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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 7 mai 2025 24 min

Audiovisuel public : "Je suis déterminée et n’y renoncerai pas", affirme la ministre de la Culture Rachida Dati

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Nous recevons ce matin la ministre de la Culture, vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Rachida Dati, bonjour. Bonjour, bonjour. Et bienvenue sur Inter. Beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin. On parlera des festivals de l'été, de l'audiovisuel public et de votre projet de holding qui fait couler beaucoup d'encre. Mais aussi de la situation politique et des municipales qui approchent. Mais commençons par cette annonce qui secoue le monde du cinéma. Donald Trump, dimanche dernier, a déclaré vouloir mettre des droits de douane de 100% sur l'ensemble des films produits hors des Etats-Unis. Il invoque même un enjeu de sécurité nationale.

Alors, à quelques jours de l'ouverture du Festival de Cannes, comment avez-vous reçu cette menace ? Est-ce acceptable de dire ça ? Un film, Monte Cristo par exemple, est-il une menace pour la sécurité nationale américaine ?

0:59
Rachida Dati

Tout d'abord, les mesures annoncées, moi j'ai regardé, tout ça est assez flou. Et d'ailleurs, ces mesures annoncées, si c'était des mesures de droits de douane ou de rétorsion, elles s'attaqueraient d'abord au cinéma américain. Le cinéma américain est une industrie très rentable pour les Etats-Unis. Ça s'exporte beaucoup. Et donc, en imposant des mesures au cinéma américain, qui peut tourner à l'extérieur ? Parce que ça serait plutôt sur les tournages, parce qu'il y avait une ambiguïté, tournage, ou sur la billetterie, sur l'économie même du cinéma. Il s'exposerait lui-même à des mesures, entre guillemets, de rétorsion.

Donc, ça pénaliserait beaucoup plus le cinéma américain, les mesures de rétorsion, que finalement le cinéma...

1:42
Invité

Vous ne pensez pas qu'il va le faire ?

1:43
Rachida Dati

Quand j'ai regardé un peu, rien n'a été très précis. Eux-mêmes, sur l'administration américaine, tout ça n'est pas très précis. Donc, je pense que ça restera au stade d'annonce. Mais ça pénalisera beaucoup plus l'industrie du film américain.

1:57
Invité

Si jamais c'était plus que des annonces, s'ils le faisaient, il faudrait des mesures de rétorsion sur le cinéma américain ?

2:02
Rachida Dati

Écoutez, aujourd'hui, le pourcentage de tournages, sur le marché des tournages en France, les tournages américains, c'est 15%. Donc, ce n'est pas majeur. Et nous, on demeure quand même très attractif pour le cinéma, quel qu'il soit d'ailleurs. On est très attractif par nos mesures, par les dispositifs fiscaux, par la qualité des métiers du cinéma. La Fémis ou Gobelin, on est des leaders. Mais le dispositif fiscaux, d'ailleurs amplifié par le président Macron, nous avons aussi investi massivement depuis 2022 dans les studios, la création des lieux de tournage. C'est 350 millions d'euros, les studios de tournage.

Emilia Perez, Substance, ont été intégralement tournées dans des studios en région parisienne. Donc, moi, je ne suis pas inquiète pour notre cinéma, notre industrie du cinéma. Je pense que les Américains le sont beaucoup plus. Et vous parliez du Festival de Cannes, qui est quand même encore la magie du cinéma, où le monde entier vient à ce festival. Les Américains sont très présents, et ils seront encore très présents cette année.

3:05
Invité

Au-delà même de cette annonce, on voit la volonté de Donald Trump d'attaquer l'exception culturelle européenne, française. Il a aussi dans son visage une directive européenne qui impose des quotas de diffusion et de production d'oeuvres européennes aux plateformes comme Netflix, Prime ou Disney+. En clair, Netflix est obligé de produire un certain nombre d'oeuvres en France, en Europe, s'ils veulent diffuser chez nous. C'est ça le deal qu'ils ont. Ça, Donald Trump n'en veut pas, vous lui dites quoi ? Falloir vous habituer, c'est notre exception culturelle française, et c'est comme ça ?

