Valérie Pécresse "se félicite qu'à Mantes-la-Jolie il n'y ait pas eu de blessé"
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L'invité politique de France Info, c'est la présidente Les Républicains de la région Île-de-France et c'est Renaud Dely qui vous pose la première question. Bonjour Valérie Pécresse. Bonjour. Alors la situation dans les lycées se complique depuis plusieurs jours. Il y a eu des violences, des blocages, encore 200 blocages hier, un peu partout en France et en particulier en Île-de-France. Des centaines d'arrestations, notamment 146 arrestations à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, dans votre région Île-de-France. Et depuis hier soir, une vidéo qui a été authentifiée par France Info suscite beaucoup d'émotions et de réactions politiques. Nous allons en regarder un extrait sur le canal 27.
Et on écoutait un extrait pour la radio. Voilà, en l'occurrence, pour ceux qui n'ont pas l'image, évidemment, on voit sur ces images des dizaines de lycéens agenouillés, silencieux, les mains sur la tête, encadrées par les forces de l'ordre. Et ce commentaire visiblement d'un policier, voilà une classe bien sage. Est-ce que vous êtes choquée par ces images, Valérie Pécresse ?
Moi, je suis choquée par la violence qui a déferlé sur les lycées de France depuis une semaine. Nous avons atteint des niveaux de violence inégalés. Jean-Michel Blanquer l'a souligné. Pour ma part, je me suis rendue dans un certain nombre de lycées. Nous avons eu des vraies scènes de guérillas avec des géricanes d'essence, avec des voitures brûlées, des poupelles brûlées, des personnels agressés, des personnels enseignants menacés. Donc je crois qu'il faut vraiment que la situation s'apaise et se calme dans ces lycées. Il y a eu des violences inédites. Et moi, je suis inquiète pour aujourd'hui.
Je suis inquiète pour aujourd'hui parce que les mots d'ordre sont clairement de faire des démarrages de feu dans les lycées. Je suis allée en Seine-Saint-Denis. Je suis allée auprès des proviseurs. Et je peux vous dire que la situation est extrêmement tendue. Donc il faut replacer la vidéo que vous venez de me montrer dans ce contexte d'extraordinaire tension, de violence que l'on n'a jamais vue, même pendant les mouvements de la loi El Khomri. Et aujourd'hui, je veux le dire, l'obsession des policiers, c'est de ne pas blesser un lycéen. Et au lycée Edmond Rostand et Saint-Exupéry à Mante-la-Jolie, il y a deux lycées qui sont très proches.
Il y avait plus de 150 jeunes, parfois des collégiens qui s'étaient mêlés. Et le risque, c'était d'avoir un blessé. Et moi, je voudrais qu'on se félicite aujourd'hui qu'à Mante-la-Jolie, il n'y ait pas eu de blessés.
Ces images d'arrestation Valérie Pécresse à Mante-la-Jolie, est-ce qu'elles sont de nature à amener à l'apaisement que vous appelez de vos voeux ce matin ?
Moi, ce que je voudrais, c'est que tous les responsables politiques, au lieu d'attiser la contestation et la violence, au lieu de mettre de l'huile sur le feu, aujourd'hui, appellent à la non-violence, appellent à l'arrêt des violences. Et je crois qu'il y a une complaisance d'un certain nombre de responsables politiques avec tous ceux qui, aujourd'hui, utilisent la violence, qui est inacceptable. Nous avons besoin que l'ordre revienne dans les lycées. La communauté éducative est sous une tension extrême. Les agents des lycées se font menacer. Pardon de le dire, mais il peut y avoir, aujourd'hui, un dérapage. Il peut y avoir un blessé, un jeune, un membre de la communauté éducative.
Donc, moi, je sonne l'alarme et je demande à tous les responsables politiques d'être à la hauteur de leur mission et de ne pas ajouter de la violence à la violence.
Est-ce que, dans ce cas précis, ces arrestations à Mante-la-Jolie, est-ce que vous souhaitez qu'il y ait quand même une enquête sur les conditions de ces arrestations ?
