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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 10 juin 2025 9 min

Surveillante poignardée : "Quand on entend Madame Borne, on est désespéré" (Gilbert Collard)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Une assistante d'éducation a perdu la vie victime d'un déferlement de violence insensée. Tous nous sommes au côté de sa famille, de ses proches, de ses collègues et de l'ensemble de la communauté éducative. La nation est en deuil et le gouvernement mobilisé pour faire reculer le crime, dit le président de la République.

Marine Le Pen a également tweeté. Passe une semaine sans qu'un drame frappe l'école. Désacralisation de la vie, banalisation de l'ultraviolence.

Encouragé par l'apathie des pouvoirs publics à y mettre fin, explosion du port d'armes blanches, les Français n'en peuvent plus et attendent une réponse politique ferme, implacable et déterminée. Face au fléau de la violence des mineurs, nos pensées vont à la famille de cette surveillante et à la communauté enseignante, une fois encore meurtri par cette violence du quotidien. Gilbert Collard, bonjour et merci d'être avec nous.

Que dire et plus encore que dire, que faire ? Ah oui, on a on a je m'excuse d'être très très direct mais on a un peu honte hein de de commenter, de prendre la parole parce que on est tous des impuissants verbaux quoi, en dehors de de commenter, de de comme j'écoute hein les les déclarations de de de notre personnel politique. C'est tellement répétitif, c'est tellement récurrent que c'est désespérant quoi.

Ce qui est heureux, c'est que Macron ne parle pas de fait d'hiver. Voilà, il a évité de parler de ces divers, mais on entre on entre dans une nouvelle catégorie de victime. Le 28e siècle nous aura apporté la catégorie que j'aurais jamais imaginé dans ma carrière de criminaliste et de criminologue hein, parce que j'ai quand même présidé le collège de criminologie clinique.

Donc, je me suis penché sur ces questions. Je n'aurais jamais imaginé qu'un jour il y aurait la catégorie des victimes psychiatriques. Voilà, on en est là maintenant.

Macron du reste, le président dans son communiqué parle de violence insensée. La la la folie est devenue le mobile actif du crime. Alors nous, on sait en criminologie euh qu'il y a ce qu'on appelle pompeusement les prolégomaines, c'est-à-dire pour parler un langage simple, des signes toujours avantcoureur.

Malheureusement, on a plus aucun système de dépistage. Le système de dépistage classique, c'était la discipline. L'individu qui n'arrivait pas à s'adapter à une discipline d'école, de formation, de politesse, de comportement qui sortaient du rang pour employer une formule classique, il était tout de suite signalé et pris en charge autoritairement.

Depuis mai 68, on peut reprendre toute la littérature là-dessus. On a renoncé à l'intervention formatrice correctrice de l'autorité et à partir de là, on a laissé aller toutes les dérives qu'on aurait pu peut-être corriger. Alors, que faire ?

Que que faire ? Je vais être brutal, hein. D'abord, d'abord se débarrasser du blabla, quoi.

Je veux dire le le droit des mineurs, on doit le réformer depuis 25 ans, on ne le réforme pas. Euh, on a eu un ministre de la justice qui prétendait que la violence était un fantasme. On a un président de la République qui a qui qui qui accuse euh ceux qui dénoncent la violence de faire du lavage de cerveau et qui appelle les les les crimes qui nous environnent comme des fantômes de l'hiver.

Bon, on est dans une espèce d'abandon absolu quoi. Alors, que que faire ? Parce que les les alors si on en revient à la criminologie classique, on a deux théories qui vers lesquelles on devrait retourner.

C'est celle de Gabriel Tarde qui évoque le principe d'imitation. Ce qui est fait se refait. Et puis on a tous les tous les tous les travaux de de Girard sur le mimétisme.

On est en plein mimétisme criminel. Alors ça réclamerait un courage politique monumental monumental. Mais personne n'est capable quand on entend quand on entend madame Borne on est on est désespéré quoi d'entendre ça d'entendre sa déclaration.

Je vous coupe mais vous dites courage monumental pour faire quoi ? Parce que j'entends d'encourage monumental que vous imaginez des solutions. Oui.

Lesquelles ? Rétablir rétablir d'abord prioritairement une autorité dans les écoles. Une autorité à l'ancienne.

Tant pis si le mot dépla je m'en fous. Moi personnellement le prix Nobel de la paix médiatique je le veux pas. Je les emmerde, je m'en fous.

