INTERVIEW D'E. MACRON : LE REPLAY
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Our planet, great again. Quoi qu'il en coûte.
Je suis contre le pass sanitaire, c'est ça la liberté.
Faire des républicains, c'était le combat de Samuel Paty.
S'il n'entend pas la colère de la rue, il va droit dans le mur ce président.
Ce ne sera pas tous les jours facile, je le sais.
Bonsoir et bienvenue à toutes et à tous. Bonsoir monsieur le président. Merci de nous accueillir ici à l'Elysée, à mes côtés Darius Rochebin de LCI. Bonsoir Darius.
Bonsoir Audrey, bonsoir monsieur le président. Bonsoir à vous. Bonsoir à toutes et à tous.
Monsieur le président, ce soir nous allons vous poser une question centrale. Où va la France ? Où va la France à l'heure où une cinquième vague frappe le pays ? Où va la France à l'heure où insécurité et immigration nourrissent les débats ? Où va la France à l'heure où les Français s'interrogent sur leur pouvoir d'achat ? Nous verrons aussi la façon dont les Français ont vécu votre présidence, qui approche de son terme, avec ses épreuves, ses succès, ses échecs, ses deux grandes crises, les gilets jaunes et le Covid. En cinq ans, la France a-t-elle changé ? Êtes-vous le réformateur que vous aviez rêvé d'être ?
Et puis alors que la campagne présidentielle s'est engagée, quel est votre état d'esprit ? Mais d'abord, pourquoi accepter ce soir cette épreuve de vérité face aux Français ?
Bonsoir. D'abord parce que je pense que c'est utile. Et que dans ce moment où l'année tourne sur ses gonds, il est bon de voir où notre pays se trouve. En effet, comme vous l'avez dit, face à cette épidémie qui nous touche depuis bientôt deux ans. Et plus largement, d'essayer de récapituler un peu le chemin fait et ce vers quoi notre pays, notre Europe vont. Parce que si on perd le fil, parfois, peut-être, se laisse-t-on perdre dans des débats qui sont moins importants que d'autres. Donc je pense que c'est un exercice utile. Voilà.
Monsieur le Président, prenons l'engagement. Audrey et moi, évidemment, nous serons d'une objectivité de faire. En retour, est-ce que vous êtes prêts à ce qu'on vous pose toutes les questions sur tous les sujets ?
Vous êtes journaliste libre, nous sommes une démocratie et fiers de l'être.
Donc bien évidemment, oui. Un regard d'abord sur ces cinq ans écoulés. Vous avez esquissé un sourire tout à l'heure en vous regardant vous-même le soir de la victoire en 2017 quand vous dites que ce ne sera pas tous les jours facile. À l'heure du bilan, est-ce que ça n'a pas été encore plus dur ? J'avais sans doute raison.
C'est sûr. Non, mais ça n'a pas été facile pour nous tous. Parce que notre pays a traversé des moments heureux. Des moments de succès économique qui sont encore là d'ailleurs.
Et on les verra tous.
De reprise, de succès sportif, artistique, etc. Mais nous avons traversé des moments très difficiles, des moments d'angoisse aussi. Et tout particulièrement cette épidémie qui, je pense, très peu l'avait anticipée. Donc oui, c'est normal. Et je pense, je l'ai plusieurs fois dit, mais notre époque est marquée par une forme de retour du tragique, de l'histoire.
On va commencer justement par cette épreuve, monsieur le Président, qui bouleverse nos vies effectivement depuis bientôt deux ans. La fin d'année est une période de fête familiale où les enfants vont sans doute retrouver leurs grands-parents. Passerons-nous des fêtes de Noël sans nouvelles restrictions ?
Il faut toujours être prudent à la matière. Nous l'avons vu depuis le début, parce que celui qui dicte le rythme et les règles, c'est le virus. Bon. Nous sommes au milieu de cette cinquième vague, comme on l'appelle. Et donc vous voyez les nombres de cas qui sont à un niveau très élevé. On est sans doute à un pic ou à un plateau. Ce qui veut dire que, très vraisemblablement, entre Noël et l'an, nous aurons, dans nos services hospitaliers, dans nos urgences, beaucoup de cas de Covid. Et donc une très forte pression sur notre hôpital.
Cela implique plus de restrictions ?
Et donc ça, c'est la source d'inquiétude. Donc je pense qu'on a déjà demandé beaucoup. On va continuer à avancer avec, au fond, les trois piliers de notre action. Vacciner, vacciner, vacciner. C'est le premier pilier. Et je le dis, je le redis avec beaucoup de force.
Mais pardon, justement, sur ce point-là, beaucoup de gens, en ce moment, sont inquiets, parce qu'ils se disent, quand est-ce que j'aurai ma troisième dose, la dose de rappel ? Est-ce qu'on est sûr ? Ça demande des moyens très importants. Ça a beaucoup progressé. On les a, bien sûr. Mais ça veut dire que tout le monde aura sa troisième dose à temps pour avoir son pass valable.
Tout sera mis en place pour que nous y ayons. Les aménagements, de toute façon, sont faits. Et là-dessus, il ne faut pas qu'il y ait d'inquiétudes. Mais moi, j'invite tout le monde à prendre rendez-vous. On tourne à Envie. Ce n'est pas facile, pardon. Pas toujours. Beaucoup de gens disent ça. Je sais, parce que c'est une question d'organisation collective. Mais vraiment, le maximum est fait par nos soignants. Les centres ont été réarmés par nos maires. On mobilise nos soignants, nos infirmiers, nos infirmières, les étudiants aussi, les sapeurs-pompiers. Comment on l'a fait l'été dernier ? Ces derniers jours, on était à environ 700 000 vaccinations par jour.
Samedi dernier, à un peu plus de 500 000, ce qui, pour un samedi, était beaucoup. Donc, on est reparti pour beaucoup vacciner. Mais il faut le faire. Pourquoi ? Parce que même quand vous avez eu vos deux doses, il est maintenant établi qu'après quelques mois, vous n'êtes plus suffisamment protégés contre ce virus qui est en train de revenir avec beaucoup de force et de rapidité. Le plus important, c'est que tous nos compatriotes qui ont déjà eu une dose et une infection ou deux doses aillent vers ce rappel. Ensuite, de continuer à convaincre celles et ceux qui ne sont pas vaccinés. Il y a un peu plus de 5 millions de nos concitoyens qui ne sont pas vaccinés.
Et donc, vraiment, je les appelle à la responsabilité parce qu'ils ne sont pas protégés. Et on voit de nombreux cas aujourd'hui dans nos services hospitaliers, dans nos urgences et malheureusement dans les décès, qui sont des compatriotes qui ne se sont pas fait vacciner, voire qui, parfois, avaient fait défaut. On l'a encore vu ces derniers jours.
Et il y a une question aussi qui se pose pour les plus jeunes d'entre nous. Vous entendez l'inquiétude des parents et certains médecins, d'ailleurs, s'interrogent. Allons-nous vers une vaccination pour tous les enfants de 5 à 11 ans ?
Je crois qu'entre 5 et 11 ans, on a donné toute la transparence. Les autorités sanitaires ont expliqué que c'était bon, ça l'a protégé. On voit que c'est un virus qui tourne beaucoup chez les enfants. Et donc, je pense que c'est souhaitable. Après, c'est le choix des parents.
Donc, il n'y a pas d'obligation de vaccination à terme ?
Non, nous n'avons pas aujourd'hui mis d'obligation. Et je pense qu'il faut informer les parents. On sait que les enfants ont le virus. On sait qu'ils tournent très vite chez les enfants. On sait qu'ils ont rarement des formes graves, même si ces dernières semaines, on a eu plusieurs dizaines de cas, malheureusement, d'enfants, parfois jeunes, qui sont à l'hôpital avec des formes graves. La deuxième chose, c'est le pass, le pass sanitaire, qui a été très efficace et qui permet de tenir les lieux ouverts, en particulier les lieux où on va apprendre, où l'on va se cultiver, où l'on va se restaurer, ces lieux de convivialité, sans prendre de risque, parce qu'on a ce contrôle qui est établi.
Et puis, la troisième chose, ce sont les gestes barrières. C'est là qu'on a un peu renforcé les règles pour éviter que dans des salons, dans des lieux où il y avait beaucoup de monde, on ait des moments plus risqués parce que les gestes barrières contre ce virus n'étaient plus respectés. Et donc, on va à chaque fois adapter les choses, vous savez, avec les mêmes règles, donc sur ces trois piliers, vaccins, pass sanitaire et les règles de restriction, les gestes barrières.
Et sans obligation vaccinale, donc même pour les adultes à terme, si on vous écoute. Vous savez,
nous y sommes quasiment à l'obligation vaccinale. Quand vous avez plus de 90% de celles et ceux qui doivent se faire vacciner, qui se sont fait vacciner, on regardera avec pragmatisme dans les prochaines semaines. Il est vraisemblable que nous allons aller
vers des rappels réguliers. Sur cette question de l'obligation, est-ce qu'il n'y aurait pas une logique, ou en tout cas, est-ce que l'hypothèse est sur la table de dire on fait comme le tétanos, la diphtérie, c'est dans les listes obligatoires ? C'est tout à fait possible.
Est-ce que l'hypothèse existe ? Mais cette hypothèse existe, bien sûr. On en est quasiment là. Je vous le dis encore une fois, quand on a vacciné, 90% des personnes qui sont en âge d'être vaccinées et qui étaient éligibles, on n'est pas loin de ce moment. Mais je pense qu'il faut continuer à avancer dans les semaines qui sont les nôtres avec la conviction. Mais le premier type de rappel, c'est celui que j'évoquais. Ensuite, ce virus, comme tous les virus, parce que c'est une forme humaine, il s'adapte, il essaie de contourner nos barrières. C'est là qu'on a ces nouveaux variants.
Et c'est là où on a l'impression d'un jour sans fin ?
Non, alors, vous avez raison, il y a une fatigue, mais juste pour que, je vais aller au bout de mon raisonnement, pour que tout le monde soit informé, ces variants, parfois, peuvent résister un peu mieux. Et donc là, vous avez un autre type de rappel qu'il faut faire qui s'adapte à ces variants pour les contrer. C'est un peu ce qu'on fait chaque année avec la grippe. Vous avez été vacciné contre la grippe, simplement, chaque année, elle revient avec une forme un peu différente. Vous devez vous faire revacciner pour être adapté et avoir la bonne protection avec la forme de grippe de l'année en cours. Il est vraisemblable qu'on aille vers cela
pour ce virus. Est-ce que vous entendez la relative déception ? La vaccination protège, évidemment, elle est nécessaire, mais un peu moins que ce qu'on espérait. Le pass sanitaire, il y avait d'énormes espoirs. Ça a marché. Vous avez dit, allez-y, c'était un peu contraint et forcé en juillet 2021, mais enfin, ça a marché. La ruée vers le vaccin. Or, on voit que là encore, ça n'empêche pas complètement la cinquième vague, peut-être même la sixième s'il y a eu le variant Covid. Le variant Omicron, pardon.
Nous sommes vulnérables et on parle du vivant. Et voilà, nous retrouvons l'humilité qui va avec notre condition. Et donc oui, l'humanité ne pensait pas à l'hiver 2020 presque s'arrêter, se calfeutrer parce qu'il y avait un virus.
À ce sujet, M. le Président, est-ce qu'on a changé de société et est-ce que demain, on doit s'attendre à vivre dans une société de contrôle permanent ?
Je pense qu'il faut à chaque fois trouver la bonne proportionnalité. Je préfère ce terme de société de vigilance ou de responsabilité que société de contrôle. Parce qu'à chaque fois, depuis le début de cette épidémie, qu'avons-nous fait ? Nous avons agi en citoyens. C'est-à-dire, d'abord, on doit protéger les uns les autres. On a protégé notre hôpital et les plus faibles. Ensuite, nous avons toujours débattu démocratiquement. Il y a eu plus d'une dizaine de textes de loi qui sont allés devant le Parlement. Et donc, nous n'avons jamais perdu ce débat démocratique.
Même dans votre majorité, beaucoup disaient majorité Godiot. Effectivement, il y a eu des batailles d'amendement. Mais quand même... Mais c'est légitime. C'est une force. On voit que beaucoup de gens s'inquiètent de dire est-ce que ça va durer indéfiniment ? Parce que le pass sanitaire était censé être provisoire. Oui, mais il le sera dur.
Il le sera provisoire.
C'est évident puisque je ne pense pas qu'on aille, je dirais, pour toute éternité avec ce virus. Moi, je suis comme vous. Je vois la fatigue qui est là. Beaucoup de nos compatriotes sont fatigués. Mais je pense que chaque centimètre que nous arrivons à conquérir est utile. Et donc, nous maîtrisons aujourd'hui mieux la situation qu'il y a un an. Le virus revient. Avec l'hiver, c'est normal, plus fort. Nous allons résister. Mais il faut continuer de nous vacciner, de nous protéger de manière proportionnelle.
Avec l'horizon, la fin de crise à l'été 2022 ?
Je me garderais bien de faire quelques prédictions que ce soit. Je pense, si j'écoute les scientifiques, ce qu'ils nous expliquent, c'est que voilà, il y a comme ça des vagues. Le virus revient. On arrive à le contrer, soit avec des rappels, soit parce qu'il y a une immunité collective qui est progressivement acquise. Et puis, vraisemblablement, il va à un moment donné ou disparaître ou redevenir un virus saisonnier, virus qu'on connaît. Beaucoup de coronavirus sont des virus saisonniers que vous croisez tous les ans
qui se traduisent en rhume ou autre. Très peu de dirigeants ont vécu ce que vous vivez, c'est-à-dire la moindre décision à un tel impact sur le quotidien des gens quand on revoit les images inouïes de nos villes absolument vidées de leurs habitants. C'est vous, mars 2020, vous dites, voilà, confinement général, prise de responsabilité colossale. Entrons dans le cerveau d'Emmanuel Macron. Comment ça se passe quand on a un tel poids sur les épaules ? À quel moment vous vous dites dans votre bureau ou ailleurs, voilà, c'est le moment où je vais confiner 67 millions de personnes ? Je peux vous dire très clairement,
nous étions conscients que ce virus était redoutable. On l'avait vu progresser en Chine. La ministre de la Santé à l'époque avait vraiment alerté, je dirais même en étant plus alarmiste que ne l'était l'Organisation mondiale de la Santé à l'époque. Nous nous sommes préparés, nous avons même été solidaires avec les Chinois. On a vu ensuite ce virus arriver, je vous le rappelle, en Italie. Je me suis moi-même rendu à Naples, je crois, en février 2020. Et on voyait vraiment la mort rôder. Et on pensait, on a très longtemps pensé, qu'on arriverait à cantonner les choses en écrasant le virus dès que des cas apparaîtraient. Ce qu'on avait très bien réussi à faire en début d'année 2020.
Mais c'est aussi parce qu'on manquait de tout en France, notamment de masques, de tests, de lits, que vous avez dû confiner le pays ?
Non, pas du tout, parce que tous les pays au monde ont confiné leur pays. La Chine qui produisait des masques a confiné avant nous, plus longtemps que nous, et elle confine encore. Mais on était démunis. Mais tous les pays du monde, citez-moi un pays qui, à l'hiver 2020, ne confine pas. Il n'y en a pas. Il y a la Suède qui, à un moment, va essayer cette stratégie pour revenir d'ailleurs sur celle-ci ensuite. Et les masques qui étaient fortement produits massivement en Chine ont conduit la Chine à avoir un confinement bien plus drastique que le nôtre. Je rappelle qu'à l'époque, j'étais même plutôt attaqué parce que le confinement n'était pas assez dur en France.