Mais, franchement, tout le monde sait ce qui s'est passé à Mante-la-Jolie. Il y avait des bonbonnes de gaz qui ont été découvertes. Il y avait un risque, à la fois pour les jeunes, pour la communauté éducative. Il y a eu des arrestations qui ont été faites. Ces arrestations se sont faites sans blessure. Et moi, je le dis, je le répète, l'obsession des policiers de Mante-la-Jolie, c'était qu'il n'y ait pas de blessés. Et aujourd'hui, on doit se féliciter qu'il n'y ait pas eu de blessés. Et il faut replacer ces images dans un contexte d'ultra-violence, M. Dely. Alors, on peut se dire qu'il aurait mieux fallu faire autrement.
Moi, ce que je vous dis, c'est qu'il n'y a pas eu de blessés à Mante-la-Jolie. Et que, dans d'autres lycées, il y en a eu, malheureusement.
Et que, donc, il faut aujourd'hui se féliciter qu'il n'y ait pas eu de blessés. Je voudrais vous donner un chiffre, Valérie Pécresse. 700 lycéens ont été interpellés hier dans toute la France. 700, c'est davantage que l'ensemble des interpellations en France, samedi dernier, après la journée de violence qu'on a connue. Est-ce que ce chiffre ne vous interpelle pas ?
Mais, bien sûr qu'il m'interpelle.
Ça veut dire quoi ? Le gouvernement a eu la main trop lourde hier ou pas assez lourde samedi dernier ?
Bien sûr que non. Il faut une tolérance zéro sur les violences. Il faut interpeller tous ceux qui se livrent à la violence. Il faut avoir des sanctions judiciaires qui sont des sanctions judiciaires exemplaires. Et pour ma part, je mettrai à la disposition de la police toutes les vidéosurveillances de tous les lycées, de façon à ce qu'on puisse interpeller et punir tous ceux, mais partout. Il y en a à Montre-la-Jolie ? Bien sûr. Aujourd'hui, depuis que j'ai été élue présidente de la région, j'ai eu 800 demandes de sécurisation de lycées. Parce que malheureusement, nous avons aujourd'hui une montée de la violence dans ces établissements scolaires.
Avant même le mouvement des Gilets jaunes, j'ai eu 12 actes de violence grave dans certains lycées d'Ile-de-France. Donc la vérité, c'est que nous assistons aujourd'hui dans le pays à une déchirure. Nous avons besoin de restaurer l'autorité de la loi. Nous avons besoin de restaurer le calme et la sérénité. Nous avons besoin, devraient tous ramener le calme. Les lycées sont des sanctuaires, c'est des endroits d'éducation. Il y a des jeunes qui essayent de s'en sortir, qui essayent de progresser dans la vie, qui essayent d'apprendre. Et c'est évidemment toujours dans les mêmes lycées que ça se passe, M. Fauvel. C'est-à-dire lesquels ?
C'est des lycées dans lesquels il y a aussi des élèves fragiles, des élèves plus difficiles.
C'est-à-dire des lycées professionnels, pour dire les choses clairement ? Non, non, non, non, c'est pas que des lycées où il y a les élèves les plus fragiles.
Je ne stigmatiserai aucun type de lycées. Non, c'est pour ça que je pose la question, lesquels ? Non, des lycées dans lesquels vous avez des publics qui sont plus fragiles et des publics qui sont plus difficiles. Ils se reconnaîtront. Mais c'est dans ces lycées-là qu'il faut assurer l'égalité des chances. C'est dans ces lycées-là qu'il faut assurer la protection de la communauté éducative. C'est dans ces lycées-là que nous devons ramener l'ordre en priorité.
Aujourd'hui, très précisément, dans l'urgence, vous en appelez aux familles pour qu'elles interviennent, pour qu'elles contrôlent leurs enfants. Qu'est-ce que les lycées, ces lycées en question, ils vont être fermés aujourd'hui, demain, en Ile-de-France ?
