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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 28 avril 2025 24 min

Meurtre dans une mosquée, présidentielle 2027... le "8h30 franceinfo" de Jean-Philippe Tanguy

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Jean-Philippe Tanguy.

0:04
Jean-Philippe Tanguy

Bonjour.

0:05
Présentateur

Il s'est rendu lui-même le suspect dans l'horrible assassinat d'Abou Bakar Sissé, 22 ans, qui priait dans une mosquée à la Grand Combe dans le Gard. S'est rendu donc ce matin aux forces de l'ordre en Italie. C'est le résultat du dispositif de 70 policiers et gendarmes qui avaient été mis en place.

0:22
Invité

Mais sans doute, il faut féliciter nos forces de l'ordre, sans doute une coopération avec l'Italie. Maintenant, il sera important de savoir si ce monsieur, ce présumé coupable de cet horrible assassinat, a bénéficié de complicité dans sa fuite et peut-être même dans le forfait, l'ignoble meurtre qu'il a commis. Maintenant, force à l'enquête. J'espère qu'on saura le plus tôt possible qu'est-ce qui s'est passé réellement, les mobiles de ce crime. Est-ce que c'est un crime haineux et anti-musulman ou est-ce que c'est une énième apologie de la violence que subit notre pays ? D'ailleurs, malheureusement, les deux motifs ne sont pas du tout incompatibles.

Le ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot, était dans le Gard hier, écoutez. Ce meurtre s'est passé dans des circonstances qui sont terribles, qui sont particulières. Ce jeune homme priait son Dieu. Il a été assassiné dans ces circonstances. Bien sûr que la piste d'un acte anti-musulman n'est pas du tout négligée, bien au contraire. Bien au contraire. Jean-Philippe Tanguy, un acte anti-musulman, l'islamophobie, tue aujourd'hui en France ? Mais que malheureusement notre pays soit meurtri par des haines contre des personnes, contre des personnes qui peuvent avoir des religions, c'est certain.

Les actes antisémites, les actes contre les chrétiens, les actes contre les musulmans se produisent malheureusement dans notre pays, qui est touché par toutes les formes de haine. Moi je trouve, permettez-moi que les conflits que l'on voit depuis quelques jours sur les termes à utiliser sont un peu indignes par rapport à la violence de ce crime et aux traumatismes.

2:01
Présentateur

Anti-musulmans, islamophobie, vous ne faites pas de différence ?

2:03
Invité

Si, il y a une différence conceptuelle si vous voulez, mais je pense qu'il y a un temps pour tout. Aujourd'hui il y a un temps pour le deuil, il y a un temps pour que l'enquête se produise le plus rapidement possible, pour que la communauté musulmane dans cette commune et ailleurs soit rassurée de la solidarité de l'Etat et du fait que toutes les françaises et tous les français ou les étrangers qui pratiquent leur religion dans la paix soient protégés de la même façon évidemment. Et qu'il sera temps de comprendre ce qui s'est passé.

Je dois dire que précipitation à vouloir tirer des conclusions sur une islamophobie d'Etat ou sur une haine qui serait dans notre pays, au-delà de haine individuelle me paraît...

2:45
Présentateur

Mais ce crime-là est-il islamophobe ? C'est la question qui est posée, c'est la piste privilégiée des enquêteurs. Le meurtrier a revendiqué son acte dans une vidéo, on parle de 50 coups de couteau quand même, on rappelle la violence était faite. Il a filmé sa victime agonisante avec son téléphone portable en répétant à deux reprises « Je l'ai fait ton Allah de merde » et il a promis de s'attaquer à d'autres victimes. Est-ce que ça c'est un acte terroriste ?

