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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 12 mai 2026 37 minContradictoireMixteSanté

Hantavirus des Andes, comme un air de déjà-vu

Source d'origine 3 locuteurs

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 13 %Attaque 4 %

Temps de parole

  • Invité26 %
  • Présentateur26 %
  • Invité 223 %
  • Présentateur 220 %
  • Auditeur2 %

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0:00
Présentateur

C'est l'histoire d'un virus dont on n'avait jamais entendu parler, un virus qui est né au bout du monde, une histoire d'animaux sauvages, de patients zéros, de promiscuité, de propagation, une histoire d'incubation, de mondialisation aussi, où l'on découvre qu'un cas recensé à l'autre bout de la planète peut très vite devenir une situation à gérer ici, chez nous, dans nos hôpitaux et dans nos ministères. On la connaît cette histoire, on l'a tous vécu en 2020, alors forcément ces derniers jours, en suivant le feuilleton du navire de croisière et son antavirus des Andes, de vieux souvenirs nous reviennent en tête, à base de masques, de confinements, de réanimations.

Alors les situations, bien sûr, ne sont pas comparables. L'OMS martèle que le risque d'une propagation est faible, qu'il y a trois morts, sept cas confirmés, quelques dizaines de cas contacts, qu'on ne parle pas là d'une nouvelle épidémie, encore moins d'une pandémie. Et il n'est pas question ici de jouer à se faire peur, en imaginant le pire des scénarios. Mais on peut tout de même s'interroger, comment gère-t-on en France et ailleurs dans le monde ce nouveau virus et ses conséquences ? Est-ce que le protocole mis en place, c'est le bon ? Est-ce qu'on est prêt à faire face ?

Si jamais le nombre de cas venait à augmenter, est-ce qu'on a appris à anticiper, à collaborer, à communiquer de manière plus efficace, plus transparente ? Bref, à ton tiré, les leçons du Covid, c'est le Téléphone Sonne. Soyez les bienvenus. Le Téléphone Sonne. 01 45 24 7000. Et c'est vous le premier. Bonsoir Jules.

1:31
Auditeur

Oui, bonsoir. Merci de prendre ma question. Au vu des dernières actualités concernant l'antavirus, je me posais deux questions. Est-ce que les responsables politiques ont tiré les leçons du Covid et agissent comme ils doivent agir ? Ou est-ce que la population a, elle, tiré les leçons du Covid et ne doit pas croire ce qui nous est dit ? Et notamment l'année dernière annonce qui dit que la situation est sous contrôle.

1:56
Présentateur

Merci beaucoup pour ces deux questions, Jules. Et merci de poser le débat. Je vous présente maintenant celles et ceux qui vont nous aider à y voir plus clair, justement, sur cette situation. Anne Sénéquier, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes co-directrice de l'Observatoire de la Santé mondiale à l'Institut des Relations internationales et stratégiques. Odile Lhoné est avec nous aussi. Bonsoir. Et bienvenue, infectiologue, professeur en maladies infectieuses, infectueuses et tropicales à l'Université Paris-Cité. Vous allez me reprendre si je me trompe. Olivier Schwartz, bonsoir et bienvenue. Vous êtes virologue, directeur de l'unité Virus et Immunité de l'Institut Pasteur.

Alors, sur ces deux questions, peut-être, est-ce à vous que je vais les poser, Odile Lhoné, puisqu'on vous avait beaucoup entendu à l'époque de la crise sanitaire du Covid, est-ce que les responsables politiques, est-ce que la population aussi ont tiré les leçons de la... J'allais dire la précédente crise sanitaire. Je ne dirais pas précédente parce que je ne sais pas si on est là dans une crise sanitaire, mais est-ce qu'on a tiré les leçons du Covid ?

2:49
Invité

Alors, ce qu'on peut dire, c'est que les précautions qui sont prises actuellement sont des précautions maximales pour ne pas se retrouver dans une situation où on n'aurait pas anticipé un virus qui serait potentiellement très contagieux. Car aujourd'hui, les éléments qu'on a sont plutôt en faveur d'un virus beaucoup moins contagieux que le SARS-CoV-2, que le Covid, qui s'est propagé à l'occasion d'une situation un peu exceptionnelle à bord de ce navire. On sait qu'au moment du Covid, il y avait aussi eu un bateau avec un nombre de cas très très importants. Donc, c'est des situations très particulières.

et je pense que la façon dont est géré aujourd'hui cet épisode est vraiment une façon la plus stricte possible en attendant d'avoir plus d'informations en particulier sur ce virus et sur la comparaison qu'on peut faire avec les souches qui ont été identifiées antérieurement en Amérique du Sud puisqu'en fait, ce virus vient d'Amérique du Sud. Donc, tant qu'on n'a pas ces données qui permettent de confirmer que le risque de transmission finalement reste faible. C'est ce qu'on connaît aujourd'hui. Il me semble que le discours est transparent et les mesures de précaution sont vraiment très importantes pour éviter qu'on puisse être surpris.

