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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 16 juin 2019 16 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalImmigration & asileInstitutions & élections

Sébastien Chenu : "Nous allons concentrer nos efforts sur des villes qui nous attendent"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:25OuverteRéponse directe

    Pourquoi le RN se concentre-t-il sur une dizaine de départements seulement pour les municipales ?

  • 1:17OuverteRéponse directe

    30% de vos conseillers municipaux ont démissionné depuis 2014. Le RN est-il en difficulté pour trouver de nouvelles vocations ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Vous avez recruté large et parfois des compétences étroites. Pourquoi ?

  • 2:59OuverteRéponse directe

    Pour les municipales, devrez-vous nouer des alliances ?

  • 4:05OuverteRéponse directe

    Voter pour vous reste-t-il un vote de protestation ou les électeurs vous font-ils de plus en plus confiance ?

  • 4:54RelanceRéponse directe

    Vous dites que LR et LREM font la même politique. Pouvez-vous préciser ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:43Invité politiqueFait
    « D'abord nous avons de l'ambition pour le quotidien des français et donc pour changer, améliorer le quotidien des français, il faut être en capacité de conquérir un certain nombre de mairies. »
  • 0:52Invité politiqueFait
    « Et c'est vrai qu'aller faire de la figuration dans des villes dans lesquelles nous n'avons que peu de chances d'être élus, eh bien nous avons considéré que nous n'avions pas forcément le goût de l'effort inutile et que c'était parfois très difficile. »
  • 1:12Invité politiqueFait
    « Il y a beaucoup de maires d'ailleurs qui renoncent. »
  • 1:49Invité politiqueChiffre
    « Un tiers au RN, c'est tout de même beaucoup. »
  • 2:12Invité politiquePromesse
    « On sera présents sur toute la France, on sera présents dans tous les chefs-lieux, dans toutes les villes de plus de 20 000 habitants. »
  • 3:15Invité politiqueFait
    « Alors moi je ne crois pas beaucoup à l'idée des alliances, si ce sont des alliances de partis politiques. »
  • 4:20Invité politiqueFait
    « Un vote protestataire, évidemment, lorsqu'on veut dénoncer quelque chose. »
  • 4:30Invité politiqueFait
    « En fait ils se disent de droite ou de gauche, mais la réalité, c'est qu'ils font les mêmes politiques. »
  • 6:16Invité politiqueFait
    « Je pense que Laurent Wauquiez, en voulant copier notre discours en ce qui concerne la sécurité, la défense de l'identité française, il a validé le fait que nos solutions s'imposaient. »
  • 9:55Invité politiqueChiffre
    « Nous passons de 36 députés... Ils avaient certes doublé votre nombre de groupes, absolument. »
  • 10:12Invité politiqueChiffre
    « Nous sommes le seul groupe à multiplier par deux notre nombre d'élus et à devenir le quatrième groupe du Parlement européen. »
  • 10:35Invité politiqueFait
    « Le PPE, qui est le groupe de la droite libérale, et les socialistes européens n'ont plus la majorité à eux seuls. »
  • 12:54Invité politiqueFait
    « J'ai le sentiment que le Premier ministre nous a quand même beaucoup baladés. »
  • 13:21Invité politiqueFait
    « Rien sur la sécurité, rien sur l'immigration, rien sur la santé. »
  • 15:03Invité politiqueFait
    « Droit d'asile qui est contourné matin, midi et soir dans notre pays. »
  • 15:10Invité politiqueFait
    « Non, il y a eu une réforme qui a abouti à l'élargissement du regroupement familial. »
  • 15:41Invité politiqueFait
    « Non, et on a déjà donné avec Nicolas Sarkozy, on a eu exactement les mêmes pistes qui ont été d'ailleurs abandonnées parce qu'inefficientes. »
  • 16:04Invité politiqueFait
    « Le débat sur les quotas, enfin la politique des quotas, nous n'y sommes pas favorables car elle ne fonctionne pas dans notre pays et je crois même qu'elle est attentatoire à l'esprit républicain. »

Temps de parole

  • Sébastien Chenu66 %
  • Présentateur31 %
  • Présentateur 22 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Sébastien Chenu, député, ravi de vous accueillir, député et porte-parole du Rassemblement National, conseiller régional également du Nord-Pas-de-Calais. Le parti de Marine Le Pen organise ce week-end à la Rochelle son conseil national pour analyser sa victoire aux européennes et préparer les municipales dans neuf mois. La stratégie du RN pour les municipales, c'est aussi un dossier complet que vous retrouverez sur franceinter.fr. Alors c'est municipal Sébastien Chenu, plus question a priori de présenter 600 listes partout en France comme ça s'est passé il y a 5 ans.