3:08
Invité

Ah ben ça pourrait l'être si l'enquête le montre. Moi je n'ai aucune difficulté à reconnaître évidemment la haine contre un musulman, contre peut-être le culte musulman, d'un meurtre évidemment dans une mosquée alors que cette personne, M. Sissé, priait dans la paix et que les propos qui ont été tenus sur cette vidéo, qui a été immédiatement alors heureusement diffusé et interdit suffisamment rapidement, les propos sont consternants évidemment et c'est, il faut en plus, nous sommes meurtris par des formes de haine, de rejet de l'autre, une amplification par les réseaux sociaux de l'ensauvagement et il est important que l'enquête fasse tousse la lumière sur ce qui s'est passé.

Je précise d'ailleurs que le procureur de la République d'Alès, qu'on entendait il y a quelques minutes sur France Info, nous disait qu'il n'était pas prévu à ce temps que le parquet antiterroriste se saisisse de cette affaire, un juge d'instruction va être désigné. Le Conseil français du culte musulman, Jean-Philippe Tanguy, dénonce les conséquences dramatiques de la banalisation et de la médiatisation de la haine anti-musulmane. C'est une réalité ça ?

Non, je ne suis pas d'accord, j'ai entendu le discours du représentant du culte musulman hier lors de la manifestation, j'ai trouvé ce discours totalement déconnecté de la réalité française, il n'y a pas de discours contre les musulmans, mais je trouve qu'il confond la fraternité que nous avons entre toutes les religions, le respect de la pratique de tous les cultes et le fait de ne pas accepter que l'islam justement ait un statut différent des autres religions. Je le dis parce que ce sont des choses qu'on a aussi entendues dans les manifestations, chez les manifestants, chez certains responsables politiques, qui vous ciblent explicitement le Rassemblement national.

Ils ont surtout ciblé, et c'est là où je pense que malheureusement ils n'ont rien à voir avec la tragédie qu'a subi la famille et les proches de M. Cissé, M. Rotaillot, voulant faire de la politique politicienne sur le dos d'un pauvre homme qui a été assassiné sauvagement. Tout ça est complètement faux. Les actes de haine qui sont surreprésentés en France, c'est malheureusement les actes antisémites. Évidemment, les musulmans subissent des rejets, des discriminations comme les autres religions.

5:13
Présentateur

Mais du coup, est-ce que vous niez le sentiment de beaucoup de musulmans ce matin et même hier, ils ont parlé effectivement à ceux qui ont tendé le micro, de cette insécurité qu'ils ressentent de plus en plus en France et de ce sentiment de rejet aussi qu'on leur fait ressentir ?

5:28
Invité

Moi j'entends toutes les plaintes et je suis attentif à toutes les discriminations que subissent nos compatriotes ou des étrangers qui pourraient subir cela injustement. Mais ce n'est pas ce qui a été dit hier par le représentant du culte musulman. Ce qui a été dit, c'est que l'État et les politiques attiseraient cette haine. Je suis désolé, ça n'existe pas dans notre pays. Et d'ailleurs, c'est plutôt le contraire. Je suis très fier de mon pays, de la France, qui malgré les attentats islamistes qu'a subis notre pays, n'a jamais sombré dans la confusion entre l'islamisme qui frappe tous les êtres humains, y compris les musulmans, et l'islam pratiqué dans la paix.

Donc notre pays n'a jamais cédé à cette tentation voulue et organisée par la haine islamiste de tout confondre et de mélanger l'islam et l'islamisme. Et le combat contre l'islamisme n'a jamais été un combat contre l'islam.

6:16
Présentateur

Dans le viseur, vous l'avez dit, effectivement, Bruno Rotaillot, le ministre de l'Intérieur, qui a pu dire lors d'un meeting « abat le voile », d'où cet argument de dire que...

6:24
Invité

Je ne comprends pas cette confusion, madame, parce que dire « abat le voile » n'a rien à voir avec les musulmans. Et il y a beaucoup de musulmans et de musulmaneux qui pratiquent leur religion et qui ne pensent pas que pour pratiquer la religion, il faut mettre le voile qui est un étendard. Il y a des musulmans qui portent le voile. Oui, il y a des musulmans qui portent le voile, mais je pense que ces personnes...

