MA NOMINATION COMME MINISTRE A ÉTÉ TRÈS VIOLENTE : LE PARCOURS DE SABRINA ROUBACHE
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C'est mon meilleur moment de l'été. Oh là là là ! Magnifique ! Dans face au stagiaire. Très jeune. Tu as été chargé de production du club mythique de Haam né sous la même étoile. Ouais, à l'époque on était Tu imagines c'est vraiment avec eux que je fais mes vrais premiers pas. C'est toujours très surprenant de voir que finalement ceux qui sont là qui prennent l'égalité des chancé dans les beaux discours mais dans la vraie vie ça ça l'étend. Et comment s'est passé ce moment-là lorsqu'on t'a nommé ministre ? Ah c'était violent. La première nomination était très violente. La difficulté en politique c'est que tout le monde parle à ta place. Tout le monde écrit à peu près tout et n'importe quoi. Et dans tout ça, tu dois essayer de pas perdre ton âme et de rester normal, tu
vois. De de surtout pas dévier. Disons que j'ai passé ma vie à déjouer tous les prices qu'on me faisait.
Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien. Très heureux de vous retrouver pour ce pour cet épisode de face au stagiaire. Un épisode très spécial, très particulier parce qu'aujourd'hui je reçois Sabrina Agrestir née à Marseille. Son parcours est loin d'être celui qu'on imagine pour une ministre de l'entrepreneuriat dans l'audiovisuel à l'engagement public en passant par le monde de l'entreprise. Elle a construit sa carrière en empruntant des chemins parfois inattendus. Vous allez le découvrir dans cet épisode. Élu député en 2022. Elle rejoint le gouvernement l'année suivante et depuis février 2026, elle est ministre déléguée chargée de l'enseignement et de la formation professionnelle et de l'apprentissage. Et aujourd'hui, on va revenir avec elle
sur son parcours depuis son enfance à Marseille jusqu'à ses responsabilités au gouvernement en passant par les rencontres, les choix, les doutes et les expériences qui ont façonné son parcours. Merci Sabrina d'avoir accepté l'invitation. Merci Mathias de m'avoir invité. Au contraire, c'est franchement ça me fait hyper plaisir. C'est mon meilleur moment de l'été. Oh là là là là ! Magnifique dans face au stagiaire, c'est magnifique. Là là, j'ai un gros scoupe. Ah oui, en plus c'est vrai, c'est vraiment très très bon moment. Merci beaucoup et je tiens à le préciser, hein. Je me suis permis de te poser la question si vous pouvez se tutoyer. Voilà. Euh, tu peux [rires] Alors, tu as grandi dans un quartier populaire de Marseille à Félix Piot. La question que j'aime bien poser dès le
début, c'est quel type d'enfant tu étais et quel type d'élève tu étais aussi à l'école ? J'étais une enfant géniale. [rires] Faut demander à mes frères et sœurs, à mes parents. J'étais alors non, j'étais une enfant plutôt malade. Je suis asthmatique. Donc j'étais une enfant plutôt fragile, plutôt bizar c'est très bizarre la vie, c'est bizarre. Mais une enfant donc fragile, plutôt très protégée, tu vois, très choyé, notamment par ma grand-mère qui nous a élevé parce que bon euh chez moi j'appartiens quand même euh à une génération qui a eu la chance de pouvoir grandir avec ses grands-parents à la maison. Ma grand-mère maternelle vivait avec nous. Ma mère qu'elle s'est mariée, elle a pris sa mère avec elle. Donc elle a fait mariage à salon de Provence. Ma mère est
née à Salon de Provence, mariage à salon de Provence. Arrivé à Marseille parce que tu partais à la grande ville. Elle est partie avec bien sûr le le deal avec mon père, c'est de vivre avec sa mère. Et donc on a eu beaucoup de chances en fait. Enfance très heureuse euh très alors avec beaucoup de comment dire l'asme, c'est c'est quand même enfin on se rend pas compte mais euh il y a il y a 50 ans de ça c'était quand même une pathologie qui était pas traitée comme maintenant. Donc c'est une vraie fragilité maladie respiratoire grave hein, on en parle pas assez mais il y a encore des gens maintenant qui meurent de l'asme. Donc moi par fait très très ma grand-mère très attention à moi. Donc j'ai dû peut-être à un moment donné un peu profiter de mon statut. Je reconnais [rires]
mais je suis la troisième sur six enfants. On est cinq filles, un garçon. Le l'aîné étant [grognement] le garçon et bien sûr ma mère qui est en mode tout qui a toujours été en mode "Oh là là moi mes filles elles sont tout le temps avec moi. C'est incroyé. Formidable. et mon fils. Donc voilà, grandit plutôt dans cette culture là mais [grognement] avec donc je suis la troisème, je suis la numéro 3 euh qui avec ma petite sœur qui est juste après moi. Voilà, des caractères assez bien trempés mais toutes les sœurs plutôt et mon frère le pauvre au milieu de tout ça, je souhaite aux jeunes de maintenant, aux enfants, même à ma fille euh d'avoir l'enfance que j'ai eu, une enfance très heureuse, une enfance avec des amis, des copains, on fermait pas les portes, euh on mangeait les uns chez
les autres, on avait un gâteau, on le partageait. une une enfance basée sur le le vraiment le lien le le vrai lien le vrai lien d'amitié. Tu vois, tu le vois plus ça maintenant. [grognement] B tu évidemment, on avait pas de téléphone, on avait pas de portable, on avait pas d'argent. Donc je vais te dire, nous c'était réglé mais on savait être heureux. Nous, on savait se contenter de ce qu'on avait et comme on savait pas ce que les autres avaient, donc ça nous manquait pas. Voilà. On n' pas vécu dans le manque parce qu'on ne savait pas et ce que tu ne connais pas ne peut pas te manquer par définition. Et donc on était très comment dire les parents des uns des autres s'occupaient des uns des autres. On vivait les mariages ensemble, on vivait les deuils ensemble, on allait à
l'école ensemble, on pouvait compter les uns sur les autres. C'était franchement une enfance très très heureuse et surtout avec beaucoup d'amour dans le à la maison. Mon père, ma mère, ma grand-mère qui qui prenait soin de nous plus plus. Chez nous, on nous appelait à Félix la maison du bonheur et et à l'école tu étais quelqu'un de tu aimais les écima l'école [rires] mon meilleur moment, ma best life, je la vivais quand j'étais à l'école, j'adorais apprendre donc j'étais plutôt une bonne élève, une très bonne élève au primaire. On avait l'école nous dans notre quartier [grognement] et donc on avait des profs moi j'ai moi qui étais souvent malade donc par voilà par cette fragilité qui cette maladie qui est l'asme. J'avais des la chance d'avoir monsieur Legal, mon prof de CE2. Euh
