Hommage au couple Manouchian et guerre en Ukraine... Le 8h30 franceinfo de Fabien Roussel
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Bonjour Fabien Roussel. Bonjour Jean-Rémi Baudot et Agathe Lambret. A Misak Manouchian, la patrie reconnaissante, ce soir, 18h30, le résistant communiste arménien va faire son entrée au Panthéon avec son épouse Mélinée. La France reconnaît enfin tous ceux qui ont œuvré pour la libération, de se libérer de l'Allemagne nazie.
Oui, beaucoup de grandes figures de la résistance étaient au Panthéon. Et on y trouve tous les mouvements, que ce soit les gaullistes, les catholiques, les francs-maçons, il manquait la résistance communiste. Et c'est pour ça que, pour moi, pour nous, c'est un honneur aujourd'hui que la résistance communiste entre enfin au Panthéon. Oui, il était temps qu'enfin nous rentrions au Panthéon, que la résistance communiste rentre au Panthéon. Et c'est un honneur pour nous qu'elle soit représentée par Misak Manouchian, ces 23 étrangers et nos frères pourtant, comme a écrit Aragon, parce qu'ils nous représentent tellement à travers leur parcours, leur engagement, leurs différences.
Et c'est un honneur pour nous. Et c'est une réparation parce que nous n'y étions pas aux côtés de Jean Moulin, de Germaine Tillon, de Geneviève Antonios de Gaulle, de Jean Zé, de Pierre Brossolette, de Joséphine Baker. Nous n'y étions pas. Et nous y sommes enfin.
Fabien Roussel, c'est la résistance communiste et la résistance étrangère aussi. Et à travers Misak Manouchian, c'est le groupe des 23, des Juifs, des Hongrois, des Polonais, des Italiens qui font leur entrée au Panthéon. C'est la reconnaissance de la résistance communiste et étrangère. Pourquoi cela a pris autant de temps, selon vous ?
Mais ça, il faut l'interroger. Les présidents de la République précédents, je sais que ça avait été mis à l'ordre du jour sous la présidence de François Hollande et il n'y a pas accédé. C'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, c'est le président actuel qui le fait. Et je le dis, je remercie le président de la République d'avoir répondu à cette demande de ses historiens, de Pierre Ouzoulias, sénateur communiste, petit-fils d'Albert Ouzoulias, le commandant André, qui a survécu parce que Joseph Epstein, qui faisait partie du groupe Manouchian, le chef des FTP-MOI, n'a pas parlé sous la torture. Pierre Ouzoulias, sénateur, vit grâce à lui. Et donc, pourquoi ça n'a pas été fait ?
Je ne sais pas. C'est fait aujourd'hui. Je ne veux pas polémiquer. C'est fait aujourd'hui. Et je remercie le président de la République d'en faire un hommage national. J'étais hier au Mont-Valérien. J'ai veillé le corps de Missac Manouchian, avec Cécile Kukerman, Jean-Paul Lecoq et Pierre Ouzoulias, au nom du Parti communiste français. Et c'est extrêmement émouvant de voir l'honneur militaire, les champs, la garde républicaine et toute la nation rassemblée pour rendre hommage à ces hommes jeunes pour certains, étrangers qui ont donné leur vie pour que nous puissions vivre libres en République.
Ce qui est intéressant, c'est que les Français connaissaient parfois plutôt l'affiche rouge à travers parfois les cours à l'école, à travers aussi la littérature, la poésie, la musique, les arts. Mais il manquait parfois derrière ces images des noms. Et c'est finalement le nom de Missac Manouchian qui se détache. C'est vraiment important de mettre des noms derrière cette affiche, en fait. Parce que les Français, honnêtement, disons-le, pour l'instant, vous auriez demandé dans la rue il y a deux semaines à quelqu'un, Missac Manouchian, on ne connaissait pas.
Bien sûr, c'est pour ça que cet hommage national de tout un peuple et un pays est important. Parce que, de la même manière que l'entrée de Jean Moulin au Panthéon et ce discours d'André Malraux a fait vibrer la France entière et l'a fait vibrer encore aujourd'hui et a fait de Jean Moulin un des héros de la résistance. Et on a besoin de pouvoir raconter cette histoire à travers des visages d'hommes et de femmes. Je pense à Olga Bontchik qui a été décapitée, elle, puisque les femmes étaient aussi très présentes dans la résistance.
Elle n'a pas été exécutée avec les autres, mais... Voilà.