Alors, le recteur de Paris a demandé effectivement la fermeture des lycées parisiens demain, de façon, les lycées qui devaient ouvrir samedi matin, de façon à ce que des violences dans les lycées ne se rajoutent pas à d'éventuels risques sur les manifestations.
Tous les lycées parisiens seront fermés demain.
Tous les lycées parisiens seront fermés demain, à la demande du recteur. Mais moi, ce que je souhaite, parce que je crois qu'il ne faut pas laisser le pays tomber dans le chaos et que nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir un troisième samedi noir à Paris, je souhaite aujourd'hui appeler les Français à ne pas venir à Paris. Et je souhaite que le gouvernement mette en place des dispositifs de sécurité qui soient des dispositifs de sécurité totalement fiables et totalement fermes. Je souhaite, par exemple, qu'on contrôle les cars qui arriveront dans Paris et qu'on puisse fouiller au péage, éventuellement, les bagages.
Qu'on puisse faire des fouilles aussi, des fouilles de bagages dans les gares, dans les stations de métro. Nous avons aujourd'hui une violence importée à Paris qui a atteint des niveaux, là encore, intolérables. Et moi, ce que je souhaite, c'est que l'ordre revienne. Et là encore, j'appelle tous les responsables politiques à n'avoir aucune complaisance avec la violence. Quand j'entends Madame Le Pen, Marion Maréchal Le Pen, M. Hamon, M. Mélenchon, avoir comme ça de la complaisance avec ces actes...
Vous ne citez pas Laurent Wauquiez ?
Mais non.
Qui avait enfilé un gilet jaune.
Mais il a appelé aujourd'hui, il a appelé hier, à ce que l'ordre revienne. Aujourd'hui, nous avons des partis de gouvernement en responsabilité et nous avons aujourd'hui des partis qui jouent avec la violence pour déstabiliser le pays, pour déstabiliser les institutions, pour ajouter une crise institutionnelle à la détresse sociale qui s'exprime.
On poursuit cet entretien dans une minute, si vous le voulez bien. Valérie Pécresse, il est 8h41, Victor Maté pour le rappel de l'actualité.
Intolérable, insupportable, scandaleux, les mots qui reviennent le plus pour commenter cette vidéo diffusée hier sur les réseaux sociaux. Des dizaines de lycéens à genoux, les mains sur la tête, encadrées par les forces de l'ordre. Après des affrontements à Mantes-la-Jolie dans les Yvelines, le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, se dit choqué mais appelle à remettre les images dans leur contexte. Hier, dans toute la France, 700 personnes ont été interpellées, près de 300 lycées bloquées. Le mouvement des Gilets jaunes, Emmanuel Macron, s'exprimera en début de semaine prochaine, indique le président de l'Assemblée, Richard Ferrand.
En première ligne dans ce dossier, Édouard Philippe lui annonce que 89 000 membres des forces de l'ordre seront mobilisés pour les manifestations de demain, dont 8 000 rien qu'à Paris. L'exécutif redoute une grande violence. La fin de l'Aquarius, Médecins sans frontières et SOS Méditerranée mettent un terme aux opérations de sauvetage de leurs navires humanitaires. Privés de pavillons depuis maintenant deux mois, l'Aquarius était devenu le symbole de la crise politique autour de l'accueil des migrants. L'Euro de handball féminin en France, début du tour principal, réussi pour les Bleus à Nantes. Victoire hier 29-23 face au Danemark. Le prochain match, c'est demain à 15h contre la Suède.
France Info Toujours avec Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France. On a entendu, Valérie Pécresse, votre appel au calme, il y a quelques instants, lancé à ceux qui seraient tentés d'aller manifester demain à Paris. Hier, quelqu'un que vous connaissez bien, Alain Juppé, a posté un message sur les réseaux sociaux. Tout cela va mal finir, a dit le maire de Bordeaux. Est-ce que vous partagez son inquiétude ?
