Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 1 septembre 2024 55 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsRetraitesSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Yaël Braun-Pivet "ne ferme pas la porte" à une suspension de la réforme des retraites

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 53 %Attaque 27 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:49OuverteRéponse directe

    Quelles sont vos images de la semaine ?

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Votre réaction sur la mort d'Henri Leclerc ?

  • 3:17OuverteRéponse directe

    Qu'avez-vous choisi comme image de la semaine ?

  • 4:54OuverteRéponse directe

    Quelle est votre image de la semaine, Françoise ?

  • 6:23OuverteRéponse directe

    Quelle est votre image de la semaine, Nathalie ?

  • 8:22OuverteRéponse partielle

    Bernard Cazeneuve doit être reçu demain à l'Élysée. C'est la bonne personne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:13Invité politiqueFait
    « J'ai travaillé avec lui parce que nous étions membres tous les deux des états généraux de la justice. »
  • 3:28Invité politiqueFait
    « J'ai eu envie de mettre en lumière un événement auquel j'ai participé vendredi, qui est la foire de Chalon. »
  • 3:57Invité politiqueFait
    « C'est un des sujets dont on a beaucoup parlé pendant les six premiers mois de l'année. »
  • 4:14Invité politiquePromesse
    « Vous voulez la reprendre ? Elle est maintenant au Sénat. Nous pouvons la reprendre. »
  • 4:21Invité politiquePromesse
    « Et moi, je pense que c'est un des premiers textes qu'il faudra remettre sur le métier parce que nos agriculteurs ont besoin de ce texte et besoin que le Parlement soit à leur côté. »
  • 8:56Invité politiqueFait
    « Permettez-moi, je vais répondre évidemment à votre question, mais je voudrais juste rebondir sur les femmes afghanes, parce que vous avez raison. Elles ont besoin de nous, elles ont besoin que l'on soit leur voix. »
  • 10:05Invité politiqueFait
    « Le Président de la République a été parfaitement dans son rôle en organisant un certain nombre de consultations des forces politiques. »
  • 10:28Invité politiqueFait
    « Il est temps, effectivement, que nous ayons un gouvernement nommé. »
  • 10:37Invité politiqueFait
    « C'est son choix souverain, dans des plaises à certains dans cette classe politique qui auraient souhaité choisir le Premier ministre à sa place. »
  • 10:50Invité politiqueFait
    « Bernard Cazeneuve fait partie, on dirait, de la short list de profils qui me semble être à même de rassembler au-delà de son camp puisque c'est de cela dont il s'agit puisque personne ne détient la majorité à lui tout seul. »
  • 13:02Invité politiqueFait
    « Moi lorsque je regarde cette assemblée que je connais bien, je vois que c'est une assemblée qui est extrêmement éclatée, composite, trois blocs et vous l'avez suffisamment rappelé et que les Français et moi c'est ce qu'ils me disent surtout c'est qu'ils en ont vraiment marre des querelles de partis. »
  • 13:33Invité politiqueFait
    « Moi je fais partie de cette fameuse société civile qui s'est engagée en 2017 qui n'avait jamais fait de politique de sa vie et je me suis engagée pour justement que nous dépassions ces antagonismes qui avaient fondé notre vie politique pendant des décennies et pour que nous soyons en capacité de travailler ensemble. »
  • 22:22Invité politiqueFait
    « Le président lui doit nommer le Premier ministre et la constitution a dit qu'après le Premier ministre doit déterminer et conduire la politique de la nation et composer le gouvernement qui sera nommé par le président de la république. »
  • 27:56Invité politiqueFait
    « un gouvernement démissionnaire ne peut pas être renversé »
  • 34:55Invité politiqueFait
    « j'ai plein de propositions de loi qui ont été déposées à l'Assemblée Nationale sur les déserts médicaux »
  • 35:05Invité politiqueFait
    « nous avons ensemble des capacités d'avancer, de trouver des modalités »
  • 38:24Invité politiqueChiffre
    « demander aux 1 700 000 français qui bénéficient de cette réforme aujourd'hui qui ont vu leur retraite s'améliorer jusqu'à 700 euros »
  • 39:34Invité politiqueFait
    « ce qui est important c'est que nous ayons de la stabilité, que nous ayons une continuité dans la politique de l'offre qui a été menée »
  • 40:05Invité politiqueFait
    « l'ensemble des niches fiscales »
  • 40:15Invité politiqueFait
    « il faudrait faire une grande conférence sociale autour de la question des salaires »
  • 40:28Invité politiqueFait
    « il faut que nos français aient de la visibilité et la capacité de progresser par leur travail »
  • 40:58Invité politiqueFait
    « ce que nous avons fait qui n'était pas l'abandon total de l'ISF, il y avait les filles qui restaient sur l'immobilier »
  • 51:20Invité politiqueFait
    « ces trois lettres antisémites qui sont arrivées à ma permanence »

Temps de parole

  • Yaël Braun-Pivet58 %
  • Invité15 %
  • Présentateur13 %
  • Invité 28 %
  • Invité 35 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Présentateur

Ravie de vous retrouver pour une nouvelle saison de Questions politiques, votre émission politique du dimanche sur France Inter, diffusée comme toujours sur France Info, la télé, Canal 27 et en partenariat bien sûr avec le journal Le Monde. Comment analyser notre nouvelle situation politique ? Huit semaines après les élections législatives, tout est bloqué. La nouvelle Assemblée n'a toujours pas commencé à travailler. Le précédent gouvernement officiellement démissionné n'a toujours pas été changé, comme si le résultat de ce scrutin était pour l'instant ignoré et mis de côté.

On aimerait pourtant savoir à quoi va ressembler cette nouvelle cohabitation et avec qui Bernard Cazeneuve sera reçu demain matin à l'Elysée. Bref, comment la vie politique dans notre pays va-t-elle s'organiser et fonctionner cette année ? On en parle avec la présidente de l'Assemblée, là où tout risque de se passer, Yael Broun-Pivet et notre invitée ce dimanche dans Questions politiques, en direct et jusqu'à 13h.

1:08
Invité

Questions politiques. Karine Bécard sur France Inter.

1:16
Présentateur

Bonjour Yael Broun-Pivet. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre toute première invitation de la saison et merci surtout de faire votre rentrée sur le plateau de Questions politiques. A mes côtés, j'ai le plaisir, le grand plaisir de retrouver les copines, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour à toutes et tous et à tout le monde. Oui, quand même. Bonne rentrée. Et Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour ma chère Françoise. Bonjour, je bise Nathalie.

1:39
Locuteur non identifié

Bisez-moi, frère Françoise.

1:41
Présentateur

Alors on va découvrir pour commencer l'épisode, comme toujours, vos images de la semaine, ce qui vous a marqué en particulier dans l'actualité. Mais j'aimerais d'abord vous soumettre ce portrait, celui d'un homme, Henri Leclerc, avocat, défenseur inlassable des droits de l'homme, une légende du barreau après 65 ans de carrière. Il est mort hier à l'âge de 90 ans. Tout simplement, votre réaction, Yael Braun-Pivet, je rappelle que vous aussi, vous êtes avocate. Vous l'avez peut-être d'ailleurs, je ne sais pas, rencontrée, croisée, discutée avec lui.

2:13
Yaël Braun-Pivet

Alors j'ai fait plus que cela. J'ai travaillé avec lui parce que nous étions membres tous les deux des états généraux de la justice. Et donc nous avons passé de longues heures à délibérer et à échanger. Et j'ai pu voir, effectivement, comme vous l'avez dit, un inlassable défenseur des droits, des droits humains, des droits de l'homme, un amoureux de la défense, de la défense pénale, des libertés, des principes de l'état de droit qu'il rappelait inlassablement. Et donc nous perdons une grande figure. Alors malheureusement, nous en avons perdu beaucoup dans le monde du droit et dans le monde des avocats, après Hervé Temim, après Pierre Haïck.

