Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National
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BFM Politique avec Edwige Chevrillon pour BFM Business et David Ducan pour Le Parisien. Notre invitée Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National, candidate à l'élection présidentielle. Marine Le Pen, je voudrais qu'on commence par parler des vaccins qui sont un sujet d'inquiétude. Pfizer annonce un retard de livraison. En fait, Pfizer justifie ça en expliquant que nous allons réduire notre production pour pouvoir mieux l'accélérer par la suite. Est-ce que ça vous inquiète ?
Évidemment que ça m'inquiète. Ça m'inquiète, même si je ne suis pas sûre que ce soit le problème numéro un. Puisque le problème numéro un aujourd'hui, me semble-t-il, c'est le problème de comment réussir à mettre en place une logistique pour vacciner avec les vaccins que nous avons. Car semble-t-il, nous avons beaucoup de vaccins et nous n'arrivons pas à vacciner beaucoup de gens. Donc c'est donc qu'il y a un problème majeur de logistique que j'avais évoqué d'ailleurs, sur lequel j'avais posé des questions dès le début décembre. En disant qu'est-ce que le gouvernement a prévu comme logistique ?
Mais si je puis me permettre, on peut venir sur les plateaux de télévision depuis le début de la crise pour évoquer le fiasco des masques, le fiasco des tests, le fiasco de la vaccination. Mais moi, je pense qu'il faut essayer d'élever un peu le débat et de voir que doit être l'exercice du pouvoir dans des circonstances de crise sanitaire telles que nous les vivons.
C'est inédit pour dire les choses quand même.
D'accord, mais il ne vous échappe pas que moi, je n'ai pas vocation à être ministre de la Santé, que mon ambition, c'est d'être chef de l'État. Et je crois que le chef de l'État a une très lourde responsabilité dans la manière, évidemment, dont cette crise sanitaire a été dirigée. La première des questions, c'est est-ce qu'il ne faut pas rompre définitivement avec le pilotage follement idéologique qui a été choisi par le gouvernement depuis le début de cette crise ?
C'est-à-dire idéologique ?
Regardons les frontières. Souvenons-nous quand même que je demande dès le mois de janvier 2020 de maîtriser, non pas de fermer les frontières, mais de contrôler les frontières avec à l'époque les pays qui étaient les plus touchés, les régions qui étaient les plus touchées. Et puis au fur et à mesure, on voit que tous les pays du monde ont contrôlé leurs frontières, sauf la France, pour des raisons purement idéologiques.
C'est le cas désormais, depuis les annonces du Premier ministre la semaine dernière. Indurcissement en tout cas.
Oui, mais ça n'est pas vrai. Au moment où nous nous parlons tout de suite là, il y a 42 pays dont les ressortissants peuvent arriver en France sans aucun contrôle.
Donc ceux de Schengen ?
D'accord ? Sans aucun contrôle. Ce sera discuté demain d'ailleurs. Et sur ces 42 pays dont les ressortissants peuvent entrer sans aucun contrôle, il n'y a que 5 pays qui acceptent l'inverse. C'est-à-dire qu'il n'y a que 5 pays où les Français peuvent aller sans aucun contrôle. Et ça va changer. On nous dit qu'il va y avoir une réunion du Conseil. Parce que de toute façon, la France défend l'idée que les pays de l'Union européenne doivent rester totalement ouverts. C'est pour ça que vous dites idéologiques ? Bien sûr, c'est idéologique. C'est parce qu'ils défendent la libre circulation à tout prix, au prix de la santé de nos compatriotes et donc au prix de notre économie.
Car plus la crise sanitaire s'aggrave, plus les mesures de restriction de l'économie sont mises en œuvre. Regardez l'absurdité de l'Irlande. On dit « Ah, on vient de se rendre compte qu'il y a un variant britannique ». Bon, ça fait déjà quand même un certain nombre de semaines. Donc on va mettre des contrôles à la frontière britannique. Mais en Irlande, il y a une explosion du variant britannique. Eh bien en Irlande, d'Irlande, on peut venir sans aucun contrôle en France.
Madame Le Pen. Est-ce que c'est admissible cette folie ? Madame Le Pen, si vous fermez les frontières telles que vous le faites. Non, pas fermées. Si vous, en tout cas, vous rendez les choses très difficiles pour pouvoir entrer dans ce contexte sanitaire en France. Comment vous faites techniquement pour contrôler l'intégralité de nos frontières terrestres, par exemple ? Mais écoutez, comment font les autres ? Mais ils ne le font pas. Ce sont des déclarations, mais la réalité, c'est qu'on peut encore s'occuper.
C'est comme ça qu'on a sauvé la Polynésie. C'est comme ça qu'on est en train de sauver la Nouvelle-Calédonie. Les gens entrent. Il faut non seulement qu'il y ait un test, mais il y a une quarantaine qui leur est imposée. Eh bien, la Polynésie n'a pas de cas. Elle maîtrise l'épidémie. Ce sont des îles. Ce sont des îles, Marine Le Pen. C'est plus simple à gérer. Mais enfin, écoutez, commençons déjà par maîtriser les gens. qui arrivent dans des transports que l'on connaît, des avions, des trains. On ne le fait même pas. Alors, moi, je veux bien qu'à chaque fois qu'on propose quelque chose, on lui dise « Ah, ce n'est pas possible parce qu'il y a des clandestins ».
Mais commençons déjà par voir si on peut mettre immédiatement des contrôles, et pour les gens qui voyagent de manière légale, et on réglera le problème des clandestins postérieurement.
Juste, encore un mot à ce sujet, quand Jean Castex annonce ce contrôle, donc, test positif à l'arrivée pour les ressortissants hors Union Européenne qui viennent en France, juste l'isolement de 7 jours, c'est une déclaration qu'il faut faire, c'est une mesure du coup que vous trouvez bonne, enfin, qui rend le bon sens.
