Pass sanitaire pour les adolescents, reprise économique et réforme de l'assurance chômage... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Le Maire
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Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Laurent Sénéchal. Hier soir Emmanuel Macron a clairement mis un tour de vie. C'est une sorte de pression qui est mise sur les non-vaccinés. C'est quelque chose d'assumé ?
Moi je pense qu'il a eu un message clair sur les risques liés à une quatrième vague de la pandémie. Le raisonnement du chef de l'État est très simple. Il faut protéger les Français. Protéger la santé des Français et donc appeler la vaccination la plus rapide possible du plus grand nombre de Français. Je pense que ça marche puisque les chiffres ont été rappelés à l'instant. Près d'un million de personnes se sont inscrites sur Doctolib. Et protéger notre économie qui a redémarré très fort et qui doit continuer à redémarrer très fort, à créer des emplois pour tous les Français dans l'année 2021. Il faut que chacun prenne conscience de la gravité de la situation sanitaire.
Si nous voulons éviter une quatrième vague aussi brutale que certaines vagues que nous avons déjà connues, il faut prendre le mal à la racine. C'est-à-dire intervenir tout de suite, stopper la circulation du virus, se faire vacciner massivement. C'est le message principal qu'a passé hier le chef de l'État.
Ce million de personnes inscrites sur Doctolib, tout de suite après l'allocution, qu'est-ce que cela dit des préoccupations des Français ? Ils ont pris conscience ?
Cela dit que les Français sont parfaitement conscients, lucides, sur la circulation de ce virus. Aujourd'hui, on ne le voit pas, ce fameux virus Delta.
Ou des privations de liberté, Bruno Le Maire, du fait de l'extension du pass sanitaire.
Aujourd'hui, on ne voit pas à quel point la circulation du virus Delta est rapide. Nous, notre responsabilité de gouvernants, c'est d'anticiper ce qui peut se passer dans quelques semaines. de le dire sereinement aux Français, pour qu'ils prennent les bonnes décisions et qu'on ne se laisse pas aller. On a tous envie de se laisser aller, c'est l'été, on n'a pas envie de penser sécurité sanitaire, vaccination, passe. Simplement, c'est la protection indispensable face à un variant Delta qui progresse de manière exponentielle dans certaines parties du territoire français.
Je pense que ce rappel était utile, je pense qu'il a été entendu par les Français et que les chiffres d'inscription pour la vaccination le montrent très clairement.
Alors, hier soir, le chef de l'État, parmi les mesures principales, il y a donc eu cette extension du pass sanitaire et ça commence dès la semaine prochaine. Dès le 21 juillet, le pass sanitaire sera étendu au lieu de loisirs et de culture. Concrètement, pour tous nos compatriotes de plus de 12 ans, il faudra, pour accéder à un spectacle, un parc d'attractions, un concert ou un festival, avoir été vacciné ou présenter un test négatif récent.
A partir du début du mois d'août, donc, le pass sanitaire s'appliquera dans les cafés, les restaurants, les centres commerciaux, ainsi que dans les hôpitaux, les maisons de retraite, établissements médico-sociaux, mais aussi dans les avions, trains et cars pour les longs trajets. C'est quoi le but, Bruno Le Maire ? C'est de faire de la vie des non-vaccinés un enfer ? Il faudra se faire tester tous les deux jours pour aller au restaurant ou au ciné ?
Il faudra se faire de la vie de qui que ce soit un enfer. On est là pour éviter, justement, que notre vie collective devienne un enfer. Parce que si la pandémie renaît par fort, ce sera un enfer pour tous. On a oublié, peut-être un peu trop rapidement, les morts du Covid, la saturation des hôpitaux, les commerces qui sont fermés, les restaurants, les bars, les hôtels, la vie économique qui était à l'arrêt. On l'oublie très vite, tant mieux, parce qu'il faut oublier les mauvaises heures. Mais nous, notre responsabilité, c'est de faire en sorte que ces mauvaises heures ne reviennent pas.
