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interviewC à vous· 20 novembre 2025 52 min

Le business du narcotrafic - C à Vous l’intégrale - 20/11/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Très heureuse de vous retrouver avec toute l'équipe de "C à vous". Bonsoir à tous les 5. A la une ce soir, après l'assassinat de son frère, A.Kessaci appelle à se lever contre le narcotrafic. - On doit arrêter ces gens.

C'est pas juste Mehdi qu'on a touché. C'est pas juste moi qu'on vient de mettre à terre. C'est toute la France.

C'est la République, l'Etat de droit qui est remis en question. - A.-E.Lemoine: A.Kessaci refuse de céder à la peur. - P.Cohen: Il appelle les habitants de Marseille et tous les Français à ne pas céder à la peur.

Ca va se matérialiser lors d'une marche blanche samedi dans les rues de Marseille. - A.-E.Lemoine: On en parle avec nos invités, E.Dupond-Moretti, ancien ministre de la Justice.

La lutte contre le narcotrafic, il en est question dans votre ouvrage, "Juré, craché", qui revient sur vos 4 années place Vendôme. A vos côtés, B.Monnet, spécialiste de l'économie du crime.

Vous avez signé la série-enquête "Narco Business" pour le journal "Le Monde". Vous étiez récemment au Mexique pour la préparation d'un documentaire. La lutte contre le narcotrafic pourrait passer par la légalisation du cannabis? - E.Tran Nguyen: C'est un vieux débat qui est relancé.

Les Français sont très partagés. - A.-E.Lemoine: Une nouvelle addiction qui fait des ravages. - J'avais du mal à marcher, des problèmes de mémoire, des problèmes d'érection, des maux de dos. - Est-ce que tu t'es dit "c'est à cause du protoxyde d'azote"? - Non. - L.Amar: Julien a 23 ans et ne tient plus sur ses jambes à cause du protoxyde d'azote.

De plus en plus de jeunes sont accros à ce gaz dangereux. - A.-E.Lemoine: Le choix de mourir des soeurs Kessler dans le 5/5 ce soir. - Ce n'est pas l'accent de Ménilmontant...

Les mômes de Paris. - L.Sénéchal: Ces danseuses jumelles se sont suicidées ensemble à 89 ans.

Une euthanasie autorisée dans leur pays. - A.-E.Lemoine: L.Carrasco animera l'émission à mes côtés après 20h à l'occasion du DuoDay.

On va recevoir C.Vanhoenacker, S.Lama et T.Estanguet. - P.Lescure: Mon OEil célébrera les plus grands flops commerciaux de l'histoire à travers une merveille d'exposition qui vient de s'ouvrir à Paris. - A.-E.Lemoine: On aura peut-être une place dans ce musée des flops.

Ca dépend de nos invités. Bertrand est aux côtés de notre chef étoilé du restaurant L'Alibi, à Paris. - B.Chameroy: Vous ne pouvez pas...

Non. C'est bon! Barrez-vous!

Christian Estrosi voulait faire un bisou...

Rires. Pendant la pub! Au menu du soir? - O.Dhiab: Ce soir, un peu d'audace.

On va servir de la viande à nos invités. On est en pleine saison du gibier. On va servir un tartare de cerf avec un consommé d'oignon grillé en espérant que les invités savourent ce tartare. - B.Chameroy: Je vois des sourires.

Ca devrait bien se passer. - A.-E.Lemoine: Tout de suite, l'Edito de P.Cohen.

A Marseille, une semaine après l'assassinat de M.Kessaci, un appel au sursaut, à l'unité nationale et à ne pas avoir peur. - P.Cohen: Passée la sidération, face à un crime d'intimidation, l'heure est à la riposte populaire et officielle.

Populaire sous la forme de cette marche blanche prévue samedi à Marseille qui devrait rassembler un certain nombre de personnalités derrière le frère de Mehdi, A.Kessaci, militant écologiste et anti-narco qui a repris la parole pour appeler à un sursaut national. - A.Kessaci: Partout, vous pouvez vous mobiliser.

