgr Antoine de Romanet.

0:19
Invité

Oui, évêque aux armées françaises. Depuis 2017, d'auteur en économie, diplômé de Sciences Po, 17 ans à l'étranger, au Caire, à Bruxelles, à Rome, à Washington et à la tête d'un réseau de 210 aumôniers militaires catholiques. Alors c'est important parce qu'on va essayer de faire un tour d'horizon d'un certain nombre de sujets qui sont chers à Mgr de Romanet. Et il y en a dans l'actualité, à commencer par le porte-avions dont Emmanuel Macron a annoncé la construction lors de son passage à Abu Dhabi. Bonjour Mgr. Bonjour. Alors ce porte-avions, ce nouveau Charles de Gaulle qui sera beaucoup plus fort, beaucoup plus lourd, beaucoup plus grand. Quelle est votre réaction ?

0:54
Présentateur

Écoutez, c'est un sujet qui est déjà présent depuis longtemps dans les armées. Il s'agit véritablement pour la France d'affirmer sa maîtrise des technologies et sa capacité à se projeter dans le monde entier. La France a le deuxième territoire maritime au monde. Nous avons de nombreuses réalités françaises sur toutes les mers du globe. Et le porte-avions est un instrument de puissance, un jugement de projection, un instrument aussi de diplomatie. Et c'est aussi l'expression de la maîtrise d'un certain nombre de techniques très particulières que la France possède et qu'il choisit de maintenir.

C'est donc d'une certaine manière le maintien d'une certaine classe internationale et de la capacité de la France à tenir son rang dans les grandes nations du monde par ce moyen à la fois symbolique et très opérationnel. Pour que ce soit crédible, il faut deux porte-avions. Écoutez, plus c'est toujours mieux, comme dit l'adage. Mais un porte-avions, c'est déjà tout à fait considérable. Et cela permet surtout de maintenir la compétence sur tous les registres, qu'il s'agisse de la dimension de la propulsion nucléaire, qu'il s'agisse de nos capacités d'appontage qui nécessitent une technique extraordinairement élaborée et une pratique et un entraînement continu.

Et cela, un porte-avions le permet déjà d'une manière tout à fait remarquable.

2:06
Invité

A l'heure des prédateurs, nous devons être forts pour être craints, a déclaré le chef de l'État sur la base militaire près d'Abu Dhabi devant des dizaines de soldats français déployés dans ce pays. Il a validé la mise en œuvre de la réalisation de ce futur porte-avions. Un porte-avions, un projet lancé en 2018 qui doit entrer en service en 2038. Vous-même, vous faites un voyage à l'étranger par mois, je crois, hors de nos frontières. Absolument. Et vous vous êtes invité comme ça sur les porte-avions, les aumôniers, c'est important ? Alors, il y a un aumônier catholique en permanence sur le Charles de Gaulle.

2:36
Présentateur

Et moi-même, je me suis rendu plusieurs fois sur le Charles de Gaulle en différents endroits, notamment pour visiter l'ensemble du dispositif et contribuer par des conférences à éclairer l'équipage sur tel ou tel sujet qui m'a été demandé, notamment celui de la dissuasion nucléaire, sujet sur lequel je me suis beaucoup investi dès mon arrivée ici en 2017.

2:54
Invité

On attend l'évêque aux armées sur un lieu particulier au moment de Noël ?

2:58
Présentateur

Traditionnellement, l'évêque aux armées est toujours, depuis neuf ans, j'ai toujours été sur un théâtre d'opération. L'année dernière, j'étais en Roumanie, l'année précédente en Esthonie. Chaque année, c'est l'occasion de se rendre sur place, de soutenir les troupes et de manifester aussi à ceux qui sont loin de l'Hexagone, qui sont près de notre cœur et dans nos pensées. Et ce qu'on appelle les visites d'autorité, l'évêque aux armées en études dans l'armée, manifeste cette sollicitude, cette présence, cette attention à ceux qui, pour la défense des intérêts de notre pays, sont projetés loin de nos frontières.