Je suis inquiète d'une radicalisation du mouvement. Et je suis inquiète qu'un certain nombre de Français, qui ont une vraie colère à exprimer, soit pris en otage des ultra-radicaux. Et je suis inquiète de cette montée des violences dans le pays. Parce qu'aujourd'hui, vraiment, le pays est au bord de la fracture. Nous avons besoin de cohésion nationale. Alors, bien sûr, il y a eu des gestes d'apaisement qui ont été faits par le gouvernement. Et ces gestes, je les trouve à ce stade insuffisants. La fin des taxes sur l'essence est un geste d'apaisement. Mais ça ne suffira pas. Il faut avoir une vraie stratégie de pouvoir d'achat.
Ça fait des mois que j'alerte sur cette révolte du pouvoir d'achat, sur cette colère fiscale qui monte dans le pays. Ça fait des mois que le gouvernement n'entend pas ce qui se dit dans le pays. Et aujourd'hui, il faut qu'il entende. Mais je crois que le message est passé. Et maintenant, il faut un collectif budgétaire, très vite en début d'année, avec une vraie baisse des dépenses publiques et des impôts pour le pays, pour les classes moyennes, pour que les Français puissent à nouveau vivre décemment de leur salaire ou de leur retraite.
Vous décrivez, Valérie Pécresse, un pays au bord de la crise de nerfs. Vous décrivez une fracture profonde. Est-ce que dans ce contexte, à vos yeux, le gouvernement a été à la hauteur ?
Le gouvernement doit prendre la mesure de ce qui se passe. Nous sommes en overdose fiscale. Nous avons besoin d'une autre dépense publique. Nous avons besoin de services publics qui marchent mieux. Nous avons besoin de faire cette baisse des dépenses publiques. Le paradoxe que nous avons aujourd'hui, c'est que nous avons une dépense publique qui est extrêmement élevée et moins de services publics. Mais tout ça, c'est parce qu'on crève de n'avoir pas été réformé, de ne pas avoir mieux optimisé la dépense. On a des doublons partout. On a des strates qui se superposent partout.
Les jeunes ne demandent pas, pardon Valérie Pécresse, une baisse de la dépense publique. Ça serait même plutôt l'inverse. Ils demandent des services publics avec plus d'argent. Ils ne demandent pas qu'on fasse des économies sur le budget.
Mais M. Fauvel, nous sommes champions du monde des impôts. À quoi servent les impôts ? Ils servent à payer une dépense dans laquelle on gaspille une partie de l'argent. Il se trouve que dans ma région, j'ai fait un milliard d'euros d'économies. Ça ne veut pas dire qu'il y a moins de services. Ça veut dire que j'ai fait des services avec moins d'argent. Et ça, c'est possible. Des meilleurs services avec moins d'argent. Il faut enlever les doublons. Il faut que l'État accepte de lâcher prise, de ne pas faire en doublons tout ce que les collectivités locales font aujourd'hui. Prenons un seul exemple, qui est un exemple anecdotique.
Mais vous allez comprendre à quel point nous avons des communes qui font des plans vélo. Vous avez des régions qui font des plans vélo. Et l'État annonce 300 millions de plans vélo. Les aides aux entreprises, c'est pareil. Vous avez des aides aux entreprises qui sont faites par les communes. Vous avez des aides aux entreprises qui sont de la compétence des régions. Et vous avez l'État qui fait aussi des aides aux entreprises.
Mais souvent, les collectivités locales, et à commencer par la région, se plaignent au contraire que l'État se décharge sur elles de ces responsabilités, sans leur confier les moyens.
Non. Ce dont nous nous plaignons, c'est qu'aujourd'hui, il y ait des strates qui s'empilent et qui fassent toutes la même chose, sans qu'il y ait de vraie rationalité. Je vous assure qu'il y a des économies à faire absolument partout, sans dégrader les services publics. Et au contraire, qu'ils les amélioreront. Parce que si vous avez 4, 5, 6 strates, vous avez 4, 5, 6 procédures, 4, 5, 6 administrations qui interviennent. Donc je crois vraiment à la puissance d'un vrai mouvement de baisse de dépense publique, qui ne serait pas moins de services publics, qui serait mieux.