4:16
Présentateur

Alors justement, avant d'entrer dans le vif du sujet et de parler de cet antavirus qu'on connaît finalement encore bien mal, Anne Sénéquier, sur ce point, sur cette comparaison entre la situation 2020 et 2026, est-ce qu'effectivement vous avez le sentiment qu'on agit différemment aujourd'hui parce qu'il y a eu le Covid ?

4:35
Invité

Oui, c'est vrai. On a appris nos leçons surtout au niveau des politiques. On est dans la transparence. On évoque qu'il n'y a pas de certitude. On évoque ce que l'on ne sait pas aujourd'hui. On ne sait pas effectivement s'il y a une phase asymptomatique ou pas. et on a un protocole évolutif. On avait dans un premier temps émis l'hypothèse de faire un confinement à domicile. Et bien finalement avec l'arrivée de ce cas qui était symptomatique puis qui s'est révélé positif, on est parti sur un isolement hospitalier et les 22 cas contact qui sont arrivés par ailleurs vont être aussi identifiés, vont être hospitalisés.

Donc ce protocole il est évolutif et on le dit et ça c'est véritablement peut-être ce qui a changé c'est-à-dire qu'on agit vite et on est transparent sur ce que l'on sait sur ce que l'on ne sait pas et on dit aussi que les choses vont changer au fur et à mesure des connaissances que l'on va développer dans les jours à venir que ça soit en France mais aussi à l'international et ça marque aussi bien cette bonne coopération sanitaire et d'information pour faire évoluer les choses.

5:44
Présentateur

Donc à ce niveau-là oui les choses ont changé. Alors Olivier Chouart justement sur le protocole mis en place on en parlait l'hospitalisation des cas contacts la quarantaine de 42 jours je crois que c'est le protocole qui est suivi en France est-ce que ça vous paraît correspondre à la dangerosité de ce virus ? Alors il y a des choses qui me viennent à l'esprit lorsqu'on pense à ce qui s'est passé pour l'épidémie de Covid il y a une grosse différence c'est que ce n'est pas un nouveau virus.

Le virus a été identifié qui s'appelle le virus Andes donc c'est un antavirus il circule depuis plusieurs dizaines d'années en Argentine en Amérique du Sud cette famille d'antavirus elle est connue il y en a qui circulent également en France il y a 50 espèces différentes au sein de la famille le réservoir viral est connu ce sont des rongeurs et donc en ce qui concerne ce virus le virus Andes il y a une centaine de cas peut-être ce nombre est sous-estimé mais environ 100 cas par an en Argentine et donc il y a une circulation à bas bruit donc on connaît sa façon de se multiplier on connaît les symptômes bien sûr il y a une phase asymptomatique bien sûr mais dans laquelle le virus n'est probablement pas contagieux il y a eu une étude très intéressante sur un cas un peu exceptionnel ou dans une fête d'anniversaire en Argentine où il y a eu comme un cluster et donc on a pu ça c'était il y a quelques années oui c'était il y a quelques années donc on a pu suivre la transmission inter-humaine donc ça c'est une caractéristique de ce virus par rapport aux autres antivirus c'est qu'il est capable de se propager d'un humain à l'autre en dehors du réservoir animal avec comme comme Odile le rappelait une transmissibilité qui est probablement moins importante que la Covid alors vous vous dites on connaît bien nous spécialistes cet antivirus nous grand public on le connaît moins je vous soumets d'ailleurs cette question d'un jeune auditeur Hippolyte qui a 10 ans et qui nous demande comment fait-on pour attraper le virus alors donc c'est une excellente question bien sûr pour l'instant ce qu'on sait c'est que il y a des cas de transmission inter-humaine c'est à dire lorsqu'une personne est infectée elle va produire du virus excréter du virus par probablement la salive des gouttelettes on sait qu'il y a une charge virale importante dans le sang dans les urines et donc c'est un contact qu'on considère comme rapproché et répété c'est à dire un contact assez étroit quelques minutes voire quelques heures sont nécessaires et c'est comme ça que le virus va être transmis c'est pas clair il a été on sait pas exactement si le virus peut être aéroporté là il n'y a pas beaucoup d'informations mais il y a quand même peu de cas décrits avec détail donc la transmission est par des voies contact et par transmission par gouttelettes probablement alors on découvre tout ça un petit peu collectivement tous ensemble je vous soumets ce commentaire de Simon qui nous a envoyé un message via Whatsapp est-ce qu'on peut pas aussi admettre que nos gouvernants naviguent à vue et leur accorder le droit de ne pas savoir de devoir improviser avec bon sens pour l'intérêt général et ce serait un grand progrès nous dit notre auditeur Odile Launay est-ce que vous êtes sur cette même ligne ?