3:28
Invité

Et cette année, où irez-vous ? Ça n'est jamais dit à l'avance. Ça n'est jamais dit à l'avance ? Pour des raisons de sécurité ? Pour des raisons très évidentes. D'accord. Très bien. Donc on le saura après, justement, peut-être, si vous communiquez sur le sujet. Vous êtes présent un peu sur les réseaux sociaux ?

3:40
Présentateur

Le 16e armée est très présent. Nous avons un site Facebook qui est le plus visité des 16e de France et nous avons un site internet, 16earmée.fr, qui relève beaucoup d'informations et qui est très regardé. Je veux dire que nous avons une équipe de communication très remarquable que je salue ici, ce matin, en votre présence.

3:54
Invité

Alors, Mgr Antoine Ormanet, puisqu'on parle de bateaux, Donald Trump a annoncé le lancement d'une nouvelle classe de navires de guerre de grande taille qui portera son nom. Et c'est, semble-t-il, une première. Extrêmement inhabituel pour un président en exercice, nous dit-on. Et ces navires seront les meilleurs du monde. C'est ce qu'il a assuré pendant une conférence de presse à Mar-a-Lago, en Floride. Qu'est-ce que ça signifie, en fait, et si on doit relier, justement, à vos réflexions sur la géostratégie mondiale ?

4:18
Présentateur

Écoutez, ce à quoi nous assistons en ce moment, c'est une sorte d'effondrement de l'ordre mis en place au sortir de la Deuxième Guerre mondiale. La Deuxième Guerre mondiale, ce moment absolument tragique dans l'histoire de l'humanité, a conduit la communauté internationale à se ressaisir, à se doter d'institutions, à commencer par l'Organisation des Nations Unies, le Conseil de sécurité, la multiplication de traités internationaux, de dimensions multinationales, avec une volonté de se parler, de se comprendre et d'avancer ensemble. D'une certaine manière, ce qui se passe actuellement, c'est à la fois rien de neuf sous le soleil et tout à fait considérable.

Rien de neuf sous le soleil parce qu'au bout du bout, chacun défend ses intérêts, parce que la vie est faite de rapports de force, parce que chaque nation a son histoire, sa culture, son regard, et qu'elle cherche à maximiser, dans toute la mesure du possible, ce qui lui semble opportun pour elle. Le changement très considérable est celui de la désinhibition de la parole, du rapport de force qui devient un rapport brut, ce n'est plus la force de la loi, c'est la loi du plus fort, effondrement d'une réalité du multilatéralisme, affaissement des organismes qui en ont la charge, et un propos extraordinairement brut, brutal. Alors dans la vie, il faut se parler, c'est essentiel de se parler.

Les mots ont une puissance très importante et on peut blesser, on peut même tuer avec des mots. Ce qui est préoccupant aujourd'hui, c'est la manière totalement désinhibée d'un certain nombre de chefs d'État.

5:50
Invité

Et vous estimez que ça en fait partie, le fait de nommer une flotte qui porte le nom du président américain ? Écoutez, ça me semble tellement évident que je n'ai pas besoin de commenter. Mais il y a déjà eu des navires qui portaient le nom de Roosevelt, par exemple, je crois ?

6:00
Présentateur

Oui, après leur décès. La tradition effectivement de baptiser un certain nombre de lieux, un certain nombre de musées, un certain nombre de bâtiments, c'est toujours fait dans la grande tradition de l'histoire, après le décès des individus. Le fait de baptiser soi-même de son propre nom, je laisse ça aux spécialistes de commenter, mais ça me semble tellement évident que ça n'appelle pas de propos.

6:21
Invité

La stratégie de sécurité nationale du président américain ?