Le Rassemblement National préfère désormais se concentrer sur une dizaine de départements seulement, moins de listes donc, pourquoi ?

0:43
Sébastien Chenu

D'abord nous avons de l'ambition pour le quotidien des français et donc pour changer, améliorer le quotidien des français, il faut être en capacité de conquérir un certain nombre de mairies. Et c'est vrai qu'aller faire de la figuration dans des villes dans lesquelles nous n'avons que peu de chances d'être élus, eh bien nous avons considéré que nous n'avions pas forcément le goût de l'effort inutile et que c'était parfois très difficile. D'ailleurs ce n'est pas simplement difficile pour le RN, c'est difficile de monter des listes aujourd'hui en France pour les élections municipales. Il y a beaucoup de maires d'ailleurs qui renoncent.

Donc nous allons concentrer nos efforts sur des villes qui nous attendent, qui attendent des élus du RN.

1:17
Présentateur

D'autant qu'au RN, 30% de vos conseillers municipaux ont démissionné depuis leur élection en 2014. Le RN est à la peine pour trouver de nouvelles vocations ?

1:28
Sébastien Chenu

Non, vous savez, se retrouver conseiller municipal d'opposition, comme ça a été le cas dans de nombreuses communes, c'est difficile. On n'était peut-être pas toujours préparé, en tous les cas dans le passé nos candidats n'étaient peut-être pas toujours préparé à se retrouver isolé face à tous les autres élus. Et ça leur a entraîné évidemment quelques démissions. Mais quand on regarde la carte électorale en France, les démissions d'élus locaux sont très nombreuses. Un tiers au RN, c'est tout de même beaucoup. Dans les conseillers municipaux, il y a des gens qui démissionnent, il y a des gens qui déménagent, il y a des gens qui font autre chose dans la vie et qui ne peuvent plus assumer.

2:00
Présentateur

Vous l'avez souligné, au RN, vous avez recruté un peu large et parfois des compétences un peu étroites.

2:05
Sébastien Chenu

On a voulu démontrer que nous étions évidemment en capacité d'être présents sur toute la France. On sera présents sur toute la France, on sera présents dans tous les chefs-lieux, dans toutes les villes de plus de 20 000 habitants. Mais on va consacrer nos efforts aux communes qui nous attendent. Là où il y a des résultats très forts pour le RN, là où les gens dénoncent cette espèce de collaboration qui est désormais devenue industrielle entre la République En Marche et les Républicains, nous allons montrer qu'il y a localement également d'autres possibilités, d'autres voies, une capacité.

C'est ce qu'ont fait d'ailleurs nos maires qui seront, je le crois, plébiscités, tous plébiscités chacun dans leur commune, de baisser les impôts locaux, d'agir sur l'investissement local, sur la sécurité, sur le localisme, sur l'attractivité de leur commune. C'est ce que veut faire chaque candidat dans chaque ville. Pas avec le même résultat.

2:54
Présentateur

Pas avec le même résultat probablement, mais c'est en tout cas la feuille de route de chacun des candidats. Et pour atteindre cet objectif dans 9 mois pour les municipales, vous devrez au Rassemblement National nouer des alliances. Est-ce que vous comptez sur la mauvaise passe du parti Les Républicains pour aller débaucher au sein des Républicains pour les municipales ?

3:15
Sébastien Chenu

Alors moi je ne crois pas beaucoup à l'idée des alliances, si ce sont des alliances de partis politiques. Nous, nous allons plutôt ouvrir nos listes, accueillir les gens qui font le même constat que nous et qui partagent la même ambition locale que nous. Vous parlez à un élu du Nord, vous l'avez dit, je suis élu du Nord, et moi dans mon secteur, il n'y a pas d'alliance avec des partis politiques, mais je vais accueillir sur les listes de mon secteur des gens qui traditionnellement viennent de ce qu'étaient les appareils politiques de gauche, des structures associatives, syndicales, identifiées à gauche, des gens même qui ont parfois été élus avec des étiquettes de gauche.