Moi, aujourd'hui, en Ile-de-France, aujourd'hui, il y a plus de transports, il y a plus d'investissements dans les lycées, il y a plus d'investissements dans la formation, et il y a moins de gaspillages, parce que j'ai arrêté un certain nombre de gaspillages. En déménageant le siège de la région du 7e arrondissement à Saint-Ouen, je fais faire des millions d'euros d'économies que je redonne en services publics.
On a entendu, Valérie Pécresse, votre expression d'overdose fiscale en France. Le gouvernement prépare, Renaud Delis, plusieurs mesures destinées à augmenter le pouvoir d'achat des Français. On va y venir maintenant. Il y en a une qui a évoqué précisément le Premier ministre Édouard Philippe, hier soir sur TF1. Il s'agit d'une prime qui pourrait être versée aux salariés, une prime qui serait défiscalisée.
Nous avons évoqué hier à l'Assemblée nationale, et je l'ai redit au Sénat, la possibilité de prendre en compte des mesures qui sont proposées, qui sont dans le débat, qui vont être évoquées demain entre les organisations syndicales et les organisations patronales, qui pourraient correspondre, par exemple, au versement d'une prime par les employeurs aux salariés, laquelle pourrait être défiscalisée. Est-ce que vous soutenez cette proposition ?
Oui, je soutiens cette proposition. Je la soutiens d'autant plus que depuis, là encore, des mois, je dis qu'il faut que les salaires nets augmentent. Ce doit être une prime de quel montant pour vous ? Non, mais je suis... Quel montant ? Pardon ?
Quel montant pour vous, cette prime ? Elle devrait s'élever à quel montant ?
Écoutez, je ne suis pas au gouvernement. Ce n'est pas à moi de fixer le cap de cette prime. Et le montant, c'est au gouvernement en lien avec les entreprises. Mais ce que je dis depuis des mois, c'est qu'aujourd'hui, il est choquant que le travail ne paye pas davantage. Et nous avons besoin d'avoir des salaires nets qui soient plus élevés, notamment pour les métiers, les personnes qui ont des métiers durs, des métiers pénibles et qui ont beaucoup de temps de transport. Comment est-ce qu'on fait augmenter les salaires aujourd'hui en France ? Au niveau de la région, on fait les réformes, on baisse les charges, et on permet à tous les salariés...
La réforme est entrée en vigueur sur les fiches de paye du mois d'octobre pour les salariés.
En partie, mais il en reste. Mais il reste encore des charges. Et moi, personnellement, j'étais pour les heures supplémentaires totalement défiscalisée. Parce que je pense que quand on travaille plus, on doit pouvoir gagner plus. Et qu'il faut redonner la valeur au travail. Mais au-delà de ça, je pense qu'il faut que nous nous mettions tous dans une logique de pouvoir d'achat. Et à ce stade, la région Île-de-France a déjà annoncé une première mesure. Parce que nous sommes dans une situation très particulière, où nous avons des automobilistes qui aussi prennent les transports en commun ou peuvent les prendre.
Moi, j'ai annoncé que tous les parkings relais hors Paris, qui sont de la responsabilité d'Île-de-France Mobilité, seraient rendus gratuits cette année. C'est une économie qui sera de 40 euros par mois en moyenne, et qui pourra représenter près de 500 euros par an pour les automobilistes francis.
Laurent Wauquiez, le patron de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a annoncé hier soir que sa région allait faire un geste pour les automobilistes. Il va baisser la part des taxes que perçoit sa région. Alors c'est de l'ordre du symbole, sur un plein d'essence, je crois que ça fait une dizaine de centimes, ce qui n'est pas rien, mais ce n'est pas ça qui va faire massivement baisser les prix. Est-ce que vous allez faire la même chose en Île-de-France ?
