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InterviewRMC — Apolline Matin (sur Podcast)· 21 avril 2026 10 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesAgriculture & alimentationSolidarités & famille

L'invité d'Apolline Matin : Jean-François Loiseau - 21/04

Au micro : Apolline MatinSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:03OuverteRéponse directe

    Les prix dans les supermarchés vont-ils augmenter dans les semaines qui viennent ?

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Vous demandez la réouverture des négociations commerciales.

  • 1:07RelanceRéponse directe

    Ces prix ne sont pas soutenables parce que la guerre entraîne des conséquences majeures.

  • 1:34RelanceRéponse partielle

    C'est l'UFC de choisir qui évoque 4 à 5% de plus d'inflation dans les rayons.

  • 2:20OuverteRéponse directe

    La grande distribution, pour l'instant, refuse.

  • 3:34RelanceRéponse directe

    Vous dites pas du tout de l'ordre de 4 à 5%.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:07PrésentateurChiffre
    « Plus 50% pour le polystyrène, indispensable pour les pots de yaourt. »
  • 0:11PrésentateurChiffre
    « Plus 56% pour le polypropylène qui est utilisé dans les pots de crème. »
  • 0:28PrésentateurFait
    « Vous êtes le président de l'Agnat. On connaît bien maintenant l'Agnat. C'est vous qui regroupez 23 000 entreprises de l'agroalimentaire en France. »
  • 0:43PrésentateurFait
    « Vous demandez la réouverture des négociations commerciales. »
  • 0:56PrésentateurFait
    « Toutes vos marques ont négocié avec Leclerc, Carrefour et autres super-U avec des prix de commande. »
  • 1:07InvitéFait
    « Ces prix ne sont pas soutenables parce que la guerre entraîne des conséquences majeures. »
  • 1:17InvitéFait
    « Le plastique, c'est le pétrole. Le gaz qui augmente. »
  • 1:29InvitéChiffre
    « Ce n'est pas 4 à 5 % comme je l'ai entendu. »
  • 1:40PrésentateurChiffre
    « C'est l'UFC de choisir qui évoque 4 à 5 % de plus d'inflation dans les rayons. »
  • 1:47InvitéChiffre
    « Quand le prix du carburant à la pompe monte de 50 %, bon, malheureusement, on subit. »
  • 1:55InvitéChiffre
    « Nous, ce que nous demandons avec ces ajustements techniques, ce sont certainement quelques centimes d'augmentation. »
  • 3:08InvitéFait
    « Je rappelle quand même que l'agroalimentaire, aujourd'hui, c'est l'industrie qui a le moins de rentabilité. »
  • 3:53InvitéFait
    « Moi, je ne pense pas qu'il faille, je dirais, faire peur aux consommateurs. »
  • 4:42InvitéFait
    « En 2021, il y avait eu un choc un peu particulier à cause de la réréfaction de produits agricoles. »
  • 5:35InvitéFait
    « Dans cette affaire, l'agriculture est entre le marteau et l'enclume. C'est le pot de fer contre le pot de terre. »
  • 5:54InvitéChiffre
    « Regardez dans le lait. On a pris 80 euros de baisse dans les producteurs laitiers. »
  • 7:05InvitéFait
    « Ces lois s'appellent EGALIM. Et ces lois EGALIM, elles sont très bien et elles sont nécessaires parce qu'elles protègent le revenu des agriculteurs. »
  • 7:35InvitéFait
    « On demande aux industriels de négocier le prix du lait ou le prix des yaourts en Belgique ou en Espagne. Et c'est ça qui nous amène à avoir une désorientation de nos marges. »
  • 8:42InvitéChiffre
    « On est moins de 200 000. Et d'ici 10 ans, on va être 100 000. »
  • 8:55InvitéFait
    « Le grenier de l'Europe, le stockage d'alimentaires, c'est 10 jours. »
  • 9:13InvitéChiffre
    « L'alimentaire, c'est 12 % maintenant du panier du consommateur. On est plus sur 25 à 30 %. »

Temps de parole

  • Invité44 %
  • Présentateur37 %
  • Invité 218 %

3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. Les prix dans les supermarchés vont-ils augmenter dans les semaines qui viennent ? Plus 50% pour le polystyrène, indispensable pour les pots de yaourt. Plus 56% pour le polypropylène qui est utilisé dans les pots de crème. Avec la crise au Moyen-Orient, l'augmentation de tous ces prix des matières premières n'est plus soutenable pour une partie des industriels. Et c'est ce que vous nous dites ce matin, Jean-François Loiseau. Bonjour.