Et donc, que nous appelions chacun à la responsabilité, avec la vaccination et avec ce fameux pass sanitaire. On a tous envie de se passer d'obligations. Vous savez, moi, je n'aime pas imposer des obligations à un restaurateur qui vient de rouvrir, à une salle de théâtre, à une salle de cinéma. On n'a pas envie d'imposer des obligations. Nous le faisons, parce que c'est ce qui nous permettra précisément de retomber dans l'enfer des fermetures administratives pour tous, du confinement et de ce que nous avons connu au cours des derniers mois. Ça s'appelle, tout simplement, la responsabilité.
Mais sur la vaccination obligatoire, le chef de l'État a semblé dire « pas tout de suite », pourquoi pas ? Il a laissé la porte ouverte.
Mais aujourd'hui, la priorité, c'est vaccination pour tous. Et le plus vite possible. Et donc, pass sanitaire pour s'assurer qu'effectivement, vous ne mettez pas en danger la santé de vos voisins. Enfin, il y a un principe très simple dans une société. C'est que la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. Vous n'êtes pas là pour menacer la liberté des autres. C'est très sympathique de dire « moi, j'en ai rien à faire du vaccin. Et tant pis, je ne me vaccine pas. Et puis, le reste de la société, je m'en fiche. Mais enfin, après, vous allez dans un restaurant, vous contaminez vos voisins, c'est la pandémie qui repart et les restaurants qui doivent fermer derrière.
Tout ça n'est pas responsable. Donc, je crois qu'il était nécessaire de marquer le coup, de le faire très clairement, très sereinement, comme l'a fait le chef de l'État, pour nous éviter d'avoir à revivre ce qu'a été le confinement, la vague de pandémie, les fermetures administratives de commerce et de restaurants qui nous pénalisent tous.
Alors, marquer le coup, ça va démarrer très fort puisque dès la semaine prochaine, donc, mercredi en 8, le 21 juillet, on ne pourra plus entrer au cinéma si on n'a pas son pass sanitaire. Donc, un test négatif récent ou le vaccin, les deux doses du vaccin, c'est dès 12 ans. Ça veut dire que de nombreuses familles ne pourront pas aller au cinéma dès la semaine prochaine parce qu'il y a encore 4 millions de 12-17 ans qui ne sont pas vaccinés en France.
On peut, vous l'avez rappelé, faire des tests PCR avec 48 heures de délai. Il y a évidemment une invitation à se faire vacciner dans les meilleurs délais possibles. On a abaissé, effectivement, le pass sanitaire à 12 ans. Je pense qu'il y a beaucoup de questions là-dessus. Je vais vous dire, j'ai un fils qui a 13 ans. Donc, moi-même, j'ai pris rendez-vous hier pour qu'il se fasse vacciner. Je pense qu'il faudra faire preuve de souplesse, de compréhension dans la mise en œuvre des mesures qui touchent les plus de 12 ans.
Donc, vous dites aux gérants de cinéma de ne pas forcément refuser l'entrée à des ados la semaine prochaine ?
Non, ce n'est pas à moi de fixer les règles. Nous allons préciser tout cela dans les heures qui viennent avec l'ensemble des ministres concernés dans leur domaine de compétence. Le domaine de compétence qui est le mien, ce n'est pas la santé, c'est l'économie et les finances. Mais je plaide pour que, pour les enfants de 12, 13, 14 ans qui désormais sont inclus dans le pass sanitaire, on fasse preuve de souplesse dans la mise en œuvre, de compréhension. Parce que, étant moi-même père de 4 enfants, je sais à quel point l'organisation des vacances d'été, c'est extrêmement compliqué. Les horaires de train, les déplacements, l'accès au restaurant, si on veut se faire un cinéma.
Donc, soyons souples et compréhensifs pour les adolescents et les enfants de plus de 12 ans.