Mais on devrait le faire pour l'intégralité des pays. Enfin, essayez d'aller en Belgique, essayez d'aller en Italie, c'est-à-dire que vous, vous allez en Italie, vous allez être soumis à un certain nombre de contrôles très stricts, un Italien va venir en France, il n'y a aucun contrôle, rien n'est exigé. Vous voyez bien que c'est aberrant, et c'est idéologique. Moi, je vais vous rappeler une déclaration d'Olivier Véran, le 25 février 2020, il y a presque un an. Il n'y a pas lieu de fermer, en fait, de contrôler. Les frontières, les polémiques sont vaines, elles ne sont pas dignes. Ce qui nous intéresse, c'est la sécurité des Français. Ce ne sont pas, chic, les ragots de Mme Le Pen.
On a perdu un an. Eh bien, moi, je dis que l'absence de contrôle aux frontières a évidemment aggravé considérablement la situation de fragilité de notre pays par rapport à la crise sanitaire.
On va revenir sur nos questions françaises. Vous dites, j'aspire à diriger le pays, la gestion de cette pandémie et des moyens pour la combattre, David ?
On entend beaucoup d'élus locaux, les présidents de région, des maires comme celui de Dijon hier, François Répsamen, s'impatienter, s'agacer sur le rythme d'arrivée des doses, au fond, sur nos territoires. Est-ce que vous, Marine Le Pen, vous avez des informations aussi qui vous remontent des maires, Rassemblement National, à Perpignan, par exemple, Louis Alliot, à ce sujet ?
Bien évidemment. Bien évidemment, il y a une désorganisation totale. Enfin, partout où vous allez sur le territoire, vous avez des élus locaux qui vous disent qu'il n'y a aucune anticipation. Donc j'en reviens, pardon, à la vision que j'ai de la direction politique d'un pays. Gouverner, c'est prévoir. Gouverner, c'est arbitrer. Et gouverner, c'est savoir décider. Qu'a démontré cette crise sanitaire ? C'est que la démocratie administrative, ça ne fonctionne pas.
C'est que cette folie, là encore idéologique, d'Emmanuel Macron consistant à dire qu'on va gouverner avec des sachants, avec des experts, on va confier non pas aux responsables politiques élus, mais à des pseudo-spécialistes qui d'ailleurs ne sont d'accord sur absolument rien, le soin de déterminer la conduite du pays. C'est un effondrement sur le plan de l'efficacité.
Ce que vous dites n'est pas vrai, Marine Le Pen. Le Conseil scientifique conseille, et le gouvernement décide, et d'ailleurs parfois contre l'avis du Conseil scientifique.
Mais ça n'est pas vrai, monsieur, et vous le voyez bien. La plupart des décisions qui sont décidées sont annoncées par des membres du Conseil scientifique qui vont sur les plateaux. C'est pas comme ça que ça fonctionne. La réalité, c'est qu'effectivement vous avez raison, le président de la République doit écouter les médecins, et puis après il doit faire preuve de lucidité, il doit faire preuve de bon sens, il doit faire preuve de sang-froid, et effectivement c'est lui qui décide. Or on voit bien que les décisions qui ont été prises ne relèvent ni de la lucidité, ni du bon sens, ni du sang-froid. Est-ce que vous diriez ça aujourd'hui ?
Pardonnez du courage d'ailleurs, parce qu'en réalité on voit que ce gouvernement a peur d'être mis en cause judiciairement. Mais quand on a peur d'être mis en cause personnellement, on ne dirige pas un pays, si vous voulez. Donc il ne faut pas avoir peur de prendre des décisions. Or, vous voyez bien que...
Les décisions sont prises et la justice est penchée, la justice se penche sur le cas de ceux qui ont dirigé et qui ont géré cette crise, c'est le cas de l'ancien Premier ministre, c'est le cas du directeur général de la Santé.
On a eu de cesse depuis un an d'être... Les Français sont comme un bilboquet, comme une boule de billard, ça part dans tous les sens. On leur dit quelque chose, le lendemain on leur dit l'inverse, on prend une décision, on revient sur cette décision. Est-ce que vous vous rendez compte des ravages psychologiques ?
Bien sûr, vous parlez de pseudo-spécialistes, je reviens là-dessus parce que c'est très important. Les pseudo-spécialistes, pour reprendre votre expression, comme le disait David Doucan, sont des membres du conseil scientifique, ce sont des références dans leur domaine professionnel. Quels devraient être les gens qui conseillent l'exécutif ?
Le problème n'est pas là. Vous allez mettre en face de vous 5 médecins. Avec un peu de chance, vous aurez 2 avis différents. Si vous avez moins de chance, vous en aurez 5. Ce que je veux dire, c'est que le politique ne peut pas s'extraire de sa responsabilité qui est de décider. En tenant compte de l'intérêt national, on parle de l'économie et en tenant compte, bien évidemment, du bien commun. Est-ce qu'Emmanuel Macron a fait ça ? La réponse est non.
Ils prennent des décisions, pardon. Après, que vous les trouviez va et vient, pas dans le bon sens, c'est une chose. Mais lorsque l'on décide de fermer les lieux de culture, ce n'est pas une décision simple, c'est une décision. Lorsque l'on décide de dire aux commerçants en 18h, vous serez fermé, c'est une décision.
Mais vous voyez bien qu'ils dépendent en réalité des avis divergents des uns et des autres. Ils n'arrivent pas à se faire une opinion propre parce qu'encore une fois, idéologiquement, ils ont soumis leur gouvernement à un gouvernement d'experts et de sachants. Moi, j'en appelle au grand retour de la politique, de la politique responsable de celle qui sait ce qu'elle souhaite. Et ce qu'elle souhaite, c'est le bien commun, la santé de nos compatriotes. Et c'est l'intérêt national, l'économie qui doit continuer à tourner parce que sinon, évidemment, les conséquences sur la vie quotidienne de nos compatriotes, sur leur emploi, sur leur situation sociale
est dramatique. — Est-ce que vous diriez qu'aujourd'hui, c'est quand même une technocratie de la santé qui, justement, prend les décisions à la place des politiques ?
