40 ans de la loi Lang avec les libraires Samuel Chauveau et Denis Mollat
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Questions et réponses
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Racontez-nous comment vous avez bataillé pour faire appliquer la loi Lang dans les années 80.
- 3:28OuverteRéponse directe
Comment la loi Lang a-t-elle été intégrée dans les mœurs du secteur du livre ?
- 5:24OuverteRéponse directe
Est-ce que cette belle dynamique des librairies après la pandémie continue, Samuel Chauveau ?
- 6:51OuverteRéponse directe
Est-ce que ce mouvement vers les librairies après les confinements se poursuit, Denis Mollat ?
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L'effet Passe Culture est-il visible dans votre librairie, Bulle ?
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Quels conseils lecture proposez-vous pour cet été, Denis Mollat ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Le livre n'est pas un produit comme les autres. »
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« La loi de l'été 81 fixe donc au livre un prix unique, quel que soit le lieu où il est vendu. »
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« On considérait que les éditeurs belges, Casterman, Dupuis, Lombard, etc., ne pouvaient pas être sous le coup de la loi Lang. »
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« Amazon a inventé les frais de port à 0,01 euro. »
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« Un livre de Léonard d'Orecondo qui arrive chez Grasset et Mohican de Eric Fautorino chez Gallimard. »
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« Nos libraires ont été très marqués par Ivravé, Adulter, chez Minuit. »
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« Le Georges-Ouel en Pléiade, il y a eu le Joysterman à la folie chez Flammarion. »
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« Notamment un ouvrage qui m'a vraiment surpris et que l'on continue depuis sa sortie en janvier à proposer en coup de cœur, c'est « Balades pour Sophie ». »
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« Contrapasso également, chez Dupuis. »
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France Culture, les matins d'été, Chloé Cambrelin.
Le livre n'est pas un produit comme les autres. Voilà le socle de la loi langue sur le prix unique du livre adopté il y a 40 ans aujourd'hui. Fruit d'un long combat porté dès la deuxième moitié des années 70 par le PDG des éditions de Minuit, Jérôme Lindon. Alors que la FNAC ouvrait ses premiers magasins et proposait de très importants rabais mettant en péril le réseau des librairies, mais aussi par là la création littéraire et l'édition. La loi de l'été 81 fixe donc au livre un prix unique, quel que soit le lieu où il est vendu. Et nous avons décidé de fêter cet anniversaire ce matin avec deux libraires. Denis Mola, bonjour. Bonjour.
Patron de la librairie Mola à Bordeaux et Samuel Chauveau, bonjour. Bonjour. Créateur de la librairie Bulle, au Mans, librairie fondée le 3 janvier 83. Et justement, on va commencer avec vous parce que votre histoire montre que la loi langue, si elle est aujourd'hui considérée comme un bien précieux, n'a pas été évidente dans son application il y a 40 ans. Puisque vous-même, alors que vous avez commencé après 81, Samuel Chauveau, vous avez dû sérieusement batailler. Racontez-nous. Oui, c'était assez surprenant puisque nous sommes moins libraires de la loi langue quelque part. Je ne dis pas que j'ai ouvert parce qu'il y avait cette loi.
Mais enfin, pendant pratiquement 10 ans, nous avons vécu avec une loi qui était apparue. Et malgré tout, des discounts, des remises, notamment dans le domaine de la bande dessinée, puisqu'on considérait que les éditeurs belges, Casterman, Dupuis, Lombard, etc., ne pouvaient pas être sous le coup de la loi langue. Et en fait, tout ce qui a déclenché un petit peu peut-être la jurisprudence de cette loi, c'est un confrère libraire à Bruxelles qui ouvre une librairie à Lille et qui ne comprend pas, alors qu'il n'y a pas de loi en Belgique et qu'il y en a une en France, pourquoi ces discounts continuent en France ?
Et il se dit que ce n'est pas normal, eh bien, moi, je vais attaquer cette grande surface culturelle. Je me rends en procès à Lille, je rencontre les avocats. Et il fallait continuer à prouver le préjudice dans d'autres villes, sur tout le territoire. Et nous entamons une seconde procédure. Et quelques mois plus tard, ce sera assez surprenant, on peut dire que la jurisprudence de cette loi a été faite un petit peu par des trublions comme nous, par les libraires spécialisés en BD. Et à ce moment-là, eh bien, tout le monde rentre un petit peu dans le chemin de la légalité. Mais c'est encore une fois tout, sauf une loi corporatiste, comme vous le disiez au début.