Il va manquer et nous avons besoin de ces hommes et de ces femmes qui défendent ce que nous avons de plus précieux, nos valeurs et l'état de droit. Et il était de cela. Vous lui voyez un successeur ? Il y en a beaucoup dans le monde du droit et c'est important. Nous avons besoin de chacun.

3:14
Présentateur

Alors ce n'est pas votre image de la semaine, en tout cas à vous, Yael Braun-Pivet. Qu'est-ce que vous avez choisi ? Qu'est-ce que vous avez eu envie de mettre en lumière ?

3:21
Yaël Braun-Pivet

Alors moi, j'ai eu envie de mettre en lumière un événement auquel j'ai participé vendredi, qui est la foire de Chalon. La foire agricole. C'est une foire agricole mais qui va bien au-delà de l'agriculture parce qu'il y a le monde politique, le monde associatif, qui s'y rencontrent, beaucoup de familles. Et c'est un événement majeur et j'ai été très heureuse de pouvoir l'inaugurer parce que c'est important d'être au contact des Français, d'être sur le terrain et surtout aussi d'être au contact de ceux qui font notre agriculture. C'est un des sujets dont on a beaucoup parlé pendant les six premiers mois de l'année. L'été a été rude pour nos agriculteurs.

Nous avons besoin de continuer à être à leur côté. Nous avons notamment une loi d'orientation agricole qui était en cours d'examen à l'Assemblée nationale avant la dissolution. Vous voulez la reprendre ? Elle est maintenant au Sénat. Nous pouvons la reprendre. Et moi, je pense que c'est un des premiers textes qu'il faudra remettre sur le métier parce que nos agriculteurs ont besoin de ce texte et besoin que le Parlement soit à leur côté. Donc cette foire de Chalon était un événement incroyable. Beaucoup de chaleur, beaucoup d'énergie. Beaucoup de chaleur, c'est-à-dire que les Français, vous les avez trouvés comment ? Optimistes ? Ils avaient des choses à vous dire ?

Alors, ils ont toujours des choses à nous dire. Moi, j'ai vu des Français et des élus aussi qui nous ont tous dit la même chose. Retroussez-vous les manches, travaillez ensemble. Maintenant, ça suffit. Allez-y. Et donc, c'est ce qu'on va en parler longuement. Mais c'était important de les rencontrer et de les entendre.

4:54
Présentateur

Françoise, quelle est votre image à vous ? On pourrait la présenter peut-être comme la figure politique de l'été.

4:59
Invité

Oui. Alors, moi, j'ai retenu Lucie Castel, qu'aucun Français ou pratiquement ne connaissait avant l'été, et qui, au fond, finalement, s'est imposée comme l'une des figures politiques de l'été. Elle a été conduite à Matignon en début de semaine par Emmanuel Macron, qui a estimé que le nouveau Front populaire n'aurait pas la majorité et serait très vite renversée. Mais, au fond, on l'a vu aux universités d'été du Parti Socialiste ce week-end, et on voit que, non seulement, elle s'accroche, mais qu'elle est populaire. Et ce qui me fascine, au fond, l'émergence de cette personnalité, c'est qu'elle n'appartient pas aux sérailles politiques, qu'elle a un profil de haut fonctionnaire, d'énarque.

Et on se dit, mais c'est curieux, ça ne correspond pas tellement avec ce qu'on aurait pu imaginer à gauche. Et je me dis, est-ce que c'est, au fond, la démonstration de cette crise de la représentation politique, où, pour être entendu, ou avoir l'espoir d'être entendu par les Français, il ne faut plus appartenir au Parti, mais être plutôt dans la société civile, avec, qui plus est, un haut degré de connaissance des dossiers, parce que, dans son examen de passage face à Emmanuel Macron, la gauche reconnaît qu'elle a été extrêmement compétente, et à l'Élysée, on dit qu'effectivement, elle tenait très bien ses dossiers.

Donc, je me demande, est-ce que c'est un feu de paille, ou est-ce que c'est un profil politique qui est en train de s'imposer aussi, parce qu'on a une crise assez majeure de la représentation politique ?

6:19
Présentateur

Allez, je termine avec vous, Nathalie, image paralympique, je crois, qui s'impose également, évidemment.

6:24
Invité

Surtout sur le droit des femmes. Celle de Zahia Koudadadi, qui a été médaillée en taekwondo, c'est surtout parce qu'elle est afghane d'origine, et que c'est la première médaille pour les réfugiés, alors là, on la voit dans les bras de son entraîneuse. On peut imaginer tout ce qu'elle a vécu. Elle est partie en 2021, elle a été exfiltrée grâce à la France. 2021, c'est le moment où il y a l'évacuation par les Américains, les dernières personnes qui pouvaient projeter les femmes. Alors, c'est facile, là, dans un fauteuil, sur un siège, de dire, oh là là, quelle horreur pour les femmes. Ça peut être de l'indignation qui donne bonne conscience pour la journée, voire pour l'année.

C'est pas ça que je voulais dire. Je voulais dire simplement que quand on a eu un pays, c'est presque grotesque, un pays qui interdit aux femmes d'aller à l'école, qui leur interdit d'avoir un visage, qui leur interdit d'avoir un corps, ou qui le cachent.

7:07
Présentateur

Qui leur interdit de chanter, désormais.

7:09
Invité

Non, interdiction de chanter, mais même de parler. C'est-à-dire l'invisibilisation totale de tout ce qui peut s'approcher. Déjà, dans un pays où on n'aimait pas les cerfs-volants ni les canaries, et on considérait que tout ce qui était joyeux, le jeu, le foot, était quelque chose d'interdit, il y avait à s'inquiéter. Et surtout s'étonner sur une chose, c'est qu'il n'y ait pas eu un mouvement mondial.

C'est-à-dire que, honnêtement, alors je ne vais pas vous faire l'éternel coup du, les féministes, quand ce n'est pas plus politique, ne se bougent plus, mais quand même, il aurait dû y avoir des rassemblements dans le monde entier, avec les réseaux sociaux, tout le monde sait, tout le monde a vu, tout le monde peut savoir. Voilà, ça me semble être un combat qui est le premier à avoir et qu'il ne faut pas mollir là-dessus. Et pour l'instant, on n'entend pas grand-chose. Croyez bien que je fais tous mes efforts, et les jours et les nuits, et que je le fais depuis des semaines, même si vous ne l'avez pas forcément vu, pour aboutir à la meilleure solution pour le pays.

En tout cas, la France a un gouvernement qui gère les affaires courantes, qui a permis d'avoir des Jeux olympiques qui ont émerveillé le monde, qui en même temps fait face aux défis, aux crises du moment. Donc je ne voudrais pas qu'on laisse s'installer l'idée que les affaires ne sont pas suivies. Après, je serai mes meilleurs efforts et je parlerai aux Français en temps voulu et dans le bon cadre.

8:22
Présentateur

Alors le président Macron, qui s'exprimait jeudi soir à son arrivée en Serbie. Alors depuis, ça s'est un petit peu accéléré. Depuis ce matin, depuis quelques minutes exactement, Bernard Cazeneuve doit être reçu demain matin à l'Elysée. C'est l'entourage de Bernard Cazeneuve, l'ancien Premier ministre de François Hollande, qui le dit. C'est confirmé par le service politique, par Simon le Baron, qu'on connaît bien sur l'antenne de France Inter. Il y a le bon de pivet, ça fait avancer les choses. C'est la bonne personne, Bernard Cazeneuve ?

8:53
Yaël Braun-Pivet

Alors, permettez-moi, je vais répondre évidemment à votre question, mais je voudrais juste rebondir sur les femmes afghanes, parce que vous avez raison. Elles ont besoin de nous, elles ont besoin que l'on soit leur voix. Moi, il y a quelques mois de cela, j'avais organisé le premier sommet des présidentes d'assemblée du monde entier, pour justement que nous adressions une parole commune autour du droit des femmes. Et cela ne sert pas à rien, nous avons, et elles en ont besoin, que l'on parle d'elles, que l'on les défendre, qu'on soit à leur côté. Et donc, il faut, et chacun a un rôle à jouer, vous en tant que journaliste, moi en tant que responsable politique. Donc, faisons-le.