— Ça me paraît évident. Ça me paraît évident. Mais là encore, il y a à mettre en cause directement ce gouvernement, non seulement dans ce choix-là, mais encore une fois dans les choix idéologiques. Laisser les frontières totalement ouvertes, faire interdiction aux médecins de prescrire des médicaments, c'est-à-dire aller à l'encontre de la liberté de prescription des médecins, ce qui est un véritable scandale, qui vient d'ailleurs, je vous le signale, qui vient d'ailleurs d'être sanctionné par le Conseil d'État italien, saisi par les médecins italiens, qui a réaffirmé la liberté de prescription des médecins.
Idéologiquement, on continue à fermer des lits d'hôpitaux, alors qu'on est en train de nous expliquer que l'ensemble de la stratégie est déterminée par la capacité que nous avons à soigner des gens dans nos hôpitaux, à avoir des places en réanimation. Eh bien, malgré cela, on continue à fermer des lits.
David, vous parlez du retour de la politique, il y a aussi la démocratie participative qui existe dans cette crise. Le comité citoyen de vérification de la politique vaccinale a été installé hier. Quel regard portez-vous sur cette initiative, Marine Le Pen ?
Je considère qu'il s'agit d'un gadget cynique, absolument, totalement inefficace. Je pense que les Français en ont vraiment soupé de ce genre de manœuvre de communication. Pourquoi cynique ? Pardon, souvenez-vous que pour faire... Parce que je pense qu'il s'agit de gagner du temps. C'est un peu comme pour le grand débat, souvenez-vous. Emmanuel Macron est confronté à une crise sociale lourde dont il est en grande partie le responsable. Pas le seul, mais dont ses décisions ont aggravé la cuité, en quelque sorte. Qu'est-ce qu'il fait ? Il fait un grand débat. Mais c'est une forme d'escroquerie, ce grand débat. Vous savez, les escrocs, c'est quoi leur spécialité ?
C'est de gagner du temps, en réalité. Il vous dit, mais non, je vais vous payer, mais vous comprenez, ma banque m'a fait des difficultés, il faut que je récupère mon chéquier, et dès que j'aurai mon chéquier, je pourrai vous le faire. Voilà, gagner du temps. Pour vous, Emmanuel Macron est un escroc, Marine Le Pen ? Non, c'est parce que je dis que la méthode qui consiste à gagner du temps, je trouve, est une forme d'escroquerie. Et il en est de même pour cette réunion de citoyens. Expliquez-moi comment un citoyen a la capacité de mettre en œuvre logistiquement une campagne de vaccination.
Quand le gouvernement, avec les dizaines de milliers d'emplois qu'il y a dans les agences d'État, n'est même pas fichu de faire vacciner les gens qui le souhaitent. Justement, Edwige. Là encore, c'est... Non mais pardon, madame, pardon, madame, monsieur Brion, mais... Ça ne vous frappe pas quand même que depuis un mois, le gouvernement fait tout ce qu'il est en son pouvoir pour essayer de forcer les gens qui ne veulent pas se vacciner à se faire vacciner. Et en revanche, les gens qui veulent se faire vacciner, ils ne peuvent pas se faire vacciner. Vous ne croyez pas qu'on est au bout du bout de l'incompétence,
de l'incapacité, de l'impréparation ? Justement, c'est l'accompagnement des mesures du gouvernement. L'accompagnement de ces mesures, Marine Le Pen, est-ce que vous estimez, alors je sais bien que vous n'avez pas un groupe parlementaire, donc vous n'êtes pas consulté, il y a des réunions qui sont venues pour informer le Parlement. Est-ce que vous trouvez que c'est quand même suffisant ? Est-ce qu'il faudrait qu'il y ait plus de dialogue entre les parlementaires et les chefs de parti, notamment sur la question du prix, sur la question de vaccination ?
Oui, évidemment, mais si vous voulez, la décision qui a été prise par le Premier ministre serait très révélatrice. Avant, pendant un an, il y a eu des réunions avec l'ensemble des chefs de parti. Bon, je ne vous dis pas qu'ils sortaient de ces réunions des décisions, une prise en compte par le gouvernement fondamental. C'est dommage d'ailleurs parce que beaucoup de choses extrêmement intelligentes y étaient dites et on voyait bien qu'ils revenaient du terrain des problématiques qui étaient essentielles et qui étaient portées à la connaissance du Premier ministre, du ministre de la Santé, du ministre de l'Économie. Liban.
Le Premier ministre a décidé d'arrêter ces réunions et de réserver en réalité cette information au président de groupe. C'est quoi l'objectif ? Exclure Marine Le Pen parce que Marine Le Pen est la seule qui n'a pas de groupe, ce qui est d'ailleurs un scandale, mais c'est un autre sujet à l'Assemblée nationale. Donc le Premier parti de France, arrivé en tête aux européennes, eh bien ne participe pas à ces décisions sur la stratégie vaccinale. Bon, c'est volontaire. Ça ne les grandit pas. Objectivement, ça ne les grandit pas.
Et en plus, je pense qu'ils y perdent en efficacité car il me semble que le Rassemblement national, depuis le début de cette crise sanitaire, a précisément pointé du doigt tous les éléments fondamentaux dans cette crise. Et s'il avait été entendu, le gouvernement serait dans une difficulté moindre. Marine Le Pen, je voudrais qu'on continue de parler de ça et de vos propositions, s'il vous plaît. Serait en même temps plus protégé, mieux protégé.