9:17
Invité

Oui je pense qu'aujourd'hui même si Olivier Schwartz le rappelait c'est un virus qu'on connaît malgré tout c'est pas un virus qui est très fréquent c'est pas une infection commune comme peut l'être la grippe par exemple donc c'est un virus qui était jusqu'à présent cantonné en Amérique du Sud et en Argentine donc on va approfondir les connaissances ce qui semble quand même rassurant c'est que dans ces pays il n'y a pas eu un nombre de cas considérable parce qu'en Argentine il y a une surveillance de ces cas d'antavirus d'infection antavirus donc on connaît et on sait que c'est un nombre de cas limité donc si vraiment c'était un virus très très transmissible il y aurait des épidémies et on aurait des informations donc clairement c'est pas un virus qu'on connaît bien nous en France même s'il y a des équipes de recherche en France qui travaillent sur ce virus donc on a des spécialistes de ce virus en France mais en termes de gestion entre guillemets des cas des cas contacts on apprend un peu en venant ce qui explique que comme vous l'avez rappelé finalement les consignes de quarantaine qui initialement avaient été de 72 heures à l'hôpital puis pour les cas négatifs un retour à domicile ont été renforcés avec maintenant une quarantaine à l'hôpital pour être sûr qu'on puisse prendre en charge très vite des cas qui s'aggraveraient rapidement ce qui était le cas pour la française qui aujourd'hui est en réanimation ça en tout cas

10:47
Présentateur

c'est le protocole mis en place en France parce qu'on voit Anne Sénéquier peut-être vous avez un mot à dire là-dessus que les consignes de l'OMS ont été j'allais dire prises en compte de manière assez différente

11:00
Invité

disons que les consignes de l'OMS elles sont conformes aux connaissances de la science à un instant T donc elles vont donner ces recommandations mais ce sont bel et bien des recommandations et même dans le cadre de l'accord des pandémies en termes de préparation riposte à ces pandémies mondiales il est écrit noir sur blanc dans cet accord que la souveraineté sanitaire nationale primera toujours donc on peut effectivement se mettre d'accord pour coopérer pour transférer des données mais à un moment donné chacun fait ce qu'il veut mais surtout ce qu'il peut aussi dans son pays parce que nous n'avons pas tous les mêmes systèmes de santé ils ne sont pas financés de la même manière nous n'avons pas tous les mêmes ressources sur cette planète et c'est ce qui explique une grande inégalité au niveau sanitaire au niveau mondial et donc effectivement certains pays ne font pas les choses de la même manière donc chacun fait en fonction de ce qui lui semble pertinent là où on a aujourd'hui quand même un petit un questionnement c'est ce qui se passe aux Etats-Unis parce qu'aux Etats-Unis donc il y a le CDC et le CDC c'est le centre de contrôle des pathologies à Atlanta qui était un petit peu la référence sur la gestion des risques épidémiologiques et biologiques jusqu'à très récemment et c'est vrai que là on a un CDC qui nous a dit nous mettrons personnes en quarantaine il n'est pas recommandé de tester les personnes qui ne présentent pas de symptômes ceci étant ça c'était il y a deux jours hier au New York Times on entend qu'effectivement il y a pour l'instant une personne symptomatique et une personne positive qui ont été transférées sur un hôpital d'Atlanta au cas où il faudrait commencer à mettre en quarantaine les 15 personnes qui ont été rapatriées aux Etats-Unis et qu'il faudrait les mettre en quarantaine au Nebraska donc à ce jour il y a toujours une personne en quarantaine donc on voit qu'ils sont malgré tout aussi dans cette évolutivité là où c'est problématique avec les Etats-Unis c'est que ça s'inscrit peut-être aussi dans une dynamique plus large des Etats-Unis qui sont en train de désarmer les institutions sanitaires et scientifiques avec le retrait de l'OMS cette fragilisation d'ici d'ici couper des budgets renvoyer du personnel tout ça on le voit qui s'inscrit au niveau sanitaire mais aussi au niveau des surveillances épidémiologiques et scientifiques climatiques et environnementales et donc les médecins sont toujours des très bons médecins donc ils peuvent répondre justement à une infection d'un individu mais là la problématique c'est surtout sur l'anticipation des crises parce que pour anticiper des crises il faut des données il faut des agences il faut de la recherche et de la coopération internationale et c'est là où les Etats-Unis pêchent aujourd'hui c'est ce qui doit