Et donc, merci d'avoir choisi cette image.

9:33
Invité

Et peut-être l'ONU et les Etats-Unis, qui continuent à financer les talibans, sans condition. Autrement ce qui avait été dit au moment du retrait.

9:39
Yaël Braun-Pivet

Non mais voilà, donc fondamental, et soyons-là à leur côté, et pour elles, inlassablement, et ça, de l'importance. Voilà, c'est important.

9:46
Présentateur

On l'a dit, mais il y a beaucoup de dossiers politiques maintenant. Bien sûr. Bernard Cazeneuve, elle n'en peut plus, je la vois bouillir, François Sfresse, elle veut sa réponse.

9:54
Yaël Braun-Pivet

En fait, les Français, comme vous, et comme nous, responsables politiques, nous attendons effectivement qu'un gouvernement soit formé, qu'un Premier ministre soit nommé. Le Président de la République a été parfaitement dans son rôle en organisant un certain nombre de consultations des forces politiques. Mais pas un peu long, quand même. Il y a un risque d'expérience assez fort. Et bien justement, je pense qu'il est temps, en cette rentrée, nos enfants vont faire leur rentrée scolaire demain pour la plupart d'entre eux. Il est temps, effectivement, que nous ayons un gouvernement nommé. Et donc, je me réjouis que cela avance.

Donc, que ce soit Bernard Cazeneuve ou un autre Premier ministre, il ne m'appartient pas de me prononcer sur le choix que fait le Président de la République. C'est son choix souverain, dans des plaises à certains dans cette classe politique qui auraient souhaité choisir le Premier ministre à sa place. En tout cas, évidemment, Bernard Cazeneuve fait partie, on dirait, de la short list de profils qui me semble être à même de rassembler au-delà de son camp puisque c'est de cela dont il s'agit puisque personne ne détient la majorité à lui tout seul. C'est quoi ces atouts précisément ?

Moi, en tant que Présidente de l'Assemblée nationale, je me réjouis que cela avance, que nous puissions avoir un Premier ministre qui soit nommé, je l'espère, dans les jours qui viennent pour qu'il puisse ensuite consulter à nouveau probablement l'ensemble des forces politiques pour composer un gouvernement qui soit à même d'agir dans l'intérêt des Français. Là, maintenant, ça peut aller très vite ? Eh bien, écoutez, ça doit, je pense, aller assez vite puisque les consultations ont duré, vous l'avez rappelé, pendant des semaines et c'était important de prendre le temps. Maintenant, il faut aussi prendre le temps de construire un programme d'action.

Il ne s'agit pas simplement de nommer un tel ou un tel, il faut un programme d'action qui permette de rassembler les différentes forces politiques à l'Assemblée nationale et qui puisse permettre de trouver aussi un chemin avec le Sénat puisque le Parlement est composé de deux chambres avec des tonalités politiques extrêmement différentes et il faut trouver quelque chose qui nous permette de converger et donc, je l'espère en tout cas, que ça puisse commencer ce travail-là dans les jours qui viennent.

12:09
Invité

Justement, Françoise, demandez quels sont ses avantages, enfin en quoi, quelles sont ses qualités. Alors, vous allez sûrement répondre homme d'État mais je ne vais pas faire les réponses à votre place. Nicolas Sarkozy a dit que le centre de gravité de la France aujourd'hui était à droite. Enfin, que la France était à droite. Est-ce que le centre de gravité de Bernard Cazeneuve ou vous, ce que vous sentez, vous avez parlé de la foire de Châlons-Champagne, ce que vous sentez du centre de gravité des Français avec les élections, vous les sentez plutôt comment ?

12:33
Yaël Braun-Pivet

Voilà, moi je peux vous répondre probablement mieux sur les Français que sur Bernard Cazeneuve. Je ne suis pas... Non mais il faut que vous connaissez. Non mais je le connais mais ce n'est pas aujourd'hui mon rôle en tant que président de l'Assemblée nationale de participer aux commentaires autour du... Non mais je comprends très bien. Je vous ai demandé comment vous sentez la France. Ça, ça n'est pas possible. Non mais la question est intéressante. La question est intéressante.

12:50
Présentateur

Juste, pardonnez-moi Yelbon de bivet, c'est effectivement est-ce que le centre de gravité, est-ce que l'ancien président Sarkozy a raison, est-ce que le centre de gravité de la politique française aujourd'hui est à droite après les résultats qu'on a eus en juillet dernier ?

13:02
Yaël Braun-Pivet

Justement, moi lorsque je regarde cette assemblée que je connais bien, je vois que c'est une assemblée qui est extrêmement éclatée, composite, trois blocs et vous l'avez suffisamment rappelé et que les Français et moi c'est ce qu'ils me disent surtout c'est qu'ils en ont vraiment marre des querelles de partis, ils en ont vraiment marre des étiquettes et des gens qui se disent de tel ou tel côté de l'échec et qui ne veulent pas surtout parler et construire avec l'autre côté.

Vous savez, moi je me suis engagée parce que justement j'avais une autre vision politique en 2017 vous parliez de Lucie Casté en tant que membre de la société civile moi je fais partie de cette fameuse société civile qui s'est engagée en 2017 qui n'avait jamais fait de politique de sa vie et je me suis engagée pour justement que nous dépassions ces antagonismes qui avaient fondé notre vie politique pendant des décennies et pour que nous soyons en capacité de travailler ensemble.

Et bien aujourd'hui c'est ce que nous devons faire c'est ce que les Français nous demandent de faire alors non pas de dépasser les clivages et d'être dans un parti unique celui du président de la République mais au contraire de rassembler de nous rassembler de rassembler des forces politiques et de considérer que le problème c'est pas tant je suis de droite je suis de gauche et c'est pas la question d'un baril centre éventuel c'est de savoir qu'est-ce qu'on fait pour l'école la santé le pouvoir d'achat et que ces réponses-là n'ont pas de droite à gauche sur le social

14:29
Invité

et à droite sur le régalien si vous deviez résumer ce qu'on vous dit

14:32
Yaël Braun-Pivet

ce qui est important et vous savez les valeurs de notre république et les valeurs du régalien elles ne sont pas de droite elles ne sont pas de gauche et les Français on va être abandonnés par la gauche pendant un certain temps et bien justement les Français ce qu'ils nous disent c'est qu'ils ont besoin ils ont besoin de colonnes vertébrales ils ont besoin de valeurs ils ont besoin de savoir où on habite et ça ça n'est pas ni de droite ni de gauche mais malgré tout simplement c'est juste notre pays et ils attendent de nous cela donc maintenant en fait avançons autour avec un gouvernement qui sera justement préoccupé uniquement par l'intérêt de notre pays et l'intérêt des Français et non pas par l'intérêt de leur parti ou l'intérêt d'une éventuelle prochaine élection j'en vois trop qui aujourd'hui jouent le coup d'après c'est pour moi en tant que femme en tant que mère de famille en tant que citoyenne en tant qu'aujourd'hui femme politique je trouve que c'est absolument scandaleux les Français qui jouent les coups d'après s'il vous plaît je ne jouerai pas à cela à vous donner de nom non mais justement la situation est trop importante trop grave et les Français nous attendent regardez les résultats des derniers sondages le regard qu'ils portent sur la classe politique mais ça devrait tous nous effrayer non mais il y a la classe politique pardonnez-moi

15:47
Présentateur

il y a le grand pivet il y a la classe politique il y a quand même un président qui donne le sentiment et d'autres l'ont dit qui procrastinaient un peu mais pas du tout ça fait dix jours il avait promis un premier ministre là avant la fin de cette semaine on est dimanche il est midi 20

