Charlotte Parmentier-Lecocq, députée "Horizons & Indépendants" du Nord | La politique et moi
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Questions et réponses
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Vous avez été ministre chargée des personnes en situation de handicap pendant près d'un an et demi. Comment est-ce que vous avez vécu cette annonce ?
- 1:15OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui s'est passé ? Ils avaient oublié les personnes en situation de handicap ?
- 1:51OuverteRéponse directe
Comment est-ce que vous avez vécu cette annonce ?
- 3:08OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui est le plus dur quand on a été député puis ministre ?
- 4:06OuverteRéponse directe
Pourquoi ce changement de parti ?
- 4:58OuverteRéponse directe
On va parler aussi des conditions de votre départ du gouvernement. Pourquoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Vous avez été nommée en septembre 2024. »
- 0:43InvitéFait
« Elle n'était pas à la table du premier conseil des ministres lundi dernier. »
- 1:03InvitéFait
« Une nomination sous la pression des associations pour les personnes en situation de handicap. »
- 2:13Invité politiqueFait
« C'est Édouard Philippe qui a fait cette proposition à Michel Barnier et au président de la République suite aux remontées des associations. »
- 3:21Invité politiqueFait
« Il n'y avait pas de bureau, il n'y avait pas d'équipe, il n'y avait personne. »
- 4:11Invité politiqueFait
« Je reste très attachée et loyale au président de la République. »
- 5:14Invité politiqueFait
« C'est l'application de la loi de non-cumul des mandats qui se fait de façon un petit peu inversée. »
- 6:03Invité politiqueFait
« Moi, je ne souhaitais pas d'élection partielle, parce que je trouvais qu'il y en a eu une quand même en 2022. »
- 7:25Invité politiqueFait
« Le Premier ministre avait aussi indiqué que, dans le cadre de la présidentielle, il allait demander au ministre de rester en retrait. »
- 10:28Invité politiqueFait
« J'ai essayé. C'est-à-dire que j'ai commencé par adhérer à certains partis. »
Temps de parole
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Elle a gravi les échelons de la politique en marche accélérée depuis 2017. Députée, présidente de commission puis ministre, elle a finalement choisi de redevenir députée et de siéger au sein du groupe Horizon à l'Assemblée. Bonjour Charlotte Parmentier-Lecoq. Bonjour. Alors vous avez été ministre chargée des personnes en situation de handicap pendant près d'un an et demi. Vous avez été nommée en septembre 2024. Mais on va voir que votre nomination s'est faite dans des conditions un peu particulières. On va revoir cela en image.
Elle n'était pas à la table du premier conseil des ministres lundi dernier. En revanche, Charlotte Parmentier-Lecoq était hier sur la photo de famille du gouvernement Barnier dans les jardins de Matignon. Entre les deux images, cinq jours, c'est le temps qu'il aura fallu au premier ministre pour trouver sa ministre déléguée au handicap. Une nomination sous la pression des associations pour les personnes en situation de handicap. Satisfaite ce matin, mais vigilante.
C'est un peu comme si vous aviez été nommée ministre au rattrapage. Qu'est-ce qui s'est passé ? Ils avaient oublié les personnes en situation de handicap ?
Non, ce n'était pas du tout oublié parce qu'il y avait bien un ministre de tutelle en charge du handicap parmi d'autres portefeuilles. Mais les associations en particulier étaient attachées à avoir un ministre dédié. Comme ça avait été le cas et comme ça avait été le cas notamment sous Édouard Philippe avec Sophie Cluzel qui était rattachée à Matignon et tout au long du premier quinquennat a été vraiment ministre dédié aux personnes en situation de handicap.
Alors comment est-ce que vous avez vécu cette annonce ? Parce qu'en général, quand on est sur la liste des ministrables, on sait le moment où va être nommé le nouveau gouvernement. On regarde son téléphone, on attend le coup de fil qui vient, qui ne vient pas. Là, le gouvernement avait été nommé, vous n'aviez pas été appelé et finalement, si. Alors comment ça s'est passé ?