0:25
Invité

Bonjour.

0:25
Présentateur

Vous êtes le président de l'Agnat. On connaît bien maintenant l'Agnat. C'est vous qui regroupez 23 000 entreprises de l'agroalimentaire en France. Toutes ces grandes marques de notre quotidien. Toutes ces marques que l'on achète partout et à tout moment de notre vie. Des PME mais aussi des géants de l'industrie. Vous demandez la réouverture des négociations commerciales. Je rappelle pour tous ceux qui nous écoutent qu'au 1er mars dernier, vous vous êtes mis d'accord. C'est-à-dire que toutes vos marques ont négocié avec Leclerc, Carrefour et autres super-U avec des prix de commande.

Et puis là, aujourd'hui, vous dites, en fait, les prix auxquels il était prévu que vous nous achetiez nos produits, eh bien, ils ne sont plus soutenables.

1:07
Invité

Alors, en fait, ces prix ne sont pas soutenables parce que la guerre entraîne des conséquences majeures. Et tout le monde le sait maintenant sur des sujets de logistique ou des emballages. Je vous l'avais dit parce que le plastique, c'est le pétrole. Le gaz qui augmente. Et donc, ce sont des facteurs que les industriels que je représente doivent impacter auprès de la distribution. Mais ce n'est pas 4 à 5 % comme je l'ai entendu. Le prix des emballages...

1:34
Présentateur

C'est l'UFC de choisir qui évoque 4 à 5 % de plus d'inflation dans les rayons.

1:40
Invité

En tout cas, nous, ce que l'on dit, c'est qu'il faut des ajustements techniques parce qu'effectivement, l'énergie a augmenté de façon très conséquente. Quand le prix du carburant à la pompe monte de 50 %, bon, malheureusement, on subit. Nous, ce que nous demandons avec ces ajustements techniques, ce sont certainement quelques centimes d'augmentation parce que le coût des emballages dans un produit final, c'est, je dirais, une petite partie du coût final. Ce n'est pas la totalité du produit.

Mais ce que nous voulons faire, c'est sensibiliser les distributeurs et les pouvoirs publics et d'ailleurs, je dirais les consommateurs d'une manière générale, au fait qu'on ne peut pas rester en l'état parce que sinon, c'est la survie de ces milliers d'entreprises avec des centaines de milliers d'emplois derrière.

2:20
Présentateur

La grande distribution, pour l'instant, refuse.

2:23
Invité

Alors, la grande distribution, elle a fait un petit aller-retour. Elle a dit qu'il fallait quand même regarder de près un peu ce qu'il en était. Et moi, j'ai bien écouté Michel-Édouard Leclerc hier. Il a dit qu'il pourrait peut-être y avoir. Vous voyez, il a posé pas mal de conditionnels. Et en fait, il a quand même raison parce qu'il faut qu'on regarde la réalité. Nous, ce qu'on demande, c'est un principe de responsabilité. Je dirais, quand le livret A change parce que le taux de l'argent change au niveau européen, il y a une décision qui est prise et les Français acceptent cette décision. Nous, voilà ce que nous demandons.

C'est de l'ajustement technique parce que le coût des emballages augmente, parce que la logistique, elle est beaucoup plus compliquée, parce que le gaz a beaucoup augmenté, les camions réfrigérés coûtent beaucoup plus cher. Et donc, nous devons impacter. Je rappelle quand même que l'agroalimentaire, aujourd'hui, c'est l'industrie qui a le moins de rentabilité. Et la France, c'est vraiment un cas à part pour ça. Donc, soyons très responsables.

3:19
Présentateur

Soyons très responsables, dites-vous. Et ça, vous l'adressez évidemment à la fois, on l'a compris, à la grande distribution, mais aussi aux consommateurs, que vous préparez à cette idée que le coût des produits du quotidien va potentiellement augmenter. Attention, vous dites pas du tout de l'ordre de 4 à 5%. Sauf qu'on ne sait pas où ça va nous mener. C'est-à-dire que, évidemment, la question, c'est que si on rouvre ces négociations, ça n'a été fait qu'une fois, me semble-t-il, au moment du début de la guerre en Ukraine. Et ensuite, on a eu le sentiment que c'était le premier signal du début de l'inflation.