3:32
Rachida Dati

J'ai un conseil européen des ministres européens la semaine prochaine, mais c'est aussi une volonté du président de la République, lors d'un conseil européen des chefs d'État et des chefs de gouvernement, de porter, justement, une Europe de la culture. Moi, qu'est-ce qui m'a motivée pour mettre à l'ordre du jour une Europe de la culture ? C'est un facteur civilisationnel. On a une exception culturelle française, d'ailleurs, qui est très enviée au niveau européen. Nous, on est un modèle de culture pour les autres pays européens. Sur le cinéma, nous sommes une exception culturelle française. Sur le droit d'auteur, nous sommes une exception culturelle française.

Dans l'édition, le cinéma, le spectacle vivant, nous sommes des exceptions culturelles françaises. Enfin, cette exception culturelle française... Et ça, il faut la garder. Mais attendez, qu'on érige... Il faut avoir les moyens de la garder. Bien sûr, le droit d'auteur, ça a été un combat. J'étais parlementaire européen et je n'étais pas dans les commissions concernées. Mais on a voté massivement, en tout cas la France, avec d'autres pays, pour préserver ces exceptions culturelles. Et si je prends le cinéma, on est quand même le pays fondateur du cinéma. Et donc, nous allons maintenir, avoir un combat pour, évidemment, défendre ces valeurs européennes de la culture. Rachida Dati.

Je vais vous dire pourquoi j'ai eu cette idée de le mettre à l'ordre du jour. C'est au moment des débats, tout le monde parle de souveraineté industrielle, économique. Et avec la question ukrainienne, avec le conflit israélien-palestinien, d'avoir une souveraineté industrielle, notamment militaire. D'ailleurs, le président de BPI disait, on aura un produit BPI défense. Et là, nous sommes en train d'élaborer un produit BPI culture, justement pour que nous ayons un fonds culturel de sauvegarde de notre exception culturelle française.

5:15
Présentateur

Un mot sur les plateformes qui font pression pour contester ce qu'on appelle la chronologie des médias, qui régit le calendrier de diffusion des films sortis au cinéma. Prime Vidéo, Amazon, a déposé un recours devant le Conseil d'État pour dénoncer le cadre actuel qui l'oblige à attendre 17 mois. C'est 15 mois pour Netflix, pour diffuser un film après son lancement en salle. Les deux plateformes américaines veulent un délai raccourci à 12 mois. Que leur répondez-vous, Rachida Dati ? C'est une demande légitime ou c'est non ?

5:47
Rachida Dati

D'abord, c'est très technique, ça intéresse effectivement des professionnels. Mais c'est quoi en clair ? Ça veut dire quoi ? Aujourd'hui, les films dans les cinémas, dans les salles, ne peuvent pas être diffusés sur un autre support avant 4 mois. Donc 4 mois, c'est le cinéma. Et après, on passe sur d'autres supports de diffusion. Et pour déterminer le calendrier dont vous parliez, c'est un accord interprofessionnel. L'État n'a pas la main. C'est vraiment entre les diffuseurs et les producteurs que se décide ce calendrier.

Et en fait, cet accord interprofessionnel, pour être le premier de la liste pour pouvoir diffuser, parce que le premier de la liste, il peut diffuser ceux des autres en étant évidemment rémunérés. Donc aujourd'hui, ce calendrier, il est déterminé entre diffuseurs et producteurs. Et donc, entre diffuseurs et producteurs, représentatifs de la profession. Le recours dont vous parliez, c'est sur la notion de représentativité. Pourquoi ? Parce que vous êtes le premier de la liste, en fonction du pourcentage de votre chiffre d'affaires investi dans le cinéma. Je vous donne un exemple. Moi, je peux comprendre la logique. Je suis Canal+, c'est le premier. J'investis beaucoup d'argent dans le cinéma.

C'est un pourcentage de mon chiffre d'affaires. Et je suis une autre plateforme. Comme c'est le pourcentage le plus important, si mon chiffre d'affaires est de 3 euros et j'investis 1,50 euro, en pourcentage de mon chiffre d'affaires, c'est beaucoup. Donc, je peux être deuxième. Et si je suis en chiffre d'affaires 10 milliards, mais j'investis 100 milliards, 100 millions, c'est très petit sûrement en pourcentage sur mon chiffre d'affaires, mais je ne serai pas le premier sur la liste. Donc, c'est la notion de représentativité. C'est technique, mais vous voyez. C'est vous qui m'avez amené à ça. C'est intéressant aussi. C'est important. Parce que je vous vois en stress.