On disait, regardez les Chinois. Donc, je crois qu'il faut beaucoup d'humilité. On a vu à ce moment-là, en mars 2020, d'un seul coup, cette vague arrivée. Les cas se multipliaient. Pourquoi ? Parce qu'ils se sont multipliés en quelque sorte en dessous du radar. Et d'un seul coup, ils sont arrivés à l'hôpital. Je me souviens d'ailleurs du premier cas hospitalier. je m'étais rendu à la salle pétrière le lendemain du premier décès. Et il y avait des débats chez les soignants. On ne savait pas si ce serait si terrible. Et puis, en effet, vers la mi-mars, le contact avec plusieurs médecins, spécialistes, urgentistes, pneumologues, virologues, m'a conduit à ce qui est d'abord avoir un consensus.
Tout le monde disait, on est en train de se faire déborder. Tous les pays d'Europe sont en train de se faire déborder. Tous les pays du monde. Et la seule solution, c'est la solution, au fond, la plus archaïque que nous avons connue
il y a des siècles et des siècles.
La peste du 18e siècle. Oui, qui est le confinement, qui est encore plus radical que la quarantaine qu'on connaissait. C'est-à-dire, on n'isole pas les malades, on ferme tout. Et c'est ce que nous avons fait pendant plusieurs semaines, comme tous les pays du monde.
Et comme tous les pays... Vous dites, on était démunis comme les autres pays. Quand avez-vous su, vous, qu'on était totalement démunis en France ?
Je ne dirais pas qu'on était totalement démunis. Parce que là, on a le sentiment que la France, c'est un pays qui n'était pas solide. Ce n'est pas vrai. C'est l'impression qu'on a pu avoir. Oui, mais je pense
que parfois, les impressions ne sont pas justes. Mais les masques, exemple, les masques, ça parle à tout le monde. Le moment où vous êtes dit, tiens, incroyable, la France, cinquième, sixième ou septième, ça dépend des classements, la France n'a pas assez de masques. Est-ce que vous vous souvenez, c'est parce que pour beaucoup de Français ou d'Européens, ce n'est pas la France seule, ça a été un choc de se rendre compte de ça. Pour vous, ce choc a eu lieu à quel moment ? Je ne dirais pas que ça a été un choc
parce qu'on l'a vu assez vite. On a surtout compris que comme tous les pays du monde étaient touchés en même temps, ça a été ça la difficulté. Ce qui était un approvisionnement régulier n'était plus possible. Parce que moi, je ne vais pas refaire l'histoire. Tout ça a été instruit par des commissions d'enquête qui ont très bien décrit les choses. Et c'est la mondialisation et ça continue comme ça. Il y avait une tradition de stockage des masques parce que justement il y a une dizaine d'années et il faut le dire avec beaucoup de modestie parce que c'est facile de gagner le tiercé avec le résultat des courses. Vous comprenez ?
On n'est plus au printemps 2020 donc les gens pensaient que c'était impossible à l'époque. Mais 10 ans avant, on n'avait pas connu cette crise. Je rappelle qu'on se moquait de celles et ceux qui avaient commandé trop de vaccins ou trop de masques. Et donc, toutes celles et ceux qui étaient responsables de la gestion de crise avaient plutôt mis des stocks au plus près du terrain avaient mis un peu moins de pression parce qu'on se disait des masques on en trouvera toujours. On en achète très vite, ils viennent en 24 heures. Et donc, c'est vrai qu'il n'y avait pas de stock de précaptions comme si nous étions en guerre.
Et ce qui s'est passé entre mars et mai 2020, c'est ce que j'ai dit à l'époque aux Français, c'est comme une situation de guerre. C'est-à-dire que nous avons dû tout fermer mais le monde s'est refermé. Et là où on pensait que ces masques qui ne valaient rien, que ça ne valait plus la peine de produire chez nous quasiment parce qu'on les importait si facilement d'Asie, comme tout le monde au même moment en avait besoin, ils devenaient rares. Et donc, oui, nous nous sommes retrouvés à ce moment-là démunis. Et ça, c'est la deuxième vulnérabilité après celle du vivant que nous avons éprouvée durant cette crise. C'est celle de la mondialisation.
C'est la dépendance. Et par contre, ça continue. N'importe quelle pharmacie on peut y aller, les masques continuent à venir de Chine. On promettait, on disait... D'ailleurs, vous-même, vous portez un masque français. Moi, je vous confirme. Vous faites du zèle. Moi aussi, j'ai un masque français. Mais la plupart des gens, c'est beaucoup moins cher, évidemment, à produire et à acheter un masque. Oui, mais est-ce que ça ne montre pas que tout ce phénomène fonctionne toujours aujourd'hui un peu de la même façon,
pour le meilleur ou pour le pire ? D'abord, la sortie de crise, ça ne peut pas être l'autarcie. On ne va pas refermer la France ou l'Europe du reste du monde parce que nous-mêmes, nous vendons et on a à cœur d'exporter vers le reste du monde, donc on ne va pas se renfermer. Par contre, il faut se réarmer, entre guillemets, pacifiquement, c'est-à-dire qu'il faut réapprendre à être souverain, c'est-à-dire coopérer, être ouvert, bien sûr qu'on importera toujours.
On a aussi besoin, M. le Président, d'un hôpital solide. La crise a révélé l'état très fragile de notre hôpital et on le voit encore aujourd'hui, pénurie d'infirmiers, de médecins, lits fermés. Est-ce qu'on a, aujourd'hui, en pleine cinquième vague, assez de personnel, assez de lits ouverts ? Est-ce que la situation est satisfaisante ?
D'abord, quand vous dites les lits, vous avez expliqué vous-même dans votre propos, mais j'incite toujours, ce n'est pas un problème de lits, c'est un problème de personnel.
Épuisé, mal payé ? Oui, alors,
quelle est la situation de l'hôpital ? Malheureusement, elle ne date pas de cette crise. Elle est là bien avant. Et d'ailleurs, c'est ce qui me conduit dès 2018 à annoncer un plan où je mets fin à 15 années de déflation, c'est-à-dire de baisse du tarif hospitalier, à 15 années d'effort où on demandait de plus en plus aux hospitaliers pour d'abord dire on va former plus de médecins, fini le numerus clausus et on repart en réinvestissant. Je le fais en 2018, sans doute trop peu compte tenu de l'ampleur de la crise qui s'était installée sourdement, du manque de confiance, déjà de l'épuisement, oserais-je dire de la perte de sens pour beaucoup de soignants à l'hôpital.
Là-dessus, la crise arrive en 2020. Et je dois le dire, elle a donné lieu à une réaction extraordinaire de la part de nos soignants, des médecins, d'infirmiers, infirmières, aide-soignants, aide-soignantes, de tout le personnel administratif. Non, ils ont été extraordinaires. Tout le monde est revenu. Des médecins à la retraite, on a mobilisé les intérêts. Et il y a eu une solidarité exceptionnelle, un travail remarquable de la médecine hospitalière et de la médecine de ville. Tout le monde, je dirais, a fait bloc. nous avons tenu.
Et pourtant, aujourd'hui, on a eu sur nos plateaux encore récemment des médecins, des chefs de réanimation qui avaient les larmes aux yeux en disant, non pas contre vous, contre tel ou tel gouvernement qui, de manière générale, sentaient que l'hôpital est au bord maintenant de la rupture. des infirmières payées 2000 euros, une sorte d'affaiblissement moral qui fait qu'on se demande pourquoi il n'y a pas un quoi qu'il en coûte pour l'hôpital. Une forme maintenant de sursaut pour l'hôpital.
Mais c'est ce que nous avons fait avec le Ségur. C'est qu'en juillet 2020, nous décidons d'investir 9 milliards chaque année en salaire, 19 milliards d'investissement. C'est-à-dire quelque chose que depuis les lois Debray, c'est-à-dire depuis qu'on a construit l'hôpital public, on n'a jamais fait ça. Ça conduit à quoi ? À ce que les augmentations de salaire soient au minimum de 183 euros par mois, parfois 200, 300 euros pour certains personnels soignants. Par mois, c'est plus qu'un 13e mois. Donc le quoi qu'il en coûte, il est bien là. La difficulté, c'est l'épuisement et c'est un peu la perte de sens.
Et donc il nous faut réussir maintenant, d'abord à résister à la crise, mais surtout à changer l'organisation de l'hôpital qui s'est trop bureaucratisée à travers les décennies. Il faut redonner du pouvoir et de la responsabilité à celles et ceux qui soignent une organisation plus souple au plus près du terrain et leur permettre, au fond, de réhumaniser ces tâches. Parce qu'on les a beaucoup trop bureaucratisées à travers le temps.
Et on va revenir au quoi qu'il en coûte qu'on connaît tous aujourd'hui. Quand vous avez annoncé le confinement, vous aviez fait cette promesse, on va vous réécouter.
Tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises. Quoi qu'il en coûte, nous réagirons fort et nous réagirons vite. Quoi qu'il en coûte.
Le président, qui semblait destiné à libéraliser l'économie, l'a finalement quasi nationalisé. Par la force des choses, vous êtes devenu plus socialiste que libéral.
Vous savez, j'ai toujours dit, ceux qui disent le « en même temps », non. La vie d'un pays, c'est la vie d'une nation qui a affronté des moments différents. Et j'avais un triptyque « libérer, protéger, unifier ». Pourquoi nous avons pu protéger durant cette crise ? Parce que nous avions fait le travail. Parce que nous avions une crédibilité, une solidité liée aux réformes du marché du travail, à l'attractivité rebâtie. Ce qui fait qu'en mars 2020, quand cette crise arrive, on peut crédiblement dire « nous, nous avons réformé et nous sommes en train de continuer notre pays. » Mais maintenant, on ne laissera personne tomber. Et j'assume tout ce « quoi qu'il en coûte ».
Parce que, qu'est-ce que nous avons fait durant cette crise ? On a dit dès le début, nous allons aider les entreprises pour qu'elles aident les salariés. Et c'est exactement ce qui s'est passé. Des prêts garantis par l'État pour que vous puissiez continuer à investir. Du chômage partiel pour que vous gardiez les salariés. L'État paye 85% du salaire. Au début, d'ailleurs, quasiment tout. Ensuite, 85%. Les entreprises essayant ensuite d'aller jusqu'à 100% du salaire. On a mis en place un fonds de solidarité. Pour les commerçants, les artisans, les indépendants.
Et nous avons ensuite eu des réponses secteur par secteur, parfois massives, qui pour la culture, le sport, l'événementiel, les restaurateurs. Le résultat, il est là. Donc, en cas de crise... Nous avons aujourd'hui un taux de chômage qui est le plus bas depuis 15 ans.
Qui a 8%. Donc, en cas de crise, votre en même temps tire vers le socialisme et pas vers le libéralisme.
Clairement. En cas de crise, quand vous ne pouvez pas agir, la question c'est... Moi, je ne crois pas dans la sauvagerie. Je ne suis pas pour la loi de la jungle. Je suis pour la responsabilité, le mérite, mais également l'entraide et la solidarité lorsque les coups durs sont là. C'est ça, une grande nation. Et donc, nous avons d'ailleurs montré cela. Réformer, croire dans le travail, dans le mérite, avoir une économie beaucoup plus forte, ce qui est le cas de l'économie française aujourd'hui par rapport à il y a 5 ans. Et cette force, on l'utilise pour protéger les plus faibles, protéger celles et ceux qui sont exposés quand une crise est là.
On va aborder votre façon d'exercer le pouvoir. Mais d'abord, une question sur vous. En quoi cette crise vous a-t-elle changé ?
D'abord, elle m'a appris comme à nous tous ce qu'était cette vulnérabilité que j'évoquais tout à l'heure. Et donc, cette humilité à laquelle vous devez être confrontés. Ensuite, elle m'a... Je dirais qu'elle m'a fait sans doute toucher plus directement les inégalités insupportables qui peuvent exister. Et j'ai vécu des moments très... Côtés de nos compatriotes, mais des moments qui ont été très marquants pour moi. Par exemple ?
Quand je suis allé durant le premier confinement en Seine-Saint-Denis pour revoir la vaccination, il y a eu un moment bouleversant où des habitants étaient à leurs fenêtres et ont chanté la Marseillaise alors qu'ils vivaient dans des appartements minuscules et qu'ils ont mesuré combien pour eux le confinement était difficile. Et j'ai été ensuite voir un maire du département qui est celui qui m'a vraiment éveillé sur les enfants en me disant « Moi, je suis très inquiet parce que les enfants de la commune, je ne les vois plus. Et je sais d'expériences qu'il y en a plus de la moitié qui, s'ils ne viennent pas à l'école, ne mangent pas.
Et leurs parents, je les vois parce qu'eux, le matin, ils vont dans les transports en commun parce qu'ils continuent à travailler. ils nettoient. Ce sont ces emplois invisibles de notre société. Et c'est ce jour-là où j'ai décidé de rouvrir les écoles pour le coup, quoi qu'il en coûte aussi, le 11 mai. Parce que je me suis dit que ça, c'était aussi protéger nos enfants et qu'on ne pouvait pas laisser cette inégalité. Un autre moment, ça a été à Mulhouse quand j'ai vu des infirmières et aide-soignantes que j'avais croisées plusieurs mois avant qui était très dur plusieurs mois avant justement sur la situation de l'hôpital qui là n'était juste plus dur du tout mais désespéré.
Et c'est là que j'ai d'ailleurs fait ce serment qu'on réformerait l'hôpital et qu'on irait au bout et que le Ségur s'est au fond décidé. J'ai vu dans ces moments les injustices qu'il y a dans notre pays et la force de quelques femmes et de quelques hommes qu'on doit aider pour le relever dans ces moments-là. Donc oui, je pense que cette période nous a tous changés.
Est-ce que ça a développé chez vous une fibre sociale ? On se rappelle le Chirac de 1995, des gens qui venaient plutôt de la droite qui tout à coup avait une sorte de prise de conscience si vous deviez faire un second mandat. On en parlera évidemment dans un instant. C'est très loin de l'image convenue d'Emmanuel Macron, président des riches, le banquier de chez Rothschild, etc. Est-ce que là, il y a eu un moment comme ça où une conscience sociale a grandi ? D'abord,
on a le droit de ne pas être la caricature dans laquelle on veut vous enfermer. Et donc, je pense que je n'ai jamais été ça. Je sais d'où je viens. Je viens d'une famille à Amirin, justement, de médecins hospitaliers, de grands-mères enseignantes. Et donc, je sais d'où je viens et quelles sont mes valeurs. Mes valeurs ne sont pas celles d'un président des riches. Je crois dans... Je suis ambitieux pour notre pays. Je suis pour l'innovation. Je suis pour un pays qui est fort économiquement. Mais je suis pour un pays juste. Mais c'est vrai que lorsque tant de choses vacillent que le doute est là, on mesure sans doute encore plus fortement et dans sa chair l'importance de ces métiers.