j'avais mon prof de CME, monsieur Casanova, qui nous emmenait nos cours à l'école euh de l'école à la maison. Il venait voir le samedi, nous à l'époque, on allait à l'école samedi matin. Donc il nous emmenait les cours quand je pouvais pas être là. Et j'étais, je me rappelle d'un anniversaire, j'avais 8 ans, donc j'étais au CE2. Monsieur Legal me fait mon anniversaire dans la salle des maîtres et il m'offre une Barbie. Incroyable. Donc voilà. Donc j'espère que si il est quelque part et qu'il nous entend, j'ai gardé ça. On avait compris tôt quand même dans mon avec mes copains d'enfance, mes amis d'enfance que ce qui allait nous aider c'est de de le le la connaissance. Si on maîtrisait la connaissance, on allait s'émanciper et et être autonome et indépendant. D'un
autre côté, j'étais une élève plutôt très sensible aux injustices. Donc, j'étais très bagarreuse, je le dis, je l'avoue, c'est mon caractère. J'ai un caractère assez que je contrôle maintenant à 50. Tu Ah non, tu te calmes [rires] avec les années. Tu tu te calmes pas ? Tu tu non tu te calmes mais très bagarreuse mais pas me bagarrer pour me bagarrer. J'étais vraiment très sensible aux injustices. Déjà à l'époque le harcèlement scolaire ça existait hein. Et je me rappelle je défendais toujours les copines et comme j'ai pas comme j'ai pas de notion de peur euh standard c'est j'ai un autre rapport à la peur j'ai j'ai un certain sens qui est aboli. C'està dire je moi si je crois en quelque chose et que je suis très en
colère, je peux avoir cette abolition, tu vois, du parfois pas du discernement mais en mode je vais jusqu'au bout et parce que je suis trop touchée mais ça c'est une hypersensibilité mais qui se qui se cache dans plein de trucs que tu vois que tu essayes de noyer en disant non moi je suis insensible à tour. Pas du tout. Tuentreprends entre guillemets un bac littéraire. Ouais, je vais à Victor Hugo donc forcément B, j'étais nul en math donc si tu veux j'ai eu 7 hein au bac [rires] sur le pôle scientifique donc comment te dire c'était pas mon truc mais non je moi mon c'était évident j'avais pris l'option de théâtre j'avais monsieur à l'époque père son âme il est parti il y a quelques années monsieur Delphino qui était notre prof de français au lycée notre prof de théâtre et c'est lui en
fait qui nous fait découvrir vraiment le théâtre avec l'envers du décor et c'est là que je comprends que je suis pas faite pour monter sur scène. Vous me l'avais dit lui-même hein, il m'avait dit tu étais faite pour beaucoup de choses mais franchement pas pour monter. Et j'étais j'avais un certain sens de l'organisation. J'ai une j'ai toujours une vision 360 je suis très organisée contrairement à ce qu'on peut croire. Maniaque et organisé. Et d'où vient ce choix ensuite de partir en en faisant une des études en droit ? Ah ben alors je valide pas mes années parce que je me je m'ennuie très vite. Je pars à la fois parce que tu as ton bac. Ben, il faut faire quelque chose après le bac et que tes parents par défaut le droit. Non, pas par défaut. Non, non, j'ai
choisi le droit. Non, non, moi j'ai vraiment choisi le droit. [grognement] Mes parents bien sûr pour eux c'était évident. Il fallait que je devienne ou magistrate ou avocate. Il me prédestinait plutôt à cette euh carrière. Et très vite, en fait, il y a eu deux choses. J'ai découvert les les métiers du cinéma à ce moment-là où j'arrive à la fac et je comprends très très vite euh euh que je suis euh comment dire que je suis pas faite pour rester sur les bandes de la fac et ce qu' allait devenir tout de suite mon métier. Et le vrai sujet, c'est ça, c'est une fois que tu as découvert jeune, tuis j'avais 18 ans hein, tiens, faut revenir. Je comprends que c'est ça que je veux faire. 18 ans, je comprends que je veux faire ça. Je fais beaucoup de soutien scolaire. Moi, j'ai quand
même au-delà du reste, tu vois, je suis encore au collège quand je fais du soutien scolaire dans mon quartier. truc complètement improvisé où je comprends que d'aider les enfants à faire leur devoirs, c'est important parce que tout le monde n'a pas les mêmes parents que moi qu'on tu vois ma mère, elle est allée au lycée et tout donc tu veux sur les devoirs, elle nous a toujours aidé, suivi et tout le monde avait pas la même chance tu vois le d'avoir des parents qui pouvaient les suivre et si tu veux je alors j'avais deux choix, je faisais où une carrière dans le social et ça c'est à l'époque je m'étais vraiment posé la question il faut peut-être pousser où le cinéma mais très vite est rattraper et comme j'adore Je suis une passionnée de culture. J'aime tout.
J'aime lire, j'aime j'aime les tableaux, j'aime les sculptures, j'aime l'art. Je vraiment j'adore l'art. Je comprends que c'est là où [grognement] je vais être pas trop mal et j'apprends très vite. Mais j'ai pas fait d'école de cinéma. À mon époque, ça n'existait pas. Ce qui est faux, c'est que très jeune, tu as été chargé de production du club mythique de Hayam, né sous la même étoile. Ouais, à l'époque on était Tu imagines, c'est Aam euh euh avec eux que je fais mes vrais premiers pas euh et euh et où les les premières choses c'était quand même de corriger les coquis de scénario. Comment on apprend à être productrice ou chargé de produit sur le terrain ? Tu sais quoi ? Moi, j'ai été formée par des directeurs et des directrices de production, par des producteurs qui m'ont donné ma chance,
qui ont cru que je pouvais euh comment dire un jour exercer. J'ai eu des gens comme tirer à Flalou, comme XR Production parce que c'est vrai qu'on enfin tu as rarement l'occasion de citer tout ce Paul Sadoun. Euh j'ai quand je rachète Seconde vague production, c'était la boîte de Paul Sadoun qui était un grand producteur marseillais qui a été la première boîte à l'époque, il avait créé 13 production qui avait été racheté par la Gardè et à qui et il avait racheté sa propre boîte à la Gardè parce qu'il était pas content de ce qui était produit. Donc si tu veux c'est des rencontres, c'est aussi saisir des chances mais mais le travail. Moi j'ai pas eu tout à fait non plus une jeunesse comme les autres. J'ai bossé très jeune, très tôt, j'ai eu des responsabilités
très tôt et donc j'ai pas eu une vie une vie de une jeunesse comme ma fille elle pourrait avoir maintenant. C'est on était quand même plus comment dire on est on était adulte plus tôt. Adulte plutôt. Il fallait que tu gagnes ta vie, il fallait que tu payes ton permis, il fallait que tu payes ta voiture, fallait que tu aides tes parents, fallait que tu a ta famille et donc du coup bah tu travailles plus que les autres. [grognement] Donc là où les jeunes eux sortaient, tu vois, partaient en vacances, euh moi j'avais compris que en travaillant dans la prode, j'allais voyager, donc j'allais découvrir des choses et en même temps si tu veux, j'alliais le le la passion des voyages de l'étranger avec ma passion du cinéma, de de l'audiovisuel avec beaucoup de travail.