Elles ont été un lourd tribut aussi, ces femmes résistantes, mères de famille parfois. Et donc, il faut y mettre des visages et il faut y mettre une histoire. Et un pays n'a pas d'avenir s'il ne sait pas d'où il vient et comment il s'est construit. Le peuple de France, la nation française, s'est construite aussi à travers l'engagement de ces hommes et de ces femmes qui, dans leur diversité d'opinions et de confessions religieuses, la communauté juive s'est fortement engagée. Elle était engagée au Parti communiste français pour défendre la République et contre la répression qu'elle subissait. Et c'est pour ça qu'ils sont si nombreux.
Je pense à Henri Krasucki, qui est devenu le secrétaire de la CGT ensuite, qui a été déporté, qui était engagé aussi. Et donc, il faut connaître cette histoire parce que c'est celle qui nous a forgés. Ce sont les mêmes qui ont écrit, qui ont fondé le Conseil national de la résistance. Et c'est ce Conseil national de la résistance qui a unifié les mouvements, qui a écrit le programme des jours heureux que j'ai emprunté aux élections présidentielles.
Mais ce programme des jours heureux, imaginez-vous un seul instant, qu'ils étaient en guerre, occupés, pourchassés, et qu'en même temps, qu'ils s'attaquaient à la collaboration à l'extrême droite et aux nazis, en même temps, ils écrivaient la France dans laquelle ils rêvaient de vivre avec la Sécurité sociale, avec EDF, avec la SNCF. Ils ont écrit tout cela. Ils avaient de l'audace et de l'ambition.
Et Fabien Roussel, le groupe Manouchian a été composé d'étrangers. Il y a cette dernière lettre de Manouchian à sa femme Mélinée qu'il signe de son prénom français, Michel, juste avant d'être fusillé. Il y a cette phrase qu'il lance aux collaborateurs français lors du simulacre de procès du groupe Manouchian. « Vous avez hérité de la nationalité française. Nous, nous l'avons méritée. » Cette nationalité, il l'avait demandé deux fois. Il ne l'avait pas obtenue. C'est ça, être français de préférence, comme dit Emmanuel Macron, qui reprend les mots des poétaires. Tout à fait.
Et ça résonne avec les débats que nous avons en France, forcément. Et c'est pour cela que nous, communistes, hommes et femmes de gauche, nous disons que la nationalité ne s'acquiert pas seulement par le sang. C'est aussi une construction politique. Elle s'acquiert par l'engagement, par l'accueil d'hommes et de femmes qui, comme Missac et Mélinée, ont fui le génocide arménien et qui font le choix, une fois en France, d'épouser les valeurs de la République et de les défendre. Mais nous avons les mêmes cheminements aujourd'hui dans notre pays, avec des hommes et des femmes qui, ou fuient la guerre, la répression, viennent en France et en France, servent le pays.
Je pense à toutes celles et ceux qui, il y a 60 ans, ont construit notre pays, creusé les métros, construit les tours, et ceux qui, encore aujourd'hui, y travaillent, dans nos hôpitaux, dans nos usines, ramassent nos poubelles ou nous soignent. C'est, nous devons avoir le même esprit de construction de la citoyenneté française. Nous sommes une nation et un peuple qui s'est bâti sur cette histoire. Ne l'oublions jamais.
Alors, on va parler des conséquences et un petit peu de tout ce qu'il y a autour des polémiques politiques qu'il y a autour de cette célébration ce soir. Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste. On se retrouve dans un instant, juste après le fil info de Sophie Echêne à 8h40. Nous sommes à trois jours de l'ouverture du salon de l'agriculture à Paris et le gouvernement tente d'apaiser les tensions. Emmanuel Macron recevait hier le président de la FNSEA. Ce matin, c'est Gabriel Attal qui donne une conférence de presse pour présenter les contours du projet de loi agricole. Le Premier ministre prendra la parole d'ici une vingtaine de minutes.
En attendant, les agriculteurs restent mobilisés avec une opération coup de poing à Vesoul hier soir. Une trentaine de producteurs de lait ont arrêté et siphonné un camion de Lactalis. Ils accusent le géant laitier de ne pas respecter la loi Egalim et réclament une rémunération décente. L'ONG Foodwatch porte plainte contre Nestlé Waters pour fraude massive ainsi que contre Source Alma, un autre géant de l'eau. Les deux groupes sont soupçonnés d'avoir traité illégalement leurs eaux en bouteille et de les avoir vendues sans prévenir les consommateurs. Sans prévenir les consommateurs.