13:43
Présentateur

nous inquiéter également alors sur ce point justement sur cette question on va accueillir dans cette discussion Myriam bonsoir et bienvenue je vous laisse poser votre question alors sans être trop alarmiste il ne risquerait peut-être pas d'y avoir une pandémie par rapport à ce qui se passe aux Etats-Unis qui n'écoute pas l'OMS par rapport à ce virus en fait ça vous inquiète visiblement Myriam merci pour votre intervention Odile Léoné qu'en pensez-vous ?

14:13
Invité

on est inquiets évidemment de ce qui se passe aux Etats-Unis je ne dirais pas particulièrement par ce virus-là qui semble peu transmissible mais encore une fois il faut rester prudent par contre on a déjà aujourd'hui des résultats de leur politique avec la rougeole puisque vous le savez les Etats-Unis avaient réussi à éliminer la rougeole avec une vaccination suffisante là ils ont un nombre de cas qui ne fait qu'augmenter et ils ont eu trois décès de la rougeole l'année dernière donc oui on est inquiets de la façon dont les Américains gèrent aujourd'hui la surveillance des infections et plus particulièrement la vaccination ça inquiète aussi nos auditeurs je vous soumets

14:56
Présentateur

cette remarque d'Olivier qui nous parle des Etats-Unis lui aussi on sait qu'il y a le mondial de football qui va commencer dans quelques semaines il suffirait que quelques citoyens de ces pays voyagent dans le monde pour répandre la maladie est-ce que c'est si simple Olivier Schwartz on parlait tout à l'heure de contact rapproché est-ce qu'il ne faut pas prendre du recul justement avec la crainte d'une propagation facile avec la mondialisation et les échanges ?

C'est sûr que les échanges sont des facteurs qui facilitent la propagation virale ça concerne les antivirus mais d'autres virus donc c'est un phénomène global effectivement donc il faut bon alors pour le cas de la coupe du monde dans un milieu aéré comme un stade c'est moins problématique peut-être mais il faut bien sûr être vigilant et c'est une source avec le réchauffement climatique le rapprochement finalement entre les réservoirs animaux et les humains ces bouleversements favorisent l'émergence de nouvelles épidémies virales On parlait tout à l'heure d'un protocole qui était en constante évolution est-ce qu'il y a des échanges entre les spécialistes de cet antivirus des Andes est-ce que justement on bénéficie aussi de la mondialisation mais pour la bonne cause Oui alors il y a l'ANRS qui est l'agence qui gère les maladies infectieuses émergentes a organisé une réunion hier qui était très intéressante où tous les spécialistes des antivirus se sont retrouvés il y avait des cliniciens des chercheurs des épidémiologistes et il y a eu une réunion ensuite à laquelle j'ai assisté avec le premier ministre et la ministre de la santé qui souhaitent être informés quasiment en temps réel il y a des chercheurs à l'Institut Pasteur par exemple où l'on héberge le centre national de référence des antivirus donc c'est l'endroit où sont faits les diagnostics où sont faits les séquençages c'est là où arrivent les prélèvements donc ça permet de faire une surveillance épidémiologique donc le centre national de référence a été mobilisé et puis on a des spécialistes aussi qui travaillent sur les antivirus et sur Andesvirus donc c'est quand même étudié il y a une équipe celle de Pablo Guardado qui a par exemple établi identifié le récepteur du virus en collaboration avec d'autres équipes il y a quelques années et ça c'est très important parce que le récepteur c'est une protéine qui est présente à la surface des vaisseaux sanguins des microcapillaires en particulier et cela explique que le virus après une incubation assez longue peut atteindre les vaisseaux sanguins cardiaques du système respiratoire et provoquer des hémorragies des inflammations donc on comprend pourquoi le virus Andes en particulier est plus pathogène que d'autres antivirus qui peuvent circuler donc il y a de la recherche fondamentale qui est faite et puis cette connaissance des voies d'entrée du virus a permis par exemple aussi par des équipes à l'Institut Pasteur d'identifier des anticorps monoclonaux qui sont un outil potentiel thérapeutique on est tout à fait là dans un stade pré-clinique il n'y a pas eu de l'eau clinique il n'y a pas eu d'essai clinique mais il y a des stratégies thérapeutiques même s'il n'y a pas pour l'instant de traitement antiviral approuvé on va aller au standard de France Inter accueillir Agnès dans cette discussion bonsoir

