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Discours / meetingNathalie Arthaud· 2 décembre 2024 4 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & familleJustice

Ce ne sont pas seulement Barnier et Macron qu'il faut faire tomber, c'est le grand patronat !

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Chapitres

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Nathalie Arthaud

Depuis une semaine, la droite, les macronistes et leurs chiens de garde médiatiques essaient de nous faire croire que la chute du gouvernement Barnier serait gravissime. Non ! Ce qui est gravissime, c'est que des centaines de milliers de salariés sont en train de perdre leur emploi. Ce qui est gravissime, c'est l'état des hôpitaux, ce sont les coupes dans l'Éducation, c'est que rien de sérieux n'est fait pour enrayer la crise climatique et que les guerres n'en finissent pas d'ensanglanter le monde. Et ceux qui s'accrochent au pouvoir derrière Barnier et Macron font partie des responsables. Alors oui, ils méritent de prendre la porte !

À quoi sert cette bande de pantins, sinon à taper sur les travailleurs en nous imposant sacrifice sur sacrifice ? On le voit avec l'aggravation brutale de la crise, ils sont incapables d'organiser l'économie. L'inflation, même si elle est moindre, continue de renchérir des produits basiques comme l'huile ou le café. Ils parlent tous et ils promettent tous la réindustrialisation du pays, mais les annonces de fermetures et les plans de licenciement massifs pleuvent tous les jours. Que font-ils contre Michelin, qui avec deux milliards de profits prévoit de fermer deux usines et de mettre à la porte 1200 salariés ? Rien !

Ils n'ont rien à dire non plus contre la famille Mulliez, qui licencie 2400 salariés chez Auchan, 150 chez Leroy Merlin et qui en même temps va empocher un milliard de dividendes de l'entreprise Decathlon ! Arcelor Mittal, un mastodonte qui emploie 15 000 salariés en France, a tranquillement expliqué qu'il allait fermer deux de ses sites et puis aussi qu'il allait abandonner la décarbonation de son usine de Dunkerque, usine qui est responsable de 5% de émissions de gaz à effet de serre dans le pays. Là encore, le gouvernement ne sait que pleurnicher et se coucher. Ces ministres sont les paillassons de la grande bourgeoisie.

Et les dirigeants de la France insoumise et du Rassemblement national qui aspirent à les remplacer ne valent pas mieux. N'ayant aucune intention de s'affronter avec le grand capital et encore moins de l'exproprier, s'ils parviennent au pouvoir, ils en seront eux aussi les grands serviteurs. Avec ou sans chute du gouvernement, rien de fondamental ne changera pour nous, travailleurs, tant que nous ne nous en mêlerons pas, en ciblant les véritables maîtres de la société. Ils ne sont ni au Parlement, ni à Matignon, ni à l'Élysée, ils sont à la tête des grandes multinationales. Et ce sont elles qui détiennent un pouvoir de vie ou de mort sur l'ensemble de l'économie.

La seule dynastie Mulliez détient 130 enseignes : Decathlon, Auchan, Norauto, Midas, Boulanger, Kiabi, Flunch et j'en oublie. Elle est à la tête d'une fortune de 28 milliards, soit l'équivalent du budget de la justice et de la transition écologique. Alors ce qu'il faudrait, c'est recommencer 1789 et exproprier ces rois des temps modernes. Et cela finira par arriver, parce qu'une poignée de parasites ne peut pas éternellement bloquer toute l'évolution de l'humanité. Aujourd'hui, des dizaines, sinon des centaines de milliers de salariés, sont au pied du mur avec les fermetures d'entreprises et les licenciements de masse.

Des millions d'autres, dans le public comme dans le privé, sont attaqués sur leurs salaires et sur leurs droits. Certains d'entre eux se sont déjà lancés dans la lutte, d'autres commencent tout juste à s'organiser pour le faire. Eh bien ils ont raison ! Ils montrent la voie pour tous les travailleurs.