Un trafic quasi normal sur les rails vendredi et samedi malgré un appel à la grève des aiguilleurs une semaine après la mobilisation très suivie des contrôleurs. France Info Le 8.30 France Info Agathe Lambret Jean-Rémi Baudot
Toujours avec Fabien Roussel secrétaire nationale du Parti Communiste. On parlait à l'instant de la dernière lettre de Missak Manouchian à sa femme. Ce qui est frappant aussi pour terminer juste d'un mot c'est que dans cette lettre il y a un message de paix et Missak Manouchian dit qu'il n'a aucune haine vis-à-vis des Allemands.
Tout à fait. Ces militants communistes qui s'engagent dans l'armée de la libération le font sans haine et sans haine du peuple allemand. Ils le disent et ils l'écrivent. Et c'est aussi un symbole fort qu'il faut connaître et partager. C'est-à-dire que pour nous la résistance pour la libération de notre pays n'a jamais été de tuer des civils innocents de s'en prendre à des femmes ou à des enfants. Et vous voyez bien ce à quoi je fais référence. Vous faites référence au Hamas ? Bien sûr.
C'est que la résistance pour libérer son pays doit se faire avec une haute ambition pour le combat que l'on mène et ça doit se faire avec de l'humanité de l'humanisme et avec des objectifs qui doivent être de s'en prendre à des militaires. C'est ce qu'ont fait Missak Manouchian et ses camarades. Et c'est pour ça que célébrer cette résistance et la manière dont ils l'ont menée en s'en prenant à des soldats. Je pense au colonel Fabien je porte son nom en son honneur qui fut le premier à tuer un soldat allemand. Un soldat allemand. Leur combat c'était ça. C'était faire des sabotages. C'était donc de s'en prendre à l'opération militaire et à des militaires. Jamais à des civils.
Jamais la résistance ne s'en est prise délibérément. Certainement on me dira il y a eu un tel qui est mort. Ce sont des dommages collatéraux. Mais les civils n'ont jamais été une cible une cible à part entière.
Vous vous distinguez en ce sens du nouveau parti anticapitaliste ou de Daniel Obono l'insoumise qui ont qualifié eux le Hamas de mouvement de résistance. Marine Le Pen a décidé de se rendre à cette panthéonisation malgré les réserves affichées du président. Est-ce sa place ?
Je ne souhaite pas rentrer dans cette polémique parce qu'aujourd'hui l'hommage de la nation c'est à Misak Manouchian à ses 22 camarades et c'est d'eux dont je souhaite que nous parlions et pas d'elle.
Mais là où vous invoquez les racines du parti communiste à l'époque la place des communistes dans la résistance comment ne pas faire le lien avec ceux qui ont par exemple fondé le Front National des anciens Waffen-SS
des anciens collabos ? Elle a présidé le Front National qui a été fondé par son père et par Pierre Bousquet ancien Waffen-SS de la division Charlemagne et c'était ses soldats qui préféraient porter l'uniforme allemand à l'époque. Elle a présidé ce parti et donc c'est son parti qui a du sang sur les mains. C'est à elle de juger si sa présence est là. Le fait d'être devenu le Rassemblement National n'a pas changé ? Pour ma part je ne me verrais pas aller à l'enterrement d'anciens membres de l'OAS d'anciens dirigeants de l'extrême droite française de l'extrême droite française qui ont pu torturer en Algérie voilà mais
Elle en est l'héritière de ce parti Fabien Roussel mais en est-elle responsable ?
Quand on préside le Front National elle a présidé le Front National elle en est non seulement l'héritière politique mais même l'héritière de sang c'est quand même la fille de son père Elle a aussi exclu son père
Elle n'est pas membre de l'arc républicain
selon vous ? Aujourd'hui moi je suis un pacifiste je ne manie pas l'arc ni les flèches Vous n'êtes pas adepte de ce concept ?