Donc oui, j'ai appris. Et sans doute que je suis plus sensible à certaines choses que je l'étais avant. Oui, c'est vrai. C'est-à-dire que je pense que... Je vais vous dire. Je crois sur l'hôpital et les soignants que ce que je dis en 2018 et l'intuition est plutôt juste. C'est-à-dire, il faut qu'on arrête avec baisser les tarifs, il faut qu'on change l'organisation, mais qu'on retrouve de l'ambition et qu'on investisse. Mais je pense que je n'ai... Je ne mesure pas assez
le sentiment d'urgence avant la crise. Tout revient à vous, beaucoup de choses découlent de vous. Est-ce que vous entendez ceux qui disent c'est trop ? Non, d'abord,
chacun a ses qualités, ses défauts, j'assume d'en avoir sans aucun problème, mais tout ne me revient pas, heureusement. Mais quand on vit une crise aussi importante, vous êtes le débiteur de tout. C'est-à-dire que les gens se tournent vers vous en disant pourquoi ceci, pourquoi cela. Donc moi, j'aime bien pouvoir maîtriser ce dont je suis responsable ou ce dont on me rend responsable. Et quand il s'agit de la vie de la nation, parce que c'est quand même cela dont il s'agit, c'est normal que le président s'en soucie. Et donc c'est bien d'avoir quelqu'un qui tranche. Et après, on se tourne vers vous, vous avez bien fait, vous avez mal fait, mais au moins il y a quelqu'un qui tranche, j'assume.
Mais il faut le faire. Et moi, j'aime bien trancher en comprenant. Mais tout ça, ça se nourrit d'une collégialité. Ces fameux conseils de défense qu'on a mythifiés, ils sont là aussi dans nos textes et ils font que, autour de la table, des gens qui sont là pour instruire les dossiers, qui rendent compte, il y a des comptes rendus écrits et on instruit la décision. Et puis, il y a un contrôle démocratique. Enfin, on oublie de dire le nombre de débats qu'il y a eu. Je défie quiconque de montrer une démocratie qui a fonctionné aussi intensément que la démocratie française dans cette période.
Près d'une douzaine de textes de loi, une douzaine, depuis le début de la crise, pour valider les contrôles ou pas avec des débats, des corrections. Et d'ailleurs, que ce soit l'Assemblée nationale ou le Sénat, les deux chambres ont pleinement exercé leur rôle en corrigeant la copie du gouvernement. Par contre, il y a eu des moments où la machine a montré qu'elle était lourde. Et vous avez raison. Et ça, on doit en tirer les conséquences. On a commencé et on doit bousculer le système. C'est ce qu'on est en train de faire avec la réforme de la haute fonction publique.
Pas attendu la fin de la crise pour le bouger parce qu'on s'est aperçu qu'il faut davantage l'ouvrir, davantage la faire circuler. On a besoin d'avoir des gens qui viennent un peu de tous les horizons, qui comprennent le monde, qui ont la qualité de nos fonctionnaires parce qu'on a des hauts fonctionnaires admirables et qui ont tenu l'État et qui n'ont pas compté leurs heures pendant toute cette période. Moi, je veux les défendre et leur rendre hommage ici. Mais nous sommes devenus un pays où la place de la norme et la complexité parfois de celle-ci a pris trop d'importance. Et donc, on va réussir à le simplifier. C'est un de nos défis. Immense.
Au cours de votre mandat, Monsieur le Président, vous savez que certains de vos propos ont pu tendre parfois votre relation
Je crois que c'est arrivé.
avec les Français. On va réécouter certains de vos propos ensemble. Évidemment, les contextes sont très différents sur des sujets qui n'ont rien à voir les uns avec les autres, mais qui interrogent sur votre style et votre rapport aux citoyens. Écoutons.
Honnêtement, hôtel, café, restaurant, je traverse la rue, je vous en trouve, il veut simplement des gens qui sont prêts à travailler. Une gare, c'est un lieu où on croise. Les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. On met un pognon de dame dans des minima sociaux, les gens, ils sont quand même pauvres. Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes.
Est-ce que vous rediriez ça, Monsieur le Président ?
Certainement pas. Non. Parce que je pense que je suis arrivé avec une forme de vitalité que j'espère avoir toujours, mais de volonté de bousculer, que j'ai encore, mais je ne mesurais pas suffisamment, deux choses. La première, que je regrette, mais l'époque est ainsi faite et je ne change pas les règles, c'est que nous sommes dans une société de la décontextualisation. Qu'est-ce que ça veut dire ? Vous dites deux mots, on les sort de leur contexte, ils paraissent affreux. Parce qu'évidemment, ils s'inscrivent dans un propos, une atmosphère, une ambiance et des choses que vous avez dites avant.
Et donc on est à l'ère où, dans les bandeaux, on vous met entre guillemets des mots, à l'ère du tweet. Et donc quand on décontextualise, ça peut paraître terrible. Le jeune garçon, à quelques mètres d'ici, dans la cour, une journée du patrimoine, dans le jardin de l'Elysée à qui je dis ça, je vais passer dix minutes à lui parler. On a le sentiment que j'arrive, que je croise un jeune et que je lui envoie comme un coup au foie. Bon, ce n'est pas mon tempérament.
Justement, qu'est-ce que ça dit de vous quand même ? Une maladresse ? Un désir de transgression ?
Une arrogance ? Je ne le dirai pas parce qu'il y a ça. Ensuite, il y a des mots qui peuvent blesser et je pense que ce n'est jamais bon et c'est même inacceptable. Le respect fait partie de la vie politique. Et donc j'ai appris. Après,
ça dit quelque chose de vous quand même ?
de ce que j'ai été et sans doute que j'ai appris.
Et qu'est-ce que ça dit de vous à l'époque alors ?
Cette volonté de transgresser, de bousculer, de ne pas céder à une forme de conformisme. Mais, puisque vous en montrez la photo, je suis avec ce jeune homme, il me demande est-ce que vous voulez m'embaucher comme horticulteur ? Je lui dis peut-être, je ne sais pas si on embauche des horticulteurs, je ne suis pas contre. Mais il se trouve que j'avais fait un test auprès de plusieurs restaurateurs, on était avant la crise, c'est encore plus vrai aujourd'hui. Il n'y en a pas un qui me disait qu'il ne cherchait pas des gens à embaucher. Je lui dis, vous êtes prêt à changer le job ? Il dit, je traverse la rue avec vous, je vous en trouve. C'est vrai.
Et justement, vous disiez, j'ai appris. Toutes ces phrases polémiques qu'on a pu entendre, elles datent des 18 premiers mois de votre quinquennat.
Il y en a une, le mea culpa, c'est quoi ? Non, mais... Celle que vous regrettez le plus. Non, mais on a ce truc incroyable dans notre pays, on adore les mea culpa. que je trouve, c'est d'autant plus injuste pour moi parce que je me souviens très bien de mon propos, c'est celle où je dis, il y a des gens qui réussissent, des gens qui ne sont rien. Ça, c'est un... On ne peut pas dire ça.
Ça, c'était l'arrogance dans l'esprit des gens.
En fait, si vous regardez ce moment qui est, je crois, à Station F où je suis devant des entrepreneurs, inaugurant ce lieu qui est une pépinière de start-up et de gens venant du monde entier, je passe 10 minutes à leur dire, vous êtes entrepreneurs, c'est formidable, mais au fond, entreprendre, ce n'est pas grand-chose si vous n'aidez pas les autres et vous ne m'aidez pas à ce que la société tende une main à chacun. C'est ça, ce que j'essaie de dire. Et j'ai cette formule qui, en effet, quand on apprend comme ça, est terrible parce qu'il se trouve qu'on a pu dire ça de moi ces derniers temps en disant qu'il n'est personne, il n'est rien. C'est terriblement blessant.
Et je vais vous dire, j'ai acquis une conviction, il faut bousculer. Et donc, je reste avec autant de volonté de bousculer le système. Autant.
Mais est-ce que vous vous contraignez davantage ? Est-ce que vous vous contrôlez davantage ?
Non, mais j'ai acquis une chose, c'est qu'on ne fait rien bouger si on n'est pas pétri d'un respect infini pour chacun. Et je pense que...
Vous manquiez de respect à l'époque ?
Et je pense que dans certains de mes propos, j'ai blessé des gens. Et je pense qu'on peut bouger les choses sans blesser des gens. Et c'est ça que je ne referai plus. Parce que, au moment où je l'ai fait, je n'ai pas mesuré que je blessais. Et donc, je garde la même volonté de bousculer les choses. Je reste indigné face au système, les lourdeurs du système, la bureaucratie m'exaspère, les corporatismes m'insupportent. Et quoi que, président de la République, je veux les bousculer. Est-ce qu'il y a un petit grain de folie ? Vous savez, dans les carnets du général de Gaulle... J'ai acquis, je crois pouvoir le dire,
beaucoup plus de respect pour chacun. Dans les carnets du général de Gaulle, il y a des passages étonnants où il dit, oui, il faut être un peu fou. On ne va pas être trop normal. On revient à un vieux thème, déjà de 2017. Est-ce qu'il y a une part de... Oui, comme ça, parce que c'est un style que vous avez... Est-ce que vous pensez que si vous avez envie de mener une vie normale, vous faites ça ? Ah. C'est une vie anormale, ça s'est vérifié pendant ces cinq ans.
Il n'y a pas de président normal.
D'évidence. Mais je ne sais pas s'il faut appeler ça la folie. C'est la capacité... Moi, je crois beaucoup... C'est la capacité à avoir un idéal pour notre pays et pour nous. La capacité à toujours s'indigner de certaines choses. Et la ténacité pour que ce soit une réalité. Et parfois, vous n'y arrivez pas.
Un mot encore de ces images ajoute ces mots disruptifs. On passera à autre chose après. Mais Dieu sait si vos adversaires l'exploitent. Oui, ça ne m'a pas échappé. L'exploiteront si vous êtes en campagne. Une photo, celle où vous êtes à Saint-Martin... Certains sont en campagne, mais votre serviteur, non. Pour l'instant. Ceci vous appartient. Nous en reparlerons. La photo de Saint-Martin avec le jeune. Et... Ça, alors ça... Vos oppositions qui disent « Regardez le doigt d'honneur, regardez trop grande familiarité, regardez la fonction présidentielle. » Est-ce que là encore, vous avez constaté à quel point les symboles, le moindre symbole...
Bien sûr. ... est utilisé ? Non, d'abord... Oui. Et donc, il faut... Il faut protéger la fonction. C'est aussi ce que j'ai appris. Par tempérament, je ne me protège pas. Et donc, je vais au contact, je vais au cœur des problèmes, des difficultés, et je m'expose. C'est mon tempérament, et je pense que c'est comme ça qu'on arrive à se confronter au réel et à crever les abcès. Mais il y a des moments où ce que vous représentez plus... Enfin, en permanence, même, ce que vous représentez plus important que vous, il faut protéger la fonction.
À Saint-Martin, je n'ai pas tellement de regrets de ce moment, parce qu'il était très fort, où je croise dans la rue, dans ce quartier très difficile de Saint-Martin, qui avait été frappé par les terribles ouragans d'automne 2017. J'y reviens quelques mois après. C'est là. Un jeune m'interpelle. Il sortait de prison. Sa mère était chez lui. J'ai dit, je vais aller voir votre mère. Et donc, je suis monté, 4 à 4, dans cet appartement. Et ils ont fait des imbéciles, oui. Ils ont fait des imbéciles. Mais j'ai été suffisamment naïf pour aller laisser faire cette photo. Donc, que voulez-vous que je vous dise ? Je suis plutôt...
Le moment que j'ai vécu, et je pense que ce que j'ai, je crois, fait pour cette famille était utile, mais je n'avais pas à exposer l'image de la fonction à une époque qui n'est pas non plus ni celle du général de Gaulle, ni celle de François Mitterrand, c'est-à-dire celle du selfie permanent et des réseaux sociaux. C'est aussi ça, le monde dans lequel on vit. Où chaque instant... Si François Mitterrand avait été suivi en permanence, c'est sûr qu'il y aurait eu quelque chose. Non, mais où chaque instant de relâchement, en tout cas de... Là aussi, où on perd le contexte de vue, il y a quelque chose qui peut choquer. Voilà.
Il y a cette photo, il y a eu les propos qui fâchent, mais dans le même temps, il y a eu, au début de votre quinquennat, une période un peu triomphante. On va avoir quelques photos qui représentent cette période au début, donc sur un peu plus d'un an. Est-ce qu'au fond, quand on vit cela, le Louvre, la Coupe du Monde, Vladimir Poutine à Versailles, pendant cette période, sur un peu plus d'un an, est-ce qu'au fond, vous avez réussi à garder la tête froide ?
Oui. Je pense qu'on est toujours confronté au réel. Dans la vie de la nation, il y a des moments de grande joie, d'exaltation, de fierté et des moments de difficulté, de crise ou de doute. Et je pense qu'il faut essayer
de garder de la constance. Dans la dynamique de ce quinquennat, tous les présidents ont vécu ça. Il y a un moment où la machine se dérègle, on appelle ça l'état de grâce. Pour vous, c'était l'affaire Benalla, sans doute. On va réentendre la formule que vous aviez utilisée à l'époque, parce qu'elle en dit beaucoup.
On ne peut pas être chef par beau temps et vouloir s'y soustraire lorsque le temps est difficile. S'il veut la responsable, il est devant vous. Qu'il vienne le chercher. Et ce responsable, il répond au peuple français et au peuple français.
Là, vous parlez à vos adversaires. La formule est intéressante, ce côté un peu assiégé, obsidional, qu'il vienne me chercher. Est-ce que... C'est Nicolas Sarkozy qui dit ça. À un moment donné, on est chasseur et puis tout à coup, on se sent chassé. Est-ce que vous vous êtes senti chassé ? Écoutez,
on se souvient tous de cet été 2018. On a parlé d'affaires d'État. Ce fut plutôt sans doute une affaire d'été. Un peu plus que cela. Pas vraiment. Pas vraiment. Regardez, qu'en est-il sorti ? Une affaire d'État, c'est une affaire où l'État lui-même est mis en cause. Protège quelqu'un.
Alexandre Menara a été condamné.
Bien sûr, mais il a été condamné parce qu'il a été traité justement comme tout justiciable. Il a fait appel. Donc il faut que la justice là aussi suive son cours. Est-ce que vous l'avez couvert pour longtemps ? Je ne crois pas. Mais je ne l'ai pas non plus traité de manière inconsidérée. Mais ce n'est pas Alexandre Benara qui est attaqué à l'été 2018. C'est vous. Par les oppositions. C'est votre serviteur en disant qu'il y a un système dysfonctionnel à l'utiliser et on met en place une machine politique. Qu'est-ce qu'il en est sorti ? Vous citiez mes prédécesseurs. Ça a fait pchit. Donc, pardon, mais ça n'est pas ce que j'appelle une affaire d'État.
Après, ça a été un moment très pénible et très difficile parce qu'il attaque d'abord quand un collaborateur est attaqué. Ça n'est jamais agréable. Ensuite, plusieurs de mes collaborateurs ont été mis en cause. Je crois que la vérité a pu ensuite être établie. Et évidemment, quand vous êtes à la tâche, parce que c'est ce qu'il faut voir, vous êtes à la tâche jour et nuit pour essayer de faire le travail, de mener les réformes, ça vient vous percuter. Maintenant, je pense que la première chose, Alexandre Benalla n'a pas été protégé au-delà de ce qu'il devait l'être. C'est-à-dire que les droits de chacun doivent être respectés, mais il a été sanctionné administrativement puis exclu de l'Élysée.
Il y a ensuite eu une procédure judiciaire. Elle a suivi son cours. Et il a été établi qu'il n'y avait pas un système parallèle, si je puis dire. Voilà. Donc je considère que les choses passent. Voilà, c'est l'histoire.
