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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 10 septembre 2023 32 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalEnvironnement & énergieDéfenseÉconomie & entreprises

Conférence de presse du Président Emmanuel Macron à l’issue du G20 de New Delhi.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 26:01RelanceRéponse directe

    Ce compromis sur l'Ukraine et le climat est-il un recul par rapport aux positions françaises ?

  • 29:01OuverteRéponse directe

    Question sur le temps nécessaire pour parvenir au consensus du G20 et la place de la Russie.

  • 32:01OuverteRéponse directe

    Question sur le partenariat stratégique franco-indien.

  • 35:01OuverteRéponse directe

    Question sur la crise au Niger et les accusations de la junte.

  • 38:01OuverteRéponse directe

    Question sur le projet de corridor Inde-Méditerranée et le rôle de la France.

  • 41:01OuverteRéponse directe

    Question sur la coordination de l'aide française au Maroc après le séisme.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:01Emmanuel MacronChiffre
    « Nous allons atteindre cette année la cible de 100 milliards de dollars pour financer la transition climatique dans les pays en développement. »
  • 12:01Emmanuel MacronChiffre
    « 16 membres du G20 ont voté toutes les résolutions qui sanctionnent et condamnent la Russie. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Pouvoir ici dire quelques mots, à l'issue de ce G20. Je tiens d'abord à remercier le Premier ministre Narendra Modi. L'Inde, fidèle à ses principes, a tout mis en œuvre pour cette présidence du G20 et pour qu'elle serve d'unité et qu'elle envoie un message de stabilité alors que la Russie continue de mener sa guerre d'agression en Ukraine.

Donc je remercie et félicite le Premier ministre Modi, et je veux ici rappeler que la France se tient aux côtés de l'Inde. Avant de commencer à rendre compte de nos conclusions et de l'analyse que j'en fais, je veux avoir un mot tout particulier pour le Maroc et le peuple marocain, qui a connu hier une tragédie qui nous touche tous. L'ensemble du G20 a affirmé sa solidarité.

La France a eu l'occasion de le faire dès les premières heures. J'ai envoyé à Sa Majesté le roi Mohammed VI. un message directement.

Nous avons mobilisé l'ensemble des équipes techniques de sécurité pour pouvoir intervenir quand les autorités du Maroc le jugeront utile. En tout cas, nous sommes mobilisés et les échanges se font entre ministres et techniciens. Nous avons, ce matin, mobilisé la Banque mondiale, le FMI, l'Union européenne et l'Union africaine pour, ensemble, avec la France, marquer aussi un engagement fort de soutien au Maroc et au peuple marocain pour la reconstruction et l'aide financière dans ce contexte.

Je veux aussi avoir une pensée pour le Brésil qui a connu un cyclone important ces dernières heures. Je souhaite, avant toute chose, en commençant ce compte rendu du G20, féliciter l'Union africaine qui a été consacrée comme nouveau membre de notre G20. C'était une nécessité.

Vous le savez, la France a fait partie des premières à pousser à cette candidature. Elle a demandé à officialiser notre soutien à Bali l'année dernière, lorsque Macky Sall était là pour représenter cette présidence de l'Union africaine. Le président Azali a pu, aujourd'hui, réaliser ce qui était jadis un vœu.

L'Union africaine aura une place autour de la table des décisions, et je me réjouis que la proposition que nous avions portée à Bali ait emporté l'adhésion de tous. Ce G20 confirme d'abord à nouveau l'isolement de la Russie. Hier et aujourd'hui, l'écrasante majorité des membres du G20 condamne la guerre en Ukraine et ses impacts.

Nous avons largement ici traité des conséquences économiques et alimentaires de cette guerre pour garder l'unité de la planète. L'ensemble du G20 s'engage, par ailleurs, sur le principe d'une paix juste et durable, j'insiste sur ces termes, en Ukraine, conforme à la Charte des Nations Unies, c'est-à-dire au principe d'intégrité territoriale qui a été violé par la Russie, il y a 18 mois. Ce G20 montre aussi, je le disais en félicitant le Premier ministre Modi, que nos efforts pour résorber la fracture entre le Nord et le Sud portent leurs fruits.

