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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 22 avril 2026 26 min

Le grand reporter Georges Malbrunot est l'invité de "Tout est politique"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Nous a rejoint George Malbrun. Bonsoir pour ce grand entretien. Je le disais grand reporter au Figaro.

Vous allez être précieux ce soir pour nous aider à comprendre ce qui se joue en ce 54e jour de guerre au Moyen-Orient. Je cite également votre dernier ouvrage MBS confidentiel enquête sur le nouveau maître du Moyen-Orient aux éditions Michel Lafond. Euh on l'a appris donc aujourd'hui la mort d'un 2e militaire français euh de la finule euh des suit de ces blessures lors de la même embuscade au Liban hein qui avait tué ce weekend déjà l'adjudent Florian Montoriot le caporache chef donc Anisset Gérardin 2e militaire français de la Finule tué.

Emmanuel Macron lui a rendu hommage évidemment ainsi qu'à l'engagement exemplaire de nos armées au sein de la finule qui œuvre pour la paix au Liban. Est-ce que vous vous avez des informations ce soir ? qui précise les conditions de cette embuscade.

Alors, a priori de d'après une source au sein de la finule, euh les soldats français qui patrouillaient euh cherchaient à enlever un engin explosif improvisé qui avait été déposé par le Esbola sur le bas côté de la route et qui devait viser justement des soldats israéliens qui occupent aujourd'hui le sud Liban. Et donc le les soldats français ont fait leur euh leur leur leur job, c'est-à-dire de d'enlever euh cet engin explosif. Et là là, ils se sont évids sont retrouvés face au aux combattants du Ezbola.

Et donc c'est à ce moment-là qu'il y a eu un qui a eu un un échange de tir et c'est là où il y a eu un apparemment donc un premier soldat français qui a été tué et donc oui donc ça a été c'est comme ça que ça s'est passé. C'est pour ça comme ça a été dit par le président de la République qui a toutes ces informations évidemment les soldats français n'étaient pas visés en tant que français mais c'est la filule en tant que je dirais en comme ça a été dit tout à l'heure d'ailleurs justement empêcheur de tourner en rond à la fois par les Israéliens et par le Esbola qui qui ont été visés et d'ailleurs si mes informations sont exactes après le départ du convoi de la finule d'autres d'autres hommes du Esbola sont venus réinstaller le l'engin explosif improvisé qui qui devait viser le le donc un des soldats israéliens Henri Vernet. Est-ce que ces incidents même si le terme peut paraître ru répétition puisquil y a donc déjà eu plusieurs victimes, plusieurs blessés et tués au sein de la finule peuvent remettre en question la présence de la finule sur ce terrain sachant d'ailleurs que son mandat est censé s'ag justement à la fin de cette année 2026.

Non, ils vont pas remettre en question le le moi j'avais un responsable de la finule qui qui m'a dit bah c'est le comme ça a été dit effectivement c'est très regrettable c'est évidemment très regrettable mais ça fait partie du du job c'est pas le le le premier vous avez rappelé tout à l'heure qu'il y a eu quand même deux Indonésiens qui ont été tués par Israël les soldats de la finule sont pris au piège entre Isra l'armée israélienne qui ne veut pas avoir de témoins de ses agissements et qui donc y compris contre des soldats français a euh fait des des opérations tout à fait inamicales et puis le esbola qui lui aussi ne veut pas avoir de deux témoins. La finule est en charge de vérifier le désarmement du esbola avec l'armée libanaise et donc le esbola lui a pas intérêt à ce que désarmement soit soit mené. Donc là vraiment on est on est dans un dans une dans une position de d'extrême fragilité.