C'est faut jamais oublier beaucoup de sacrifice et beaucoup de travail. Tu parlais du film comme un aimant réalisé par Camel Saleria Kenaton absolum et qui retrace le le quotidien de hu amis vivement de l'expert hein. Ça c'est j'ai grandi moi j'étais j'étais plus jeune enfin j'étais plus jeune queeux parce que ça c'est la génération juste avant moi mais qui comment dire qui faut jamais oublier ce qui était Félix Piatre. Félix Piat, c'est quand même le quartier. Donc tu vois, tu as la Belle de à côté. Donc c'est un quartier qui avait été pour la génération avant nous décimé par l'héroïne. Faut pas oublier, c'était le le le le le la zone où est née la French Connection. On n'est pas né n'importe où. On est né nous en ayant vu aînés mourir de l'héroïne, il y avait pas une
famille qui était pas touchée euh par la par la drogue. Donc si tu veux, moi quand j'arrive au ministère de l'intérieur et qu'on doit faire placette XXL avec Gérald Armanin, comment te dire que je sais de quoi je parle ? Donc on a vu toute cette génération se détruire, détruire des familles, détruire des vies entières et donc nous on s'est construit à l'opposé de tout ça en disant nous c'est surtout pas ce qu'on veut faire à nos parents. C'est pas ce qu'on veut pour notre vie. Et donc tu as eu la génération d'après qui était très différente qui consommait pas de drogue qui fumait pas ou peu fumait la cigarette on fumait moi dans mes copines j'en ai très très très peau ou mes copains qui fument qui plutôt de une une génération qui prenait soin d'elle plutôt soin d'elle qui faisait très
attention et tu vois pourtant c'est le milieu du cinéma et tout mais on faisait super gaffe on buvait pas d'alcool on était très tu vois on s'est construit à l'opposé mais parce qu'on a vu des horreurs. C'est pour ça que je je pense que je peux faire j'arrive à faire de la politique parce que j'ai pas le même degré de sensibilité que les autres quand tu as vu des générations, une génération entière décimé, des familles pleurées et après la génération d'après qui se qui s'entretue dans les règlements de compte, dans les assassinats narcos. tu as plus le même la même sensibilité aux choses. Tu vois en politique, on peut m'attaquer, je vois ça glisse, je n'ai mais vraiment je m'en fais, ça n'a aucun impact sur moi. Mais parce que si tu veux, on part de tellement loin dans la souffrance que du
coup, ouais, ça te rend plus pas plus dur mais ouais plus insensible à aux attaques, tu vois, dans la politique. C'est pour ça que moi parfois je lis des choses, ça me fait plutôt rire disant "Putain, si tu savais ce que j'ai vécu, c'est ça glisse." Tu as tu as aussi rejoint la la boîte de production Comic Trip Production où tu es resté 10 ans et tu as notamment été des années avec tu as été directrice de production notamment. Comment s'est déroulé cette expérience ? Bah oui pareil c'est ben tu apprends le métier, tu apprends au directeur de production, tu es celui en fait qui gère les cordons de la bourse d'un projet de production. Donc toute la journée, tu dois dire non à tout le monde parce que sinon tu mets tu tu exploses le budget de prod. Donc le producteur, il te paye
pour être en fait le contrôleur financier. Le DAF en fait c'est plutôt DAF d'une prod. Donc ça veut dire tu as un budget établi, tu as un projet et en fait le budget et le projet doivent être tenus. Les deux cordons doivent être tenus. tu dois tenir tes engagements sur l'artistique. Compliqué de dire non à des réalisateurs et parce que toute la journée tu as envie de leur dire oui pu ce sont des créatifs. Mais de l'autre côté tu as une contrainte budgétaire que tu dois tenir. Donc si tu veux je j'ai été très très formée à ça mais maintenant donc très rompu. C'est pour ça qu'au ministère nous on fait très très attention à ce qu'on dépense à moi quand j'étais au ministère de l'intérieur j'ai fait je crois que je dois être celle qui a fait un peu plus de de 1000
€ sur presque un an et demi de note de frais. Tu vois, c'est parce que trois fois, je crois qu'on a du dîner dehors avec des sénateurs, des députés ou des écosystèmes. Mais donc je fais très très attention à l'échelle d'un budget de plusieurs centaines de milliers d'euros. Ce que tu retiens de ces expériences, c'est ce qui m'a préparé à devenir après productrice. Avoir envie de monter ma propre boîte, de produire mes propres projets, de prendre mon propre risque. Là où tout le monde te prédisait un plantage absolu. Bon ben voilà, seconde vague production, je le dis, c'est la boîte donc j'ai vendu en 2023. et euh et ils produisent là un film à la clusa, tu vois. Donc la boîte, elle continue de vivre à faire des projets. Elle a coproduit une série avec Eric Antona sur
TF1. Donc l'essentiel c'est pas tellement que je sois là ou pas et que les projets te survivent. C'est comme les politiques publiques. Le but c'est pas que on te voit enfin que toi tu te gargarises on a fait c on a fait ça. On s'en fout complètement. De toute façon tout le monde aura oublié la minute où tu quittes le gouvernement. Tout le monde a oublié déjà. Par contre, ce qui reste ce qui reste c'est vraiment les politiques publiques que tu laisses derrière toi et qui continuent à aider les gens. Et pareil pour une entreprise, ce qui compte, c'est que les gens continuent à à produire et à faire des projets sans toi. Parce que là, on parle de seconde vague production, mais avant, tuas tu as reçu enfin tuas tu as rejoinc Ging Production. Non, j'avais créé. Ah, tu l'as créé ?
