Robert Rochefort
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:25OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on a des premiers chiffres sur l'attitude des Français aujourd'hui ?
- 1:09OuverteRéponse directe
Vous prenez comme référence ce qui s'est passé le 17 janvier 1991 ?
- 1:23OuverteRéponse directe
Est-ce que ça risque de se passer cette année ?
- 3:26OuverteRéponse directe
En ce qui concerne la fréquentation des cafés et des restaurants, on baisse de 40%, est-ce qu'on peut s'attendre à ce qu'elles reprennent ?
- 4:23OuverteRéponse directe
Est-ce qu'Internet peut rééquilibrer finalement cette situation ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:34Invité politiqueFait
« Les achats de Noël, ils ne seront pas beaucoup impactés parce qu'ils sont sacrés. »
- 1:00Invité politiqueChiffre
« Ça va nous coûter de l'ordre de 0,1 point de croissance. »
- 1:42Invité politiqueFait
« Les sortes de petites kalachnikovs en modèle réduit sont bannies des rayons. »
- 3:33Invité politiqueFait
« Ça, ça fait partie des consommations qui ne se récupéreront jamais. »
- 4:07Invité politiqueFait
« Vous avez une majorité de Français qui disent « on continue à vivre comme d'habitude ». »
Temps de parole
- Robert Rochefort79 %
- Présentateur17 %
- Présentateur 24 %
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France Inter, Catherine Boulet, Stéphane Le Neuf, le 5-7. Votre invité ce matin, Stéphane Le Neuf, c'est Robert Rochefort, député européen, modem, économiste et ancien directeur du Credoc. Et président fondateur de l'OBSOCO, l'Observatoire Société et Consommation. Bonjour Robert Rochefort. Bonjour Stéphane Le Neuf. Alors première question, vous venez de publier une note sur la consommation des Français un mois et demi après les attentats de Paris. Est-ce qu'on a des premiers chiffres sur l'attitude des Français aujourd'hui ?
Oui, oui, on en a. Et simplement, il y a une petite distinction qu'il faut bien faire. Il y a les achats de Noël. Les achats de Noël, ils ne seront pas beaucoup impactés parce qu'ils sont sacrés. Et même d'ailleurs, plus la crise est forte, plus on a besoin de cohésion et de liens sociaux, plus on va fêter Noël. Donc, il n'y a pas trop de soucis sur les achats qu'on va faire pour Noël. Mais il y a toute la consommation qui va autour. Et toute la consommation qui va autour, oui, bien entendu, elle est impactée.
Et moi, je crois assez, la prévision d'ailleurs qui a été faite par le gouvernement, de dire que ça va nous coûter de l'ordre de 0,1 point de croissance, ce qui est quand même très significatif, surtout quand ça n'impacte que la fin de l'année.
Alors, vous prenez comme référence ce qui s'est passé le 17 janvier 1991. À partir du 17 janvier 1991, c'est la date de fin de la première guerre du Golfe. Et là, on s'est aperçu que finalement, la consommation était restée à Tône pendant plusieurs mois. Est-ce que ça risque de se passer cette année ?
Alors, ce que je veux surtout expliquer, c'est qu'il y a un rapport entre les crises que nous connaissons et l'aspect qualitatif de la consommation. Je commence par un exemple extrêmement simple. On a tous, et on sait tous que pour ces cadeaux de Noël, on ne va pas offrir des armes aux enfants. Les sortes de petites kalachnikovs en modèle réduit sont bannies des rayons. Et ça, je pense que ça va durer longtemps. Autre exemple, avec la crise écologique, la COP 21, il commence à y avoir des gens qui prennent le virage d'acheter des cadeaux qui sont des cadeaux responsables du point de vue écologique. Donc, c'est ça que je veux dire.