7:34
Invité

Absolument, parce que nous avons beaucoup de questions à vous poser, notamment sur les budgets de la culture. Est-ce qu'ils vont être en baisse ? Parce que, vu le contexte des finances publiques, on a plusieurs questions à vous poser sur ça. Mais l'audiovisuel public, la dernière fois que vous êtes venu à ce micro, il y a quelques mois, Rachida Dati, vous nous annonciez votre détermination à aller vite sur la réforme de l'audiovisuel public que vous portez, texte que vous défendiez, dont vous étiez sûr du bien fondé. Vous avez dit, vous allez voir ce que vous allez voir, je vais y aller, je vais le faire. Et très vite, vous vouliez une holding.

Un an et demi après, est-ce que le projet n'est pas ensablé ? Y avez-vous renoncé ?

8:03
Rachida Dati

Non, d'abord, y renoncer sûrement pas. La détermination du président de la République et du Premier ministre sont intactes également. Donc là, le texte sera, puisque là, on est en train d'examiner le calendrier parlementaire, sans doute en juin, mais je suis déterminée sur cette réforme. D'abord, cette réforme de l'audiovisuel public, elle part de plusieurs constats. Le premier, c'est, vous avez de plus en plus de groupes privés qui se constituent, qui se structurent, et qui peuvent être aussi des enjeux d'influence. Donc c'est important que l'audiovisuel public soit préservé et protégé.

Et vous le savez bien, aussi bien vous, Léa Salamé, que Nicolas Demand, c'est un service public de l'audiovisuel que j'ai toujours défendu, même bien avant d'être ministère de la Culture. Non, non, mais attendez, je peux juste terminer. Parce que là, vous pouvez aussi dire. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, les audiences... ... sont bonnes. Oui, mais chez qui ? À France Télé, à Radio France, ils sont très bonnes. Chez qui ? Vous avez les détails ou pas ? Oui, on a les détails. Vous voulez quoi comme audience France Inter ? Non, plus les jeunes, plus les classes populaires. Ça devient un club. C'est CSP+, et plus âgé. C'est une réalité. Voilà. C'est comme ça.

Et donc, l'audiovisuel public, pour moi, je considère que c'est un service public qui doit s'adresser à tout le monde et sur tout le territoire. Le troisième aspect, c'est les plateformes. On a de plus en plus, évidemment, de sujets avec les plateformes et avec les téléconnectés. Vous avez allumé votre télé. Avant, vous avez allumé votre télé. Vous êtes sur la 1, la 2, la 3.

9:36
Présentateur

Oui, maintenant, il y a Netflix ou d'autres...

9:38
Rachida Dati

Vous avez des plateformes. Et donc, vous êtes dirigé directement sur des plateformes. Et donc, il faut pouvoir résister à cette plateforme par des investissements massifs, mais une gouvernance unique, une stratégie convergente et puissante. Voilà l'objectif. Ça va changer. C'est ce qu'on a du mal à comprendre. Et puis, déjà, qu'est-ce que vous parlez ? Que ce soit plus pour un club. Oui, déjà. Mais ce n'est pas un club. Vous savez, par exemple, préserver...

10:03
Invité

France Inter, c'est la troisième radio chez les moins de 35 ans. Il y a de plus en plus de jeunes de moins de 35 ans qui écoutent Inter.

10:08
Rachida Dati

Non, sur la jeunesse, il y a un désintérêt des moins de 35 ans. Et sur la classe populaire, ça vous intéresse ou pas ? Bien sûr que ça m'intéresse. Il y a de plus en plus de gens. Pas de classe populaire. Madame Salamé, les études sont claires. Ne me dites pas. Sur quoi vous vous fondez ? Pour Inter, c'est la première radio dans les autres. Pas sur les classes populaires. Attendez. Pas sur les classes populaires et pas sur les jeunes. Et puis, sur les audiences. Moi, je vais vous dire, vous avez un petit avantage compétitif, vous avez plus de fréquences. D'ailleurs, je les signe.

10:33
Présentateur

Ce n'est que ça.

