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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 18 janvier 2024 25 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiInstitutions & électionsSolidarités & famille

Hypocrites ! Thomas Porcher critique le nouveau gouvernement Attal

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:10OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que tu en penses de la composition du nouveau gouvernement ?

  • 5:39OuverteRéponse directe

    Comment tu analyses les premiers discours de Gabriel Attal ?

  • 8:31OuverteRéponse directe

    Bruno Le Maire reste à Bercy, qu'en penses-tu ?

  • 10:25RelanceRéponse directe

    Est-ce que la France est vraiment le premier pays d'Europe pour les investissements étrangers ?

  • 13:16OuverteRéponse directe

    Comment a évolué le macronisme depuis 2017 ?

  • 16:44OuverteRéponse directe

    Gabriel Attal parle de protéger les PME via l'Europe, tu partages ce constat ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:46InvitéFait
    « Sur la politique économique qu'ils vont mener, c'est la même, mais la même au millimètre près. »
  • 4:31InvitéFait
    « Libérer le potentiel français, cela veut dire continuer à transformer notre économie autour de trois axes majeurs. »
  • 8:54Invité politiqueFait
    « Tout a changé parce que notre économie a changé. Et que sous l'impulsion de cette majorité, en 7 ans, l'économie française a rattrapé son retard. »
  • 9:24Invité politiqueChiffre
    « Grâce à eux, nous avons créé 100 000 emplois industriels, ouvert 300 usines, réhabilité des sites, relancé le nucléaire. »
  • 9:33Invité politiqueFait
    « Nous avons rompu en 7 ans avec la malédiction du chômage de masse en France. »
  • 13:40InvitéFait
    « Macron, sur la politique économique, en 2017, il a été libéral. »
  • 13:45InvitéChiffre
    « Il fallait baisser le nombre de fonctionnaires, suppression de 120 000 postes. »
  • 13:55InvitéChiffre
    « Baisse de 25 milliards sur la sphère sociale, sur l'assurance maladie, la santé, sur l'assurance chômage. »
  • 15:04InvitéFait
    « On allait donner plus de prestations aux gens, mais en faisant une économie sur l'enveloppe globale. »
  • 23:10InvitéFait
    « En Belgique, les salaires sont indexés sur les prix, ce qui fait que les salaires ont augmenté très fortement et qu'ils ont suivi l'inflation. »

Temps de parole

  • Invité64 %
  • Présentateur28 %
  • Invité politique4 %
  • Invité 24 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. On est les premiers, on est les premiers, oui mais, so what ? Comme on va dire, on a 5% de chômage, Emmanuel Macron c'est un très bon publicitaire. Je veux dire, ce qu'il a fait là, c'est très malin. Il se dit bon, elle est arrivée au bout, il faut changer le produit, on fait venir Gabriel Attal. C'est ça le macronisme, c'est des slogans.

0:20
Présentateur

Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porcher. L'Instant Porcher, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous, avec Thomas, pour analyser, décrypter et avoir les clés pour comprendre ce qu'il se passe autour de nous. Ça fait déjà trois mois qu'on tient le pari qui a pu sembler fou, faire tourner une télé d'info indépendante et engagée, des luttes. Merci pour votre force, le média ne tient que par vous. N'hésitez pas à rejoindre l'aventure de manière pérenne en vous abonnant à partir de 5 euros par mois pour soutenir la première coopérative médiatique de France sur le petit écran. Bonjour Thomas.

0:52
Invité

Salut Lisa.

0:53
Présentateur

Et nouveauté pour 2024, vous en parlez la semaine dernière déjà, j'intégrais souvent vos commentaires et vos questions dans la préparation de l'Instant Porcher. Sachez désormais que nous répondrons à une de vos questions économiques toutes les semaines, alors n'hésitez pas en commentaire de la vidéo sur YouTube. Et si vous êtes à la télé, vous pouvez envoyer un petit mail à contact.lemediatv.fr. Alors avec toi Thomas, aujourd'hui au programme, on va parler remaniement, Gabriel Attal, etc. C'est parti. Ça y est, on arrive enfin presque au bout du remaniement ministériel.

Après une semaine de vide intersidéral où l'on se perdait en conjecture et les breaking news qui suivaient les voitures et les camions de déménagement, où Emmanuel Macron a joué le suspense pour faire oublier la loi immigration quand la réforme des retraites est déjà aux oubliettes, voici le sésame, la liste du nouveau gouvernement. Tout d'abord, l'annonce de Gabriel Attal, premier ministre, plus jeune homme, premier ministre, 34 ans, premier premier ministre ouvertement gay, et j'en passe, ce pur produit d'école privée serait-il une marque de progressisme ? Eh bien, pas tellement, on va voir ça. Ensuite, la composition du gouvernement.