Mais la finule va rester, elle restera jusqu'à la fin de l'année. Hier, Emmanuel Macron quand on l'a vu nous nous a dit et on le savait un petit peu depuis un certain temps qu'il y a un projet, la France, l'Italie et l'Espagne qui sont d'autres contributeurs importants continueront d'être là pas sous le mandat de l'ONU mais sous une autre sous un autre mandat pour pour essayer justement d'apporter un soutien à cette armée libanaise qui est quand même un petit peu défaillante aussi parce que parce que parce que bah elle est pas elle est pas tout à n'a pas réussi à seulement elle a pas réussi mais je suis pas sûr qu'elle Elle est vraiment envie de se déployer au nord de cette ligne jaune aujourd'hui qui est une ligne d'occupation israélienne sorte de zone tampon au nord de cette zone tampon si vous voulez au nord de cette zone qui fait environ 3 km de de large et bien l'armée israélienne pourrait se déployer et elle l'armée pardon libanaise pourrait se déployer en part non pas pour désarmer lebola mais pour être présente et pour être au côté de la population et puis pour faire un petit peu ce travail là pour pour marquer aussi son territoire c'est le premier ministre libanais hier nous a dit naf salam l'armée l'état aujourd'hui de recouvrir sa souveraineté sur l'ensemble du Liban c'est le moment dont elle ne le fait pas assez et c'est un peu dommage. Alors je vais juste revenir un petit peu en arrière sur ce que vous nous disiez sur la présence militaire de la France au sein de la fidule et sur ce territoire.

Alice Ruffau, la ministre déléguée aux armées s'est exprimé ce matin sur France Inter à ce sujet. Le mandat de la fille nulle tel qu'elle existe aujourd'hui expire puisque la décision a été prise l'été dernier à la fin de l'année. On restera engagé jusqu'au bout de cette mission là et nous sommes à la disposition des autorités libanaises pour travailler au cadre qui suivra.

C'est c'est dans la situation actuelle, c'est pas forcément le moment d'avoir ces conversations parce qu'il y a beaucoup de autres choses à traiter mais on est disponible pour soutenir la l'agenda des des des autorités libanaises qui consiste à assurer le monopole des armes au Liban et donc évidemment au sud de Liban. traduction George Malbrun avec vous les informations que vous avez en coulisse. Non, ben ce qu' ce qu'elle dit c'est ce qui se discute en coulisse un petit peu depuis quelques mois, c'est-à-dire de prolonger euh une présence militaire internationale sous un autre mandat euh dans ce Liban où justement et bien on a besoin d'avoir d'avoir une une tierce partie internationale.

Ce qu'il faut bien dire aussi, c'est que les États-Unis et la France ont tout fait. Ils y sont parvenus. pour écarter la finule dont le mondat comme l'a dit Alice Ruffau va expirer en fin d'année.

Voilà, c'est pas les Français qui ont décidé de partir, c'est les Israéliens et les Américains qui ont fait en sorte que la finule se retire parce que encore une fois, comme je disais, elle gêne, elle gène, elle gne tout le monde. Elle gêne côté Esbola et elle gêne côté Israël. Elle gêne, elle oui oui elle gêne tout le monde.

Oui. Mais dans cet enjeu quand même crucial he du désarmement, bon même si c'est pas là en pleine guerre, évidemment que ça pourrait intervenir. Est-ce que l'armée libanaise, vous disiez tout à l'heure qu'elle a pas tellement envie de se déployer dans cette zoneelà mais est-ce qu'elle a surtout les moyens et est-ce qu'elle a les moyens de désarmer lebola et sinon voilà et qu agir alors comment fournir co.

C'est c'est le cœur du débat. L'armée libanaise n'a pas les moyens de désarmer le esbola. simplement elle elle peut elle peut être un peu plus présente, elle peut avec la finule et dans le cadre, je pense que le désarmement du Esbolla, le désarmement militaire, hier j'ai posé la question à Emmanuel Macron, il a répondu "Je crois en les forces armées libanaises qui désarmeront dans le cadre d'un accord politique".

Parce que pour préciser le cadre, vous étiez donc à l'Élysée au moment de cette conférence de presse conjointe entre Emmanuel Macron et Nawaf Salam, le chef du gouvernement. Vou ce désarmement du Esbola euh pour les raisons qu'on vient de dire, le esbola aujourd'hui, même s'il a été euh affaibli, reste une force importante et l'armée libanaise surtout l'armée libanaise, elle est composée comme tout le Liban de sunnites, de chrétiens et et de chites 30 %. et au sud du Liban qui est une région cheit et bien les militaires chites de l'armée libanaise n'ont pas forcément envie d'aller désarmer d'aller euh au carton, j'allais dire contre leur correligionaire cheit.