Non, je vous l'ai dit, moi j'ai choisi de faire une mesure plus massive, celle de la gratuité des parkings relais, parce que je pense que nous sommes dans une situation très différente de Renalpe. Nous, en Île-de-France, nous avons 8 millions de salariés qui prennent tous les jours les transports en commun. Mais nous avons aussi des franciliens qui sont éloignés de ces transports, qui sont obligés de prendre leur voiture. Et pour qu'ils puissent s'arrêter et prendre aussi les transports en commun, pour ne pas avoir à payer l'essence, pour ne pas avoir à se mettre dans les embouteillages, nous allons vers cette mesure de la gratuité des parkings relais.
Mais je réfléchis aussi à d'autres mesures qui permettraient, là encore, d'aider les automobilistes d'Île-de-France.
La gratuité des transports en commun, par exemple ?
Non, mais attendez, M. Fauvel, pas de démagogie. Les transports gratuits, ça n'existe pas. Qui pense un seul instant que les 10 milliards d'euros de coût de fonctionnement des transports en Île-de-France sont gratuits, pourraient être gratuits ? Si on rendait les transports en commun gratuits, il faudrait que le contribuable paye. Alors, excusez-moi de vous dire que je ne vois pas pourquoi un retraité qui ne prend pas les transports en commun ou un automobiliste qui ne prend pas les transports en commun, parce que justement il n'en a pas, devrait payer à la place de l'usager des transports en commun.
Ça, ça fait la solidarité nationale. Tout le monde ne va pas à l'hôpital, mais on paye pour l'hôpital. Tout le monde ne va pas des enfants à l'école, mais on paye pour l'école.
Il me semble que le mouvement des Gilets jaunes est d'abord un mouvement d'automobilistes qui est monté à cause du prix de l'essence. Je ne crois pas que les automobilistes qui devraient donc payer leur essence voudraient aussi avoir 500 euros par an pour payer la gratuité des transports en commun, eux qui n'en ont pas. Je crois que ce serait une mesure qui n'aurait pas de sens, en tout cas qui ne répondrait pas à l'urgence de cette France périurbaine qui, elle, souffre d'avoir moins de services publics, moins de transports en commun, M. Fauvel, et d'avoir justement à payer des hausses de taxes sur l'essence.
Donc je crois qu'aujourd'hui, la question, c'est que nous avons le pass Navigo en Ile-de-France qui est le moins cher d'Europe, c'est moins cher en Ile-de-France qu'à Lyon, par exemple, le pass Navigo, pour toute zone, c'est 75 euros pour circuler sur toute l'Ile-de-France et remboursé à 50% par l'employeur. Donc nous avons un tarif qui est l'un des plus bas d'Europe, mais en revanche, nous avons aussi des millions de Franciliens qui, tous les jours, sont obligés de prendre leur voiture parce qu'ils n'ont pas d'autre choix, pas d'autre service public. C'est cette France périurbaine à laquelle nous devons nous adresser aujourd'hui.
Et c'est cette mesure parking-relais, mais j'aurai d'autres mesures dans les jours qui viennent pour ces automobilistes.
Pardon, une petite pause, Valérie Pécresse, on poursuit dans 1 minute, 8h51, Victor Mathais.
Des moyens exceptionnels demain pour l'acte 4 du mouvement des Gilets jaunes. 89 000 membres des forces de l'ordre seront mobilisés sur tout le territoire. A Paris, de nombreux événements du week-end sont reportés ou annulés. La tour Eiffel sera fermée. Les commerçants des Champs-Elysées sont invités à ne pas ouvrir. La marche pour le climat est maintenue, mais son parcours modifié. Les lycées parisiens seront tous fermés. Édouard Philippe, mercredi à l'Assemblée, hier au Sénat et à la télé. Emmanuel Macron lui sortira de son silence en début de semaine prochaine, assure ce matin le président de l'Assemblée, Richard Ferrand.