10:34
Rachida Dati

Ce n'est pas que ça. Je dis, c'est entre autres ça. Donc, il faut être aussi dans la transparence des arguments. Et donc, moi, je rencontre les journalistes, les syndicats, les représentants. Je reçois tout le monde à mon bureau sur cette réforme. Elle fait, elle commence à faire consensus malgré aussi la caricature qu'on en fait. Votre présidente, moi, Sibyl Veil, je l'ai eue au téléphone. Elle est dans le couloir. Ça va peut-être lui faire de la peine que je le dise. Je l'ai appelée parce qu'il faut arrêter de caricaturer cette réforme en disant que c'est une réforme d'extrême droite.

Voilà la manière dont Mme Veil présente la réforme que je porte pour tous les Français et sur tout le territoire national. Cette réforme. Sinon, ce service de l'audiovisuel public sera affaibli. Nous sommes une anomalie en Europe. L'audiovisuel public en Europe, ils sont tous regroupés justement pour pouvoir être pluralistes, pour s'adresser à tout le monde et sur tout le territoire et pas uniquement s'informer. Sibyl Veil, la présidente,

11:34
Invité

puisque vous en parlez, elle relaie aussi des inquiétudes qui sont ceux du personnel de radio qu'il faut convaincre et qui ont peur d'être diluées dans un masque d'honte et qu'avec des métiers qui sont différents.

11:48
Rachida Dati

Il faut convaincre. Les identités des entités seront préservées. N'ayez pas peur, Madame Salamé, France Inter va continuer d'exister en tant que telle. C'est une présidence unique avec un CA unique et des directeurs délégués qui seront patrons de France Inter, patrons de France Culture, comme ça l'est aujourd'hui. Il y aura un grand patron de la holding comment ce sera ? Parce qu'il lui faudra une stratégie unique, puissante, pour pouvoir et justement investir massivement pour contrer les plateformes, les grands groupes privés qui se structurent et qui se constituent et qui évidemment bouleversent et impactent aussi la qualité de l'information. Vous luttez contre les fake news, je pense.

Vous luttez contre l'information par les réseaux sociaux où on peut avoir tout et n'importe quoi et souvent beaucoup n'importe quoi. Et donc, qu'il faut préserver et pérenniser ce service public de l'audiovisuel.

12:42
Présentateur

Mais vous pensez qu'une holding France Média va suffire à résoudre les problèmes que vous venez de décrire, vieillissement des audiences, problèmes sociaux, que soudainement les jeunes vont se ruer sur les médias traditionnels ?

12:56
Rachida Dati

Aujourd'hui, les plateformes numériques, elles ne se parlent pas, elles ne sont pas connectées dans l'audiovisuel public. Entre France Info, France Inter, France Culture, France Télé, ça n'est pas connecté. ils ne sont pas connectés. Il faudra à un moment donné avoir une stratégie convergente pour sauver ce service public de l'audiovisuel. Moi, ce qui m'intéresse, ce n'est pas l'avenir de Mme Veil, ce qui m'intéresse, c'est l'avenir du service public de l'audiovisuel, les métiers, préserver ces métiers, préserver la qualité de l'information, préserver la qualité des émissions.

Moi, je suis une auditrice, c'est vrai, je suis devenue CSP+, et effectivement, pour pouvoir accéder, ce n'est pas si simple, ce n'est pas si accessible. Je vous le dis, je le teste, et je vois des gens aussi de chez vous, j'entends les craintes, et ce sont des craintes légitimes dans un monde qui est en fort bouleversement, en fort transformation, et en très forte éducation.

13:50
Invité

Un grand patron de la télé et de la radio, c'est ça, ou une grande patronne ?

13:54
Rachida Dati

C'est une holding, ce qu'on appelle exécutive, c'est-à-dire, c'est une gouvernance unique. Il y a un grand patron, un grand conseil d'administration, et puis vous aurez les CA, et vous aurez des conseils d'administration. Les branches après, c'est ça. Non, vous aurez des conseils d'administration où les entreprises qui existent, de radio, existeront toujours. Ce sera quand ? Il n'y aura pas de dissolution, de disparition des entités, elles garderont. Les entités existeront toujours, leurs identités également. Ce sera quand, Rachida Dati ? Normalement, la discussion, on est sur un calendrier parlamentaire juin. Juin, ça va à l'Assemblée nationale. Oui. Vous avez la date ?

Oui, là, justement, on était en train de discuter cette semaine.

