Frédéric Salat-Baroux, ancien secrétaire général de l'Elysée : "Jacques Chirac n'avait pas d'ego"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 1:43OuverteRéponse directe
Avez-vous eu besoin d'écrire la biographie de Léon Blum pour comprendre que vous étiez de droite ?
- 2:35OuverteRéponse directe
Pourquoi vous êtes-vous intéressé à Léon Blum avant le Front populaire ?
- 3:56OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous, quand vous entrez au Conseil d'État, vous pensez à Léon Blum ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Vous vous étonnez dans ce livre que Blum, le magnifique, qu'on trouve encore en France des rues qui honorent les antisémites à commencer par Maurice Barrès. Est-ce qu'il faut les renommer ces rues ?
- 9:54OuverteRéponse directe
Vous employez le terme de révolution dans ce nouvel ouvrage, révolution par les territoires. Une réponse française aux défis du monde.
- 10:42OuverteRéponse directe
Si je vous ai bien compris, il n'y aurait plus vraiment de conseil régional, les élus seraient des élus cantonaux, généraux...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:52Invité politiqueFait
« Je suis gaulliste. »
- 1:59Invité politiqueFait
« C'est l'idée que de toute façon, le souverain c'est le peuple. »
- 2:15Invité politiqueFait
« Il faut d'abord créer de la richesse et de l'activité par le progrès technique. »
- 4:29Invité politiqueFait
« Mon père compte beaucoup pour moi, à plein de titres, et donc il y a, dans notre famille, un culte profond de la France. »
- 5:14Invité politiqueFait
« La France et l'État, c'était, et d'ailleurs ça demeure, la plus grande chose qui soit au monde. »
- 8:15Invité politiqueFait
« Blum a une phrase terrible, mais elle est injuste quand il dit : s'il n'eût été Dreyfus, aurait-il été Dreyfusard ? »
- 8:32Invité politiqueFait
« Les cinq années de Dreyfus à l'île du diable n'ont jamais été comptabilisées dans ces états de service et c'est pour ça qu'ils démissionnent. »
- 10:45Invité politiqueFait
« Aujourd'hui chacun le constate, il y a une paralysie des pouvoirs publics entendus au sens large des départements, régions. »
- 11:11Invité politiqueFait
« Le système pyramidal ne marche plus et qu'il étouffe les conditions d'exercice et l'efficacité. »
- 12:35Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui on est en 2027, 25, on n'est pas encore aux présidentielles et donc ces deux ans comptent. »
- 18:34Invité politiqueFait
« Ce qui était très important pour moi, c'était d'être à la hauteur de cette petite tâche, c'est-à-dire ne pas buter sur les mots. »
- 25:29Invité politiqueFait
« La parole présidentielle, c'est pas des mots. »
- 30:52Invité politiqueFait
« non c'est faux »
- 31:13Invité politiqueFait
« moi je viens d'un milieu médical »
- 31:36Invité politiqueFait
« Chirac n'a rien fait etc le roi fainéant immobilisme »
- 31:56Invité politiqueFait
« Chirac disait toujours je mourrai comme mon père d'une attaque à 70 ans »
- 33:44Invité politiqueFait
« il y a eu quelque chose qui a été véhiculé et qui est fondamentalement injuste c'est Chirac n'a rien fait etc »
- 34:20Invité politiqueFait
« la phrase sur les rois fainéants était inacceptable c'était Nicolas Sarkozy »
- 36:21Invité politiqueFait
« strictement rien n'est prêt »
- 36:27Invité politiqueFait
« il n'a pas voulu lui y penser c'est quelqu'un sans égo profondément sans égo Jacques Chirac »
- 39:25Invité politiqueFait
« il est important par rapport au travail sur le livre puisque le livre s'inspire de la réforme de 1969 »
- 40:09Invité politiqueFait
« comment ne pas discerner le malaise des âmes c'est la phrase la plus d'actualité qu'on ait jamais prononcé aujourd'hui »
Temps de parole
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- Invité 23 %
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Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Sens Politique, l'émission qui prend le temps de connaître un invité pour décrypter avec lui son parcours, son engagement et sa personnalité au rythme de l'actualité. Notre invité est un homme discret qui a réussi à réaliser le rêve de sa vie, travailler dans la maison du président. L'Elysée sous Jacques Chirac, qu'il admire dans sa jeunesse et dont il annonce la mort à l'AFP le 26 septembre 2019. Sciences Po, le SCP, l'ENA, le Conseil d'Etat, comme Léon Blum un siècle plus tôt, à qui il consacre une biographie avant le Front Populaire. 1995, le cabinet d'Alain Juppé et les grandes grèves, il est conseiller technique sur la sécurité sociale.
Rentré 2000, conseiller social à l'Elysée et secrétaire général. Une fonction non encadrée si importante dans l'architecture du pouvoir. Il l'occupe de 2005 à 2007, les deux dernières années d'un pouvoir usé, fatigué et vieilli. L'émergence de Nicolas Sarkozy, la crise des banlieues, le CPE et Chirac qui réussit sa sortie. Il avait prévenu, je serai le dernier à éteindre la lumière. Aujourd'hui avocat, il vient de publier un manifeste pour une révolution par les territoires, aux éditions de l'Observatoire. Il dit qu'être juif, c'est une exigence. Il pense avec Pierre Mendès France que la démocratie n'est jamais acquise. Bonjour Frédéric Salabarou.