Ça veut dire qu'il y a des familles qui vont partir en vacances qui ne pourront pas forcément revenir
parce que le pass sanitaire ne sera pas complet ? Nous ne passerons peut-être pas toutes les missions sur la description de ce que sera la vie d'une famille de 2, 3 ou 4 enfants. C'est extrêmement important. Je plaide pour la souplesse et la compréhension. Mais une fois encore, je ne suis pas ministre de la Santé. Ce n'est pas à moi de fixer les règles dans ce domaine-là. Là, je vous parle plus en père de famille qu'en ministre de l'économie. Le père de famille dit que c'est effectivement quand on a des enfants, compliqué d'organiser les vacances, compliqué de gérer ses ados.
Donc, si on peut faire preuve de compréhension et de souplesse parce que les ados, c'est déjà suffisamment compliqué à gérer comme ça, je pense que ce sera très bien.
Bruno Le Maire, la fin de la gratuité des fameux tests PCR, pourquoi attendre le mois d'octobre ?
Parce qu'il faut là aussi laisser le temps aux mesures d'entrer en vigueur. Il ne s'agit pas de prendre les Français de court. Là, le président de la République a voulu dire très clairement que nous avons une pandémie qui peut aujourd'hui conduire à une situation sanitaire préoccupante, à des saturations d'hôpitaux d'ici quelques semaines et donc à nouveau à des difficultés économiques considérables. Évitons cela. Et donc, tous collectivement, prenons les bonnes décisions. Ensuite, sur le plus long terme, on verra si d'autres mesures sont nécessaires ou pas.
Et en tout cas, sur les tests de convenance, une fois que tout le monde aura eu le temps de se faire vacciner, ce que nous voulons éviter, c'est qu'il reste encore des Français qui se disent « Moi, je ne me fais pas vacciner, mais en revanche, quand je veux aller au cinéma, quand je veux aller au théâtre, quand je veux aller au restaurant, je me fais faire un test, ce n'est pas grave, ça ne coûte rien, c'est gratuit. » Je rappelle que ce n'est pas gratuit, c'est 100 millions d'euros par semaine. C'est près de 5 milliards d'euros par an.
Est-ce que vous ne pensez pas que cet argent, il ne serait pas mieux utilisé à financer des rénovations d'hôpitaux, d'ouverture d'écoles, de fonctionnement de collèges et de soutien à l'éducation ? Moi, je pense que oui. Donc, il vaut mieux prévenir très clairement qu'à partir de l'automne, les tests de convenance pour les personnes qui refusent de se faire vacciner, c'est terminé. Ce sera payant. Les tests seront gratuits que si c'est sur prescription médicale.
On va justement parler de la reprise, contrariée ou pas, et de l'endettement de la France juste après un coup d'œil sur le fil info à 9h moins 20 avec Margot Karoff.
La vaccination rendue obligatoire pour les personnels soignants et non-soignants des établissements de santé annonce du chef de l'État dans son allocution hier. Ceux qui travaillent au contact des personnes fragiles ont deux mois jusqu'au 15 septembre pour recevoir leurs injections. Pour les Français vaccinés en début d'année, il faudra une troisième dose. Le président annonce une campagne de rappel à la rentrée. Les rendez-vous seront ouverts début septembre. Les collégiens et les lycéens, eux, pourront se faire vacciner dans leurs établissements scolaires dès la rentrée. Santé publique France alerte sur le nombre de noyades particulièrement élevées au mois de juin.
300 noyades accidentelles ont été relevées, dont 79 mortels. C'est près de 60% de plus qu'en 2018. Un phénomène lié à la baisse d'activités physiques, notamment la baignade, à cause des confinements. Et puis le président américain appelle les responsables politiques haïtiens à s'unir. Alors que le pays est plongé dans l'instabilité depuis l'assassinat de son président, le peuple de Haïti mérite « La paix et la sécurité » affirme Joe Biden. Le 830 France Info, Laurent Sénéchal, Jean-François Aquiline.
Avec Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des financiers, ce soir, Emmanuel Macron a donné ses prévisions de croissance pour cette année pour la France. 6% du PIB, c'est plus que ce qui était jusqu'ici envisagé par le gouvernement. Ça veut dire que la reprise, ça y est, elle est là, c'est acté par le chef de l'État ?