Ah non, je l'ai créé Gin, c'était moi. OK. Donc tu as terminé Ah non, non, moi j'ai créé Gurkin. Gurkin qui a pu racheter Seconde vague production. Et euh et si tu veux, j'avais lancé, c'était à l'époque, c'est au moment où je où Netflix arrive et où Pascal Breton avec Fédération Entertainment récupère la production déléguée parce que tu as la production déléguée où tu es le producteur et la production exécutive exécutive où tu exécutes pour le compte d'un producteur un tournage. Et c'est au moment où Netflix arrive. Donc tu as 2014 2014 2015 le tournage avec Dan Franck qui est enfin qui a fait un travail remarquable qui est le créateur de la série j'en profite pour l'embrasser fort mon la série Marseille c'est la première série française produite en Europe qui s'appelle Marseille
tu vois ça c'est mon et là honnêtement tout le monde pense qu'avec Pascal et Dan Franc on a fait du prositisme pas du tout c'est vraiment eux qui ont qui ont voulu ça pourquoi Marseille parce que vu des États-Unis Marseille ça ressemble à Baltimor donc ils arrivent plus à se projeter euh quand tu veux parler de certains sujets, que ce soit le narco, euh si tu veux parler euh des comment dire de la classe politique, là où les choses sont toujours troubles, bien vous pouvez pas trouver mieux que Marseille. Donc c'est vrai là, c'était pareil, on a vécu une aventure incroyable et puis Pascal qui a été un excellent producteur pareil et Dan qui a créé une série qui a été en 2016 quand elle est diffusée euh série la plus regardée en Chine, au
Brésil et en Russie. Donc là, il faut revenir 10 ans en arrière. et [grognement] où à l'époque on avait une levée de bouclier des opérateurs on va dire plus traditionnels, que ce soit France Télé, donc des des des réalisateurs qui travaillaient plutôt avec les chaînes françaises, les chaînes de télé française et où moi j'avais prédit à l'époque moi on m'avait dit c'est la fin de ta carrière, tu bosses avec Netflix, c'est fini. Ah ouais ben j'avais dit oui dans 6 mois on en reparle et vous verrez que tout le monde ira travailler avec Netflix. C'est exactement ce qui s'est passé. Ouais parce que personne n'avait voulu bosser, personne voulait venir. Personne dire c'était compliqué de trouver un réal, c'était compliqué de tout était comp. Oui mais parce queil faut se
remettre à l'époque c'est les américains qui venaient en France pour exploser notre exception culturelle. Netflix, Amazon tout le monde travaille maintenant tout le monde travaille avec tout le monde et c'est la mondialisation des contenus. Là où moi j'ai toujours plaidé pour qu'on ait une plateforme européenne, on n'y est jamais arrivé. Mais j'avais dit vous avez raison sur le plan culturel et intellectuel mais il faut qu'on puisse créer nos propres plateformes et honnêtement on peut pas enlever que nos chaînes de télé continuent de Canal Plus en passant par TF1 et France Télé euh tout le monde continue à produire des tas de programmes même si les gens ne regardent plus la télé comme avant mais quand même tu vois donc les plateformes maintenant tu tu regardes les plateformes enfin tu
consommes du contenu d'une certaine manière sur les plateformes donc tu vas chercher autre chose et quand tu regardes la télé un documentaire Moi, j'ai produit plein de documentaires, j'étais directrice de produit plein de documentaires, des séries documentaires culinaires. Enfin, je dire c'est euh le le vrai truc, c'est que tu viens pas chercher à la télé la même chose que tu vas chercher sur une plateforme. Et après toutes ces expériences dans la production, Hung Gurking, second production, tu la France, c'est c'est fou. Et comment tu es rentré dans le milieu politique ? le hasard de la des rencontres de la vie pareil tu sais tu au moment où je fais je pars sur la série Netflix avec Pascal Pascal Breton et Dan Franck tout le monde disait c'est fini
c'est pas possible travailler avec les Américains, c'est ce grillé. Ben pareil quand je rencontre au président de la République, un dîner à Marseille, je parle, je raconte dans mon livre et où je vois un candidat, on connaissait bien sûr, on sait que c'était notre ministre, je sa que c'était notre ministre, je voyais exactement hein qu'il était dans le schéma politique. On a le même âge, on a un an de différence, un amoureux de Marseille et quelqu'un de Moi, je le dis hein, honnêtement, j'ai au début, ah bon, j'ai la présidentielle, c'est-à-dire c'est-à-dire et là où tout le monde lui prédisait, je me rappelle très bien ce qu'on me disait à Marseille, tout le monde était à l'époque donc moi j'ai jamais fait de politique à Marseille. jamais jamais été élu, jamais voulu à part être élu
consulaire, mais c'est pas de la politique, c'est une élection euh dans le monde socio-économique d'engagement, c'est pas de la politique. Euh donc ma en fait ma première vraie élection c'était à la chambre de commerce avec Jean-Luc Chauvin qui devient présidente de la chambre de commerce. Et pareil, j'en profite pour l'embrasser euh parce que Jean-Luc a avait compris que Chauvin que le le les industries créatives c'était très important pour notre région, pour le département et pour Marseille et que c'était une source de revenu et de retombée économique importante. Moi, c'est comme ça que je Moi, je m'engage toujours pour le collectif. J'adore le collectif. Euh et le président de la République, tout le monde me disait à l'époque, il était candidat mais non, on n'y va pas. et
j'ouvre son meeting de porte de Versailles 15000 personnes. C'était le 10 décembre 2016 et je parle de lui, je parle de moi en disant pourquoi je soutiens ce candidat et tout le monde me disait mais c'est mais c'est c'est une folie, tu peux pas faire ça mais comment tu as jamais fait de politique et puis tu dans les sondages étais là et moi je me rappelle de mes réponses les sondages et encore j'ai pas changé d'avis hein. C'est ah si tu veux te planter, tu regardes les sondages et tu es sûr à tous les coups. Mais parce que j'ai j'avais fait la j'avais été la prodxé d'une série qui s'appelle Marseille contre Marseille produite justement par seconde vague production par Paul Sadoun P à son dame et où donc tu vois j'ai fait quelques documentaires politiques
mais la réalité des campagnes quelle que soit la campagne tu as toujours un truc exceptionnel qui arrive inattendu et tu sais pas tu sais pas ce qui peut arriver et ce qui est sûr c'est qu'à chaque fois les sondages se plantent c'est comme ça c'est donc où où ils se plantent parce qu'ils sont trop en dessous où ils sont ils se parce qu'ils n'ont pas vu venir. Mais une fois qu'on a dit ça, donc voilà comment je soutiens le président. Moi en 2017 donc il gagne. Donc moi je suis la plus heureuse de la terre je et je veux pas m'engager. Je pars pas aux législatives. Je demande pas de de circo. Non non non. Moi je continue ma vraie vie. Moi, j'étais très heureuse d'avoir fait la campagne. J'ai collé des affiches, j'ai fait des apéro d'appartements, j'ai distribué des
traxes. C'était la première fois que je m'engageais vraiment et c'était pareil comme tout quand tu tu déjoues tous les prics, c'est toujours très marrant. Disons que j'ai passé ma vie à déjouer tous les pr qu'on me faisait, tu vois. Donc voilà, pareil pour la voilà comment je rentre en politique. Et quand quand on regarde ton parcours, on se rend compte que tu as pas suivi un chemin classique. Pas du tout. Non, puisque 2017, ben 2017, je pars pas au législative, là où c'était plus facile d'y aller. Par contre, j'y vais en 2022, là où c'est compliqué d'y aller. Secrétaire d'état chargé de la ville et aujourd'hui ministre délégué chargé de ville, citoyenneté et Marseille en grand. Voilà, j'aiété secrétaire d'état chargé de la citoyenneté rattaché à Gérald Arrmanin
au ministère de l'intérieur, secrétaire d'État chargé de la ville, des politiques de la ville, rattaché au ministère de l'intérieur, donc à Gérald Armin, et à Christophe Béchu à la transition écologique, ce qui était une vraie première et j'avais en charge le plan Marseille en grand. Mais juste avant mon élection de euh mon élection de quand je je pars sur les législatives en 2022, je suis conseiller régional en 2021 où on fait une grande un grand rassemblement du centre du centre gauche, on va dire à la droite pour battre le RN avec Renault Muselé. C'est ma première élection ça politique. Là, je deviens conseil régional que je suis toujours. Wouh ! Et et ensuite ce ce poste de ministre, comment ?