Et puis, c'est Édouard Philippe qui a fait cette proposition à Michel Barnier et au président de la République suite aux remontées des associations qui attendaient une ministre ou un ministre en charge du handicap. Et ensuite, j'ai eu le lendemain Michel Barnier au téléphone qui m'a confirmé cette proposition de nomination. Et ensuite, il y a eu 48 heures à peu près durant lesquelles j'attendais l'officialisation qui devait arriver dans les heures suivantes et qui n'est pas arrivée tout de suite, qui a encore duré 3-4 jours.
Et là, c'était quand même quelques jours très difficiles parce que vous savez, en fait, il y avait eu tellement d'écho aussi d'autres collègues députés à qui on avait parfois dit « tu vas être nommé » et parfois même dans l'heure qui précédait l'annonce sur les marches du Palais de l'Elysée.
Et l'arbitrage des dernières minutes fait que parfois ça...
Et vous savez que, en fait, tant que votre nom n'est pas officialisé, tout peut changer à la dernière minute.
Alors, qu'est-ce qui est le plus dur quand on a été député, je crois que c'est pendant 7 ans pour vous, au moment où vous êtes nommé, et qu'on devient ministre ? C'est quoi le plus dur ?
Alors, pour moi, ce qui était un peu compliqué, c'est qu'il n'y avait pas de bureau, il n'y avait pas d'équipe, il n'y avait personne, en fait, puisque il n'y avait pas eu vraiment de passation de relais et de continuité. Donc, il a fallu, dans une salle de réunion pendant 15 jours, monter un petit peu toute l'équipe, prendre les rênes. Mais je dois dire que mon expérience de députée et surtout de présidente de la Commission des Affaires Sociales faisait que j'étais quand même très prête, parce que je connaissais parfaitement les rouages, les politiques, je ne connaissais pas tous les acteurs, mais je connaissais déjà certains acteurs. Donc, j'avais quand même une bonne formation.
– Votre nomination, elle s'est faite quelques jours après avoir changé de parti, vous avez cité Édouard Philippe. Vous avez rejoint son groupe, le groupe Horizon, quelques jours avant de rentrer au gouvernement. Déjà, pourquoi ce changement ? Parce que vous étiez au sein du groupe Ensemble pour la République, donc macroniste.
– Je reste très attachée et loyale au président de la République. Mais disons que, lors de la dissolution, il y a eu une position très claire d'Édouard Philippe de construire cette majorité allant de la gauche modérée jusqu'à la droite républicaine. Et moi, j'étais vraiment convaincue que c'était la bonne voie. Édouard Philippe est venu me soutenir aussi dans ma circonscription. Il a été très clair sur ni à Rennes ni à la fille. Donc, le post-dissolution faisait que, pour moi, on avait quand même fait un peu table rase, on va dire, d'une certaine époque, et que là, on se projetait vers une nouvelle époque. Et donc, là, j'ai voulu le suivre à ce moment-là.
– Alors, on a parlé des conditions de votre nomination au gouvernement. On va parler aussi des conditions de votre départ, parce que là aussi, c'était un peu particulier. Vous n'avez pas été écartée lors d'un remaniement. C'est vous qui avez décidé de quitter le gouvernement. Pourquoi ?
– Alors, en fait, c'est l'application de la loi de non-cumul des mandats qui se fait de façon un petit peu inversée, puisque mon suppléant, et donc qui était député, puisque moi, j'étais ministre, avait prévu d'être candidat aux élections municipales et d'une commune très importante dans ma circonscription. Et en devenant maire, il ne pouvait pas cumuler avec la fonction de député. Et donc, moi, je me posais la question de est-ce que je revenais à l'Assemblée en tant que député, à ce moment-là, et donc je quittais le gouvernement.
– Pour éviter une élection législative partielle.