On en a déjà parlé ensemble. Je voudrais que vous nous rappeliez quelles sont les mesures que vous mettriez, vous, en place pour les entreprises. Je parle de soutien économique pour ces entreprises. Vous jugez aujourd'hui que ce qui est fait n'est pas suffisant, en tout cas pas dans le bon sens.
Non, ça n'est pas ce que j'ai dit. J'ai, dès le premier confinement, considéré que les sommes qui étaient allouées aux entreprises, effectivement, ne m'apparaissaient pas suffisantes. Pourquoi ? D'abord parce que le parcours était complexe sur le plan administratif. Or, on sait très bien que dans un parcours complexe, les grandes entreprises ont un avantage, évidemment, parce que leurs infrastructures de comptabilité sont beaucoup plus importantes. C'est en train de se simplifier, vous le savez. Vous avez raison. C'est en train de se simplifier. Mais il reste quand même un problème majeur. C'est que tout ceci se fait sous une forme de défiance à l'égard des chefs d'entreprise.
L'idée, c'est de dire que si on assouplit, il va y avoir des fraudes.
Non, non, c'est tout le contraire. C'est exactement l'inverse. Ils vérifieront ensuite. D'abord, on donne les aides. Et ensuite, on fait les contrôles.
Oui, mais ce qu'ils ne font pas et ce que je voudrais qu'ils fassent pour aller au bout de la confiance à l'égard des chefs d'entreprise, c'est laisser les chefs d'entreprise sous l'aide de leurs experts de comptabilité, déterminer ce dont ils ont besoin. Parce que chaque entreprise n'est pas dans la même situation. Il y a des entreprises...
Mais vous êtes obligé de prendre des mesures générales, sinon, au contraire, ça deviendrait extrêmement lentement. Déjà, certains se plaignent.
Madame Chevalier, il y a des entreprises à entreprise égale. Une entreprise de 10 salariés d'un côté, une entreprise de 10 salariés de l'autre. Mais il y a les PGE, les fonds de solidarité. Il y en a qui ont des fonds propres. Il y en a qui n'ont pas de fonds propres, qui sont à flux tendu. Vous comprenez bien que celui qui n'a pas de fonds propres et qui est à flux tendu a plus de besoins que les 1500 euros, plus, etc., qui sont donnés par le gouvernement. Et celui qui a des fonds propres, on a peut-être moins besoin. Donc moi, qu'est-ce que je viens de dire ? Laissez les chefs d'entreprise dire ce dont ils ont besoin. Et vous contrôlerez, bien sûr, il faut contrôler.
Mais vous contrôlerez à posteriori, comme vous l'avez fait
pour le chômage. Pardon, Marine Le Pen, mais est-ce que ce ne serait pas beaucoup plus compliqué, du coup, beaucoup moins rapide, effectivement, et ça ne mettrait pas les chefs d'entreprise en grande difficulté, le temps de traiter chaque demande particulière ? On ne traite pas, on fait confiance. De combien...
Non, mais de toute façon, c'est pas traité, il faut y répondre. Non, mais de combien avez-vous besoin ? Moi, j'ai besoin de 20 000 euros. Bien. On vous accorde, avec, encore une fois, l'aide de votre expert comptable, on détermine ces 20 000 euros. On vous les accorde. Et on fait un contrôle à posteriori. Si vous avez demandé de l'argent dont vous n'aviez pas besoin, eh bien, ce sera comme le chômage partiel. Nous reviendrons. Vous en demandez compte. Mais faisons confiance aux chefs d'entreprise. Aujourd'hui, il y a une réalité, c'est que les décisions qui sont prises et qui ont été arbitraires... C'est ce que vous auriez fait ?
C'est ce que vous auriez fait ? Qui ont été arbitraires. Oui, c'est ce que j'aurais fait. C'est-à-dire qu'on aurait dit, il y a une sorte de guichet ouvert où j'ai besoin de 20 000 euros, on aurait récupéré 20 000 euros ?
Le confinement, madame, je souhaitais qu'il n'y ait aucun papier à remplir. Je souhaitais qu'il y ait 1 500 euros par entreprise de TPE-PME plus 1 000 euros par salarié qui soit immédiatement adressé aux entreprises pour justement éviter cette rupture de fonds propres. Mais entre nous, au passage, j'aurais évité les mesures inefficaces. Parce que fermer les petits commerces au mois de novembre, là où ils font 40% de leur chiffre d'affaires national. Alors que le rapport Fontanet a indiqué de la manière la plus claire qu'il n'y avait pas de risque supplémentaire dans les petits commerces de circulation du virus. On a donc pris une décision dont le gouvernement doit se justifier.
On ne peut pas considérer qu'il commet, il multiplie les erreurs et que bon bah ça passe.
Marine Le Pen, on marque une pause. On revient dans un instant en suite de BFM Politique dans quelques secondes en direct sur BFM TV. A tout de suite. La suite de BFM Politique avec Marine Le Pen qui est notre invitée ce midi. Et je voudrais qu'on reparle un instant de cette crise Covid avec vous, Davide.
Marine Le Pen, quelle est votre position sur l'idée d'un passeport vaccinal ?
Je suis extrêmement contre. D'abord, je suis contre parce que tout ce qui attend aux libertés individuelles m'inquiète. Voilà. Alors je vois que le gouvernement d'Emmanuel Macron a quand même une attente avec une très grande facilité aux libertés individuelles. Il cherche à obtenir d'ailleurs la possibilité de prendre des décisions qui impactent directement la liberté des Français sans d'ailleurs les soumettre s'ils peuvent l'éviter au Parlement, etc. Typiquement, c'est le projet de loi présenté par M. Castex trois jours avant Noël où il souhaitait interdire aux gens qui n'étaient pas vaccinés l'accès à toute une série d'activités, de services, ce que je trouvais absolument scandaleux.