6:40
Présentateur

Elles ne sont pas islamistes pour autant.

6:42
Invité

Non, mais elles portent l'étendard de l'islamisme. Alors, sans doute à l'insu de leur plein gré, mais c'est aussi le rôle de l'éducation et du débat politique, c'est d'expliquer, un certain nombre de personnes, que le voile depuis la révolution islamique en Iran est devenu l'étendard de l'islamisme et qu'il faut le combattre comme ce symbole et comme tel.

7:00
Présentateur

Et il y a des musulmans qui portent le voile de bonne volonté parce qu'elles en ont envie. Juste par exemple...

7:04
Invité

Non, mais sans doute, madame, vous savez, il y a beaucoup de... La religion a un contexte politique et on peut débattre entre nous du sens de symbole politique ou politisé et religieux sans que ce soit un rejet de l'autre ou une condamnation de l'autre. La religion catholique a eu ces débats. La religion judaïque a eu ces débats en France. Et en France, l'islam peut avoir des débats sur ses pratiques et les symboles qu'il utilise sans que ce soit du rejet de la haine.

7:27
Présentateur

Bruno Rotaillot, le ministre de l'Intérieur, s'est rendu hier sur place, on l'a dit, soit 48 heures après les faits. Est-ce qu'il a trop tardé à réagir ?

7:37
Invité

Sincèrement, M. Rotaillot, c'est un adversaire politique. Je pense qu'il ment aux Français sur beaucoup de sujets. Mais l'attaquer là-dessus me semble mal aux têtes. Il me semble qu'il a agi avec célérité, que les forces de l'ordre ont obéi à ses instructions et ont pu arrêter ce meurtrier présumé. Je ne vois pas pourquoi il faudrait polémiquer. Une fois plus, je suis assez gêné, notamment que la gauche le cible de manière assez injuste.

8:02
Présentateur

Mais là encore, vous voyez, pardon, c'est encore une nouvelle fois les représentants de la communauté musulmane qui disent qu'ils ont le sentiment, et ils l'ont dit encore ce matin sur France Info, d'un deux poids, deux mesures. La question a été posée hier à Bruno Rotaillot, ministre de l'Intérieur. Si ça s'était passé dans une église ou une synagogue, vous-même, auriez-vous réagi plus rapidement ? Vous avez réagi hier soir, vous, en retweetant un tweet de Marine Le Pen à 21h45.

8:27
Invité

J'avais retweeté le tweet de Jordan Bardella. Non. Comment ?

8:33
Présentateur

Non.

8:34
Invité

Écoutez, il me semble que si, mais écoutez, si je ne l'ai pas fait, c'est une erreur de ma part. Mais nous avons une réaction la plus rapide possible. Moi, j'ai conscience immédiatement de la gravité de la situation. Sur le deux poids, deux mesures ? Non, il n'y a pas de deux poids, deux mesures. Et une fois de plus, on voit bien que ce criminel a été arrêté le plus rapidement possible. Et on voit bien d'ailleurs que dans la nation, la nation française, il y a une solidarité immédiate qui s'est exprimée contre nos compatriotes de confession musulmane, contre les habitants de cette commune qui ont été choqués à juste titre et sont traumatisés par ce meurtre.

Donc, je ne comprends pas pourquoi on veut toujours polémiquer sur tout. Je trouve ça un peu dommage. Et surtout, il y a la mémoire d'un homme et il y a le chagrin d'une famille qui mérite mieux que ces désaccords un peu malheureux. Jean-Philippe Tanguy, actualité judiciaire décidément chargée. 22 interpellations ce matin après les violences commises contre des prisons depuis un peu plus d'une dizaine de jours. Des interpellations pour certaines d'ailleurs en prison. Des personnes soupçonnées pour quelques-unes d'être des commanditaires. D'autres d'avoir agi et d'avoir commis ces actes de violence.