Et puis est venue la grande épreuve, les Gilets jaunes. Vous avez affronté des manifestations de détestation et même parfois de haine. On se souvient du Puy-en-Velay. Vous étiez allé sur place. La préfecture avait été incendiée. On va regarder. Le convoi présidentiel s'en va. Les manifestants ne sont qu'à quelques mètres. Est-ce que vous regrettez d'être parti donnant le sentiment d'une fuite ?
Non, pas du tout, parce que j'allais voir l'ensemble des forces de l'ordre pour les remercier de ce qu'ils avaient fait. Les images, il faut toujours les... Je pense que ces images viennent d'une partie des gens qui sont en train de crier. Ils sont quelques dizaines. Là, ce n'est pas une foule. Et il y a beaucoup de services d'ordre. Je ne vais pas vous... Ce qui est normal quand un président ou une autorité se déplace. Donc, honnêtement, je vais d'un point A à un point B, c'est-à-dire de la préfecture aux forces de l'ordre. Je n'allais pas m'arrêter pour les saluer, vous voyez. Parce que là, ce sont des gens qui, honnêtement... D'ailleurs, ne sont pas représentatifs des Gilets jaunes.
On pourra y revenir. Et je ne voudrais pas qu'on résume la crise des Gilets jaunes à ces personnes. Là, vous avez des gens manifestement violents, un peu perdus, et donc, je pense qu'ils ne vous incitent pas à la discussion. Mais le puits envelé, ce qui s'est passé à la préfecture, ça, c'est instructif. Parce que ça, c'est un moment très fort de la crise. Parce que vous voyez ce qui s'est passé dans la vie de la nation à ce moment. Et moi, j'ai une pensée émue pour le préfet et l'ensemble des équipes, parce que j'y étais deux jours après l'incendie de la préfecture. Deux ou trois jours. Et ils m'ont raconté ce qu'ils ont vécu.
Et les personnels de la préfecture qui étaient là, comme les gendarmes, ils ont vu des femmes et des hommes qu'ils connaissaient. Je me souviens très bien de la dame qui était dans l'escalier quand le cocktail Molotov a été envoyé et qui a commencé à mettre feu à la préfecture. Elle m'a dit, mais je connais le monsieur qui a lancé le cocktail Molotov. Sa fille est en classe avec la mienne. Et il a dit, vous allez rôtir comme des poulets en lançant le cocktail Molotov. Le feu prenant, le préfet est resté là avec les gens. Les gendarmes me disant, ils étaient sur des ronds-points, on les connaissait, on leur amenait parfois de l'eau, on allait discuter avec eux.
Quelque chose s'est passé à un moment qui fait que la foule, laquelle parfois, on citait Hugo, trahit le peuple, la foule devient folle. Il y a eu de la violence extrême dans nos rues, dans la société, pendant beaucoup de samedis. Il y a eu de la violence qui a d'ailleurs touché beaucoup de nos compatriotes, des commerçants. Il y a eu de la violence aussi. Il y a des manifestants qui ont eu, je le sais, à subir aussi beaucoup de choses parce qu'ils se sont parfois exposés. Certains ont été violents eux-mêmes. Donc cette période a été une période très dure.
Est-ce que vous avez eu peur, à un moment donné, de perdre le contrôle ?
Je ne pose pas les termes comme ça. J'ai eu, j'ai été touché, marqué lorsque l'arc de triomphe a été souillé. J'ai été marqué parce que je revenais d'un G20 en Argentine. Je suis arrivé dès la sortie d'avion le matin et j'ai d'abord senti le désarroi chez les commissaires de la flamme qui, de manière héroïque, avaient gardé la flamme. La flamme ne s'est jamais éteinte. Mais j'ai vu la violence absurde de celles et ceux qui avaient décidé de souiller l'arc de triomphe, de casser les sculptures du musée qui est dans l'arc. Et ensuite, j'ai vu à la fois le désarroi et la colère des riverains. Et ce jour-là, j'ai eu beaucoup d'inquiétudes pour le pays.
Il y a eu ensuite plus envelée où j'ai senti à la fois le courage de celles et ceux qui tenaient la République dans leur préfecture, mais là aussi, leur inquiétude de voir celles et ceux qu'ils connaissaient qu'ils côtoyaient devenir ainsi violents. Et donc, nous avons vécu un moment où la violence est revenue dans la rue, où la violence est chez certains devenue légitime. Et j'ai vu dans le débat public des gens aussi, rappelez-vous, le nombre de décideurs politiques, qui, trop heureux de voir le gouvernement en difficulté, ont légitimé au début cela. La violence, la violence, pardon, M. le Président, c'est pas beaucoup. J'ai vu à ce moment-là, je dis souvent, les esprits se dissoudre.
C'est-à-dire, il n'y avait plus de rapports de force, tout ça se valait, une espèce de désagrégation même des valeurs. Dans une démocratie, d'abord, parce qu'il y a des élections régulières, on n'a pas droit au discours de haine et à la violence contre les dirigeants. On peut combattre leurs idées, mais le respect fait partie.
C'est vrai dans cette campagne ?
Mais c'est vrai tout le temps.
Vous l'avez observé dans cette campagne ?
Non, mais je constate que des dirigeants politiques sont en train de s'amuser à légitimer des formes de violence. Je pense que jamais. Je pense que c'est une erreur funeste parce qu'on légitime tout ça, progressivement, de proche en proche. Et donc, je condamne avec force toutes celles et ceux qui jouent avec cette violence.
Quand dans un meeting, d'Éric Zemmour, il y a une violence dans un sens... Je ne commenterai pas les meetings actuelles. Je parle de manière générique. Est-ce que là, dans cette campagne, le risque de la violence est à votre esprit ?
Je pense que la violence est là dans nos sociétés, qu'elle revient, parce qu'il y a du ressentiment, parce qu'il y a des peurs, parce que je pense que les réseaux sociaux et l'anonymat qui les accompagne a désinhibé cette violence. Et donc, nous devons être vigilants. Mais en démocratie, si la violence et la haine reviennent, alors c'est la démocratie elle-même qui s'effondrera. C'est sûr. Et donc, c'est le premier point. La deuxième chose à laquelle je crois profondément, c'est que toutes les paroles ne se valent pas.
On peut souffrir, on peut avoir une parole, on peut avoir un avis sur l'épidémie, mais de la crise des gilets jaunes à l'épidémie, nous avons en quelque sorte créé un système où on pense que toutes les paroles se valent. Ce n'est pas vrai. Il y a des gens qui sont démocratiquement élus par le peuple pour porter sa voix. Un député de la République n'est pas l'équivalent d'un manifestant quand il s'agit de parler de la nation, parce qu'il a une légitimité démocratique. Chacun a une dignité et celle-ci est égale, celle de citoyen. Mais cette parole ne se vaut pas.
Quand un scientifique vient s'exprimer sur l'épidémie, sa parole ne vaut pas celle d'un citoyen ou d'une citoyenne qui a un avis sur le sujet, que je respecte en tant que citoyen ou citoyen, mais qui n'est pas informé par 10 ou 15 ans d'études et une expérience du quotidien. Ces deux principes, la fin de la violence et au fond, ce qu'est l'autorité et la légitimité, c'est quand même ce qui permet de tenir une démocratie. On l'a parfois oublié dans ces deux moments de crise qu'on a évoqués. Je voulais les reposer ce soir parce que c'est fort utile.
Venons-en aux réformes, M. le Président. Vous aviez même promis une révolution. C'était le titre de votre livre programme en 2016, une révolution pacifique. Avez-vous le sentiment d'avoir révolutionné le pays ?
Je pense qu'elle a commencé sur beaucoup de sujets. Et je pense qu'on a bousculé des habitudes, des choses qui semblaient irréformables, reportées depuis tant et tant de temps. Notre vie économique, d'abord. Au moment où je vous parle, on a créé plus d'un million d'emplois malgré ces deux crises énormes. Cherchez dans notre histoire des dernières décennies, depuis quand on l'avait fait, et vous aurez du mal à trouver. J'arrive aux responsabilités. On a entre 250 et 300 000 apprentis chaque année. On va quasiment atteindre cette année 680 000 ou 700 000 apprentis, c'est-à-dire des jeunes qu'on forme, qu'on met le pied à l'étrier.
On n'a jamais créé autant d'entreprises, on n'a jamais eu si peu de faillites. Donc, quelque chose s'est passé dans notre vie économique qui est le fruit de cette révolution qui a été à la fois dans les textes, la réforme du travail, la réforme de la fiscalité de 2017, mais également une réforme culturelle qui est le goût du risque.
Mais vous parleriez de révolution, réellement, de révolution ?
C'est le début, je pense qu'elle est encore en cours. Et on doit, notre pays, on le voit bien, est dans un moment de crise, mais au sens propre du terme. C'est-à-dire qu'il y a un monde qui est en train de bouger, face à la peur, et quelque chose qui émerge de nouveau. Dans ces moments-là, il faut réussir à faire émerger le nouveau de manière pacifique et harmonieuse. Nous avons vécu suffisamment de crises pour que j'ai la lucidité de vous dire que tout ça ne se fait pas dans une harmonie parfaite. Et c'est normal.
Mais je pense que quelque chose est en train de changer, qu'il faut continuer d'accompagner, de faire advenir qui est ce futur possible, c'est-à-dire d'avoir une nation forte, entreprenante, qui éduque mieux et qui est plus juste. Nous avons posé... Et je pense que c'est ça qui est en train d'advenir. Mais le fait que vous passiez ainsi de la crise des gilets jaunes aux réformes, dit cela, dit cette difficulté. La crise des gilets jaunes, juste pour peut-être revenir d'un mot sur elle, elle dit quoi ? Elle dit des peurs profondes qu'il y a dans notre société.
Et au-delà des violences dont on a parlé et de ce que j'évoquais, c'est, à mes yeux, le moment où les Françaises et les Français, en particulier celles et ceux qui travaillent, parce que beaucoup des gilets jaunes ont un travail mais sont mal payés, c'est cette France qui se sent invisible. Et elle va sur les ronds-points et elle met des gilets jaunes, cette France, parce qu'elle dit vous ne nous reconnaissez pas. Et ça, on ne peut pas le nier. Et donc, on ne fait pas une révolution en ne regardant pas cela.
Et ces femmes et ces hommes étaient souvent, parce que j'ai passé du temps à leur parler, à essayer de comprendre, à écouter, ensuite à faire le grand débat et à cheminer, et aussi à mener cette révolution démocratique qui est en cours à côté de la révolution économique, eh bien, ce sont les femmes et les hommes qui ont des emplois à temps partiel, des caissières et des caissiers, des auxiliaires de vie qui sont payés 800, 900 euros par mois, des femmes isolées qui élèvent leur enfant, des gens qui, au fond, ont dit vous ne nous voyez pas, vous ne parlez jamais de nous, notre vie est empêchée et vous voulez faire un monde auquel on ne comprend rien mais qui est encore moins fait pour nous.
Et donc ça,
on ne peut pas faire comme si ça n'existait pas. Et donc pour moi, toute cette période qui m'a apporté mais qui est au cœur du projet de la nation, c'est de dire la révolution est possible mais elle doit se faire avec cette France-là. Parce que c'est celle qui nous tient, qui nous aide, qui s'occupe de nos anciens, de nos enfants, qui nous fait vivre.
Est-ce que vous n'aviez pas aussi une part de responsabilité dans cette crise des gilets jaunes avec des allumettes qui ont été allumées avec des décisions comme les 80 km heure, avec la hausse des taxes sur les carburants ? Vous aviez des remontées ?
Vous avez toujours une responsabilité quand vous êtes aux responsabilités. Donc oui, je ne vais pas vous dire que je ne suis pour rien dans la crise des gilets jaunes.
Vous avez toujours donc au premier prémissement de colère ? Non, je pense que d'abord,
personne n'a vu arriver une telle crise. Personne. Soyons collectivement honnêtes. Mais je pense qu'il y a eu à ce moment-là des erreurs qui ont été faites. C'est-à-dire que la mécanique de l'augmentation du carburant est votée dès 2015. La taxe carbone, etc. Comme c'est voté, on pense que c'est fait. C'est un peu le défaut dans notre pays. La loi est faite, le décret est fait. C'est une vérité. Et on ne s'occupe pas suffisamment, moi je suis obsédé par ça maintenant, du moment où ça arrive dans la vie des gens et qui voient le portefeuille.
Et les 80 km heure qui tenaient à cœur à votre Premier ministre ?
C'est-à-dire qu'il va toujours dans le même sens, c'est-à-dire qu'on a donné le... Pas donné le sentiment. On a pris des décisions qui ont été vécues par nos compatriotes comme étant... On ne comprend pas pourquoi ils les prennent, mais ils viennent nous empêcher de vivre.
Les 80 km heure, c'était une erreur aussi ?
Le tout cumulé. Les 80 km heure est une bonne décision pour la sécurité routière. Et tout ce qui a été fait ces dernières années, j'entends les débats qui se trouvent sur ce sujet. Le président Chirac qui a largement contribué là aussi par l'effort qu'il avait fait quand il était président pour réduire le nombre d'accidents de la route a raison. Les 80 km heure étaient une bonne mesure pour réduire les accidents. Simplement, c'est arrivé sans doute à un moment où nos compatriotes n'ont pas compris cette décision, où peut-être elle a été, je dirais, appliquée de manière trop uniforme sur tout le territoire.
Il fallait sans doute ce qu'on a ensuite fait, la laisser à chaque département pour l'adapter aux réalités du terrain. Mais où c'est arrivé et tout ça est tombé comme à grave lot sur nos compatriotes et ils ont dit ils nous augmentent l'essence, ils nous mettent le 80 km heure, ils nous expliquent qu'on doit changer de vie. Ils sont où ? Qui sont ces gens-là ? Et moi déjà, je vis mal, je n'arrive pas à boucler le mois. C'est ça ce qui s'est passé. On parlait des réformes. Et donc, à ce moment-là,
le laisseur de la casserole. Écoutons, bon courage. Question aux Français, quelles réformes retiennent-ils de l'ère Emmanuel Macron ? Les voici.
Je pense qu'il n'y a pas eu beaucoup de choses de faites.
Je trouve qu'il a pas mal géré la crise du Covid.
Je ne suis pas mécontente. Pour moi, il a fait des réformettes en fonction, en fait, des pressions des uns et des autres.
Je n'ai aucune réforme en tête qui marque, là.
Il y a le code du travail qui a été modifié au début de cette TNA et qui a fait qu'actuellement, on est dans une très bonne position. La réforme des retraites, on attend encore. Bien, bien,
plus ou moins bien, oui. Oui, pour un jeune président, quand même.
Voilà, jeune président, bien fait. Alors, vous l'avez dit, vous avez cité certaines de ces réformes, la SNCF, que beaucoup disaient, irréformable, le code du travail, l'assurance chômage, etc. Mais c'est frappant, quand même, pour l'instant. On verra la suite. Mais pour l'instant, on a l'impression qu'il n'y a pas eu une réforme aussi emblématique que l'avortement chez Giscard ou la peine de mort chez Mitterrand. Est-ce qu'elle attend encore cette réforme symbole ?