14:32
Présentateur

Et vous n'avez pas peur de créer un mammouth ?

14:34
Rachida Dati

Non, mais... Attendez...

14:37
Présentateur

Non, mais je vous pose simplement la question.

14:39
Rachida Dati

Oui, et moi, je vous réponds simplement.

14:40
Présentateur

Parce qu'il y a quand même beaucoup de monde, beaucoup de chaînes, beaucoup de métiers.

14:43
Rachida Dati

Non, je suis d'accord. Justement, il y a des métiers qui vont évoluer, il y a de la transformation qui va survenir. Le numérique va prendre toute sa place. Aujourd'hui, on n'est pas au niveau pour le numérique sur l'audiovisuel public. Et regardez ce qui se passe en Europe. Sur 27 pays, ça doit être 25 ou 26, l'audiovisuel public a été regroupé. Et quelles que soient les sensibilités politiques, là, ce n'est pas un enjeu politique, partisan, politicien. Mais ça n'est pas... Il faut arrêter de caricaturer. C'est pour ça que je me suis autorisé à vous dire que j'ai appelé la présidente pour lui dire arrêtez de caricaturer. Vous connaissez les choses...

Moi, mes combats, quand je les porte, je les porte en transparence et je les porte en égalité des armes. Il n'y a pas d'agenda caché. Il y a une volonté de sauver ce service public de l'audiovisuel qui a permis à des gens comme moi d'être à votre micro ce matin et de continuer de pouvoir écouter. Mais j'ai évolué socialement et je regrette que le petit poste de radio qu'on écoutait sur des chantiers quand mon père était maçon, qu'aujourd'hui, peut-être que le maçon n'écoute pas France Inter. C'est ça que je regrette.

15:49
Invité

Un mot sur le budget de la culture qui a subi cette année des coups de rabot. Lors des Molières, le 28 avril dernier, vous avez été prise à partie sur les 100 millions d'euros de moins de crédit par Bercy pour le ministère de la Culture. En réalité, c'est 110 millions de moins avec une coupe de 47 millions pour le spectacle vivant, les arts visuels, 41 millions pour le patrimoine, 10 millions pour le livre. Même Rachida Dati n'a pas pu empêcher ses coupes. D'où vous êtes apte

16:15
Rachida Dati

à devenir ministre de la Culture ? Vous avez des chiffres que je n'ai pas. Alors, c'est publié au journal officiel le 25 avril dernier. La culture, comme la plupart des autres ministères, a eu des coupes. Il n'y a pas eu de coupe budgétaire au ministère de la Culture. Je le redis. Vous vous rappelez la cérémonie des Molières. Moi, je vais vous dire ce que j'en pense. Ce jeu politico-mondain de vouloir se taper, se payer le ministre de la Culture, quelle que soit l'étiquette. C'est qu'à un moment donné et puis c'est un débat contradictoire. Les mêmes qui donnent des leçons de morale en disant l'abaissement du débat public, évidemment, la lutte contre les fausses informations.

Eux-mêmes diffusent les fausses informations et eux-mêmes abaissent le débat public en s'attaquant au ministre de la Culture, quel qu'il soit. Le ministre de la Culture, quelle que soit sa couleur politique, quel est son rôle ? C'est de soutenir le ministère de la Culture et la Culture. Je vais vous dire, je vais vous donner des choses très simples. Je vous réponds, je vous réponds. Les millions en moins, ils sont là ? Il n'y a pas de millions en moins. Il suffit de regarder. Regardez le budget qui a été adopté. Moi, je vais vous dire, depuis qu'Emmanuel Macron est président, il finira son mandat, vous savez combien de plus sur le budget du ministère de la Culture ? Sur son mandat ?

C'est presque 2 milliards d'euros. De plus sur le budget du ministère de la Culture. Sur le budget 2025, le budget 2024, le budget 2025 et on prépare 2026, il n'y a pas eu de baisse, il y a eu une augmentation. Spectacle vivant, quel est le budget du spectacle vivant ? Non mais quel est le budget du spectacle vivant ? Vous avez des chiffres. Je n'ai pas le chiffre. Le chiffre, c'est 1,04 milliards. Je dis qu'il y a 47 millions de moins pour le spectacle vivant. Il n'y a pas 1 euro de moins dans les territoires pour le spectacle vivant. Alors pourquoi c'est écrit dans le journal officiel ? Je vous dis, il n'y a pas 1 euro de moins pour le spectacle vivant sur les territoires.

