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interviewCNEWS· 5 juin 2026 5 min

Disparition de Lyhanna : le maire de Puycasquier témoigne sur CNEWS

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

C'est un promeneur, un habitant de votre commune qui a alerté sur le silo parce qu'il voyait des vols d'oiseaux charognards autour de cette exploitation agricole ?

0:11
Louis Turchi

Honnêtement, je ne le sais pas. Et là, je n'ai pas les infos. Je n'ai pas été averti de ce point. Je l'ai entendu, mais je ne peux pas vous affirmer que c'est un Bucasquet-Roi qui a affirmé cela. Je ne sais pas. Par contre, je peux vous dire que ça a été un total bouleversement sur la commune, autant à titre personnel que tous les Bucasquet-Rois. Ça a été terrible quand ils ont appris cela. J'ai rencontré les Bucasquet-Rois encore hier soir qui me disaient que c'était atroce. Ce soir, je ne peux pas manger. Ce n'est pas possible. C'est terrible. Et puis, bien sûr, on a eu le pensée pour la famille. Cette angoisse, cette détresse de la famille, c'est terrible.

0:50
Présentateur

Vous savez, M. le maire, si la famille a pu venir sur place, a pu s'approcher de la dépouille qui est en cours d'identification ? Non, je ne sais pas. Un mot sur le principal suspect. Jérôme B, il a 41 ans. Il avait travaillé dans l'exploitation agricole où le corps a été retrouvé. Est-ce que vous l'avez déjà croisé ? Est-ce que vous l'aviez déjà rencontré ?

1:13
Louis Turchi

Oui, il paraît qu'il y a quelques... Moi, je ne le connais pas du tout. J'ai appris effectivement qu'il avait travaillé il y a quelques années dans ce silo. C'est vrai que c'est un silo qui n'était ouvert que deux mois par an pour les moissons. Les agriculteurs amenaient leurs bennes et déversaient leurs récoltes dans ce silo. Donc, il n'était ouvert que deux mois par an. On l'a très peu connu. Des gens l'ont croisé peut-être. Je l'ai peut-être croisé, mais je ne le connais pas. Non.

1:36
Présentateur

Il y a combien d'habitants dans votre commune, M. le maire ? 450. J'imagine que tout le monde se connaît, que vous connaissez tous vos administrés par leur prénom, quasiment. Oui, oui, oui. On vient vous voir. On exprime de la peur, de l'émotion, de la colère. Pourquoi pas ? Je ne sais pas si vous êtes vous-même, M. le maire, père de famille. Ça touche dans leur chair, vos administrés et vous-mêmes. Oui, et grand-père.

2:04
Louis Turchi

Ah oui, oui, oui, oui. On pense à la détresse de la famille. Et puis surtout, on ressent pratiquement un sentiment de culpabilité. Comment ça s'est fait, cette atroce chose s'est faite sur nos terres ? On se dit, mais ce n'est pas possible. On se sent presque coupable. Et c'est ça qui est terrible. Ce n'est rien à côté de la douleur des familles. Mais c'est vrai qu'on se dit, mais comment chez nous, sur nos terres, à Pucasquier, une chose aussi atroce a pu se dérouler ? C'est terrible. Vous dites que vous vous sentez coupable. Pourquoi vous vous sentez coupable ? Les parents d'enfants, les grands-parents. Parce que ça s'est passé chez nous.

Comme quand vous recevez un ami chez vous, il se fait mal, vous vous sentez coupable. Là, quelqu'un meurt sur nos terres, c'est atroce. C'est atroce, on se sent. Oui, on a une certaine forme de culpabilité morale. Bon, c'est sûr qu'on n'y est pour rien. Mais on se dit, mince, mince, il faut faire quelque chose. Et je pense qu'on essaiera de faire quelque chose. J'ai un conseil municipal ce soir. Et je pense qu'on décidera d'une action, peut-être un rassemblement, quelque chose, pour exorciser cette angoisse et rendre hommage peut-être à cette petite fille et aux familles qui ont besoin de tout un soutien. Je pense que la famille mérite cela. Et tous ceux qui ont œuvré pour découvrir...

Allez-y. Oui, je vous ai coupé la parole, pardon. Allez-y.

3:33
Présentateur

Exorciser. Alors, vous disiez exorciser. Il y a un petit décalage. C'est compliqué parce qu'il y a un petit décalage entre le moment où je parle et le moment où vous m'entendez. Donc, je vais vous poser ma dernière question. Vous parlez d'exorciser ce traumatisme. Est-ce qu'éventuellement une cellule psychologique peut être mise en place par votre municipalité ? Oui.

3:47
Louis Turchi

Oh non, peut-être... Je crois qu'il y a eu une cellule psychologique au niveau de notre école. Mais bon, au niveau des adultes, peut-être pas. Mais je crois qu'on va se retrouver, qu'on va en parler, qu'on va... Je crois qu'il y a ce besoin d'en parler. Et surtout, je crois que les gens ont besoin d'exprimer leur solidarité à la famille, leur compassion à la famille. Je crois qu'il y a un besoin là terrible. Et remercier aussi tous ceux qui ont travaillé. Moi, j'admire le travail des forces de l'ordre, de la gendarmerie, qui a fait un travail exceptionnel. Du maire de Florence, de la population de Florence, qui a travaillé énormément pour arriver en résultat.

Malheureusement, c'est pas celui qu'on attendait. Mais malgré tout, on est arrivé en résultat. Bon, la gendarmerie, quand même en six jours, est arrivée en résultat. C'est quand même remarquable. Ce qui ne se voit pas dans toutes les affaires. Oui, oui.

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