15:59
Yaël Braun-Pivet

le président il a pris le temps de rencontrer toutes les forces politiques de rencontrer la présidente de l'Assemblée nationale que je suis de rencontrer le président du Sénat il a consulté il a avancé c'est comme ça mais tout ça pour arriver à Bernard Cazeneuve dont on entend parler depuis des semaines d'abord écarter l'hypothèse Lucie Casté puisque elle était si elle était nommée susceptible de rencontrer une majorité contre elle et ça il fallait bien que les forces politiques le disent au président de la république il ne fallait pas l'écarter plus tôt on n'a pas attendu trop oui mais il fallait que les forces politiques il ne fallait pas l'écarter simplement parce que c'était elle ou parce qu'elle venait du nouveau front populaire il fallait l'écarter pour une raison qui est imparable qui est que les forces politiques qui sont présentes à l'Assemblée nationale et qui ont chacune un certain nombre de députés ont dit qu'elles voteraient une motion de censure et le président garant de la stabilité devait en entendant ça essayer d'explorer d'autres pistes c'est ce qu'il a fait et moi à nouveau je pense que s'il arrive à nommer un premier ministre qui vous savez ce n'est pas un jeu de qui je crois que c'est quelqu'un qui a utilisé cette expression l'objectif ce n'est pas de nommer pour avoir un gouvernement qui est renversé pour renommer dans un mois pour il ne faut pas qu'on participe et le président plus que tout autre a de l'instabilité institutionnelle

17:22
Invité

mais vous entendez quand même ce que dit la gauche c'est qu'au fond de dire Emmanuel Macron se comporte comme s'il n'avait pas perdu tout continue comme avant il y a de l'entourloupe et il y a de la colère qui va monter contre lui parce qu'il ne tire pas les leçons de ses élections est-ce que vous entendez cet argument là ?

17:39
Yaël Braun-Pivet

je l'entends et je vous avoue que je ne le comprends pas complètement parce que le nouveau front populaire ne détient pas et loin s'en faut de majorité à l'Assemblée nationale autrement vous savez que je ne serai pas devant vous aujourd'hui puisque lorsque il s'est s'agit de procéder à l'élection du président de l'Assemblée nationale le nouveau front populaire avait un candidat unique qui n'a pas gagné cette élection à la présidence de l'Assemblée nationale donc le nouveau front populaire seul ne détient pas de majorité à l'Assemblée nationale mais en même temps

18:14
Invité

personne ne détient vraiment de majorité justement

18:17
Yaël Braun-Pivet

personne ne détient de majorité à l'Assemblée nationale il n'y a pas de coalition contraire

18:21
Invité

qui disent que il y a garantie de stabilité

18:24
Yaël Braun-Pivet

pour mon élection il y a eu une coalition contraire puisqu'il ne vous aura pas échappé que j'ai été élue avec les voix de ma famille politique Renaissance le Modem et le groupe Horizon mais aussi des voix d'un certain nombre de membres de l'UDI et du groupe Lyot un certain nombre de voix ultramarines et les voix des républicains donc il y a d'autres majorités qui étaient possibles il était important pour le président de la république de pouvoir lever et examiner toutes les hypothèses avec comme seul objectif l'intérêt du pays l'intérêt des français donc la stabilité et surtout la capacité à agir et donc c'est cela qui a pris du temps c'est normal moi je ne le déplore pas bien au contraire parce que l'objectif c'est cela stabilité capacité à agir

19:14
Présentateur

quand on perd une élection ce qui s'est passé pour le camp macroniste aux élections européennes et ensuite aux élections législatives vous appartenez à ce camp présidentiel est-ce que ce n'est pas choquant pour une partie des français que vous soyez la présidente de l'Assemblée nationale vous appartenez au camp qui a perdu qu'on a voulu démettre que les français les électeurs

19:34
Yaël Braun-Pivet

j'entends certains qui disent cela je vous avoue que je n'ai pas rencontré un français cet été qui me l'a dit en face moi j'ai plutôt rencontré des français qui m'ont dit qu'ils se satisfaisaient de mon élection parce que justement elle était un signe de stabilité de l'Assemblée nationale et comme ils savent que moi je suis quelqu'un qui dirige cette assemblée en écoutant les uns et les autres en essayant de rapprocher les points de vue et en essayant de faire converger des forces politiques qui d'habitude ne convergent pas moi les français que j'ai rencontré m'ont plutôt rassuré après évidemment que le camp présidentiel a perdu l'élection mais on peut le dire cent fois c'est une réalité mais nous avons à l'Assemblée nationale 166 parlementaires on ne peut pas faire comme si ces 166 parlementaires n'existaient pas ils sont là ils portent des idées ils portent des valeurs et toute coalition tout gouvernement qui devra avancer et proposer des actions pour les français devra évidemment tenir compte de ces 166 parlementaires de même qu'il devra tenir compte des différentes forces politiques c'est pour ça que je vous indique que nous n'avons pas le choix vous savez ce que j'ai aussi expliqué aux français que j'ai rencontré cet été c'est que cette assemblée qu'ils ont élue c'est la leur c'est la nôtre c'est la vôtre et c'est notre assemblée pendant un an nous n'avons pas le choix nous ne pouvons pas être comme des enfants gâtés et dire ah bah j'en veux pas cet équilibre de la vôtre politique ne me convient pas je veux que ça soit différent vous allez nous dire comment on va réussir à fonctionner la question de Karine

21:16
Invité

c'est pas nous ne sommes pas des enfants gâtés bien sûr mais c'est que le président n'en soit pas un c'est à dire est-ce qu'il n'y a pas une logique qui serait de désigner un premier ministre qui serait compatible et de lui dire bah à toi de jouer avec tes majorités parce qu'en fonction des personnalités ça peut se passer correctement avec certains socialistes pas avec d'autres personnes est-ce que finalement c'est lui qui doit faire le gouvernement faire le premier ministre faire le programme ça c'était la question et deuxièmement est-ce que vous croyez à une hypothèse d'un premier ministre technique ce qu'on a dit il y a quelque temps on a parlé de Didier Nigo bien qu'il était politique dans le temps qui était à la cour des comptes puis à la haute autorité pour la transparence on a parlé d'Éric Lombard qui est actuellement président de la caisse des dépôts et consignations on a parlé de Pierre Moscovici court des comptes bon est-ce que ça tient la route l'idée du premier ministre technique qu'est-ce que ça veut dire donc est-ce que c'est pas un peu une marge de manoeuvre au premier ministre du premier ministre et

22:10
Présentateur

je fais juste une petite parenthèse Nathalie arrêtez de vous battre avec votre micro as-tu touché vous n'arrêtez pas c'est pas grave on vous écoute il y a le bon pire

22:20
Yaël Braun-Pivet

alors le président lui doit nommer le premier ministre et la constitution a dit qu'après le premier ministre doit déterminer et conduire la politique de la nation et composer le gouvernement qui sera nommé par le président de la république mais sur proposition du premier ministre donc chacun est dans son rôle le président de la république lui il devait et il doit s'assurer que le premier ministre qu'il nomme ne soit pas renversé quoi qu'il arrive et c'était le cas de Lucie Casté quoi qu'il arrive à partir du moment où elle avait indiqué qu'elle appliquerait le programme du nouveau front populaire et qu'il y aurait au départ des ministres la France insoumise dans son gouvernement tous les partis avaient indiqué qu'il censurait et donc quoi qu'il arrive cette nomination et ce gouvernement auraient été censurés donc le président de la république a raison au nom de la stabilité des institutions d'écarter cette hypothèse à partir du moment où il réussit à trouver une personne qui justement n'emporte pas de majorité contre elle de façon immédiate que ce soit Bernard Cazeneuve ou un premier ministre plus technique Didier Migaud vous en avez cité quelques-uns et bien dans ces cas-là il reviendra évidemment à ce premier ministre nommé de déterminer ce fameux pacte d'action en rencontrant à nouveau je ne veux pas lui dire ce qu'il a à faire mais à mon sens en rencontrant à nouveau l'ensemble des forces politiques présentes à l'Assemblée nationale pour savoir sur quelle feuille de route il peut s'engager à horizon un an

23:45
Invité

c'est au premier ministre

23:48
Yaël Braun-Pivet

d'organiser ses consultations et de composer un gouvernement si c'est un technicien qui ne connaît rien à la politique on fait comment ?

