ITW N°28 - CATHERINE TRAUTMANN : UNE FEMME PIONNIÉRE.
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Il y a peut-être un peu trop trop d'importance accordée à l'élection présidentielle h et des stratégies personnelles de pouvoir par rapport à l'intérêt du pays. Madame Trotman, Catherine pour cette interview que je vous propose de partager pour BBH ITV. Bonjour à tous, c'est parti pour la saison numéro 3 de BBH et TW.
Merci, vous avez été nombreux à nous suivre durant la saison numéro 2. Comme d'habitude, vous retrouvez tous les liens dans la description pour nos réseaux sociaux, donc Instagram, YouTube et TikTok. On va commencer cette nouvelle saison numéro 3 avec une figure emblématique, c'est avec madame Catherine Trotman.
Bonjour madame Trotman. Bonjour. Merci d'avoir accepté cette invitation.
C'est un réel honneur pour nous. Et donc on va commencer par la première chose, même si je pense que tout le monde peut-être vous connaît, mais c'est c'est les règles. Pourriez-vous vous présenter ?
Alors, je suis Catherine Trotman. Je suis essentiellement connu pour mon activité politique, même si j'ai commencé d'abord par la recherche en histoire des religions quand j'étais à la faculté euh de Strasbourg, à l'université de Strasbourg, à la faculté de théologie. Euh j'ai je suis rentré au conseil municipal il y a déjà pas mal d'années.
Euh j'ai vécu à Strasbourg une expérience d'élu d'opposition, d'élu majoritaire. J'ai été maire. D'abord, j'ai été aussi député pendant 2 ans.
J'ai fait un passage éclair au gouvernement chargé des personnes handicapées et des personnes âgées sous le gouvernement de Michel Recard que j'ai quitté parce que j'avais raté les élections législatives à Nodorf. Et donc je suis revenu après cet échec et je suis devenu maire de Strasbourg en 1989. Mon projet emblématique, c'est le tram sûr, c'est un peu mon bébé en quelque sorte.
C'est un un sujet qui m'a énormément mobilisé mais qui continue d'ailleurs de me mobiliser y compris dans dans l'actualité. Je suis retourné au gouvernement en 1997, de 1997 à 2000. Entre-temps, j'ai été membre du Parlement européen.
Je le suis redevenue en 2004. J'ai donc eu 18 ans de mandature dans cette assemblée où j'ai appris beaucoup, où j'ai pu circuler beaucoup en Europe. Ce qui me vaut aujourd'hui euh d'être de travailler avec la Commission européenne sur les transports, c'est-à-dire sur le rail, le fleuve, les ports, l'aviation un peu moins mais c'est plutôt terrestre et maritime ou navigable.
Et bien sûr aussi, j'ai gardé mon attachement à la culture. Je préside quelques associations culturelles. L'une qui aide les acteurs culturels au plan national à accéder au programmes européens et au financement européen dédié à la culture et à l'audiovisuel, au cinéma.
Et puis l'autre, c'est ma petite passion, enfin petite, elle est grande, c'est le CJA, le centre d'études européen d'études japonaises d'Alsace qui s'occupe à la fois d'échanges académiques, de culture, du manga avec un projet de musée du manga et de l'animé. Et c'est en ce moment ce sur quoi je j'aime beaucoup travailler. C'est une présentation assez globale.
On va revenir un peu en arrière. Votre enfance ? Alors mon enfance, c'est une enfance strasbourgeoise avenue de la forêt noire près de l'université et je considérais que le jardin botanique c'était mon jardin.
Voilà. J'avais d'ailleurs une autorisation même toute pitoun de pouvoir me promener dans la serre. J'ai donc découvert les plantes exotiques, le climat qui était lié aux plantes, cette humidité et cette chaleur très particulière.
Euh je connaissais euh enfin mes parents connaissaient euh euh le doyen de de de cette faculté, mais surtout euh bon, j'étais copine avec le gardien et grâce à ça d'ailleurs, il m'a sauvé la vie puisque j'avais décidé, j'ai une passion pour les nénupar et toute petite pendant que ma mère était en train de lire, j'avais décidé d'aller cueillir des nénupar. Bon mais dans la mar du jardin botanique, j'ai commencé à m'enfoncer et le gardien a vu trois tifs, une petite touffe qui sortait de l'eau et il m'a récupéré couverte debout. Voilà.
OK. Et c'est une expérience qui m'a beaucoup marqué euh mais qui dit aussi que on peut on peut au fond connaître des aventures pas très sympathiques mais que parfois la présence de l'esprit, le hasard, la gentillesse des gens fait beaucoup. Ouais, c'est clair.
Voilà. Donc c'était là mon enfance famille alsacienne à la fois alsacienne côté côté de ma mère lyonnaise côté de mon père mon père engagé dans la résistance et engagé fortement pour la libération d'Alsace ma mère musicienne je suis née dans une famille de musicien un peu l'exception de la famille je n'ai pas appris d'instrument et je n'ai pas appris à chanter voilà ma grand-mère était chanteuse lyrique. Ma mère avait commencé une carrière de chanteuse et moi je fais des discours politiques.
Bon donc vous avez cassé un peu la règle et donc si si je remarque bien en fait il y a personne pour le moment en tout cas dans votre famille qui faisait de la politique justement comment vous avez eu envie en fait de faire de la politique ? Alors moi j'ai passé si vous voulez je suis de la génération 68 et lorsque j'étais lycéenne j'étais en fait en terminal quand il y a eu les événements de 1968. J'avais beaucoup d'amis, de copains qui étaient mobilisés.
Je me suis aussi engagé dans les manifestations. J'étais avec des amis du lycée chargé de de l'approvisionnement des étudiants qui étaient à l'intérieur de voilà qui occupait la fac. Et donc ma conscience politique, elle est née en fait pendant que j'étais au lycée parce que j'ai découvert Céser dans un exposé.