Bien sûr, cela a permis un tissu de libraire assez exceptionnel. Regardez aujourd'hui l'explosion des librairies depuis des années en France, qu'elles soient spécialisées ou non. Mais c'est aussi toute la création qui a explosé. Si nous sommes et si nous vivons aujourd'hui, et je pense que tous les libraires peuvent le dire, c'est parce qu'il y a bon nombre, évidemment, d'éditeurs qui ont aussi explosé, mais aussi cette création phénoménale. Et partout dans le monde, on nous envie cette loi et cette richesse de librairies, d'éditeurs et de créateurs. Alors, vous, Denis Mollat, la librairie, c'est une histoire de famille.
Ça a commencé avec votre arrière-grand-père, plus ancienne et plus importante, librairie indépendante, la librairie Mollat à Bordeaux. Mais vous, justement, vous avez repris Flambeau en 82. Donc, vous avez aussi vécu ces années de bataille qui ont été les premières années de la loi langue.
Oui, tout à fait. Ça a été une période de transition. Nous nous étions engagés parce que je regardais justement des documents anciens. On voyait la liste des librairies françaises qui avaient signé pour que la loi langue soit promulguée, etc. Et la librairie en faisait partie. On a vu une transition et petit à petit, tout le monde du livre a bien compris que la création, la diversité, un fonds riche, qui est le fonds de librairie, le fonds éditorial en France, était lié à ça. Donc, c'est bien rentré dans les mœurs. Et même après, il y a eu des aménagements de la loi langue un peu plus tard par rapport aux grandes bibliothèques, par rapport aux expéditions Internet.
Et bientôt, peut-être, avec le projet de loi de la sénatrice Laure d'Arcos.
Oui, alors il faut expliquer un peu le projet de loi de la sénatrice Laure d'Arcos, qui a notamment pour but, en fait, de mettre un seuil minimum pour les frais d'envoi, puisque maintenant, c'est ça aussi, c'est là que se joue la bataille. C'est avec les plateformes, évidemment, et sur la vente par correspondance de Nimola.
Tout à fait. D'abord, il y a eu Aurélie Philippetti, la loi de 2014, qui a interdit de faire une remise de 5% pour les ventes en ligne et de mettre des frais de port. Mais c'est là qu'Amazon a inventé les frais de port à 0,01 euro. Donc, la loi d'Arcos va permettre, si elle est votée, puisqu'elle est passée d'une manière quasiment unanime au niveau du Sénat, et elle arrive très rapidement, au niveau de l'Assemblée nationale, de mettre un tarif forfaitaire minimum de frais de port, qui sera une excellente nouvelle pour tous les libraires qui vendent en ligne.
Et ils sont nombreux. De plus en plus nombreux. De plus en plus nombreux, voilà, on le sait. Alors, justement, le livre n'est pas un produit comme les autres. Cette question, elle est revenue avec la pandémie. On sait que 2020 a finalement été une bonne année pour les librairies. Dès que ça a rouvert, les ventes ont été importantes. Il y a eu vraiment un mouvement vers les librairies qui s'est poursuivi, confirmé, ensuite à Noël, en fin d'année. Est-ce que cette belle dynamique continue, Samuel Chauveau ? Oui, oui, je crois que de cette pandémie, il en est ressorti quelque chose.
Je pense que bon nombre de lecteurs se sont aperçus que peut-être, pas loin de chez eux, une librairie existait et qu'on pouvait se battre sur d'autres territoires que ceux du prix, simplement. C'est du professionnalisme de la part de toutes les équipes travaillant en librairie. C'est aussi des propositions très larges que l'on peut proposer, évidemment. À la librairie, nous n'avons pas loin de 35 000 références. Ça veut dire qu'en tant qu'indépendants, nous pouvons aussi jouer un petit rôle dans, encore une fois, tout ce qui est cette création. Parce que moi, je reviens toujours au principe de base. C'est quand même parce qu'il y a des créateurs que nous pouvons être là aussi.
Et quand on voit cette richesse, cette explosion, notamment dans le domaine de la bande dessinée, c'est celui que je connais le mieux. Avant, il n'y avait qu'une famille, on pouvait dire, de bandes dessinées très classiques, très familiales, de divers... Voilà, mais aujourd'hui, il y a eu explosion de ces familles. Le roman graphique, quels que soient les thèmes, vous pouvez trouver un ouvrage en bande dessinée. Et je crois que cela, en cela, la loi contribue un petit peu à cette diversité de création. Denis Mollat, juste sur ce qui a suivi finalement l'année 2020, est-ce que vous aussi, vous constatez que ce mouvement vers les librairies, après les confinements, se poursuit ?
