Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewAfrica 24· 10 juillet 2026

L'Interview - Amélia Lakrafi, Secrétaire générale de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bienvenue sur Africa 24 du 7 au 11 juillet 2026. Yaoundé a été le centre de la francophonie parlementaire. Le Cameroun a accueilli la 51e session de l'Assemblée parlementaire de la francophonie, un rendez-vous qui a réuni près de 400 parlementaires et responsables institutionnels autour des grands défis de l'espace francophone, notamment la coopération, la démocratie, la jeunesse, l'égalité femmes-hommes, développement économique et transformation numérique.

Pour en parler, nous recevons aujourd'hui dans l'interview Mme Amélia Lacrafie, secrétaire générale de l'Assemblée parlementaire de la francophonie. Madame, bienvenue à vous sur Africa 24. Merci, bonjour.

Cameroun a accueilli la 51e session de l'APF dans un contexte international marqué par de nombreuses crises. Quel message la francophonie parlementaire veut-elle porter depuis Yaoundé ? Depuis Yaoundé, l'APF marque un temps très fort.

Nous diffusons un grand message de paix, un message d'entente, un message de communion. Et ce qui est très intéressant, c'est que nous montrons aussi que la francophonie attire et attire de plus en plus. Deux nouveaux parlements nous ont rejoints et trois nouveaux sont en train de faire la demande pour nous retrouver.

Donc nous sommes 99 parlements aujourd'hui sur cinq continents et dans très peu de temps, nous serons 104. Vous êtes secrétaire générale de l'APF depuis mars 2025. Quelles avancées concrètes ont émergé de cette session au-delà des déclarations politiques, notamment en matière de coopération parlementaire, de mobilité et de développement économique dans l'espace francophone ?

Ce qui est très concret chez nous, c'est que l'APF, le secrétaire général de l'Assemblée parlementaire francophonie, accompagne les parlementaires et les fonctionnaires des parlements en montée en compétence. Donc nous les formons. Parce que nous pensons que des parlementaires formés sont des parlementaires qui ont confiance en eux.

Et je pense que l'État de droit nous dira merci s'il peut parler. Et aujourd'hui, nous avons eu cette cinquantième session avec nos quatre commissions qui se sont retrouvées, qui ont travaillé toute la journée du vendredi. Nos deux réseaux, le réseau des femmes et le réseau des jeunes parlementaires, qui ont fait des travaux très importants le jeudi.

Donc la plénière, vendredi et samedi. Et ce qu'on est sorti très clairement, c'est des résolutions très fortes pour les femmes, donc sur les sujets violents, sexuelles et sexistes, sur la place des femmes dans le monde d'aujourd'hui. Et toutes ces résolutions, qu'elles soient pour les jeunes, pour les femmes ou pour la paix en général, il faut, et on les accompagne pour qu'elles soient traduites, traduites en loi dans chaque parlement.

Vous plaidez justement pour une francophonie plus économique et entrepreneuriale. Comment faire de l'espace francophone un véritable levier d'opportunités, notamment pour la jeunesse africaine ? Alors nous sommes attractifs aujourd'hui, et de plus en plus, ce que je vous disais en arrivant.

Et aujourd'hui, comment nous accompagnons cette organisation ? À montrer pourquoi il faut nous rejoindre et que les États rejoignent l'OIF. Parce que nous sommes l'OIF et l'APF, deux organisations qui travaillons pour améliorer, donc ce, comment dire, le rayonnement de notre langue, mais aussi les valeurs que nous portons.

Et dans les valeurs que nous portons, faire en sorte que cet espace francophone soit plus attractif. Pourquoi ? En 2060, nous allons avoir deux tiers des hommes et des femmes dans ce monde francophone qui auront moins de 30 ans.

Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui avec ces jeunes ? Quelle place ils auront ? Comment ils vont se déplacer ?

Quel métier ils vont embrasser ? Et nous travaillons là-dessus pour qu'ils aient leur place. Donc comment, aujourd'hui, nous présentons avec la commission qui s'occupe des affaires économiques, des textes de loi pour améliorer le climat des affaires.

Nous commençons par l'Afrique, mais nous allons travailler sur toutes les régions. Donc nous demandons à tous nos partenaires quels sont les blocages réglementaires et législatifs qui empêchent un bon climat des affaires. Donc qui dit bon climat des affaires dit plus de travail pour les jeunes, plus de débouchés pour les jeunes et une bonne coopération entre nos parlements dit une bonne mobilité pour nos jeunes.