J'ai ensuite lu Franz Fanon, j'ai lu tous les ouvrages de la négritude et j'ai découvert toute l'histoire de l'esclavage lorsque je n'avais pas encore passer mon bac. Et en même temps, j'avais vécu aussi, y compris dans ma propre famille la la question de l'indépendance de l'Algérie. Et donc c'était un sujet qui était vraiment important.
Euh c'est pas ça qui m'a déterminé à l'engagement politique. Ce qui m'a déterminé à l'engagement politique, ça a été en fait de considérer que les femmes étaient maltraité, un peu comme les jeunes, comme les immigrés aussi. euh et que cette inégalité sociale ne pouvait pas durer.
Et donc c'est là que j'ai décidé ou de m'engager dans le féminisme. Bon, j'ai donc été militante féministe, mais aussi à un moment donné, je me suis dit si on veut changer les lois, il faut aussi pouvoir le faire à partir d'un parti politique. Et donc, je suis rentré au Parti socialiste parce qu'ussi, on m'avait expliqué qu'ici à Strasbourg, on avait pas besoin de crèche pour garder les enfants, les étudiantes ne travaillaient pas.
Enfin bref, donc c'est parti d'une grande colère. OK. Voilà, je me suis dit si les jeunes femmes ne se retrouent pas les manches et ne combattent pas pour leur pour leur leur droit, on n'y arrivera pas.
Voilà. Vous avez parlé aussi de vos parents. Quelle a été leur réaction en fait quand ils ont su que vous allez vous engager dans la politique ?
Excusez-moi. Mes parents, vous savez, je suis née dans une famille qui avait pour comment dire comme comme vision éducative l'apprentissage de la responsabilité et de l'autonomie. Donc j'ai très vite appris ce qu'était la responsabilité de mes actes mais aussi l'autonomie et la liberté.
Et mon père avait une formule qui était de dire "Tu deviendras intelligente quand tu auras appris à douter." Donc pour lui, la liberté passait par au fond l'esprit critique, la prise de conscience et l'exercice de sa propre liberté. Et au fond, je crois que j'ai gardé ça.
On garde toujours quelque chose de l'éducation qu'on reçoit. Et donc j'ai aussi appris avec mes parents qui accueillaient des étudiants qui venaient de beaucoup de pays des Sud-Américains. J'ai connu des plusieurs étudiants qui venaient de différents pays africains aussi du nord de l'Afrique.
Mes parents le dimanche invit étudiants. Voilà et donc ils avaient voilà c'était une table ouverte pour les étudiants. Et pour moi la première ouverture au monde ça a été les étudiants qui venaient qui qui venaient à Strasbourg et que j'ai rencontré comme ça.
OK. Donc c'était cette mixité là en fait, c cette cosmopolite qui nous a Oui. Ce regard finalement intéressé euh amical sur au fond les autres pays, l'environnement.
Alors, c'est vrai que bon, j'ai eu un épisode un peu difficile parce que j'étais un peu turbulente par moment et mes cousins m'avaient appris une contine qui était une contine avec tous les surnoms désagréables que j'ai oublié qu'on avait en Alsia pour qualifier nos voisins allemands. Hm hm. Bon, et moi j'avais beaucoup de succès quand je la chantais.
Je la comprenais pas mais tous les Alsaaciens la comprenaient. H sauf qu'un jour je l'ai chanté et on était au rez-dechaussée. Je l'ai chanté derrière les géraniums du rez-de-chaussée des fenêtres de notre appartement et c'est un monsieur allemand qui a entendu ma chanson ma contine et donc il a sonné et c'est ma mère qui a pris.
Donc j'ai eu je dois dire la fessée de ma vie et mon père m'a amené sur le pont de l'Europe enfin verkale si vous voulez et là il m'a fait ma première leçon d'éducation civique. J'avais j'avais quoi ? il avait 7 ans 8 ans et il m'a dit "Tu mépriseras pas euh un peuple qui a voté pour un gouvernement qui a créé la guerre et le conflit qui a fait que ton père a failli mourir et tu ne mépriseras pas ces gens." Voilà.
Et il m'a emmené sur le chantier euh de du Conseil de l'Europe qui était en dans la en en phase de construction des premiers bâtiments. Il m'a dit "Tu vois, c'est ça, c'est ça qui va remplacer la guerre." Donc voilà, j'avais ma première ma première leçon d'éducation civique, c'est été européenne finalement.
C'était via en fait ton papa qui c'est par mon père. Ouais. mon père qui avait été après la guerre euh en en occupation parce qu'il était militaire en Allemagne et qui a vu vraiment combien c'était difficile pour les les Allemands de pouvoir s'en sortir, n'est-ce pas, de cette situation quoi.
Madame Trantine, vous étiez donc maire, député européenne, ministre aussi. Avez-vous une préférence pour un poste ? Alors, on m'a souvent posé cette question, c'est toujours compliqué par c'est pas du tout la même fonction.
Euh j'avoue que j'ai une préférence pour le poste de maire, même si aujourd'hui on a un peu moins de marge de manœuvre que celle que j'ai pu avoir à l'époque. Euh parce que quand on est ministre, très sincèrement, on a toutes sortes d'obligations, toutes sortes de contraintes, toutes sortes de de difficultés. Mais ce qui a été pour moi passionnant, ça a été d'être porte-parole d'un gouvernement.
Alors certes en cohabitation, ce qui était particulier puisque je ne porte parolais pas pour monsieur Chirac, président Chirac, je m'occupais d'être porte-parole du gouvernement Joseppa. OK. Mais c'était un gouvernement gauche pluriel, c'est-à-dire un gouvernement qui avait une très forte entente entre ses membres euh qui était très engagé dans dans dans notre dans nos projets politiques et moi j'accompagnais les ministres avec des des dossiers.