Après le sommet que nous avions organisé à Paris qui a abouti au Pacte de Paris pour les peuples et la planète, plusieurs de ces grands axes et de ce que nous avions lancé ont été ici repris. Je veux dire ici que c'est ce qui est important à mes yeux, dans ce G20, que l'agenda que nous portons depuis plusieurs années continue d'avancer et ait pu avancer lors de ce G20 en Inde. D'abord, ce que nous avons porté à Paris et qui a donné lieu à ce Pacte de Paris pour les peuples et la planète, a été réitéré juste avant ce sommet avec de nombreux pays africains, qui ont cosigné une tribune avec la France pour soutenir ce pacte dont le nombre de signataires ne cesse de croître.

Je rappelle les 4 principes qui y présidaient. Nous n'avons pas à choisir entre la lutte contre la pauvreté et le combat pour la planète. Deuxièmement, chaque pays a à choisir son chemin, la communauté internationale doit le soutenir.

Troisièmement, nous avons besoin d'un choc de financement public. Quatrièmement, nous avons besoin de beaucoup mieux mobiliser les financements privés sur ces objectifs. C'est exactement la philosophie qui a présidé à nos travaux et à beaucoup de réalisations qui viennent en conclusion directe de ces travaux.

Sur l'augmentation de la mobilisation financière internationale, à la fois pour la lutte contre la pauvreté et pour le climat, ce G20 a acté des avancées importantes. Nous avons dépassé, d'abord, la cible de 100 milliards de dollars de réallocation de droits de tirage spéciaux. Je rappelle que, là aussi, c'est un chemin français.

C'est en novembre 2020 qu'avec la directrice générale du FMI, nous avons décidé d'une nouvelle émission de droits de tirage spéciaux. C'est en mai 2021, lors du sommet pour le financement des économies africaines, que nous avons pris l'engagement de réallouer 100 milliards vers l'Afrique. C'est tout le travail que nous menons depuis mai 2021 qui, enfin, arrive à son terme avec 108 milliards de dollars qui sont réalloués.

La France, pour ce faire, a fait plus que tenir son engagement initial puisque nous avons réalloué 40 % de nos droits de tirage spéciaux, ce qui représente environ 7 milliards et demi de dollars pour ce qui est de la France. J'invite tous les pays à continuer maintenant leurs engagements mais, surtout, à mettre en œuvre ce sur quoi ils se sont engagés. Ensuite, nous allons atteindre cette année la cible de 100 milliards de dollars pour financer la transition climatique dans les pays en développement.

Là aussi, les rapports ont été rendus et, lors du sommet de Paris en juin dernier, nous avions eu le rapport qui montrait qu'on était en train d'y arriver. Engagement, je le rappelle, qui avait été pris en 2015 par les pays les plus riches, donc on a remis de la pression ces derniers mois pour qu'il soit tenu. Troisième élément, nous avons constaté le fait que ce qui a été mobilisé à Paris, en particulier la première réunion de finances en commun qui regroupe toutes les banques multilatérales et nationales de développement avec les institutions financières, a pu conduire à des effets directs puisque nous accroissons la prise de risque de nos banques de développement et nous arrivons, ce faisant, à accroître de 200 milliards de dollars le financement public, sans augmentation de capital derrière ce chiffre, ni mobilisation de crédits, mais simplement par plus de prise de risque des mécanismes existants.

Ça aussi, c'est une concrétisation de ce qu'on a fait en juin dernier à Paris. Nous avons tous endossé, en G20, l'objectif que nous nous étions donné à Paris de mieux mobiliser les financements privés, et donc d'avoir 100 milliards de dollars de financements privés dans les pays en développement. Tout cela est un acquis très fondamental sur lequel le G20 s'engage et qui vient consacrer, en G20, les résultats du sommet de Paris de juin dernier, qui avait conduit aux "4 P", ce Pacte de Paris pour les peuples et la planète.