Je ne suis pas sûr qu'il faille chercher la réforme symbole. Ce que je vous disais tout à l'heure. Je pense qu'il faut plutôt accompagner notre pays pour que tous ensemble, on puisse réussir face à ce monde qui change. Nous sommes dans un contexte qui existait déjà en 2017, mais qui s'est durci. celui de tous les risques. Le changement climatique qui impose des décisions fortes, mais d'accompagner ces décisions et donc qui impose une transition écologique et sociale. La guerre économique et d'innovation qu'il y a à travers le monde qui impose, si on veut rester une puissance, d'innover fortement et d'être une grande puissance économique, ce que nous n'étions plus.
la guerre technologique et numérique et qui a beaucoup d'effets, y compris anthropologiques. On ne pense plus, on ne communique plus, on ne fait plus de la politique, on ne rêve plus de la même manière.
Mais pardon, est-ce que ça n'en dit pas beaucoup de ce que vous êtes, monsieur le Président ? Quand Audrey vous a posé la question, ça m'a beaucoup frappé. Votre première réaction n'était pas de citer une réforme, c'était de citer des résultats économiques. Bon, d'ailleurs, est-ce que ça n'en dit pas beaucoup de votre... Au fond, vous êtes tout de même un centriste, c'est-à-dire un gestionnaire. Ce n'est pas du tout une insulte. Madame Merkel en Allemagne a cette image-là. Peut-être pas de grande visionnaire qui voit le 21e siècle ou le 22, mais qui assume une... qui la revendique. Une bonne gestion. Vous savez, on m'a longtemps dit que je n'avais qu'une vision,
mais pas la culture du résultat. Là, c'est le contraire. Vous me dites le contraire. Vous prenez. Je prends le en même temps. Vous achetez. Je crois qu'il faut les deux. Non, j'ai une vision, je l'ai exposée en 2017, elle s'est...
Quand on regarde les décisions-là, il n'y a pas un côté disruptif peut-être dans les paroles et le style, mais dans la politique générale, vous marquez une certaine prudence. D'ailleurs, cette espèce d'attelage que vous ferez avec Angela Merkel était très révélateur à ce point de vue-là.
Nous avons réussi à faire quelque chose qui était attendu depuis des décennies en Europe, qui a été ce plan de relance que je ne qualifierai pas de prudent, puisque nous avons décidé pour la première fois d'investir 750 milliards d'euros en les empruntant sur le marché, nous tous européens, puisqu'il y a un moment de vraie révolution européenne. Non, je crois qu'il nous faut prendre des décisions fortes qui sont parfois difficiles. Ce qui a été fait en début de quinquennat ou ce qui a été fait sur l'assurance chômage n'est pas considéré par tous ceux qui l'ont attaqué comme prudent ou insuffisant. Mais j'essaie de le faire en l'expliquant et parfois en y revenant à plusieurs reprises.
La réforme de l'assurance chômage, elle est prise à l'automne 2019. La crise nous percute, on la reporte, parce qu'on a fait cet investissement qui est le quoi qu'il en coûte. On a ces bons résultats sur le chômage qui me permettent en octobre 2021 de dire on la remet. Et octobre 2021, décembre 2021, on fait une réforme du chômage qui n'a pas été faite depuis plus de 15 ans. C'est-à-dire où on change les règles, on rend le travail beaucoup plus incitatif et on dit il ne faut pas travailler 4 mois, mais 6 mois dans l'année pour avoir droit au chômage. Il change beaucoup de choses pour beaucoup. Donc, on continue les réformes.
La réforme de l'école, est-ce que ça ne doit pas être avant tout la réforme emblématique ? Est-ce que nos enfants, finalement, sont les mieux préparés à affronter le monde ?
Je pense que, puisqu'on continue sur la révolution et ce qui est à faire, je pense que nous avons enclenché depuis 2017 une vraie révolution de l'apprentissage et de l'éducation. Une vraie révolution. Mais quand il n'y a pas de conflit, on pense que ces révolutions ne valent pas. Mais je l'assume et je vais vous en expliquer les termes. C'est dit, le trésor, et moi, je pense que pour les décennies qui viennent, on doit remettre nos enfants, nos jeunes et le sujet de l'apprentissage, de l'éducation au cœur du projet de la nation. Parce que si on n'est pas bien formé, on ne peut pas être un bon citoyen, on ne peut pas trouver un travail, on ne peut pas s'adapter à un monde en changement.
Première chose, nous avons dit, on doit investir sur les 1 000 premiers jours de la vie. C'est pour ça qu'on a réformé le congé paternité à donner des jours à chaque père, mais pour permettre à des pères aussi de prendre un congé qui accompagne les premiers temps de l'enfant. Accompagner les familles dans ces premiers temps de la vie, parce qu'on apprend à être parent, on ne le sait pas tous, et quand il y a des vraies inégalités sociales, c'est encore plus difficile d'être parent. Et toute une série de mesures sur ces 1 000 premiers jours. Ensuite, on a rendu l'obligation scolaire à 3 ans. On ne l'avait pas fait depuis des décennies et très longtemps, on était à 6 ans.
Il y avait 10 à 15 % des enfants qui n'allaient pas à l'école du tout, les plus modestes, souvent. Maintenant, ils vont à l'école dès 3 ans depuis la rentrée dernière. Et on a réinvesti justement dans notre maternelle pour accompagner. Partout dans les endroits de la République où il y a de la pauvreté, ces zones d'éducation prioritaire, nous avons dédoublé les classes de CP, CE1. Et on commence à en voir les résultats. C'est le moment où on apprend à lire, écrire, compter et se conduire. Et là, on a des vrais résultats. Et on est en train de le généraliser à la grande section maternelle et l'idée est ensuite de le poursuivre.
On a mis des tests chaque année pour regarder, justement, parce qu'il faut regarder la situation. Les tests PISA qui observent nos performances scolaires avaient placé la France dans une situation catastrophique, ce qui n'était pas possible. On a réformé le baccalauréat, l'orientation, réinvesti dans notre université. Et on doit encore aller plus loin. Cette révolution de l'éducation et de l'apprentissage dès le premier jour de la vie, mais tout au long de la vie, a commencé sous ce quinquennat. Je pense que c'est pour les années et les décennies à venir essentiel. On a donc mis aussi plus d'argent.
On devra en mettre davantage parce qu'au cœur de cette révolution, il y a la reconnaissance de la fonction d'enseignant. Et là-dessus, il y a des débuts de revalorisation qui ont été faits. Mais il faut, en reconnaissant cette fonction, lui permettre aussi de s'organiser différemment, d'innover et de mieux accompagner nos enfants, nos adolescents, nos jeunes.
S'il y a une réforme qui n'a pas été faite, c'est celle des retraites.
Oui, c'est vrai.
La grande réforme a été suspendue, donc vous ne la ferez pas, sauf à vous représenter et à être élu.
Là aussi, j'essaie de me placer dans la situation inverse. Est-ce que vous pensez que j'aurais dû, en pleine pandémie, relancer une réforme des retraites ? Est-ce que vous pensez que j'aurais dû, cet automne, relancer une réforme des retraites ? J'ai vu, moi, tous les représentants des salariés comme des dirigeants d'entreprises. Tous ont dit, surtout pas.
Donc il fallait la faire plutôt.
J'étais devant l'ensemble des indépendants. Ils m'ont dit, surtout pas. Les commerçants m'ont dit, s'il vous plaît, on est fatigués. Ce n'est pas une urgence. Ça ne changera pas les six prochains mois, ne le faites pas là. Cette réforme, elle est indispensable.
Mais vous ne la ferez pas.
Mais dans le temps utile qui est là, au moment où le pays va avoir un débat démocratique à mener en vue des élections présidentielles. Il faut beaucoup de courage. C'est une réforme de début de mandat ? Non, c'est une réforme qui aurait... S'il n'y avait pas eu... Mais je parle du suivant, vous avez compris. Non, mais je peux vous répondre de manière très simple. S'il n'y avait pas eu l'épidémie au printemps, enfin, à l'hiver 2020, cette réforme qui avait été votée en première lecture avec un article 49.3 qui avait été actionné par le Premier ministre, elle serait allée à son terme. C'est évident. Donc, si vous êtes candidat et si vous êtes préélu,
deux hypothèses, ça veut dire que ce sera une réforme prioritaire d'un nouveau mandat ? Nous avons besoin
de conduire cette réforme. Alors, je ne pense pas qu'il faille exactement faire la même réforme que celle qui était envisagée. À deux égards. La première chose, il est maintenant clair, tous les rapports objectifs le montrent, et contrairement d'ailleurs au moment où j'ai été élu et où le Conseil d'orientation des retraites écrivait, il n'y a pas de problème de financement des retraites, il y a maintenant un problème de financement et donc, il est clair qu'il faudra travailler plus longtemps.
Et ce n'était pas dans votre programme, effectivement ?
Ce n'était pas dans mon programme parce que ce n'était pas l'engagement démocratique que j'avais pris en 2017 au vu de ce que, encore une fois, les experts écrivaient. Cette situation a changé. Et donc, aujourd'hui, il est clair qu'il nous faut travailler plus longtemps. Premier point. Combien ? Quel âge ? Tout projet de retraite doit, ça c'est le fruit d'un débat démocratique, je ne vais pas le préempter ici, mais je crois que nous tous, on doit être préparés à l'idée qu'il faut travailler plus longtemps. La deuxième chose, c'est que travailler plus longtemps, ça ne veut pas dire, ça ne signifie pas la même réalité pour tout un chacun.
Nous trois n'avons pas le même quotidien qu'un conducteur poids lourd, qu'une auxiliaire de vie qui fait plus de 150 km chaque jour, déplace des charges, que quelqu'un qui travaille à la chaîne ou autre. Et donc, on doit adapter ce temps de vie au travail, d'une part, aux années, aux difficultés de certaines tâches, et on doit sans doute repenser ce qu'est le travail des seniors, ce qui est un vrai défi de société, mais il faut le faire de manière apaisée, mais c'est essentiel. Troisième point, il faut simplifier nos règles et je crois que là, il faut qu'on aille tous vers une sortie de ce qu'on appelle les régimes spéciaux. On a 42 régimes aujourd'hui.
Alors, est-ce qu'il en faut un seul, ce qui était mon projet initial ? Je crois que c'est trop anxiogène, mais je pense qu'il nous faut aller vers un système simplifié où, pour la fonction publique, pour les salariés et puis pour les indépendants, on a grosso modo trois grands régimes et sortir des spécificités et en particulier tous les régimes spéciaux qui avaient créé avec le temps des inégalités entre les uns et les autres. Je dirais qu'autour de ces trois grands principes, on doit construire une réforme qui nous permet de regarder les années à venir. Mais pour faire quoi ? Qu'est-ce que je mets au cœur de la réforme des retraites ? On doit produire plus.
Moi, ce que je crois profondément, c'est que notre pays est un pays fort et donc on doit tout faire pour qu'il y ait un taux d'emploi et d'activité plus important, c'est-à-dire qu'on ait plus de jeunes et plus de seniors qui soient sur le marché du travail, qu'on doit travailler plus longtemps pour avoir justement un pays plus riche, plus fort, qui puisse financer son modèle social. Parce que, comme nous vivons plus longtemps, il va falloir travailler plus longtemps, mais il va falloir aussi accompagner nos compatriotes qui vivent maintenant de plus en plus longtemps dans des situations où ils perdent de l'autonomie et il faut une solidarité de la nation.
Manifestement, elle vous tient à cœur cette réforme.
Donc, vous vous présenterez... Celle de l'autonomie ou celle des retraites ?
Celle des retraites. Manifestement, vous y passez du temps, donc elle vous tient à cœur. Vous savez que vous n'avez plus que quatre mois devant vous, donc ça vous incite, je l'imagine, à vous représenter et à être élu.
Ça m'incite à continuer à penser, je l'ai dit, j'agirai jusqu'au dernier quart d'heure et je ne pense pas, je n'ai jamais pensé qu'on pouvait en cinq ans tout faire, on ne transforme pas un pays en cinq ans. Et donc, je continue à me projeter et j'essaie d'avoir l'esprit de sérieux et donc, quand vous me demandez qu'est-ce que vous avez fait, je vous réponds en effet résultat concret, mais j'essaie de garder de la vision pour satisfaire M. Rochebin et de dire je projette le pays à dix ans et j'essaie de dire au vu de ce que nous sommes
vers où on doit aller. Parlons vision précisément à très long terme, très bon résultat économique, certains d'entre eux, la croissance. Dieu sait si beaucoup parlaient d'un désastre au lieu de cela, c'est une croissance très importante qui rattrape en partie le plongeon de l'année écoulée, mais à quel prix ? C'est-à-dire cet endettement tellement considérable, les chiffres sont toujours un peu discutables, mais quand on dit qu'un bébé qui naît dans la situation présente est déjà endetté à hauteur de plus de 40 000 euros.
Quand on voit l'énormité de cet endettement, est-ce qu'on ne ment pas aux Français si on dit c'est pas grave, c'est pas grave, ça se reportera, on sait pas très bien quand on paiera tout ça ? Oui, comme dit la formule, les dettes, ce sont les impôts qui ne sont pas encore payés. C'est tout à fait vrai.
Donc il ne faut pas mentir aux Français. La situation de la dette en France est une situation qui impose de la vigilance. Maintenant, il y a trois façons de l'aborder. Il y a une façon qui consiste à dire après moi le déluge, génération égoïste, laissons la dette à nos enfants et s'en débrouilleront. Ou nous allons répudier cette dette, les gens qui nous ont donné l'argent ne leur verront jamais. Je ne crois pas à cette formule parce que je pense que si c'est le message qu'on envoie, il est irresponsable. C'est-à-dire que nos enfants auront à la payer, mais surtout, les gens ne vous font plus confiance si vous faites ça parce qu'ils ne vous prêteront plus d'argent.
Donc je ne recommande pas cette option. Il y a une deuxième option qui est l'option que j'appellerais Père Fouettard. Il faut couper tout de suite. C'est ce qu'on a fait depuis 20 ans.
La droite en fait son thème maintenant. La droite arrive en disant cramer la caisse, en disant, elle revient avec le rigorisme budgétaire en disant attention monsieur le président.
Qui n'a jamais marché. C'est-à-dire ceux qui ont fait ça ont ensuite augmenté les impôts comme jamais. Les mêmes. Les mêmes. Parce qu'ils ont cassé la croissance. Et il y a une troisième option qui est de dire oui, il faut les rembourser. Mais moi je ne suis pas pour couper. Je suis pour créer davantage. Nous sommes une nation forte. Évidemment il faut moderniser. Évidemment il faut transformer l'action publique. Écoutez, regardez avant la crise ce qu'a été mon mandat. J'ai réduit des fonctionnaires où on pouvait les réduire. Mais de manière appropriée. C'est-à-dire pour modernisant. Il faut en réduire davantage. Nous avons fait. Est-ce que oui ou non
il faudra réduire ? Parce que ça passe par un amégrissement de l'État. Est-ce que oui ou non il faudra diminuer le nombre de fonctionnaires en France ?
Je vais vous dire, il faut moderniser l'action publique pour la rendre plus efficace. Et donc à chaque fois qu'on l'a rendue plus efficace on peut à ce moment-là... Tout le monde est d'accord pour ça. D'accord, mais c'est ce qu'on a fait. Quand on fait, je le rappelle, ce qui n'avait jamais été fait là non plus depuis des décennies. Le prélèvement à la source. Qui est une réalité sous ce quinquennat qui a demandé beaucoup de travail. Mais pardon, vous ne m'avez pas répondu. Sur les fonctionnaires. Ça veut dire qu'on renonce
à la suppression.