Ben pareil, je gagne une élection en 2010 2022 pardon, je deviens député. Donc quand je suis député, je deviens porte-parole de mon groupe à l'Assemblée nationale. Je continue à travailler aussi hein. Moi j'avais toujours mes boîtes, mes activités donc je mais j'étais très très investi dans enfin voilà dans mon mandat de député euh donc député de la première circo de Marseille qui était très difficile et on arrive à concilier les deux et en plus je suis maman. En plus, moi je j'ai ma fille. Enfin, moi je dire au-delà de la politique et du travail, comment tu fais pour et ben tu comme toutes les femmes de la terre, c'est-à-dire on croit que tu es programmé pour tout faire. C'est on croit que c'est naturel. C'est pas du tout naturel. C'est ça demande des pareil des sacrifices, du travail, de
[grognement] l'abnégation, du euh du des renoncements à une certaine plus de vie sociale. Donc tu les journées, elles font que 24 heures. Donc de toute manière et à considérer que moi ma fille, ça reste quand même ma priorité. C'est-à-dire que le tout le temps que j'ai, il est pour elle en premier. et le reste passe après forcément. Bon ben tu tu prends sur toi et donc autour de toi reste tes vrais amis. C'est qu'il ne te demandent pas du temps euh parce qu'ils savent que tu en as pas beaucoup et qu' sont là et que même si tu les vois pas 6 mois et quand tu les revois, tu as l'impression que tu les as quitté hier mais parce que quand même maintenant on s'appelle, tu vois, on a les téléphones, tout ce qu'il faut pour maintenir le lien. C'est c'est dur et
encore une fois, on croit que les femmes c'est naturel. C'est pas du tout naturel. C'est nous on le fait parce qu'on a pas le choix vraiment. Et donc on pense que tu as pas besoin qu'on s'occupe de toi. Tu as pas besoin qu'on te qu'on te demande personne te demande comment tu vas. Il y a les gens t'appellent parce qu'ils ont besoin d'un truc, personne te demande "Et toi comment tu vas ?" Et c'est pas grave. C'est ça l'engagement politique, c'est surtout pas faire état de ces état d'âme. La difficulté en politique, c'est que tout le monde parle à ta place, tout le monde écrit à peu près tout et n'importe quoi et tout le monde comment dire et dans tout ça, tu dois essayer de pas perdre ton âme et de rester normal, tu vois. De de surtout pas dévier. Je reconnais que c'est difficile. Je
[grognement] connais que c'est difficile mais ce qui une certitude maintenant en politique, tu peux pas y arriver sans entourage solide. Je parle du cabinet. Moi tu vois quand j'ai été renommée là, une partie de mon cabinet qui était avec moi au ministère de l'intérieur pour tous ceux qui ont pu revenir, ils sont revenus. Tu même pas posé la question. Moi, je suis nommée le 26 février, le 26 ce moment-là. Alors déjà la première nomination en 2023, je suis nommée postmeut, je suis nommée le 20 juillet 2023 euh et on est on sort à peine des émeutes urbaines. Et donc je récupère un portefeuille difficile difficile parce que la France avait brûlé dans les banlieux avaient brûlé et on avait pas vu ça depuis 2005. Un petit peu à Marseille aussi même beaucoup parce
qu'on avait pas jamais vu à Marseille. à Marseille, on avait jamais eu des meuts urbaines. Et donc, tu prends tout ce que tu as de de comment dire de conviction, euh tout ce que tu as de courage, tout ce que tu as de croyance, tu en te disant ça, c'est obligé que ça aille mieux. On peut pas, on est la 6e puissance mondiale, on est la France, on peut pas laisser croire à nos jeunes que de tout cramer une solution ou que c'est la seule manière de s'exprimer. Et donc moi, j'ai jamais eu trop de comment dire euh de tolérance. sur euh le fait "Oui, alors tu sais, il faut tout justifier, tout le monde a tout brûlé, on brûle l'école de sa petite sœur et je trouve ça normal." Non, moi je je suis de sur ça peut-être même plus dur que la moyenne. Je sais que c'est compliqué de
venir d'un quartier, j'en viens moi-même. On part au débit, tu as pas de réseau, tes parents font comme ils peuvent pour t'aider. Mais en vérité, la réalité c'est que au de c'est même pas une histoire d'argent, c'est une histoire de réseau. Donc toi tout ce que tu fais, tu vas le chercher tout seul. Et malheureusement, il y a pas 10000 manières encore une fois 10000 manières d'y arriver. Le travail et le sacrifice, c'est uniquement comme ça qu'on peut y arriver. Je ne connais pas, je le dis toujours à ma fille, je ne connais pas de gens qui travaillent beaucoup, qui qui ne travaillent pas et qui arrivent. Par contre, je connais beaucoup de gens qui travaillent beaucoup mais qui n'y arrivent pas. Ça c'est toujours enfin il faut jamais le le perdre de vue mais je le dis à ma
fille mais je le dis autour de moi. Donc quand je deviens ministre de la ville, il y a beaucoup d'attente vis-à-vis de moi puisque je suis une je suis je suis une fille des quartiers. Sauf que les gens de toute manière dans le mépris social qui enf qui est quand même très prignant en France hein, tu as pas fait les grandes écoles, tu as un parcours atypique, tu t'es construit tout seul, tu dois rien à personne ni à tes parents. Enfin, je dois toute mon éducation à mes parents mais je dois enfin voilà ce que j'ai fait après, je l'ai fait en en créant tout toute seule. La vérité c'est que tu c'est probablement les plus les le le le plus gros drame dans une société, c'est vraiment le mépris social. C'est euh on continue toujours à te regarder comme euh alors déjà tu es une femme, en plus
tu viens des quartiers, en plus tu es pas une diplômée des grandes école et en plus tu tu vois tu cumules quand même hein et tu tu te dis quand tu arrives ministre de la ville, tu dis oui OK mais je saurais pas ce qu'on attend de moi. C'est-à-dire de justifier les les choses affreuses qui se sont passées passées, les violences, les pillages. Je suis arrivé en disant ben en fait non, en fait non, on peut on a le droit d'être en colère mais une colère exprimée dans la violence mais ça reste que de la violence. C'est tout ce qu'on retient d'une colère. Et en parlant de de mépris social et toutes ces tous ces éléments-l, est-ce que tu crois aussi à la méritocratie ? Ben alors, je crois à la à la méritocratie bien sûr. Ouais. Moi je crois quand même à la valeur travail, à la valeur Ouais.