À côté de ça, nous souhaitons, nous, aller plus loin en termes de représentativité et d'efficacité. C'est aussi l'engagement qui a été pris à Paris et qui est pour le pacte. D'abord, nous soutenons une réforme en profondeur de la gouvernance mondiale, du Conseil de sécurité mais également de la Banque mondiale et du FMI.

Elles doivent mieux représenter la réalité géopolitique contemporaine, et les réalités démographiques et économiques. Ensuite, nous souhaitons accroître la mobilisation de ces instruments. C'est pourquoi la France défend l'idée d'une recapitalisation de la Banque mondiale, qui permettra de donner plus de place aux émergents, mais qui doit aussi donner plus de place au climat.

La contrepartie que nous portons derrière cette recapitalisation, c'est un engagement très clair des émergents pour sortir au plus vite du charbon. De même, nous sommes pour une revue de quotas au FMI. Nous attendons d'abord plus d'engagement, là aussi, des émergents sur la restructuration des dettes en Afrique.

C'est en quelque sorte la contrepartie, mais nous sommes tout à fait favorables à aller plus loin. Nous l'avons réitéré aujourd'hui. C'est ce même agenda d'une plus grande mobilisation financière internationale que nous poursuivons, d'abord, à l'échelle nationale.

Je rappelle que la France a rehaussé ses engagements nationaux et que nous avons atteint les 0,55 % de notre revenu national brut pour l'aide publique au développement, l'investissement solidaire, et c'est celui que nous voulons aussi poursuivre dans l'agenda international. C'est pour ça que nous nous sommes engagés pour reconstituer les fonds du Fonds International pour le Développement Agricole, le FIDA, qui se tiendra en décembre prochain. Je remercie son directeur général, cher Alvaro Lario, d'être à mes côtés.

Nous avons pu ici commencer cette campagne qui vise à lever 2 milliards de dollars de financements pour le FIDA. Nous en avons besoin parce qu'il se bat pour améliorer les systèmes agricoles et productifs dans beaucoup de pays, en particulier touchés par les conséquences de la guerre. Il illustre, là aussi, pleinement ce choix.

Enfin, dans ce G20, nous avons aussi pu réitérer notre soutien des initiatives lancées à Paris et poursuivies ensuite, en particulier à Nairobi, parce que ce choc de financement que nous défendons exige des ressources complémentaires. C'est pourquoi nous devons lever de nouvelles ressources internationales. Nous avons convenu, avec le président Ruto, que je remercie pour son sommet de Nairobi il y a quelques semaines, et avec nos partenaires, de monter un groupe de travail commun sur la fiscalité internationale, qui devra rendre les premiers résultats dès la COP 28.

Je soutiens l'initiative prise par le président Ruto de complètement changer les mécanismes de taxe carbone pour qu'elle soit plus efficace et que le signal-prix existe véritablement. C'est ce même agenda que nous avons poursuivi, au-delà des questions financières sur la question climatique. Le bilan mondial de l'Accord de Paris a été publié vendredi.

Nous ne sommes pas sur la bonne trajectoire et, pour ça, il faut multiplier les engagements. Le G20 est, à ce titre, un acteur clé. Nous avons acté, aujourd'hui, un objectif de triplement de production des énergies renouvelables.

Nous avons la même ambition sur les technologies bas carbone, dont le nucléaire, et nous nous sommes également engagés à développer un grand projet de corridor par le rail entre l'Inde, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l'Europe, qui devra permettre de transporter de l'hydrogène vert et d'accélérer le verdissement de nos économies. Mais, à cet égard, je veux dire que c'est insuffisant. Je suis, pour ma part, très préoccupé de l'esprit qui commence à régner, y compris d'ailleurs au sein des membres du G20, sur la question du climat.