mais vous savez quand vous citez notamment Pierre Moscovici ou Didier Migaud ils connaissent les règles à l'Assemblée Didier Migaud il a été élu à un certain nombre de reprises députées il était rapporteur général du budget il a été président de la commission des finances si quelqu'un connaît bien le fonctionnement de l'Assemblée nationale c'est lui donc moi je ne suis pas inquiète ce que je pense profondément c'est qu'il faut que ce premier ministre ensuite dès qu'il sera nommé puisse à nouveau entamer des consultations pour déterminer ce pacte d'action moi j'ai vu aussi beaucoup et ça m'a intéressé j'ai reçu beaucoup de courriers en ce sens des gens de la société civile des think tanks des citoyens m'écrire en me disant mais Madame la Présidente si on regarde un petit peu tous les programmes des uns et des autres et bien il y a quelques sujets sur lesquels on peut s'entendre donc et certains me disent voilà regardez l'éducation la santé la stabilité budgétaire il y a un certain nombre de sujets sur lesquels nous pouvons voir des convergences donc ce sera au premier ministre de regarder cela pour voir quelles peuvent être les grandes réformes parce que moi je ne me résous pas à ce qu'il y ait simplement une gestion qui soit à minima nous devons nous pouvons je le crois continuer à porter des grandes réformes pour notre pays

25:13
Invité

alors il y a un sujet c'est que le premier ministre va être probablement nommé la semaine prochaine mais l'assemblée n'est pas réunie pour le moment est-ce que vous vous entendez ceux qui disent il faut la tenue d'une session extraordinaire on ne peut pas faire des consultations dans le dos des parlementaires est-ce que vous allez demander vous la tenue d'une session

25:33
Yaël Braun-Pivet

sur ce point j'entendais au début de l'émission que l'assemblée nationale était à l'arrêt aujourd'hui pas à l'arrêt l'assemblée nationale elle travaille elle a réuni ses instances au mois de juillet les caisseurs ont travaillé tout l'été sur le budget de l'assemblée nationale que nous devrons voter au mois de septembre qui avait été travaillé par les précédents caisseurs les commissions sont au travail sauf qu'habituellement on a des sessions

25:57
Présentateur

parlementaires extraordinaires et que là en ce moment on n'en a pas donc c'est la question de Françoise

26:00
Yaël Braun-Pivet

est-ce qu'il en faut une ?

mais oui et non la session ordinaire de l'assemblée nationale recommence en octobre de façon très classique l'assemblée nationale ne se réunit pas au mois d'août donc il faut quand même remettre un peu l'église au milieu du village nous ne sommes pas dans un fonctionnement complètement inhabituel de nos institutions même sur le budget pour autant pour autant pour une session une éventuelle session extraordinaire qui je le rappelle à vos auditeurs est une décision du président de la république moi je considère qu'en tant que président de l'assemblée nationale s'il devait y avoir là dans les jours qui viennent un premier ministre qui soit nommé s'il devait y avoir un gouvernement qui puisse être nommé dans la foulée moi je considère que ce gouvernement et ce premier ministre devraient venir se présenter devant l'assemblée nationale donc je demanderais une session extraordinaire parce que dans mon esprit en tant que président de l'assemblée nationale dans les circonstances politiques actuelles nous ne pouvons pas ne pas entendre et questionner le premier ministre qui serait nommé et son gouvernement parce que session extraordinaire veut dire possibilité de faire ce qu'on appelle une déclaration de politique générale d'exposer aux parlementaires et donc par là même aux citoyens quel serait ce fameux pacte d'action quel serait le programme que ce gouvernement et ce premier ministre auraient l'intention de mettre en oeuvre et puis session extraordinaire veut dire aussi question au gouvernement et donc capacité pour tous les parlementaires d'interpeller le premier ministre et les ministres sur la politique qu'ils souhaitent mener donc c'est important le gouvernement est responsable devant le parlement

27:40
Présentateur

il faut se dépêcher d'avoir un gouvernement parce que pour l'instant on a quand même des ministres démissionnaires qui sont donc ministres et députés donc on imagine mal un député qui pose une question à son propre ministre enfin je veux dire à ce qu'il est lui-même

27:50
Yaël Braun-Pivet

alors c'est sûr que de toute façon et c'est le propre d'un gouvernement démissionnaire un gouvernement démissionnaire ne peut pas être renversé ne peut pas répondre à des questions au gouvernement opposées par lui-même c'est l'évidence c'est l'évidence

28:03
Invité

il n'y a pas de vote de confiance je ne vais pas avoir posé la question 18 fois est-ce qu'il est nécessaire vu que vous avez vous-même dit qu'il fallait valider le fait qu'il y avait non pas une majorité forcément pour mais en tout cas pas une majorité contre qu'il y ait un test qui soit fait à l'occasion il n'y a aucune obligation

28:21
Yaël Braun-Pivet

justement mais là vous venez en fait la réponse est contenue dans votre question puisque vous venez de dire on n'a pas forcément une majorité pour mais il ne faut pas une majorité contre ce qui est important de savoir c'est que lorsque nous sommes en session qu'elle soit ordinaire ou extraordinaire les parlementaires peuvent déposer ce qu'on appelle une motion quand ils veulent il faut être en session pour cela et c'est une des raisons pour lesquelles je pense que s'il y a un gouvernement nommé il faut qu'il y ait une session extraordinaire pour que les parlementaires puissent le cas échéant déposer s'ils le souhaitent une motion de censure et qu'elle puisse être discutée et votée par le Parlement donc vous êtes d'accord

29:01
Présentateur

avec Jordan Bardelin avec Fabien Roussel le Rassemblement National le Parti Communiste qui demande effectivement cette session parlementaire extraordinaire

29:08
Yaël Braun-Pivet

non mais vous savez moi j'essaye en tant que présidente de l'Assemblée Nationale d'être la plus rationnelle possible d'avoir du bon sens et il me semble compte tenu de la situation politique que nous vivons et de ce que je viens d'exposer que le bon sens et l'esprit de responsabilité conduiraient le gouvernement à devoir être devant l'Assemblée et donc évidemment je demande cette session extraordinaire je n'ai pas à être d'accord avec un tel ou un tel je sais et je suis en capacité de mener mes propres raisonnants et de prendre mes décisions comme une grande

29:43
Présentateur

Juste avant de rester on va rester sur ce qui va se passer à l'Assemblée pour comprendre comment les choses vont s'organiser juste une question sur ce qui se passe à l'extérieur en ce moment on est dans la perspective le week-end prochain d'une manifestation contre le président de la République pour une destitution est-ce que vous craignez malgré tout un embrasement de la rue des gens en colère pas satisfaits de ce qui se passe en ce moment

30:03
Yaël Braun-Pivet

Qu'il y ait des gens pas satisfaits je les comprends maintenant moi je leur dis qu'il faut être patient il faut surtout être respectueux des institutions et que parfois malheureusement certains les manipulent par le discours qu'ils tiennent il n'y a pas plus de déni de démocratie dans mon élection à la présidence de l'Assemblée nationale que dans le choix du président de la République de ne pas nommer Lucie Casté je crois que c'est important vous savez il faut se référer toujours et on parlait d'Henri Leclerc dans une démocratie il faut se référer au texte il faut se référer à la règle et à notre règle commune et la Constitution et je l'ai dit très souvent elle n'est pas à la carte et lorsque on invoque la violation de la Constitution pour entamer une procédure de destitution du président de la République qui n'a absolument aucun sens mais regardons la Constitution et la Constitution indique bien que le président de la République nomme le Premier Ministre c'est assez clair donc ne manipulons pas les gens vous savez lorsqu'on respecte les citoyens lorsqu'on respecte le peuple comme je peux le faire on ne leur ment pas Françoise pour autant

