Stéphane Le Foll : "On a été jusqu’au bout du cadre constitutionnel dans lequel nous nous trouvons"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22OuverteRéponse partielle
Est-ce que les liens entre le tueur et les réseaux terroristes sont établis ce matin ?
- 1:02OuverteRéponse directe
Côté enquête, trois personnes seraient actuellement transférées vers la DGSI, ça veut dire quoi ?
- 2:08OuverteRéponse directe
On fait quoi maintenant Stéphane Le Foll ?
- 4:12RelanceRéponse directe
Quand Nicolas Sarkozy propose de mettre tous ceux qui présentent un risque de radicalisation avec un bracelet électronique ou placé en rétention, vous répondez quoi ?
- 5:32OuverteRéponse directe
La réserve, la prolongation de l'état d'urgence ou de sentinelle, est-ce que c'est ça la réponse uniquement sécuritaire ?
- 5:47OuverteRéponse partielle
Vous seriez prêt cette fois, du coup, à une agence nationale antiterroriste comme le conseiller à la Commission ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:47Invité politiqueFait
« Je ne peux pas vous dire, à l'heure où je parle, c'est le procureur qui pourra en préciser les éléments, s'il y a des liens ou pas. »
- 1:38Invité politiqueFait
« Ce que l'on sait, et ça c'est très clair, c'est que cet individu a voulu commettre un attentat, a commis un attentat, il l'a prémédité. »
- 2:15Invité politiquePromesse
« On fait en sorte que toutes les lois que nous avons votées et tous les moyens nécessaires qui doivent être donnés à la police, à la gendarmerie et au service de renseignement. »
- 3:30Invité politiqueChiffre
« Le ministre de l'Intérieur et le Premier ministre ont rappelé d'ailleurs que c'est plus de 160 personnes qui ont déjà été arrêtées. »
- 3:51Invité politiqueFait
« Et je rappelle d'ailleurs qu'il n'était pas fiché, la fameuse fiche S, qu'il n'avait pas été repéré par les services de renseignement. »
- 4:22Invité politiqueFait
« Cette proposition avait déjà été faite. »
- 4:26Invité politiqueFait
« On a été jusqu'au bout du cadre constitutionnel dans lequel on est. »
- 5:11Invité politiqueFait
« On prend une loi antiterroriste pour que ceux qui sont partis faire la guerre à l'extérieur de la France soient considérés comme terroristes. »
- 7:06Invité politiqueFait
« On doit lutter contre la radicalisation. C'est ce qui a été fait. Et c'est ce qui est fait depuis 2015. »
- 7:29Invité politiqueChiffre
« Plusieurs dizaines d'imams ont été renvoyés. Et ça, depuis 2012. »
Temps de parole
- Stéphane Le Foll84 %
- Présentateur16 %
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France Inter, Hélène Roussel, le 6-9 de l'été. Notre invité ce matin, le porte-parole du gouvernement, bonjour Stéphane Le Foll.
Bonjour.
Troisième jour de deuil national en France, avec la minute de silence à midi tout à l'heure en hommage aux 84 victimes de Nice. D'abord, est-ce que les liens entre le tueur et les réseaux terroristes sont établis ce matin ?
Écoutez, il y a des informations qui ont été données au fur et à mesure que l'enquête avance. Il semble qu'il y ait eu quelques liens qui aient été relevé. Après, je ne peux pas vous dire, à l'heure où je parle, c'est le procureur qui pourra en préciser les éléments, s'il y a des liens ou pas. Ce que l'on sait, qu'on peut comprendre, c'est qu'il y a eu, comme l'a dit Bernard Cazeneuve, une radicalisation extrêmement rapide de cet homme qui a commis l'inacceptable.