Il faut rétablir une autorité classique dans les écoles. Quand le Quand le professeur entre dans l'école, on se lève. C'est comme ça qu'on apprend à ne pas faire des des refus d'obéissance.

C'est comme ça qu'on apprend à respecter plus tard le policier qui fait un contrôle. On se lève quand le maître arrive. Mais ça, je pense que ça existe.

Ça, je pense que ça existe pour tout vous dire. Je pense qu'aujourd'hui ça a été rétabli. Mais ce qui est très difficile, ce qui est très difficile, comment dire ?

Ce qui est très difficile parfois, c'est ce que nous disent en tout cas les profs, c'est euh les parents euh qui viennent lorsque un élève par exemple est mal noté, ça c'est quelque chose de fréquent. Euh c'est euh certains sujets qui ne veulent pas être abordés pour des raisons X ou Y. Oui, bien sûr.

Non, pour des motifs communautaristes, il faut le dire, hein. Bon, donc c'est la difficulté, c'est de trouver la bonne solution. Alors ce que vous dites oui mais je pense que ça se fait déjà euh alors ça ne se fait pas.

Moi je suis d'une famille d'enseignant hein. Donc je connais bien ma ma belle sœur est enseignante mon beau-frère est enseignante ma femme est issue d'une famille d'enseignant. Alors, je peux vous dire que je connais le milieu, hein, et croyez-moi, c'est pas toujours facile, hein.

Bon, mais et quand on discute avec eux, on se rend compte que même s'ils veulent le rétablissement d'une autorité, ils admettent que pendant des années et des années et des années, ils ont accepté une pédagogie de la conciliation. J'entends bien mais vous vous rendez compte. Le problème c'est que vous allez vous heurter à des profs qui sont sans doute pas sur votre ligne paradoxalement même s'ils sont les premières victimes de ça.

Vous allez vous heurter à une société médiatique les intellectuels, les artistes, les s'en fout, il faut s'en fout. Oui, mais je suis d'accord avec vous mais mais mais oui, mais ils prennent la parole les profs. Faut qu'il faut qu'ils adorent les les la difficulté du management, c'est toujours la même.

C'est que si tu veux un management, il faut que ceux à qui s'adressent le management adhèrent à ce que tu proposes. S'il n'adhère pas, les profs, c'est comme les juges, s'il n'adhèrent pas, comment vous faites ? Et vous allez vous heurter à un milieu aujourd'hui des profs que je devine, ils sont pas tous comme ça mais c'est comment dire ce que vous réclamez d'autorité, je suis pas sûr que même et envie de l'exercer.

Donc comment vous faites ? Alors il est vrai il il est vrai que lorsqueun un surveillant général dans je ne sais plus quel lycée a été choisi parmi le personnel à la retraite de la police, les enseignants se sont révoltés. Vous avez raison.

Ils ont dit ils ont dit on veut pas on ne veut pas d'un flic dans dans dans l'école. En fait la difficulté qu'on a en France c'est que il y a beaucoup de Français qui adhèrent à ce que vous dites. D'accord.

Mais vous avez dans certains î de la société je pense dans la magistrature, je pense chez les profs, je pense évidemment chez les journalistes. Des gens qui n'adhèrent pas à cela. Mais ces gens ils ont alors les journalistes ont un pouvoir d'influence bien sûr à travers les médias.

Quand je dis journaliste, je pourrais dire artiste, intellectuel, tous ces gens qui diffusent une en permanence qui diffusent des idées. Vous le savez bien Gilbert Collard, si vous allez ce soir dans les médias, qu'est-ce que vous allez entendre ? Pas de récupération, pas d'instrumentalisation, ne prenons pas bon ça c'est l'espace médiatique.

Et puis après, vous avez des profs qui vont monter au créneau qui disent "Ben non, faut les faut voir différemment." Donc moi la difficulté que j'ai dans la société française aujourd'hui, c'est que je en fait je vois pas de solution et c'est ce qui m'inquiète le plus. Gilbert Colard.

Oui mais mais malheureusement euh on est très nombreux pour être honnête à ne plus voir de solution. 50 ans vous entendez 50 ans ? élève l'autorité elle existait encore.

Tout ça est je peux vous dire que dans la classe du bois Saint-Louis que j'avais en CM2 ça ne mouffait pas ça ne mouffait pas et il y a pas il y a pas un parent en CM2 qui se serait permis d'aller voir le prof ça n'existait pas parce qu'effectivement c'était une autre France mais c'était il y a pile 50 ans. Restez avec nous, il est 11h56.