Il y a, d'abord, un discours trop facile qui s'installe chez certains émergents pour dire que seuls les pays les plus riches auront une responsabilité. Nous prenons notre responsabilité, nous Européens, nous avons les seuls engagements internationaux crédibles avec le Green Deal et le Fit for 55. Nous sommes les seuls à avoir défini des instruments réglementaires et une régulation nouvelle pour atteindre la baisse substantielle d'émissions pour 2030, mais surtout la neutralité carbone 2050.

Je me félicite que beaucoup d'autres nous aient rejoints dans ce club de la neutralité carbone 2050. Jusqu'à présent, ils n'ont pas encore crédibilisé leur propre stratégie. Les Européens, oui.

Nous sommes au rendez-vous de nos engagements financiers et des 100 milliards, ça a été signifié par le rapport piloté par Nic Stern et plusieurs collègues en juin à Paris, et réitéré ici-même. Mais beaucoup de pays doivent faire leurs efforts, et il est faux de dire qu'on pourrait ralentir les efforts pour la sortie du charbon en 2030 et la sortie du pétrole au plus vite. Je sais que beaucoup de pays ont besoin du charbon et du pétrole pour leur modèle productif, aujourd'hui.

Notre devoir est de les aider à en sortir le plus vite possible. C'est, d'ailleurs, le cœur de la stratégie que nous avons développée avec nos partenariats pour une transition juste sur le plan énergétique, les fameux JETP signés, par exemple, avec l'Afrique du Sud, l'Indonésie, le Sénégal ou beaucoup d'autres. C'est sur cette dynamique que nous voulons nous engager également avec l'Inde, et c'est ce dont nous avons parlé avec le Premier ministre Modi.

Mais, plus largement, nous devons tous, dans les pays émergents et dans tous les pays clients, sortir le plus rapidement possible et beaucoup plus vite qu'aujourd'hui du charbon, et nous devons accélérer sans hypocrisie la sortie des hydrocarbures. Je vois naître un discours qui consisterait à dire qu'on pourrait continuer à vivre très durablement, au-delà de 2040, 2045, avec le pétrole, et réussir la transition climatique. C'est faux.

Je sais que cela vient contrarier plusieurs modèles productifs chez quelques émergents, on doit les aider à cette transition, mais nous ne devons pas céder à un discours qui n'est en rien établi par la science. Enfin, je voudrais vous dire que nous avons pu parler aussi de technologie. Sur l'intelligence artificielle, la France poursuit un objectif double dans ce cadre : développer les investissements et l'innovation et être sûre qu'il n'y ait pas de fracture numérique et technologique qui s'installe sur la question de l'intelligence artificielle, et que tous les pays autour de la table G20 puissent y avoir accès pour leur développement.

Dans le même temps, penser, dans le cadre le plus large dès le début, la régulation indispensable qui va avec cette technologie, pour éviter la manipulation dans les démocraties, les fausses informations, mais aussi ce qui viendrait perturber le fonctionnement constitutif de nos pays. À ce titre, nous défendons l'idée d'une régulation internationale qui puisse se faire, comme nous l'avons d'ailleurs fait sur la fiscalité numérique ou la fiscalité minimale, adossée à l'OCDE. Il se trouve qu'en 2019, nous avons développé, en lien avec le Canada, ce partenariat mondial pour l'intelligence artificielle.

Il existe, nous l'avons créé, il est adossé à l'OCDE. Je pense que c'est sur cette base qu'il nous faut construire la bonne régulation internationale parce que c'est l'OCDE qui a cette capacité, largement au-delà de ses membres, à réunir la communauté internationale sur l'indispensable régulation de l'intelligence artificielle. Le G20, sur tous ces sujets, a montré son importance, je veux à nouveau féliciter la présidence indienne.

La présidence brésilienne prendra donc le relais avec toute notre confiance. Nous travaillons d'ores et déjà très étroitement sur la question de la protection des forêts, de la souveraineté alimentaire et de la justice sociale. J'ai pu parler, tout à l'heure, avec le président Lula.