Bonjour, merci de me recevoir.
Merci à vous d'avoir accepté notre invitation et merci de nous écouter. Comme chaque samedi, nous sommes ensemble jusqu'à 13h30. Avez-vous eu besoin d'écrire la biographie de Léon Blum pour comprendre que vous étiez de droite ?
D'abord, je suis gaulliste. Et donc c'est évidemment un positionnement qui est plus classiquement à droite, mais ça veut dire aussi beaucoup d'autres choses le gaullisme. C'est l'idée que de toute façon, le souverain c'est le peuple. Et ça c'est la grande différence entre le gaullisme et les autres partis. Évidemment la question de l'importance de la souveraineté, de l'indépendance nationale. Et puis cette idée qui est au cœur du général de Gaulle, c'est-à-dire qu'il faut d'abord créer de la richesse et de l'activité par le progrès technique. Ça c'est le mystère de de Gaulle, le progrès technique. Et ensuite, évidemment, il faut une société juste.
Donc voilà, si on classe le gaullisme à droite, je suis à droite. Et ça ne m'empêche pas de pouvoir m'être intéressé à d'autres personnalités. C'est ça la beauté de l'histoire de France.
Pourquoi vous êtes-vous intéressé à Léon Blum avant le Front populaire ? Pour comprendre comment on accède au pouvoir ?
Parce que je n'étais pas de gauche. Et donc je me suis dit, je peux le comprendre jusque-là, c'est-à-dire ses origines, cette passion de l'État, ce que j'appelle la passion juive pour la France, l'envie d'aller servir l'État, son goût de la littérature, et puis cette espèce de mutation sur le tas, où au fond l'intellectuel devient un vrai politique et dans la difficulté jusqu'au Front populaire. Après, je me suis dit, c'est la légitimité d'un autre. Et d'ailleurs, je me suis posé la question, et je lui en ai parlé, peut-être qu'il est en train de le faire, je pense que c'était par exemple à des gens comme Pierre Moscovici de faire la suite.
Parce que pour ça, il faut comprendre le parti socialiste, les rapports entre les socialistes, les radicaux, les communistes, c'est quoi la gauche ? Et ça, je ne pouvais pas.
De faire la biographie, à partir de 1936, vous avez conseillé ça à Pierre Moscovici ?
Oui, enfin j'aimerais bien qu'il le fasse.
Et vous ne savez pas s'il est en train de...
On va voir.
Alors, Léon Blum, je le disais en introduction, intègre le Conseil d'État en 1895, comme vous, près d'un siècle plus tard, vous c'est en 1991, vous écrivez de très belles pages sur le Conseil d'État, et vous racontez, vous rappelez que cette institution tolère les Juifs dans les années 30, contrairement par exemple à l'inspection des finances. Est-ce que vous, quand vous entrez au Conseil d'État, vous pensez à Léon Blum ?
Non, mais, moi je suis issu d'une famille, qui est une famille juive, dont le père, voilà, ne n'est pas français, il est de manière misérable, et la France va lui permettre, et de faire des études, et de réussir, et de devenir, en une demi-génération, un grand médecin, un grand chirurgien, etc.
Un pionnier de la PMA.
C'est d'ailleurs intéressant, parce que c'est un chirurgien génial, qui à un moment donné comprend que ça en ait fini de sa technique, et devient un pionnier de la PMA, donc mon père compte beaucoup pour moi, à plein de titres, et donc il y a, dans notre famille, un culte profond de la France. C'est en ça d'ailleurs que ça miroite profondément, avec ce qui était le cas de Léon Blum.
Et donc, l'entrée au Conseil d'État, d'abord c'est l'aboutissement de beaucoup, beaucoup d'années de travail, et puis, il y a quelque chose d'immense, c'est-à-dire que vous vous retrouvez issu de cette toute petite famille qui part de rien, à un endroit qui, je vais peut-être vous paraître naïf, mais pour moi, la France et l'État, c'était, et d'ailleurs ça demeure, la plus grande chose qui soit au monde. Je reprends la formule de De Gaulle, qui disait que l'armée était la plus grande chose qui soit au monde quand j'étais jeune, et au fond, je l'ai pensé profondément, et je continue à le penser.
On peut dire plein de choses sur l'État et ses manques, mais c'est quelque chose de très, très important.
Votre père, quand il arrive en France, boursier, à Paris, de la Tunisie, il change son nom ? Il le francise ?
Oui, parce que ça fait partie des moments traumatiques et qui, moi, m'ont beaucoup marqué. J'ai d'ailleurs écrit un manuscrit que je n'ai pas publié sur son histoire, notre histoire, et j'aimerais bien le faire un jour. En fait, quand il arrive en France, il fait médecine, et puis il commence à opérer. Et là, il y a un miracle qui se produit, c'est-à-dire que les gens le racontent, c'est-à-dire quand on le met face à un ventre, ça s'appelait comme ça à l'époque, quand on opérait, il a un don exceptionnel. Et ça, ça lui permet de continuer à avancer. Mais il y a un moment, quelqu'un lui dit, si tu veux continuer à avancer, il va falloir changer ton nom. Et là, il le fait.