Alors sur le progressisme, on repassera entre le nombre historique d'anciens sarkozistes ou de pro-manifs pour tous. Voici la liste officielle. Évidemment, la nomination de Rachida Dati, ministre de la Culture, fait couler beaucoup d'encre. Mise en examen depuis 2021 pour corruption et trafic d'influence passif, Rachida Dati, qui fustigeait le macronisme comme des traîtres de gauche et de droite, a été exclu des Républicains après l'annonce. Mais ce qui est intéressant à noter, c'est la disparition de certains ministères, réduits à 11 contre plus de 15 auparavant.

La santé, rien que ça, pour former un gros ministère avec le travail et les familles, mené par Catherine Vautrin, participante de la Manif pour tous. La transition énergétique, envolée, fondue dans le ministère de l'économie, selon le média Contexte. Et ce n'est pas anodin de retirer cette compétence à l'écologie pour revenir à la situation sous Sarkozy. Et l'éducation qui a fusionné avec le sport et les JO, deux domaines avec très peu de travail en 2024, me direz-vous. Disparition également du ministère du Logement ou des Transports. L'annonce des secrétaires d'État arrivera dans un second temps.

Thomas Mediapart parlait du nouveau visage du vieux monde pour décrire Gabriel Attal, le Premier ministre. On prend presque les mêmes et on recommence. Niveau économie, par exemple, Bruno Le Maire reste à Bercy une fois de plus. Qu'est-ce que tu en penses là de tout ça ?

3:11
Invité

Macron, ça a toujours été le vieux monde avec un visage jeune. Je me souviens quand il est arrivé en 2017, il y avait exactement le même enthousiasme de certains journalistes autour de Macron. On constate que c'est aujourd'hui autour d'Attal, c'est-à-dire que c'était un jeune qui avait fait une brillante carrière. Qui était plutôt de gauche, c'est ce qu'on nous disait, mais qui avait derrière un programme économique très libéral. Et là, Gabriel Attal, c'est pareil. Pour avoir débattu de nombreux soins avec lui, y compris avec Bruno Le Maire, ils sont parfaitement interchangeables. Sur la politique économique qu'ils vont mener, c'est la même, mais la même au millimètre près.

Ça va être toujours la réduction des déficits, par la coupe de la dépense publique, le fait de retirer des protections aux gens pour soi-disant libérer les forces du travail. On est vraiment dans la même pensée qu'est la pensée dans la continuité de celle de Macron de 2017. Donc, rien ne va changer.

Et tu l'as très bien dit dans l'introduction, c'est un changement purement cosmétique qui a pour but d'occuper l'attention d'un certain nombre de gens pour qu'on puisse parler et faire oublier la loi immigration, comme la loi de la réforme des retraites a été oubliée, comme avant les lois travail ont été oubliées, comme avant la baisse de la fiscalité sur les plus riches a été oubliée, comme avant les baisses sur les entreprises ont été oubliées, et ainsi de suite, et ainsi de suite.

4:23
Présentateur

Dès ses premières minutes comme chef de gouvernement, Gabriel Attal a imposé le ton soufflé par Emmanuel Macron, tu viens de le dire, travail, ordre, on regarde.

4:31
Invité

Libérer le potentiel français, cela veut dire continuer à transformer notre économie autour de trois axes majeurs. D'abord, la priorité donnée au travail. Travailler doit toujours être mieux valorisé que ne pas travailler, alors que l'inflation, je le sais, continue de peser sur la vie des Français. Ensuite, c'est l'acte 2 de la libération de notre économie, notamment avec la simplification drastique de la vie de nos entreprises et de nos entrepreneurs. Et c'est enfin l'action résolue que nous devons mener pour notre jeunesse, dont le talent ne demande qu'à s'exprimer.

Ce qui est certain, vous savez, c'est qu'on est dans une situation qui est difficile, y compris d'un point de vue des finances publiques, et que ceux qui expliquent qu'il y a une forme d'argent magique expliquent aux classes moyennes qui travaillent, aux Français qui travaillent, qui eux ne sont pas dupes, que finalement, on va peut-être leur donner d'une main ce qu'on va leur reprendre de l'autre. Parce qu'à la fin, il y a toujours quelqu'un qui paye. Donc moi, je ne mentirai jamais aux Français, y compris de ce point de vue-là.