Ce G20 ouvrira aussi un nouveau chapitre sur la coopération fiscale internationale que nous défendons, vous le savez, depuis 2018, avec beaucoup de force et d'efficacité, mais avec encore beaucoup de chantiers devant nous. Je ne serai pas plus long, je vais répondre à vos questions. Monsieur le Président, bonjour.

Nous allons revenir sur le G20, avec ce compromis qui paraît en retrait par rapport aux positions françaises. Tout d'abord, sur l'Ukraine, Kiev a exprimé sa déception et Moscou sa satisfaction. Est-ce que ce compromis ne reflète pas la prise de pouvoir des pays émergents ?

Et, concernant le climat, vous venez à l'instant de vous dire préoccupé et vous appelez à aller plus loin. Est-ce que là, pour le coup, ce compromis n'est pas un mauvais signal, à moins de 3 mois de la COP 28 ? Je vous remercie.

D'abord, si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, le G20 n'est pas un forum de discussions politiques. Il a été réinstallé et recréé à l'occasion de la crise financière internationale de 2008-2010, et il a surtout pour vocation, ce qui d'ailleurs explique les présents autour de la table, parce que nous sommes beaucoup à ne pas partager les mêmes valeurs et le même agenda, à d'abord parler des sujets économiques et financiers, mais aussi des sujets climatiques. Donc je pense qu'il ne faut pas bloquer le G20 sur le reste de l'agenda.

Nous savons qu'il existe des désaccords avec certains membres sur la question ukrainienne, puisque nous savons que, dans le G20, il y a la Russie. Maintenant, la réalité, c'est que les choses ont été dites. Le G20 a clairement dit qu'il soutenait une paix juste et durable, qui est l'inverse de ce que propose la Russie, qui propose un cessez-le-feu et donc une paix non durable et non juste, et que nous avons réitéré en G20 notre soutien à la Charte des Nations unies, laquelle est violée en ce moment même par la Russie.

Donc il n'y a pas d'ambiguïté. Par contre, ce n'est pas le lieu où vous aurez des avancées massives à date, surtout quand nous sommes sur le terrain avec la situation que nous connaissons. Je veux simplement rappeler ici le rapport de force qui existe. 16 membres du G20 ont voté toutes les résolutions qui sanctionnent et condamnent la Russie. 3 se sont abstenus, un seul a voté contre.

Devinez qui ? La Russie. Je n'ai pas le sentiment que ce soit une victoire diplomatique massive, ni autre chose qu'une réalité d'isolement et de situation très minoritaire.

C'est ça, le G20, mais ce n'est pas le lieu où vous aurez les progrès diplomatiques sur cette question. Sur le climat, je pense qu'un des points très importants qui a avancé ici, c'est la question du financement. C'est, pour moi, ce qu'on a bien consolidé dans ce G20 et qui est un succès, je le rappelais, et auquel, je pense, nous avons collectivement contribué.

J'espère que la France, par son sommet et son Pacte pour les peuples et la planète, a été utile à la présidence indienne. Ensuite, il n'y avait pas un rendez-vous à proprement parler climatique, qui va arriver à la COP 28, mais j'alerte tout le monde, nous n'y sommes pas et je sens une forme de discours trop facile qui s'installe chez beaucoup. Et donc nous devons être exigeants, et en particulier nous devons, avec les grands émergents, avoir un discours de vérité.

Les pays les plus riches doivent faire l'effort. Nous, nous sommes en train de le faire, ça nous coûte, c'est très compliqué. On va, dans les prochaines semaines, en France, déployer et développer cette planification écologique.

On sait ce que cela comporte d'investissements publics, de changements de vie pour beaucoup de gens, de contraintes, les peurs que ça fait naître, mais nous le faisons, et c'est légitime et normal que nous ayons ce rôle. Mais dans le même temps, nous devons absolument réengager avec les grands émergents de la planète pour sortir, en 2030, du charbon, et le plus vite possible du pétrole. Et tous les agendas qui sont en train de s'installer, en expliquant : "Oh, non, en fait, on s'est trompés, "on pourrait aller plus lentement, parce qu'on fait beaucoup d'argent "avec le pétrole en ce moment." Ce n'est pas une bonne idée.