Donc il s'agit de nous ouvrir très largement, parce qu'une élection locale, on le sait, c'est rassembler des citoyens sur des problématiques locales. Donc par conséquent, il ne s'agit pas d'alliance d'appareils, mais plutôt de la capacité d'aller tendre la main à des Français et des Françaises qui n'avaient pas nos options peut-être au niveau national.

4:05
Présentateur

Mais du côté des électeurs, Sébastien Chenu, est-ce que vous pensez que voter pour vous, ça peut rester toujours un vote de protestation, ou est-ce que c'est parce qu'on vous fait de plus en plus confiance ?

4:14
Sébastien Chenu

Les deux, je crois les deux. Un vote protestataire, évidemment, lorsqu'on veut dénoncer quelque chose. Et je parlais tout à l'heure de cette espèce de collaboration entre les Républicains et puis La République En Marche qui montre que ces gens-là, au-delà de leurs étiquettes politiques, font les mêmes politiques. En fait, ils se disent de droite ou de gauche, mais la réalité, c'est qu'ils font les mêmes politiques. Ils sont absolument interchangeables, donc nos électeurs peuvent vouloir dénoncer un certain nombre de politiques locales. Et puis, adhérer, je crois que notre bilan, le bilan de nos maires, Dénin-Beaumont à Fréjus en passant par Ayange, plaît dans leur faveur.

Oui, il y a une gestion des maires Rassemblement National qui est peut-être différente, mais qui en tous les cas satisfait ceux qui ont porté ces maires à leur poste.

4:54
Présentateur

Quand vous dites, Sébastien Chenu, que les Républicains et, finalement, le Rassemblement National font la même politique, bon, c'est-à-dire...

5:00
Sébastien Chenu

Non, les Républicains et le Rassemblement National, non. Et La République En Marche.

5:03
Présentateur

Et La République En Marche ? Bon, d'accord, parce que vous n'avez pas bien compris ça. D'autant qu'il y a une tradition au RPR de Jacques Chirac, puis à l'UMP de Nicolas Sarkozy, c'est de ne pas franchir le Rubicon pour faire des alliances avec le Front National. Aucun cadre chez les Républicains ne veut faire d'alliances. Ce sera du cas par cas, localement ?

5:19
Sébastien Chenu

Que les Républicains se rassurent, on ne veut pas faire d'alliances avec cet appareil moribond qui a trahi les Français. Ça ne nous intéresse pas d'aller nous allier avec des gens qui ont passé leur vie politique à trahir les Français. Nous, nous tendons la main, localement, à des maires, à des élus, mais aussi à des militants, à des habitants, qui ont pu voter pour d'autres, ou qui peuvent continuer d'ailleurs à voter pour d'autres aux élections nationales, mais qui, localement, pourraient s'entendre avec nous. Et il y aura des cas de figure. Dans quelle ville, par exemple ? C'est un peu tôt pour vous le dire. Agde ? Milo ? On parle de ces villes-là.

Dans les médias, je n'ai pas, sincèrement, aujourd'hui, la capacité à vous le dire, mais moi, je parle, j'allais dire, de ce que je connais, c'est-à-dire dans le Nord. Et dans le Nord, nous aurons des listes de larges ouvertures, et pas uniquement avec des gens venus de la droite.

5:58
Présentateur

Est-ce que vous sentez que le parti Les Républicains version Laurent Wauquiez sur le départ ? Est-ce que sa présence, sa direction de Laurent Wauquiez dans cette droite républicaine a favorisé, on dit décomplexé, des militants républicains pour se rapprocher de vous ?

6:16
Sébastien Chenu

Je pense que Laurent Wauquiez, en voulant copier notre discours en ce qui concerne la sécurité, la défense de l'identité française, il a validé le fait que nos solutions s'imposaient. Je crois qu'il a oublié une dimension extrêmement importante, Laurent Wauquiez. C'est la dimension du social. Nous sommes un parti populaire, qui défendons, qui protégeons les préoccupations populaires des Français, c'est-à-dire protéger également l'appareil d'État, protéger son socle social. Oui, qui n'y a pas chez Les Républicains. Chez Les Républicains, on a vu qu'il y avait une espèce de droite qui s'était refermée un peu sur son nombril, et sur les problèmes, les revendications économiques, etc.

Laurent Wauquiez a complètement oublié tout ça. Cette conscience sociale, je crois que nous sommes ceux qui l'apportons le mieux aujourd'hui. Protéger les Français, protéger ce qu'ils ont édifié en matière également de protection sociale.