Je je lisais les revues de presse, je leur faisais le décodage de leur passage à la télé, je faisais leur promotion pour qu'ils soient dans les qu' soit dans les personnalités sondées, enfin voyez dans le dans le classement, voilà, mais des médias et voilà. Donc c'était pour moi vraiment très intéressant, très complexe aussi. C'est un ancien porte-parole de de du RPR de l'époque et des républicains d'aujourd'hui qui dans ma première séance, c'est-à-dire au moment de la déclaration de politique générale de Lionel Jospin, me passe un petit message en disant euh bon courage, ça va être très dur, dépêchez-vous d'en sortir.
Ah ok, vous avez écrit ça sur un papier au fait. Oui, sur un papier. Non.
Ah bon ? Voilà, j'ai trouvé ça très sympathique. Et il avait raison.
Ouais. Donc il avait raison et il avait voilà lui aussi connu la difficulté. Et donc voilà pour qu'on revienne un peu à à Strasbourg et on connaît votre attachement à cette ville.
Que représente pour vous Strasbourg sur le plan peut-être personnel mais surtout aussi sur le plan politique ? Alors Strasbourg sur le plan personnel c'est ma ville de cœur. J'y suis né, je l'ai imaginé.
Euh j'ai souhaité pouvoir contribuer à la transformer. C'est une ville qui est très inspirante parce qu'elle est belle d'abord parce que il y a il y a aussi une forte identité à Strasbourg et ce qui m'a frappé quand j'ai commencé à réfléchir à ce que je pourrais imaginer en fait de cette transformation de la ville, c'est un sondage qui était passé dans Telérama qui m'a vraiment fait une sorte de de comment dire de de choc de prise de conscience parce que les C'était une interview sur les pratiques culturelles de la jeunesse des jeunes et ils avaient choisi d'interroger les jeunes de Strasbourg en disant quelle est la pratique culturelle que vous souhaitez développer que vous préférez et cetera. Je vous le donne en 1000.
La réponse a été non pas le lire non pas la musique les conchères les copains. Non la réponse était aller au centre-ville. Je suis resté sidéré allé au centreville.
J'ai demandé à des amis qui habitaient la Mo, Ha voilà des quartiers parce que j'ai commencé à travailler enfin à travailler à j'ai été recruté par une association prévention lorsque j'avais 16 ans et je me suis occupé des des jeunes des garçons. J' un groupe de jeunes. Moi, j'avais 16 ans, ils en avaient 10, hein.
Voilà. Euh c'était très proche, hein, quand même. Voilà.
J'ai découvert que certains avaient leur papa en prison, que c'était compliqué. Voilà. Bon, donc j'ai découvert un quartier auquel je me suis attaché fortement parce que c'est un quartier dont j'ai découvert à la fois la richesse mais aussi les difficultés sociales mais aussi les problèmes éducatifs.
Euh et je me suis attachée à ça et donc j'ai voulu comprendre et en fait c'était le problème du du de la mobilité, du déplacement et du coût pour la jeunesse d'aller au centre-ville. Ils s'y sentaient pas à l'aise. Euh ils y étaient pas attendus, ils y étaient pas les bienvenus.
Le quartier dont vous parlez, c'est peut-être Ha Pierre. Alors c'était Mo ceux qui m'ont m'ont expliqué. Meno de Pierre donc j'ai décidé en fait suite à cet entretien que j'avais eu avec des jeunes que je connecterais avec le tram laau et haute pierre.
Voilà, on m'a dit que je faisais un tram mamouth parce que c'était mamouth à l'époque. Mamouth au champ, voilà, je sais plus quoi. Enfin bon, bref, stupide.
Mais euh on m'a on a pas compris en fait que pour moi le le si vous voulez le le l'accès de la de la ville à tous et à toutes, c'était moi j'ai appelé ça l'égalité urbaine. Euh ça devait être toute génération mais en particulier les jeunes parce que moi j'ai bénéficié. Euh, j'ai même décidé à un moment donné de passer du temps sans prévenir mes parents.
Je passais une heure de plus au lieu de rentrer de l'école pour explorer Strasbourg. Ouais. Voilà.
Donc les cours, vous savez, de la grande rue, enfin de tout le quartier central et j'ai appris énormément et je considère que des jeunes doivent connaître leur ville. Ils sont amenés à vivre dans des quartiers où l'architecture peut parfois être dure, h difficile. Et donc il faut aussi transformer ces quartiers et leur donner une meilleure comment dire configuration, une meilleure possibilité d'y vivre sereinement.
Bien sûr, il y a pas que ça, mais la configuration des lieux, l'architecture des bâtiments peut être peut être aussi amélioré. Et donc si je comprends bien madame Trottman, le projet dont vous êtes le plus fier à Strasbourg, je pense c'est le tram. Oui.
Bah c'est oui, ça a été si vous voulez celui sur lequel j'ai joué j'ai joué l'élection. Ouais. Et c'est vrai que nous des fois en tant que voilà jeune quand on va dans les restaurants, on voit des images et des photos de Strasbourg de la place Clébert surtout avant le tram.
Oui. Et c'est vrai qu'on trouve ça un peu, on disait "Ah, il y a des voitures ici et la statu", c'est le remploi en fait. Oui, c'est ça.
Voilà, c'est ça. C'est tout. Le pauvre Cléber, il était au milieu dans de flot de voiture qui tournait autour.
Donc c'est vrai que ça fait une très grande différence et transformation je pense pour le bien. Oui. Bah je pense que ça n'a plus été contesté après ça a été difficile au moment où je l'ai enclenché.