Attendez, les Français, c'est aussi un peu leur argent. Le spectacle vivant, la création artistique, c'est 1,04 milliards. Sans cesse en hausse. Et si vous prenez le chiffre, parce que vous avez des chiffres, moi je vais vous donner aussi des chiffres. Le spectacle vivant dans la partie marchande, entre 2019 et 2024, plus 37% de hausse. Les arts visuels, plus de 41% de hausse. Et puis, sur toutes ces hausses, moi je vais vous dire, depuis que je suis ministre de la Culture, le budget, effectivement, il devait y avoir des coupes. Il n'y en a pas eu. Il n'y a pas eu de coupes. Je devais faire un fonds d'urgence.

Avec les syndicats, j'ai obtenu que le fonds d'urgence n'existe pas, qu'on puisse doter, que ce soit une dotation, donc une augmentation. Attendez, je termine là-dessus parce que c'est important. C'est bien d'écouter le gars qui fait le malin sur la scène du Molière ou l'actrice sur 12 cm de talon à semelle rouge qui me donne des leçons sur la précarité, les inégalités. Je passe mon tour. Les outrances, je n'y réponds pas. Moi, je suis factuelle. Depuis que je suis ministre de la Culture, le budget du spectacle vivant a augmenté. L'éducation artistique et culturelle, on a investi. La médiation, j'ai investi. Je vais vous dire sur la médiation culturelle.

Pendant 40 ans, les acteurs de l'éducation populaire n'ont jamais été reçus au ministère de la Culture. Je les ai reçus parce que l'accès à la culture, vous ne pouvez pas y accéder s'il n'y a pas de médiation. L'accès à la lecture, les bibliothèques, les médiathèques, le spectacle vivant, tout ça. Le plan fanfare. Vous savez, les fanfares, c'est un élément d'identité français. Ça n'a jamais autant prospérer. Le plan cabaret. Ça sera pareil. On est en préparation. 2026, il y a un budget

19:31
Invité

qui est en préparation. Le ministre de l'économie veut 40 milliards d'économies. Le budget de la culture sera-t-il mis à contribution ?

19:39
Rachida Dati

Tout le monde va être mis à contribution.

19:40
Invité

Il y aura une baisse.

19:42
Rachida Dati

Est-ce que contribution, ça veut dire baisse ? D'une certaine manière, oui. Ben non. Donc moi, je me bats pour ça. Je n'ai pas eu de baisse l'année dernière alors qu'on était partis sur 200 ou 300 millions et il n'y a pas eu de baisse. Il y a eu une hausse. Vous l'avez entendu là, Salamé ? Une hausse. On entend. Voilà. Je veux vous dire, le budget du ministère de la culture, c'est 4 milliards audiovisuel public, 4 milliards pour le reste. La création artistique, 1 milliard 0,4. Je vais le répéter et je vais le répéter et je vais le répéter. Avec moi, il n'y a pas eu de baisse.

C'est vrai que peut-être, je n'ai pas mis dans les mondanités, j'ai mis sur l'accès à la culture, sur la culture populaire, la culture, le plan ruralité, j'ai mis, je n'ai jamais aucun ministre de la culture a autant mis sur la culture ruralité comme je l'ai fait. Sur le patrimoine, très, très, très dur à convaincre. Non ! À couper ! Non ! Le patrimoine, vous avez dit que ça a baissé ? 300 millions d'euros de plus. On va voir avec le journal officiel. Ah oui, d'accord. On regarde.

20:38
Invité

Non, non, mais je disais... Enfin, on regarde, on va vérifier. Alors, vous croyez le gars

20:44
Rachida Dati

qui fait le malin sur une scène ? Vous croyez la fille qui est perchée, qui vient me raconter et qui a des baisses et qui a de la précarité, chose qu'elle n'a jamais connue de sa vie ? Et vous ne me croyez pas que l'on peut vous poser une question sur Boalem Sansal ? Que je vous indique.

21:00
Invité

Est-ce qu'on peut vous poser une question ? Le budget de la culture n'a pas baissé. Est-ce qu'on peut vous poser une question ?

