Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLe Monde (sur YouTube)· 24 mars 2026 6 min

Cisjordanie : un survivant raconte une attaque de colons israéliens ǀ ENQUETE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Jamil Moamar est palestinien. Il vit à Qaryout, en Cisjordanie. Des colons israéliens ont attaqué son village, le 2 mars 2026.

Jamil a été blessé et ses deux frères, Mohamed et Fahim, sont morts. Depuis le début de la guerre contre l'Iran le 28 février, Six Palestiniens ont été tués par des colons et de nombreux autres ont été blessés. Ces violences se déroulent alors qu'Israël verrouille la circulation en Cisjordanie.

Des restrictions de mouvement qui rendent encore plus difficile l'accès aux secours dans ce territoire palestinien occupé. Jamil Moamar est chauffeur de taxi. Il vit à Qaryout avec ses quatre enfants.

Le 2 mars 2026, il aperçoit un engin de chantier qui creuse une nouvelle route à côté de chez lui. On peut apercevoir la route sur des images satellites. Nous sommes à la limite du village.

Plusieurs colonies et avant-postes israéliens se situent aux alentours. Le plus récent est apparu en 2022, à 900 mètres de Qaryout. Jamil ne le sait pas encore, mais cette route va coûter la vie à ses deux frères.

Sur des vidéos vérifiées par "Le Monde", on voit 10 hommes habillés en civil. L'un d'eux est armé d'un fusil. On voit des tirs en l'air, mais aussi à l'horizontale.

Nous avons compté 13 coups de feu au total. Selon Jamil, certains de ces tirs ont touché des membres de sa famille. Une information confirmée par le ministère palestinien de la Santé.

Deux journalistes du "Monde" se sont rendus à Qaryout. Ils ont photographié un étui de munition retrouvé sur place, ainsi que des taches de sang. L'armée israélienne a déclaré que l'auteur des tirs était un réserviste et que son arme avait été confisquée.

Une enquête a été ouverte. Les violences de ce type, où des colons s'en prennent à des Palestiniens, sont fréquentes en Cisjordanie. Elles ont atteint un niveau sans précédent en 2025, selon un décompte de l'ONU.

Alors qu'Israël facilite la colonisation et a légalisé 19 avant-postes en décembre 2025. Mais ce qui est différent dans la situation de Jamil, c'est qu'en mars 2026, la circulation en Cisjordanie est très limitée. Il a mis plusieurs heures pour arriver jusqu'à l'hôpital.

Et pour cause, depuis le début de la guerre contre l'Iran, Israël impose des restrictions de mouvement dans les territoires occupés. La circulation à l'intérieur de la Cisjordanie est limitée aussi. L'armée a distribué des prospectus interdisant les déplacements entre régions et gouvernorats.

Des images vérifiées par "Le Monde" montrent que de nombreuses barrières à l'entrée de villages palestiniens ont été fermées. Et de nouveaux checkpoints ont également été installés. D'après l'ONU, la majorité des 420 barrières routières en Cisjordanie avaient été partiellement ou entièrement fermées entre le 28 février et le 3 mars.

Selon l'OMS, ces restrictions entravent le bon fonctionnement des services de santé. Entre le 28 février et le 3 mars, l'OMS a enregistré neuf incidents ayant affecté principalement des ambulances. Des équipes d'ambulanciers ont dû emprunter des itinéraires alternatifs qui sont plus longs.

Dans certains cas, les équipes ont été contraintes de transporter les patients à pied. Dans les cas d'urgence médicale, de tels retards peuvent faire la différence entre la vie et la mort.

Cisjordanie : un survivant raconte une attaque de colons israéliens ǀ ENQUETE — Gérard Israel · Pourquijevote