5:27
Présentateur

Alors ça y est, les lignes du macronisme sont bien tracées. Simplification de la vie des entreprises, le travail encore et toujours le travail, la vérité parce qu'on n'a pas d'argent magique et la tentative de séduction des classes moyennes. Comment tu analyses ces premiers discours ?

5:41
Invité

Ils ne sont sans aucune surprise dans la continuité de Macron, encore une fois, de la philosophie de Macron depuis 2017. C'est-à-dire qu'il faut avantager ceux qui travaillent. Ceux qui ne travaillent pas, c'est un choix, donc il faut leur retirer des protections. Alors c'est ce qu'on a fait avec la réforme de l'assurance, c'est ce qu'il a fait avec la réforme de l'assurance chômage, qui pourrait se poursuivre, parce qu'ils vont avoir du mal à avoir leurs 5% de chômage sans faire en sorte de rendre beaucoup plus difficile l'accès au statut de chômeur et donc supprimer encore des prestations pour les plus vieux peut-être. C'était l'idée de Bruno Le Maire ou ailleurs.

C'est l'idée qu'on peut faire travailler les gens beaucoup plus longtemps, comme ça on fait des économies sur les retraites, mais en même temps, on permet à certains de dire qu'on pourra travailler jusqu'à un certain âge et que ceux qui veulent peuvent. Donc on est vraiment dans la même logique. Après, sur les classes moyennes, au début, il a baissé les cotisations qu'il a remplacées par de la hausse de la CSG en 2017 en disant que ça allait relancer le pouvoir d'achat, qui s'en souvient, tout le monde a oublié.

Donc là, ils vont rester sur les 2 milliards de baisses d'impôts promis par Emmanuel Macron, qu'il avait sorti du chapeau comme ça l'année dernière, qu'il n'a pas mis dans ce budget parce qu'il n'avait pas les moyens de le mettre, qu'il va peut-être mettre dans les budgets futurs, mais ces 2 milliards, il ne faut pas être dupe, ça va faire une économie par personne de 30 euros, pas plus. Donc avec l'inflation que l'on connaît encore, enfin les prix élevés, même si l'inflation se réduit, les prix élevés que nous connaissons encore, et le fait que les salaires n'aient pas rattrapé ces prix, pour les gens, ce ne sera rien du tout.

7:01
Présentateur

Et ce fameux « on n'a pas d'argent magique, il faut qu'on fasse des économies ».

7:04
Invité

Oui, ça c'est assez marrant, c'est qu'il l'a ressorti hier au 20h, qui était une de ses premières prises de parole, il a dit « ceux qui vous font croire que l'argent magique existe, vous le reprendront d'une main ». Alors c'est assez marrant parce qu'il a fait exactement la même chose, Emmanuel Macron, c'est que chaque fois qu'il a baissé la taxe d'habitation, qu'il a baissé les cotisations, qu'il a donné l'impression de redonner du pouvoir d'achat, il les a repris ailleurs, en supprimant des postes, à l'hôpital, ou en supprimant des postes dans la fonction publique.

Donc ce qu'on vous donne d'un côté dans le pouvoir d'achat, on vous le retire ailleurs et vous allez devoir payer plus cher pour avoir le même service. Là, il a dit ça pour l'argent magique. Et il reprend une phrase du président lui-même, parce que l'argent magique, ça vient d'où ? Ça vient de cette phrase que Macron avait dit quelques mois avant la crise du Covid à une aide soignante du CHU de Rouen, où il avait dit « on a besoin de moyens ». Il lui a dit « il n'y a pas d'argent magique, il faut réduire la dette et le déficit ». Et après, on a eu le Covid et en premier poste, c'était l'hôpital. Et là, Macron a dit « oui, on va se réinventer, on va se réinventer ».

Et moi, je me demande toujours, et je me poserai toujours cette question, si on avait mis les moyens avant, combien de morts on aurait évité ? Probablement beaucoup. Donc là, il ressort le même vocabulaire, c'est qu'il n'y a pas d'argent magique, donc il faut réduire les déficits. On réduit les déficits pas en relançant l'activité, ça n'existe pas chez eux, parce que l'activité ne se relance pas par l'investissement public. Donc on réduit les déficits publics en baissant la dépense publique, tout en voulant baisser les impôts.