Près de 300 lycées bloqués hier dans toute la France et 700 interpellations. La scène la plus remarquée, commentée, critiquée, c'est bien sûr cette vidéo filmée à Mantes-la-Jolie dans les Yvelines des dizaines d'élèves à genoux et les mains sur la tête encadrées par des policiers. Après des affrontements avec les forces de l'ordre, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer se dit ce matin choqué mais appelle à remettre les images dans leur contexte. 18 ans après son arrivée à la tête de la CDU, Angela Merkel va céder son poste. Le nom du successeur de la chancelière à la tête du parti conservateur allemand sera connu dans l'après-midi.
On va dire mes dernières parties de cette interview avec Valérie Pécresse, la présidente des Républicains de la région Île-de-France et avec Renaud Dely. Oui Valérie Pécresse, il y a une revendication qu'on entend beaucoup dans le mouvement des Gilets jaunes qui est celle d'une hausse du SMIC. On évoquait le pouvoir d'achat. Est-ce que vous êtes favorable à une hausse du SMIC ?
Je l'avais dit, j'avais dit que j'étais favorable à une hausse du SMIC nette. Pas une hausse du SMIC brute pour ne pas dégrader la compétitivité de nos entreprises parce que derrière il y a la question de la création d'emplois mais j'étais favorable, je suis toujours favorable à une hausse du SMIC nette parce que là encore je pense que les salariés au SMIC ont souvent des métiers qui sont des métiers durs et que ces métiers durs, eh bien ils doivent être mieux rémunérés dans la France d'aujourd'hui.
Une hausse de quel niveau ?
C'est une question de baisse de charge.
Vous avez dit 20% au mois de juin, vous aviez dit 20% de hausse du SMIC nette.
J'avais dit, on pourrait envisager une hausse du SMIC de 20% en baissant toutes les cotisations et si on y arrivait progressivement, pas immédiatement tout de suite, mais si on y arrivait, ça voudrait dire qu'on aurait réussi à réformer profondément le pays. Le sujet c'est que les français n'aiment pas le mot réforme parce qu'ils pensent que réforme ça veut dire moins de droits à la fin.
S'ils avaient conscience que si on réforme les services publics, c'est-à-dire si on dépense moins et mieux dans les services publics, alors ça se traduit immédiatement sur leur feuille de paye par une hausse de leur salaire nette, réforme contre hausse du pouvoir d'achat, à ce moment-là, eh bien ils comprendront l'intérêt de la réforme. Notre pays crève de notre lâcheté à réformer en réformant, en évitant les gaspillages, en évitant les doublons, en limitant la bureaucratie, limitant les normes. On ferait faire des gammes de pouvoir d'achat aux français.
Une autre revendication qu'on entend dans le mouvement des gilets jaunes, c'est la restauration de l'impôt de solidarité sur la fortune. Est-ce que vous y êtes favorable ?
Moi je ne crois pas que la réponse ce soit de réaugmenter les impôts. Si l'issue du mouvement... Là sont les impôts du 1% le plus riche. Moi je l'ai dit aussi, avoir supprimé l'impôt de solidarité sur la fortune l'année où on augmentait la CSG sur les retraités, c'était particulièrement maladroit. Je pense qu'il fallait baisser les impôts sur les classes moyennes, je l'ai dit, et je pense qu'on ne pouvait pas faire cette baisse d'impôts en même temps qu'on faisait une hausse d'impôts pour les retraités. C'est ça qui génère la colère. C'est ça qui génère la colère. Mais si... Non, pardon, laissez-moi finir.
Guillaume Pelletier, vice-président de votre parti, Guillaume Pelletier, vice-président des Républicains, il explique que c'est un symbole important. Donc il est plutôt favorable à son établissement.
Franchement, on marche sur la tête. On est face à une colère fiscale des Français qui demande des baisses d'impôts et la seule réponse qu'on ferait, c'est-à-dire que parce qu'on est incapable de baisser les impôts pour les classes moyennes, ce serait de les remonter pour les plus privilégiés.
Les Gilets jaunes ne manifestent pas pour le patrimoine de François Pinault, Valérie Pécresse. Non, non, mais pardon, M. Fauvel. Ce n'est pas pour les plus riches qui manifestent aujourd'hui.