– Ou est-ce que je partais dans une élection législative partielle ? Et il y a plusieurs choses, en fait, qui sont rentrées en ligne de compte. D'abord, moi, je ne souhaitais pas d'élection partielle, parce que je trouvais qu'il y en a eu une quand même en 2022, d'élection législative, on en a eu une nouvelle en 2024. Nous en aurons une en 2027, ça ne fait aucun doute. Et donc, de redemander une encore en 2026, je trouve qu'il y a un moment, ça essouffle un peu aussi la démocratie. Donc, ça ne me semblait pas pertinent.
– C'est quand même un peu surprenant de renoncer à un portefeuille ministériel pour redevenir député, d'autant qu'en 2024, vous avez été réélu confortablement avec plus de 60% des voix. Donc, cette législative partielle, il y avait quand même de fortes chances que vous la remportiez et qu'une fois réélu député, vous restiez ministre et votre nouveau suppléant siège à votre place. Il y avait cette possibilité-là. Vous comprenez que ça surprenne votre décision ?
– Oui, alors, à l'inverse, j'aurais pu avoir aussi d'autres critiques. On peut dire, elle est prête à tout, elle refait une élection pour garder absolument son poste de ministre. C'est un peu ça qu'on avait dit pour d'autres qui avaient fait cette démarche inverse. et moi, je suis très attachée aussi à ma circonscription à mon territoire. J'aime aussi la fonction de parlementaire. Et quand vous êtes parlementaire, vous avez aussi une liberté de parole, une liberté d'action. Le Premier ministre avait aussi indiqué que, dans le cadre de la présidentielle, il allait demander au ministre de rester en retrait.
et moi, je considère que cette présidentielle, c'est un moment majeur pour l'avenir de notre pays. C'est un moment dans lequel j'ai envie de m'engager, sur lequel je m'engage derrière Edouard Philippe. Donc, il y avait un peu une concordance des temps. Si j'avais pu choisir exactement mon timing, j'aurais dit, écoutez, je pars en juillet-août. Mais là, il s'avère que les élections, ce n'était pas ça.
– Bon, en tout cas, vous avez fait ce choix. Vous êtes redevenue députée. Et on va parler de votre mandat de députée, parce que vous avez été élue en 2017, sans jamais avoir fait de politique avant, sans jamais avoir été vraiment engagée en politique avant. Et alors, à l'époque, vous avez déploré qu'il n'y ait pas de formation pour les nouveaux députés. Vous avez dit, c'est comme si on vous jetait dans la piscine, puis qu'on vous disait, maintenant, apprends à nager. C'est-à-dire que, député, pour vous, ça s'enseigne, ça doit s'apprendre, il faudrait une formation ?
– Non, non, je ne le déplorais pas. C'était plutôt un constat. Mais moi, j'aime bien ce genre de situation. dans mon parcours professionnel, à partir du moment où j'ai atteint certains objectifs, j'ai besoin d'un nouveau projet, de me projeter sur quelque chose. – Vous l'avez vécu comme quelque chose de stimulant ? – Oui, vraiment comme quelque chose de très stimulant. J'avais appris beaucoup de choses dans mon travail, dans ma vie professionnelle, où j'ai beaucoup travaillé auprès des associations, du secteur médico-social, des petites entreprises. Donc, j'avais la conviction qu'il y avait des choses à changer dans la loi, dans la réglementation et dans les politiques apportées.
Et là, en fait, on me donnait l'opportunité de le faire. Emmanuel Macron a ouvert les portes à des novices en politique. Et donc, c'était une superbe aventure.
– De cette phase d'apprentissage, vous avez tiré une autre leçon, un autre enseignement sur le mandat de député. Vous avez dit, c'est comme être parent, vous l'êtes tout le temps. Lorsque vous êtes député, il n'existe plus de distinction entre la vie personnelle et la vie professionnelle. Ça aussi, vous pensez qu'il faudrait en parler aux candidats aux législatives avant qu'ils prennent la décision de se lancer là-dedans ?
– Oui, je pense qu'on ne mesure pas à quel point ce n'est pas un métier ou une profession. C'est véritablement une fonction. Donc, vous vous êtes attendus dans votre fonction en permanence.
– Y compris par le soir, si besoin, y compris les week-ends.