Et moi, j'ai bien peur qu'au final, l'effet escompté soit moindre, c'est-à-dire qu'on va baisser la dépense publique, ce qui va baisser encore plus le PIB, ce qui va encore plus baisser le déficit en pourcentage de PIB.

8:30
Présentateur

Alors, c'est lié avec ce que tu viens de dire. On l'a dit, Bruno Le Maire est resté à Bercy, qu'il tient depuis presque 7 ans maintenant. Le ministre de l'Économie a présenté ses voeux aux acteurs économiques lundi dernier. Bruno Le Maire se félicite que la France est le premier pays à attirer les investisseurs étrangers, décarbonation, réindustrialisation, emploi. Le ministre est très fier de son bilan car sous l'impulsion du macronisme, l'économie a changé.

8:54
Invité politique

Tout a changé parce que notre économie a changé. Et que sous l'impulsion de cette majorité, en 7 ans, l'économie française a rattrapé son retard, corrigé ses faiblesses majeures, affirmé ses ambitions. En 7 ans, nous sommes devenus une des premières économies décarbonées en Europe. Nous avons engagé la réindustrialisation de la France et je salue tous les capitaines d'industrie qui sont présents ici dans cette salle. Grâce à eux, nous avons créé 100 000 emplois industriels, ouvert 300 usines, réhabilité des sites, relancé le nucléaire. Nous avons rompu en 7 ans avec la malédiction du chômage de masse en France.

Nous nous rapprochons du plein emploi qui est la norme dans les nations développées. Et le plein emploi doit redevenir la norme en France après 50 années de chômage de masse. Nous sommes devenus la nation la plus attractive pour les investissements étrangers en Europe.

9:56
Présentateur

Alors, ce qu'on vient de voir, c'est lié à ce qu'on disait juste avant et même dans les commentaires de l'Instant Prochet, beaucoup de gens nous disent « Oui, vous décryptez tout le temps qu'il n'y a pas d'argent magique, qu'on nous retire des aides, etc. » Mais on parle peu, alors on en parle un peu quand même, de ces bénéfices records des entreprises, de, pareil, dans le discours de Gabriel Attal, il faut simplifier la vie des entreprises. Donc là, on parle des grandes entreprises, baisser leurs impôts, augmenter leurs subventions, que sais-je. Et là, par rapport à ce qu'a dit Bruno Le Maire, est-ce que c'est « the place to be » ?

Comme il l'a dit lui-même a dit, « La France, c'est the place to be ».

10:25
Invité

Pour moi, le macronisme est rempli de phrases toutes faites comme ça. Quand on dit, par exemple, comme le répète souvent Bruno Le Maire, « La France, c'est le premier pays d'Europe qui attire les investissements étrangers. » Génial, surtout depuis la sortie du Royaume-Uni. Mais oui, c'est vrai. Mais ça veut dire quoi, ça ? C'est quoi un investissement étranger ? Les gens, ils ont dans la tête, en fait, l'idée que c'est une entreprise étrangère qui arrive, qui ouvre une usine et qui va créer des emplois. Mais ce n'est pas que ça. Ça peut être aussi une entreprise étrangère qui arrive, qui achète une entreprise française.

Donc là, ça compte comme un investissement direct étranger, mais qui la restructure ensuite. C'est-à-dire qu'il va licencier des gens, en partie, etc. Et ça, ce n'est pas une bonne chose. Donc quand on parle d'investissement étranger, il faut comprendre de quoi on parle. Et puis tu peux avoir des investissements étrangers parfois où ça ne crée pas d'emplois. D'ailleurs, en fait, en France, on crée beaucoup moins d'emplois par investissement étranger que dans d'autres pays. Mais ça, c'est une autre histoire. Et puis il y a aussi le fait que quand on parle de réindustrialisation, de politique industrielle, il faut comprendre que s'il y a un investissement direct étranger, il y a un concurrent.

Par exemple, sur l'automobile, on parle beaucoup de la voiture électrique. Macron a fait en sorte qu'il y ait un leasing sur la voiture électrique pour une voiture qui soit peu chère et les classes moyennes, voire modestes. Si vous faites rentrer un constructeur étranger, il porte un taint-taquis au constructeur français. Donc il faut faire très attention. Soit on a une politique de réindustrialisation, on a une politique de planification écologique. Et donc on cite les acteurs qu'on va mettre en avant, qui doivent être mis en avant selon un certain nombre de critères. Création d'emplois en France, payer des impôts, etc.