Le gaz est une énergie de transition. Il faut un peu plus de temps, c'est l'objectif 2050. Mais bien avant 2050, il faut sortir du pétrole et du charbon.

Et donc là-dessus, j'alerte tout le monde : pas d'hypocrisie à l'horizon de la COP28. Ce n'était pas le lieu, aujourd'hui, mais les prochains mois seront déterminants. Une question pour [INAUDIBLE] Merci, Monsieur le Président.

Une question d'un média indien. [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] Tout d'abord, nous avons un partenariat stratégique extrêmement dynamique. Nous avons un partenariat de défense très fort, nous l'avons renforcé ces dernières années.

La visite qu'a effectuée le Premier ministre indien à Paris, le 14 juillet, était un moment essentiel dans ce partenariat. Le peuple français était très fier de cette visite. Les Français ont ressenti cette amitié et ce respect pour votre pays, et nous avons signé davantage de contrats et également adopté une feuille de route.

Nous allons nous déployer sur tous les secteurs de la feuille de route, en matière de défense, des contrats additionnels, et dans les mois et les années à venir, sur l'espace. Nous avons également adopté un nouveau partenariat sur les activités et les industries nucléaires. Il existe déjà une feuille de route.

Nous avons ajouté quelques étapes cruciales, sur l'action que nous allons mener ensemble, sur les infrastructures, l'économie, les startups, la technologie, les transports, et de très nombreux autres secteurs, sans oublier la culture. Il va y avoir un suivi de ce qui se fait. À mon avis, ce partenariat est stratégique et est en train d'être enrichi, dans tous les secteurs.

C'est pour cette raison que ce partenariat n'est pas uniquement un partenariat bilatéral et il y a une plus grande intimité, si je peux m'exprimer ainsi, pour la région et pour le monde. Nous devons préserver les équilibres, dans l'environnement mondial actuel. Nous devons résister à la fragmentation du monde et nous devons travailler ensemble pour trouver des solutions, pour proposer des solutions au monde, sur ce qui fait sens.

C'est exactement la philosophie qui nous a inspirés, quand nous avons lancé l'Alliance solaire avec le Premier ministre indien. L'Alliance solaire internationale est l'une des meilleures incarnations de cette philosophie. Il en va de même pour ce que nous avons fait hier, ensemble, avec les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite et les États-Unis, avec d'autres collègues, sur ce corridor qui part de l'Inde et qui arrive sur les côtes de la Méditerranée, corridor de transport.

Et c'est exactement de cette façon que nous avons travaillé avec votre Premier ministre, pour préparer cette présidence, avec le Sommet de Paris, pour instaurer une dynamique sur un certain nombre de sujets allant du climat aux financements. Je pense que cette présidence, dans l'environnement actuel et dans ce monde fragmenté et toutes ces difficultés que nous voyons, donne une impulsion extrêmement importante et enrichissante. C'est pour cela que je voudrais remercier le Premier ministre indien, et je m'engage à l'égard de cet agenda bilatéral.

Merci ! Merci. Bonjour.

Juste une question à propos du Niger. Je voulais savoir comment vous réagissiez aux accusations de la junte, qui accuse la France de préparer une intervention militaire contre le Niger, d'une part, et d'autre part savoir où en sont les discussions, les réflexions, du côté français, sur un redéploiement des troupes françaises dont la junte exige le départ. Est-ce que c'est un redéploiement à l'intérieur des frontières du Niger ?

Est-ce que c'est un rapatriement de certaines forces ? Si vous pouviez donner des précisions ! Merci.

Merci beaucoup. Les forces françaises ont été mises en place sur le sol du Niger, à la demande du Niger. Et nous sommes là pour lutter contre le terrorisme, à la demande du Niger et de ses instances démocratiquement élues, à savoir le président Bazoum, son Gouvernement et son Parlement.