Et puis, entre nous, compte tenu du fait que le gouvernement est incapable de vacciner ce qu'il le souhaite, parler d'un passeport vaccinal aujourd'hui m'apparaît assez ahurissant. Nonobstant le fait qu'on n'a toujours pas d'élément précis sur le fait que ce vaccin puisse empêcher d'avoir, de contracter le Covid, la Covid et accessoirement de transmettre la Covid. On sait que ça diminue ce risque de manière importante et c'est déjà objectivement très bien, mais on ne sait pas si ça préserve totalement de la possibilité d'être infecté par ce virus.
Marine Le Pen, vous avez l'exaspération, elle est croissante dans le pays, tout le monde en a marre, ça c'est sûr. Je ne sais pas si vous avez vu, il y a des initiatives notamment d'un restaurateur dans le Doubs mais qui est soutenu par d'autres chefs cuisiniers qui disent de toute manière pour se faire entendre le 1er février, nous on va rouvrir. Est-ce que vous les soutenez, vous comprenez ou vous dites non, il n'y a que la loi, rien que la loi, il faut respecter la loi.
Non mais est-ce que je comprends, bien sûr je les comprends, vous vous rendez compte dans quelle situation ils sont. Encore une fois, c'est les ravages psychologiques sur des gens qui sont travailleurs, qui ont mis leur vie bien souvent dans leur commerce, qui sont obligés de prendre des petits boulots à côté pour pouvoir payer leur reste à charge. Quand on a 15 000 euros de charge, comment on fait objectivement avec les aides actuelles de l'État ? Donc vous soutenez cette forme de désobéissance civile. Qui brade leur bien personnel. Moi je comprends qu'ils soient excédés, mais je leur dis que je ne crois pas que la désobéissance soit quelque chose de positif.
Voilà, je leur dis qu'il faut qu'ils se fassent entendre du gouvernement, qu'il faut qu'ils viennent, encore une fois, soutenir aussi les élus de terrain, qui sont le porte-voix de ces restaurateurs pour aller plaider auprès du gouvernement l'arrêt de décisions qui sont, encore une fois, arbitraires et inefficaces. Juste un mot quand même, le couvre-feu de 18 heures, on a prouvé son efficacité ?
Le gouvernement affirme que dans les départements où il existait depuis quelques semaines, les contaminations augmentent moins vite.
En tout cas, 11% d'augmentation pour les départements concernés, 28% pour ceux qui ne sont pas sur le couvre-feu de 18 heures.
Prenons les Alpes-Maritimes, parce que c'est là où ça a été mis en place, en premier quasiment, 18 heures, ça fait deux semaines. Quel impact ? Zéro.
Jean-Baptiste vient de... C'est la moyenne des départements. Ce que vous venez de dire au sujet des restaurateurs, est-ce que vous dites la même chose au secteur de la culture ? Et permettez-moi de formuler peut-être différemment la question. Est-ce que la culture est un bien essentiel, et même un bien de première nécessité qu'il faut défendre, selon vous ?
Oui, oui, cent fois oui, mille fois oui. C'est inouï, insensé, incompréhensible que les gens ne puissent pas aller au cinéma, que les gens ne puissent pas aller dans les musées, ne puissent pas aller au théâtre, alors même qu'ils peuvent aller dans des avions bondés. Non, je suis allée au Portugal la semaine dernière. Mon sang, l'avion était bondé. On avait nos masques, on était assis à touche-touche.
Or, on sait très bien que dans les cinémas, dans les théâtres, on pourrait parfaitement mettre les gens en quinconce, les mettre à un siège ou même deux sièges de différence, mais qu'on arrête de tuer un secteur entier, alors que rien ne dit, et même tout dit l'inverse, à savoir qu'il n'y a pas de risque supplémentaire à aller pendant une heure dans un cinéma avec des distances qui sont préservées, et un masque sur le visage, il n'y a évidemment pas plus de risque que d'aller dans un métro bondé, dans un avion bondé ou dans une grande destruction.
Oui, mais ce n'est pas parce qu'il y a des risques ailleurs qu'il ne faut pas limiter les risques en empêchant certaines activités.
C'est le principe de cette gestion de crise depuis le début. Mais il n'y a pas de risque supplémentaire. Le rapport Fontanet vous le dit. À quoi ça sert, encore une fois, de faire faire un rapport sur l'efficacité de mesure, si lorsque ce rapport arrive, vous dites, eh bien, je n'en tiendrai pas plus.
Moins il y a d'activité sociale, moins le virus circule.
Mais, encore une fois, sauf à enfermer totalement les gens chez eux, il faut déterminer l'équilibre entre le bien commun et l'intérêt national. Eh bien, moi, je considère que pour le bien-être des Français, pour leur équilibre psychologique, il faut prendre des mesures qui soient justes. Fermer les cinémas, fermer les musées, fermer les théâtres, ça n'est pas juste de la même manière, pardon, puisqu'on en vient à l'impact psychologique qui, sur les chefs d'entreprise, M. Vriand, vous l'avez vu, bien sûr, est catastrophique. Je crois que 40% des chefs d'entreprise ont pensé au suicide. Est-ce qu'on se rend compte de la gravité de ce sujet ? On va parler des jeunes dans un instant.
On va parler des jeunes, Marine Le Pen, dans quelques secondes. Est-ce qu'on parle des étudiants ?
On va en parler dans quelques instants. Juste avant ça,
une question liée à l'économie aux entreprises.
Une question qui est plus le volet économique, pardonnez-moi, mais puisque vous aspirez à être chef de l'État, le quoi qu'il en coûte, ça a un coût absolument gigantesque. On le voit bien, il y a déjà 100 milliards, 130 milliards, 150 milliards. Comment est-ce qu'on rembourse cette dette liée à cette crise de la Covid ?