7:03
Présentateur

Rassembler les droites populaires. Marion Maréchal également, n'y est pas hostile. Elle se propose même d'y contribuer au possible, tout en disant en même temps qu'elle veut se tenir personnellement à l'écart des enjeux électoraux. Qu'avez-vous compris de l'actuelle position et des ambitions politiques de Marion Maréchal ?

7:22
Sébastien Chenu

Je crois que Marion Maréchal est toujours sur la même longueur d'onde. Elle souhaite l'union des droites. Eh bien moi, je crois que ce n'est pas assez ambitieux. Je crois que l'union des droites, c'est un peu comme si aujourd'hui on parlait de l'union des gauches, c'est un peu daté. L'analyse que nous avons faite, qu'a fait Marine Le Pen depuis longtemps, qu'a fait ensuite Emmanuel Macron, et que les Français ont validé aux présidentielles, puis aux européennes, c'est que la droite et la gauche s'est complètement dépassée. Aujourd'hui, les forces politiques se sont réorganisées. Donc parler de l'union des droites, comme parler de l'union des gauches, c'est trop restrictif.

Je crois qu'il faut aujourd'hui parler de l'union de ceux qui défendent la nation, et puis de ceux qui préfèrent peut-être quelque chose de plus européen, ou d'ultra-libéral, comme le fait Emmanuel Macron.

7:59
Présentateur

C'est le clivage entre les mondialistes et les souverainistes aujourd'hui. Pour revenir à Marion Maréchal, elle n'a pas appelé à voter la liste du Rassemblement National aux dernières élections européennes. Est-ce que Marion Maréchal est encore une alliée, ou déjà une rivale de Marine Le Pen ?

8:15
Sébastien Chenu

Je crois que Marion Maréchal s'est elle-même prononcée. Elle a expliqué qu'elle n'avait pas souhaité entrer dans le jeu politique au monde des européennes, parce qu'elle ne faisait plus de politique de façon active. Moi je crois que non seulement c'est une alliée, mais c'est une alliée de qualité. C'est-à-dire que là où elle est, elle essaye de faire progresser nos idées. Elle est franche de l'identité française,

8:33
Présentateur

Vous ne croyez pas en ses ambitions et qu'elle est dans l'attente, en attendant la prochaine présidentielle, face à Marine Le Pen probablement ?

8:39
Sébastien Chenu

Je crois en ce qu'elle dit, et Marion Maréchal nous dit, je ne veux plus faire de politique active et électorale.

8:43
Présentateur

Et Marine Le Pen aussi croit en ce qu'elle dit ?

8:45
Sébastien Chenu

Oui je crois, d'abord je pense que Marion Maréchal n'est pas dans la duplicité, elle nous dit exactement ce qu'elle fait, elle ne veut plus faire de politique active, elle veut faire ce qu'on appelle, pardon pour ce terme un peu barbare, de la métapolitique, c'est-à-dire contribuer en fait à la réflexion intellectuelle sur la vie politique et la vie des idées. En cela, nous avons besoin d'elle et de beaucoup d'autres encore.

9:07
Présentateur

Sébastien Chenu, invité ce matin de la matinale, député et porte-parole du Rassemblement National, on vient de parler des municipales, on parlera dans un instant, du bilan des élections européennes, c'est l'objet de votre réunion au Rassemblement National ce week-end à La Rochelle, on en reparle dans une poignée de secondes. Notre invité pendant une dizaine de minutes, Sébastien Chenu, le député et porte-parole du Rassemblement National.

A propos des Européennes à présent, Sébastien Chenu, au Parlement Européen, le Rassemblement National et la Ligue Italienne de Matteo Salvini n'ont pas pu ou pas su créer ce super groupe des nationalistes et des populaires européens, pourtant promis par Marine Le Pen durant la campagne. Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ?

9:53
Sébastien Chenu

Alors d'abord, j'aimerais pouvoir vous dire ce qui a fonctionné, car nous passons de 36 députés... Ils avaient certes doublé votre nombre de groupes, absolument. Nous sommes les seuls à pouvoir dire cela. Il faut quand même le dire, les Verts qui ont été présentés presque comme les gagnants sont en recul et le seront encore davantage après le Brexit. C'est-à-dire que ce sera un groupe d'ailleurs qui sera moins important que notre groupe Identité et Démocratie, mais nous sommes le seul groupe à multiplier par deux notre nombre d'élus et à devenir le quatrième groupe du Parlement européen.