Et j'ai un sentiment qui est très ambivalent, c'est-à-dire que je suis fier de porter le nom qu'il a adopté, parce que c'est mon père et c'est notre histoire. Et il y a quelque chose aussi de très dur, c'est-à-dire que je sens aussi cette humiliation profonde qu'il est dû le faire. En tout cas, qu'il est estimé qu'il devait le faire. C'était Salah Ababou. Donc, il a un peu franchisé les choses. Mais par exemple, je parlais très souvent de ça à Jean-Pierre Elkabach, qui lui avait une autre position, c'est-à-dire qu'il n'a jamais changé son nom.
Donc, c'est quelque chose, voilà, en tout cas, c'est comme les choses positives et négatives dans une vie et dans une lignée, ça fait partie de mon identité.
Vous êtes beaucoup penché dans ce livre aussi sur l'affaire Dreyfus, au point d'en faire des pages très pédagogues, je trouve. Donc, c'est bien le regard de Léon Blum sur l'affaire Dreyfus, mais on se demande si ce n'est pas sur Dreyfus lui-même que vous auriez aimé écrire, Frédéric Salah Barou, voire même sur Jean Jaurès.
Oui, mais... Bon, Jean Jaurès, c'est quelqu'un de très exceptionnel dans l'histoire de la gauche. C'est probablement l'archétype de l'homme politique français, culture, enracinement. Mais parlons de Dreyfus. En fait, à travers ça, j'ai découvert d'ailleurs ce qui est un moment de bascule de l'histoire de France, c'est-à-dire le moment où la gauche, on pourra en reparler, passe de l'antisémitisme à une autre approche, c'est-à-dire regarde les gens, non pas en fonction des cases dans lesquelles ils sont, mais en fonction de leur humanité.
Donc, c'est un moment majeur et Jaurès joue un rôle absolu dans ce basculement de la gauche, mais aussi Jules Guède qui était un radical, plus radical que n'était Jaurès. Et ça, c'est très important par rapport à la période d'aujourd'hui. Et puis, il y a Blum aussi, mais qui est jeune. Mais à travers lui, ce que je découvre, c'est Dreyfus et le héros de l'affaire Dreyfus, c'est Dreyfus. Blum a une phrase terrible, mais elle est injuste quand il dit s'il n'eût été Dreyfus, aurait-il été Dreyfusard ? Mais en réalité, le héros, c'est Dreyfus. Et effectivement, il y aurait un livre à écrire, Dreyfus, ce héros.
Et dans les combats que je veux mener et qui sont devant moi, il y a une injustice qu'il faut réparer. Les cinq années de Dreyfus à l'île du diable n'ont jamais été comptabilisées dans ces états de service et c'est pour ça qu'ils démissionnent. Et là, je pense qu'on va prendre une initiative et on va écrire. Il appartient au législateur de rétablir cette justice.
Vous vous étonnez dans ce livre Blum, le magnifique aux éditions de l'Observatoire sorti en 2020 qu'on trouve encore en France et notamment à Paris des rues qui honorent les entitres Dreyfusard à commencer par Maurice Barès qui est un boulevard entre Neuilly-sur-Seine et Paris. Est-ce qu'il faut les renommer ces rues et vous qui parlez d'initiative, est-ce que vous avez écrit aux municipalités concernées ?
Je me suis beaucoup posé la question, j'ai testé l'idée mais les gens c'était une époque où il fallait tout renommer pour toutes sortes de raisons et donc ce que ça dit c'est qu'en réalité on a considéré que Dreyfus était innocent mais il a fallu attendre 1906 et l'arrêt de la Cour de cassation pour ça mais en réalité une partie reste profondément anti-Dreyfusard et c'est partout quand on regarde mais voilà ça fait partie de notre histoire ça s'est heureusement tranché grâce à des gens exceptionnels le frère de Dreyfus Jaurès et autres dans le sens de l'innocence de Dreyfus maintenant je crois qu'il y a un combat à conduire ces cinq années à l'île du diable il va falloir les réintégrer dans ces états de service
Alors vous employez le terme de révolution dans ce nouvel ouvrage qui vient de sortir Frédéric Salabarou révolution par les territoires aux éditions de l'Observatoire une réponse française aux défis du monde et en effet quand on vous lit c'est assez révolutionnaire vous voulez tout transformer redonner le pouvoir aux territoires et vous parlez notamment du couple département-région alors si je vous ai bien compris en fait il n'y aurait plus vraiment de conseil régional les élus seraient des élus cantonaux généraux le fameux binôme des élections départementales dont l'un des deux c'est aujourd'hui un binôme paritaire irait au conseil régional et ce nouveau couple département-région pourrait choisir d'administrer ses compétences qui seraient d'ailleurs renforcées selon son territoire le logement l'emploi l'éducation la santé soit un département soit une région c'est bien ça ?
vous m'autorisez à partir un peu plus en amont aujourd'hui chacun le constate il y a une paralysie des pouvoirs publics entendus au sens large des départements régions c'est-à-dire les territoires jusqu'à l'Europe puisqu'en fait on a quatre échelons les territoires le gouvernement le président et l'Europe qui fait partie intégrante de notre vie quotidienne et des conditions d'exercice ce qu'on voit c'est que le système pyramidal ne marche plus et qu'il étouffe les conditions d'exercice et l'efficacité donc d'abord il y a une première idée qui consiste à dire il faut passer d'un système pyramidal à un système latéralisé c'est-à-dire il faut arrêter un système où les différents échelons ne font pas ce qu'on attend d'eux mais font ce que font les autres et ça conduit à la paralysie avec cette forme suprême qui consiste à dire toute question de la plus importante à la moins importante doit être réglée par le président de la République évidemment que non et donc dans cette logique là et c'est en ça d'ailleurs que la dissolution a quelque chose malheur et bon on voit d'ailleurs que la providence veille un peu sur la France continue au sens gaulliste du terme on voit bien que l'idée du caractère indissociable et de la hiérarchie entre le président et le premier ministre n'est pas une fatalité et c'est d'ailleurs la logique de la cinquième république donc dans ce cadre là la première chose et je reviendrai sur le couple région département c'est que les territoires sont mûrs pour les services publics du quotidien et d'ailleurs ils peuvent l'exercer dans des conditions moins conflictuelles moins violentes moins politisées et plus efficaces ça permet quoi ?