Mais si on ne fait pas ça et qu'on dit oui, il y a de l'investissement, c'est génial. Si on fait rentrer Tesla, je crois que les premiers affectés vont être les constructeurs français. Donc là-dessus, ça ne veut rien dire ce mot-là. Donc c'est une phrase creuse qu'on dit comme ça. On est les premiers, on est les premiers. Oui, mais so what ? Comme on va dire, on a 5% de chômage. Oui, mais si on a 5% de chômage et qu'il y a une explosion du travail précaire, on n'a pas résolu la question du chômage dans son ensemble quand on prend toutes les catégories. Donc, c'est ça le macronisme. C'est des slogans, en fait. Mais quand on creuse, c'est un peu plus compliqué que ça.

12:15
Présentateur

Donc quand Gabriel Attal, il dit moi, je vais vous dire la vérité, je ne vais pas mentir aux Français.

12:20
Invité

Il dit une vérité, mais en fait, c'est du slogan publicitaire. Emmanuel Macron, c'est un très bon publicitaire. Je veux dire, ce qu'il a fait là, c'est très malin. Il se rend compte qu'Elisabeth Borne a fait le sale boulot à coup de 49-3. Elle a passé la loi immigration, etc. Il se dit, bon, elle est arrivée au bout, il faut changer le produit. On fait venir Gabriel Attal. Sa jeunesse, son bas goût, sa trajectoire scolaire va impressionner tout le monde. On ne va parler que de ça. Et on oublie le reste. On fait comme s'il y avait un renouveau. Mais il n'y aura absolument pas de renouveau. C'est un petit tour de manège.

On fait changer les gens sur l'extérieur, mais sur le fond, rien ne change.

12:55
Présentateur

Ce nouveau gouvernement, c'est aussi un petit tacle à Édouard Philippe. Tant ces ministres, là, sont à droite, le fameux ni de droite, ni de gauche, dont on était peu dupes, nous ici, s'est transformé en gouvernement et réforme, dont pouvait rêver l'UMP, même l'EFN. On l'a dit pendant la loi immigration. La fameuse aile gauche qui n'était pas à l'aise avec cette loi a disparu du gouvernement. Thomas, comment a évolué le macronisme depuis 2017 ?

13:20
Invité

Alors moi, ça m'a toujours fait halluciner. Et encore aujourd'hui, je vois des débats où des gens se disent c'est l'aile gauche, Gabriel Attal, c'est l'aile gauche parce qu'il vient du Parti Socialiste. C'est à peu près ça. Je veux dire, M. Apathy, l'autre fois, dans une émission, il disait, voilà, c'est quoi être de gauche s'il n'est pas de gauche ? Il y a vraiment une vraie confusion là-dessus. Il faut être clair. Macron, sur la politique économique, en 2017, il a été libéral. C'est-à-dire qu'il fallait baisser le nombre de fonctionnaires, suppression de 120 000 postes. Je veux dire, il critiquait beaucoup Pécresse quand elle voulait en supprimer 150 000, mais lui, il était à 120 000.

C'était ça en 2017. Suppression de 120 000 postes. Baisse de 25 milliards sur la sphère sociale, sur l'assurance maladie, la santé, sur l'assurance chômage. C'était ça, Macron. C'était loi travail, baisse d'impôts sur les plus riches. Donc là, on est clairement dans une philosophie libérale, donc de droite. Très clairement, il faut le dire. Après, sur le sociétal, en 2017, Macron n'a pas fait une référence hasardeuse à l'immigration. C'est vrai, il n'a pas parlé, alors que traditionnellement, la droite s'attaquait toujours un petit peu dans la lignée de Marine Le Pen aux questions d'immigration. Lui, il n'en avait pas fait un mot. Et donc, sur le sociétal, il était plutôt vu de gauche.

Donc, c'était le libéral de droite et le sociétal de gauche. Sauf que là, il y a une vraie conversion parce que même sur le sociétal, avec la loi immigration, mais aussi avec ses propos sur Depardieu, il est devenu extrêmement conservateur. Donc aujourd'hui, il est libéral sur l'économie, ça n'a pas changé, et conservateur sur les questions sociétales. Mais à la base, sur l'économie, je ne comprenais pas moi comment les gens pouvaient dire qu'il était de gauche ou qu'ils pouvaient dire qu'il y avait de la flexi-sécurité. On l'a rappelé un million de fois ici.