Ça c'est un point. Ensuite, je pense que le désarmement du Esboll n'interviendra que lorsque il y aura un accord entre les États-Unis et l'Iran, euh un accord global et que à un moment donné, il faut l'espérer, et bien l'Iran qui est qui a été le le fondateur du Esbola et qui aujourd'hui, comme ça a été dit d'ailleurs tout à l'heure, je sais pas par qui, mais et c'est juste a repris en main depuis 2024 qu'Israël a beaucoup affaibli euh la milice Chit, a repris en mal, a restructuré et la commande probablement et Bien à un moment donné l'Iran, si il y a un accord et si l'Iran abandonne, mais je n'y crois pas beaucoup mais en tout cas ça se fera dans ce cadre politique et ce qu'il faut souhaiter c'est qu'effectivement le esbola il soit désarmé et qu'il devienne une force politique comme il est déjà. On était ensemble avec Macron en 2020 lorsqu'il est allé. il a vu des responsables politiques du Esbola parce que ils sont l'émanation d'une population chide qui existe.

Si on vous suit bien, la un peu la seule voix d'affaiblissement du Esbola dans le cadre d'un accord entre Iran et les États-Unis et Israël où l'Iran retirerait une partie de ces pions en tout cas euh du Liban. En tout cas, c'est dans le cadre d'un accord interlibanais aussi parce que le Esbola aura des aura des demandes. Euh ça a déjà été plus ou moins évoqué hein entre Libanais.

Euh simplement euh simplement le Liban étant une construction fragile et composite et bien il y a des factions, les forces libanaises aujourd'hui chrétiennes qui euh sont pas sur un agenda israélien mais en sont pas loin et qui disent il faut profiter du du de la dynamique pour aller plus loin. Sortir Oui. Mais sortir de cette emprise, ça veut dire aller au carton. aller au carton, ça veut dire peut-être une résurgence de la guerre civile et ça les libanais n'en veulent pas.

Donc je veux dire, on on est sur des sur des dossiers extrêmement complexe et délicat parce que lebola encore une fois bien il il n'a pas été contrairement à ce qu'avait on avait annoncé il y a 2 ans, anéanti et il fait beaucoup de harcèlement. Il y a eu il y a eu moi j'étais allé en octobre et novembre faire un sujet justement sur comment le le Esbola s'était reconstitué et il y a eu il y a eu effectivement il y a eu un processus qui a été mené au Liban depuis un an et demi avec un gouvernement libanais qui est quand même beaucoup plus je dirais audacieux qu'auparavant avec Nawaf Salam et le général. est plus dur justement aujourd'hui le pouvoir libanais à l'égard dubola Christian Macen tout à l'heure qui a été sur notre plateau avait cette analyse.

Ah ben il est il est dur en tout cas en parole et même en acte c'est plus difficile pour les raisons que je vous ai indiqué tout à l'heure mais en parole pour la première fois le gouvernement libanais a dit on doit avoir le monopole des armes. On doit on doit y travailler simplement simplement encore une fois quand vous êtes face à une entité qui est plus forte que l'armée libanaise ou en tout cas et bien vous faites attention le président de la République le général Joseph Faun qui est un militaire a toujours été prudent dans cette approche- là mais mais c'est la seule approche et puis voilà donc il faut une approche purement militaire est une illusion aussi bien par l'armée libanaise que par l'armée israélienne. Et c'est pour ça vous le soulignez qu'en effet il faut une approche diplomatique et une approche politique.

Quel rôle peut jouer la France dedans ? parce que elle avait joué un rôle en 2024 notamment pour les cesser le feu et avec les Américains mais à l'époque c'était Biden. Aujourd'hui, que ce soit les Israélien, que ce soit les Américains, il s'applique à tenir la France hors du jeu.

Hors ce gouvernement, il a quand même besoin d'être soutenu et en dehors de la France, enfin dans les acteurs qui qui pourrai le faire ? Comment comment remettre un pied là-dedans ? Est-ce que c'est est-ce que c'est d'ailleurs nécessaire ?

Peut-être pas. Si ce sera nécessaire, je pense que vous l'avez dit, la France a été écartée par les États-Unis et Israël. Et aussi, il faut le dire aussi par le par le Liban parce que le général Joseph Faun président de la République, est plutôt américanophile que francophile.