C'est un soulagement que vous ressentez ce matin face à cette vague d'interpellations qu'on a apprise il y a un peu plus d'une heure. Une fois de plus, je félicite nos forces de l'ordre, les enquêteurs qui ont permis ces interpellations. Ça fait quand même de longs jours que notre administration pénitentiaire, nos agents qui faisaient déjà un métier très difficile, sont persécutés, sont inquiets. Pour eux, pour leur famille, pour leur sécurité. Évidemment, le temps était très long pour eux et pour nous d'ailleurs aussi, parce qu'on ne comprenait pas, il faut bien le dire, pourquoi l'enquête mettait autant de temps. Donc tant mieux que ça avance.

Mais il faut quand même souligner la grande dignité de nos agents pénitentiaires qui ont toléré ces violences, qui ont pris sur eux, alors que ça leur provoquait évidemment beaucoup d'inquiétudes, beaucoup et beaucoup de stress évidemment. Alors que leur métier est déjà très difficile, que leurs conditions de travail sont très dégradées. Et vraiment, c'est un métier très courageux. On ne parle pas assez de nos agents pénitentiaires. Nous, on les soutient évidemment vraiment beaucoup. Moi, je le vois à Amiens, j'ai visité la maison d'arrêt d'Amiens à plusieurs reprises. Prisons très dégradées, des conditions de travail très dures, des heures supplémentaires rarement payées qui s'accumulent.

Donc c'est vraiment un métier où les Françaises et les Français font preuve de beaucoup de courage.

10:49
Présentateur

Dans l'actualité aussi, Jean-Philippe Tanguy, économique. Cette fois-ci, la suppression à venir de 636 postes chez le géant de la sidérurgie ArcelorMittal en cause de la concurrence internationale et la surproduction chinoise d'acier à bas coût. Quelle solution vous préconisez ?

11:04
Invité

La solution la plus urgente, c'est qu'il faut un coût bas de l'énergie. Sans énergie la plus compétitive possible, on ne peut pas produire d'acier, on ne peut pas produire de métallurgie compétitive et prendre des mesures de rétorsion contre la concurrence des loyales chinoises énormes. Nous sommes submergés par des produits chinois, créés et fabriqués dans des conditions environnementales déplorables, par des gens qui travaillent dans des conditions sociales déplorables.

11:28
Présentateur

Mais là, il y a un plan acier au niveau européen qui vise à réduire les importations chinoises.

11:32
Invité

Oui, c'est très faible, avec des droits de protection qui sont extrêmement faibles, qui ne correspondent pas à la situation de saturation du marché de l'acier européen. Il faut prendre des mesures extrêmement fermes, très dures, à la mesure d'ailleurs de ce que font les Etats-Unis. Et surtout, j'ai lu le communiqué de M. Séjourné, commissaire européen en charge de ces questions, désigné directement par Emmanuel Macron. Il dit qu'il ne comprend pas pourquoi ArcelorMittal sacrifie des postes et donc lui donne la solution. C'est parce que le prix de l'énergie est devenu trop cher en Europe. Et ça continue.

Tout à l'heure, nous allons débattre de la politique énergétique française pour les dix prochaines années. Et ils veulent continuer à augmenter les prix de l'énergie, alors que les Etats-Unis veulent les baisser. Et toute l'industrie européenne est en train de crever sur place à cause de ces prix de l'énergie trop élevée. On va revenir sur l'énergie, mais quand même... Sur ce dossier de la synergie et d'ArcelorMittal, il faut nationaliser ArcelorMittal comme le proposent certains responsables politiques, notamment les écologistes ? Non, mais nous, on n'a jamais eu peur de nationaliser temporairement, définitivement, une industrie en difficulté.

Ce qui est certain, c'est qu'on ne peut pas se permettre de perdre des hauts fourneaux. On ne peut plus se permettre de perdre des sites industriels. Il reste seulement cinq hauts fourneaux en France, alors qu'il y a encore 50 ans, il y en avait plus d'une centaine. La situation est extrêmement grave. Il faut que nos éditeurs comprennent que quand un haut fourneau ferme, comme une telle installation industrielle, s'éteint, il est très difficile de la rallumer, il est très difficile de la remettre en fonction. Et donc, moi, effectivement, nous n'avons pas peur.