– Oui, quand il y a des préoccupations. On a vécu le Covid, on a vécu la période des gilets jaunes, on a vécu comme ça des périodes qui étaient très fortes. Et je veux dire, dans ces moments-là, vous n'avez pas de coupure, en fait. Ce n'est pas, là, je rentre chez moi. Non, vous êtes vraiment dans votre fonction. Quand vous êtes ministre, ça prend encore un niveau encore supérieur.
– Votre apprentissage, il a été assez rapide, parce qu'élu en 2017 sans jamais avoir fait de politique. 2018, vous avez ces deux rapports sur la santé au travail. 2021, cette loi que vous faites voter, vous, en tant que députée, sur la santé au travail. 2023, vous êtes élue présidente de commission. Vous y avez pris goût, à la politique. C'est bizarre de ne pas en avoir fait avant. Pourquoi ne pas vous être lancée avant 2017 ?
– Alors, j'ai essayé. C'est-à-dire que j'ai commencé par adhérer à certains partis, mais dans lesquels je suis restée très peu de temps.
– C'était les Républicains, c'est ça ? – Non. – C'était quoi ?
– Ça va vous faire rire, mais il y avait les Verts et le Modem, et UDI d'ailleurs, où j'ai adhéré.
– Verts, Modem, UDI, mais alors à la primaire de la droite, vous avez voté Bruno Le Maire.
– En fait, c'est des partis dans lesquels j'ai adhéré, mais dans lesquels je ne me suis pas du tout retrouvée, parce que c'était hyper décalé. Et en fait, je sentais des aspérations. Chez les Verts, c'était trop à gauche de mon point de vue ou dans ce que j'entendais. Et en fait, je cherchais des aspérations, mais je ne les ai pas trouvées en politique. Et en fait, je me suis engagée plutôt dans le secteur associatif, dans l'économie sociale et solidaire. Où là, j'ai trouvé finalement une voie pour militer, pour des valeurs et des convictions.
– Elle s'appelle une cigale, c'est ça ?
– Alors, il y avait plusieurs choses. Il y avait l'association APES, c'était Acteur pour une Économie Solidaire. Et aussi à travers les cigales, qui sont des clubs de gestion d'épargne solidaire. C'est-à-dire, c'est des citoyens qui constituent une épargne. Et cette épargne, ils l'investissent dans des entreprises qui ont un projet avec une dimension sociétale, environnementale forte.
– C'était pour vous une façon de vous engager.
– Et ça, je trouvais que c'était génial. On croisait économie avec la responsabilité sociale et environnementale. De par les cigales, où je me suis engagée, je me suis engagée aussi dans Acteur pour une Économie Solidaire. Et tout ça m'a emmenée beaucoup dans ce mouvement de l'économie sociale et solidaire, qui était un mouvement militant. Donc, je n'avais pas eu besoin vraiment d'aller en politique.
– Allez, on va conclure l'émission avec le quiz de La Politique et moi. Donc, je vais vous proposer des phrases, et ce sera à vous de les compléter. – Contrairement aux autres candidats à la présidentielle, Édouard Philippe ? – Il a la stature d'un homme d'État. – Ce qui n'est pas le cas des autres pour vous ? – Pas à son niveau. – Être née à Pointe-à-Pitre et vivre dans le Nord ?
– J'ai vraiment mes racines des deux côtés. Je me sens hyper nordiste et ch'ti. Et je me sens aussi très proche de la Guadeloupe et des Outre-mer. Et d'ailleurs, je m'investis aussi beaucoup dans le champ des Outre-mer, dans mes actions politiques.
– Quand je suis avec un cheval ?
– Ah, je m'éclate, c'est le bonheur. Surtout quand c'est avec mon cheval. – Ah, vous en avez un, d'accord. – Oui, j'ai une jument, que je monte très, très, très rarement, malheureusement.
– Merci à vous, Charlotte Parmentier-le-Cocq, d'être venue dans La Politique et moi. – Merci beaucoup, c'était sympa, merci.
– Merci. – Sous-titrage ST' 501
Charlotte Parmentier-Lecocq