On arrête le gaspillage insensé qui est la marque de fabrique de l'État. On arrête l'immigration massive. On arrête les 2 milliards que coûtent les mineurs non accompagnés. Le milliard de l'aide médicale d'État. On arrête, peut-être qu'on remet sur la table pour les analyser, les 1 200 agences d'État qui coûtent à l'État 80 milliards d'euros par an. Et encore une fois, on arrête d'empêcher les gens de travailler quand le fait qu'ils travaillent n'a pas de conséquences sur l'accélération de la circulation du virus.
Il n'y a pas de mesure spécifique par rapport à cette dette liée à cette crise économique sanitaire. Pardon ? Vous n'avez pas de mesure spécifique par rapport à la crise économique sanitaire au coût de cette crise économique ? D'abord, le coût de la crise économique, nous le verrons à la fin de la crise.
Si vous pouvez... Mais là, on a 200 milliards. Si vous me permettez. Oui, mais encore une fois, moi, j'ai le sentiment que nos entreprises ne sont pas en train de payer les conséquences du Covid, mais les conséquences de la gestion du Covid par le gouvernement. Donc, commençons par gérer correctement le Covid. Commençons par arrêter d'aggraver la situation économique sans aucun bénéfice sanitaire. Et permettons aux gens qui travaillent de travailler. on va évidemment contribuer à ne pas aggraver la dette.
Marine Le Pen, si vous êtes élue, vous allez récupérer ça. Vous allez récupérer ce trou abyssal.
Oh là là, oui, je le sais, oui.
Mais du coup, c'est d'autant plus important de vous demander comment est-ce que vous allez faire. Une fois, imaginons, vous êtes élue. Là, ce trou abyssal, au-delà de supprimer ces agences dont vous nous parlez, est-ce qu'il y a une mesure forte,
un axe, deux axes ? Une mesure forte. Changer radicalement le modèle économique de M. Macron, arrêter avec l'ultralibéralisme, arrêter avec la concurrence internationale déloyale, arrêter avec la perte de souveraineté industrielle qui nous coûte une fortune, y compris sur le plan sanitaire, permettez-moi. Il faut que les États... J'entends tout ça, Marine Le Pen.
Non, mais très bien. Non, mais je ne discute pas ces idées. Je dis juste, est-ce que vous les avez chiffrées ? Est-ce que vous savez ce que ça représente ? Est-ce que vous savez ce que ça permet de rentrer ?
M. J'ai fait deux présidentielles. Les chiffrages, on en a fait. Est-ce que je vais vous donner un chiffrage pour la future présidentielle ? Je le ferai, bien sûr. Mais encore une fois, je ne peux pas vous le faire aujourd'hui. Même le gouvernement, aujourd'hui, s'aperçoit que les chiffrages qu'il avait fait au début de la crise ne... Pas toujours, d'ailleurs, dans le mauvais sens. On avait parlé de 350 milliards. En réalité, on s'aperçoit que les dépenses qui ont réellement été faites sont pour l'instant en deçà de ces 350 milliards. Donc moi, je crois que c'est une économie de reconstruction que nous devons réfléchir aujourd'hui dans le cadre de la future présidentielle.
C'est un peu, si vous voulez, comme si nous avions subi une guerre. L'économie a subi des dommages comme si nous avions subi une guerre. Mais à la différence de la guerre où il faut reconstruire, il faudra, à l'issue de cette crise, réimaginer
l'ensemble du fonctionnement économique de notre pays. Marine Le Pen, vous parliez de concurrence internationale, la perte de la souveraineté française. J'ai envie de dire, heureusement, qu'on a des vaccins américains, anglais, allemands, parce qu'il n'y a pas de vaccins français. Donc vous vous dites, heureusement, qu'on puisse se faire vacciner.
Pourquoi est-ce qu'on est dans l'incapacité de faire un séquençage des nouveaux variants si ce n'est parce qu'on a totalement laissé tomber les investissements tout à fait nécessaires dans la recherche. Est-ce que je dois me réjouir, moi, que nous n'ayons pas de filière industrielle, nous n'en avons pas eu pour faire des masques, nous n'en avions pas pour faire des aiguilles de vaccins, nous n'en avons pas pour faire des gants, nous n'avions rien pour permettre à nos soignants de faire correctement leur travail. Est-ce qu'on doit se réjouir de ça ?
Ou est-ce que l'on doit quand même considérer que c'est de la responsabilité de nos dirigeants depuis 40 ans d'avoir laissé filer l'ensemble de ces industries et ça a continué, Madame Chevrillon, vous le savez, vous le savez avec Alstom, vous le savez avec Technic, vous le savez avec toutes ces entreprises qui ont été sous le mandat d'Emmanuel Macron et avec son accord vendu à des étrangers. Je me réjouis, permettez-moi, vous voyez, c'est pas souvent que je donne un bon point au gouvernement parce qu'il ne le mérite pas souvent, il faut quand même le dire. Et là, je donne un bonus, un petit bon point, si tant est que ça tienne sur la longueur à M.
le maire lorsqu'il s'oppose bien entendu à la vente de Carrefour à ce Québécois, Couchetard, qui s'appelle Couchetard, au moment du couvre-feu, j'avoue que le clin d'œil est savoureux. Mais on oublie de dire une chose, c'est que Carrefour, c'est le premier employeur privé de France, le premier employeur privé de France. C'est phénoménal et que surtout quand même un des grands actionnaires de Carrefour, M. Arnaud, a construit toute sa fortune, celle de son entreprise mais aussi sa fortune personnelle sur l'aide ininterrompue de l'État à son développement. C'est comme ça que ce monsieur remercie la France et les Français. Au tout début de son aventure.
Je voudrais qu'on avance s'il vous plaît parce qu'il reste pas mal de choses dont nous souhaiterions vous parler le temps file. Évidemment, David, on revient sur cet accord qui a été communiqué aujourd'hui entre les dirigeants du Conseil français du culte musulman.