Par exemple, pour Vancorex, c'est de la chimie, ce n'est pas de la scierie, mais nous avons demandé une nationalisation temporaire de l'outil industriel, parce que c'est quand même incroyable. C'est exactement ce qui se passe pour l'acier. Les Chinois ont truqué le marché de la chimie et pour récompenser les Chinois d'avoir truqué le marché, on leur a vendu l'usine française et ils vont saccager. C'est le seul repreneur, effectivement. Oui, mais d'accord, mais ici, il y avait un autre repreneur possible, il s'appelait l'État.

Et là, pour le coup, on avait demandé une nationalisation temporaire parce que récompenser un acteur industriel chinois et l'État derrière chinois qui truque le marché, qui saccage une entreprise française et qui après a pour seule récompense le fait de pouvoir l'acheter et de virer l'essentiel du personnel, c'est scandaleux. Et toujours avec Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, on parle du budget à présent. Dans le budget 2026, le gouvernement cherche 40 milliards d'euros pour boucler ce budget qui est en préparation, sur lequel vous serez appelé à vous prononcer cet automne.

Et cette piste, notamment évoquée pendant le week-end par le ministre de l'Aménagement du Territoire, François Rebsamen, une contribution modeste pour financer les services publics des collectivités locales. Qu'en dites-vous ? J'en dis que la Macronie a supprimé la taxe d'habitation pour gagner les élections en 2017. Donc, c'est la seule chose populaire et pour le pouvoir d'achat des ménages qu'ils ont fait. Donc, maintenant, ils veulent le supprimer parce qu'ils n'ont pas réussi à faire les économies nécessaires au financement de la suppression de cette taxe d'habitation.

Donc, ce qu'il faut faire, c'est un grand ménage dans le mi-feuille administratif local français, la strata régionale, la strata des intercommunalités qui coûte très cher avec beaucoup de fonctions support. Pas question d'augmenter les impôts locaux ? Non, mais les impôts, ils sont déjà très élevés en France. Là, l'INSEE a fait le bilan. On est encore à la lanterne rouge du poids des impôts dans toute l'Europe et même dans tout le monde occidental pour un financement détérioré des services publics.

Et d'ailleurs aussi localement, moi, je ne cesse de rencontrer dans ma circonscription de la Somme des fonctionnaires qui voudraient rendre un service au public et qui sont piégés dans la bureaucratie et dans des strats qui n'ont plus ni queue ni tête et plus personne ne comprend rien entre les syndicats des ordures, les syndicats des eaux, l'intercommunalité, la commune, bref, tout.

14:56
Présentateur

Justement, un tiers des agences et des opérateurs de l'État qui ne sont pas des universités seront fusionnés ou supprimés. C'est ce qu'a annoncé Amélie Nuchala, ministre du Budget.

15:04
Invité

Eh bien, écoutez, c'était une proposition du Rassemblement National. Quand on l'avait présentée à M. Barnier, on s'était fait insulter. Quand on l'avait présentée à M. Bérou, vous nous aviez dit que ce n'était pas possible. Quand on a présenté des amendements...

15:13
Présentateur

La question des agences, si, ça a toujours été sur la table.