Euh il parle mieux l'anglais que le français. L'armée libanaise, sa structure euh dirigeante est plus regarde plus vers les États-Unis que vers la France. Il faut rappeler aussi que les États-Unis sont le principal euh pays qui euh fournissent à 95 % en équipement l'armée libanaise.

Et puis il y a un principe de réalité. Les États-Unis sont la première puissance. Donc on regarde ensuite lorsqu'il faudra passer aux choses complexes et bien je pense qu'on aura besoin de la France parce que la France justement elle a des contacts avec la branche politique du Esboll, elle fait passer des messages et donc voilà parler à tout le monde donc c'est à ce momentl peut-être que que la France le rôle de la France sera plus important.

On dit que effectivement aussi le le l'Égypte aimerait être associé euh parce que pour nous, c'est vrai que c'est une c'est quand même une défaite assez importante. Euh vous étiez donc hier [raclement de gorge] à l'Élysée au moment de de cette rencontre et de cette conférence de presse donc entre Emmanuel Macron et Nawaf Salam, le chef du gouvernement libanais. Emmanuel Macron qui a rappelé que Israël doit renoncer à ses visées territoriales euh au sud euh du Liban avec cette zone tampon dont on parlait tout à l'heure mais qui ne peut-être dans que provisoire dans ce que euh affirmait Emmanuel Macron.

Euh c'est un sujet central aussi aujourd'hui. Ah oui, parce que si vous voulez euh aujourd'hui lorsque votre pays est occupé, bien le Esbola dit "Moi, je je suis un résistant et vous pouvez pas lui nier cette capacité de résistance". Et ça peut parler à une partie de la population.

Ça peut parler à une partie de la population. Donc c'est là où le où le rôle israélien a toujours été un petit peu ambigu parce qu'effectivement en occupant bien vous validez cette cette capacité du Esbola à être résident et donc vous amoindrissez le consensus libanais qu'il y a autour pour dire il faut il faut lutter contre contre le esbola. Vous avez d'ailleurs interrogé aussi le président de la République sur la relation entre la France et Israël sur cette relation très compliqué.

Oui. sur le sur le le président de la République hier nous a donné quelques éléments. On a eu l'impression c'était sur le le sur le la suspension éventuelle de l'accord d'association entre Israël et l'Union européenne.

Nombre de pays européens sont en avancés. On dit il faut suspendre pour les raisons qu'on connaît de de Gaza et cetera en 6 Jordanie de l'armée israélienne et cetera. Euh la France a toujours été extrêmement prudente jusqu'à maintenant.

On interrogeait Jean- Noël Barreau, Emmanuel Macron et il se il se dissimulait derrière une espèce de de brouillard et cetera. Hier, Emmanuel Macron ass semblait à nous a dit "Voilà, cette question va devenir légitime et au cours des prochaines semaines, il va falloir la trancher." Il nous a dit aussi que il ne voulait pas le faire aujourd'hui parce que justement il y a eu quand même ce cesser le fait au Liban entre Israël et euh le et donc il veut pas paralyser mais en tout cas on a l'impression que le tempo s'est accéléré et que la France est prête à aller presque jusqu'à ce divorce avec Israël dans ce que vous avez compris.

C'est pas un divorce, c'est une c'est une mise à distance encore plus forte. Bah oui, ça serait une mesure mais qui est réclamée par beaucoup de de pays, qui est réclamée par d'anciens dé qui même été évoqué par la Commission, la président de la Commission européenne. C'est un revirement assez étonnant quand même.

Euh sur euh le conflit au Moyen-Orient entre l'Iran et les États-Unis, il y a donc cette incertitude qui plane sur les pourparlés entre américains et iraniens. Est-ce que vous ce soir vous craignez la reprise du conflit armé ? Alors, peut-être pas dans les dans les jours qui viennent parce que euh parce que parce que je crois que les les médiateurs pakistanais vont tout faire pour essayer de de de combler un petit peu le fosset.