6:25
Présentateur

Là encore, si vous voulez, on retourne dans les dimensions d'intérêts nationaux. D'une certaine manière, chaque pays agit toujours en fonction de ses intérêts les plus fondamentaux. Mais nous avons connu une période depuis 1945 avec une volonté de coopération, avec en tout cas des éléments de diplomatie qui faisaient qu'un dialogue positif et constructif essayaient de se vivre. Et vous savez, la modération du langage, ça conduit à la modération des comportements. Là, nous avons un retour à un mode d'expression qui est tout à fait préoccupant.

En fait, nous retrouvons une logique d'empire, c'est-à-dire nous avons l'empire russe, l'empire américain, l'empire chinois, l'empire perse, l'empire ottoman et d'autres. Et l'empire, il est par définition en expansion, contrairement à l'état-nation. La France, l'état-nation, a une frontière avec les Pyrénées, avec les Alpes et avec le Rhin. Et nul ne songe à aller visiter nos voisins sur ce registre. L'empire, lui, est en expansion nécessaire. Et on arrive à ce que les empires soient considérés par certains aujourd'hui comme ayant naturellement leur zone d'influence. Non seulement chacun chez soi, mais chacun dans sa zone d'influence.

Et donc, on est en train de reconsidérer très considérablement l'organisation internationale et le lien entre les nations. Donc, ceci appelle une réflexion très profonde, notamment pour nous, pays européens. Qui sommes-nous dans la démographie de chaque pays ? Nous sentons combien l'Europe est forte lorsqu'elle est unie. Nous sentons combien l'Europe porte des valeurs de démocratie, de liberté, de respect tout à fait décisives. Combien l'Europe est aussi meurtrie par les deux guerres mondiales qui ont marqué le XXe siècle.

D'une certaine manière, l'Europe est le fruit de ce désastre et de cette nécessité ressentie, notamment par De Gaulle, Adenauer et de Gasperi dans une dimension chrétienne, de construire des liens de fraternité, de construire des liens par le commerce qui fait que l'on se parle et qu'on ne se respecte. Ceci est un trésor.

Et nous sentons combien ce trésor est à bien des dégâts menacés, challengés, par ces réalités d'empire qui nous entourent et qui, voulant faire valoir leurs intérêts, conduisent à des réalités assez préoccupantes en termes de développement du bien commun international, puisque nous savons que la montée du protectionnisme auquel nous assistons actuellement est plutôt du mode perdant-perdant au terme.

C'est donc une nécessité de revisiter, de reconsidérer l'ensemble des relations internationales en prenant en compte les intérêts des uns et des autres, mais en essayant d'apporter une vision humaine, une vision fraternelle, une vision solidaire qui manque quelque peu et que le pape Léon vient à la suite du pape François rappeler avec beaucoup de force, beaucoup de justesse et beaucoup d'opportunité. Merveille que cette voix qui, depuis le Vatican, vient redire au monde combien l'humanité, la fraternité, le respect, la solidarité sont des valeurs absolument essentielles qui fondent notre humanité au risque de son péril.

9:37
Invité

Alors Mgr Antoine de Romanet, justement, puisque vous parlez de l'affaissement de l'action diplomatique, est-ce que pour l'Église catholique et son réseau universel, est-ce qu'il y a un moyen de jouer sa propre partition et de gagner en influence pour être cette structure médiatrice et pacificatrice ? Est-ce que vous sentez qu'il y a plus de poids marginal peut-être de l'Église ? Est-ce que ça se perçoit, ça ?

10:00
Présentateur

Si vous voulez, ce qui est certain, c'est que nous arrivons, comme au bout d'un cycle, le capitalisme libéral de marché qui s'est déployé tout au long des 50 dernières années a conduit à structurer des individus consommateurs sans leur donner de perspectives, de souffles qui permettent de fédérer et de construire ensemble une société du bien commun. Et on sent qu'il y a là une dialectique entre l'individu et la personne. L'individu, on l'agrège, on en fait des datas, on en fait un consommateur, c'est une menade isolée. Et au fond, ça conduit à une forme de désespérance. Où allons-nous ? Quel est le sens ? Qu'est-ce qui justifie mon engagement ?