ça permet au gouvernement si vous me donnez juste deux secondes ça permet au gouvernement de pouvoir être là où on l'attend sur la sécurité sur les migrations sur la remise en ordre des comptes il faudra peut-être qu'on en dise un mot c'est très important aujourd'hui on est en 2027 25 on n'est pas encore aux présidentielles et donc ces deux ans comptent et puis la simplification de la loi la clarté de la loi quant au président il n'est pas là pour tout traiter de toute façon il n'est pas capable personne ne peut le faire et on voit bien que les questions internationales sont essentielles et la préparation de l'avenir aussi on parlera de l'Europe après
à chaque fois Frédéric Salabarou qu'on a voulu simplifier on a aggravé le millefeuille encore récemment avec la fameuse intercommunalité là aujourd'hui par exemple vous voulez créer des agences régionales du travail est-ce que ça ne va pas alourdir encore plus ?
mais il ne faut pas il faut faire des transferts complets c'est-à-dire que il ne faut pas avoir un système dans lequel l'État conserve une partie de ses compétences les départements les différents échelons l'intercommunalité il faut transférer des blocs évidemment le bloc santé aussi le bloc éducation même si ça peut susciter des débats et des polémiques mais c'est un manifeste qui est fait pour réfléchir et qu'on laisse à l'intérieur de ces transferts aux différents échelons la possibilité de s'organiser c'est pas la même chose quand vous êtes en zone de grande agglomération ou en zone rurale par exemple dans le Cantal ou dans le Massif Central laissons-les répartir les choses mais en revanche je reviens à votre question de tout à l'heure il faut que tout ça se fonde sur une imbrication démocratique c'est-à-dire que de manière directe et pas par un scrutin de liste les élus au niveau cantonal soient choisis et qui soient à la fois les élus au département et à la région
vous proposez même le référendum révocatoire pour les élus locaux à partir de la mi-mandat le référendum local à l'initiative des citoyens et aussi de redonner le pouvoir fiscal au territoire chaque région pourra fixer son propre impôt si je vous ai bien lu est-ce que ça veut dire qu'on ne paiera pas forcément les mêmes impôts selon qu'on habite en Occitanie ou en Auvergne-Rhône-Alpes
alors à partir du moment où il y a des transferts qui sont des transferts complets de compétences il y a évidemment un risque c'est que se créent des baronies avec des risques d'abus et ça la seule réponse c'est évidemment le contrôle du préfet le contrôle de l'égalité le contrôle des cours régionales des comptes mais c'est évidemment les lecteurs et donc à partir de ce moment-là si on est cohérent il faut à la fois développer la démocratie locale mais la question du référendum révocatoire se pose en Californie en 2021 le gouverneur a fait l'objet d'un référendum révocatoire il a gagné le référendum mais il y a un moment il faut pouvoir arrêter les excès s'ils doivent exister
il y a une élection clé l'année prochaine pour les territoires ce sont les élections municipales est-ce que vous y serez candidat vous ferez d'Éric Salabarou ?
à ce stade c'est pas prévu
parce qu'il paraît qu'en 2014 vous avez failli vous présenter à Roubaix
oui j'aurait adoré oui j'aurait adoré pour mille raisons d'abord c'est le nord ensuite c'était la c'est je crois encore la ville la plus pauvre de France c'est la ville où les questions d'identité sont les plus aigus donc c'était vraiment quelque chose qui aurait été très important pour moi c'était aussi un moment où il fallait que je gère un exercice professionnel qui n'était pas encore stabilisé j'avais une équipe qui se montait je voulais pas l'abandonner donc il y a un moment j'ai pas pu mais j'y ai pensé bien sûr
et Roubaix 2026 ?
non c'est trop loin maintenant
et pourquoi le nord ?