Oui, la charte des principes de l'islam voulue par Emmanuel Macron est signée par le CFCM en voie d'être adoptée par toutes ses composantes dans la journée peut-être, nous dit-on. Ça permettra la mise en place d'un Conseil national des imams qui pourra dire si la charte n'est pas respectée, monsieur, vous n'êtes plus imam, vous perdez votre autorité. est-ce que, pour vous, c'est un pas dans la bonne direction ?
Je ne vais pas faire la fine bouche. Moi, tout ce qui va dans le sens de l'investissement d'un certain nombre de responsables religieux dans le respect des lois de la République me paraît positif. J'attends quand même que tout le monde l'ait signé, voyez-vous, parce que ceux qui ne l'auront pas signé, là, pour le coup, je pense qu'ils doivent être dissous et interdits. Ce qui me pose un problème... C'est la peine que vous lancez à monsieur Darmanach. Je vais vous dire ce qui me pose un problème dans la démarche.
Vous dites que ceux qui ne signeront pas, il faut dissoudre ?
Oui. Ce qui me pose un problème dans la démarche, c'est moi, je pense que c'est l'État qui doit dire voilà, la loi, c'est celle-là et vous allez vous y conformer. On ne va pas vous demander de faire un texte pour voir si éventuellement vous acceptez de bien vouloir respecter les principes constitutionnels français. Voilà. Il y a des principes constitutionnels et vous allez vous y soumettre. Et ce n'est pas une demande, ce n'est pas un conseil, c'est un ordre de la part de la République française. Mais si que certains veuillent y participer de cette manière, encore une fois, je m'en réjouis.
Mais est-ce que vous vous rendez compte quand même qu'on discutait dans cette charte que d'ailleurs elle a failli ne pas être signée, que le recteur de la mosquée de Paris a claqué la porte parce qu'un certain nombre de structures souhaitaient maintenir, indiquer dans la charte que l'État français était islamophobe. Parce qu'ils ne souhaitaient pas qu'on supprime la criminalisation de l'apostasie. L'apostasie, c'est la possibilité de changer de religion. Eh bien, ils considéraient qu'on devait continuer à criminaliser le fait de quitter la religion musulmane. Est-ce que vous voyez comme on est loin quand même de nos principes républicains
et des principes de la République ? Restons un instant sur cette charte. Est-ce que, je ne sais pas si vous avez vu l'amendement d'Aurore Berger, la députée des Yvelines, un amendement pour interdire le port du voile pour les petites filles ? Est-ce que vous pourriez soutenir cet amendement ?
Je vais d'autant plus le soutenir que moi je suis pour l'interdiction du voile dans l'espace public de manière générale, mineure et majeure. Donc évidemment, je vais soutenir cet amendement, bien sûr. Mais je note, je note en réalité que l'ensemble des amendements de ce type, et j'en ai un certain nombre à déposer, eh bien, vont être considérés comme, vont être invalidés. Ils vont être considérés comme des cavaliers législatifs. C'est d'ailleurs ce que l'entourage de M. Macron a d'ores et déjà annoncé. Ils ne veulent absolument rien changer véritablement à la situation.
Et ils ne nous permettront pas, nous autres députés, de quelque, d'ailleurs, chapelle que nous soyons, de pouvoir mettre en place un texte de lutte contre l'islamisme. C'est la raison pour laquelle, moi, je considère que ce texte sera inefficace, celui de M. Darmanin, et que je vais donc déposer et présenter, juste avant son étude à l'Assemblée, un contre-projet. Moi, le mien, il est simple, et il est clair. Il dit clairement les choses. Projet de loi, de lutte contre l'islamisme. Voilà, c'est clair. Ce n'est pas le séparatisme, ce n'est pas le renforcement des principes républicains. Non, c'est la lutte contre l'idéologie islamiste, qui est une idéologie totalitaire et meurtrière.
Je vois que le gouvernement ne souhaite pas le faire, et donc je n'ai pas confiance dans le gouvernement et dans sa capacité à lutter efficacement. Je vous signale d'ailleurs, pardon, c'est important pour ceux qui nous écoutent. Voilà un gouvernement qui dit que c'est un sujet fondamental. On va faire un projet de loi. Et on s'aperçoit que le débat au Parlement va être un débat législatif programmé. Ça veut dire quoi ? Eh bien, ça veut dire que chaque député du Rassemblement national sur l'ensemble de l'étude du projet de loi aura deux minutes pour s'exprimer. Y compris alors même qu'il dépose des amendements fondamentaux à ce texte.
Nous aurons en tout et pour tout chacun deux minutes pour nous exprimer. Eh bien, cette vision-là de la démocratie qui est celle d'Emmanuel Macron n'est pas la mienne.
Marine Le Pen, hier, vous avez fêté un anniversaire. D'ailleurs, je ne sais pas si vous l'avez fêté. Dix ans à la tête du Front national puis du Rassemblement national. Vous portez quel regard sur ces dix années qui viennent de s'écouler ?
Je pense qu'on a fait beaucoup de chemin. On a fait beaucoup de chemin. Le Rassemblement national était dans une situation difficile en 2010. Il sortait d'une séquence électorale de 2007 qui aurait pu entraîner d'ailleurs la mort de notre mouvement. Aujourd'hui, nous sommes un des deux grands mouvements français. Nous sommes arrivés en tête à des élections nationales à plusieurs reprises, aux régionales, aux européennes. Aujourd'hui, nous abordons cette élection présidentielle avec l'espoir chevillé au cœur de la gagnée. Et par conséquent, je ne peux évidemment que regarder positivement les dix dernières années.