La flexi-sécurité qui visait à donner des prestations chômage aux démissionnaires et aux auto-entrepreneurs avec l'ubérisation de l'économie, elle se faisait sous une condition d'économie de 10 milliards sur l'assurance chômage. Ce qui veut dire qu'on allait donner plus de prestations aux gens, mais en faisant une économie sur l'enveloppe globale. Ça veut dire quoi ça ? Ça veut dire que les gens vont avoir moins de prestations dans leur poche, mais aussi moins longtemps. Donc, on savait même que ce qui était social, sécurité, était conditionné à des économies. Donc, il n'y avait rien de social. Et là, c'est pareil. Il faut regarder. Il a été ministre du budget.

Bon, on était dans la même lignée habituelle. Il faut couper les dépenses publiques, il faut faire des économies, etc. Là, il nous dit oui, il faut privilégier le travail, la France qui travaille. Pourquoi pas ? Mais ce n'est pas parce qu'on va couper les protections aux gens que les gens vont plus travailler. C'est ça qu'il n'a pas compris. Or, lui, il part de ce principe-là. Et une dernière chose que je dirais, c'est qu'on est toujours dans la simplification, la continuité de la baisse d'impôts. Tout ce qui nous a été promu avec des réformes quasiment similaires, parce que pourquoi on a fait la première loi travail ? Simplification. C'est le PS. Pourquoi on a fait la deuxième loi travail ?

Simplification. Pourquoi on a fait le CICE ? Simplification. Pourquoi on a baissé les impôts de pauvres ? Simplification. Et chaque fois, on nous dit que ça va relancer l'économie. Ça va être super. Et ce n'est jamais aussi super qu'on nous le dit. Ce n'est jamais aussi super qu'on nous le dit. Ça relance les dividendes. Voilà. Et là, la question, c'est toujours d'aller plus loin encore. Et moi, ce qui m'étonne, c'est que j'ai toujours l'impression de revivre le film de 2017. Parce qu'on nous ressent toujours qu'on va aller là-dessus. Mais on l'a déjà fait. Quels ont été les effets ? Pas grand-chose.

Beaucoup d'études, en plus de France Stratégie, etc., le disent que les effets n'étaient pas ce qu'on nous avait promis au départ. Mais on continue. On continue. On continue.

16:34
Présentateur

Il y a même un déni qui est très fort, une négation quand on dit à Bruno Le Maire la France s'appauvrit et qu'elle dit non, non, elle ne s'appauvrit pas alors que les chiffres montrent que les Français sont en train de s'appauvrir. Dans son interview sur TF1, Gabriel Attal a parlé des PME. Il dit que l'Europe les protégerait, selon lui. Est-ce que tu partages le même constat ?

16:53
Invité

Oui, ça, c'est typiquement une phrase creuse. Moi, la PME, je l'ai plein. Parce que c'est toujours un petit peu eux qu'on utilise un peu comme voiture bélier. Petit témoin des entreprises. Vous savez, la loi Travail, c'est bien pour les PME, pour les PME qui embauchent. Vous savez, la simplification, c'est bien pour les PME. Très bien. Mais alors, dans ce cas-là, pourquoi on ne fait pas un small business hack comme aux Etats-Unis ? C'est-à-dire quelque chose qui ne concernerait que, mais que les PME. Mais ce n'est jamais le cas. Donc, il y a tout un tas de gens qui en profitent. Le CICE, c'est le CAC 40 qu'on a le plus profité. La loi Travail, c'est pareil.

C'est toutes les grandes entreprises, mais on utilise le PME comme voiture bélier. Et là, hier, c'est exactement ce qu'il a fait. Il a dit, oui, l'Europe, c'est super, ça permet de demander aux petites PME qui exportent. Alors, vous savez, les PME qui exportent, c'est très minoritaire. Quand vous regardez les exportations aujourd'hui, les exportations, 80% des exportations françaises, c'est des grosses entreprises, des entreprises de taille intermédiaire. Donc, c'est quand même déjà, les PME, elles exportent très peu. Les PME, leur concurrence est souvent locale. Et l'Europe, pour le coup, joue contre eux.

Parce que vous avez, on l'a souvent dit ici, vous êtes un petit restaurateur, où vous avez un petit café en face, vous allez avoir une grande multinationale qui, elle, paye ses impôts en Irlande, qui a une pression fiscale beaucoup plus faible que vous, qui joue l'Europe, l'impôt, en délocalisant ses espaces de production, etc., etc., et qui est localement en concurrence avec vous, qui ne pouvait pas délocaliser, qui avait une pression fiscale plus forte, etc. C'est pareil pour tout, pour les libraires, etc., avec Amazon, et ainsi de suite. Donc, on est vraiment dans une concurrence déloyale qui est organisée au niveau européen.