M. Fauvel, bien évidemment, mais comprenez qu'on marche sur la tête. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la seule chose que l'État est capable de faire, c'est de réaugmenter les impôts. Enfin, ce serait un contre-symbole. Nous devons travailler à baisser... Mais la justice fiscale, c'est de baisser les impôts pour les classes moyennes, c'est de baisser les impôts pour ceux qui travaillent, c'est de baisser les impôts. Oui, non, mais faire payer davantage, on sait faire. Mais franchement, moi, je...
3 milliards de moins.
M. Fauvel, je vous le dis, je vous le dis, si le mouvement des Gilets jaunes n'accouche que d'une hausse d'impôts, franchement, il aura raté sa cible. Ce que les Français veulent, c'est plus de pouvoir d'achat. Pour eux, c'est vivre plus décemment. Eux, c'est pas forcément aller taxer le voisin. Et par ailleurs, j'ajoute, que nous sommes en train de gagner une bataille qui était une bataille très importante de relocalisation d'emplois. Pardon de le dire, mais avec la sortie de la Grande-Bretagne, de l'Union Européenne, nous avons besoin de faire revenir toutes les entreprises de Londres à Paris, mais aussi dans les Hauts-de-France, en Normandie, en Aquitaine, dans le Grand-Est.
On est aujourd'hui en train de gagner la bataille de la relocalisation, non seulement des emplois financiers, mais aussi des emplois industriels. Et je voudrais en parler parce que...
Grâce à la politique fiscale du gouvernement.
Mais parce que le gouvernement a donné le sentiment qu'il était pro-entreprise. Pro-entreprise. Donc moi, je crois qu'il faut qu'aujourd'hui, nous ne tombions pas dans le travers qui est de faire peur aux investisseurs et aux entreprises, parce que nous avons besoin de lutter aussi contre le chômage. Le mot chômage n'a pas été prononcé depuis la crise. C'est aussi une déplie de notre pays. Donc il faut créer de l'emploi et il faut baisser les impôts de ceux qui travaillent en même temps. Et ça, ça pourrait être le vrai en même temps de M. Macron.
Renaud, vous évoquez précisément les entreprises. Ce mouvement des Gilets jaunes depuis maintenant plus de trois semaines, il a aussi de lourdes conséquences économiques sur le commerce. En particulier, vous receviez hier des représentants, des commerçants. Est-ce que vous demandez un geste de l'État ? Est-ce que la région va se mobiliser pour venir en aide aux commerçants dont le chiffre d'affaires a chuté ?
Bien évidemment. Alors ce n'est pas le moindre des paradoxes du mouvement des Gilets jaunes. C'est qu'en bloquant Paris pendant trois week-ends, dans cette période du mois de décembre qui est le pic de la saison touristique, alors que nous nous apprêtions à annoncer d'avoir rétabli la situation après la tragédie du Bataclan qui nous a coûté 30 000 emplois en Ile-de-France. 30 000 emplois après les attentats terroristes. Nous avions rétabli vraiment la situation et nous nous apprêtions à avoir un Noël qui soit une bonne saison.
Et derrière le mouvement des Gilets jaunes, il y a des dizaines de milliers de salariés de l'hôtellerie, du commerce, de la restauration qui aujourd'hui sont obligés de fermer boutique et qui risquent de passer un très mauvais Noël parce qu'ils sont en partie payés à la commission et que si la saison de Noël est complètement compromise à cause de ces scènes de violence ultra médiatisées à Paris, les Gilets jaunes plongeront des milliers de familles qui sont comme eux à compter les euros à la fin du mois dans la détresse. C'est pour ça que j'appelle à vraiment ne pas venir à Paris pour que les filières touristiques et hôtelières ne soient pas marquées et qu'on puisse avoir des vraies mesures.
Nous ferons une campagne de promotion de la destination de Paris dès que les mouvements seront terminés. J'ai reçu les hôteliers, j'ai reçu les commerçants et nous allons les aider.
Merci Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France d'être venue ce matin sur le plateau de France Info.
Valérie Pécresse