parce qu'il y a quelque chose qui est à la fois c'est à la fois une région qui connaît les difficultés de la désindustrialisation c'est une région aussi qui est profondément ouverte accueillante et c'est aussi une région qui est industrielle avec des capitaines d'industrie avec une capacité à se projeter c'est à dire il y a quelque chose c'est une petite France en miniature même si il y a des spécificités de ces régions enfin le propre de la France c'est sa variété sa merveilleuse variété
Madame Monsieur bonsoir cette édition spéciale du 19-20 puisque le nouveau gouvernement vient tout juste d'être annoncé le secrétaire général adjoint de l'Elysée vient de donner la liste des ministres il s'agit d'une équipe nettement resserrée on écoute cette annonce
bonjour mesdames et messieurs conformément à l'article 8 de la constitution le président de la république a nommé sur la proposition du premier ministre Monsieur Nicolas Sarkozy ministre d'état ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire Madame Michèle Alliomari ministre de la défense Monsieur Philippe Douste-Blazy ministre des affaires étrangères Monsieur Jean-Louis Borloo ministre de l'emploi de la cohésion sociale et du logement Monsieur Thierry Breton ministre de l'économie des finances et de l'industrie Monsieur Gilles De Robien ministre de l'éducation nationale de l'enseignement supérieur C'est votre voix
qu'on entend Frédéric Salabarou sur le perron de l'Elysée le 2 juin 2005 le jour de votre nomination comme secrétaire général de l'Elysée déjà dans le grand bain l'annonce d'un nouveau gouvernement dirigé par Dominique de Vilpin après l'échec du référendum sur la constitution européenne et avec en numéro 2 on vient de l'entendre Nicolas Sarkozy et des solidarités
Absolument J'avais revu des images mais pas le son Je ne sais pas En fait, ce n'est pas un souvenir bizarrement parce que à cet instant et c'est là qu'on voit d'ailleurs qu'on est dans des choses humaines ce qui était très important pour moi c'était d'être à la hauteur de cette petite tâche c'est-à-dire ne pas buter sur les mots être malgré le fait que d'être totalement écrasé parce que ça représentait comme changement puisque vous passez d'un coup de l'ombre totale à une forme de lumière à un instant de raison donc c'était ça qui était important pour moi et dans ces moments-là j'ai une chance je ne sais pas d'où ça vient mais il y a une caractéristique c'est-à-dire dans les moments d'émotion extrêmement fort je ne ressens rien et c'est pour ça que ça n'a pas été si catastrophique et j'en suis heureux rétrospectivement
dans le documentaire de Joseph Borgar et Vincent Martini sorti en 2024 l'homme du président qui interview de nombreux secrétaires généraux de l'Elysée dont vous on se souvient on rappelle que rien n'encadre cette fonction est-ce que selon vous il faut l'encadrer ?
Non parce que c'est une fonction qui en réalité n'a rien de particulier et qui au fond n'existe pas celui qui compte c'est le président le secrétaire général il est là pour permettre au président d'exercer sa fonction c'est-à-dire de prendre des coups pour lui de lui laisser suffisamment de liberté pour pouvoir travailler donc en tout cas c'est comme ça que je conçois cette fonction et je suis convaincu que c'est comme ça qu'elle doit être conçue après il y a autant de secrétaires généraux que de couples président secrétaire général c'est d'ailleurs pas les mêmes matières qu'on exerce plus nettement donc de toute façon et ça pour moi c'est quelque chose de très important personne on peut conseiller mais c'est celui qui décide qui prend la décision et qui est à l'origine des choses on n'écrit pas un discours pour un responsable politique comme pour un président c'est lui qui le porte donc en réalité c'est pas une fonction après qu'on l'exerce d'une certaine manière par exemple pour moi il était absolument essentiel que Jacques Chirac ne soit pas atteint dans les conditions d'exercice de ses fonctions et à travers ça dans la dignité de sa fonction et aussi parce qu'il comptait pour moi beaucoup dans la dignité de sa personne et ça dépend effectivement des moments mais c'est une fonction importante par la proximité importante parce qu'on voit beaucoup de choses mais ça n'est pas une fonction autonome heureusement d'ailleurs parce qu'il n'est pas élu
l'actuel secrétaire général de l'Elysée Alexis Collère est mis en examen depuis 2022 pour prise illégale d'intérêt est-ce normal à vos yeux de conserver ce poste ?
il est d'abord je ne connais pas l'affaire ensuite il n'a pas été jugé c'est une mise en examen donc ce qui compte c'est la confiance qu'il a avec le président le président estime qu'il a tout à fait sa confiance et c'est important je pense que c'est d'autant plus important que comme je l'ai dit ce n'est pas une fonction en tant que telle un secrétaire général il est là pour être autour à côté et en permanence auprès de celui qui est élu par les français
on vient d'entendre la voix d'Elise Lucet sur France 3 juste avant vous Frédéric Salabarou c'était dans le 19-20 aujourd'hui les remaniements ils se passent en direct sur les chaînes d'information continue qu'est-ce que ça a changé dans la vie politique française cette accélération du rythme ?