Euh vous avez vu que Donald Trump aussi a dit "On va probablement se réunir peut-être vendredi." Mais c'est vrai que cette nouvelle phase de ni guerre ni paix euh même si elle est accueillie avec soulagement par un certain nombre de d'acteurs, elle n'est pas forcément rassurante parce que de part et d'autre on a l'impression aussi bien iranien qu'américain qu'on on a le on a encore la main. Les Iraniens ont le Détroit d'Ormoose et ils ont rappelé qu'il ne qu'il n'y aura pas de de déblocage du détroit d'Ormoose sans ils l'ont encore en effet en américaine.

Et les États-Unis ont on l' ont le sentiment qu'ils ont encore la main parce qu'ils ont encore euh ils ont encore le déploiement militaire autour et cetera. On a quand même l'impression que voilà les Iraniens devaient aller à Islamabad. Le weekend dernier, ils avaient euh consenti à ouvrir le D3 d'Ormouse.

Ensuite, Donald Trump a eu des déclarations incohérentes et puis il a eu qui ne voulait pas lever le bcus des ports iraniens et surtout ils ont il a bloqué le le il a bloqué les ports iraniens et donc aujourd'hui l'Iran se retrouve un asphyxier économiquement en tout cas avec un des des problèmes plus importants et donc réclame en tout cas avant d'aller à Islamabad, c'est ce qu'on disait hier réclame et bien au moins que le que le blocus soit soit levé. Donc euh et Donald Trump répond euh nous ne leverons le blocus que s'il y a des négociations. Donc on a quiment dans une totale mais je pense je pense qu'ils vont se réunir parce que euh parce que vous vous croyez que c'est pour parler vont se tenir vont avoir je pense.

Oui, je pense parce que euh ni l'Iran ni les États-Unis n'ont intérêt à une reprise du conflit. Les États-Unis, on connaît les raisons. Donald Trump est a envie justement de de refermer la parenthèse rapidement.

Il y a de l'inflation, il y a les marchés boursiers, il y a une une opposition chez lui. L'Iran est à priori dans une position moins défavorable, mais ça n'est qu'une qu'une je dirais ça n'est qu'une qu'une impression parce que quelle est aujourd'hui la nature enfin le l'état du régime en quelque sorte ? parce que Trump on a eu l'impression qu'il faisait état de dissension au sein de ce régime et que finalement il espérait en jouer entre en gros des jusqu'au boutistes pass d'aran qui veulent mener la guerre jusqu'au bout et d'autres plus pragmatiques.

Quel est enfin pour autant qu'on puisse le savoir quel est la je pense que il y a des il y a quelques divergences mais je pense qu' il exagère un petit peu ses divisions pour rejeter la responsabilité d'un éventuel échec sur les Iraniens. Ce qu'on sait, c'est qu'aujourd'hui le commandement militaire iranien est composé d'une douzaine de personnes et qui sont homogènes et et qu'en face il y a effectivement des diplomates comme comme Abasar, probablement Ralbf le négociateur qui sont dans une position eux plus favorable à des négociations pour je dirais pour monétiser leur résilience qui a été assez importante jusqu'à maintenant. Mais mais je crois au à la différence de ce qui s'est passé en 2015 lorsqu'il y a eu la l'accord sur le sur le nucléaire où il y avait une une polarisation en IR entre conservateurs et formateurs, aujourd'hui ce sont tous des conservateurs et donc il y a plus vraiment il y a plus vraiment de divergences fondamentales.

Il y a des divergences d'opinion parce qu'on dira bah on discute, il y a un parlement euh voilà mais je crois pas tellement à cette thèse de du de alors de fissure. Non, on l'a bien vu, il y en a pas. C'est un régime qui tient, c'est un régime qui a qui a euh euh montré une certaine, je veux dire, cohérence dans et qui réprime toujours autant, je veux dire, l'oppression aussi euh qui qui réprime mais d'un point de vue militaire euh qui a plutôt mené une guerre avec cohérence en la calibrant sans se radicaliser à à outrance.

Il n'y a pas eu sur Israël curieusement, il y a eu plus d'attaques sur le golf que sur Israël. Donc voilà. Euh vous signez d'ailleurs aujourd'hui dans votre journal Le Figaro un article passionnant à la tête du pays.

