À une semaine de la rentrée, l'interdiction du portable au lycée semble impossible !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:16OuverteRéponse directe
Bonjour, vous êtes secrétaire général du syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale, le SNPDEN.
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Est-ce que c'est, à vos yeux, mission impossible ?
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Cette interdiction des usages des téléphones portables dans les lycées, quel est le but, au fond, de cette interdiction ?
- 2:19OuverteRéponse directe
Elle est là la difficulté, Bruno Bocabich ?
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Pour bien comprendre, l'idée d'interdire le portable en question, c'est de l'avoir éteint dans le cartable, dans le sac, peu importe, et non pas de le laisser à la maison.
- 4:14OuverteRéponse directe
Que vous répond le ministère là-dessus ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Il faut se dire qu'à ce stade, la loi n'est toujours pas promulguée. »
- 0:43Invité politiqueFait
« pour pouvoir mettre en place une règle de cette nature, il faut modifier le règlement intérieur des lycées, ce qui ne se fait pas en claquant des doigts. »
- 1:21Invité politiqueFait
« L'objectif, il est partagé par tous, c'est réduire le temps d'écran de nos adolescents. »
- 1:41Invité politiqueFait
« le téléphone portable est déjà interdit dans la salle de classe, bien heureusement partout en France. »
- 2:15Invité politiqueChiffre
« on a très très peu de surveillants dans les lycées pour faire respecter cette règle. »
- 3:55Invité politiqueFait
« Le fait d'avoir reçu une circulaire début juillet, alors que tous les personnels et tous les élèves sont partis, n'avait pas beaucoup de sens. »
- 4:07Invité politiquePromesse
« Il nous faut encore quelques semaines pour qu'on puisse faire ce travail sérieusement. »
- 4:19Invité politiqueFait
« Le ministère partage l'idée que c'est arrivé trop tard. »
- 4:57Invité politiqueFait
« Dans la grande majorité des cas, soit il y a un premier avertissement, soit il y a une confiscation du téléphone. »
- 5:05Invité politiqueFait
« C'était déjà prévu dans la loi de 2018 pour les collèges. »
Temps de parole
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Il est 8h38 et nous sommes en ligne avec vous. Bonjour Bruno Bobkiewicz. Bonjour. Bonjour, vous êtes secrétaire général du syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale, le SNPDEN. Et je vais évoquer avec vous ce que j'avais annoncé tout à l'heure, cette interdiction du portable au lycée qui devait entrer en vigueur, vous me corrigez, dès cette rentrée. Est-ce que c'est, à vos yeux, mission est possible ?
Il y a des difficultés techniques qui sont notamment liées au calendrier. Il faut se dire qu'à ce stade, la loi n'est toujours pas promulguée. Et il faut rappeler que pour pouvoir mettre en place une règle de cette nature, il faut modifier le règlement intérieur des lycées, ce qui ne se fait pas en claquant des doigts. Donc il va y avoir quelques jours, quelques semaines, pendant lesquels les établissements vont devoir consulter leurs instances pour modifier ce règlement intérieur. Et je ne parle pas de la mise en œuvre, je parle vraiment de la partie technique concrète.
Alors c'est une décision annoncée par le ministère de l'éducation nationale, qui a été annoncée début juillet, il faut préciser pour celles et ceux qui nous écoutent. Cette interdiction des usages des téléphones portables dans les lycées, quel est le but, au fond, de cette interdiction ?
L'objectif, il est partagé par tous, c'est réduire le temps d'écran de nos adolescents. Donc on peut partager cet objectif-là. La question, c'est quand même se dire que dans les établissements scolaires, aujourd'hui, le temps d'exposition à l'écran est bien plus bas qu'à l'extérieur. Lorsque la grande majorité du temps est évidemment passé dans la salle de classe, le téléphone portable est déjà interdit dans la salle de classe, bien heureusement partout en France. Ça, ça marche plutôt bien, d'ailleurs, au fait. Oui, alors il faut quand même admettre qu'il y a des élèves qui l'utilisent quand même, qui sont en dessous de la table, qui fraudent parfois pendant les contrôles.
Enfin, tout ça, c'est des choses qui existent et qu'il faut d'ailleurs traiter. Mais l'interdiction globale ne va pas régler cette question de recherche de fraude. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on peut partager l'objectif. La question, c'est encore une fois, réussir à le faire, sachant que, évidemment, que les adolescents ne seront pas consentants et qu'on a très très peu de surveillants dans les lycées pour faire respecter cette règle.
Elle est là la difficulté, Bruno Bocabich ?
Elle est là la difficulté, tout à fait. Alors, il y a aussi le fait que, dans les lycées, nous avons un fonctionnement qui sollicite les téléphones portables. C'est-à-dire, nos applications permettent aux lycéens, toute la journée, de consulter leur emploi du temps, leurs notes, leur travail, leur convocation éventuelle par SMS. Enfin, tout ça, ça fait partie de nos usages. Donc, il va falloir aussi tenir compte de ça. Il est probable que, et d'ailleurs, c'est souhaitable, que dans beaucoup de lycées, il y ait des zones où le téléphone sera autorisé.