Non je suis je suis très attaché à ce que la mémoire de notre pays nos jeunes générations la connaissent et je voudrais en profiter pour dire un mot aux familles des mineurs du Nord-Pas-de-Calais qui ont eux aussi perdu des proches dans cette guerre je pense à Eusebio Ferrari l'italien à Tadeo Sici le polonais René Denis le français tous les ans dans ma circonscription je leur rend hommage ils avaient 20, 21, 22 ans ils sont morts en février 1942 et cette jeunesse résistante n'était pas vouée à mourir ils ont pourtant perdu la vie et c'est à eux et à tout cela dont il faut parler il faut penser aujourd'hui le reste c'est de la polémique et je ne veux pas y rentrer
Fabien Roussel il y a aussi la question de la présence des insoumis aux hommages des victimes du 7 octobre ou à Robert Bernatter qui s'est posé car les familles ne souhaitaient pas cette présence avez-vous compris qu'ils s'y rendent malgré tout ?
ce n'est pas mon sujet
ce n'est pas votre sujet
mais non ce n'est pas mon sujet je veux dire chacun est face à ses propos et quand on quand on fait une déclaration quand on parle on sait ce que ça peut provoquer comme émotion chez des familles qui ont perdu des proches des victimes et donc vous savez quand on écrit un tract comme je dis chez moi le papier il se laisse faire mais il faut s'imaginer qu'on le dise devant la personne qui elle peut être directement concernée et donc il faut quand on fait de la politique on doit rester humain et sincère et penser à ça aussi
votre réaction qui montre bien que la gauche aujourd'hui est en ordre dispersé elle l'est aussi notamment en vue des européennes avec chacun un peu ses idées Raphaël Glucksmann tête de liste des socialistes européennes a estimé lundi que la France je cite devrait être totalement passée en économie de guerre au vu de la situation en Ukraine vous vous aviez demandé un débat à l'Assemblée nationale autour de livraison d'armes à Kiev il soutient plus l'Ukraine que vous Glucksmann en appelant à cette économie de guerre
permettez-moi de prendre un peu de hauteur sur le sujet parce que la situation est particulièrement grave nous allons fêter les deux ans de guerre ce 24 février entre 300 et 500 000 morts aux portes de l'Europe en dépit d'un soutien militaire sans précédent 275 milliards d'euros venant des Etats-Unis de l'Union Européenne et aujourd'hui notre sécurité nos libertés sont toujours menacées menacées par Poutine et les extrêmes droites européennes qu'ils soutiennent mais menacées aussi par le fait que les Européens n'ont jamais assuré la sécurité de l'Europe parce que nous nous sommes toujours soumis aux Etats-Unis et à l'OTAN et les élections européennes avec la menace de l'élection de Trump montrent ô combien nous sommes fragilisés mais ça ne raconte pas à la question de faut-il armer l'Ukraine et c'est la raison pour laquelle je finis c'est la raison pour laquelle aujourd'hui quand j'entends les messages guerriers du chancelier allemand ou du chef d'état-major britannique qui dit qu'il faut se préparer que l'Europe se prépare à la guerre j'interroge les jeunes qui nous écoutent les travailleurs les salariés en âge d'aller se battre est-ce qu'il est-ce que nous devons nous préparer nous attendre à ce que nos pays nous demandent de nous engager dans une guerre un troisième conflit mondial mais la guerre elle est là
il faut arrêter de livrer justement
tout doit être fait pour empêcher cette escalade guerrière trouver les voies de la paix les chemins pour un cesseur
mais quand
Jean Jaurès appelait à la désescalade en 14 la guerre était évitable mais par le jeu complexe des alliances la guerre a eu lieu et il y a eu 10 millions de morts faut-il attendre qu'il y ait des millions de morts en Europe pour dire plus jamais ça et c'est pour ça que je voudrais dire ici solennellement fortement plus jamais ça maintenant je ne veux pas ça veut dire quoi il faut passer un pacte avec Poutine je ne veux pas que nos enfants les hommes et les femmes de notre pays d'Europe que la jeunesse européenne soit engagée demain il faut signer un pacte avec Poutine c'est j'appelle à la tenue d'une conférence d'Helsinki comme celle qui s'est tenue en 73-75 qui en pleine guerre froide et de tension avait réussi à réunir les pays européens avec l'URSS mais aussi les Etats-Unis et là on n'est pas en guerre froide on est en guerre ouverte oui mais d'accord aux portes de l'Europe mais jusqu'où doit-on aller je vous pose cette question est-ce que nous voulons est-ce que les chefs d'Etat doivent être à la tête d'une coalition guerrière ou est-ce que nous devons construire une coalition pour le cessez-le-feu et la paix donc il faut une solution