La piétonisation avait commencé avant moi. Hm hm. Et euh pas mon prédécesseur direct mais mais Pierre Flimelin qui précédait donc avant et qui a été longtemps maire de Strasbourg euh était revenu à l'idée d'un tramouet.
C'est lui qui l'avait qui avait connu son arrêt. Moi, j'ai couru enfant derrière le dernier tram ont jetait des bouquets de fleurs sur le trame jaune qui allait à la ména justement. OK.
Et euh et donc c'était c'était un moment très les gens étaient à la fois bon voilà, c'était une époque, on acheté des voitures, il fallait soutenir les bus Renault donc on a arrêté les trames pour soutenir les bus. Ouais. Et notre industrie automobile.
Voilà. Et finalement quand je suis arrivé avec le tram, on m'a dit "Ah ben non, vous revenez avec un truc de Mathieu Jalem, c'est beaucoup trop ancien, c'est vieux style, ça n'a rien à voir avec le contemporain." Et en fait après, bah voilà, le design, la manière de le composer, ça a été le premier tram articulé. premier tram dans lequel on avait la visibilité du début à la fin de la rame.
Les métros à Paris sont transparents. Avant c'était des wagons. Vous voyez, il y a plein de choses qu'on a changé dans la conception euh du transport urbain d'aujourd'hui.
Et c'est vrai qu'on pourrait se poser la question est-ce que vous avez opté à un moment donné pour le métro ou est-ce que c'était directement le train ? Non. Et je vais vous dire parce que tout simplement il y avait plusieurs raisons.
Métro, on faisait la moitié de ligne parce que ça coûtait beaucoup plus cher. Deuxièmement, j'ai observé que les femmes étaient plus nombreuses à utiliser euh le transport public et elle n'aimait pas du tout la perspective de descendre dans des stations. Ah oui, surtout le soir.
H bon et on n'est quand même pas méditerranéen. Voilà. Donc en hiver, bon ben c'était compliqué pour des questions de sécurité, de confort, de visibilité.
Donc en fait euh en grande partie la transparence du tram vient de ce souci de pouvoir intégrer le temps du transport dans la visibilité de la ville. C'est la ville qui se montre quand vous êtes dans le tram, vous regardez le paysage urbain. Et je trouvais que les gens dans leur voiture là, ils voyaient rien quoi.
Il ça hein, ils étaient complètement sur leur volant et leur truc énervés alors qu'en fait c'est une ville dont il faut profiter. Et donc c'était ça, profiter de la ville, profiter du temps du transport pour être autre chose que stressé. Maintenant, on est un peu entaché dans les trames.
Il est pas toujours régulier. Donc c'est vrai, c'est moins facile. Mais et la transparence c'était pour qu'on voit à l'intérieur du tram s'il se passait quelque chose.
Vous voyez, on voit dehors, on arrive dans une station, le conducteur, il voit très bien ce qui se passe à la station. Mais quand vous êtes dedans, vous voyez ce qui se passe dehors et dehors, vous voyez ce qui se passe dedans, hein. Donc cette transparence, elle a aidé.
Et puis pour les personnes handicapées, ce qui a été un peu révolutionnaire, c'est enfin pas un peu mais ça n'avait jamais été fait, c'est le plancher bas intégral, c'est-à-dire pour les personnes handicapées au même niveau que la RAM. Ouais, c'est ça. Comment percevez-vous l'évolution en fait de la ville de Strasbourg depuis depuis votre amendat, madame Tropman ?
Alors, depuis ce mandat, je pense qu'il y a vraiment eu un changement, c'est-à-dire que personne n'a remis en cause le principe du tramouet, du transport public, des pistes cyclables. On a développé énormément le vélo à l'époque et donc c'est une continuité en fait. Alors avec plus ou moins, ça dépend.
Mais je pense que je ce qui me ce qui me ce qui me satisfait d'une certaine manière, c'est que ces ces chantiers qui ont été précurseurs et qui ont radicalement modifié cette perception et cette conception du transport public, non pas juste pour transporter quelqu'un d'un point à un point, mais pour être vraiment un instrument dans la ville avec l'intégration, la possibilité de de rentrer en pous avec la poussette. les courses, le vélo. Donc finalement, si vous voulez, une sorte un peu, moi j'appelais ça à un moment donné un trottoir mouvant, c'est-à-dire vous rentrez, vous sortez euh et euh au fond c'est un facilitateur de vie urbaine, hein.
Voilà. Et donc c'est ça c'est resté ça reste euh il y a quelques clés quelques quelques clés d'or comme disaient certains de mes collaborateurs à l'époque qui restent valable pour réussir un tram euh sa fréquence sa régularité sa fiabilité euh sa priorité au feu son site propre voilà tout ce qui a permis au tram de Strasbourg d'être une référence ce sont ces clés d'or. Et donc voilà, je je les ai réfléchi à l'époque, je les ai testé avec cette réalisation.
Elles ont été validé en quelque sorte par toutes les délégations qui sont venues de France d'ailleurs dont d'ailleurs c'est un un directeur de de l'équipe des mobilités de Strasbourg qui a réalisé le plus beau tram actuel en Europe qui est à Luxembourg. OK. Voilà.
Et qui est un très très beau tram. Voilà. Donc on peut encore faire de très beaux trames avec si vous voulez.
Voilà, c'est pour ça que j'en suis assez heureuse et fier et désolé lorsque ces règles d'or ne se sont oubliées ou ne sont pas reprises et que la conception n'est pas n'est pas la bonne. Dans votre parcours politique, euh est-ce que quel quelles ont été vos inspirations en fait dans le monde politique et vos modèles ? Alors euh avant de devenir maire, j'ai tourné en France pour voir les réalisations des maires euh Pierre Moroi.