Côté enquête, trois personnes seraient actuellement transférées vers la DGSI, ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que l'enquête se poursuit et qu'on cherche à comprendre et à savoir s'il y a des liens entre cet individu et des possibles connexions avec des personnes au niveau de Nice et de ses alentours qui peuvent avoir, eux, des relations avec d'autres personnes, des réseaux peut-être islamistes. Mais à l'heure où je parle, je ne m'engagerai pas sur une conclusion définitive. Ce que l'on sait, et ça c'est très clair, c'est que cet individu a voulu commettre un attentat, a commis un attentat, il l'a prémédité, qu'il a sûrement pu s'inspirer malheureusement de ce qui est sur des réseaux islamistes revendiqués comme tels pour commettre des attentats. Voilà où nous en sommes.
L'enquête va vite, elle doit aller vite, car il faut qu'on sache et qu'on puisse agir en conséquence ensuite.
De Charlie au carnage de Nice, en un an et demi, les attentats en France ont fait 230 morts au moins. On fait quoi maintenant Stéphane Le Foll ?
On fait en sorte que toutes les lois que nous avons votées et tous les moyens nécessaires qui doivent être donnés à la police, à la gendarmerie et au service de renseignement, ce qui a été fait avec plusieurs lois et plusieurs décisions importantes de prise se mettent en œuvre et que le filet que nous sommes en train de tisser soit de plus en plus fin pour pouvoir attraper, et c'est déjà le cas, ceux qui seraient tentés de pouvoir commettre des attentats. C'est ça l'objectif, c'est ça l'enjeu. J'étais frappé hier soir d'entendre l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy.
Tout ce qui aurait dû être fait depuis 18 mois n'a pas été à dire Nicolas Sarkozy.
Oui, de dire, en tout cas, c'est entre nous et eux. Il n'y a pas de choix entre nous et eux, il n'y a qu'un seul choix, c'est nous. La France, les Français, il n'y a pas d'autre. La bataille, la guerre est engagée, elle sera menée jusqu'au bout. Et ce que nous avons fait, c'est que nous avons mis en place, avec les lois que nous avons votées, je l'ai dit, un filet qui resserre ses mailles, et qui fait qu'au fur et à mesure, on cherche à trouver et à anticiper tous ces attentats. Le ministre de l'Intérieur et le Premier ministre ont rappelé d'ailleurs que c'est plus de 160 personnes qui ont déjà été arrêtées. Et des attentats ont été déjoués.
On ne le dit pas, on ne le sait pas, puisque ce qui choque, et c'est compréhensible, ce qui rend les choses inacceptables, c'est que quelqu'un comme cet individu qui a fait cet attentat à Nice ait pu passer au travers des mailles du filet. Et je rappelle d'ailleurs qu'il n'était pas fiché, la fameuse fiche S, qu'il n'avait pas été repéré par les services de renseignement. Et d'ailleurs, il avait peu de casiers qui auraient pu être des signaux qui auraient permis justement de le repérer. Donc voilà où nous en sommes.
Donc quand Nicolas Sarkozy propose effectivement de mettre tous ceux qui présentent un risque de radicalisation avec un bracelet électronique ou placé en rétention, vous répondez quoi ?
Mais on répond que cette proposition avait déjà été faite. Que ce qu'on a fait, c'est qu'on a été jusqu'au bout du cadre constitutionnel dans lequel on est. On ne peut décider de priver de liberté quelqu'un que s'il a effectivement, si nous avons, et en termes de justice, des présomptions claires. On ne peut pas créer une loi des suspects. Ça n'existe pas. Ou alors on passe à autre chose. On n'est plus dans le cadre de la Constitution française.
Mais, je le dis, par rapport à ce que disait Nicolas Sarkozy, la plupart d'ailleurs des réflexions qui ont été les siennes, c'est la correction de ce qui a été fait précédemment qui est engagé, et c'est les moyens supplémentaires qui sont mis en œuvre, qui au fur et à mesure, je le dis, et tout de suite, dès 2012, on prend une loi antiterroriste pour que ceux qui sont partis faire la guerre à l'extérieur de la France soient considérés comme terroristes. Ce n'était pas le cas avant. Dès 2012, on prend ces décisions. Et on avance au fur et à mesure. Et on va se battre jusqu'au bout. Je vous l'ai dit, pour que ce filet et ces mailles soient les plus réduites possibles.