18:28
Auditeur

oui bonsoir je me demandais par rapport à ces cas s'il pouvait déjà y avoir une mutation du virus qui accélérerait la propagation

18:38
Présentateur

merci Agnès pour votre question c'est vrai que mutation du virus on en a beaucoup entendu parler là aussi lors de la pandémie de Covid Odile Léoné est-ce que c'est une possibilité ?

18:48
Invité

oui alors je voulais compléter juste préciser par rapport à ce que disait Olivier Schwartz il y a aussi des interactions et des coopérations internationales justement sur les virus eux-mêmes et donc par exemple le virus qui a été identifié en France on est en train d'étudier de façon très précise son génome pour savoir justement s'il y avait des mutations mais il y a eu aussi des interactions avec les Suisses qui ont aussi eu un malade et donc ça c'est très important des interactions avec l'Argentine donc ça ça permet aussi de vérifier que le virus est le même et quand on aura séquencé tout le génome de vérifier qu'il n'y a pas de mutation qui puisse expliquer potentiellement un virus plus contagieux que celui qui existait jusqu'à présent en Amérique du Sud donc c'est vrai que la coopération elle est vraiment importante et c'est quelque chose qu'on peut signaler alors mutation du virus possible ou pas

19:45
Présentateur

Olivier Schwartz ?

alors pour comme le disait Odile le virus a été séquencé il y a eu le virus de la personne qui était en Suisse qui a été séquencé auparavant et on sait que c'est la même séquence quasiment à 99% d'homologie donc c'est le même foyer infectieux ça c'est clair puisque c'était personne sur le bateau et quand on replace ces séquences dans l'arbre phylogénétique c'est l'ensemble de toutes les séquences des antivirus et du virus Andes on le retrouve au milieu de cet arbre donc pour l'instant même si le virus n'a pas été entièrement séquencé il y a des fragments qui ont été séquencés il n'y a pas de mutation évidente importante donc pour l'instant on est plutôt rassuré de ce côté-là mais il faudra attendre d'avoir l'ensemble de la séquence on parle des centralisations des données Anne Sénéquier qu'en pensez-vous est-ce qu'on centralise bien est-ce qu'on centralise plus vite aussi qu'il y a quelques années

20:43
Invité

alors on centralise bien on l'a vu pendant le Covid où l'OMS a fait ce rôle de chef d'orchestre autour de autour de la recherche après comme on le constate aujourd'hui le monde des spécialistes des antivirus est un petit monde et par conséquence ils se connaissent probablement très souvent parce que on fait des thèses on va dans des laboratoires on communique donc ça c'est peut-être notre chance aussi parce qu'il y a cette coordination mais il y a aussi cette connaissance justement au niveau académique et scientifique et cette coordination aussi du fait de cet antivirus qui était connu des spécialistes mais qui n'était pas véritablement une menace pour l'humanité parce que un seul des antivirus a cette capacité d'aujourd'hui de faire une contamination interpersonnelle donc ça n'attire pas non plus énormément de financement il y a eu déjà on a parlé il n'y a pas de vaccins il n'y a pas de il n'y a pas de traitements mais il y a des choses il y a des laboratoires qui travaillent et sur un vaccin il y a des laboratoires qui cherchent et sur un traitement mais ils sont en manque véritablement drastique de financement et d'intérêt parce que concrètement il leur manque parfois 40 millions d'euros donc 40 millions d'euros pour un virus qui fait quelques cas dans une zone reculée d'un continent et bien ça n'est pas suffisant pour attirer les investisseurs et quelque part on ne peut pas trop leur en vouloir non plus parce qu'on n'est pas en capacité à ce jour d'avoir les traitements et les vaccins pour tous les agents pathogènes que l'on connaît déjà et il y en a certainement qu'on ne connaît pas puisqu'on a vu qu'ils émergent de temps en temps donc malheureusement on a aussi toujours cette nécessité d'être dans la réaction et d'utiliser ces connaissances que l'on a déjà à ce jour acquises pendant la Covid-19 cette coopération ce focus de financement ce focus de recherche et c'est aussi une des réponses de l'OMS justement parce que c'est de la coordination mais elle est aussi scientifique

22:55
Présentateur

entre les différentes équipes on voit que la coordination est centrale mais que les moyens aussi c'est un aspect crucial je vous soumets d'ailleurs cette question de Jean-Louis je ne sais pas si Odile Launay vous allez pouvoir répondre les 5 passagers français du bateau touché par l'antavirus ont été placés nous dit notre auditeur dans des chambres à pression négative combien de chambres de ce type les hôpitaux français disposent-ils ?