31:17
Invité

la Ve République ça a toujours été au fond un rapport de force entre le président de la République le Parlement là on a un président de la République plus affaibli qu'il y a quelques mois une Assemblée Nationale dont vous avez vu la difficulté de faire vivre en majorité relative là quel rôle vous assignez-vous en tant que président de l'Assemblée Nationale pour redorer tenter de redorer le blason de l'Assemblée Nationale qui est assez discrédité aussi et au fond peser peut-être aussi par rapport à l'exécutif est-ce que vous dites il y a une méthode de travail ou il y a des choses à faire à l'Assemblée que je n'ai pas encore fait

31:52
Yaël Braun-Pivet

alors vous l'avez rappelé pendant deux ans l'Assemblée Nationale ne disposait pas de majorité absolue il y avait une majorité relative et nous avons collectivement souvent sur ma proposition créé de nouvelles façons de travailler moi quand je suis arrivée à la présidence j'ai créé ce qu'on appelait les semaines transpartisanes au début beaucoup se sont un peu moqués en se disant que cela ne marcherait pas semaine transpartisane c'était quoi c'était un partage de l'ordre du jour de l'Assemblée donc on inscrit des propositions de loi donc qui émanent des parlementaires et on inscrivait des propositions de loi qui venaient d'un parlementaire de la majorité et d'un parlementaire de l'opposition donc qui dès le début travaillaient ensemble un texte de loi le déposait sur le bureau de l'Assemblée Nationale et nous le discutions et ces semaines transpartisanes elles ont été créées à l'unanimité des groupes politiques tous les groupes politiques ont accepté de jouer le jeu nous ne les avons pas inscrites dans le règlement de l'Assemblée Nationale c'était une simple décision collective en disant voilà il faut trouver une nouvelle façon de fonctionner et ça a marché nous avons adopté de très nombreux textes dans ces semaines transpartisanes je pense par exemple à un texte qui venait alors qui venait du Sénat de Valérie Létard sur l'aide d'urgence vous savez pour les femmes victimes de violences qui leur permet une aide qui leur permet de quitter leur domicile très rapidement on a adopté un texte alors qui est en cours de navette en ce moment mais à l'Assemblée Nationale de façon très large à l'initiative d'un député de la majorité d'un député PS sur les AirBnB vous savez ces locations etc.

donc nous avons appris à travailler comme cela nous avons adopté mais on ne le sait pas 40 textes à l'unanimité de l'hémicycle unanimité donc 90% de ces 40 textes étaient des textes qui étaient portés par des parlementaires donc tout ça pour dire que tout n'a pas bien marché pendant ces deux années à l'Assemblée Nationale mais nous avons montré que nous étions capables aussi de fonctionner ensemble donc il va falloir aller beaucoup plus loin sur ces méthodes de travail et par rapport au gouvernement et justement et par rapport au gouvernement travailler beaucoup plus en amont on a et moi je l'ai toujours déploré même lorsque j'étais présidente de la commission des lois je l'ai écrit parce que moi j'avais écrit un plaidoyer pour un parlement renforcé je crois en l'Assemblée Nationale et j'ai toujours pensé qu'il fallait que le parlement soit associé dès l'origine lorsque le gouvernement veut procéder au vote d'un texte aujourd'hui on est associé beaucoup trop tardivement il faudrait que les parlementaires soient consultés et quitte à organiser des débats à l'Assemblée Nationale typiquement nous voulons travailler sur la question de la santé des déserts médicaux les français nous en parlent quel que soit leur bord politique j'ai plein de propositions de loi qui ont été déposées à l'Assemblée Nationale sur les déserts médicaux j'ai Guillaume Garot PS qui travaille avec un groupe transpartisan sur les déserts médicaux depuis deux ans je l'avais reçu je le reçois la semaine prochaine et bien nous avons ensemble des capacités d'avancer de trouver des modalités moi je suis je serai l'animatrice de cela mais je vous êtes l'animatrice c'est pas idéologique

35:15
Présentateur

c'est pas idéologique est-ce que vous aurez véritablement le même poids pour faire avancer l'Assemblée comme vous l'avez fait ces deux dernières années dans la mesure où il faut le rappeler aussi vous n'êtes plus majoritaire au sein de votre propre bureau est-ce que ça risque de vous poser des problèmes et comment vous allez gérer en fait tout ça vous savez

35:31
Yaël Braun-Pivet

tout ce dont je viens de vous parler sont des décisions qui se prennent en conférence des présidents avec l'ensemble des présidents de groupe en ce qu'ils représentent un certain nombre de parlementaires moi je suis convaincue que j'aurais en face de moi comme je les connais vous savez ils étaient ce sont quasiment les mêmes avec lesquels j'ai travaillé pendant deux ans moi à chaque fois j'ai vu des présidents de groupe qui ne voulaient pas participer à un quelconque blocage de l'institution donc j'ai confiance mais vous avez pris des sanctions vous avez fait des choses impressionnantes vous voyez peut-être que je suis naïve moi je ne crois pas moi j'ai fait fonctionner cette assemblée pendant deux ans moi j'ai changé avec chacun avec un bureau majoritaire qui vous soutenait vous pouviez prendre des décisions des décisions des sanctions notamment toutes les décisions dont je viens de vous parler ne sont pas prises en bureau mais en conférence des présidents avec des présidents de groupe qui ont à coeur le bon fonctionnement des institutions vous avez vu l'amélioration moi je ne doute pas que les présidents de groupe qui aujourd'hui sont ont été élus par leurs députés à l'Assemblée Nationale auront à coeur la continuité de l'institution la continuité de notre action parce que c'est le rôle que nous avons vous savez moi lorsque je suis avocate vous savez que lorsque vous êtes élu vous n'agissez pas pour votre propre compte vous n'agissez pas pour le compte d'un parti vous agissez pour le compte des citoyens vous agissez pour le compte de ceux qui vous ont confié cette mission là elle ne vous appartient pas donc je crois que la situation appelle à ce que chacun se dépasse à ce que chacun se hisse au dessus de lui même en tout cas moi c'est ce à quoi j'appelle l'ensemble des forces politiques et je ne doute pas qu'elles répondront à cet appel à l'Assemblée Nationale Nathalie et ensuite Françoise

37:15
Invité

dernière petite question d'actualité puisque vous parlez d'un monde tel qu'il devrait être et non pas forcément tel qu'il est un des points d'achoppement un truc qu'on a compris dans les relations Cazeneuve-Emmanuel Macron c'est qu'il veut être vraiment dans une cohabitation et deuxièmement qu'il demande la suspension de la réforme des retraites et faut-il à titre de précaution et pour remettre à plat écoutez parce qu'il y a quand même le Rassemblement National le NFP enfin tout le monde presque sauf LR est-ce qu'il faut avoir cette sagesse ou le chef de l'État doit avoir cette sagesse non pas de se contredire mais de se mettre entre parenthèses en disant ok il y a des choses qui ne vont pas on rediscute lui veut renégocier avec les syndicats est-ce que ça serait déjà un bon début d'ouverture ?