Ben, j'ai regardé la réalisation du du euh du métro. Euh j'ai tourné, j'ai regardé en Italie, j'ai toujours été très connecté, si vous voulez, avec des élus euh d'autres villes européennes en Italie, en Allemagne euh et et au-delà. H et j'ai aussi pu travailler à la transformation des villes de l'Est européen quand elles ont basculé dans la démocratie.
Voilà, dans le cadre des eurocités, j'ai été particulièrement mobilisé pour ça. Et alors mon goût pour l'urbanisme, il m'est propre. Je n'ai pas fait de formation hein.
Je je voilà, j'ai une sensibilité à l'urbanisme qui est au fond comme vous pouvez avoir je pas autodidacte en fait. Oui, oui, il y a une partie d'autodidacte. Donc, j'ai regardé les réalisations architecturales, les la composition des villes, j'ai réfléchi à ça.
J'ai écouté aussi des gens qu'on écoutait pas. Par exemple, mon oncle géologue qui m'a dit "Tu pourrais passer avec le métro sous sous l'île à certains endroits parce que les sables sont trop corrosifs." OK ? parce qu'il y a des courants dans la nappe fréatique et qu'à force de faire des barrages, on fait monter l'eau.
C'est mauvais pour la cathédrale, on change le courant et donc des choses qui sont à la fois en surface qui sont aussi en sous-sol. Et c'est la raison pour laquelle je me suis énormément intéressé à tout ce qui était euh ce qu'on appelle les fonctionnalités urbaines, c'est-à-dire l'énergie, c'est-à-dire l'eau, l'épuration de l'eau, la distribution d'eau. Ici, nous avons une régie, c'est un choix que j'ai fait à l'époque.
J'ai été très courtisé par beaucoup de compagnies qui voulaient privatiser. H voilà, parce que c'est quand même une belle eau, hein, l'eau de la nappe fratique. Bon, on est resté en régie.
Voilà pourquoi je garde aussi, si vous voulez ce regard qui est que quand on est élu, que ça soit au plan national où c'était le cas pour les collections des musées nationaux ou régionaux, ce qui appartient au patrimoine des Français ou des Strasbourgeois en l'occurrence doit rester leur patrimoine, n'est-ce pas ? Et je pense que ce qui constitue notre environnement, la forêt, la forêt rénane, l'eau, l'air bien sûr. Bon, il vaut mieux qu'il soit plutôt pur.
Euh tous ces ces ces aspects là, euh la la ville elle-même, c'est un patrimoine collectif. En fait, vous vous êtes inspiré un peu des gens qui vous entourent et de votre propre expérience et ce que vous avez vous avez construit tout ça vous-même. Alors, j'ai commencé alors bon, j'ai eu la chance si vous voulez à un moment donné parce qu'un parti ça peut aussi parfois vous permettre de vous former.
Vous disiez vous êtes un peu autodidacte. Oui, mais j'ai eu l'occasion d'être délégué à l'urbanisme euh voilà au moment où je débutais je débutais la mairie. Comme j'ai eu la chance de m'occuper de toxicomanie. avant de partir enfin entre le moment où je suis sorti du gouvernement en 1988 1989, j'ai remis un rapport à à Michel Recard sur les polytoxicomani, on en parlait pas à l'époque, qui était la combinaison de drogues qu'on appelait douce entre guillemets euh mais aussi de la blanche.
Enfin voilà. Et j'ai vu, j'ai découvert si vous voulez pas seulement le petit trafic, mais comme j'étais dans la commission de lutte contre les le trafic de stupéfiant euh de l'ONU, j'ai découvert le marché le marché international de la drogue. Voilà.
Et ça ça m'a appris beaucoup. OK. Et après vous connectez.
Voilà. Après vous connectez parce que vous avez la grande vision, la big picture et vous avez ce qui se passe dans un quartier. Donc je suis allé chercher les jeunes qui étaient dans les caves.
OK. Aussi à ce moment-là. Voilà. parce que je je j'avais cette connaissance si voulait des produits, des dégâts euh de la façon dont ça pouvait risquer, on m'en est pas sorti euh de devenir une forme de convivialité ou en tout cas vous voyez avec avec le gazil par exemple protox d'azote.
Et quelle a été leur réaction justement dans trempel quand vous allez les voir en fait dans les cœurs ? Est-ce qu'ils étaient choqués ? Est-ce que Bah écoutez, ils étaient toujours un peu au début, ils ont trouvé ça bizarre.
Ils ont trouvé ça bizarre. Ils sont venus m'interpeller, je discutais beaucoup avec eux. Et puis un jour, ce qui m'a beaucoup ce qui m'est resté comme une vraie question, il y a des jeunes qui m'ont dit "Pourquoi vous allez le chercher lui ?
Regardez, il a déjà les dents qui brinqubalent, il est fichu." Et je leur ai dit "Non mais il est fichu il y a quoi ? Il a 20 ans, pas possible." Et donc lui, je suis allée chercher vraiment et puis après je l'ai perdu de vue, j'étais bon.
Euh et un jour, j'étais plus mère, je vais à un championnat de boxe et je vois quelques jeunes qui arrivent comme ça, enfin des jeunes jeunes gens hein, qui se tonnait par les épaules et au milieu, je vois un gars et qui faisait comme ça avec ses mains et dans ma direction et je me dis "Non mais lui, je le connais, il me dit quelque chose." Il me dit quelque chose mais pourquoi il fait cela avec ses mains ? Puis je vois une alliance et je m'approche puis il y en a un qui un de ses copains qui dit "Vous l'avez reconnu lui ?" J'ai dit je crois que oui.
Et donc bon, je lui dis je vous ai cherché dans la cave il y a quelques années et cetera et il me répond marié boulot et deux enfants. Bon voilà donc une histoire qui finit bien mais pour une histoire qui finit bien ça vaut la peine d'aller voilà chercher aussi ceux qui à un moment donné ne sont pas bien dans leur peau, quoi. Toujours de l'espoir en fait.