15:14
Invité

Non, non, non, pas du tout, madame. On a présenté des amendements lors du budget et du nouveau budget de M. Bérou. Tous ces amendements présentés, notamment par mon collègue Mathias Renaud, de fusion et de suppression des agences ont été refusés par le gouvernement à l'époque et par l'ensemble des députés qui étaient opposés au Rassemblement National. Donc, écoutez, mieux vaut tard que jamais. Mais, effectivement, ce travail de rationalisation des agences, il doit être fait parce que c'est beaucoup d'argent inutile quand on voit l'évolution de la masse salariale.

alors que les fonctionnaires de base, entre guillemets, de catégorie C, sont à peine revalorisés par rapport à l'inflation, que le pouvoir d'achat des professeurs s'est effondré depuis 20 ans et qu'il y a une partie des hauts fonctionnaires français et de ces agences qui s'est mis 6,7% d'augmentation de leur salaire. C'est quand même totalement scandaleux et on voit bien que ce n'est pas piloté. En haut de la liste, en haut de votre liste, s'il fallait commencer par la suppression d'une entité, laquelle vous mettez ? Il n'y a pas une en particulier. Il y a presque la quasi-totalité des agences qu'il faut supprimer ou fusionner.

Moi, je n'ai pas à jeter en pâture une agence en particulier parce que ce serait confondre l'objectif et la voie. Moi, la voie, ce n'est pas de stigmatiser des gens qui font leur travail parce que des hommes politiques, parce que ce n'est pas eux qui se sont déclarés en agence. Les agences, elles ont été créées par des hommes et des femmes politiques qui, aujourd'hui, Il y a des emplois quand même. Il y a 180 000 personnes qui travaillent dans ces agences. Il n'y a pas que des emplois, monsieur. Il y a aussi des fonctions-supports, il y a des campagnes de publicité, il y a un ralentissement général de l'État.

C'est-à-dire qu'en fait, le problème de ces agences, c'est en fait leur coût indirect, c'est qu'elles ralentissent la prise de décision. Elles empêchent parfois la prise de décision. Moi, je le vois, je parle encore de l'énergie, mais c'est encore le sujet du jour. Je siège au Conseil supérieur de l'énergie. Le problème, ce n'est pas tant le budget de cette agence, même ces 4 millions d'euros, je crois. Mais bon, ce sera toujours ça de gagner en supprimant. Mais le problème, c'est que tout est ralenti et qu'on a des lobbies qui ont un pouvoir exorbitant au sein de ce Conseil et qui, parfois, votent l'argent public dont ils vont bénéficier à titre privé.

Donc, vous avez par exemple le syndicat des énergies renouvelables qui vote des délibérations où après, ils s'en mettent plein les poches. Donc, il n'y a pas que le coût des fonctionnaires. Il y a aussi la politique qui est menée par ces agences qui a fait un démembrement de l'État. Et d'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi la gauche, notamment la gauche radicale, désormais, défend à tout prix ces agences. Alors qu'historiquement, ça vient du riganisme, ça vient des néolibéraux, ça consistait à affaiblir la démocratie. On va revenir sur l'énergie, Jean-Philippe Tanguy, parce que vous êtes impatients. On n'est pas là pour mettre les fonctionnaires en pâture, madame.

La question, c'est pourquoi ces agences ont été créées. Pourquoi ces agences ont été créées. Et ça a été un démembrement de l'État, de la démocratie, parce que pendant que des lobbies faisaient la pluie et le beau temps dans ces agences, les députés de la nation élus n'avaient pas de pouvoir.

17:41
Présentateur

L'autre piste inflammable, Jean-Philippe Tanguy, pour le budget, pour les économies, les 40 milliards, ce sont les retraités qui paient des impôts. Mettre fin à l'abattement de 10% pour frais professionnels, vous trouvez ça logique ?

17:55
Invité

Une fois plus, c'est s'attaquer notamment aux classes moyennes. La question, c'est le tonneau des danaïdes des dépenses publiques.

18:00
Présentateur

On ne touche pas aux retraités, même ceux qui paient des impôts ? C'est-à-dire les plus aisés ?

18:04
Invité

Non, mais il n'y a pas que les plus aisés chez les retraités. Et ce dispositif, il touchera en particulier les classes moyennes. Parce que les plus favorisés, ils trouveront d'autres dispositifs fiscaux, comme ils savent très bien faire avec Emmanuel Macron, pour ne pas payer l'impôt. Et aujourd'hui, le 1% de plus riche en France, il paie moins d'impôts que les classes moyennes supérieures. En proportion. Voilà, en proportion. Ça, c'est la réalité du macronisme. Et les Français ont payé très cher cette politique de petits privilèges qui n'a rien à voir avec la justice fiscale.