c'est comme tout il y a une perte ça dit quand même beaucoup de choses il y a d'abord une perte de respect vis-à-vis de ce que sont les institutions alors les institutions ce n'est pas rien dans le livre je pense que dans les choses qui marchent encore dans notre pays et sur lequel on peut reconstruire c'est la 5ème république donc les institutions ça a du sens c'est le président qui décide sur proposition du premier ministre et ensuite les choses doivent être annoncées avec un minimum de solennité parce qu'un gouvernement ce n'est pas rien c'est le gouvernement de la France mais voilà c'est c'est aussi le signe d'un délitement dont tout le monde souffre et dont les français souffrent c'est-à-dire voilà il n'y a plus il n'y a plus de règles tout doit être visible tout doit être annoncé à l'avance on ne peut rien changer
contre ça
mais bien sûr qu'on peut changer ça mais évidemment que oui comment mais déjà on n'y prétend pas la main si on sait quel est le gouvernement à l'avance c'est parce que quelqu'un plusieurs personnes d'ailleurs ont décroché leur téléphone pour faire du teasing et donc on peut revenir en arrière sur tout à condition qu'on ait la volonté de le faire bien sûr et ça c'est les choses les plus simples mais c'est très important l'état moi j'ai une passion de l'état alors que que je maintiens malgré les difficultés l'état les institutions la tenue et tout ça ça porte le même nom c'est-à-dire c'est le respect des choses et donc à travers cet exemple qui est secondaire après tout qu'on connaisse le gouvernement avant peu importe ce que vous posez comme question c'est en fait l'importance du respect des choses dans une société qui est fracturée dans laquelle on n'admire plus tout est critique tout est violence tout est suspicion et là il y a une pente à remonter d'ailleurs une des idées du livre c'est aussi qu'on remontera cette pente en se réenracinant parce que beaucoup de choses sont abîmées au niveau national mais en revanche vous descendez par exemple en Corrèze le respect des choses existe encore donc c'est une façon de reconstruire aussi à partir des territoires
à ce poste de secrétaire général de l'Elysée vous vivez de très près la crise des banlieues du 27 octobre 2005 après la mort de Ziad Bena et Bounat Raoré deux adolescents dans une courte poursuite avec la police l'état d'urgence est décrété par Jacques Chirac le 8 novembre qu'est-ce que ça signifie au poste qui est le vôtre cette décision là
c'est de la gestion de crise et ça c'est des fonctions qui sont passionnantes pas tellement par l'émotion qu'il peut y avoir par exemple la question omniprésente c'était surtout pas de mort et ça a été très bien géré malgré les difficultés de relationnel mais là encore par rapport à la notion de respect jamais ce qui pouvait être les rivalités ou les passifs entre le président Nicolas Sarkozy ou Dominique de Villepin ne sont rentrés en compte tout le monde travaillait dans le respect de cette crise et avec l'idée il faut en sortir et il faut surtout que tout ça ne se traduise pas par des drames et puis ensuite il y a comment on en sort et là c'est quelque chose qui me paraît vraiment important la parole présidentielle c'est pas des mots et c'est en ça que la fonction présidentielle est essentielle c'est une fonction que le général de Gaulle a inventée qui est moitié républicaine moitié royale auquel nous les français on attache beaucoup d'importance mais quand Jacques Chirac dit vous êtes toutes et tous les filles et les fils de la république à partir de ce moment là les choses peuvent s'arrêter parce que cette phrase dans une large mesure c'était celle aussi que les jeunes des banlieues attendaient dans ce problème qui était aussi une crise de sens brûler ses voitures casser ses écoles c'est aussi c'est de la violence et c'est inacceptable mais il y a une question de sens aussi qui a été posée et cette phrase elle était majeure
il fait une allocution ce jour là vous en parliez Frédéric Salabarou le président Chirac depuis l'Elysée est-ce qu'il était facile à coacher ?
mais d'abord c'est lui le chef on coache pas le président de la république c'est très important ça c'est détestable et c'est faux de dire c'est moi qui ai ci c'est moi qui ai pas etc c'est le chef d'abord parce que c'est les français qui l'ont élu et deuxièmement c'est lui qui va au charbon et qui va au feu le feu vous le prenez ou vous le prenez pas mais vous répétiez il y a du travail sur les textes il y a des choix qui sont les siens il n'y a qu'un seul truc je l'ai raconté donc je le raconte parce que c'est aussi pour mettre en valeur au fond ce qu'était son tempérament c'est pas un homme d'aujourd'hui Chirac on a beaucoup beaucoup travaillé sur son discours d'adieu lui nous tous enfin bon des dizaines de versions il y a eu en fait 106 versions de ce texte 106 chaque fois que tu changes un mot tu changes la version et en fait il ne voulait pas dire moi je voulais absolument qu'il dise la France que j'aime autant que je vous aime et donc 30 fois je lui ai remis dans le texte 29 fois il a barré mais parce que pour lui on disait pas ces choses là c'est à dire qu'on s'épanchait pas c'est aussi un autre temps
mes chers compatriotes au terme du mandat que vous m'avez confié le moment sera venu pour moi de vous servir autrement mes chers compatriotes vous l'imaginez c'est avec beaucoup d'émotion que je m'adresse à vous ce soir pas un instant vous n'avez cessé d'habiter mon coeur et mon esprit pas une minute je n'ai cessé d'agir pour servir cette France magnifique cette France que j'aime autant que je vous aime cette France riche de sa jeunesse forte de son histoire de sa diversité assoiffée de justice et d'envie d'agir cette France qui croyez moi n'a pas fini d'étonner le monde vive la république et vive la France