Il faut jamais parler. Toujours toujours. Mais c'était un sujet de discussion.
Oui. Est-ce que oui ou non voilà. Bon.
Ah oui, après les gens je pense qu'ils sont un peu plus réfractaires que d'autres. Après, il faut juste tendre la main et voilà. Euh, quel a été selon vous, madame Trotman, le moment le plus marquant peut-être de votre carrière politique ?
Il y en a plusieurs. Bon, il y a un moment qui a été marquant, qui est d'ailleurs lié à tout ça, qui est le moment où on m'a annoncé que j'allais être élu maire et très sincèrement et en plus que le président Mitteran voulait que je sois deuxè de liste sur la liste des européennes. Et ça c'était ma vie qui basculait avec deux jeunes enfants, avec mes recherches que j'étais obligé d'abandonner.
Enfin si vous voulez vous vous dites "Bon, ça me tombe dessus, vous vous êtes en dépense. C'est la bascule." Bah non, moi je pensais qu'on allait pour 20 ans pour passer, vous voyez.
Bon donc vous vous êtes là tranquis campagne. D'accord. On l' fait toujours pour gagner la campagne.
Mais quand vous êtes J'étais seule, le préfet m'appelle, mon mari était allé promener les enfants é allé se promener avec les enfants. J'ai un trou. OK.
J'ai eu un trou. J'ai repris conscience une heure après. J'ai regardé l'heure. 1 heure avait passé.
Je ne savais pas ce que j'avais fait. Enfin, j'étais toujours à la même place d'ailleurs. J'avais posé le téléphone, un trou, un blanc.
Donc je pense que c'est pas le meilleur moment dont je me souviens, mais c'est le plus marquant. OK. Et pourquoi vous avez eu cette réaction ?
Parce que c'est là que finalement j'ai eu toutes les questions à la fois. Est-ce que je serais capable ? Est-ce que j'y arriverai ?
Est-ce que je décevrai ? Est-ce que j'aurai assez de temps ? Est-ce que j'aurai assez de force ?
Est-ce que les gens vont me faire confiance ? Et puis ça a commencé dès le lendemain quand je me suis baladée dans Strasbourg. Puis il y a des gens qui m'ont dit "Eh, on a voté pour vous parce qu'on était sûr que vous ne seriez jamais élus." Ah !
Donc OK, voilà. Ça fait plaisir. Euh là vous vous dites "Bon ben, il faudra s'habituer moi aussi." Et donc j'ai eu, si vous voulez un procès en légitimité à la fois parce que j'étais jeune, à la fois parce que j'étais femme, que j'étais la première femme mère de grande ville et donc je savais qu'on ne pardonnerait rien, voilà, et qu'il fallait que j'ouvre des portes.
Et j'ai bon, ce qui est très satisfaisant, c'est que j'ai entraîné beaucoup de femmes dans des grandes ou des plus petites communes, si vous voulez, à se présenter. Elles avaient du coup le courage d'y aller, quoi. Et donc ça c'est bien parce que je pense que ça transforme la société.
Ça ouvert en fait des portes. Oui oui oui. Enfin moi j'en ai pris dans la tête des portes hein pour ouvrir aux autres en fait.
C'est ça. Claquer qu'on me claquait au nez. Quel est le meilleur président de la France selon vous ?
Moi j'ai pas vraiment connu de Gaulle. Enfin, si vous voulez de Gaulle, pour moi, c'était une statue, hein. C'était une statue.
Euh je pense qu'il a considérablement transformé la France, que la première période dans laquelle il a dirigé le pays était la meilleure. Hm hm. Hm.
Euh parce que bon, il avait pas encore monté la la la 5e République avec ses défauts et notamment l'élection au suffrage universel du président qui fait qu'on a un vrai enfin c'est comme un plébiscite si vous voulez et ça donne un pouvoir que je trouve aujourd'hui un peu excessif pour le président et je pense que le pouvoir du parlement n'est pas assez n'est pas assez affirmé. Donc euh c'est une parlementaire qui vous le dit, à la fois parlementaire nationale d'expérience mais aussi parlementaire européenne. Et donc cette réflexion sur les institutions pour moi a toujours accompagné si vous voulez la la vision que j'avais de la politique.
Évidemment, je me suis inspiré de deux grands personnages pour ma propre gouverne si je puis dire. François dont je connaissais aussi des défauts que je n'aimais pas du tout. un défaut euh comment un défaut de monsieur Méteron pas manœuvrier OK là euh pas toujours dans enfin dans le bon sens euh mais en même temps mettre du temps.
Et donc François Mitteran m'a impressionné par sa capacité de garder du temps pour réfléchir lui-même et pour avoir, si vous voulez, une une stratégie pour le pays. Et il m'a questionné sur ma en 1989, il m'a questionné sur ma vision de l'Allemagne. J'étais associé à la réflexion sur la transformation de l'Allemagne de l'Est.
Ça pour moi c'était quand même assez extraordinaire si vous voulez. Et j'ai été bien sûr inspiré par Michel Recard puisque c'était l'homme politique que je suivais en quelque sorte. faisait partie de ses amis et c'était le l'homme politique que je connaissais qui était le plus innovant sur le plan de la réflexion politique des idées.
Le RM, enfin la décentralisation, la régionalisation, euh plein de choses. C'était à la fois un très bon économiste mais en même temps c'était quelqu'un qui avait l'expérience d'un mère Conflence inonorine et qui avait une expérience aussi je dirais de la de la conduite d'un pays et il avait un réseau d'amis dans le monde qui était incroyable. Moi je pouvais je pouvais aller dans des pays euh rencontr je rencontrais des gens qui me disaient "Bienvenue, je suis un ami de OK." où je suis une amie de Michel Rec.