Et quand on regarde aujourd'hui les chiffres de croissance de l'Irlande, les chiffres de productivité de l'Irlande, c'est des chiffres, mais des chiffres Eurostat, des chiffres officiels. C'est des chiffres, quand vous regardez ça, qui sont complètement anormaux, qui sont anormaux dus à l'évasion et l'évasion fiscale. Et on fait comme si on ne voyait pas ça.

18:44
Présentateur

Je me permets de poser la question, car j'ai vu le ras-le-bol des gens de part et d'autre pendant ce remaniement. Est-ce que tout ça, ce n'est pas un peu une mascarade, de pouvoir attribuer des ministères complètement différents, quel que soit le domaine de compétences, de voir des allers-retours, des gens qui ne connaissent rien m'ont dit bon, ce n'est pas grave ?

19:01
Invité

Si, en fait, la politique, et on l'a aussi dit souvent ici, et malheureusement, ça concerne tous les partis, c'est devenu un concours de beauté, c'est devenu un spectacle. C'est de changer les gens, d'avoir quelqu'un de très jeune, c'est ça, c'est une politique spectacle. Sur le fond, rien, absolument, rien ne change depuis très longtemps. Mais on doit, ça doit bouger, donc ça doit, voilà, ça fait partie du jeu. Et moi, ce qui m'étonne le plus, c'est, je pense que les Français ne sont pas si dupes que ça, puisqu'il y a des taux d'abstention énormes quand même. Donc, ils ont très bien compris que chacun servait ses intérêts.

Mais malgré tout, il y a encore des gens qui s'y arrivent à se dire bon, lui, je l'aime bien, je vais voter pour lui, il a une bonne tête, je vais voter pour lui, sans penser au fond, parce que le fond, il n'y a rien de nouveau. La politique, depuis des années, en réalité, c'est une carrière professionnelle. Et je pense que Gabriel Attal a fait une super carrière professionnelle. Il a été dans un cabinet tout de suite de Marisol Touraine. Il s'est fait élire à Venve, mais je ne pense pas qu'il connaisse énormément Venve. Enfin, il a plutôt grandi dans les beaux quartiers. Donc, il s'est fait élire à Venve.

Peut-être que c'était une circoscription qu'on lui a donnée comme ça, comme on le fait aussi énormément à gauche, soit dit en passant.

20:12
Présentateur

Tout le monde y pense.

20:13
Invité

Ce qui est une honte. Ce qui est une honte. Parce qu'à gauche, en plus, on prétend avoir une forme de valeur. Il a eu ça. Et après, il est rentré au Macronis avec Macron, député. C'est une carrière professionnelle. Et en fait, la politique, pour beaucoup, c'est une carrière professionnelle. Et je trouve ça assez problématique. Parce que l'important, c'est de trouver des bonnes alliances pour monter. Donc, ça devient de plus en plus pauvre intellectuel. Intellectuellement, ça devient de plus en plus pauvre et on reste sur du buzz, sur des sondages. Et en fonction de ces sondages, on fait monter des gens. Alors, Rachida Dati est une personnalité que les gens aiment pour son franc-parler.

Donc, on va la refaire monter. Puis, ça va affaiblir la droite. Et comme la France est à droite, il faut qu'on ait des gens de droite. Et puis, comme les gens qui ont du succès sont plutôt jeunes, il faut qu'on ait un jeune. La sortie de tous nos problèmes sera politique. Ça, c'est sûr. La sortie sera politique. Et c'est ça, moi, qui me pousse encore toujours à aller voter. Mais j'arrive de plus en plus à comprendre qu'on n'aille pas voter. Parce que c'est un cirque. Tu votes pour quelqu'un de droite, il critique tout le temps Macron, il se retrouve avec Macron. Tu votes pour quelqu'un de gauche, il critique tout le temps Macron, il se retrouve avec Macron.

Tu penses que quelqu'un de gauche, il se retrouve avec Sarkozy dans le gouvernement après ? On est où, là ? Il y a un ministre qui est d'un ministre de gauche puis il crée autre chose, il n'arrête pas de critiquer son prédécesseur. Non, mais c'est ridicule. C'est ridicule. C'est parfaitement ridicule.

21:32
Présentateur

Oui, il y a deux choses qui tournaient beaucoup.