Ça se poursuit et ça se confirme. Les chiffres ont été compliqués quand même à interpréter, parce qu'il faut comparer deux années à la fois, 2019-2020, par rapport à 2021, parce que nous avons eu des périodes de confinement où finalement, il n'y avait plus d'activité. Donc, quand même, on se rend compte que sur une tendance par rapport à 2019, je vois pour le mois de juillet dernier, on est quasiment à plus 15%. Ce qui veut dire que, et au niveau d'Internet aussi, alors là, auparavant, c'était 5% de notre chiffre d'affaires, les ventes par Internet, maintenant, c'est 15%. Alors, le plus fort, ça va du côté de la BD et des mangas.
Voilà. Et oui, alors justement, on en revient à ce que vous nous disiez, Samuel Cheveau. L'un des événements, ce que l'on voit aussi sur ces derniers mois, c'est un effet Passe Culture, c'est 300 euros pour les jeunes de 18 ans. Et effectivement, les données dont on dispose montrent que ce Passe bénéficie notamment aux librairies et en particulier aux mangas. C'est quelque chose que vous constatez clairement dans votre librairie, Bulle ? Oui, complètement. Alors d'abord, faire un tout petit éclairage sur le Passe Manga. Tous les jeunes qui ont 18 ans, eh bien, se voient, entre guillemets, remettre une somme de 300 euros.
Et pas de chèque, pas de carte bancaire, simplement via une application. Cette somme, eh bien, elle est bien présente. Et ces jeunes peuvent dépenser dans des propositions culturelles qui peuvent être très diverses. Musique, livres, évidemment. Théâtre, cinéma. Mais on s'aperçoit que l'explosion, eh bien, elle vient dans le livre et que 80% de ses dépenses sont consacrées au livre. Et dans ces 80%, 71%, eh bien, sont consacrées à l'achat de mangas. Ce qui est assez incroyable. À telle fois que vous l'avez appelé le Passe Manga. Je l'avons à la Passe. Je l'avons à la Passe. Exactement. Je pense que M. Mola confirmera un petit peu tout cela.
Et c'est très amusant de voir déambuler dans les librairies, arriver en librairie ces jeunes avec leur smartphone qui sont en train de chercher si, grâce à la géolocalisation, eh bien, ils peuvent trouver les titres qu'ils recherchent. Denis Mola, vous voyez ça aussi, des plus jeunes arrivés en librairie.
Oui, je confirme. Quelquefois, ils sont venus un tout petit peu plus jeunes. Mais maintenant, ils ont poussé la porte du librairie. C'est une très bonne chose parce qu'il y a les mangas, mais il y a aussi les livres de poche. Donc, on voit que la clientèle à l'ibrairie, c'est énormément rajeunie. Et pour nous, c'est de très bon augure. Complètement.
Voilà. Et d'autant que l'on sait aussi que la lecture est désormais grande cause nationale. Donc, toutes les planètes, peut-être, sont alignées. Alors, on parlait des plateformes. Ce qui fait la beauté, la spécificité du libraire, c'est son rôle de conseil. Alors, nous vous avons demandé de préparer quelques conseils lecture pour cet été. Alors, peut-être d'abord, Denis Mola, qu'est-ce que vous nous conseillez, vous et vos libraires, en attendant la rentrée littéraire qui arrive bientôt ?
Oui, l'équipe de la librairie. Alors, j'avais plutôt préparé de ceux qui étaient sortis. Autrement, les livres qui arrivent, il y a un livre de Léonard d'Orecondo qui arrive chez Grasset et Mohican de Eric Fautorino chez Gallimard.
Ça, c'est pour la rentrée littéraire ? Pour la rentrée. Pour ce que l'on peut déjà trouver ?
Qui vont arriver à partir du 17-18 août. Oui, voilà.
Et pour ceux qui sont déjà en librairie,
alors, qu'est-ce que vous nous conseillez ? Nos libraires ont été très marqués par Ivravé, Adulter, chez Minuit, le Georges-Ouel en Pléiade, il y a eu le Joysterman à la folie chez Flammarion, et Olivier Trucq, un petit peu, les chiens de Passe-Vic chez Météier.