Alors, si maintenant on regarde une crise qui ressemble à celle que nous avons connue avec le terrorisme avec la guerre en Syrie. Effectivement, je crois que le moment qui ressemble le plus à cela, c'est ce qui s'est passé il y a 25 ans. Dans quelques jours, quand la France est rentrée dans la coalition contre l'invasion par Saddam Hussein du Koweït, vous vous en souvenez probablement, et il y avait de la même façon le risque d'attentat en France et puis des Français qui étaient sur le terrain des opérations. Mais pourquoi est-ce que cette crise-là a changé les modes de consommation et pourquoi ça peut être pareil cette fois-ci ? Parce qu'en fait, on est arrivé au bout d'un cycle.
On a soldé les années 80, les années 80 qui étaient des années de consommation, de frime, de fric.
Hyper individualiste.
Et on est rentré dans les années 90 qui étaient des années plus de retours du terroir, du thème de la famille, du thème de la santé dans la consommation. Et ce que je dis, c'est qu'actuellement, on connaît un peu le même type d'évolution. Regardez, on parle de l'ubérisation de la société et nous savons tous qu'aujourd'hui, on a envie d'une consommation qui est une consommation plus collaborative, plus de réseaux, plus, par exemple, de recyclage des objets, tout ce qu'on appelle la chère économie, l'économie de partage, blabla car, Airbnb, etc.
Et ce que je pense, et je termine juste, si vous voulez bien, ma phrase, ce que je pense, c'est qu'effectivement, comme nous vivons ce changement d'idéal par rapport à la consommation, de lassitude par rapport à l'hyperconsommation, oui, je crois que les moments de crise peuvent être des moments de bascule.
Maintenant, en ce qui concerne la fréquentation des cafés et des restaurants, on baisse de 40%, est-ce qu'on peut s'attendre à ce qu'elles reprennent ?
Alors, ça, ça fait partie des consommations qui ne se récupéreront jamais. C'est pour cela, d'ailleurs, qu'il va y avoir une perte. Il y a deux types de consommation qui ne vont jamais se récupérer. C'est les touristes internationaux, parce qu'ils ne vont pas venir deux fois plus en France quand la crise sera éventuellement finie. Et puis la fréquentation, vous avez parlé des cafés et des hôtels, mais vous pourriez rajouter l'ensemble du spectacle, des choses de cette nature. Ça, je crois que s'il n'y a pas de nouvelles crises terroristes, d'actes terroristes en France dans les mois qui viennent, je crois que ça va se récupérer. Mais n'oubliez jamais quelque chose.
Quand vous regardez les sondages aujourd'hui, vous avez une majorité de Français qui disent « on continue à vivre comme d'habitude ». Mais ce n'est pas la majorité qui compte, c'est l'ensemble. Parce que vous avez une minorité qui est de l'ordre d'un gros tiers qui, eux, fréquente moins ce type d'endroit-là. Et là, ça va peut-être être un peu impactant. Robert Rochefort, est-ce qu'il y a 25 ans,
Internet n'existait pas ? Est-ce qu'Internet peut rééquilibrer finalement cette situation ?
Alors, je crois qu'Internet est une évolution de fond, et non pas une évolution conjoncturelle. Donc, l'idée que, si vous voulez, là, à quelques jours de Noël, on va acheter sur Internet beaucoup plus qu'en magasin, est une fausse idée. En revanche, l'idée que le e-commerce, comme on dit, est quelque chose qui s'implante, qui s'installe, oui, là, c'est juste. D'autant plus que le e-commerce et Internet est justement au service de ce que j'appelais ces nouvelles formes de consommation. Regardez, quand vous achetez aujourd'hui un partage automobile plutôt qu'un billet de train pour aller à Toulouse ou à Montpellier, vous le faites par Internet. Donc, Internet est un facteur...
C'est le consommateur qui devient lui-même prestataire de service, en quelque sorte.
Alors, par ailleurs, ça, c'est la grande révolution. C'est-à-dire qu'au-delà de la question du pouvoir d'achat, nous arrivons dans un moment où le consommateur devient coproducteur de sa consommation et le cas de l'accueil chez soi de personnes comme Airbnb ou comme Blablacar avec sa voiture, en est un exemple, évidemment, tout à fait spectaculaire.
Merci, Robert Rochefort. Je vous rappelle que vous êtes député européen et président fondateur de l'Obsoco Observatoire Société et Consommation.
Robert Rochefort