tu fais des efforts pour obtenir un truc, on évite de te donner des choses trop facilement parce que c'est pas te rendre service. Hier, j'ai rencontré un grand chef d'entreprise étranger dont la famille détient un groupe plusieurs milliard, on parlait de formation, besoin de compéten en hôtellerie et tout et il me disait bah moi mon père il m'a pas recruté tout de suite en fait. est allé faire de ses études euh aux États-Unis de mémoire et euh non, il a fait il est allé bossé dans des petites boîtes, tu avait bossé dans plein de boîtes et quand son père a considéré que il était peut-être prêt à rejoindre le groupe familial, il a recruté. Donc oui, la méritocratie ça existe, tu vois, même dans ce sens-là. Moi j'y crois. Non, non, moi j'y crois. Et puis on est un pays enfin faut pas
oublier moi. Tu sais quand j'écris moi la France de la kiffe, on vit quand même dans le plus beau pays du monde avec toutes ces imperfections, avec tout ce qui euh tout ce qui peut être amélioré, des choses qui ne marchent pas mais tu restes, tu sais, c'est ce que je dis souvent, faut pas oublier. Tu as la liberté d'expression, tu peux dire ce que tu veux. Il y a il y a le droit au blasphème. Tu peux faire les caricatures que tu as envie, tu peux dire ce que tu veux dans tes livres, dans un papier, la presse est libre. Enfin, tu vois, on on vit dans un pays de de liberté, mais des libertés qui sont toujours remises en cause. Par contre, même sur le droit des femmes, tu vois, faut Moi, j'ai jamais pensé que tout était acquis. Au contraire, moi je pense que ce sont des
combats permanents parce que malheureusement, ainsi est faite l'humanité. Et comment s'est passé ce moment-là lorsqu'on t'a nommé ministre ? Ah, c'était violent. La première nomination était très violente mais avec le recul, tu vois, je v l'ai pas réalisé tout de suite. C'est comme tout, tu sais, les les les grandes violences, tu les tu les digères et après une fois que tu les as digéré, c'était très violent. C'était violent parce que là, tu as tout le monde qui se déchaîne. Donc alors une fois que tu as fini d' ta copine de la première dame, tu es la copine du président et en fait tu arrives que parce que tu es là, tu dis ben non en fait. Enfin, les gens sont nommés ministres parce qu'on pense que mais moi comme les autres euh on est nommé parce que le
président de la République, la première ministre à l'époque, Ellisabeth Born, hein, c'est la première ma première première ministre. Ils pensent que tu peux porter une politique publique, que tu peux te bagarrer, que tu peux faire de la politique, que tu peux tenir la route, que tu peux porter des réformes. Moi, j'ai pas quand même passé une loi en quelques semaines sur les dérives sectaires. La lutte contre les dérives sectaires, cette loi était fondamentale sur la lutte contre les les dérives sectaires. C'est-à-dire que tu as des familles entières qui subissent des gourous infammes qui pient leur argent, qui détruisent des vies et on on a oublié de de enfin on avait pas légiféré depuis 2004. Donc tu vois je je je quand je suis député en 2022, je deviens commissaire aux lois. Et quand tu
arrives en 2023 que tu es nommé, enfin tu euh enfin je dire c'est c'est c'était hallucinant et pas forcément par ceux qui euh de qui tu aurais pensé euh les attaques. Tu vois, c'est c'est toujours très surprenant de voir euh que finalement ceux qui sont là qui prennent l'égalité des chancés dans les beaux discours, mais dans la vraie vie ça les temps. Ils en veulent pas. Alors, ils te veulent à ta place, à ta place, un peu loin là, un peu loin d'eux, éventuellement leur comment dire leur intendant, ça éventuellement ils acceptent. [grognement] Mais par contre que tu deviennes ministre, que tu deviennes une autorité ou c'est pas pareil hein. Et pourquoi là en février 2026 tu as accepté ce poste de ministre chargé de la formation professionnelle et de l'apprentissage ?
Parce que le président de la République et le premier ministre le proposent. Bon déjà tu dis pas non hein quand on te enfin quand c'est à l'honneur d'être d'être nommé quel que soit le portefeuille. Je suis quand même une chef d'entreprise tu vois maintenant depuis longtemps. Je sais ce que c'est un stagiaire un alternant. J'en ai eu et en ressortant du gouvernement j'en aurai encore en tout cas c'est ce que je me souhaite. Et je pense que dans un moment comme celui-là où l'apprentissage quand même tu sais tout le monde oublie toujours de le répéter. tout le monde. Euh le président de la République sur la voie pro, la voix pro, la réforme de la voix pro, la réforme de l'apprentissage, c'est celui qui en 2017 a eu la vista. On peut dire ce qu'on veut. Les gens ils
peuvent aimer, pas aimer. C'est pas, tu sais, tu fais pas de la politique pour qu'on t'aime, tu fais de la politique, enfin en tout cas moi je fais de la politique pour mener des politiques publiques qui servent au plus grand nombre, qui servent les gens parce que une fois qu'on part, tu sais, tu es un homme parmi d'autres. Par contre, ce qui reste, c'est ce que tu as fait pour les gens. Il dit, il faut réformer cette voix parce que ça doit devenir une voie d'excellence. On en a besoin. Le pays se réindustrialise. Les guerres, il avait même, tu vois, un peu ené, rappelle-toi, l'industrie de la défense. C'est lui qui en parle en premier, pas là pendant la guerre en Ukraine avant. Et donc ça veut dire que pour lui, c'est un marqueur de de tout ce qu'il aura apporté au pays et
impulsé. Donc quand tu tu renommes quelqu'un qui ben que tu as déjà nommé deux fois puisque j'ai été avec Elizabeth Born et après avec le gouvernement de Gabriel Atal premier ministre euh tu on te confie une mission, c'est une charge. Moi je prends pas ça à la légère. C'estàd sous les airs comme ça, tu sais, alors comme tu es un peu une fille de Marseille, un peu du sud, que tu as un peu un accent, on on rattache ça à une on dit souvent volubile, maisf. Moi, je suis tous volubile hein. Moi les dossiers je les traite, je les gère, je gère mes administrations, je me bagarre, je suis technique, je réponds sujet par sujet, ligne par ligne. Enfin, pour le moins j'essaye, je suis obligée de travailler 10 fois plus que les autres. Enfin, tu vois, pour enfin pour dire enfin moi,
j'ai pas euh euh enfin je suis pas moins euh moins compétente, moins truc. Donc la réalité c'est que quand on te remet sur ce portefeuille, c'est un marqueur fort mais qui en réalité est une une politique de pour la jeunesse pour laquelle le président c'est toujours beaucoup, il a toujours beaucoup parlé de la jeunesse, fait beaucoup de choses. Et donc quand tu nommes plutôt quelqu'un comme moi, ben c'est pour sanctuariser, pousser, préserver cette politique publique qui marche, qui fait ses preuves euh et qui continuera à faire ses preuves. Tu le vois, les crédits de l'apprentissage sont sanctuarisés. pas parce que euh uniquement on s'est battu ou je me suis battu avec Jean-Pierre Farondou avec Bercy pour dire c'est une politique importante. C'est parce que là