37:56
Yaël Braun-Pivet

Alors que l'on rediscute avec les syndicats et avec l'ensemble de la société et des forces politiques un certain nombre de points de cette réforme de retraite qui ont été mis en évidence une carrière longue la pénibilité les inégalités entre les hommes et les femmes ça moi j'y suis très favorable en revanche qu'on anéantisse cette réforme il ne dit pas ça il ne dit pas abrogation il dit suspension parce que l'abrogation ça serait quelque chose de très néfaste et demander aux 1 700 000 français qui bénéficient de cette réforme aujourd'hui qui ont vu leur retraite s'améliorer jusqu'à 700 euros parce que ils ont bénéficié de la revalorisation du minimum de retraite je pense que ils le prendraient d'une très mauvaise manière donc moi je pense moi je ne ferme pas la porte mais en revanche je suis attachée je suis attachée à ce que nous avons fait parce que c'est ce qui permet de maintenir la pérennité de notre système la confiance de chacun dans le système et ça c'est fondamental mais à la base moi comme beaucoup j'étais très favorable à une réforme beaucoup plus systémique la fameuse réforme à point etc mais il convient néanmoins de garder ce que nous avons fait en ce que ça permet de pérenniser le système auquel l'ensemble des français est extrêmement attaché et ils ont raison

39:22
Invité

est-ce qu'un autre tableau peut sauter le fait que les impôts ne doivent pas augmenter dit que c'est Emmanuel Macron est-ce que vous vous êtes prêt prête à ce qu'un certain nombre de choses soient réexaminées

39:33
Yaël Braun-Pivet

ce qui est important c'est que nous ayons de la stabilité que nous ayons une continuité dans la politique de l'offre qui a été menée c'est ce que j'ai exprimé aux universités d'été du MEDEV c'est important pour la confiance il faut créer de la richesse il ne faut pas casser la croissance en revanche il faut et je l'avais déjà dit aussi donc je suis très constante en la matière regarder là où nous pouvons travailler la taxation de certains super profits regarder du côté des dépenses repassées en revue l'ensemble des niches fiscales je pense que les français ont besoin d'équité alors concernant les salaires et les revenus vous savez que moi je pense qu'il faudrait faire une grande conférence sociale autour de la question des salaires du pouvoir d'achat pour essayer de desmicardiser la France comme on le dit de façon très moche mais très vraie il faut que nos français aient de la visibilité et la capacité de progresser par leur travail par leur activité qu'ils aient la capacité à grandir et donc travailler sur la question des salaires mais à nouveau ça tous les sujets qu'on vient d'évoquer c'est des sujets finalement que nous pourrions travailler ensemble et qui pourraient faire le geste sur le retour de l'ISF d'action

40:54
Invité

le retour de l'ISF c'est pas les dernières questions

40:56
Yaël Braun-Pivet

écoutez je pense que ce que nous avons fait qui n'était pas l'abandon total de l'ISF il y avait les filles qui restaient sur l'immobilier tout se regarde mais moi je ne suis pas en tout cas mais je ne suis pas pour une déconstruction totale là aussi les français en ont marre parce que c'est ça les oppositions stériles c'est dire tout ce que vous avez fait c'est pas bien et on défait et on refait autre chose ça ça ne sert à rien ça fait à une conduite des affaires de l'état complètement erratiques les français ont besoin d'un cap les français ont besoin de stabilité de continuité de valeur et je crois que c'est ça que nous devons leur apporter en cette rentrée

41:31
Présentateur

la présidente de l'Assemblée nationale Yael Bonduivet est avec nous jusqu'à 13h merci vous restez évidemment avec nous il est temps de recevoir notre second invité pour le livre de la semaine

41:40
Invité

France Inter question politique Karine Bécard

41:49
Présentateur

il a salué tout le monde tranquillement vous avez bien fait bonjour Michel Viviorca

41:55
Invité

bonjour

41:55
Présentateur

merci de nous avoir rejoints sur le plateau de questions politiques alors vous venez de rééditer l'un de vos ouvrages qui tombe à pic l'antisémitisme expliqué aux jeunes au moment où l'attaque d'une synagogue le week-end dernier a choqué en France là c'est passé à la grande mode je rappelle que l'auteur des faits a été arrêté qu'il a reconnu avoir voulu défendre la cause palestinienne 10 mois après les attentats du Hamas en Israël et après 10 mois d'une guerre intensive de l'armée israélienne dans la bande de Gaza Michel Viviorca cette attaque de samedi dernier elle est antisémite ou elle est antisioniste

42:31
Invité

alors tout de suite on rentre dans on y va on rentre dans des questions compliquées alors je vais vous répondre non pas sur cette attaque en particulier mais de façon générale je pense que l'antisionisme c'est l'idée qu'il n'y a pas place sur cette terre pour un état juif ou un état hébreu c'est une idée qui est née dans des milieux juifs à la fin du 19ème siècle quand il était question de créer un état d'Israël il y avait dans le monde juif soit pour des raisons religieuses soit pour des raisons politiques des gens qui n'en voulaient pas je ne rentre pas dans le détail et puis évidemment il y a eu la création de l'état d'Israël et l'idée d'anti-sionisme s'est transformée je pense que la grande grande majorité des juifs à partir de 67 et de la guerre des six jours ont tous été sionistes en quelque sorte ou en tout cas neutres par rapport à l'idée d'un état mais évidemment il y a des courants qui s'opposent à l'existence de cet état alors j'en arrive à votre question mais vous voyez il faut avoir en tête ce paysage

43:31
Présentateur

on apprécie le rappel

43:32
Invité

j'en arrive à votre question quand il s'agit de critiquer le gouvernement ou la politique israélienne

43:40
Présentateur

et en particulier de

43:42
Invité

et en particulier ce que fait Netanyahou je pense qu'on n'est pas du tout dans de l'antisémitisme ou pas nécessairement en tout cas et qu'on n'est pas non plus dans un antisionisme virulent on critique la politique d'un état quand on dit il n'y a pas place sur cette terre pour un état hébreu ou un état juif il faut jeter les juifs à la mer il faut détruire tout ça on entend autre chose on rentre dans l'idée que les juifs n'ont pas le droit d'avoir un état si je vous dis je vais prendre un exemple mais je pourrais malheureusement en prendre beaucoup d'autres si je vous dis la théocratie iranienne est infecte c'est une catastrophe pour la société pour la démocratie etc il faut en finir avec ça personne n'en déduira qu'il faut supprimer l'Iran si je vous dis de tel ou tel pays arabo-musulman les pires horreurs personne ne dira il faut supprimer ce pays et cet état

44:41
Présentateur

donc pourquoi on dit il faut supprimer

44:43
Invité

quand on dit qu'il faut supprimer l'état d'Israël là on est je dirais on rentre dans l'antisémitisme je ne dis pas qu'on y est de façon forcenée forcément mais voyez on rentre dans cette zone là donc c'est ça ma réponse ça n'est pas exactement la même chose ça se chevauche et parfois c'est la même chose

45:00
Présentateur

alors ça se chevauche et on a l'impression de plus en plus aujourd'hui en France que finalement l'antisémitisme est en train d'être dépassé écrasé par l'antisionisme vrai ou pas ?

45:12
Invité

et c'est aussi pour ça que j'ai fait cette publication

45:15
Présentateur

c'est ce qu'on comprend avec vos derniers chapitres

45:18
Invité

on gomme l'histoire il y a un livre je ne sais pas s'il a été traduit en français le titre en anglais veut dire quelque chose comme la haine la plus longue à propos des juifs ça commence dans l'antiquité alors laissons ça de côté ça se développe avec le christianisme c'est plutôt religieux ça devient racial à la fin du 19ème siècle ça culmine avec le nazisme il y a une histoire hallucinante il y a une histoire hallucinante et donc oublier toute cette histoire faire comme si elle n'avait pas façonné tout ce qui se dit se pense se fait avec les juifs ou à propos des juifs mais c'est être complètement ignorant des raisons qui font que tel ou tel crime tel ou tel acte antisémite tel ou tel action terroriste a un substrat qu'on ne peut pas gommer et donc tout ramener à Gaza et à la période actuelle c'est être dans la méconnaissance et l'oubli et si vous permettez j'ajoute juste un dernier mot c'est en réalité lié à un phénomène de génération qui est très important c'est aussi pour ça que j'ai fait ce livre jusque dans les années 2010 2015 à la limite il y avait encore des témoins de la Shoah des survivants des familles où on en parlait enfin ça faisait partie de la mémoire et d'une mémoire encore vivante c'est fini tout ça ou quasiment ça fait partie maintenant de l'histoire et donc il y a un changement et je suis effaré de voir à quel point les nouvelles générations et pas seulement les lycéens ou les jeunes étudiants mais aussi les jeunes enseignants il y a un énorme travail à faire du côté de l'éducation nationale donc sur les 20-30 ans quoi voilà je suis effaré de voir à quel point une sorte de rupture s'est effectuée et à quel point il y a une méconnaissance de tout ce substrat dont je viens de vous parler est-ce que vous avez l'impression que les choses se sont aggravées c'est-à-dire en clair vous avez répertorié toutes les différentes formes d'antisémitisme peuple déicide et puis les choses est-ce que vous trouvez qu'aujourd'hui notamment en plus avec ce qui peut se passer en Israël et à Gaza il y a une libération du discours politique qui fait qu'on ose plus on est plus antisémite et qu'on met ça le faunet étant l'antisionisme en clair est-ce qu'il y a des partis politiques avant c'était le RN peut-être c'est toujours est-ce qu'il y a une espèce de discours ambiant qui libère la parole comme on dit et libère l'action et pas dans le bon sens alors il faut faire une réponse en deux temps d'accord premier temps les formes par lesquelles transite la haine des juifs sont variées et ça peut très bien monter sur un registre et descendre sur un autre des sondages assez généraux montrent que les préjugés antisémites dans la population française dans l'ensemble sont à la baisse donc là si on regarde que ça je vous dirais il y en a moins et puis évidemment si je regarde l'accroissement des actes antisémites depuis quelques mois c'est à la hausse un attentat réussi devant une synagogue s'il n'y a aucun mort les chiffres sont bas s'il y a 80 morts ça explique donc c'est très difficile c'est le premier point pour vous répondre mais je crois surtout qu'il faut regarder les transformations du phénomène plutôt que d'essayer de dire ça monte ou ça descend ma question c'est sur la libération de la parole c'est de faire l'antisémitisme de climat vous voyez alors oui alors je trouve que c'est pas une très bonne expression l'idée de la climat mais bon moi ce que j'observe c'est quoi c'est d'abord une classe politique en dehors de la gauche