négociée mais ça veut dire que l'Ukraine va devoir faire des concessions Fabien Roussel je souhaite non mais concrètement
j'y vais je souhaite que nous puissions en même temps assurer la sécurité de l'Ukraine et lui donner les moyens de se défendre contre l'envahisseur donc on continue
de livrer des armes
à l'Ukraine je sais d'où je viens et quand nous parlons de résistance nous savons ce que c'est que résister
la France a eu raison de signer un accord de sécurité avec l'Ukraine sur une durée de 10 ans
la France a raison la France a raison l'Union Européenne a raison d'aider un pays qui est envahi donc on continue
à livrer des armes
mais mais mais aujourd'hui plutôt que de se projeter dans une guerre qui pourrait durer ils le disent encore 2 ou 3 ans s'embraser devenir mondial certains l'appelant de leur vœu je souhaite que nous mettions notre énergie que nous coalisions les diplomaties pour peser sur des négociations politiques et mettre sur la table très concrètement un le retrait des troupes russes mais aussi le statut de neutralité pour l'Ukraine il faut accéder à cette demande je le dis l'Ukraine nous ne pouvons pas accéder à la demande de l'Ukraine de rentrer dans l'Union Européenne et dans l'OTAN donc d'une certaine manière vous vous pliez aux exigences et nous voyons combien de se mettre sous le parapluie de l'OTAN est lourd de danger parce que demain si Trump est élu comment nous assurons notre propre sécurité collective et c'est pour ça que j'appelle à ce que les Européens s'unissent pour construire cette sécurité collective nos armées elles devraient être plutôt mises au service de nos propres sécurités dans le cadre d'une coopération entre nous militaires mais visant à garantir notre propre sécurité pour éviter la guerre la paix ça se construit c'est une construction politique ce n'est pas un slogan un vœu pieux et c'est pour cela que je souhaiterais que l'ensemble des chefs d'état et des peuples se mobilisent pour ça et la jeunesse je dis un dernier mot moi j'ai en souvenir la guerre américaine au Vietnam ce sont les jeunes américains qui se sont emparés de ce conflit et qui ont fait en sorte de peser aussi sur leur gouvernement et la jeunesse c'est pour moi l'espoir pour la paix en Europe et c'est ça elle qui doit dire nous ne voulons pas faire la guerre nous voulons construire la paix
Fabien Roussel secrétaire nationale du parti communiste on se retrouve dans un instant juste après le fil info de Sophie Echen à 8h52 Alors résistant arménien et communiste Misak Manouchian va entrer au Panthéon ce soir 80 ans jour pour jour après avoir été fusillé par les nazis sur le mont Valérien il sera accompagné de son épouse mais l'inné il était temps salut sur France Info le chef du parti communiste Fabien Roussel il manquait la résistance communiste au Panthéon c'est un honneur pour nous jusqu'à 11 ans de prison requis contre les 7 accusés au procès des attentats de Trèbes et Carcassonne il y a 6 ans l'assaillant Redouane Lagdim avait tué 4 personnes dont le colonel Arnaud Beltrame avant d'être abattu par la police en déplacement à Toulouse hier soir le ministre de la Santé Frédéric Valtoux dénonce une grave crise à l'hôpital de Purpan au sein des services psychiatriques depuis le début de l'année l'établissement a subi un incendie déclenché par un patient une agression sexuelle ainsi qu'un suicide Thierry Breton le commissaire européen au numérique met en garde le réseau social X après des suspensions de comptes arbitraires dit-il comme celui de Yulia Navalnaya la veuve d'Alexei Navalny l'opposant au pouvoir russe mort en prison vendredi dernier France Info Le 8.30 France Info Agathe Lambret Jean-Rémi Baudot
Fabien Roussel secrétaire nationale du parti communiste vous parliez de notre soumission à l'OTAN vous vouliez sortir de l'OTAN et même la démanteler dans votre programme présidentiel avec la guerre est-ce que vous avez définitivement enterré cette idée où après la guerre c'est toujours
une possibilité ? cette menace de guerre qui pourrait s'embraser toute l'Europe et le monde elle existe et nous voyons bien comment l'Europe s'est mise sous le parapluie de l'OTAN depuis 1945 l'Europe les pays européens comptent sur les Etats-Unis pour nous défendre et nous voyons bien combien c'est fragile aujourd'hui si Trump est élu demain et qu'il dit c'est fini l'OTAN c'est fini de protéger les Européens qui se débrouillent mais vous voyez bien qu'on ne peut pas compter là-dessus
est-ce qu'il ne faut pas rentrer en économie de guerre comme dit Raphaël Glucksmann et c'est pour ça que je dis c'est pour ça que je dis