Donc la question, c'est comment est-ce qu'il est possible que l'année dernière encore, la masse salariale de l'État n'ait pas été pilotée, qu'on ait eu un tel déficit, qu'on ait eu de tels détournements. Et quand on nous dit, au terme de un an d'enquête parlementaire du Sénat et de l'Assemblée nationale, que les 40 à 60 milliards d'euros budgétaires qui ont disparu dans la nature, c'est une erreur technique et que personne n'est responsable de rien... C'est un problème de prévision, oui. Ben non, mais je ne suis pas d'accord que c'est un problème de prévision. Oui, mais pardon, ils ont enquêté. C'est ce qu'ils disent à la fin. Non, non, non. Ce n'est pas du tout le cas.

Si vous lisez le rapport, en fait, personne n'est d'accord avec les conclusions. Donc, le rapport a été sorti par la Macronie dans la presse pour pouvoir raconter n'importe quoi, une fois plus au mépris des lois et de nos règles. Et si vous écoutez M. Coquerel ou M. Ciotti, ils n'ont pas du tout le même avis que la Macronie qui a sorti le rapport contre la loi, une fois plus, de manière illégale. Le futur ! Donc, tout ça, c'est la responsabilité de Emmanuel Macron qui est une nullité en budget et qui a mis les finances publiques dans une situation de ruine totale et complètement en dehors des clous européens.

Je vous rappelle que la Grèce, l'Espagne, le Portugal, tous ces pays qui avaient des difficultés, l'Italie, ont tous rétabli leurs finances publiques, sauf la France. Alors, les questions d'énergie qui vous tiennent à cœur, elles font l'objet d'un débat sans vote aujourd'hui à l'Assemblée, début mai au Sénat. Vous êtes au Rassemblement national réticent, en règle générale, face aux énergies renouvelables et vous êtes accusé, du coup, souvent, d'être finalement en faveur du maintien d'une forme de dépendance aux énergies fossiles et donc à la Russie et aux Etats-Unis. Qu'est-ce que vous répondez ? Ça, ça fait partie des mensonges d'État que la Macronie répète et malheureusement s'est diffusé.

Écoutez, il y a deux parties qui ont proposé un plan détaillé de décarbonation et de sortie des énergies fossiles à la présidentielle. C'est LFI, je le reconnais, et c'est Marine Le Pen avec le plan Marie Curie. Et un certain nombre de médias font comme si le plan Marie Curie, 40 pages présentées par Marine Le Pen, n'existaient pas. Donc, nucléaire, nucléaire, nucléaire. Il n'y a pas que le nucléaire. Par exemple, vous parlez des énergies renouvelables.

Il y a l'hydroélectricité française, nos barrages, qui sont complètement paralysés dans tous les investissements depuis 30 ans à cause de la soumission à l'Union européenne, qui veut absolument privatiser les concessions comme on a privatisé les concessions d'autoroutes. Je rappelle au passage qu'il y a un nouveau rapport qui prouve qu'il y a 80 milliards d'euros qui a été piqué aux Français sur les autoroutes. Bref. Et donc, quand on dit qu'on est contre la sortie des énergies fossiles, c'est un mensonge.

Et quand Emmanuel Macron, en 2022, a fait envoyer à tous les Français un SMS la veille de l'élection pour expliquer qu'on voulait maintenir les centrales à charbon alors que nous, on voulait les fermer et que c'est eux qui ont maintenu les centrales à charbon encore depuis deux ans, c'était une escroquerie d'État. Donc, nous, on a un plan...

20:54
Présentateur

On parlait de la Russie, justement, une information qui a été dévoilée par Sergeï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe, à l'agence TASS. Selon lui, plusieurs eurodéputés français ont fait part de leur envie de se rendre à Moscou le 8 mai prochain pour commémorer le 80e anniversaire de la victoire de la Seconde Guerre mondiale. Est-ce qu'on parle d'eurodéputés RN ?