D'accord. Alors, merci pour cette sélection qu'on mettra sur la page, bien sûr, des Matins d'été. Et de votre côté, Samuel Chauveau, vos conseils, peut-être plus du coup, bande dessinée ou roman graphique pour nous ? Oui, bien sûr. Notamment un ouvrage qui m'a vraiment surpris et que l'on continue depuis sa sortie en janvier à proposer en coup de cœur, c'est « Balades pour Sophie » de deux auteurs sud-américains aux éditions Paquet qui raconte le récit d'une jeune journaliste qui vient interviewer un monsieur qui vit dans la banlieue parisienne, reclus sur lui-même, à Cariate.
En fait, elle obtient un rendez-vous, mais finalement, il la jette carrément de chez lui, ne voulant pas parler, et puis elle s'accroche, elle dort carrément sur le perron de sa porte et le lendemain matin, s'apercevant qu'elle est encore présente, il finit par la faire rentrer à nouveau et là, eh bien, il va s'ouvrir et raconter son histoire. Superbe récit, très bien mise en image, évidemment, que je vous conseille. D'accord. Et il y en avait deux, trois autres, je crois ?
Oui, Contrapasso également, chez Dupuis, et qui là aussi nous ramène dans l'époque franquiste, dans les années 50, et également un journaliste qui va arriver dans cette rubrique de faits divers, avec un vieux routier du journalisme, et en fait, avec une enquête qui démarre concernant des femmes qui disparaissent, eh bien, on s'apercevra qu'il n'est pas bon, forcément, d'aller faire des enquêtes du côté du pouvoir, notamment, et surtout du pouvoir franquiste. Et du côté du roman graphique, on peut citer aussi, nous la recevions il y a quelques jours, Alix Garin, « Ne m'oublie pas », donc il y a eu le prix France Culture BD des étudiants.
Ah, bien sûr, évidemment, bien évidemment. Mais ces choix sont tellement impressemblables qu'on pourrait en citer bon nombre encore.
De niveau-là, justement, c'est vrai qu'on le disait, c'est aussi ça qui fait finalement le cœur du métier de libraire, c'est le conseil, et c'est en cela que, quelque part, c'est irremplaçable. Justement, vous, vous le voyez, je veux dire, y compris en termes de vente, parce qu'on sait que les éditeurs aussi sont intéressés dans une grande librairie comme la vôtre, par exemple, les coups de cœur, ça peut avoir vraiment quand même une influence, y compris sur les ventes.
Oui, tout à fait. Les coups de cœur, mais aussi ce qui intéresse beaucoup les éditeurs, c'est la vente de livres de fonds. Nous avons un fonds de 180 000 références et notre chiffre d'affaires est fait de 60 % de fonds pour 40 % de nouveautés. Donc, c'est les livres de fonds, c'est les livres qui ont plus d'un an d'existence. Donc, c'est aussi cette longue vie des livres qui est très importante aussi pour les libraires, pour les lecteurs. C'est un monde qui conserve, qui garde sur les rayonnages des livres qui durent comme ça.
Pour vous aussi, Samuel Cheveau, c'est ce que vous nous disiez tout à l'heure, c'est finalement la 35 000 références. Bien sûr, c'est faire vivre la diversité, c'est faire vivre, encore une fois, la création. C'est aussi montrer aux gens de leur prouver cette ouverture d'esprit qu'ils peuvent avoir parce qu'on va trouver, évidemment, pas que des grandes séries, pas que des fameux blockbusters, mais tellement d'autres choses encore.
et de maintenir tout un fond, ça fait partie aussi, ça coûte cher en termes économiques, mais c'est là où le rôle du libraire est très important car on pourra les dénicher et un roman de tel ou tel auteur pas forcément très connu et chez nous, évidemment, spécialisé en bande dessinée, bon nombre d'auteurs plus ou moins connus, plus ou moins jeunes, effectivement, qu'on va essayer de faire monter les coups de cœur, participe aussi à cela et d'un point de vue économique, ça participe à cela parce qu'on est capable de vendre beaucoup d'exemplaires d'un même ouvrage qui permettra peut-être de faire vivre mieux aussi tous ces créateurs.
Eh bien, merci, merci beaucoup à tous les deux, Samuel Cheveau, donc la librairie Bulle au Mans et merci à vous, Denis Mollat de la librairie Mollat à Bordeaux et j'en profite aussi pour vous donner le programme du temps du débat d'été ce soir avec François Saltiel et ses invités. La BD est-elle une arme de vulgarisation massive ? Rendez-vous à 18h15 sur France Culture. Merci à tous les deux.
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