Nous avons d'ailleurs eu une action efficace, qui a drastiquement réduit les attaques terroristes sur le sol du Niger, et nous l'avons fait au prix de la vie de plusieurs soldats français. Et j'ai une pensée pour la mémoire de ces derniers et de leurs familles, à chaque fois que j'évoque ce sujet. Un coup d'État, depuis juillet dernier, retient en otage un président démocratiquement élu.

La France a une position simple : nous le condamnons, nous demandons la libération du président Bazoum et la restauration de l'ordre constitutionnel, et nous ne reconnaissons aucune légitimité aux déclarations des putschistes, puisque le président Bazoum n'a pas renoncé à son pouvoir. Et donc si nous redéployons quoi que ce soit, je ne le ferai qu'à la demande du président Bazoum et en coordination avec lui. Pas avec des responsables qui, aujourd'hui, prennent en otage un président.

Sur ce sujet, depuis le premier jour, la France se coordonne avec l'ensemble des présidents de la région et des chefs d'État et de gouvernements, et nous soutenons pleinement les positions de la CEDEAO. La CEDEAO a condamné ce putsch. Elle a pris des sanctions, tout comme l'UEMOA, et la CEDEAO continue le travail pour libérer le président Bazoum et permettre de résoudre ce sujet.

La France est à ses côtés et le soutient. Sur le reste, je n'ai pas d'intention, tant que la situation est celle-ci. Elle gèle tout, en quelque sorte, puisque la seule personne avec qui nous avons à légitimement parler est le président Bazoum.

Question pour [INAUDIBLE] Monsieur le Président, nous avons vu le projet qui a été lancé sur la connectivité. Est-ce que vous pouvez nous en parler ? Et quel rôle la France va y jouer ?

Quel rôle l'Inde va y jouer et qu'est-ce que cela apportera à la région et au monde ? Merci. Merci.

Il est très important d'avoir un tel projet, qui va de l'Inde à la Méditerranée. Nous nous sommes engagés pour le financement. Nous sommes en train de travailler avec la Banque mondiale, les États-Unis, l'Union européenne, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et un certain nombre d'autres acteurs pour mettre de l'argent en commun, pour la réalisation de ce corridor.

Deuxièmement, le projet a été lancé hier et il va nous falloir trouver le financement. Et l'idée, c'est de faire un package unique et de décider de la nature des infrastructures. Ce que nous voulons, donc, ce sont des infrastructures zéro émission, connectivité sur le thème du transport, connectivité en matière de communication, de technologies, et également, nous avons en France de très nombreuses entreprises qui travaillent dans tous ces secteurs, énergie, transports, connectivité.

Elles participeront très certainement à la mise en œuvre de ces projets. Nous allons également mettre en place une structure qui va décider des diverses phases et qui va allouer les ressources à ces différentes phases et à leur financement. Et les entreprises françaises en feront partie.

Donc nous l'avons lancé hier. Et aujourd'hui, il va nous falloir tout organiser, peut-être faciliter les choses, éviter l'excès de bureaucratie et renforcer l'implication de tous. Bonjour, Monsieur le Président.

Une question pour BFMTV. Vous avez dit que la France était prête à intervenir en aide au Maroc, quand les autorités le jugeraient utile. Visiblement, nous sommes 36 heures après le séisme, les moyens manquent, sur place.

Est-ce que vous diriez qu'il y a un problème de coordination de cette aide entre la France et le Maroc ? Est-ce que vous souhaitez que l'aide française arrive au plus vite sur place ? Et avez-vous parlé personnellement avec le roi Mohammed VI, en dehors du message dont nous avons eu connaissance ? - Je vous remercie. - Merci beaucoup.

J'ai eu l'occasion d'échanger longuement avec Sa Majesté le Roi, il y a quelques jours, quelques jours avant le séisme. Il était dans l'avion et ensuite sur le terrain. Nous avons échangé des messages oraux et je lui ai envoyé une lettre, dès les premières heures.