que c'est une faute c'est pour ça que je dis que c'est une faute de s'être soumis à l'OTAN et aux Etats-Unis et que nous aurions dû depuis des années construire notre propre sécurité collective maintenant que ce soit Raphaël Glucksmann ou d'autres qui appellent à nourrir la guerre à se préparer à alimenter ce conflit
c'est un vat en guerre Raphaël Glucksmann comme disent les insoumis
oui bien sûr c'est ceux qui aujourd'hui sont prêts à souffler sur les braises quand tout doit être fait pour éteindre l'incendie vous savez ceux qui appellent à aller faire la guerre c'est rarement ceux qui la font moi je me positionne toujours en imaginant ceux qui auront l'affaire j'ai des enfants chacun d'entre nous peut imaginer ça chacun se souvient des images de la France dévastée et en 14-18 et en 39-45 ma région à chaque fois a été envahie parce que chez nous on n'a pas les montagnes donc ça passe par le nord j'ai ces images mais faut-il pour cela
se soumettre à Vladimir Poutine nous avons
nous devons retenir les leçons de l'histoire qui aurait signé en 14 en 14 qu'il y aurait 10 millions de morts à l'issue de cette guerre l'aurait-il fait cette guerre à ce prix 60 millions de morts à l'issue de la seconde guerre mondiale nous sommes aujourd'hui au 21ème siècle est-on prêt à signer et à s'engager dans un conflit qui pourrait conduire à ce qu'il y ait des millions de morts donc mais faites-vous confiance à Vladimir Poutine pour arrêter mais bien sûr que je ne fais pas confiance puisque je demande à ce que nous créions toutes les conditions pour que Poutine quitte les territoires occupés aucun pays ne doit être envahi il faut faire respecter le droit international mais ce sont c'est un peu pieux vous le savez très bien ce qui est un peu pieux mais faire respecter l'intégrité territoriale d'un état c'est ce que fait l'Ukraine et nous l'aidons pour cela ou cela se fait par la guerre et une guerre à mort et qui l'emporte à la fin je ne sais pas et ça peut être la Russie et ce serait dévastateur et je ne le souhaite pas c'est la raison pour laquelle nous devons dire mettons-nous autour de la table discutons que veut Poutine un statut de neutralité pour l'Ukraine discutons-en discutons-en du statut de neutralité de l'Ukraine pourquoi mettre à tout prix sur la table que l'Ukraine doit rentrer dans l'OTAN pourquoi demander à ce qu'il y ait demain en faisant entrer l'Ukraine dans l'OTAN à ce que les missiles nucléaires français et américains viennent donc à la frontière russe jusque dans l'Ukraine comment voulez-vous que les Russes ne vivent pas ça comme une provocation donc bien sûr nous devons mettre ce statut de neutralité sur la table comme moyen de garantir l'intégrité territoriale de l'Ukraine et la sécurité de tous les peuples d'Europe
Fabien Roussel est-ce qu'il n'y a pas une incohérence de dire il va falloir sortir de l'OTAN et faire notre propre sécurité et en même temps dire qu'on ne peut pas et qu'il ne faut pas particulièrement investir dans les moyens de la guerre d'abord je dis
que nous devons travailler à notre propre autonomie stratégique européenne
donc ce sont des investissements massifs dans l'armement
mais les investissements mais les investissements massifs dans l'armée vous ne croyez pas
qu'ils sont faits aujourd'hui mais ils sont largement en dessous de d'autres pays notamment au sein de l'OTAN la France
n'a pas le budget le budget des armées aujourd'hui en France est multiplié par deux vous voyez vous avez vu vous avez vu le budget non mais ça va vous avez vu le budget des hôpitaux doublé le budget des écoles doublé c'est ça qui est une question ça veut dire que plus c'est pour ça que je parle d'incohérence mais non il n'y a pas d'incohérence parce que construire la paix c'est une volonté politique investir dans des armes investir dans des armes c'est construire un baril de poudre qui peut péter à chaque moment et donc assurer notre sécurité grâce à la dissuasion nucléaire faire en sorte que les armées européennes coopèrent entre elles que nous garantissions notre propre sécurité par des traités de sécurité à construire entre Européens et avec la Russie c'est autre chose que de se soumettre à un bouclier de l'OTAN qui peut demain s'effacer si Trump est élu et ce qui nous mettrait en danger donc moi je préfère regarder loin et mettre ces sujets en débat en France et en Europe pour pouvoir ouvrir les voies de la paix plutôt que de s'en aller vers la guerre
Merci beaucoup Fabien Roussel secrétaire national du parti communiste député du Nord Merci d'avoir été l'invité du 830 France Info
Fabien Roussel