La personne, qui est un concept fondamentalement chrétien, issu de cette relation interpersonnelle entre le Père, le Fils et l'Esprit dans lequel nous sommes invités à rentrer, la personne, c'est un être en relation. Et nous sentons combien nous avons plus que jamais besoin de cet être en relation les uns avec les autres, au plan familial, au plan social, au plan associatif, au plan national. Et l'Évangile vient nous redire avec beaucoup de force la beauté et la grandeur de l'homme comme être en relation plus que jamais et non pas comme un individu. Et nous sentons d'ailleurs combien la dimension religieuse est de plus en plus expressive dans les grands empires.

et nous sentons combien, aussi bien du côté de Moscou que du côté de Washington, la dimension religieuse fait partie intégrante de l'équation. Alors, d'une certaine manière, dans ces rapports de force entre puissances, ce qui est impressionnant, c'est de réaliser combien c'est sur l'ensemble du spectre. C'est-à-dire que nous sommes en compétition, voire en confrontation ou en affrontement, avec l'ensemble de ceux qui nous entourent. Nous sommes en compétition avec les États-Unis, avec l'Angleterre, avec le Japon, avec l'Espagne. Nous pouvons virer de la compétition à la confrontation. Mais l'Église n'est en confrontation avec personne.

Alors, nous sommes en compétition, confrontation et en affrontement sur, au domaine économique, financier, culturel, industriel, normatif, juridique, culturel et religieux. Et la dimension religieuse fait partie de l'équation des rapports de puissance. Et vous constatez, dans les grands empires, notamment à Moscou et à Washington, combien la dimension religieuse fait partie intégrante de ce qui est articulé par les responsables. Et c'est une vraie question pour l'Europe, aujourd'hui, de s'interroger sur ce point. Et l'Église vient apporter une dimension décisive, grâce à la lumière du Christ, de cette dissociation entre Dieu et César, entre le politique et le religieux.

Le politique est légitime dans son ordre. César est légitime à prélever des impôts et à organiser la vie sociale. Mais César n'est que César. César ne m'a pas donné la vie. César ne me donnera pas la vie éternelle. Et donc, le christianisme nous aide à distinguer très clairement le politique du religieux. Nous sentons combien le danger que l'un et l'autre soit en collusion, c'est celui du totalitarisme. L'Évangile et le Christ et l'Église aujourd'hui viennent nous aider à déployer cette liberté fondamentale, cette liberté de conscience, cette liberté personnelle, cette liberté religieuse, contre toute forme de totalitarisme. Et c'est sans doute un point de vigilance important

13:10
Invité

pour nous tous, à l'heure où nous parlons. Est-ce qu'il y a matière à se réjouir que les États-Unis deviennent catholiques ? J'entends par là que le catholicisme gagne une influence dans les hautes sphères de la politique, ce qui est une première aux États-Unis quand même.

13:21
Présentateur

D'une certaine manière, on constate également la même chose en Grande-Bretagne et dans beaucoup de pays. La dimension chrétienne en général, et catholique en particulier, a une certaine vigueur. La question est que chacun reste bien à sa place et le danger de l'idéologisation qui conduirait à manipuler la dimension religieuse au profit d'une visée strictement politique. Donc nous sentons combien les influences peuvent être intéressantes. Nous sentons combien la place du catholicisme est tout à fait essentielle pour féconder la société, pour l'inspirer.

Nous sentons aussi les dangers que certains veuillent précisément, dans une collusion entre la dimension politique et la dimension religieuse, annexer l'Évangile à leurs intérêts particuliers. L'Évangile dépassera toujours de part en part les intérêts de tel ou tel.

14:10
Invité

Mgr Antoine de Romanet, on sait que votre poste est à la croisée de l'Église et de l'État, puisque vous relevez de deux nominations, un ministériel et puis bien sûr le pape. Je voulais avoir votre avis sur une info que je n'ai pas vérifiée, peut-être que vous l'avez vérifiée vous-même. Ça concerne les agriculteurs et la tension qui existe entre le monde agricole et le monde politique, producteur de normes, l'État. Des gendarmes mobiles auraient refusé d'aller affronter des agriculteurs parce que, justement, face à la détresse de ceux-ci, ils se seraient dit que ce n'était pas leur mission.