La reprise est plus forte que prévu. Les chiffres de consommation sont plus élevés que prévu. Nous avons encore des chiffres de consommation, au moment où je vous parle, qui sont plus élevés que ce qui était le cas à la même période en 2019, avant la crise. Nous réviserons donc le chiffre de la croissance française pour 2021 de 5 à 6%. Je veux simplement être très clair. Nous n'atteindrons ces 6% de croissance, qui sont d'un chiffre extrêmement élevé, que si chacun fait preuve de sens des responsabilités en matière de vaccination.
La seule chose désormais qui peut nous empêcher d'atteindre ces 6%, qui sont donc le nouveau chiffre de croissance, la nouvelle prévision de croissance pour la France, c'est le retour brutal et massif de la pandémie et de ses conséquences sur l'économie. Raison de plus pour faire preuve de sens des responsabilités, et nous vacciner tous massivement le plus vite possible.
Vous voulez dire que le Delta peut contrarier cette relance et ces 6%, cette promesse de 6 points de croissance ?
C'est le seul obstacle sur une croissance à 6% pour 2021. Les chiffres d'investissement sont bien orientés, la confiance des entrepreneurs est là, la consommation est là, et on a finalement des difficultés qui sont l'inverse de ce qu'on avait prévu. On vous avait dit qu'il va y avoir plein de faillites, un chômage qui explose. Il y a des créations d'emplois. Il n'y a pas plus de faillites dans ce début d'année 2021 que ce qu'il y a dans une année normale, et dans le fond, les problèmes sont ailleurs.
Le vrai problème aujourd'hui, c'est un problème de recrutement qui est massif dans certains secteurs d'activité, et c'est l'approvisionnement en matière première, en bois, en aluminium, en acier, en matériaux pour la couverture des maisons. Donc je réunirai à nouveau l'ensemble des acteurs économiques concernés pour faire le point avec eux sur cette pénurie de matériaux et sur le flambé des cours de matières premières pour voir s'il y a des dispositions supplémentaires que nous pouvons prendre.
Parce que je sais que partout sur les territoires, ce qui remonte le plus, c'est la PME qui dit, moi je voudrais bien redémarrer, je voudrais bien faire ce chantier, je n'ai pas les matériaux et quand j'arrive à les trouver, ils sont beaucoup trop chers. Vous avez ciblé
les secteurs concernés
et les matériaux en question ? Les principaux secteurs concernés sur les matériaux, c'est le bâtiment, c'est les travaux publics, c'est la couverture pour les toits sur tous ces sujets-là. Effectivement, il y a une pénurie de matériaux qui est massive et qui du coup impacte des pans entiers de notre économie qui font la vie quotidienne. Aujourd'hui, vous voulez restaurer votre maison ou faire des travaux dans votre appartement, les entreprises, vous dites, désolé, ce sera dans 3 mois, dans 6 mois ou dans 12 mois parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas de matériaux, les prix flambent, je n'ai pas les disponibilités nécessaires.
Comme ça peut avoir un impact sur l'économie française, j'ai déjà fait un premier échange avec les secteurs concernés, je ferai un deuxième échange plus approfondi dans les jours qui viennent.
L'autre, vous parliez tout à l'heure de responsabilité, Emmanuel Macron en a parlé hier soir au sujet de la dette, 118% désormais du PIB, pas question pour autant d'augmenter les impôts et pas question non plus de laisser filer la dette. Comment on fait pour maintenir cet équilibre ?
En ayant une stratégie de désendettement claire et un calendrier qui est clair. La solution de facilité, vous venez de le dire, c'est d'augmenter les impôts. Nous n'augmenterons pas les impôts des Français. Le président de la République l'a rappelé hier très clairement. C'est une des lignes de force du quinquennat. Nous avons baissé massivement les impôts des entreprises comme des ménages, tout simplement parce que nous avions la pression fiscale la plus élevée de tous les pays développés. Nous tenons cette ligne-là. Ça, c'est un argument
de campagne, ça.