tu parles de l'avenir. Tout ce que tu couperas sur l'apprentissage, tu le retrouveras en politique sociale, en prestation sociale pour les jeunes. Moi, j'ai pas envie d'avoir une jeunesse qui vit de prestation sociale. Je une jeunesse émancipée, libre, qui travaille et qui a l'opportunité. Tu sais ce qui manque c'est aux gens et aux jeunes notamment, c'est l'opportunité pas seulement de la saisir mais déjà qu'elle se présente. Donc le le moment où je reviens au gouvernement, tu vois, on était donc février, donc il restait 14 mois et ma première interview c'était 14 mois pour être utile au français sur mon portefeuille donc qui est l'enseignement pro, la forme pro et l'apprentissage. Et puis comme je suis plutôt sensible moi à tous ces sujets là sociaux le mépris social tu vois le
regard des tu vois je je je vois bien comment une certaine jeunesse aussi est regardée mais je parle la jeunesse des quartiers et de la ruralité moi j'oublie jamais les jeunes de la ruralité avec un peu de ouais de mépris de défiance non moi je dis vous enfin vous êtes l'avenir de la France enfit nous à un moment donné on va être fatigué on va arrêter de travailler aussi et vous prendrez le relais donc il faut leur permettre d'aller sur les voies qu'ils veulent les voix qu'ils veulent et jamais oublier que c'est le pays qui a besoin d'eux, pas toi ou moi, c'est eux, c'est le pays qui a besoin. Et quelles sont tes tes principales missions ou les projets sur lesquels tu travailles ? On en a beaucoup. Alors, tu vois, j'ai dans le SPEC donc bien sûr les lycées
pro. Donc, on a quand même 2100 lycées professionnels, 650000 lycées pro qui représentent 1/3 de tous les lycéens. Donc entre le général, le techno et le pro. Donc le pro c'est 650000, c'est un/3. J'ai des milliers de CFA tu vois de centre de formation. J'ai des Gretas, tu vois, qui est sur la formation des adultes. J'ai la VAE, la la validation des acquis. J'ai la formation professionnelle tout au long de la vie. Euh donc si tu veux et l'apprentissage donc c'est une ce sont des politiques publiques qui qui pèsent plusieurs milliards. Plusieurs milliards. Tu as si tu comptes les prélèvements qui sont faits sur les boîtes et l'argent de l'État, tu es c'est quand même des portefeuilles qui qui pèsent à peu près
56 milliards hein. Sujet évidemment très technique. Donc je suis rattaché au travail et à l'éducation nationale. L'éducation nationale sur le volet lycée professionnel et le travail sur le volet CFA CFA Greta bien sûr. Je j'ai signé hier un décret très important qui est les premiers équipements. Je on sanctuarise le financement des premiers équipements pour nos petits de CFA sur les niveaux 3 et 4. Donc 3 et 4, on garde le même montant à 500 €. C'est très important ça parce qu'il vont nous écouter, ils vont regarder ça. Donc on finance toujours à hauteur de 500 € les premiers équipements de nos petits euh apprenants. 300 € pour le niveau 5 qui est en BTS. Donc tu as h euh on est passé à 300 € parce que déjà en BTS, tu
as moins besoin de ces premiers équipements et puis c'est vrai qu'on les supprime pour les niveaux 6 et 7 licen et master parce que là c'est plutôt des ordinateurs qui étaient euh utiles et même si après avec les branches on est capable de trouver euh une un moyen de financer. Donc on je sauve ça parce que moi quand j'arrive au départ ça devait être coupé. Donc là, je m'y oppose et on sanctuarise pour moi une mesure de justice sociale parce que en coupant ça, tu allais euh forcément impacter les plus fragiles d'entre nous. Et euh je voulais parler de d'un sujet lié à l'orientation aux inégalités qui nous tient à cœur. Euh selon [raclement de gorge] l'observation des inégalités, les enfants d'ouvriers sont 6,5 fois plus nombreux que les enfants de cadre en
CAP. Le LIE PP de ScienceP rappelle également que les élèves issus de milieux défavorisés ont une probabilité bien plus élevée d'être orienté vers un bac professionnel ou un CAP. Face à ces écarts, quelles mesures sont aujourd'hui mises en place pour que l'origine sociale pèse moins dans les choix de l'orientation ? C'est une excellente question. Excellente question. Plusieurs choses. Cette année, le bac pro, je te l'avais dit tout à l'heure hors antenne, c'est le seul bac qui augmente de 3,2 %. Donc ça veut dire que le bac professionnel attire plus. Très bonne nouvelle. là où le bac général, le bac techno baisse. Donc ça veut dire que les élèves que tu retrouves pas d'un côté vont de l'autre. On commence à observer un choix de filière en pro de famille justement de catégories
socio-professionnelles plus élevées. C'est-à-dire que maintenant les les le les enfants qui ont même peut-être le niveau d'in en général imposent à leurs parents d'aller en pro. C'est ça que ça veut dire. La réalité c'est que si les enfants et on peut parler aussi des enfants de la qui sont représentés à 72 % dans la filière pro dans la voie pro. Si c'est un choix, tant mieux. Tant mieux parce que la filière pro avec tout ce qui a été fait depuis 2018, avec la réforme aussi de 2023 qu'on a réajusté, moi j'ai pas de mal à dire. On est revenu en arrière, on a corrigé pour que pas pour se faire plaisir pour qu'elle soit la plus utile possible cette réforme. On on a des métiers comme le
nucléaire, les drones. les drones. Moi je vais beaucoup travailler là sur la filière drone en bac pro pour faire des colorations de diplôme. En fait maintenant le lycée professionnel c'est plus le lycée professionnel de il y a même 10 ans. C'est et les CAP pareil moi j'ai mon neveu il est en CAP et là il part en pro tu vois il a eu son CAP, il a une mention bien. Et quand ma sœur s'était posé la question de savoir est-ce que le petit il doit aller en CAP, ben il avait pas envie, enfin il était pas fait pour l'école, il avait pas envie de continuer enfin et donc on lui a trouvé un truc qui lui convient et maintenant il veut pousser. C'est-à-dire que il est alter enfin plus en alternance. Donc lui, si tu veux à 14 ans et demi, il se retrouve en entreprise, ben il nous dit là euh bac
pro, je veux plus faire d'altern je veux mes vacances scolaires. Et il a raison, tu vois, il a 16 ans. C'est de permettre en fait à chacun de trouver son rythme et sa voix. [grognement] la voix professionnelle maintenant et et on le voit par exemple avec les BTS, 70 % des petits qui ont des des jeunes qui ont des BTS sont insérés dans l'emploi dans les 6 mois qui suivent leur diplôme et donc c'est très insérent et c'est comme ça en fait qu'on a réussi à tirer plus. C'est pour ça que c'est le c'est le c'est le bac qui attire le plus parce que les jeunes ont compris, ils sont pas plus idiots que nous. Ils regardent les secteurs qui recrutent, il regardent les possibilités machin et pour ceux qui ont pas envie de continuer euh euh de pousser dans les études, ils