Il nous a permis de réduire le nombre de fonctionnaires. Parce qu'il y a derrière quelque chose qu'on modernise et donc on peut ensuite
qui n'ont pas grand intérêt. Mais oui et non. Où sont les bataillons fonctionnaires ? Où sont les bataillons fonctionnaires ? Vous voudrez faire maigrir l'État et diminuer le nombre de fonctionnaires ?
Je suis pour avoir un État plus efficace et donc partout où on le peut réduire le nombre de fonctionnaires. Mais d'abord, je vais vous dire, je n'aime pas parler, j'étais déjà mal à l'aise la dernière fois, on parle de femmes et d'hommes. Expliquer que le destin de l'État c'est de les sabrer comme si c'était des petits bâtonnets, je trouve ça toujours étrange. Ce sont des femmes et des hommes qui se sont engagés pour servir le public. Après, il faut que l'État, parce que c'est l'argent du contribuable, c'est notre argent à tous, soit plus efficace. Oui. Mais il faut à chaque fois que ce soit une modernisation. Est-ce que nos compatriotes veulent moins de services ? Regardez la réalité.
Quand on a dit on va supprimer des militaires, ce qu'on a fait parfois, pour là aussi supprimer, où sont les fonctionnaires ? Les fonctionnaires, c'est l'armée. On a supprimé des militaires. J'ai rouvert des postes. Pourquoi ? Parce qu'on a dû rembaucher des militaires pour tenir une armée complète et être crédible. compte tenu de la conflictualité qu'il y a dans le monde et à l'échelle des nations. On ne peut pas lutter contre le terrorisme et dans les conflits si on a une armée qui s'effondre. On était à deux doigts de l'épuisement.
La loi de programmation militaire décidée en début de mandat est une loi qui a permis de retrouver notre plein statut et qui, de manière inédite, depuis là aussi 40 ans, même un peu plus, a redonné aux armées un équipement, mais aussi des soldats comme il en fallait. Où sont les fonctionnaires ? L'éducation nationale ? Vous m'avez dit à juste titre que le plus important c'est nos enfants. Il faut faire quoi ? Réduire le nombre de professeurs ? Il faut réussir à innover. Il faut réussir à ce qu'il y ait plus de temps de professeurs avec les élèves, soit en classe, soit en accompagnant les devoirs. Donc oui, on doit améliorer le système.
Mais est-ce qu'on peut dire je peux supprimer la moitié des postes d'enseignants ? Voyons. Où sont les fonctionnaires ? Les policiers ? A la belle affaire. C'est vrai qu'on les a supprimés dans le passé. On revient à la sécurité dans un instant. 10 000, on les a remis en place parce qu'il en fallait sur le terrain et que nos compatriotes à juste titre veulent de la sécurité. Où sont les fonctionnaires ? Les magistrats ? Les mêmes qui nous disent ça nous disent il faut au moins 9 000 ou 10 000 magistrats. Quelle division ? Quel bataillon ? Lesquels ? Où ? Il faut du sérieux. Donc oui, il faut un État plus efficace.
Mais ce n'est pas vrai que le cœur des économies à l'échelle de 5 ou 10 ans ce sera dans la réduction du nombre de fonctionnaires. Ce sera pour partie en modernisant l'État. La candidate de la droite articule des chiffres. 150 000. Les candidats font de la politique. C'est normal. Ah, pardon, vous ne faites pas de politique ? Non, vous l'avez noté. C'est normal, ils se préparent à une échéance, ils exposent leur vue. Je vous dis juste comment j'entends conduire si longtemps que la responsabilité m'en sera donnée la nation et comment je dois les choses. C'est un point quand même important. Ça c'est la troisième voie.
Ça veut dire selon vous que c'est irresponsable d'articuler aujourd'hui, de dire allez, 150 000 fonctionnaires en moins, c'est une mauvaise approche ? C'est-à-dire, il faut simplement expliquer lesquels.
C'est ce que je dis. Il faut être précis. Je finis juste parce que c'est essentiel. Pour moi, dans la situation où nous sommes, il ne faut pas essayer de tout réduire et de comprimer. Il faut du sérieux, comme on l'a fait au début du quinquennat, faire des économies appropriées. Mais il faut surtout construire du muscle.
Il y a une forte croissance, un chômage qui baisse, un pouvoir d'achat en hausse, mais depuis 2017, le pouvoir d'achat des plus riches a augmenté de 2,8% quand celui des plus pauvres a baissé jusqu'à moins 0,5%.
Pardon, celui des plus pauvres a augmenté si vous prenez toutes les mesures. Personne ne dit qu'il a baissé.
Selon l'Institut des politiques publiques, il a baissé chez les plus pauvres de moins, jusqu'à moins 0,5%. Je prends les statistiques
de l'INSEE qui vous disent que le pouvoir d'achat en moyenne a augmenté sous ce quinquennat plus que sous les deux précédents, malgré la crise. Les plus riches comme les plus pauvres, tout le monde a eu son pouvoir d'achat qui a augmenté. Mais les plus riches,
2,8% de plus.
Ceux qui ont eu le pouvoir d'achat qui est le plus augmenté, ce sont les classes moyennes. Pourquoi les plus aisés ont eu un pouvoir d'achat qui ont augmenté ? Parce que nous avons mis en place un système pour qu'ils réinvestissent. c'est-à-dire la taxe à 30% sur l'investissement, sur les gains dans le capital et la suppression d'une partie de l'impôt sur la fortune pour ceux qui réinvestissaient dans l'économie. Je l'assume totalement.
Mais M. le Président, ceux-là disent, merci Emmanuel Macron sans doute, mais 9 millions de personnes en situation de pauvreté, c'est quand même très impressionnant qu'on a vu, même si c'était transitoire, des étudiants qui vont chercher à manger. Cette réalité-là, est-ce qu'elle vous est sautée au visage aussi ? Oui, mais j'essaie de la regarder
à la fois de manière humaine mais avec efficacité. Les personnes, nos compatriotes les plus aisés, ils étaient jusqu'à présent, quelles que soient les sensibilités politiques, on leur disait que c'était mal de réussir. Et donc, qu'est-ce qui se passait ? Ils partaient et ils allaient investir ailleurs. Et c'est aussi pour ça que notre pays s'était désindustrialisé. Quand ils décident de réinvestir dans l'économie française, leur fiscalité a baissé. Je l'assume et on en a les conséquences parce que la réalité, c'est qu'ils créent du coup des entreprises, ils nous permettent de réindustrialiser et ils contribuent à la croissance de l'économie française.
En cela, vous assumez d'être le président des riches ?
Non, cette formule qui a été, je vous remercie de faire la publicité de mes opposants, je pense qu'elle est fausse. Je dis simplement qu'on ne réussit pas à construire une force économique et une grande nation si nous n'avons pas des femmes et des hommes qui investissent dans des entreprises. Ce n'est pas vrai. Et il faut des gens qui investissent dans les entreprises, il faut des gens pour travailler dans les entreprises. C'est comme ça qu'on crée de la richesse et si on ne crée pas de richesse, on ne peut pas financer le modèle social, c'est-à-dire on ne peut pas aider les plus pauvres.
L'argent a été considéré comme une chose sale en France pendant très longtemps dans une partie de l'opinion. C'est fini ça ? Mais moi,
si vous voulez, moi je n'ai pas d'obsession à l'égard de l'argent. C'est-à-dire ni ne l'adore ni ne le hait. Je veux dire, l'argent, il y a des gens pour qui c'est très important, il y a des gens qui s'en fichent. Je veux simplement qu'on retrouve la culture de reconnaître le succès et de savoir le célébrer, y compris dans l'économie. On sait le faire dans les arts, on sait le faire dans le sport, pourquoi ne pas le faire dans l'économie ? Donc, j'assume cette politique qui a porté ses fruits parce qu'elle a permis de rendre notre économie plus forte. Mais en même temps, je voudrais que vous soyez aussi honnêtes pour regarder ce qui a été fait.
Il n'y a jamais eu une telle baisse de la fiscalité et augmentation du pouvoir d'achat pour les classes moyennes. Nous avons pour 17 millions des contribuables les plus modestes, c'est-à-dire au fond les classes populaires et les classes moyennes qui payent l'impôt sur le revenu. Nous l'avons baissé de plus de 5 milliards. C'est environ 300 euros de pouvoir d'achat gagné par chacun. Nous avons supprimé la taxe d'habitation pour 80% des ménages. Nous avons mis en place une prime d'activité. Elle existait déjà. Nous l'avons quasi doublée. On a augmenté de 100 euros au niveau du SMIC. Et c'est là aussi du pouvoir d'achat pour celles et ceux qui travaillent.
Pour les plus modestes que vous évoquiez, je dis aussi ce que nous avons fait dans le même temps. Nous avons augmenté de 100 euros par mois l'allocation adulte handicapé, quasiment. Nous avons... Donc elle est passée, elle était un peu plus de 800 euros, elle est passée à plus de 900 euros. Le minimum vieillesse, pareil. Pareil. Et donc nous avons accompagné les personnes qui étaient en fragilité et qui étaient dans le dénuement en augmentant justement ça. Nous avons porté, c'est en train d'être une réalité aujourd'hui, la retraite agricole à 1 000 euros.
On avait parfois certains de nos agriculteurs qui avaient des retraites qui étaient à 800, même moins, et qui avaient travaillé toute leur vie. Elle sera maintenant à 1 000 euros. Donc pour les plus modestes, nous avons eu une action aussi résolue avec un vrai investissement de la nation.
Il y a, Monsieur le Président, un bouleversement dans la société, c'est la libération de la parole des femmes. Lors d'un récent Conseil des ministres, vous auriez salué ce mouvement de libération en disant qu'il ne fallait ni faire preuve de complaisance, ni verser dans l'Inquisition. Est-ce que ce sont vos mots ?
Non, sans doute pas exactement. Je vais vous dire sur ce sujet, qui est un sujet important pour moi parce que je l'ai placé au cœur de ce quinquennat. Quand j'ai lancé ce nouveau mouvement qui était en marche, vous vous en souvenez peut-être, à l'été et à l'automne 2016, nous avions conduit ce qu'on appelait cette grande marche où on allait demander aux gens leurs préoccupations, leurs attentes. A l'époque, plutôt, je dirais, sous l'amusement collectif, les gens trouvaient ça un peu bizarre, étrange, on avait exposé, je m'en souviens comme si c'était hier, en octobre 2016, à Strasbourg, les premiers résultats.
La première chose qui ressortait, c'était le sentiment d'insécurité des femmes dans les transports. Tout le monde a crié à l'anecdote, eux c'est des fous, si c'est ça leur programme, circuler. C'était bien avant MeToo. Donc ce sujet, c'est une réalité depuis longtemps et nous l'avons véritablement pris à bras dès le début du quinquennat en mettant en place là aussi des mesures très claires. Et donc moi, je me félicite et j'accompagne et je soutiens cette libération de la parole. Mais surtout, je n'en reste pas là. Donc qu'est-ce qu'on a fait ?
On a formé des policiers et des gendarmes parce que bien souvent les femmes qui parlaient, elles disaient j'avais au commissariat on me dit faites une main courante. Il y avait une forme pas de déni mais on prenait considérer que ce n'était pas un sujet important. Fini. On a mis en place, il y avait une association formidable sur 3919 qui mettait cette plateforme pour les femmes victimes de violences. Maintenant, on l'a passée comme je m'y étais engagée. elle fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
On a mis en place des systèmes d'alerte y compris dans les pharmacies, dans certains supermarchés pour que ces femmes qui ont peur parce qu'elles subissent le pire chez elles puissent prévenir, envoyer des signaux. On a investi pour là aussi mettre en place des téléphones graves dangers, des bracelets, mettre en place une mille hébergements, d'urgence, éloigner le plus souvent possible ces conjoints violents. Donc il y a tout un système qui est en train de se mettre en place. La parole s'est libérée, elle doit continuer de se libérer.
Mais il y a aussi un changement profond de notre société qui doit l'accompagner et qui est celui qui doit permettre à une femme qui subit ces violences dans l'intimité, parfois la torture, je dirais, morale, l'emprise qui peut exister dans ces situations-là, de dire et de comprendre que c'est elle la victime et qu'elle n'a rien à se reprocher et ensuite que le système fonctionne.
Monsieur le Président, votre ancien ministre, Nicolas Hulot, est aujourd'hui encore accusé d'agression sexuelle. Comment avez-vous réagi aux premières accusations en 2018, quand il était votre ministre ?
En 2018, j'ai fait comme à chaque fois quand il y a des accusations contre un ministre et avec le Premier ministre de l'époque, nous avons vu Nicolas Hulot. Il a nié avec beaucoup de force. Il nous a dit que tout ça n'existait pas.
Il y avait une plainte en 2008
qui était connue
en 2018.
Comme vous l'avez noté, cette plainte, elle avait été classée. Et donc, il n'y avait pas d'affaires judiciaires, il n'y avait rien enclenché. On a tout de suite regardé s'il y avait des sujets dont nous avions à connaître. La justice ne nous a fait connaître aucune procédure en cours et nous avons eu un homme manifestement blessé qui a nié totalement et qui a dit que tout ça est une calomnie et c'est faux. Et donc, il est resté ministre parce que quel était l'autre choix que nous aurions pu faire ? C'est là où, je vous le dis en toute honnêteté, les ministres ont les mêmes devoirs que tous les autres citoyens mais ils ont aussi les mêmes droits et la présomption d'innocence est un droit.
S'il y avait eu une procédure judiciaire en cours avec une plainte instruite qui avait établi des faits, s'il avait été condamné, si nous avions eu à connaître de faits qu'il aurait reconnus, alors à coup sûr nous aurions pris une décision. C'est un sujet trop important et qui est un engagement je dirais personnel auquel nous croyons. Ça n'était pas le cas.
Donc à aucun moment vous n'avez regretté de l'avoir nommé neuf mois avant cette publication ?
On ne peut pas regretter quand on ne sait pas tout. On ne peut pas regretter et je pourrais vous dire j'ai regretté parce que je n'anticipais pas qu'il allait démissionner un matin sur une radio sans m'informer. Bon, c'est la vie. Non, je n'ai pas de regrets mais je suis sur ce sujet intraitable, je suis sur ce sujet engagé mais de là où je suis je veux aussi que la justice puisse se faire de manière apaisée. Il faut faire très attention en particulier quand on parle de responsable public à ce que la présomption d'innocence soit préservée.
Parce que si dès qu'il y a une rumeur ou dès qu'il y a une accusation qui peut être légitime qui peut être vraie sur la base d'une accusation vous dites c'est fini alors à ce moment-là il n'y a plus de vie en société possible. Il faut que la justice puisse faire son travail. Il faut prendre très au sérieux ces accusations. Il faut les instruire. Il faut que la justice fasse son travail de révélation de la vérité et qu'après les bonnes décisions soient prises. Voilà. Je pense aussi que c'est ça qu'il faut faire.
Monsieur le Président un mot de votre rôle de chef des armées notamment l'abri Jupiter est sous nous.