21:14
Invité

Ah bah écoutez, je découvre cette information. Je n'ai pas spécialement confiance dans les déclarations de M. Lavrov. Donc, moi, ce qui m'étonne aussi, si vous voulez, c'est qu'on ait toujours confiance dans ce que dit M. Lavrov quand c'est pour insulter le Rassemblement National. Mais par contre, évidemment, quand il parle de politique étrangère sur les autres sujets, tout le monde sait qu'il fait de la propagande. Qu'on soit clair,

21:30
Présentateur

ils en ont l'interdiction, ces eurodéputés RN, de se rendre à Moscou ?

21:33
Invité

Je ne suis pas président du parti, mais je ne vois pas comment Jordan Bardella, avec la constance des idées qu'il a eues, pourrait autoriser, dans les conditions qu'on connaît, un tel déplacement. Jordan Bardella, justement, si elle est empêchée, je serai le candidat de Marine Le Pen pour 2027, dit-il, ce week-end. Il sera votre candidat aussi ? Non, mais notre candidat, c'est Marine Le Pen. Donc, Marine Le Pen va être innocentée des faits qui lui sont reprochés. Elle sera candidate, comme elle l'a dit lors de ses déclarations très fortes sur TF1. C'est notre candidate. C'est l'incarnation de l'espérance de millions de Français. Elle s'est préparée depuis 20 ans à cette échéance.

Et c'est notre candidat. Mais comment vous l'interprétez, cette déclaration ? Mais elle ne sera pas empêchée, Marine Le Pen. Mais comment vous l'interprétez ? Mais je ne sais pas pourquoi le Parisien a fait de cet entretien ce titre racoleur qui n'a rien à voir avec le contenu de l'interview qui a été donnée par Jordan Bardella quand on lit le contenu. Donc, c'est un peu dommage. C'est un peu dommage.

22:26
Présentateur

Il dit qu'il sera son candidat si elle est empêchée. Si, si, il le dit, ça. Mais vous, on a l'impression que vous n'avez pas trop envie que ce soit le cas.

22:33
Invité

Mais c'est le président de mon parti. J'ai voté pour lui comme président du parti. Il a gagné deux élections européennes. Il a porté nos idées. Il aurait dû gagner s'il n'y avait pas eu de triche et de magouille les élections législatives et il serait Premier ministre. Donc, ce débat n'a pas lieu d'être. Le débat, c'est que... Ben si, quand même, en fait. Jean-Philippe Tanguy,

22:50
Présentateur

vous pouvez être dans le déni. Je ne suis pas dans le déni, moi. Au final, si la justice décide... Ben oui, alors parlons franchement. Si, au final, la justice décide que Marine Le Pen ne peut pas être candidate parce qu'elle est inéligible, Jordan Bardella, il sera un bon candidat à l'élection présidentielle ?

23:06
Invité

Ce sera évidemment un bon candidat. Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est qu'il ne faut pas rentrer dans cette volonté des médias d'alimenter une fausse division et d'affaiblir Marine Le Pen comme candidate. C'est la candidate. Elle est présumée innocente. Elle sera innocentée et ce sera notre candidate. Et si on alimente cela, on entretient le doute chez nos électeurs qui ont besoin non seulement d'être rassurés mais de voir que Marine Le Pen sera et est leur candidate. Et donc, Marine Le Pen incarne cette espérance. Elle est la meilleure candidate pour gagner et c'est notre candidate naturelle, évidemment. Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement National de la Somme.

Vous étiez invité de France Info. Merci. Merci. Merci.

23:44
Locuteur

Merci. Merci.

Meurtre dans une mosquée, présidentielle 2027... le "8h30 franceinfo" de Jean-Philippe Tanguy — Jean-Philippe Tanguy · Pourquijevote