savent que la maintenant la filière pro, elle leur permet d'accéder rapidement euh au comment dire au monde de l'entreprise en alternance ou non. L'alternance nous a tu imagines, on a on a dépassé le le vivier d'un million d'apprentis politiqu public extraordinaire qui a permis à des entreprises des TPE, des PME, à des grandes entreprises de d'embaucher des jeunes, de les former à leur propre métier, c'est-à-dire à leur dans leur boîte pour leurs propres besoins. Et tout l'enjeu en vérité pour moi, au-delà du reste, c'est de dire ces enfants qu'il soient dans les quartiers, qu'il soient dans la ruralité, tant qu'ils ont pas loin de chez eux et si c'est loin de chez eux une formation, je propose des internats. J'étais la première à parler des internats en
disant il faut réouvrir tout de suite des places pour les petits de CAP parce que tu veux parler d'égalité des chances, parlons-en les internats. Comment tu veux qu'un gamin qui a près de chez lui des formations qui ne l'intéressent pas mais qui a quelques centaines de kilomètres de chez lui une formation qu'il veut faire ? Quelle solution je propose aux parents ? Parce que je connais pas de parents normaux qui vont laisser leurs gamins euh 14 15 ans ou 16 ans partir loin ? Ben non, tu as besoin qu'il soit le petit encadré, tu as besoin qu'on s'occupe de lui et puis voilà. Enfin, il faut pas oublier, c'est des jeunes, c'est des enfants hein, c'est des ados. Donc je dis on va réouvrir. Donc j'ai demandé tout de suite à la DGESCO dès que je suis arrivée le nombre de places
vacantes pour pouvoir les donner aux jeunes et notamment qui viennent de milieu les plus modestes internat public pour leur permettre de faire la formation qu'ils veulent même si c'est loin de chez eux mais d'offrir une solution d'hébergement aux parents. Une fois que j'ai dit ça comment tu résous ? Tu dis sur les les bassins d'emploi, moi j'ai des entreprises que ce soit dans l'Ouest, que ce soit dans le sud-est chez moi, du côté de Fossbert, tu vois, du côté de Saint-Azer, d'accord, dans le nord-ouest, sur la face Sad-Ouest plutôt, tu vas dans le nord, tu vas en région renale. Il y a des besoins phénoménaux en industrie mais pas que en métier du service à la personne, hôtellerie, restauration. Et comment tu fais calquer sur les besoins des entreprises justement les besoins en
formation ? Ben c'est en faisant des choses un peu courageuses, en acceptant de fermer les fil les formations ben qui n'insèrent plus dans l'emploi ou dont le métier n'existe plus. Donc arrêtez de mentir aux jeunes, arrêtez de leur raconter n'importe quoi et surtout euh les encourager et leur dire "Mais non, regarde, tu as une possibilité et d'hébergement et de mobilité." Je travaille par exemple en ce moment parce que j'ai un conseiller égalité des chances Mohamed qui euh qui à qui j'ai demandé de travailler sur le leasing social pour les voitures sans permis pour nos jeunes en ruralité pour qu'ils puissent aller de leur domicile à leur centre de formation à l'entreprise où il où ils sont en alternance. Il y a un sujet tu vois ça c'est des mesures concrètes
d'égalité des chances. Il y a un sujet hyper important aussi, c'est qu'à 15 ans, on sait pas et il y a un trucusement, mais il y en a qui savent a qui savent pas. Il y a un truc qui a été mis en place par Ellisabeth Born, je crois je suis en 2025, c'est le plan à venir. [grognement] Oui. Hyper intéressant pour que les jeunes, les collégiens, les lycéens puissent ben découvrir des métiers et cetera sur une petite une petite durée et cetera. Qu'est-ce qui bloque ? Parce que j'ai l'impression que ça a pas été encore Non, mais on a aussi alors ça c'était une très bonne mesure mais c'est toujours le déploiement. Tu as enfin faut juste se rappeler d'où on parle. Tu [raclement de gorge] n'installes pas une politique publique en 6 mois. C'est pas vrai. Il faut le temps que les les chefs
d'établissement, les professeurs s'emparent de la mesure et la déploient. Les RBDE, pourquoi ça a marché ? Ça mis des années, tu vois, depuis 2023, mais regarde, on est en 2026. Je n'ai pas vu un lycée pro qui avait un RBDE et dont il m'en disait pas le plus grand bien. Mais il a fallu du temps pour s'installer, pour comprendre, pour que les entreprises viennent, pour que les chefs de l'établissement sa culture à faire entrer l'entreprise dans le lycée pro. C'est pas si évident. Moi, je crois beaucoup et je l'avais dit au Seta FO que je le ferai. Je crois beaucoup au troisème prépa métier qui [grognement] permet justement sur l'orientation d'accompagner les jeunes euh avec des des mesures quasi individualisé vers leur orientation et que là on veut
choisir. Excellente mesure et ben je leur ai dit bien sûr. Donc on y va à fond. Donc ce que je veux dire c'est que avenir pro, avenir pro plus pareil, c'est des choses qui ont été lancées mais il faut le temps à France travail, aux missions locales, au lycée de de aux entreprises, de s'approprier les mesures. Et quel quel conseil tu donnerais à un jeune ou une jeune qui a 15 ans, qui est en 3e, qui se cherche, qui est pas forcément scolaire, il y a forcément quelque chose qui t'intéresse. Je connais pas de jeunes où rien ne les intéresse. Donc regarde les choses qui intéressent. Vous avez tous des téléphones. Vos parents ont des téléphones. Pour ceux qui n'ont pas de parents, si on parle des enfants de la ZU, il y a des éducateurs. Tu as des accompagnements, tu as des possibilités
quand même. Beaucoup de possibilités. Donc regarde déjà tout ce qui existe. Sois curieux. Sois curieux. Voilà. Sois curieux. Et ne te ferme aucune porte. Surtout ne te ferme parce que les autres vont le faire pour toi. Donc ne te le fais pas toi-même. [rires] Ben merci franchement d'avoir accepté l'invitation. Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ? pour la suite d'être heureuse. [rires] [souffle coupé] Non mais qu'est-ce qu'on peut non mais de d'être la plus la plus utile possible dans le mandat qui m'a été donné, dans la mission qui m'a été donnée et dans la meilleure humeur et dans le meilleur état d'esprit qu'il soit. Et j'oublie jamais moi ce que je dois vraiment, ce que je dois à titre personnel, mais ce que ces politiques publiques là doivent sur la voie
professionnelle et l'apprentissage au président de la République. Merci beaucoupitation. Merci beaucoup d'avoir suivi cet épisode. On se retrouve très prochainement pour un prochain épisode.
Sabrina Roubache