Qu'est-ce que vous dites en tant que Québec aux armées, aux gendarmes dans une situation comme celle-ci ?

14:47
Présentateur

Alors, je voudrais rendre un immense hommage à la gendarmerie nationale, aux gendarmes mobiles, à la gendarmerie territoriale. Napoléon disait que la gendarmerie était sans doute l'institution la plus utile au pays. Personne ne connaît mieux le pays dans tous ses aspects que la gendarmerie. Ce sont les gendarmes qui viennent annoncer au petit matin aux parents qu'un de leurs fils a eu un accident. Ce sont les gendarmes qui viennent trouver dans toutes les situations de détresse et de difficulté, nos concitoyens avec beaucoup de respect et je leur dis mon admiration. Ce dont vous parlez résulte, à ce que j'ai compris, d'une manipulation de l'information.

C'est-à-dire qu'on a eu des images manipulées où il semblait que les gendarmes étaient opposés aux agriculteurs. Ce qui n'était absolument pas le cas, ils faisaient face à des provocations de groupuscules qui étaient décidées à mettre de la violence sur la tension. Donc, prenons garde à toutes ces manipulations auxquelles l'intelligence artificielle prête la main d'une manière considérable aujourd'hui. La gendarmerie se comporte d'une manière tout à fait exceptionnelle. Les gendarmes sont des militaires. Le propre des militaires, c'est la maîtrise de la force pour empêcher la violence.

Et la manière dont les gendarmes, notamment les gendarmes mobiles, sont par leur comportement, par leur équipement, par leur formation, par leur discipline, capables d'endiguer la violence est tout à fait remarquable. La France doit beaucoup à sa gendarmerie et je suis heureux ici,

16:09
Invité

ce matin, de lui rendre un hommage très appuyé. Donc, fausse information sur cet élément, vous confirmez. Je vous confirme

16:16
Présentateur

qu'on a eu des images manipulées sur ce sujet et que le comportement de la gendarmerie est en tout point exemplaire et qu'il est des situations où il convient d'intervenir d'une manière appropriée qui n'est pas nécessairement celle que les observateurs sur place voudraient voir photographier. Et donc, prenons garde de ne pas enfermer les uns et les autres dans les schémas que nous pourrions avoir. Le maintien de l'ordre, c'est souvent beaucoup plus subtil qu'une simple intervention

16:48
Invité

Iketnonc. En écho à cette discussion, M. Antoine Normanet, si on doit se quitter, je vous aurais bien fait parler de ce sujet, mais je renverrai un podcast auquel vous avez participé sur Deep Tech. Ce sont des spécialistes des nouvelles technologies et de l'innovation et c'est l'intelligence artificielle. Vous avez donné une conférence sur le sujet et vous répondez à cette interview pour Deep Tech. L'intelligence artificielle ne connaît ni la vie, ni la mort, ni l'amour. C'est vraiment un enjeu de demain. Alors, comme je souhaite à tous nos auditeurs beaucoup de vie

17:15
Présentateur

et beaucoup d'amour, je leur souhaite éventuellement d'aller aussi consulter sur le site internet du diocèse des armées françaises ce texte que vous trouvez faire faire un don, rassurez-vous c'est gratuit et vous avez le texte. Je crois que c'est relativement inspirant et dans ces défis considérables et impressionnants de l'intelligence artificielle qui est plus de l'information augmentée, un regard éthique et un regard humain

17:32
Invité

à la lumière du christianisme et plus que jamais une bouffée d'oxygène pour nous tous. Je vous remercie d'avoir été notre invité et je vous souhaite un joyeux Noël Mgr Antoine de Romanet évêque aux armées.

17:40
Présentateur

Un grand merci à vous tout de suite la météo.