Parce que si on ne le fait pas, ils vont tous sortir sur le parvis et on va créer des regroupements qui sont dangereux, notamment en zone, en moment où on est en vigie pirate renforcée. Donc, il est probable que chaque lycée définisse un endroit, notamment une partie de la cour, où la cour ou le téléphone sera quand même possible à utiliser.
Parce que, pour bien comprendre, l'idée d'interdire le portable en question, c'est de l'avoir éteint dans le cartable, dans le sac, peu importe, et non pas de le laisser à la maison. Nous sommes d'accord. Effectivement, vous avez raison, il y a une consultation des sites concernés par l'éducation nationale et les enfants, les familles. Ça, de toute façon, c'est devenu incontournable. Et il y aurait des moments, si j'ai bien compris, où nos enfants, nos élèves, nos ados, pourraient leur ouvrir. Enfin, c'est compliqué.
Ce que mon syndicat demande, c'est qu'effectivement, chaque établissement puisse raisonnablement réfléchir à cette question dans les semaines qui viennent. Donc, il faudra un tout petit peu de temps. Le fait d'avoir reçu une circulaire début juillet, alors que tous les personnels et tous les élèves sont partis, n'avait pas beaucoup de sens. Il aurait fallu que cette circulaire arrive au mois de mai, pour qu'on puisse préparer la rentrée sérieusement. Donc là, c'est arrivé trop tard. Donc, il nous faut encore quelques semaines pour qu'on puisse faire ce travail sérieusement. Que vous répond le ministère là-dessus ? Non, mais le ministère partage l'idée que c'est arrivé trop tard.
Le ministre l'admet. Maintenant, ça n'exclut pas l'objectif partagé. Encore une fois, on va s'y atteler. Il va y avoir un décalage de timing.
Quand vous dites décalage, c'est une affaire, vous parlez de quelques semaines ? Quelques semaines.
C'est en novembre, par exemple ? Non, je pense que d'ici début octobre, il est probable que le sujet puisse être traité avec des instances réunies dans les 4-5 prochaines semaines.
Et ensuite, quand cela va s'appliquer, avec un léger délai, il faut mettre les choses en place dans chaque établissement. Bruno Bovkiewicz, qu'est-ce qui se passe si un élève est surpris avec son téléphone allumé, ouvert ? Il y a des sanctions qui sont prévues ?
Alors, c'est le règlement intérieur qui le définira. Dans la grande majorité des cas, soit il y a un premier avertissement, soit il y a une confiscation du téléphone. C'était déjà prévu dans la loi de 2018 pour les collèges. Donc, on pratique ça déjà dans les collèges. Donc, on peut tout à fait faire ça avec prise de rendez-vous des familles pour venir récupérer le téléphone. Donc, ça, c'est encore une fois tout à fait envisageable. C'est un sujet de grosses tensions avec les lycéens et les collégiens qui détestent qu'on leur confisque leur téléphone. Ils ne peuvent pas vivre sans leur téléphone. Mais en tout cas, c'est prévu par le règlement intérieur.
Vous pensez que les familles vont jouer le jeu ?
Alors, il y a différentes réactions de famille sur ce sujet. Il y a la famille qui considère que c'est bien normal et que c'est bien fait pour lui. Il n'avait qu'à pas utiliser son téléphone. Et puis, il y a la famille qui se scandalise parce qu'il considère que quand le téléphone portable n'est pas dans les mains de son enfant à la sortie du collège ou du lycée, l'élève devient en danger parce qu'il ne peut pas être joint ou tracé parfois parce que les familles parfois surveillent la localisation du jeune et que donc, on met leur enfant en danger parce qu'on leur a confisqué leur téléphone. Donc, il y a vraiment des réactions très, très différentes.
En conclusion, Bruno Bobkiewicz, c'est l'un des chaussiers les plus compliqués de la rentrée, en quelque sorte, non ?
Il faut admettre qu'il n'y a pas beaucoup de nouveautés. Il n'y a pas beaucoup de nouveautés et il faut saluer ça. Donc, on a fait beaucoup, beaucoup de changements à l'éducation nationale ces dernières années. Donc, il n'y a pas beaucoup de nouveautés cette année dans le fonctionnement, sauf celui-ci qui n'est pas sans poser quelques difficultés. Donc, bon, c'est surmontable. On va s'y atteler. Encore une fois, est-ce qu'il fallait en venir à l'interdiction totale des téléphones dans le lycée ? On n'en est pas complètement persuadé. C'est une décision. Il y a une loi qui va sortir. J'espère qu'elle va sortir rapidement parce que, pour l'instant, on travaille sans texte.
Et nous verrons bien à l'usage. Merci à vous, Bruno Bobkiewicz, pour ces explications d'une grande clarté. Je rappelle, vous êtes secrétaire général du syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale, le SNPD-EN. À 8h et presque 45 minutes, le pouvoir des mots. Vanessa Perez avec Laurence Perrault. Merci.
Merci. Merci. Merci.