C'est tout là le travail de notre organisation. La place des femmes et des jeunes a été au centre des échanges ici à Yaoundé. La francophonie est-elle aujourd'hui assez ambitieuse en matière de leadership féminin et d'autonomisation ?

J'ai envie de dire qu'elle l'est de plus en plus, vraiment. Et je peux le dire parce que depuis quelques années, nous avons de plus en plus de femmes à des postes stratégiques, à des postes importants, soit dans notre organisation, soit dans les parlements membres. Et ça c'est très intéressant et les chiffres le montrent.

Mais aussi nous accélérons nos formations de leadership pour les femmes. Donc nous avons de plus en plus de femmes parlementaires qui bénéficient de nos formations pour la prise de parole en public, pour la confiance. Et plus ces femmes suivent ces formations, plus elles se positionnent sur des postes à responsabilité.

Ce qu'elles n'osaient pas faire avant. Et nous avons aussi chez les jeunes, nous avons le Parlement francophone des jeunes, le PFJ, qui se réunit régulièrement. Et là, au Cameroun, nous avons accueilli 60 jeunes de 30 pays différents, des binômes, hommes, femmes, et des jeunes d'entre 18 et 25 ans, qui prennent leur place et qui font le même travail qu'un parlementaire, qui se mettent dans nos pas, qui se mettent dans nos chaussures et qui apprennent à faire des résolutions, rédiger des lois et les défendre dans l'hémicycle.

Et tous ces jeunes, vous les mettez en confiance, et je suis persuadée que tous ces jeunes-là vont devenir, je pense, des acteurs politiques importants à l'avenir. Vous êtes également spécialiste des questions de cybersécurité et commandante de réserve cyberdéfense. Face aux cyberattaques, à la désinformation et aux manipulations numériques, quels défis les Parlements francophones doivent-ils reléver aujourd'hui ?

Les défis sont immenses. J'ai commencé, en fait, quand on dit charité et bien ordonnée commence par soi-même. Nous avons commencé au secrétaire général à faire un audit de cybersécurité pour voir où sont nos failles.

Et il y en avait, et nous sommes en train de les régler. Et nous allons pousser pour que chaque Parlement puisse faire la même chose. Donc, c'est s'entraider dans le partage de compétences en termes de cybersécurité.

Et en cybersécurité, le plus important, c'est le partage d'informations. D'informations et de formations. Et ajouter à cela la norme.

La richesse que nous avons, pouvoir sur cinq continents avoir des normes partagées. Donc, des textes homogènes pour dire non à la désinformation, dire non aux cyberattaques et aux ingérences étrangères. Et nous avons des textes de loi que nous préparons, parce que nous avons la chance d'être, je crois, une des seules organisations de Parlement qui met à disposition de ses membres un décorpus législatif.

Donc, c'est une boîte à outils dans laquelle chaque Parlement peut venir piocher un texte et l'adapter à son pays. Et plus nous avançons sur ces sujets-là, plus nos Parlements et les pays membres seront protégés. Avant de terminer cet échange, l'Afrique représente aujourd'hui le principal espace démographique de la francophonie et devrait concentrer la majorité des francophones dans les prochaines décennies.

Comment faire de cette réalité un levier de leadership économique, scientifique et politique ? Alors, ce que je vous disais juste avant, le fait qu'on accompagne cette montée en compétence des jeunes, qu'on accompagne les pays à lever les freins réglementaires à un bon climat des affaires et continuer nos partenariats, notamment avec l'Agence universitaire de la francophonie qui a plus de 1 000 universités dans le monde entier membres, dont 120 pays, qui accompagne aussi toutes ces jeunes pour la mobilité entrepreneuriale, donc des jeunes entrepreneurs et des chercheurs. Donc, c'est ces partenariats renforcés entre l'OIF, la PF et la UF et la formation et la montée en compétence de ces parlements pour limiter les freins réglementaires et améliorer le partenariat.

Et quand je parle de force, la force du réseau et la force du dialogue, c'est ce que représente le monde francophone aujourd'hui. Merci Madame Amélia Larafi d'avoir répondu aux questions d'Africa 24. Merci à vous.

Madame, Monsieur, merci d'avoir suivi cette édition de l'interview dans un instant et une nouvelle édition de l'actualité sur Africa 24.