10:19
Présentateur

Sauf que dans ce groupe, il n'y a pas les Autrichiens, il n'y a pas les Hongrois. Alors certes, vous avez doublé les effectifs, effectivement, avec 73 élus, mais ce sera tout de même un peu juste pour changer l'Europe de l'intérieur, comme l'avait promis Marine Le Pen.

10:34
Sébastien Chenu

Eh bien, je ne crois pas, parce que voyez-vous, le PPE, qui est le groupe de la droite libérale, et les socialistes européens n'ont plus la majorité à eux seuls. Donc nous allons devenir ce qu'on appelle un groupe charnière au Parlement européen. Et donc là, on peut peser sur les votes. Évidemment, le PPE et le Parti socialiste européen sont habitués à s'entendre et à s'allier. Ils font les mêmes et ils poursuivent les mêmes politiques, en dépit de leurs soi-disant divergences idéologiques.

Mais en devenant ce groupe charnière, tout comme les Verts, on va devenir un groupe charnière également, nous pouvons influer sur les votes du Parlement européen, ce qui n'était pas notre possibilité lors du dernier mandat. Donc je crois que, comme l'a dit lui-même Jean-Claude Juncker, ils vont, en parlant de nous, peser très fort.

11:09
Présentateur

Alors vous n'avez pas voulu me répondre sur ce qui n'a pas fonctionné. Je vais vous le dire, ce qui n'a pas fonctionné, c'est que les Polonais du PIS n'apprécient pas la russophilie de Marine Le Pen, c'est que l'AFD allemande, l'extrême droite allemande, ne veut pas des immigrés italiens, et je ne parle pas des travailleurs détachés sur lesquels les pays de l'Est n'ont pas le même point de vue que vous au Rassemblement National, autant de divergences dans les droites populaires en Europe. Comment tenir, et je repose ma question, comment tenir votre promesse de changer l'Europe de l'intérieur ?

11:36
Sébastien Chenu

Nous avons encore des perspectives d'élargissement pour notre groupe, notamment après le Brexit. Donc on peut trouver effectivement que nous ne sommes pas allés, nous n'avons pas rassemblé assez, mais je vois par exemple que les Polonais, ce n'est pas uniquement une histoire de russophilie de Marine Le Pen. Les Polonais et un certain nombre de députés européens préfèrent être dans un petit groupe, et davantage peser dans un petit groupe, qu'être noyés dans un groupe plus important. Il y a aussi ce genre de données qui est à prendre en compte. Moi je crois que les choses sont en train de se réorienter, réorganiser pour la première fois.

Nous sommes le premier scrutin européen qui réorganise les choses à ce point. Donc il faut un peu de temps. Les blocs anciens PPE et Parti Socialiste Européen ne sont pas encore complètement dissous. Les blocs nationaux et les blocs ultra-libéraux ne sont pas encore complètement reconstitués. Si j'en crois, l'incapacité qu'a eu Mme Loiseau d'ailleurs elle-même à se faire élire à la tête de son groupe libéral, nous démontre que cette réorganisation est en train de se faire. Elle met forcément un peu de temps. Peut-être qu'elle mettra deux élections européennes. Vous avez raison.

12:36
Présentateur

La politique en France, Sébastien Chenu, l'acte 2 du quinquennat à Macron tel qu'il a été défini par le Premier ministre Édouard Philippe cette semaine dans sa déclaration de politique générale. Ce sera une séquence plus écologique, plus sociale aussi, avec des baisses d'impôts prévues. Pourquoi n'y croyez-vous toujours pas, Sébastien Chenu ?

12:54
Sébastien Chenu

J'ai le sentiment que le Premier ministre nous a quand même beaucoup baladés. En fait c'est un retour à la caisse départ, après les gilets jaunes.

13:01
Présentateur

Vous avez parlé de mesurettes.

13:02
Sébastien Chenu

Oui, après le grand débat, après les élections européennes. finalement ce gouvernement nous dit qu'on continue. On a eu un très beau discours sur le plastique, mais j'aurais bien préféré qu'on puisse avoir un vrai débat, un vrai discours sur par exemple la situation des urgences dans notre pays.

13:17
Présentateur

Vous pensez qu'il est passé à côté des priorités des Français ?