cette fameuse allocution dont vous parliez Frédéric Salabarou ou Jacques Chirac le 11 mars 2007 sont six versions et il les dit ces mots là
ça c'est beaucoup beaucoup beaucoup d'émotion pour moi moi je suis dans un tempérament qui est très indépendant mais Chirac je le voulais comme chef et c'était vital pour moi que dans ces instants où les ambitions des uns l'émergence de Nicolas Sarkozy tout a été très très difficile qui partent en grand et donc à cet instant quand il a fini cette allocution je me dis que la petite chose que je pouvais faire pour mon chef avait plutôt été bien faite et quelque part j'avais fini ma mission et j'avais fait ce que je voulais faire donc c'est un moment très émouvant mais vous savez tout ça on dit le pouvoir le machin etc en fait tout est fait de chair et de sang ce qui comptait c'était ça après ça n'empêche pas d'avoir sa vie d'abord ça part pas de là on a ses origines vous l'avez dit et puis on a une autre vie après mais voilà les gens sont très durs avec les politiques c'est une vie extrêmement difficile ils sont dans l'immense majorité intègre c'est très violent c'est très dur et c'est très affectif c'est pas un truc ouaté l'Elysée c'est une sorte de caisse de résonance extrêmement violente et là ce moment est probablement avec d'autres moments qui renvoient à l'histoire de mon père et de ma famille le moment le plus émouvant de ma vie
c'est une période difficile durant laquelle vous êtes secrétaire générale de l'Elysée je parlais de l'année 2005 on pourrait appeler anus horribilis il y a la crise des banlieues mais il y a aussi l'AVC du président de la République pendant une semaine à l'hôpital d'ailleurs à ce moment là on vous a accusé vous et le clan Chirac je ne sais pas si vous reprenez cette expression Claude votre épouse Bernadette l'épouse de Jacques Chirac d'avoir minimisé la santé du président
non c'est faux parlons de ça et puis ensuite c'est des moments très heureux au contraire il n'y a pas d'année d'anus horribilis c'est des moments merveilleusement heureux je vous expliquerai peut-être pourquoi ne serait-ce que pour qu'on comprenne ce que c'est non il n'y a pas eu il n'y a eu aucune minimisation de ce qui lui est arrivé au contraire les choses ont été dites moi je viens d'un milieu médical on l'a dit je savais très bien un certain nombre de choses c'est qu'on ne cache pas une réalité médicale et l'hôpital de toute façon est une caisse de résonance invraisemblable aucun secret ne se garde à l'hôpital et par ailleurs il a eu la chance d'avoir un AVC qui a tapé à un endroit qui ne l'a pas laissé handicapé ça aurait pu et ce que on entend souvent de Chirac diminuer mais moi je renvoie les gens puisque maintenant avec l'INA on revoit tout regardez les voeux 2006 et 2007 c'est des heures de discours debout qu'il fait bien sûr et même chose sur les prises de décision maintenant c'est un moment extrêmement difficile d'ailleurs Chirac disait toujours je mourrai comme mon père d'une attaque à 70 ans il a eu une attaque à 70 ans mais il n'en est pas mort
est-ce qu'il a hésité à se représenter pour un troisième mandat comme c'était autorisé à l'époque ?
alors il y avait beaucoup de gens parce qu'il y a des gens qui n'acceptent pas que les choses se finissent qui poussaient Jacques Chirac à se représenter moi j'étais archi contre et au fond lui aussi quand on a préparé les voeux de 2007 il m'a dit je ne me représenterai pas mais travaillons sur des voeux qui maintiennent une ambiguïté parce que il faut qu'on puisse terminer et faire un certain nombre de choses et qu'on ait encore la légitimité pour le faire mais vous savez Chirac il avait quelque chose d'extrêmement sain c'est-à-dire il n'a pas d'ego et puis pour lui il n'y a pas d'ambition l'histoire de la vie elle part il y a des dizaines de milliers d'années et donc il regardait les choses telles qu'il était il avait fait énormément de choses et puis il y a un moment il fallait laisser la place donc dans son esprit il n'en a jamais été question
ce qu'on oublie parce que j'ai la sensation que les françaises et les français ne retiennent que le bon de Jacques Chirac mais c'est qu'il était très impopulaire à la fin de son quinquennat de son deuxième mandat un sondage IFOP qu'on a retrouvé en 2005 1% seulement des français souhaitent que Jacques Chirac soit le candidat de l'UMP
oui mais ça veut il y a plusieurs choses d'abord ça ne veut pas dire le fait de ne pas vouloir qu'il se représente après deux mandats c'est probablement une preuve complète de la lucidité du souverain c'est-à-dire du peuple il avait raison il ne fallait pas le faire moi je pensais qu'il ne fallait surtout pas le faire et lui aussi donc ça ça ne veut pas dire quelque chose qui relève de son impopularité ensuite il y a eu quelque chose qui a été véhiculé et qui est fondamentalement injuste c'est Chirac n'a rien fait etc le roi fainéant immobilisme oui mais personne c'est même pathologique Chirac travaillait de manière invraisemblable trop d'ailleurs il n'y avait aucune vie donc ça c'est très faux et il y a peu de choses que je regrette dans ma vie mais ce que je regrette mais c'était un moment où c'était très très compliqué je regrette de ne pas m'être levé à cet instant pour dire que la phrase sur les rois fainéants était inacceptable c'était Nicolas Sarkozy oui Nicolas Sarkozy inacceptable pas tellement parce qu'elle avait été prononcée vis-à-vis d'un président de la république mais parce qu'elle est tellement fausse
est-ce que vous votez pour François Hollande en 2012 ?