Le commandement militaire durcit les exigences iraniennes et vous faites le récit en effet de alors vous le dites, il y a pas une division mais quand même peut-être de l'incarnation de de deux jambes dans ce pouvoir avec une incarnation du côté de de Mohamed Galibaf donc qui mène ses négociations et de l'autre côté d'Amad Vaidi, le le nouveau chef des gardiens de la révolution. Est-ce que vous nous dites et vous nous expliquez très bien qu'ils sont tous des conservateurs, mais est-ce qu'il y a des pragmatiques face à des radicaux ? Est-ce que face à la possibilité de reprendre les opérations militaires, il n'y a pas forcément la même analyse entre ces deux probement c'est plus une une divergence entre effectivement pragmatique et et un peu plus radicaux contre contre militaire et politique.

Je pense que effectivement la personne qu'on voit au milieu là, Armad Vaidi qui qui est une figure ancienne et qui qui est pas un timembre qui un expliquez-nous en quelques mots, c'est un dur du régime. Oui, ça a été un dur et qui est là depuis 40 ans qui a fait la guerre Iran Irak, qui a été ministre de la défense, ministre de l'intérieur, qui a participé à des opérations à l'extérieur. Donc voilà, donc c'est c'est vraiment quelqu'un de de d'assez dur, hein.

Et et puis Mohamed Khalibf qui lui est un petit peu l'incarnation, c'est la c'est le c'est la liaison entre c'est un ancien gardien qui qui a fait la la guerri Iran Irak et qui est aussi un politique parce qu'il est il a été merté, il est président du Parlement et c'est lui qui a discuté face à JV. Donc effectivement, il y a des nuances, il y a des différences mais mais il n'est pas moins conservateur ce que vous nous dites, c'est que sur la la défense du régime pense que c'est pas une grille de lecture très importante aujourd'hui sont tous des conservateurs. Mais Raliba fait, moi je l'ai connu, je l'ai interrogé et il a je veux dire si les États-Unis l'ont gardé, c'est justement parce qu'il considère qu'avec lui on peut faire un deal.

Donc c'est quelqu'un de relativement pragmatique. Ce n'est pas un réformateur comme il y a eu avant, mais c'est quelqu'un de relativement euh pragmatique. C'est quelqu'un qui est un pilote de ligne qui venait en France d'ailleurs pour faire valider son brevet de pilote de pilotage.

Voilà. Et c'est pour ça qu'il a été maintenu par les États-Unis qui en ont fait un peu euh peut-être aussi un peu pour le gêner par rapport à au dur un peu justement l'interlocuteur, le futur le futur dirigeant de l'Iran. Un deal mais sur quoi aujourd'hui ?

Quelles sont un peu les lignes rouges par d'autres ? Et notamment côté Trump, qu'est-ce qu'il veut en priorité ? Est-ce que c'est rouvrir le détroit d'ormous qui était d'ailleurs ouvert avant qu'il lance la guerre ?

Est-ce que c'est l'uranium un accord plus tangible et en tout cas à ses yeux meilleur que celui de 2015 même si celui de 2015 était avait réglé pas mal de choses. Qu'est-ce que qu'est-ce qu'il cherche aujourd'hui ? Trump lui il veut effectivement une réouverture dumoue qui qui qui permettrait de soulager l'économie mondiale.

Il veut aussi un transfert un règlement de ces 450 kg d'uranium enrichi qui sont en Iran. on ne sait pas trop où et proche de faire une bombe pour être clair. Voilà, pas encore mais qui qui pourrait à terme faire une bombe.

Ça ce sont les demandes les demandes américaine. Le balistique on en parle plus parce qu'ils ont compris que pour les Iraniens de toute façon c'est impossible de se dessaisir du balistique parce que s'il y avait pas eu de missile aujourd'hui balistique ce sont des missiles qui peuvent aller peuvent tirer sur les pays du golf sur Israël. Pour les Iraniens, ce qu'ils veulent eux c'est une garantie de non agression.

Ils veulent pas le troisème guerre. Ils sont fait avoir deux fois en juin et maintenant alors qu'il négociaient et il y a eu une guerre. Donc ils veulent une garantie de non agression si possible cosigné paré par la Chine par le Pakistan et ils veulent aussi ils veulent surtout une levée des sanctions.