13:19
Sébastien Chenu

Complètement. Rien sur la sécurité, rien sur l'immigration, rien sur la santé. C'est faux, c'est faux. Sur l'immigration, il y a un chapitre d'Édouard Philippe. Non, sur l'immigration, c'est un grand débat qu'on nous promet. Un débat annuel au Sénat. Oui, mais ça fait combien d'années qu'on débat ? On nous avait dit, vous verrez, il y aura quelque chose de très fort sur le droit d'asile. Rien du tout. Mais ce blabla permanent, on sait les solutions qu'il faut appliquer pour faire diminuer le nombre de populations étrangères qui viennent dans notre pays.

13:47
Présentateur

Pardon de vous contredire, Sébastien Chenu, cette semaine, lors de son discours de politique générale, Édouard Philippe l'a dit, il veut s'attaquer aux abus du droit d'asile. Ça passera, a-t-il dit, par une harmonisation au sein de l'Union Européenne. Vous n'êtes ni d'accord avec les objectifs ni la méthode ? Non, mais je n'y crois pas.

14:03
Sébastien Chenu

Tout ça, c'est du blabla. D'abord, j'aimerais... C'est de la com, ça veut dire ça ? Oui, c'est probablement de la communication. D'abord, j'aimerais qu'Édouard Philippe s'attaque, voyez-vous, au retour des djihadistes. On va parler du droit d'asile et parlons-en. Mais quand on laisse revenir un djihadiste, c'est deux épouses et tout ça marmaille sur le territoire français. Non, mais ce n'est pas la marmaille. Pardon. Ce n'est pas la marmaille. Ce sont des enfants. Ce sont des enfants. Deux couples n'y sont pour rien. Non, mais nous, monsieur, nous sommes opposés au retour de tous les djihadistes.

14:29
Présentateur

S'ils sont jugés par la justice irakienne et qu'ils se font flinguer, ce n'est pas bon problème. L'Irak est un état souverain.

14:36
Sébastien Chenu

Ils appliquent la justice qu'ils croient bon devoir appliquer. En ce qui concerne les mineurs, nous avons dit... Voilà. Vous dites ça ne nous regarde pas. Oui, je crois que leur destin ne m'importe peu. En ce qui concerne les mineurs, c'est autre chose. Nous avons toujours dit, et je profite de votre antenne pour le répéter, que les mineurs, qui sont des enfants français qui n'ont pas eu le choix, évidemment, ont vocation à pouvoir revenir. Mais j'aurais préféré un Premier ministre, effectivement, qui protège les Français de ces djihadistes, qui enclenche une vraie réforme du droit d'asile. Droit d'asile qui est contourné matin, midi et soir dans notre pays.

Tout le monde, personne ne le sort. Il y a eu une réforme

15:07
Présentateur

du droit d'asile en 2018 par l'ancien ministre de l'Intérieur.

15:10
Sébastien Chenu

Non, il y a eu une réforme qui a abouti à l'élargissement du regroupement familial. Avant, c'était les ascendants et les descendants. Maintenant, ce sont les collatéraux, c'est-à-dire les frères et les sœurs. Donc, ce gouvernement fait de la communication, mais la réalité, c'est qu'il ne s'attaque pas aux problèmes de fonds sur l'immigration.

15:25
Présentateur

Ce matin, dans le JDD, l'actuel ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, ouvre la voie à un débat sur des quotas. Alors, non pas des quotas sur le droit d'asile, mais des quotas sur l'immigration dites légales, sans préciser d'ailleurs s'il s'agit d'immigration économique, familiale ou étudiantine. Y êtes-vous favorable à ces quotas d'immigration légale ?

15:41
Sébastien Chenu

Non, et on a déjà donné avec Nicolas Sarkozy, on a eu exactement les mêmes pistes qui ont été d'ailleurs abandonnées parce qu'inefficientes. Alors, Christophe Castaner a été chargé, je crois également, d'un livre blanc. Vous me direz, ça lui permettra de fréquenter les bibliothèques, ce qui sera peut-être une nouveauté dans sa vie. C'est le coup de pied de l'âne, ça. Oui, mais enfin, écoutez, on a un ministre de l'Intérieur qui quand même ne s'est pas illustré par une grande capacité ces derniers temps.

Mais le débat sur les quotas, enfin la politique des quotas, nous n'y sommes pas favorables car elle ne fonctionne pas dans notre pays et je crois même qu'elle est attentatoire à l'esprit républicain.

16:12
Présentateur

Sébastien Chenu était notre invité ce matin. Merci d'être venu sur l'antenne de France Inter, député et porte-parole du Rassemblement National. Merci et bonne journée.