Bien sûr qu'il y a des choses que nous aurions pu réussir mieux encore et nous allons nous y atteler d'ailleurs, renforcer encore et accélérer notre implantation locale, mettre en œuvre ce rassemblement qui a donné déjà ses fruits mais qui doit être plus large encore pour pouvoir gagner l'élection présidentielle. Mais je n'ai pas à rougir des dix dernières années d'un mouvement qui, pardon mais, un peu envers et contre tous quand même, un peu, on peut le dire, réussit à se hicher à une place qui est une place essentielle dans la vie politique. Je crois que,
Marie Le Pen, que vous avez sur ces dix dernières années tout de même un regret. C'est la rupture avec votre père et le retentissement qu'elle a eu médiatiquement et vis-à-vis de tous nos concitoyens qui ont suivi tout ça à l'époque. Jean-Marie Le Pen qui déclare dans Le Parisien j'ai semé, elle a récolté mais en agriculture il faut ressemer. Est-ce que vous, d'abord, vous me confirmez que c'est un des regrets de ces dix dernières années et que pensez-vous de cette récente déclaration ?
Mais bien sûr que c'est un regret. Vous savez, moi, j'ai horreur des divisions. Je vais vous dire. J'ai horreur des divisions. Je n'aime pas le conflit. Je n'aime pas quand des gens qui pensent la même chose se retrouvent à s'opposer parce que je pense que la France a véritablement besoin d'unité au contraire et que tous ceux qui ont, avec le Rassemblement national, les mêmes idées sur les éléments fondamentaux de la souveraineté, de l'indépendance, de la maîtrise de nos frontières, de l'aide à nos TPE-PME, de la défense de notre culture et de notre identité doivent évidemment se réunir, nous rejoindre et nous aider. Nous aider aussi à accéder au pouvoir.
Donc oui, bien entendu, c'est un regret. Mais nous avons continué à semer. Nous avons semer car tous les sujets qui sont au centre du débat politique français. Ce sont les sujets fondamentaux que le Rassemblement national, le Front national et le Rassemblement national ont mis au cœur du débat. Excusez-moi, mais la lutte contre la mondialisation sauvage, c'est nous. À l'époque, tout le monde était mondialiste. le localisme, c'est nous, la démétropolisation, c'est-à-dire le rééquilibrage entre les grandes villes et les campagnes qui sont abandonnées. C'est nous, la lutte contre l'immigration, contre le fondamentalisme islamiste.
Il y a un point important quand même dans ces dix ans, il y en a plein, mais il y a un point très important. Évidemment, vous-même, vous l'évoquiez un peu pour la première fois dans un débat, dans un documentaire qui va être diffusé sur la LCP demain soir, c'est le fameux débat face à Emmanuel Macron. Quand est-ce que vous vous êtes rendu compte que vous étiez en train de partir un peu en vrille pendant ce débat ou pas ?
Je n'aime pas ce genre de terme.
Encore une fois,
on peut échouer dans un exercice, mais encore une fois, vous dites que c'est un élément fondamental. Je ne crois pas que ce soit un élément fondamental. L'élément fondamental, c'est le combat mené, non pas dans les dix dernières années d'ailleurs. Et permettez-moi de donner un coup de chapeau à mon père. C'est un rendez-vous très important lors d'une élection présidentielle, vous le savez. Mais lors des presque 50 dernières années, car la réalité, c'est que d'ici quelques mois, nous allons fêter les 50 ans du Front National
de devenir Rassemblement National. Revenons sur le débat. Ma question était sur le débat. Est-ce que ça veut dire que dès maintenant, vous allez vous préparer au débat présidentiel ? Vous êtes en train de vous préparer ?
Je ne vais pas me préparer maintenant à un débat qui va avoir lieu dans 18 mois, soyons raisonnables. Mais ce qui est sûr, c'est que j'ai analysé les erreurs stratégiques que j'avais pu faire. et l'état d'esprit dans lequel j'avais abordé ce débat. Et bien entendu, j'en tiendrai compte. Mais moi, aujourd'hui, ce sur quoi je travaille, c'est sur la fiscalité, parce que les Français n'en peuvent plus d'être écrabouillés par cette fiscalité.
C'est sur les moyens de la croissance et du patriotisme économique, de l'arrêt de la concurrence déloyale, dont je vous parlais tout à l'heure, internationale, de la sécurité dont on n'a pas parlé, c'est quand même dommage, de l'arrêt de l'immigration dont on n'a pas parlé, c'est quand même dommage. Vous aurez des meetings pour me tenir le discours. Là, c'est une interview. C'est une interview. Il faut que nous puissions vous poser des questions. Non, mais je vais vous dire le problème. Le problème aussi, si vous voulez, c'est que la France est confrontée à des enjeux majeurs et que cette crise sanitaire, en réalité, elle écrase tout le reste.
C'est-à-dire qu'elle écrase totalement le problème de l'immigration. Elle écrase le plan de Mme Schiappa qui consiste à aller dispatcher des migrants dans l'intégralité des régions françaises. Elle écrase le plan des migrations qui est en train de se décider à l'Union européenne.
Vous n'êtes pas à la tribune. C'est une interview et nous avons encore quelques questions. C'est une interview. Je suis censé défendre mes idées. Je fais de le faire. C'est une interview qui prend fin maintenant. Une dernière. Vous êtes candidate à la présidentielle pour la troisième fois. Marie Le Pen, ne craignez-vous pas d'être vous-même victime du dégagisme en 2022 ?
Non, je ne crois pas du tout. D'abord parce que je pense que ça va être quand même la présidentielle de la solidité, justement. La nouveauté, celui qui arrive de nulle part, qui est bien coiffé, qui présente bien sur les couvertures de magazines, je pense que les Français ont compris que c'était dangereux. Merci beaucoup Marine Le Pen. Et que peut-être que c'était décevant. La solidité, la pugnacité, la persévérance, la clarté, la lucidité, c'est à mon avis cela que les Français attendront.
Merci beaucoup. Merci d'avoir été avec nous ce midi dans BFM Politique. Merci Edwige. Merci beaucoup David. Dans un instant, en faire suivante, Dominique Rizet, Philippe Godin, je vous retrouve à 18h pour BFM TV SDA. A tout à l'heure. A tout à l'heure.
Marine Le Pen