non ça s'est dit je ne suis pas dans l'isoloir avec lui je ne crois pas non
il avait eu cette petite phrase captée justement on en parlait par une chaîne d'infos en continu de BFM TV au musée de Saran en Corrèze où il avait dit je voterai pour François Hollande et dans un communiqué qui sans doute était parti de vous Frédéric Salabarou avait rectifié en disant c'est de l'humour corrésien
oui c'est une période où c'est très difficile à expliquer c'est-à-dire c'est une période où Jacques Chirac commence à être pris par la maladie où il prononce cette phrase incontestablement mais ça n'est pas voilà quand on connaît Chirac on sait pertinemment et d'ailleurs ça a été sa réaction après quand on lui a dit mais qu'est-ce que c'est que ce truc on n'était pas là c'est pas du tout son genre revenons par exemple en 2007 une des choses malgré les rivalités les difficultés etc de Jacques Chirac vis-à-vis Nicolas Sarkozy quand c'est lui qui a été en position une des parties de ma mission c'était surtout rien qui ne parte de chez nous au sens élysé ou des proches qui puisse créer le moindre préjudice à Nicolas Sarkozy c'était aussi ça Jacques Chirac donc cette phrase le communiqué qui rectifie c'est profondément ce qu'il pense
et puis il y a le 26 septembre 2019 vous vous souvenez de cette date Frédéric Salabarou la mort de Jacques Chirac c'est vous qui êtes chargé d'appeler l'AFP comment ça se passe tout est prêt
ou on improvise ?
strictement rien n'est prêt d'abord parce que il n'a pas voulu lui y penser c'est quelqu'un sans égo profondément sans égo Jacques Chirac donc il n'a pas voulu préparer les choses et évidemment quand vous aimez les personnes vous ne préparez pas leur mort vous espérez que toujours les choses dureront d'ailleurs 10 fois il s'est retrouvé dans des situations difficiles 10 fois il est remonté et même le dernier soir on a vraiment l'impression qu'il remonte et ce n'est pas le cas mais il part paisiblement et ça c'est bien mais bien sûr strictement rien n'était prêt et donc vous ne pouvez pas demander à sa femme dans la souffrance qui est la sienne ou à sa fille de le faire il faut bien que quelqu'un y aille et c'est moi qui y vais mais après on a essayé de bien faire les choses et notamment dans les souvenirs que j'ai j'ai voulu qu'on puisse donner un petit livret qui parle de lui aux personnes qui venaient aux Invalides et voilà j'ai consacré deux nuits et c'est un moment très important parce que il fallait dire ce qu'il était sens politique l'archive de l'invité
comment ne pas discerner le malaise des âmes qui dans la société mécanique moderne sert de ferments trop commodes à ces troubles et de de trentins trop faciles à ces agitateurs comment ne pas reconnaître que l'impulsion de notre époque qui transforme matériellement notre pays jusqu'en ses profondeurs exige en même temps qu'il change les conditions morales et sociales de son existence bref ce qui est en cause c'est la condition de l'homme il s'agit partout où des hommes sont ensemble pour vivre ou pour travailler de rendre leur rapport plus humain plus digne par là plus efficace il s'agit de faire en sorte que chacun là où il fournit son effort au lieu d'être un instrument passif participe activement à son propre destin voilà la grande réforme française qui doit être
celle de notre siècle la voix du général de gaulle un 11 mars encore de 1969 allocution pour défendre le projet de double référendum sur le sénat et la régionalisation du pays
c'est un discours qui est doublement important il est important par rapport au travail sur le livre puisque le livre s'inspire de la réforme de 1969 avec cette idée qu'il faut maintenant rééquilibrer les pouvoirs publics et que les territoires sont prêts et en même temps que rien ne peut se faire sans avoir un pays qui s'appuie sur le progrès technique et donc c'est toutes les problématiques on n'en a pas parlé de l'intelligence artificielle le fait que rien n'est possible si on ne relève pas cette nouvelle révolution technologique et puis il y a autre chose c'est à dire que la politique ce n'est pas l'addition de mesures c'est d'abord et avant tout des questions qui touchent à l'humain et quand il dit comment ne pas discerner le malaise des âmes c'est la phrase la plus d'actualité qu'on ait jamais prononcé aujourd'hui et puis il y a enfin le général de Gaulle mais le général de Gaulle ce n'est pas un homme d'état ce n'est pas un héros français le plus grand des héros français c'est un artiste et dans ce dernier discours c'est comme les grands artistes c'est sa plus belle oeuvre
parce qu'il démissionnera juste après oui mais sa conception
c'est formidable quand il dit ce qui compte c'est l'humain
pourquoi dites-vous Frédéric Salabarou que la chanson d'Alain Souchon full sentimentale est la plus politique qui soit
mais pour les mêmes raisons c'est à dire que penser qu'on peut convaincre les gens par des techniques de communication penser qu'on fait de la politique par l'addition de mesures c'est n'importe quoi d'ailleurs c'est full sentimental on a soif d'idéal et c'est ça qui compte et le combat qu'on a essayé de mener à travers ce livre et que je vais continuer à mener c'est qu'en réalité la politique c'est d'abord la quête d'un idéal jusqu'où vous voulez
le mener ce combat ?
je veux en tout cas qu'il y ait le débat et vous l'avez compris à travers mon parcours il y a une vraie disponibilité
on se quitte une fois n'est pas coutume avec Alain Souchon grâce à vous Frédéric Salabarou je rappelle votre ouvrage qui vient de sortir Révolution par les territoires une réponse française aux défis du monde aux éditions de l'Observatoire merci d'être venu dans Sens Politique ancien secrétaire général de l'Elysée sous Jacques Chirac entre 2005 et 2007 co-écrit ce livre avec Eric Hazan
merci de m'avoir invité je tenais à venir dans cette émission
merci Alia Varin qui m'a aidé à préparer cette émission à la réalisation comme chaque semaine Luc Jean-Rénaud à la technique Marie-Claire Oumabadi à la vidéo Ruben Karmazine merci de nous avoir suivis à la semaine prochaine