Ce n'est pas un argument de campagne, c'est un choix politique qui a été fait depuis le début du quinquennat. Ça suppose aussi d'être aussi clair que l'a été le président de la République hier sur la bannière dont on désendette. Il faut tenir les finances publiques, éviter de faire des dépenses en veux-tu, en voilà, lorsqu'elles ne sont pas indispensables, les concentrer sur la protection de ceux qui sont touchés par les conséquences du virus et sur l'investissement. Ça veut dire avoir des méthodes sur les finances publiques différentes. Vous savez que moi, je plaide de manière très claire pour qu'il y ait une règle constitutionnelle de dépenses sur 5 ans.
Ça fait partie des propositions que je mets sur la table. Et puis, ça veut dire aussi poursuivre les réformes. Réforme de l'assurance chômage mise en oeuvre au 1er octobre, le président de la République l'a confirmé, et mise en oeuvre d'une réforme des retraites parce que, si tous globalement nous travaillons davantage, ça permettra d'alléger rapidement le fardeau de la dette.
D'abord, sur l'assurance chômage, 1er octobre, elle a été en partie retoquée, en tout cas repoussée à l'automne par la justice administrative. Vous n'avez pas peur que ce soit à nouveau le cas ?
La justice administrative s'est piquée d'économie. Et elle nous a expliqué que, finalement, il n'y avait pas de croissance, qu'il y avait de menaces sur l'emploi, que la situation économique n'était pas favorable.
C'est pas le moment de fragiliser... Oui, je préfère
que la justice administrative s'en tient à des appréciations administratives plutôt qu'à des évaluations économiques. J'ai lu avec beaucoup d'attention les considérants du Conseil d'État, je dois dire que j'ai mal à comprendre leur évaluation de la situation économique. Mais dont acte, en revanche, nous maintenons l'application de cette réforme de l'assurance chômage qui doit inciter au retour à l'activité, pénaliser aussi l'abus de contrat court, dont on voit bien que c'est un des problèmes de l'économie française, au 1er octobre.
Mais vous dites qu'il faut pousser les Français à travailler plutôt qu'à être au chômage en pénalisant, finalement, ceux qui restent au chômage plutôt qu'en encourageant ceux qui vont travailler.
On fait les deux puisque nous encourageons massivement les gens à les travailler en augmentant, par exemple, la prime d'activité, en permettant à ceux qui ont des salaires modestes d'avoir des meilleurs salaires. C'est indispensable que ceux qui ont des salaires modestes puissent être mieux rémunérés pour leur travail et puissent avoir la dignité de leur travail. Nous mettons en place des primes défiscalisées, justement, pour que ceux qui sont aux avant-postes dans notre économie puissent être mieux rémunérés. Donc, il y a aussi tout un caractère incitatif. Mais plus globalement, qu'est-ce que nous voulons comme société ?
Une société qui incite au travail et qui permet de vivre dignement du travail ou une société où on dit aux gens vous savez, si vous restez chez vous, vous vivrez aussi bien ? Je pense que notre choix est extrêmement clair. Nous voulons inciter au retour à l'activité et faire en sorte que ceux qui ont un travail, même avec peu de qualifications, aient un revenu qui soit digne.
Merci Bruno Le Maire. On va parler de la réforme des retraites qui est donc revenue sur le devant de la scène. En tout cas, Emmanuel Macron persiste et signe. Juste après, un coup d'œil sur le fil info à 9h moins 10 avec Margot Karoff.
Un record de connexions sur le site de prise de rendez-vous médicaux d'Octolib. Hier soir, après l'allocution d'Emmanuel Macron, près d'un million de Français ont obtenu un rendez-vous pour une première injection d'après la plateforme. Parmi les annonces du président, l'extension du pass sanitaire. Il sera exigé dès mercredi prochain pour entrer dans les cinémas, théâtres ou les musées. Cette preuve de vaccination ou de dépistage négatif sera nécessaire à partir du début du mois d'août pour aller au restaurant, dans un café ou dans un centre commercial, également pour voyager en train ou en avion. La Réunion et la Martinique soumise à un nouveau couvre-feu dès aujourd'hui.