Ouais. Ouais. Et ça là, je me suis dit comme Pierre Moi qui était président de l'international socialiste, pour moi ces gens euh avait pas seulement le regard sur leur précaré, vous voyez, sur le pays, sur la France, mais pour moi, un président c'est un président qui a une idée de la France dans le monde, qui a une ambition pour la France dans le monde, qui prend de la hauteur et qui n'oublie pas les gens, hein.
Et ce que je trouve quand même problématique, c'est les présidents qui n'ont pas eu d'empathie avec les Français. Et bon, c'est un peu ce qu'on vit, non ? H hein ?
Voilà. À réfléchir. Je le dis.
On va en parler un peu de l'actualité. Euh on va parler un peu jeunesse aussi qui est un peu le cœur aussi de votre projet. Est-ce que madame Ren, est-ce que vous ressentez que les jeunes ne sont plus intéressés par la politique ?
Alors, je pense que les jeunes sont intéressés par les causes à défendre euh plus peut-être que par la politique au sens classique du terme. Donc il faut entendre euh le message euh que les jeunes expriment par rapport à l'environnement, par rapport à l'écologie, par rapport à la responsabilité vis-à-vis de la nature par exemple. Et moi ça me touche beaucoup parce que bon, j'ai assisté à la première conférence du GEC euh et on a monté à l'époque un programme d'écologie euh un programme qui était qui était ambitieux.
Euh bon, j'ai pu aussi travailler sur le plan climat qui est aujourd'hui en vigueur, qui a été un peu modifié par l'équipe actuelle, mais qui est la la base si vous voulez que j'ai proposé. Et donc oui, c'est des terrains sur lesquels on on rencontre les jeunes. Ce qui me paraît quand même problématique, c'est que pendant des années et régulièrement, je me suis rendu compte que les étudiants par exemple euh avaient un problème de pauvreté.
Bon et je j'ai travaillé avec des présidents d'université, on a cherché des solutions, on a proposé des solutions. Mais aujourd'hui, si vous prenez Strasbourg, il manque de logement, c'est il y a un problème de revenu, il y a un problème d'alimentation. Je pense que c'est ça c'est accentué après le Covid en fait aussi. après le Covid.
Et donc je pense que la crise Covid a un peu enfermé la jeunesse. Hm hm. Et peut-être lui a fait prendre conscience aussi euh peut-être beaucoup ou peut-être plus qu'il ne faudrait du risque.
Et euh et c'est pour ça que moi je trouve que la période aujourd'hui est est terrible par rapport par exemple à des à des à des hommes politiques comme Trump qui cassent la recherche aux États-Unis. Bon, il se trouve que ma fille est dans le domaine de l'immunologie euh et qu'elle fait de la recherche sur toutes les maladies qui peuvent entraîner des épidémies, des pandémies. Donc quand vous arrêtez la recherche, vous arrêtez la possibilité de de d'avoir au bon moment les gens qui peuvent décrypter un virus comme ça a été le cas avec les chercheurs qui s'occupaient de sida qui ont décrypté le virus Covid. ce sont ces gens-là qui ont aidé entre autres mais quand même qui ont énormément apporté.
Et donc c'est si vous voulez, je pense qu'aujourd'hui euh il faudrait que les jeunes continuent de penser par exemple que la recherche est importante, que leur place est essentielle sur les sujets, les grands sujets d'évolution du monde. Voilà. Et ça c'est donc en fait c'est votre message aussi à la jeunesse.
Oui. En général, est-ce que vous avez un message peut-être bien précis ou sur un domaine ? Alors je pense que si vous voulez aujourd'hui les jeunes sont très attachés à trouver aussi des alternatives au conflit.
Moi, je l'ai été aussi à un moment donné. Et donc voir que des conflits sont récurrents et permanents, c'est vraiment choquant et et problématique. C'est un monde violent.
Il est violent. C'est anxiogène en fait. C'est anxiogène.
Voilà. Et donc je pense que engager la jeunesse dans des processus qui permettent non pas simplement de manifester, de protester aussi d'être des acteurs, vous voyez, je pense que c'est extrêmement important et ça j'ai réfléchi. On a fini un peu avec la jeunesse.
Revenons un peu à l'actualité qui est qui est très très importante ces derniers jours. Euh un mot peut-être madame Trotmin sur la chute du gouvernement de Bayon. Elle était elle était attendue évidente.
Euh à ce point euh je pense que le score des votes est vraiment sans appel. Je trouve que c'est malheureux pour ce pays parce qu'on perd du temps, on perd de la crédibilité. Le monde économique a besoin de de confiance pour agir.
Je le vois sur tous mes projets de transport européen compte toujours sur la France et sur un pays solide. Donc ce qui me fait mal vraiment, c'est la fragilité dans laquelle on se trouve. Et là où je suis vraiment, comment dire insatisfaite, critique, c'est que moi je me suis trouvé dans un gouvernement qui n'avait pas de budget national, exactement comme aujourd'hui.
On a été élu en en juin à l'époque 97 et pas de budget. Il a fallu le trouver avant octobre. Fin juillet, on s'était coltiné le sujet, on a pu proposer un budget.
Mais voilà, je pense que ce qui manque c'est beaucoup de dialogue, c'est beaucoup de comment dire de de recherche euh de solutions en commun. Il faut pas venir avec des solutions où on vous dit on va dialoguer mais elles sont déjà mais la porte est fermée. En fait, j'ai eu le sentiment, vous voyez que c'était une occasion perdu parce que euh au fond on disait "Oui, on va discuter mais on discutait pas." Est-ce que vous pensez qu'il y a un certain égoïsme de la classe politique ? il y a peut-être un peu trop trop d'importance accordée à l'élection présidentielle et des stratégies personnelles de pouvoir par rapport à l'intérêt du pays.