La réserve, la prolongation de l'état d'urgence ou de sentinelle, est-ce que c'est ça la réponse uniquement sécuritaire ?
C'est une réponse. Elle doit être coordonnée avec les autres réponses, en particulier sur la question du renseignement et de l'organisation de la prévention de tous les risques.
Vous seriez prêt cette fois, du coup, à une agence nationale antiterroriste comme le conseiller à la Commission ?
Mais il existe déjà une coordination. On a refait avec une loi du renseignement, la DGSI, qui a été mise en place. On a complètement repensé le renseignement.
La Commission parlait quand même d'une meilleure coordination entre les renseignements.
Oui, mais je pense qu'on regardera ce qu'il y a dans cette commission. Mais je pense qu'il y a une chose aussi qu'il faut bien avoir en tête, je le dis aux Français. Ce que nous avons remis en place, redressé, en particulier sur le renseignement, moins on y touche aujourd'hui, plus on donnera de l'efficacité. Parce que si à chaque fois il faut refaire, c'est autant de temps de perdu. Nous ne pouvons pas perdre de temps. Nous devons agir. Et ce que nous avons fait doit être mis. Et c'est le cas avec des moyens maintenant en œuvre pour redresser l'ensemble du dispositif renseignement et action police, gendarmerie et action militaire avec l'opération Sentinelle.
Il n'y a pas d'autre réponse que sécuritaire, police, gendarme, renseignement ?
Il y a une réponse sécuritaire absolue. Et en même temps, il y a un travail qui doit être conduit. On voit bien que sur tous ces terroristes, on a des caractéristiques sur lesquelles il faut qu'on agisse. On doit lutter contre la radicalisation. C'est ce qui a été fait. Et c'est ce qui est fait depuis 2015. En particulier dans les prisons où les radicalisés sont mis en dehors du reste de la population carcérale. On commence tout ce travail. Et ce travail est un travail qui va prendre du temps. De la même manière, sur ce qu'a dit Nicolas Sarkozy, sur les imams qui prêchent la radicalisation, plusieurs dizaines d'imams ont été renvoyés. Et ça, depuis 2012. Avant, ce n'était pas le cas.
On a parfaitement conscience qu'on doit avoir aussi une action de prévention majeure pour la lutte contre la radicalisation.
Stéphane Lefeuille, au prochain attentat, puisqu'il y en aura un, ce n'est pas moi qui le dis, c'est Emmanuel Valls, vous allez faire quoi et proposer quoi ?
Mais, je l'ai dit, ce que nous devons faire, c'est une politique de cohérence et déterminée et continue. On doit tirer les expériences de chaque attentat pour voir ce qui s'est passé. On doit mener des enquêtes pour aller jusqu'au bout. On doit faire en sorte d'être vigilant, continuellement, renforcer les moyens. Et en même temps, on est aussi, je l'ai dit, dans la continuité d'une action qui est conduite. L'objectif, c'est faire en sorte que notre dispositif fasse que les mailles du filet soient de plus en plus fines.
Je le répète, et ce n'est pas à chaque attentat une nouvelle loi ou à chaque attentat une nouvelle mesure, c'est au contraire à chaque attentat renforcer, assurer avec détermination la mise en oeuvre de l'ensemble des dispositions, quitte, s'il le faut, bien sûr, à corriger et à faire en sorte de mettre encore en place des outils ou des moyens nouveaux.
Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, vous restez avec nous sur France Inter. Dans quelques minutes, la parole et les questions des auditeurs au 01-45-24-7000, mais d'abord à 8h31. C'est la revue de presse sur France Inter.
Stéphane Le Foll