Écoutez, je souhaite faire ce qui est utile pour le peuple marocain. D'abord, je veux dire notre émotion, notre solidarité avec le peuple marocain, mais j'ai une pensée toute particulière pour les millions de binationaux ou de Françaises et de Français qui sont d'origine marocaine ou qui ont de la famille là-bas. Et donc ça nous touche dans notre intimité, notre chair, nous-mêmes.

Ensuite, nous avons mis en place tout ce qu'il convient de faire : le centre de crise au Quai d'Orsay, le ministère de l'Intérieur, le ministère des Armées. Tous les contacts bilatéraux ont été établis au niveau technique. Et après, les autorités marocaines savent exactement ce qu'on peut livrer, la nature et le timing, si je puis dire.

Donc maintenant, c'est dans leurs mains parce que, comme à chaque fois, ce sont les autorités locales qui savent ce qui est utile et qui peuvent coordonner. Donc nous sommes à disposition et on a fait tout ce qu'on pouvait faire. À la seconde où cette aide sera demandée, elle sera déployée et nous nous tenons prêts.

Maintenant, c'est évidemment aux autorités marocaines d'en décider, en fonction de leur évaluation sur le terrain, et pour que ce soit fait en bon ordre, parce que tout ça n'arrive jamais en ordre dispersé. Donc ils ont raison de bien organiser cela. À côté, et en parallèle, nous avons souhaité organiser et mobiliser plus largement.

C'est pourquoi, ce matin, j'ai eu un échange avec le président de la Banque mondiale, la directrice générale du FMI, et nous avons eu cet échange aussi avec la présidente de la Commission européenne et le président de l'Union africaine, pour tout de suite mobiliser une aide plus large, financière, à l'international, pour tout de suite préparer les choses pour une reconstruction rapide. Je crois qu'on fait le maximum de ce qu'on peut faire, là où nous sommes, en nous tenant à disposition. Et j'ai pleine confiance dans les autorités marocaines pour avoir l'organisation la plus efficace.

Mais je veux ici redire notre notre soutien et notre amitié. On va prendre une dernière question. Bonjour, Monsieur le Président.

Je voudrais savoir combien de temps il a fallu à tous les membres du G20 pour parvenir à un consensus sur la déclaration de Delhi. Vous avez également dit que la Russie n'a pas sa place au G20. Est-ce que vous pourriez nous en parler un peu ?

Vous avez dit que le G20 était une plateforme économique et vous dites que ce n'est pas sa place. Pardon, il y a peut-être eu une question de traduction. Tout d'abord, pour la déclaration, il a fallu un certain temps à nos sherpas, mais c'est magnifique quand on parvient à un résultat.

Alors je ne veux pas exagérer le rôle que nous avons joué, pour le texte auquel nous sommes parvenus. Il y avait un consensus entre nos sherpas et les capitales, et il était assez facile de parvenir à ce texte, dans le cadre des discussions entre les capitales. J'ai insisté sur les succès et j'ai également dit où nous pouvions encore faire des progrès, mais je ne vais pas m'attarder là-dessus.

Sur la Russie, j'ai dit, effectivement, que le cœur du travail de ce Forum, c'était l'économie et la coordination sur les affaires du monde, bien évidemment la finance, le climat et l'économie. Pas forcément les aspects politiques. C'est bien d'avoir ces discussions de temps en temps, mais il ne faudrait pas que nos discussions trébuchent ou bloquent sur un point.

Deuxième observation, ils sont, de facto, un membre du G20. Le président Poutine n'est pas là parce qu'il fait l'objet de sanctions, de la part d'un certain nombre d'entre nous, et pour de bonnes raisons, parce que je crois que ce qui se passe est extrêmement grave et c'est un sujet d'inquiétude pour de très nombreux pays. Mais en fait, je ne voulais pas dire que nous devrions exclure quelqu'un du club, maintenant.

Ce serait contre-productif. Nous allons continuer maintenant vers le Bangladesh, et je me réjouis de retrouver ce pays. Je tiens à remercier, en tout cas, le Premier ministre indien et son peuple pour leur hospitalité.

Merci !