21:33
Invité

Mais partout. Je veux dire, on s'envoie tous des boulettes canon, on n'est pas la même gauche, etc. Et puis après, on se fait un accord électoral en deux semaines pour retrouver son poste. Et puis après, on se redispute. Tout ça est ridicule. C'est quand même ridicule quand on regarde ça. Si on ne fait pas de politique, c'est ridicule. Oui, c'est ça. Soit on n'est pas d'accord, soit on est d'accord sur le fond un petit peu, mais sinon c'est ridicule.

21:52
Présentateur

Ce qu'avait participé au ras-le-bol aussi, c'était qu'on pouvait passer de ministre de la Santé à ministre du Travail à ministre de l'Industrie. On se dit, mais comment c'est possible de pouvoir trois domaines complètement différents ou quand on est censé être ministre, bien savoir son dossier. Et puis le truc, c'était de voir des ministres nous parler de travail sans cesse alors qu'il n'avait jamais vraiment travaillé.

22:11
Invité

Tout à fait. Pour le coup, on a un Bruno Le Maire qui est là depuis 2017, donc pratiquement sept ans. Donc lui a une continuité dans l'application. Mais après, oui, on a l'impression qu'on peut rester trois mois dans un ministère puis passer dans un autre ministère. Il n'y a pas de souci, les dossiers changent. Mais de toute façon, chez Macron, l'important, c'est l'économique. C'est l'économique. Le reste, il veut finir avec des très beaux chiffres. Il veut finir quand même avec une forme de code de popularité un peu sympathique. Mais il veut finir avec des bons chiffres parce qu'il sait que c'est les chiffres qui resteront. Mais l'importance pour lui, c'est l'économique.

22:44
Présentateur

Et on vous l'a dit la semaine dernière et en début d'épisode, nous prenons une question par semaine pour la poser à Thomas pour mieux comprendre l'économie. Cette semaine, la question vient de V. Will. Entre les prises de décisions plutôt bien vues prises en Belgique face au pouvoir d'achat et celles prises en France qui ratent et nous appauvrissent, quel stupide calcul politico-économique fait Bruno Le Maire pour ne même pas regarder son voisin belge et corriger le tir.

23:09
Invité

Oui, oui, tout à fait. Parce que vous savez, la Belgique, ce que nous dit cet auditeur, c'est qu'en Belgique, les salaires sont indexés sur les prix, ce qui fait que les salaires ont augmenté très fortement et qu'ils ont suivi l'inflation et qu'on a préservé le pouvoir d'achat des Belges. Et d'ailleurs, les Belges ont eu un surcroît d'activité plus important que nous. Et pourquoi nous, on n'a pas fait cette piste-là ? On ne l'a pas fait parce qu'on nous a dit, on l'a répété mille fois que ça allait augmenter l'inflation, qu'on allait nous conduire à la surinflation, manque de pot puisqu'aujourd'hui, les Belges ont une inflation négative. Donc, tout va bien, tout va très bien.

Ils ont même, enfin, même les pays qui ont indexé leur salaire sur les prix ont une inflation qui est parfois restée en dessous de la moyenne de la zone euro. Donc, tout allait bien. Donc oui, pourquoi on n'a pas suivi cette voie ? Et là, c'est là que les contradicteurs doivent parler à Gabriel Attal et lui dire, quand vous dites que la classe moyenne, c'est important pour vous, la classe moyenne, elle a été laminée par l'inflation. Laminée par l'inflation. Mais vraiment, plus que les bas salaires qui sont protégés, notamment le SMIC, qui sont protégés avec l'indexation.

Pourquoi eux n'ont pas choisi d'indexer les salaires comme nous l'avons dit un million de fois ici, au moins jusqu'au salaire médian ou moyen pour protéger la classe moyenne ? Pourquoi ils ne l'ont pas fait ? Ça, c'est une question qu'on doit leur poser. Si la classe moyenne, c'est important pour vous, vous n'avez pas baissé leurs impôts. Vous avez reporté ça, vous l'avez dit, vous avez reporté ça. Puis vous n'avez jamais, vous avez refusé tous les mécanismes d'indexation. Donc vous avez appauvri la classe moyenne comme jamais ces deux dernières années. Donc c'est ça pour vous, de protéger la classe moyenne, vous voyez ? La Belgique, eux, avait des mécanismes d'indexation datant d'avant.

Tout s'est bien passé. Voilà.

24:43
Présentateur

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Hypocrites ! Thomas Porcher critique le nouveau gouvernement Attal · Pourquijevote