48:39
Présentateur

parlez bien dans le micro qu'on vous entend ah pardon

48:40
Invité

j'observe une classe politique en dehors de la gauche de la gauche qui est absolument clair absolument limpide sur ces enjeux deuxièmement j'observe que le rassemblement national à sa tête a décidé clairement d'en finir avec l'antisémitisme de soutenir même Israël qui n'est pas forcément la même chose mais

49:01
Présentateur

et vous les trouvez sincères

49:03
Invité

alors je vais vous dire je trouve le discours de la patronne sincère mais je vois aussi que telle candidate à l'élection législative aux élections législatives récent apparaît avec une une casquette hitlérienne et ce genre de choses bon autrement dit écoutez c'est pas parce que au sommet on affiche une idéologie quelle qu'elle soit que tout le monde va suivre donc je serai prudent il existe encore des réseaux des relations etc donc bon mais quand même de ce côté là il y a quand même un progrès considérable et donc oui ce qui me préoccupe c'est d'une part ce qui reste j'ai envie de vous dire dans l'ultra droite ou dans la base de cet électorat bon ça ça reste ça ça reste ça n'a pas disparu vous savez il y a des gens ils se diraient même que dans les banlieues des gens qui relèvent plutôt de cet électorat qui peut être sensible à ce genre de thèse qu'est-ce qu'il est qu'est-ce qu'il lise ben il lise le site d'Alain Soral antisémite d'extrême droite je ne sais pas qui c'est d'ailleurs voilà autrement dit voilà mais le phénomène nouveau c'est évidemment la montée à gauche de la gauche

50:07
Présentateur

alors je voudrais qu'on se tourne vers l'élu vers Yael Brunpivet tout ce qu'on vient de dire est-ce qu'aujourd'hui effectivement on est plus ou moins antisémite et plus ou moins antisioniste et à quel point finalement les jeunes aujourd'hui se positionnent et pour le coup ils donnent le sentiment de se positionner plutôt sur un antisionisme

50:26
Yaël Braun-Pivet

c'est évidemment une situation et des choses très compliquées moi ce que je voudrais dire c'est d'une part moi je suis assez d'accord sur le fait que quand même il y a une parole qui s'est libérée et peut-être parce que certains politiques ont assumé aussi cette libération de la parole et peut-être l'ont entraîné et ça ça m'inquiète considérablement la bouvise la France insoumise oui mais pas seulement mais pas seulement je trouve que voilà la parole antisémite avait davantage disparu de l'espace public on n'osait pas en fait avoir cette parole là et sous couvert de l'antisionisme en fait elle s'est je trouve elle a repris de la vigueur ça c'est la première chose la deuxième chose c'est que moi qui suis victime d'actes antisémites de façon régulière encore cet été je suis rentrée de congé ces trois lettres antisémites qui sont arrivées à ma permanence et je peux vous dire que là c'est pas de l'antisionisme c'est de l'antisémitisme crasse on vous dit quoi avec ah ben là c'est vraiment tout le vocabulaire de la deuxième guerre mondiale le ziklombé salioupine etc donc là c'est vraiment de l'antisémitisme basique et moi et on voit que les jeunes et vous le dites très bien et bravo et merci de cette expression vers les jeunes sont très souvent ignorants de ce que ça peut recouvrir des conséquences aussi que cela entraîne et que cela peut emporter sur une société et donc il faut à un moment où les survivants disparaissent faire ce devoir de mémoire faire ce travail de pédagogie d'explication c'est notre devoir c'est le plan qu'avait initié Nicole Belloubet en tant que ministre de l'éducation à destination de nos jeunes mais c'est un devoir collectif et c'est la raison pour laquelle aussi avec le président du Sénat lorsque nous avions vu cette montée des actes de l'antisémite nous avions fait cette marche parce que nous avions considéré que nous devions prendre nos responsabilités je crois que chacun doit prendre ses responsabilités vous les prenez en vous adressant aux jeunes vous en tant que journaliste nous en tant que politique nous en tant que citoyen pédagogue c'est quelque chose qui nous concerne tous et donc

52:35
Présentateur

ne laissons pas cela s'installer à bas bruit et je pose la question aux deux est-ce que les jeunes sont aussi influencés par ce qui se passe aux Etats-Unis sur les campus effectivement mais aussi à l'occasion de la dernière convention du parti démocrate percuté par cette question est-ce que les démocrates aujourd'hui aux Etats-Unis sont trop pro-israéliens par exemple est-ce qu'on peut dire les choses comme ça Michel Viviurquin

52:59
Invité

on est dans un monde global donc aujourd'hui ce qui se passe à l'université Columbia on le sait aussitôt quand on est étudiant à Sciences Po donc là-dessus ça circule est-ce que c'est la même chose je crois qu'il faut faire très attention la société américaine est très différente de la société française et si vous voulez comprendre ce qui se passe aux Etats-Unis excusez-moi d'introduire cette dimension supplémentaire il faut introduire la dimension noire c'est-à-dire que le monde noir et le monde juif aux Etats-Unis c'est des chocs très compliqués c'est des tensions il y a eu des moments de rapprochement c'est une histoire très compliquée et la population qui est dans les universités américaines sensible à la cause palestinienne dans ses dimensions les plus radicalisées elle a quelque chose à voir avec ces tensions entre le monde noir et le monde juif donc vous voyez on est dans des mondes qui ne sont pas exactement les mêmes mais les informations circulent on est au courant et je suis assez surpris d'ailleurs ce serait ça peut-être pour moi la principale surprise

53:56
Présentateur

et la conclusion ?

53:57
Invité

je trouve que le monde des juifs de gauche est relativement silencieux sur tous ces enjeux même s'il y a des gens qui essayent de construire des organisations comment vous l'expliquez ce silence ? je ne me l'explique pas j'essaie d'y réfléchir et ce sera donc le mot de l'accent on va y réfléchir tous ensemble c'est d'autant plus fâcheux silence religieux comme disait le livre de Birnbaum oui alors que souvent l'ultra gauche et l'extrême gauche ont été façonnés en France par des intellectuels juifs

54:25
Présentateur

merci à tous les deux en tout cas ça passe toujours trop vite merci Michel Viviorka je rappelle le titre de votre livre qui vient de reparaître donc aux éditions du Seuil l'antisémitisme expliqué aux jeunes mais pas seulement aux jeunes merci à vous aussi Yael Brown-Pivet d'être venue dans Questions politiques ce dimanche je souhaite une belle fin de week-end à toutes et à tous et je vous dis à la semaine prochaine merci à vous