23:16
Invité

Alors je ne peux pas répondre précisément au nombre de chambres d'ailleurs on a reçu une demande de savoir combien on avait de chambres dans nos hôpitaux de la PHP ce qui est sûr c'est qu'il y a un certain nombre de services de maladies infectieuses qui sont identifiés pour pouvoir être mobilisés en cas d'émergence biologique et d'agents pathogènes probablement à risque et donc pour ces personnes-là elles sont mises dans des chambres spéciales avec pression positive c'est-à-dire que l'air ne va pas être renvoyé vers l'atmosphère mais va être filtré pour être en capacité d'éviter tout risque de contamination à proximité dans le service bien sûr mais même à proximité tant qu'on n'a pas plus d'informations donc c'est ça qui se passe actuellement donc c'est vraiment les mesures de précaution les plus importantes qui sont mises en place y compris pour les personnes qui ont été testées négatives elles sont aussi placées entre guillemets quarantaines en attendant d'en savoir plus dans ces chambres à pression positive combien il y en a au total je ne peux pas vous dire mais à Paris il y a l'hôpital Bichat on en a beaucoup parlé il y a La Pitié et il y a Necker pour les enfants et il y a un certain nombre d'autres hôpitaux en région qui ont aussi ces capacités

24:35
Présentateur

on va aller au standard de France Inter où nous attend Anne bonsoir Anne et bienvenue oui bonsoir je vous laisse poser votre question

24:42
Auditeur

oui alors je voudrais savoir ce qu'il en est pour les personnes qui sont déjà atteintes parce que j'ai entendu dire que ce virus ne se soignait pas donc est-ce qu'elles sont destinées à plus ou moins à longue échéance à malheureusement un décès ou est-ce qu'il y a tout de même des techniques qui permettent de les soigner un petit peu

25:02
Présentateur

merci pour votre question Anne je la soumets à Olivier Schwartz oui c'est un point intéressant on sait le taux de létalité c'est-à-dire le pourcentage de personnes qui vont décéder après infection qui est de combien il est environ de 40% c'est un chiffre très élevé c'est un chiffre très élevé entre 30 et 40% et d'ailleurs là pour l'instant il y a 11 cas diagnostiqués dans ce nouveau foyer épidémique et il y a eu déjà 3 décès malheureusement donc on reste dans cette fourchette alors les soins moi je ne suis pas clinicien mais les soins de support sont fournis il faut savoir qu'il y a il y a 60% des personnes qui vont survivre mais il n'y a pas de traitement nous dit cette auditrice est-ce que c'est le cas il y a des traitements symptomatiques des soins de support par exemple Xavier Lescure qui est en charge des patients du patient à Bichac a rappelé tout à l'heure que la personne était dans un système d'oxygénation extra-corporel une espèce de poumon artificiel en attendant que son corps récupère et que les dégâts majeurs puissent être réparés si possible

26:22
Invité

Peut-être juste préciser que la mortalité la létalité c'est en fait ce qui est observé dans des pays avec moins de capacité de soins donc ce qu'on pense c'est que si les personnes infectées lorsqu'elles s'agrafent peuvent être prises en charge dans des services de réanimation avec une haute technicité en particulier d'oxygénation on devrait peut-être avoir une mortalité moindre maintenant en termes de traitement c'est comme pour beaucoup d'infections virales malheureusement on ne dispose pas de beaucoup d'antiviraux on a des antiviraux pour la grippe mais qui ont une efficacité relative on n'a pas d'antiviraux pour les infections AVRS pour la rougeole pour un certain nombre d'autres maladies on n'a pas d'antiviraux donc c'est assez fréquent donc là les questions qui se posent c'est est-ce qu'il y a des antiviraux qui ont été développés dans d'autres indications qui pourraient être repositionnées et qu'on pourrait évaluer mais ça ne va pas être tout de suite et puis Olivier Schwarz l'a aussi abordé il y a la possibilité d'utiliser des anticorps monoclonaux potentiellement à un stade très précoce pour éviter que les gens s'aggravent parce qu'en fait il semble que l'aggravation elle se fasse un peu en deux temps donc est-ce que dans cette situation-là on l'a fait au cours du Covid est-ce que ces anticorps pourraient avoir un intérêt en tous les cas tout ça c'est des pistes mais pour l'instant effectivement en dehors des soins de support et des traitements symptomatiques qu'on peut espérer de meilleure qualité dans nos hôpitaux qu'en Argentine on n'a pas de traitement spécifique de ce virus