Voilà, c'est ce que je pense aujourd'hui. J'aimerais bien que certains puissent ou certaines peut-être puissent en rabattre un peu de leur ambition personnelle et être beaucoup plus enclin comme on l'apprend modestement au Parlement européen à travailler à rechercher la combinaison des intérêts nationaux entre plusieurs pays. Et ben là c'est chercher la combinaison des propositions qui sont faites par plusieurs partis plusieurs plusieurs groupes politiques.
Voyez, c'est quelque chose qu'on apprend pas en France dans notre vie politique nationale, mais je pense que la l'évolution du monde, l'évolution de la société nécessite ça. Et si j'écoute les Français me parler ici ou ailleurs quand j'étais en vacances, ça qui demande, c'est d'être écouté en fait. c'est d'être écouté et c'est d'avoir une vision pragmatique des solutions et que ces solutions pragmatiques puissent être partagé quel que soit le groupe ou le parti politique si c'est bon pour les Français.
Ça doit être aussi écouté, évaluer et éventuellement choisi. Et au vu de tout ce qui se passe, êtes-vous optimiste en fait pour sur l'avenir de la France en fait, que ce soit politique, économique mais d'une manière globale ? Non, je pense que la France en est toujours sortie.
Mais là, j'ai quand même l'impression qu'on va très loin dans la crise. H ça dure ça dure. Et je le vois à la fois en étant française dans mon propre pays, en étant interrogé, en voyant qu'aujourd'hui, si vous voulez la je vois la situation se dégrader pour les gens.
H la question des dépenses, la question du pouvoir d'achat. Et franchement, les gens sont inquiets. Quand on vous dit comme élu, on le sait parce que les gens viennent vous dire "Bah écoutez, moi voyez, j'y arrive plus.
Moi, le remboursement de ma maison, je peux pas. Euh la ZFE, changer de véhicule, je peux pas non plus. Pourquoi est-ce que vous me pénalisez ?
Donc on voit bien que si vous voulez la situation sociale se dégradant, la tension monte et cette tension est négative pour le pays et elle est négative politiquement, hein, parce qu'on va pas chercher la modération. Voilà. Donc voilà, c'est un petit peu compliqué mais euh bon, je suis à la fois euh fâché comme je vous disais euh et et pessimiste sur les solutions qui sont évoquées aujourd'hui.
Et en même temps, je n'ai jamais réussi à être fondamentalement pessimiste parce qu'en politique, si vous êtes pessimiste, vous arrêtez. Voilà, ça s'arrête. C'est voilà, ça s'arrête.
Donc bon, moi je j'essaie de voir aujourd'hui, j'essaie de m'imaginer au fond qu'est-ce qui peut qu'est-ce qui peut apporter une perspective euh qui peut rétablir une forme de confiance. Je pense que c'est ça trait comme je vous disais au aux conditions matérielles de vie, à la qualité de vie, à la santé, à la mobilité, à plein de choses. Donc on peut aussi le l'imaginer, le voir et contribuer là où on est au fond.
Et donc pour moi, quelle que soit ma position, j'ai toujours eu un un adage personnel qui était faisons ce dont on est ce qu'on est capable de faire là où on se trouve finalement. Voilà. Euh parce que l'observation, l'écoute, la la capacité de combinaison h je pense que ça fait partie aussi de ce que savent faire les Français.
On est un peu débrouillard, non ? C'est c'est comme c'est vrai que c'est comme des gens en fait qui votent pas et après peut-être qu' qui vont critiquer la personne qui a été élue. Il faut aller voter, faut agir.
En fait, c'est une grande C'est ça. Donc qui regrettent de pas avoir voté parce que ils se disent "Bah voilà, non, ça je l'ai connu." Oui.
Ouais, c'est clair. On arrive vers la fin de cette très belle interview. Madame Trotman, avez-vous un remerciement peut-être à faire à une personne, à quelqu'un pour tout tout ce parcours ?
Pour tout ce parcours ? Alors bon, d'abord la patience de mon mari, il faut quand même que je la remercie parce que voilà, c'est quand même lui qui a aussi fait ce qu'il fallait quand moi j'étais pas là et et qu'il fallait faire la popote, aller faire les courses, s'occuper des devoirs et cetera. Bon, donc j'ai eu la chance d'avoir un mari qui partageait mes choix féministes.
Important. Et puis ma reconnaissance va aussi évidemment à à si vous voulez à à tous ceux dont je qui partage mon parcours. Et c'est c'est quand quand vous avez des expériences positives, vous gagnez, c'est magnifique.
Moi, j'ai toujours dit faut réussir une victoire comme on doit réussir un échec, hein. Bon, parce que quand vous échouez, va falloir vous redresser. Quand vous gagnez, faut surtout pas imaginer que vous avez gagné pour toujours.
Donc faut réussir les deux. Mais il y a des gens qui me suivent et quels que soient les aléas de la vie politique et je leur reconnaissance. D'ailleurs, c'est pour ça que j'ai peut-être cette longévité en politique.
Fait très bien entouré dans la vie. Voilà, c'est ça. Et dernière question.
Avez-vous aimé cette interview ? Oui, c'était bien. Oui, direct.
Tranche. Voilà. Voilà.
On a b J'ai essayé en tout cas on a essayé de baller un peu tous les sujets. Vous vous connaissez bien mes sujets en fait. Voilà.
Donc on a on a fait des recherches. Merci beaucoup. Je vois je vois.
Merci beaucoup. Merci merci à vous de nous avoir regardé pour cette première interview he de la saison numéro 3 et on se retrouve à la prochaine interview. Merci beaucoup.
Ciao ciao.
Catherine Trautmann