L'état d'urgence sanitaire est déclaré dans ces deux territoires d'outre-mer où le taux d'incidence est 5 à 6 fois plus élevé qu'en métropole. Et puis un plan national de lutte contre la prostitution des mineurs sera mis en place à l'automne. C'est une information de France Info selon un rapport remis aujourd'hui au gouvernement. Entre 7 et 10 000 mineurs se prostituent aujourd'hui en France, en très grande majorité des jeunes filles de 15 à 17 ans. France Info Bruno Le Maire,
finalement le président a tranché hier soir sans prendre de risque. La réforme des retraites elle sera mise en route quand la situation sanitaire le permettra et comme il nous a expliqué qu'en 2022 on y sera encore donc elle n'aura pas lieu.
Il a déjà pris le risque de dire les choses très clairement aux français. De dire très clairement aux français que si nous voulons garder notre niveau de vie il faut que nous travaillions tous davantage. Mesure d'âge il n'y a plus de système à point là. Je pense qu'il est allé très loin dans la clarté de ses propos et dans le sens de la vérité. La vérité est que si nous voulons tous collectivement en France avoir le même niveau de vie avoir un système de retraite par répartition avoir la même protection sociale que celle dont nous avons disposé pendant toute cette crise sanitaire. Il faut que collectivement nous travaillions davantage et qu'on repousse l'âge de départ à la retraite.
Je me réjouis que le président de la république ait dit les choses aussi clairement aux français parce que c'est là aussi le sens des responsabilités et c'est ce qui permettra à notre pays d'affronter les années qui viennent de manière très confiante avec beaucoup de solidité.
Vous repoussez l'âge de départ mais vous repoussez la réforme aussi quelque part puisqu'elle n'aura pas lieu avant la fin du quinquennat. Qu'est-ce qu'on aurait dit
Jean-François qui dit si au moment où on se prépare à une quatrième vague où le variant d'Etat se développe partout en France où la priorité absolue c'est la vaccination et la protection sanitaire des français. Dans le même temps on vous disait écoutez on va combattre le virus mais on va aussi lancer une réforme des retraites. Je suis attaché à cette réforme des retraites je l'ai dit depuis des mois. Je pense que c'est une priorité et je le redis avec beaucoup de force pour le niveau de vie des français. La réforme des retraites est une priorité absolue.
En revanche priorité absolue ne veut pas dire se précipiter à contre-temps alors même que nous avons un combat à livrer qui est le combat contre la pandémie et contre le variant Delta. Mais il est possible tout de même
que cette réforme puisse voir le jour en décembre en janvier si à ce moment-là la couverture vaccinale est bonne ?
Je ne peux pas être plus clair que ce qu'a été le chef de l'État hier. Il faut savoir en politique faire les choses étape par étape et en politique rien n'est plus important que de faire les choses une fois encore au bon moment. Le bon moment c'est la lutte contre la pandémie. Le jour où nous sommes débarrassés de cette pandémie où il n'y a plus de risque sanitaire ça permet d'avoir un débat serein dédramatisé sur la question de la réforme des retraites.
Pour bien comprendre Bruno Le Maire suppression de régimes spéciaux report de l'âge de départ mais le système par points disparaît ? Non là aussi
je pense avoir écouté soigneusement comme nous tous le chef de l'État les points qu'il a indiqués sont très clairs pour les régimes spéciaux c'est pour les nouveaux entrants donc ça c'est une question de justice fondamentale c'est-à-dire que la personne qui est rentrée à la SNCF ou qui est rentrée dans un service public où il y a un régime spécial elle est rentrée en faisant son choix en disant voilà j'ai fait un arbitrage il y a des avantages dans cette carrière et puis il y a aussi des inconvénients mais parmi les avantages il y a le régime spécial de retraite donc je pense que c'est juste de lui dire attendez on ne va pas changer le contrat qui a été conclu avec vous à l'origine mais on estime pour les nouveaux entrants que rien ne justifie que vous ayez encore cet avantage c'est la première chose qu'a dit le président de la République deuxième chose il faut travailler plus longtemps et repousser l'âge de départ à la retraite à combien ?