27:56
Présentateur

mais est-ce qu'on sait si certaines personnes sont plus fragiles que d'autres on l'a vu sur le Covid par exemple là ça n'a pas l'air d'être le cas pour l'instant

28:03
Invité

on ne sait pas beaucoup de choses mais de ce qu'on sait c'est qu'il ne semble pas y avoir de facteur favorisant très probablement les personnes avec une immunodépression comme de façon générale avec les infections virales seront plus à risque mais le mécanisme d'atteinte de ce virus comme le rappelait Olivier ne laisse pas penser qu'il va y avoir des comorbidités alors maintenant

28:27
Présentateur

ça touche beaucoup de cas non plus étudiés c'est encore difficile il y a beaucoup de choses qu'on ne connaît pas et d'ailleurs l'avantage aussi de placer les personnes en quarantaine les cas contacts celles qui ont été proches de cas eh bien on va pouvoir les suivre de très près et dès les premiers signes si elles sont infectées elles vont continuer à être suivies donc pour elles c'est important aussi on s'interroge sur la recherche pour un vaccin nous dit Paul un auditeur maintenant que ça touche quelques ressortissants occidentaux est-ce que c'est vrai que cette question elle apparaît maintenant alors qu'elle n'avait jamais été discutée auparavant Olivier Schwartz alors si cette question a été discutée c'est vrai que le virus est considéré comme une responsable d'une maladie tropicale négligée donc ce sont des virus où il n'y a pas beaucoup de cas donc il n'y a pas nécessairement une recherche importante il y a cependant un vaccin qui est commercialisé en Corée et en Chine c'est un vaccin inactivé donc ce sont des particules virales inactivées mais l'efficacité semble réduite et surtout il est dirigé contre un autre antivirus et il y a une étude il me semble qui a montré que ce vaccin chez les personnes vaccinées il n'y a pas un taux d'anticorps neutralisant suffisant pour agir contre le virus Andes sur ce vaccin la possibilité de ce vaccin Anne Sénéquier qu'en dites-vous est-ce que ça fait partie des pistes ?

30:00
Invité

ce vaccin bien sûr il y a des recherches déjà qui sont lancées maintenant effectivement il n'est pas sur le haut de la liste des priorités dans la recherche parce que malheureusement on a un budget recherche au niveau global qui est assez limité et je rappelle aussi que les financements sur la recherche ces dernières années n'ont pas été à la hausse on a aussi un marché faible pour cet antivirus parce que ce sont quelques cas par an et la troisième difficulté c'est que même lorsque recherche il y a les essais cliniques sont compliqués souvenez pour faire un vaccin ou un médicament on ne trouve pas comme ça une molécule et on la propose sur le marché on a besoin de démontrer l'efficacité du vaccin et pour ça il faut comparer des groupes exposés à un risque suffisant d'infection alors qu'on a à peine 100 cas par an et encore c'est même pas sûr donc c'est difficile de recruter les gens et éthiquement il est hors de question avec un taux de mortalité comme ça oscillant entre 30 et 50% d'infecter les patients pour faire des tests sur les vaccins donc on est effectivement sur ces problématiques là aujourd'hui par contre c'est vrai qu'il y a certaines équipes à travers le monde qui effectivement commencent qui avaient déjà commencé à travailler là qui avaient leur modèle prêt en attente d'un financement d'un intérêt et là aujourd'hui effectivement l'arrivée le côté international sur ce bateau notamment international au niveau occidental et bien attire l'intérêt et peut-être attirera les financeurs

31:34
Présentateur

Peut-être qu'on a été mal habitué avec le Covid dit Loney de dire bon ben voilà une pandémie un vaccin qui arrive très vite qui est produit en masse rapidement et hop le Covid c'est pas de l'histoire ancienne mais c'est quand même pas la même chose qu'en 2020 est-ce que il ne faut pas se dire que ça peut se reproduire ce schéma-là à chaque fois ?