3:50
Invité

Alors, nous ne savons pas, effectivement, de combien. Moi, je ne pense pas qu'il faille, je dirais, faire peur aux consommateurs. Je pense qu'il faut que chacun comprenne que, oui, il y aura ça et là. Et ce sera d'ailleurs au cas par cas. Ce n'est pas une réouverture de négociations nationales, comme vous l'avez bien dit tout à l'heure. Les choses sont très cadrées. Ça dure trois mois. On présente toutes les gammes. Là, ce sont des ajustements techniques. Et d'ailleurs, s'ils baissent du pétrole ou de l'énergie, parce que la guerre se calme un peu, il y a, eh bien, nous, nous baisserons automatiquement les prix.

Je pense qu'il faut qu'on se mette, je dirais, dans un esprit avec les distributeurs. On impacte les hausses de quelques centimes nécessaires. Et dès que ça baisse, on baisse ces mêmes produits, parce que, justement, l'énergie aura baissé.

4:36
Présentateur

Alors, pardon, mais c'est vrai que c'est quand même rare que ça baisse. C'est-à-dire qu'on a quand même l'impression que c'est souvent...

4:40
Invité

Non, non, c'est déjà arrivé. C'est déjà arrivé. En 2021, il y avait eu un choc un peu particulier à cause de la réréfaction de produits agricoles. C'était du blé dur pour faire des pâtes. Et moi, je m'en souviens très bien, puisque ça avait fait l'objet de réunions avec le ministre de Normandie, où tout le monde avait été un peu responsable de ses actes, entre guillemets. Et les prix, une fois que la récolte l'année suivante avait été correcte, les prix avaient baissé.

5:02
Présentateur

Le ministre de l'époque, effectivement, Julien de Normandie, qui était ministre de l'Agriculture. Philippe est avec nous en direct. Il nous appelle de Cazillac, dans le Lot. Bonjour, Philippe.

5:11
Invité

Oui, bonjour. Bonjour, Apolline. Bonjour à toute l'équipe. Merci de nous donner la parole sur le territoire.

5:17
Présentateur

Avec grand plaisir. Vous-même, vous êtes à la fois agriculteur et boulanger. Comment vous réagissez ? Allez-y, je vous écoute, Philippe.

5:24
Invité

Allez, voilà. Moi, je voulais réagir, parce que ça nous touche vraiment un peu, le monde agricole. Évidemment. Moi, je comprends très bien l'agroalimentaire. Aujourd'hui, il y a des marges très faibles. Mais moi, j'ai une peur terrible. Dans cette affaire, l'agriculture est entre le marteau et l'enclume. C'est le pot de fer contre le pot de terre. Parce qu'aujourd'hui, les industriels veulent tout faire pour faire augmenter les prix aux distributeurs. Et les distributeurs ne veulent pas augmenter. Donc, j'ai une peur terrible qu'on est en train de vouloir baisser le prix du produit agricole. Regardez dans le lait. On a pris 80 euros de baisse dans les producteurs laitiers.

Aujourd'hui, ils veulent tout faire pour que la viande baisse. Parce qu'ils veulent ouvrir les portes sur le marteau partout aujourd'hui. Mais le monde agricole ne pourra pas supporter un centime de baisse. Au contraire, parce que tout ce qu'on achète aujourd'hui, tout ce qu'on achète dans le matériel, dans l'approvisionnement, l'équipement entier, tout a pris 30 ou 40 % de offre. Donc, aujourd'hui, l'agriculteur, elle est comme l'agroalimentaire. Elle est à fil tendu. Et on va perdre des soldats. On va perdre des soldats. Et on va perdre la souveraineté alimentaire si jamais on baisse les prix de revient sur le monde agricole. Voilà.

6:31
Présentateur

Donc, vous vous retrouvez effectivement, Philippe. À la fin, c'est quand même, en effet, la grande distribution qui va décider. Philippe, je voudrais que M. Loiseau puisse vous répondre. Au fond, là, on a les deux morceaux. On a deux morceaux sur trois, j'allais dire, de la chaîne. C'est-à-dire, Philippe, l'agriculteur. Alors, vous, évidemment, Jean-François Loiseau, les industriels de l'agroalimentaire et la grande distribution qui, elle, pour l'instant, quand même coince. Si la grande distribution coince et que vous ne vous retrouvez pas avec vos marges, effectivement, est-ce que vous pourriez pressuriser encore davantage les agriculteurs, Jean-François Loiseau ?