Le retour du cash qui est bloqué dans certains pays mais c'est relativement mal mais surtout une levée des sanctions économiques pour une raison très simple c'est qu'une levée des sanctions économiques, ça leur ramène de l'argent et ça relance l'économie et ça réduit la contestation qui existe au jour. Ça remet de l'argent sur la table des Iraniens et ça leur permet de tenir. Et ça leur permet de tenir.

En clair. Euh vous vous le disiez dans ces dans ces négociations, les Iraniens ne veulent pas se faire avoir une troisème fois. Est-ce que c'est aussi un des sujets dans c'est pour parler dont on narrive pas à réunir les délégations, c'est qu'il y a euh alors c'est peut-être bizarre de le dire comme ça, mais un problème de confiance de la part des Iraniens à l'égard des des Américains.

C'est un article du New York Times aujourd'hui sur l'Iran qui doute de la de la capacité même de discuter avec les États-Unis. Non, mais c'est plus c'est c'est un méga je dirais problème de confiance parce qu'il y a quand même eu deux guerres là et là c'est le gen des guerres des guerres et qui s'ajoute à 47 ans d'antagonisme he antagonisme incarnéation oui alors oui détestation mais c'est plus compliqué que ça mais en tout cas antagonisme là notamment par les Iraniens qui ressenti parce ce sont des des durs et cetera donc c'est un gros problème c'est que il y a il y a pas eu de confiance Et puis la décision américaine de bloquer les ports l'autre jour a encore affaibli cette confiance. Et donc ah oui, ce manque de confiance va jusqu'à faire dire à certains responsables notamment militaires iraniens, "N'allez pas à Islamaban parce que sinon vous allez vous faire vous allez vous faire tuer." Et donc c'est un piège comme il y a eu un piège effectivement à Oman.

Il y a eu un piège comme il y a eu un piège aussi en en juin lorsque il y a eu une réunion et que ils étaient censé préparer que Israël en a profité. Donc effectivement, il y a pas de confiance entre les États-Unis et l'Iran, on le voit. Et comme et comme les Iraniens ont tendance à à surenchérir dans la dans la fierté, dans la dans la rhtorique, et bien alors que Trump a une rhtorique complètement erratique et incohérente, de l'autre côté et bien on la susceptibilité iranienne est est froissée, on en rajoute une couche et donc ça et donc ça ne donne pas les conditions pour pouvoir avoir des négociations.

Dernière question Rivernet un élément qui est frappant même terrible, c'est que dans tout cela, on ne parle plus de la population iranienne qui était massacré, on peut le dire en janvier, qui reste terriblement opprimé sous la coupe. Qu'est-ce qu'elle peut espérer aujourd'hui ? C'est terminé les idées de changement de régime ?

Alors à leurs yeux, aux yeux de de beaucoup beaucoup d'Iraniens, le changement de régime, non c'est pas mais c'est vrai qu'aujourd'hui ils sont les grands perdants parce que parce que bien la guerre tue la contestation euh mais et pas et pas la violence du régime. pas la violence du régime qui réprime, qui multiplie les les arrestations et cetera parce que ils savent justement que cette contestation est larvé et c'est aussi pour ça que le régime doit conclure un deal et veut la lever des fonctions parce que si pardon, je vous interromps mais avec les images qu'on voyait à l'instant de la part des des agents iraniennes qui montrent aussi la vie qui reprend dans la dans cette communication dans cette propagande de manière qu'on appande c'est la réalité réité parce que ben la vie doit bien reprendre là Ce ce qui s'est passé c'est que les vacances de Norous sont terminées. Norous, c'est le nouvel an iranien.

Ce qui s'est passé aussi, c'est qu'il y a eu beaucoup d'entreprises qui ont licencié des employés parce qu'ils n'ont pas renouvelé leur contrat leur contrat durée déterminée. Et donc, il y a une aggravation de la situation économique. Et donc tout ça, ça pousse le régime aussi à dire il nous faut un accord pour ramener du cash et pour soulager les Iraniens et pour nous autres nous offrir une espèce de de d'assurance vie.

Vous entendez la musique derrière nous George Bruno ? Ça veut dire que c'est fini. Merci beaucoup en tout cas d'avoir été avec nous pour vos analyses précieuses et désormais à suivre le JT monde.

Le grand reporter Georges Malbrunot est l'invité de "Tout est politique" — Gérard Israel · Pourquijevote