31:50
Invité

Je pense que si on fait la comparaison avec ce qui s'est passé au cours du Covid en fait le Covid était le troisième coronavirus à arriver et donc en fait les recherches pour un vaccin elles avaient démarré au moment du SARS et du MERS qui étaient les deux premiers coronavirus et on a pu capitaliser sur ces données-là pour très vite mettre au point le vaccin pour le Covid donc j'allais dire aujourd'hui Antavirus c'était pas un virus qui était en haut de la liste pour les risques épidémiques ou pandémiques mais peut-être que cette histoire-là en espérant que ça reste très très restreint en termes de nombre de cas peut-être que ça va permettre à des équipes qui avaient déjà des candidats vaccins en préparation de pouvoir mener les premières études et savoir finalement est-ce qu'on peut protéger qu'est-ce qui protège quelle est la technologie qui sera utile et avancer dans ce sens-là mais avec le nombre de cas et encore une fois en espérant que l'histoire actuelle va être rapidement contrôlée c'est pas avec 50 ou 100 cas par an qu'on va avoir des financements pour développer un nouveau vaccin moi je dirais que c'est plutôt avancer dans les connaissances sur ce virus avancer sur qu'est-ce qu'il faut induire comme réponse immunitaire pour protéger et puis se préparer on n'espère pas que ça arrivera mais si un jour il y a un virus qui mute et qui devient plus transmissible on va accueillir Gilles dans notre discussion bonsoir

33:22
Auditeur

oui bonsoir je souhaitais poser une question à vos invités une question que je me pose moi-même c'est alors que tous les cas connus étaient sur un bateau donc par essence un mode de confinement assez performant pourquoi n'a-t-on pas laissé ce confinement aller jusqu'au terme c'est-à-dire des 45 jours 6 semaines voire un peu plus pour assurer et qu'on a renvoyé par des moyens perfectibles puisque certains moyens de transport et certains protocoles n'ont pas été suivis et donc ont présenté des risques de dispersion et on a renvoyé ça dans plein de pays voilà c'était ma question

34:11
Présentateur

merci Gilles pour cette question effectivement vous n'êtes sans doute pas la seule à vous la poser Olivier Schwarz c'est vrai que ça aurait pu être une possibilité oui bon alors il y avait des personnes malades d'abord on ne pouvait pas décemment les laisser mourir sans traitement adapté et puis je pense que le timing du diagnostic ça a mis du temps il fallait déjà sortir les personnes pour les prélever et leur déterminer ce qui se passait donc ça ça a pris un certain temps et après effectivement il y a eu il y a eu certaines personnes ont pris l'avion donc ça a généré des cas contacts mais maintenant on essaye de faire avec cette situation on se dit toujours qu'on aurait dû faire autrement peut-être aussi à la fois d'avril est-ce que vous avez des recommandations à l'Observatoire de la Santé Mondiale une fois qu'on a dit tout ça à Anne Sénéquier est-ce qu'il y a des choses qu'il faut justement absolument faire maintenant pour éviter de le regretter plus tard ?

Eh bien

35:06
Invité

ce qu'il faut absolument faire c'est faire ce qui a été fait jusqu'à présent c'est-à-dire considérer qu'il y a des choses qu'on va apprendre dans les jours à venir effectivement pour l'instant ces 11 cas confirmés sont tous des passagers du bateau donc c'est une bonne chose mais on est aussi dans une temporalité particulière qui est presque logique en tous les cas conforme à la connaissance du virus à l'instant T et il n'est pas improbable qu'on ait des cas positifs qui se déclarent et qui étaient parmi les cas contacts donc ceux qui étaient sur les vols tout simplement parce que l'espace-temps avance tout simplement et donc ça match avec cette incubation-là donc tout ça quelque part on l'attend on le surveille on le monite et c'est pour ça que finalement ces protocoles sont évolutifs par contre ça c'est le job des autorités sanitaires et des épidémiologistes mais en tant qu'individu dans la population générale aujourd'hui on peut s'informer mais on n'est pas

36:10
Présentateur

temps de paniquer justement optimisme prudence au deal donné le mot de la fin

36:14
Invité

je pense qu'il faut toujours rester prudent mais les premières données qu'on a aujourd'hui devraient plutôt nous rassurer voilà prudence parce que c'est des virus et que les virus ils nous réservent parfois des mauvaises surprises on le voit bien donc voilà

36:30
Présentateur

prudence Olivier Schwartz prudence aussi prudence et vigilant bon bah ça sera le mot de la fin merci à tous les trois d'avoir nourri cette discussion Anne Sénéquier je rappelle que vous êtes co-directrice de l'Observatoire de la Santé Mondiale à l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques Odile Launay vous êtes infectiologue professeur en maladie infectieuse et tropicale à l'université Paris Cité et Olivier Schwartz virologue directeur de l'unité virus et immunité à l'Institut Pasteur à l'Institut