C'est dans ces abris d'où l'on décide peut-être le pire quand c'est la force nucléaire mais aussi les opérations commandos ordonnées de tuer des djihadistes c'est votre prédécesseur qui en avait parlé très librement pas vous n'est-ce pas c'est aussi risqué de perdre des hommes et puis votre rôle de président face à la mort on l'a vu à de nombreuses reprises peut-être que le moment le plus fort était l'hommage à Samuel Paty ce professeur décapité parce qu'il avait exercé sa liberté d'enseigner et c'est sans doute un des moments où vous avez le plus marqué on va revoir cette séquence Samuel Paty
fut la victime de la conspiration funeste de la bêtise du mensonge de l'amalgame de la haine de l'autre de la haine de ce que profondément existentiellement nous sommes
Monsieur le Président quand vous avez appris la décapitation d'un professeur parce qu'il avait montré à ses élèves des caricatures de Mahomet est-ce que ça a été l'un des moments les plus difficiles de votre quinquennat
je ne ferai pas d'hierarchie c'est un moment de sidération je pense qu'on a tous vécu parce que la mort d'un enseignant parce qu'il enseigne est intolérable dans une société comme la nôtre où l'école a tant fait pour forger la nation et la république mais la forme qu'a prise cette attaque terroriste oui a été une sidération terrible ça a été un moment je pense qu'on a tous vécu comme terriblement douloureux et j'ai une grande fidélité et un attachement tout particulier à la famille de Samuel Petit
vous avez vu ses parents récemment
ce sont des gens remarquables et c'est voilà c'est une famille française dans le sens où ce sont des gens qui ont consacré leur vie à s'occuper des enfants son père et sa mère qui ont élevé trois enfants eux-mêmes qui s'occupent des autres et Samuel Petit était lui-même enseignant et ce sont des gens admirables et donc quand notre pays est touché dans son intimité à ce point dans ce qu'il a de fort dans ses valeurs et avec autant d'injustice de cruauté et d'abject par une forme de conspiration de la haine et du fanatisme évidemment vous avez de la tristesse et vous accompagnez et dans le même temps nous avons continué d'agir parce que nous n'avons pas attendu ce jour-là pour agir et donc la lutte contre justement cet islamisme radical cette utilisation d'une religion pour la haine et pour porter un obscurantisme dans notre pays nous l'avons commencé avant et pourtant
monsieur le président ce jour-là il y a eu une émotion collective tellement forte au-delà d'ailleurs de la France dans toute l'Europe et en même temps il y a eu des moments terribles c'est-à-dire les minutes de silence sifflées dans les écoles est-ce qu'on ne risque pas de s'accoutumer en fait à un délit je vais vous dire je ne crois pas je ne le veux pas et je pense que
nous triompherons nous triompherons parce que la pulsion de vie triomphe toujours sur la pulsion de mort mais nous avons un combat à mener c'est un combat et la difficulté c'est que c'est un combat qui doit être mené avec détermination mais sans haine c'est ce qu'on fait depuis le premier jour en mettant en place justement on a réorganisé la lutte contre le terrorisme ici même en mettant en place une cellule de coordination en créant un parquet spécialisé dans la lutte contre le terrorisme en renforçant les équipes des services de sécurité qui ont permis de déjouer ainsi plus d'une trentaine d'attentats sur notre sol mais à côté de cela vous avez raison de dire qu'il y a au sein même de la société des femmes et des hommes qui au nom d'une religion sur la base de ressentiment contre la république ont appris à leurs enfants qu'il fallait haïr cette république et que leur avenir était dans un projet d'obscurantisme ce qu'on appelle parfois l'islam radical c'est autre chose que combattre le terrorisme je les distingue bien mais l'un peut conduire à l'autre il peut le nourrir en tout cas il entretient une ambiguïté nous avons mis en place une série justement d'actions très concrètes que nous déployons avec force des contrôles contre les associations qui font ce travail nous en avons contrôlé des milliers et fermé plusieurs centaines des contrôles contre des mosquées et là aussi de manière inédite plusieurs ont été fermés des contrôles je dirais pour regarder si les écoles respectent les lois de la république et là sur ce sujet nous avons très clairement fermé aussi des écoles alors même que notre loi ne nous permettait pas de fermer ces écoles précédemment mais qu'est-ce qu'il faut faire il faut convertir les esprits et donc c'est bien un combat culturel civilisationnel pour ça il faut être intraitable à l'égard de ces gens j'ai pas d'autres termes qui utilisent ces messages de mort et qui veulent saper la république en son sein et dans le même temps il faut aussi qu'on arrive à convaincre tous ces jeunes que leur avenir c'est la France et la république et c'est là où je dis faut pas combattre avec de la haine il faut que chacun de ces enfants comprenne que la nation fait tout pour qu'il ait sa place que c'est elle qui lui apprend qui lui donne la possibilité de s'émanciper qui va lui donner un travail qui lui donne la dignité et il faut éviter à tout prix l'amalgame entre ce projet de division ce projet j'ai appelé de séparatisme et l'islam et l'islam parce qu'il y a des millions de nos compatriotes qui sont des citoyens tranquilles qui aiment la république qui respectent les lois de la république et qui croient dans une religion qui est l'islam et il faut les respecter il faut qu'ils puissent vivre dignement et calmement dans la société et c'est tout ça c'est ce qu'on appelle la laïcité c'est ça la laïcité
Monsieur le Président vous avez donné votre définition idéale de la France c'était l'hommage à Joséphine Becker une femme qui dit la nation c'est au-delà de toutes les différences d'origine de religion or le même jour le contraste était très frappant cette déclaration d'Éric Zemmour qui lui va au rebours en assumant très clairement de dire le problème contrairement à ce que vous venez de dire ce n'est pas seulement l'islamisme mais c'est l'islam qui dit-il est incompatible avec la république alors qu'on considère que c'est vrai ou faux on en est là en 2021 dans la tension extrême
il y a une tension dans la société qui est là parce qu'il y a des peurs d'abord et ces peurs se nourrissent évidemment du terrorisme au premier chef puisque beaucoup de ces actes terroristes des dernières années ont été faits au nom de cette religion et c'est ce que nous combattons comme j'ai essayé de l'expliquer lutte contre le terrorisme mais aussi lutte contre l'islam radical même si je n'écrase pas l'un sur l'autre et c'est aussi la peur de l'autre de la différence
d'une religion qui nous est moins familière à ces musulmans chaque religion a son histoire il y a les chrétiens mais les musulmans de France aujourd'hui quel message leur adressez-vous ?
mais je pense que la pire des choses face aux peurs c'est de jouer sur les ressentiments et de les exalter c'est ce que font certains vous me demandez quel est le message que j'ai pour nos compatriotes qui croient en l'islam mon message c'est tout simplement d'être pleinement citoyenne et citoyenne de la république et rien d'autre le président de la république n'a pas d'autre message à avoir à leur endroit et c'est ça la laïcité ce que je veux faire comprendre la laïcité ça n'est pas l'effacement des religions ça n'est pas le combat contre telle ou telle religion c'est faux c'est le respect de la dignité de chacun le fait que chaque citoyen chaque citoyenne peut croire dans une religion ou ne pas croire mais qu'il est demandé à chaque citoyenne et chaque citoyen de respecter absolument toutes les lois de la république et qu'en tant que citoyenne ou citoyen il ne peut pas invoquer sa religion pour dire ça je n'en veux pas la république je ne la respecte pas ça jamais mais par contre qu'il puisse vivre de manière apaisée en respectant nos lois nos règles sa religion et des millions le font mais il faut réunifier la société sans aucune naïveté mais sans diviser ce qui divise affaibli parce que vous n'allez pas expliquer à plusieurs millions de nos compatriotes le problème c'est vous ça je n'y crois pas
vous parliez de peur monsieur le président certains avancent
je vous coupe la parole mais j'ai l'esprit d'escalier comme on dit chez moi parce qu'à vous écouter vous me parliez de Joséphine Becker et de ses propos je regardais avant de venir vous rejoindre mon courrier et j'ai eu un petit mot ça arrive très souvent d'une école qui était là pour Joséphine Becker c'est d'ailleurs vous avez vu écrit beaucoup mieux que moi je ne sais écrire ce sont des élèves de CM1 CM2 il y a toutes les couleurs de signatures et ils ont écrit un texte pour Joséphine Becker superbe et ils ont signé avec toutes les couleurs avec leur prénom Noël Sébastien Mila Sheikh Mansour Faustine Héloïse Kenza Daniela Guillaume Livy Emma Ryan Karam ces enfants m'ont écrit il n'y a pas de mauvais prénom ces enfants m'ont écrit une lettre qui est une lettre d'écolier comme on en rêve Joséphine Becker est un exemple pour nous enfants de la république son parcours nous apprend qu'il faut agir contre les injustices de la vie persévérer ne jamais abandonner et défendre les droits de l'homme et du citoyen est-ce que un de ces enfants sans doute un de ces enfants plusieurs ont pour la religion pour religion l'islam ça n'est pas mon problème pas plus que le problème de leur enseignant mais tous ces enfants ça c'est l'idéal tous ces enfants sont mûs par le même rêve la même volonté d'aller de l'avant c'est-à-dire un commun qui est le nôtre la nation française et la république c'est ça ce qui nous unit et aimer aimer ce commun qui est le nôtre ça n'a jamais été dans notre histoire expliqué à des femmes et des hommes qui n'y avaient pas leur place c'est de reconnaître quelle que soit leur religion quelle que soit la famille où ils sont nés et parfois quel que soit le sang qui coulait dans leurs veines vous l'aimez vous avez d'abord des devoirs d'abord des devoirs Joséphine Becker dit cela d'abord des devoirs ce qu'on a parfois vous savez oublié ce qui nous affaiblit c'est quand on croit qu'on a surtout des droits et qu'on pense que le problème c'est l'autre si nous devenons une nation de citoyens individualistes qui pensent qu'ils ont avant tout des droits à tirer peu de responsabilité et que dès qu'il y a un problème c'est l'autre l'étranger celui de telle ou telle religion alors nous irons vers la guerre
l'autre l'étranger certains avancent la notion de grand remplacement c'est même devenu l'un des mots de la campagne l'idée selon laquelle une population immigrée viendrait remplacer la population actuelle que pensez-vous de cette théorie d'extrême droite
et moi je comme sur l'économie comme sur le reste quand on parle de la vie d'une nation sur des phénomènes comme celui-ci mieux vaut d'abord regarder les chiffres et écouter les gens qui savent qui les décrivent les démographes nous sommes depuis plusieurs décennies je dirais même depuis la fin du 19ème siècle une nation d'immigration avec une part de cette immigration qui s'est intégrée par le travail d'abord européenne puis davantage depuis la fin le milieu des années 70 africaine elle est là et elle est là parce que nous avons souvent fait appel à elle cette population pour travailler pour faire des tâches que les françaises et les français ne voulaient plus faire elle a aidé à construire la croissance de notre pays à avancer c'est pour ça que quand j'entends les absurdités consistant à dire immigration zéro il n'y a jamais eu d'immigration zéro c'est pas vrai c'est pas vrai la question c'est comment on se remet en situation de maîtriser ce phénomène et là nous avons un problème il faut être lucide donc je ne crois pas au grand remplacement c'est pas une croix il n'est pas là ce qui est vrai c'est que ces dernières décennies nous n'avons pas bien intégré parce que notre économie n'était pas assez forte parce qu'on n'a pas sans doute adapté nos efforts pour intégrer apprendre la langue réussir à mieux justement faire ce travail d'intégration et parce que nous avons aussi une politique qui a consisté à construire des quartiers où on mettait toutes les difficultés au même endroit et donc on a ségrégué notre pays on a poussé les gens aux mêmes endroits ça a été trois erreurs on est en train de les corriger progressivement et là encore tout se tient vous ne faites pas de politique qui intègre si vous n'avez pas une vraie politique économique si vous réindustrialisez le pays ce qu'on est en train de faire vous proposez des emplois vous pouvez intégrer si vous éduquez bien et que vous investissez dans l'école vous pouvez intégrer maintenant l'autre difficulté qu'on a c'est que depuis quelques années l'immigration augmente c'est une réalité pourquoi ?
parce que vous avez eu des crises politiques et parce que les trafiquants se sont mieux organisés et contournent nos règles la réponse n'est pas de dire qu'il va y avoir un grand emplacement c'est d'aider les pays d'origine et de transit c'est de mieux protéger nos frontières extérieures communes c'est pour ça que ce que je veux c'est une réforme de Schengen et c'est d'avoir de créer véritablement plus de contrôle
aux frontières européennes
c'est créer un Schengen politique ce qu'on a fait pour l'euro on doit le faire pour nos frontières monsieur le président non mais les frontières de l'Europe ça a un sens on doit les protéger on doit mettre plus de garde aux frontières et on doit casser ces réseaux de trafiquants mais on aura besoin de cette immigration de travail qui est limitée qui est choisie qui est maîtrisée pour faire tourner notre économie mais en même temps que cela on a besoin d'une Afrique qui réussit c'est pour ça qu'on a besoin d'aider l'Afrique à financer son modèle à faire sa transition écologique et ça va être au coeur aussi du partenariat entre l'Europe et l'Afrique il faut les deux ensemble si on veut faire face à ce défi
monsieur le président le soir de votre élection vous vous êtes engagé à combattre les extrêmes en répondant aux problèmes qui les nourrissent c'est le cas notamment de l'insécurité vous avez augmenté le recrutement de policiers le budget de la justice le budget de la justice a bénéficié d'une hausse historique et pourtant vous reconnaissez vous-même que les violences augmentent n'est-ce pas un échec ?
alors la délinquance moyenne baisse il y a des violences aux personnes qui augmentent et on a cette insécurité du quotidien qui est insupportable pour nos compatriotes insupportable surtout quand on est fatigué par ce virus etc.