64 ans ?
troisième chose il faudra aussi réfléchir mais se donner le temps nécessaire parce que c'est très compliqué à avoir un système de retraite par point qui soit plus clair plus simple plus lisible ayons l'humilité de reconnaître que nous avons échoué à le faire au cours des années passées puisque nous ne sommes pas arrivés à le faire parce que c'est très compliqué mais bien sûr il faut toujours reconnaître quand on a échoué à faire quelque chose quand on n'est pas arrivé à l'objectif que nous nous étions fixés c'est comme ça qu'on réussit la fois suivante c'est pas en niant ces erreurs c'est en disant on n'y est pas arrivé ça reste un projet totalement pertinent le chef de l'état l'a dit hier le rapport Blanchard-Tirol le dit aussi avec beaucoup de force mais il faudra prendre les choses différemment pour y arriver la prochaine fois quand on reconnaît ces erreurs on réussit la fois suivante
ça sera potentiellement au coeur de la campagne donc ça sera une des mesures portées par Emmanuel Macron et vous même
moi il me paraît légitime que sur un sujet qui engage notre avenir collectif ça fasse partie du débat de la campagne présidentielle
une dernière chose Bruno Le Maire hier Emmanuel Macron a annoncé qu'un deuxième plan d'investissement allait voir le jour il y a donc encore assez d'argent tout de même en France pour continuer d'investir malgré le fait on en parlait tout à l'heure qu'il faut réussir à maîtriser nos dépenses
mais c'est le moment d'investir tout simplement parce que cette pandémie va rebattre les cartes des rapports de force mondiaux dans les mois plus d'ailleurs que dans les années qui viennent il faut juste savoir si nous maîtrisons un certain nombre de technologies qui feront les grandes puissances de demain ou si nous les abandonnons à la Chine ou aux Etats-Unis c'est ça le défi qui se pose je suis en train de travailler la demande du président de la république sur ce plan d'investissement je vous donne juste un exemple très concret qui sont les semi-conducteurs qui sont partout dans notre vie quotidienne que ce soit les communications ou les transports les voitures et les avions est-ce qu'on dépend de la Chine et de Taïwan pour ces semi-conducteurs auquel cas quand il n'y en a plus nos usines sont à l'arrêt en France ou est-ce qu'on réinvestit dans ces semi-conducteurs pour avoir de l'indépendance en matière de semi-conducteurs qui sont indispensables à notre vie économique c'est ça les questions que je suis en train d'étudier actuellement pour faire des propositions fin juillet au chef de l'Etat et prévoir un plan d'investissement à la fois dans les compétences humaines et un plan d'investissement dans le capital dans les nouvelles technologies dans les innovations de rupture qui nous permettront de rester une grande nation économique au 21ème siècle
et à la rentrée prochaine Bruno Le Maire ultime question vous participerez au démarrage de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron
d'abord c'est à lui de dire s'il est candidat mais je l'ai dit répété j'ai la conviction profonde vous n'avez pas vu un candidat hier soir
ça ressemblait à un meeting
en tout cas c'est le meilleur candidat et je souhaite sa réélection et je m'engagerai pour la réélection d'Emmanuel Macron le moment venu c'est à dire quand lui-même l'aura décidé
même si votre ancienne famille un Xavier Bertrand au hasard est face à lui
il n'a pas échappé que depuis plus de 4 ans maintenant je suis le ministre de l'économie et des finances d'Emmanuel Macron je lui ai apporté ce que je pouvais lui apporter que ce soit sur les questions économiques financières sur la taxation des gens du numérique et la taxation minimale qui est un des grands succès du G20 qui vient de se conclure en Italie après 4 ans de travail on a eu gain de cause je souhaite poursuivre cette action à son service avec sa réélection
Bruno Le Maire ministre de l'économie et des finances invité ce matin du 830 France Info merci beaucoup bonne journée à vous merci à vous
Bruno Le Maire