21:03
Présentateur

Il est en hausse. Sur Boalem Sansal, sur l'Algérie, qui a lancé deux mandats d'arrêt internationaux contre l'écrivain franco-algérien Kamel Daoud. Ça, c'est l'information de la nuit. Boalem Sansal, quant à lui, est toujours en prison depuis six mois. Est-ce que vous parleriez d'un acharnement du gouvernement algérien entre ses écrivains ?

21:25
Rachida Dati

Boalem Sansal, sa place n'est pas en prison. C'est un écrivain, c'est un homme âgé, il est malade, sa place n'est pas en prison. Donc ça, nous l'avons toujours dit et c'est d'ailleurs toutes les démarches et les échanges qu'on peut avoir évidemment avec l'Algérie. S'agissant de Kamel Daoud, de la même manière, moi je regrette que l'Algérie, qui est quand même un grand pays, qui est un pays où la culture, la littérature, les artistes sont à foison. C'est un pays éminemment culturel. Je regrette que le signal qui soit donné, c'est de s'attaquer à ses écrivains.

21:56
Invité

C'est dommage. Moi je le regrette. Je vous le dis. Vous le regrettez, mais comment c'est possible ? C'est vrai qu'on tente la fermeté avec le régime algérien, on tente la négociation avec le régime algérien

22:07
Rachida Dati

et on n'obtient pas. Mais on ne peut pas tourner le dos aux Algériens et à l'Algérie. Moi je n'y crois pas. On ne peut pas leur tourner le dos. Moi je pense qu'on peut être dans la fermeté sans être dans la menace.

22:21
Invité

Une toute petite dernière question parce que c'est l'actualité politique. Il paraît que vous avez repris votre carte chez LR. C'est une question. Je n'ai jamais été

22:32
Rachida Dati

exclue des LR.

22:33
Invité

Donc j'ai renouvelé une adhésion. Vous allez voter dans dix jours. Oui alors ? Bah qui ? Laurent Wauquiez ?

22:41
Rachida Dati

C'est un vote interne.

22:42
Invité

Bruno Retailleau ? C'est un vote interne. Vous avez mon amitié

22:45
Rachida Dati

avec Laurent Wauquiez depuis très longtemps. Il m'a toujours soutenue et je me suis toujours bien entendu aussi avec Bruno Retailleau. Mais c'est un vote interne qui concerne le fonctionnement d'un parti qui a pris des couleurs. Et donc ? Bah voilà.

23:02
Invité

Vous ne voulez pas dire pour qui vous allez voter ? Il reste combien de temps ? On prend le temps. Vous disiez tout à l'heure que vous étiez précieux qu'il y avait beaucoup de sujets. Next. Anne Hidalgo, votre meilleure ennemie part dans quelques mois. Vous lui souhaitez quoi ? Bah écoutez,

23:19
Rachida Dati

c'est pas encore fait.

23:23
Invité

Vous pensez qu'elle va rester encore ?

23:26
Rachida Dati

Je ne sais pas, je ne connais pas sa vie. En tout cas, vous irez vous. Vous connaissez ma détermination.

23:32
Invité

Bah oui, Paris, c'est tout pour vous, non ?

23:37
Rachida Dati

C'est beaucoup.

23:37
Invité

Merci. Un dernier mot juste. Ah, c'est fini ? Oui, c'est fini. Il n'y a pas les auditeurs ?

23:44
Présentateur

Ah bah non, on a...

23:45
Invité

Ah bon ? Avec toutes les questions et vos réponses... C'est vous ? Oui, c'est nous, oui. Un mot sur les révélations de Libération sur les bijoux, 400 000 euros oubliés, vous avez régularisé ?

23:54
Rachida Dati

Ça ne vous a pas échappé que Laurent Léger est un intime de Madame Hidalgo, que Libération est subventionnée par la mairie de Paris. J'en suis dans une vingtaine d'articles, chaque fois qu'il publie un article, maintenant je suis habitué, je dépose plainte. Vous avez régularisé ? Vous savez, moi je veux dire, je n'ai rien à régulariser, je n'ai jamais été prise en défaut sur aucune déclaration, donc ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer.

24:17
Présentateur

Merci Rachida Dati.

Audiovisuel public : "Je suis déterminée et n’y renoncerai pas", affirme la ministre de la Culture Rachida Dati — Rachida Dati · Pourquijevote