et donc pour ça il fallait rééquiper le pays si je puis dire nous réorganiser ça met un peu de temps donc nous avons déployé les 10 000 postes de policiers de gendarmes mais aussi d'enquêteurs de services de renseignements d'ici à la fin de l'année dans tous les départements il y aura plus de policiers qu'il y en avait au début de mon quinquennat certains il y en aura beaucoup plus mais il n'y en a pas où on en a enlevé ce qui est inédit et donc on s'est réarmé pour qu'il y ait du monde sur le terrain ça ne sert à rien d'avoir plus de policiers si en même temps on n'a pas un partenariat plus fort avec nos communes et moi je veux saluer le rôle de nos maires qui se sont réengagés de manière exceptionnelle pour justement équiper mettre de la vidéoprotection avancer on va le faire aussi à Marseille partenariat pour que la sécurité soit là au quotidien mais à côté de ça il faut aussi investir dans la justice ce qu'on oubliait à chaque fois on n'est pas au bout de nos peines c'est pour ça que j'ai lancé ces états généraux là aussi notre justice souffre de décennies de sous-investissements mais pour la première fois et c'est le premier ministre à qui il faut d'ailleurs rendre hommage de ça il y a un peu plus d'un an il a décidé d'investir massivement en augmentant de 30% le budget de la justice avec le garde des Sceaux ce qui est insupportable c'est quand vous êtes agressé et que il n'y a pas suffisamment de policiers sur le terrain ou pire encore que le policier est là mais que le lendemain vous voyez le délinquant qui est à nouveau dans la rue et que deux mois après on lui fait un rappel à la loi on a supprimé le rappel à la loi la victime se dit au moins je suis respecté on a répondu le policier ou le gendarme a le sentiment qu'il fait un travail utile et c'est le but de sa vie et le magistrat peut répondre qui en incarcérant beaucoup plus rapidement qui en procédant à une sanction en particulier un travail d'intérêt général par exemple si c'est mineur dans les délais les plus rapides et ce travail est en cours et il est essentiel parce que on ne peut pas aller voir nos concitoyens en leur disant vous avez l'impression c'est un sentiment mais c'est pas une vraie insécurité l'insécurité elle est là à chaque fois qu'on se fait voler une bicyclette à chaque fois que votre épouse se fait agresser quand elle rentre dans l'immeuble à chaque fois que vous subissez ce qu'on appelle une incivilité mais tout ça ça vous rend le quotidien insupportable
et il faut le régler Monsieur le Président parlons de la place de la France sur la scène internationale la vôtre vous avez fait sensation par plusieurs faits président jeune qui parle anglais qui défie Donald Trump en anglais qui a une grande aisance très bien est-ce que ça ne cache pas souvent un rang que la France a de la peine à défendre un exemple a beaucoup frappé l'opinion c'est la crise des sous-marins avec ce sentiment que les anglo-saxons nous avaient roulé
et regardons cette photo où vous avez marqué votre agacement vous n'avez reçu aucune excuse du président américain comment les français doivent-ils le prendre comme preuve de mépris de condescendance
non d'abord en l'espèce il faut reconnaître au président Biden qu'il a lui-même dans sa conférence de presse reconnu que les Etats-Unis d'Amérique se sont comportés d'une manière qui n'était pas appropriée et inélégante remettons les choses en perspective la puissance d'une nation et son rang ne se juge pas uniquement à l'aune d'un contrat d'armement et d'un contrat industriel bien sûr mais pardon comment réagir comment réagir c'est la question que les gens se posent mais si c'était le cas je pourrais vous dire que nous n'avons jamais eu dans ces cas un tel rang avec le contrat qui est le plus mais qui est le plus grand contrat industriel français de notre histoire jamais pour la part de l'industrie française nous n'avions eu autant jamais d'abord vous m'interrogez sur le contrat australien oui c'est une forfaiture c'est pas la ça n'est pas le sujet du rang de la France les australiens nous ont fait une mauvaise manière industrielle et stratégique nous avons répondu de la manière la plus ferme et ce sera dans la durée que ça se consommera croyez-moi les australiens se sont mal comportés pas les australiens qui est une grande nation qui a été à nos côtés durant les conflits mondiaux moi je n'oublie pas les australiennes et les australiens qui étaient dans ma somme natale et qui sont venus mourir à des milliers de kilomètres de chez eux pour libérer notre pays non ce gouvernement et ce premier ministre se sont mal comportés c'est une certitude
monsieur le président on a vu ce que ces cinq années ont changé pour les français parlons de vous maintenant qu'est-ce que ces cinq années ont changé pour vous il y a un an et demi vous disiez aux français sachons nous réinventer moi le premier en quoi vous êtes-vous réinventé
on n'est jamais bon juge de soi-même mais j'ai appris nous avons appris tous ensemble et nous avons résisté donc ces cinq années ont été cinq années de joie de travail sans relâche mais aussi de crise de crise de moments de doute de difficultés et moi j'ai appris aux côtés des français
qu'avez-vous appris
sans doute à mieux les aimer sans doute à avoir j'ai eu plusieurs discussions avec hubert germain à la fin de sa vie qui est le dernier compagnon de l'ordre de la libération qui était un homme formidable et il disait que le général au sortir de la guerre il faut avoir une extraordinaire ambition pour ce pays mais il faut avoir beaucoup de bienveillance et j'avais parlé beaucoup de bienveillance en 2017 mais parfois j'étais dur j'étais impétueux etc et alors que j'ai toujours eu cette énergie pour les françaises et les français et pour essayer de faire avancer les choses j'ai appris à être à vivre avec et à à vivre les peines et du coup à à aimer mieux avec plus d'indulgence de bienveillance et voilà on a traversé cette période ensemble
écoutez monsieur le président ce que les français disent de vous quelques-uns d'entre eux auxquels nous avons posé la question
il est dynamique arrogant il prend un peu les gens pour le petit peuple je dirais que c'est
quelqu'un de courageux
autoritaire il laisse peu de liberté à ses ministres confiance il fait quand même plus ce qu'il dit que les autres déjà il est jeune
même dans la diversité il l'est encore persévérant
il est couillu il ose aller au bout des choses
il se cherche un jour c'est bleu l'an demain c'est noir après demain c'est jeune
ferme très habile parce que tout passe tout roule et personne ne dit rien voilà
qu'est-ce que vous retenez la dernière dame qui dit personne ne dit rien voilà c'est une mosaïque de perception chacun voit à l'aune de ce qu'il ressent et je le respecte ce qui est vrai c'est que sans doute de manière un peu inédite dans notre histoire les françaises et les français m'ont choisi et j'étais pas connu et donc quand le monsieur dit on sait pas encore ce qu'il pense parce que donc nous avons appris à nous connaître dans un moment
il y a aussi le et en même temps qui donnait cette impression un peu floue est-ce que ça vous définit
toujours autant ? que j'assume totalement en ce qu'il n'est pas flou en ce qu'il est juste je crois ce que j'ai essayé de vous démontrer tout au long de cette discussion à ce qui est efficace et juste moi je crois qu'on peut réformer le marché du travail faire des mesures où on ouvre les choses et en même temps former et investir et donc je crois à ça parce que je pense qu'on a le droit de ne pas choisir entre être efficace et juste Monsieur le Président
quand vous voyez la campagne qui a commencé oui est-ce que d'une façon ou d'une autre vous pouvez en être absent vous pourrez en être absent non mais deux choses
je vais finir la réponse au fond de manière inédite dans notre histoire je suis arrivé dans la vie publique et politique française en 2014 c'est-à-dire il y a 7 ans 7 ans ça n'est jamais arrivé mes prédécesseurs quel que soit leur chemin leur histoire politique avaient en quelque sorte été dans la vie de nos compatriotes depuis des décennies quand ils devenaient présidents donc leur leur image était là leur perception ils étaient familiers je dois bien reconnaître que quand j'ai été élu je n'étais pas familier pour nos compatriotes donc nous avons appris à nous connaître et donc parfois d'ailleurs les erreurs que vous faites ou les décisions que vous prenez sont surinterprétées quand j'ai été élu je suis plutôt quelqu'un d'affectif mais qui le cache je suis plutôt quelqu'un de très humain je crois mais quand j'ai été élu j'aimais la France et aujourd'hui je peux vous dire je l'aime encore plus follement mais j'aime les françaises et les français et ça je l'ai construit dans le y compris dans les moments où j'ai trouvé qu'il y avait de l'injustice mais dans les moments de de de de doute où j'ai vu des ressorts extraordinaires où j'ai vu une dignité folle nous sommes un peuple qui dans un moment que nous vivons qui est incroyable peut faire confiance à un jeune homme de 39 ans nous sommes un peuple qui bousculé par partout tient tient et et continue d'avancer et nous sommes un peuple qui va avancer et la décennie qui vient vous verrez elle sera à nous parce que nous avons cela nous sommes le pays de tous les possibles c'est pas le pays du doux de la haine de soi du ressentiment il y a eu toujours mais c'est ça la France nous avons ça en nous
on a l'impression que vous êtes un peu en campagne monsieur le président
j'ai bien senti que c'était votre obsession vous essayez de me faire dire quelque chose
est-ce que quand on élabore un projet à l'horizon 2030 on peut s'arrêter dans 4 mois
quand on veut faire la révolution ce projet je vais vous dire si votre question est est-ce que vous vous projetez vous avez de l'ambition pour le pays les françaises et les français au-delà du mois d'avril prochain d'évidence d'évidence mais au moment où je vous parle je regarde simplement dans quel état est notre pays il est confronté à nouveau à cette épidémie avec laquelle nous avons commencé notre discussion bousculée par cette crise et donc je me dois dans un moment où il y a beaucoup d'agitation beaucoup de de haine de ressentiment prendre encore des décisions peut-être difficiles en tout cas passer ce cap de la cinquième vague et donc oui j'ai de l'ambition pour notre pays l'envie de faire et j'ai appris aimer mais le moment où nous nous parlons est un moment où je dois encore assumer la responsabilité qui est la mienne l'assumer dans la fonction qui est celle de président de la république et il faut aussi comme mon fort intérieur une péto je consolide voilà quelques éléments avant de vous donner une réponse sincère et ferme Est-ce qu'il y a le moindre doute encore ?
Moi je ne sais pas ce que seront les prochaines semaines je le dis avec beaucoup d'humilité je sais une chose c'est que si j'étais aujourd'hui un candidat comme les autres je ne pourrais pas prendre des décisions que je dois prendre là maintenant compte tenu de ce qu'est la situation sanitaire et je pense aussi que quand on a vécu ce qu'on a vécu tous ensemble on doit se poser des questions sincères à soi-même je n'ai pas envie je dois aux françaises et aux français cette sincérité je leur dois de respecter la promesse que j'ai tenue qui est de prendre les décisions y compris difficiles jusqu'au bout et je dois d'être de pouvoir prendre les mêmes risques et d'avoir la même liberté je vous le disais moi je n'ai pas cumulé des années des années des années de mandat je n'étais pas élu dans la vie politique quand je suis devenu président j'étais d'ailleurs pas resté non plus fonctionnaire j'avais fait le choix de démissionner pour prendre tous les risques pour pouvoir me présenter au suffrage des françaises et des français j'ai la même liberté c'est à dire que si je considère que ce que je crois bon pour le pays ce que je veux faire je ne suis pas en situation de pouvoir le proposer parce que la situation est ceci ou cela j'aurais la même honnêteté et d'abord à l'égard de moi-même je ne suis pas là pour conserver le pouvoir
vous pourriez ne pas être candidat
je suis là pour faire et avancer comme je l'ai toujours montré
vous pourriez ne pas être candidat
ce que je veux vous dire c'est que je ne suis pas aujourd'hui dans la situation de répondre à cette question à la fois compte tenu du pays compte tenu de moi-même
vous avez un regret ?
je ne fonctionne pas comme ça le temps viendra ou peut-être je ferai le bilan et à coup sûr je le ferai et je me dirai j'aurais pu faire ceci ou cela mais j'ai essayé de bien faire à chaque instant ai-je fait des erreurs ? oui beaucoup est-ce que je les ai répétées ?
j'ai essayé de ne pas les répéter je crois que c'est le plus important et à chaque fois j'ai essayé de donner le meilleur de moi-même et de sans relâche faire ce qu'il y avait de mieux pour la France pas simplement d'ailleurs sur le court terme parfois mais dans la durée quand je fais le choix de rouvrir les écoles ce n'est pas le choix le plus facile à court terme je pense que c'était le meilleur dans la durée quand je fais le choix de ne pas reconfiner au début de cette année ce n'était pas le plus facile à court terme c'était je crois le bon choix dans la durée vous voyez c'est ça qui importe et donc ce moment viendra que vous évoquez où on passe la grille et il y a sans doute une vie après comme il y a une vie avant mais je pense que ce que nous avons vécu ensemble est inoubliable c'est pour moi exceptionnel c'est un honneur immense de toute façon et ma seule obsession c'est d'être à la hauteur de cet honneur
Monsieur le Président merci de cet entretien merci Audrey
merci Darius merci Monsieur le Président
merci à vous cet entretien va être scruté commenté évidemment il va l'être là maintenant tout de suite c'est une émission spéciale sur TF1 avec Julien Arnaud Côtel-Crieff Adrien Gindre et sur LCI avec LCI et avec Eric Brunet pardon et ses éditorialistes merci également aux équipes qui ont réalisé cette émission et merci à vous de nous avoir suivis excellente soirée
merci beaucoup merci mesdames messieurs
bonsoir deux heures donc un peu plus de deux heures d'interview menée vous venez de le voir par Audrey Crespo Marat de TF1 et par Darius Rochebin de LCI que vous connaissez bien une interview au cours de laquelle Emmanuel Macron le Président de la République est revenu sur les temps forts de son quinquennat qui est en train de s'achever j'imagine que vous étiez là dès le début de cette interview aux alentours de 21h05 mais sachez que le Président de la République a parlé beaucoup de choses il a évoqué ses regrets on viendra dessus dans un instant il a parlé de la crise des Gilets jaunes il a parlé également des épisodes de violence qu'il a vécu depuis l'Elysée ou sur le terrain il a parlé des réformes celles qui ont été faites celles qui n'ont pas été faites le Président de la République sans les nommer a également évoqué ses opposants je crois avoir compris en sous-texte en creux qu'il avait parlé d'Éric Zemmour sans le nommer qu'il avait parlé de Valérie Pécresse sans la nommer et sans doute également de Marine Le Pen le Président de la République a également parlé d'immigration vous savez que c'est un terrain régalien sur lequel ses opposants viennent souvent le chercher et puis Julie Hamet vous qui êtes à mes côtés bonsoir Julie et merci bonsoir Éric et merci d'être avec nous il a évoqué à la fin de cette interview de 2h Emmanuel Macron il a fait un pas de plus vers la présidentielle et vers sa candidature hypothétique
et bien sûr on va le décrypter ce pas de plus vers la présidentielle avec les meilleurs experts ils sont tous là autour de nous ce soir je voulais vous faire réagir donc sur ce qu'a dit précisément Emmanuel Macron si votre question est est-ce que vous vous projetez est-ce que vous avez de l'ambition pour le pays au-delà du mois d'avril d'évidence Guillaume Roquet il se lance ça y est c'est plus un secret de polichinès il y va
ah bah oui je pense que c'est clair à aucun moment Emmanuel Macron ne fait semblant de donner l'impression d'hésiter alors il dit je suis dans l'action mais en même temps quand il parle de cette action il la met en perspective il explique ce qu'il a fait il parle aussi et c'est par exemple très fort sur les retraites de ce qu'il reste à faire y compris d'ailleurs en esquissant un sorte de programme présidentiel il voulait un régime unique des retraites finalement il y en aura trois donc oui les choses sont claires on avait décrypté cette interview comme étant une réponse à l'accélération de la campagne présidentielle avec notamment l'émergence de Valérie Pécresse et bien ce soir nous avons un président qui est en campagne
Virginie Leguet même chose parmi les petites formules qu'il a inventées Emmanuel Macron il y a le quoi qu'il en coûte et ce soir il y a le dévidence moi candidat d'évidence après le mois d'avril d'évidence
oui d'évidence il est candidat même s'il ne dit pas la date à partir de laquelle il sera candidat mais d'évidence il est candidat et tout dans ces deux heures dit à voix haute et à voix basse qu'il est candidat il se projette dans un terme qui va bien au-delà des quatre mois et demi qui nous séparent de l'élection présidentielle il s'inscrit dans la durée il explique ce qu'il n'a pas pu faire pendant ce quinquennat il le fera par la suite effectivement il dresse assez clairement les limites de la future réforme des retraites il revient sur ce qu'il n'a pas réussi à faire et ce qu'il va faire tout dit tout haut qu'il est candidat la seule incertitude mais qui est probablement une incertitude de quelques semaines c'est la date de la déclaration officielle de sa candidature mais ceux qui sont déjà candidats aujourd'hui doivent se mettre une chose bien dans le crâne c'est qu'Emmanuel Macron sera leur restons là-dessus le dernier candidat parce qu'il sera probablement le dernier à se présenter c'est un coup d'accélérateur dans la campagne clairement ce soir
Amélie Carouer oui oui très nettement on l'avait déjà compris avant moi je pense qu'il était plus loin que ce qu'on pouvait imaginer encore même s'il y a eu un exercice d'équilibre quand même sur la fin je dois la sincérité mais je dois prendre des décisions je ne suis pas en situation alors il n'y a pas de déclaration de candidature mais une déclaration d'amour à la France et aux Français qu'il aime follement effectivement il y a déjà le programme alors vous avez cité les retraites on a
Emmanuel Macron