7:02
Invité

Non, parce qu'il y a des lois qui ont été votées. Ces lois s'appellent EGALIM. Et ces lois EGALIM, elles sont très bien et elles sont nécessaires parce qu'elles protègent le revenu des agriculteurs. Et il faut qu'elles les protègent. La difficulté que nous avons, parce qu'effectivement, il y a de la concentration dans la distribution, c'est que beaucoup de discussions commerciales... D'ailleurs, je rappelle que ce sont les distributeurs qui font les prix en rayon. Ce ne sont pas les industriels. Beaucoup de ces règles commerciales se négocient, comme vous l'avez dit tout à l'heure, au-delà de la France, en Europe. Et ça, ce n'est pas bien.

C'est-à-dire qu'en fait, on demande aux industriels de négocier le prix du lait ou le prix des yaourts en Belgique ou en Espagne. Et c'est ça qui nous amène à avoir une désorientation de nos marges. Le jeu est faussé.

7:46
Présentateur

Le jeu est faussé. Et d'ailleurs, ce n'est pas forcément ce matin qu'on va rouvrir aussi ce débat, mais c'est extrêmement passionnant parce qu'effectivement, on le sent bien. Au fond, moi, j'ai le sentiment, quand je vous entends d'ailleurs tous les deux, Philippe et Jean-François Loiseau, que c'est comme s'il y avait un plafond. Ce plafond, c'est la grande distribution. Et vous, en dessous, vous aurez beau avoir plus de coûts, etc., si ce plafond est bloqué, c'est-à-dire si la grande distribution refuse effectivement cette souplesse-là, le plafond de la grande distribution, en plus, il joue le beau rôle.

Parce que nous, évidemment, les Français, on est très contents qu'ils bloquent vos prix parce qu'on se dit que ce sera moins cher dans les rayons. Sauf qu'ensuite, c'est vous qui allez, pardon l'expression, mais crever. Quand vous disiez on va perdre des soldats en route, Philippe, c'est bien ça que vous dites, Philippe ?

8:30
Invité

Bien évidemment, bien évidemment, on a perdu, en quelques années, on a perdu un million de bovins. On a perdu un million de bovins. On a, on est aujourd'hui, on est moins de deux, vous savez, quand on se casse de 100 000 agriculteurs, vous savez combien il y a de producteurs en vrai, en réalité, des vrais professionnels, on est moins de 200 000. Et d'ici 10 ans, on va être 100 000. Je veux dire, aujourd'hui, et quand, ce qu'il faut rappeler, c'est qu'en cas de, vous voyez ce qui se passe aujourd'hui dans les pays du Golfe, en cas de conflit dans le monde, le grenier de l'Europe, le stockage d'alimentaires, c'est 10 jours.

Ça veut dire qu'en moins de 10 jours, on n'a plus rien dans les rayons pour se nourrir. Je veux dire, aujourd'hui, si on perd la souveraineté alimentaire, on a dû avoir des munitions. Mais si les soldats, ils n'ont pas à manger, ils n'iront pas au combat. Exactement. Merci. Est-ce que je peux ajouter un point ?

9:11
Présentateur

Allez-y, Jean-François Loiseau.

9:12
Invité

Très rapidement. Je voudrais rappeler que l'alimentaire, c'est 12 % maintenant du panier du consommateur. On est plus sur 25 à 30 %. Donc, ça veut dire qu'il y a d'autres sujets à traiter. Ce n'est pas l'alimentaire parce que je vais défendre les distributeurs. Il n'y a pas que l'alimentaire dans la vie. Les charges, aujourd'hui, les charges patronales, les charges sociales pèsent sur toutes les entreprises. Et il faudrait mieux veiller à faire plus de salaire net que de salaire brut aux salariés pour leur permettre d'acheter de l'alimentaire et protéger la souveraineté alimentaire et agricole.

9:46
Présentateur

Que le travail paye davantage, ça, pour le coup, on est d'accord que c'est une des questions fondamentales aujourd'hui, à laquelle, d'ailleurs, tous les hommes politiques auront à répondre. Merci, Jean-François Loiseau, président de l'ANIA. Vous regroupez 23 000 entreprises de l'agroalimentaire en France d'avoir été avec nous ce matin. Et merci à Philippe pour son témoignage et être venu interpeller aussi Jean-François Loiseau.

L'invité d'Apolline Matin : Jean-François Loiseau - 21/04 · Pourquijevote