Vous pouvez tenir une minute de silence devant vos mairies. Partout, vous pouvez partager, vous mobiliser en parlant de Mehdi, en racontant son histoire. Celles et ceux qui seraient inquiets, je leur dis: "Je suis debout." - On doit tous avoir ce courage. - "On ne peut pas tuer tout un peuple".

Plus on sera nombreux, plus notre sécurité sera garantie. - P.Cohen: Répétons que M.Kessaci, 20 ans, méthodiquement abattu par 2 tueurs à moto, se destinait au métier de gardien de la paix.

Il n'avait aucun antécédent judiciaire. Il n'a été tué que pour semer la terreur et intimer au silence. Le maire socialiste de Marseille appelle les habitants de sa ville à ne pas céder à la peur. - B.Payan: On doit dire à cette mafia qu'on n'a pas peur.

On doit dire qu'on doit rester unis, qu'on ne craint rien d'eux. Tant que je serai là, avec d'autres, on se battra. On ne doit pas se taire.

On doit montrer qu'on est une ville soudée, une nation soudée, quelles que soient nos différences. - P.Cohen: B.Payan réclame plus de moyens face au narco-banditisme, au moment où le ministre de l'Intérieur et le ministre de la Justice passaient la journée à Marseille. - G.Darmanin: La situation à Marseille est une situation que nous connaissons sur le reste du territoire.

Ce qui se passe ici touche au moins une dizaine d'autres départements, notamment du sud de la France. Nous avons d'autres réseaux criminels que nous combattons avec la plus grande force et qui, je l'espère, grâce aux moyens que nous venons de faire voter, va permettre de répondre à une menace qui nous tue et qui est au moins équivalente à celle du terrorisme sur le territoire national. Il faut changer de braquet. - P.Cohen: "Changer de braquet", ça a été plusieurs fois annoncé, notamment avec l'entrée en vigueur d'une loi narcotrafic et l'ouverture de prisons de haute sécurité.

Un parquet national verra le jour en janvier. Les magistrats comptent beaucoup sur les futurs repentis, rebaptisés dans la loi "collaborateurs de justice". Ceux qui ont du sang sur les mains pourront voir leur peine réduite. - A.-E.Lemoine: Les moyens de la justice ont aussi été Considérablement renforcés. - P.Cohen: Je parle sous le contrôle de l'ex-ministre de la Justice.

Les magistrats sont aujourd'hui 203 à Marseille. Il n'empêche que 500 procédures criminelles sont en attente à Aix-en-Provence, en attente de jugement. Parmi elles, le dossier des assassins présumés de Brahim, le grand frère d'A.Kessaci.

Ce sont les magistrats qui ont crié le plus fort il y a un an et demi pour alerter sur la gravité de la situation marseillaise devant la commission d'enquête du Sénat sur le narcotrafic en mars 2024. Marseille est décrite comme une ville qui a basculé comme aucune autre. Le procureur de Marseille dénonçait déjà une stratégie d'intimidation et de terreur.

La vice-présidente du tribunal judiciaire avait eu cette phrase. - Je crains que nous soyons en train de perdre la guerre contre les trafiquants à Marseille. - P.Cohen: Un constat défaitiste que vous lui aviez vivement reproché, monsieur le ministre, lors d'une visite à Marseille.

Une engueulade, selon des témoins. Vous l'avez assumé au Sénat. - E.Dupond-Moretti: Parce que j'ai la charge du bon fonctionnement du service public de la justice, je ne retire rien des propos que j'ai tenus.

Oui, je dis que lorsqu'on exprimait qu'une guerre était perdue, on la perdait. Oui, c'est une réalité. Je l'assume totalement. - P.Cohen: Aujourd'hui, pourriez-vous admettre que cette juge avait raison? - E.Dupond-Moretti: Non, pour les mêmes raisons.

Si vous dites que la guerre est perdue, elle est perdue. - P.Cohen: On est en train de la perdre. - A.-E.Lemoine: Elle craignait qu'on soit en train de la perdre. - E.Dupond-Moretti: Il y a 900 détenus narcotrafiquants aujourd'hui.

Un étau, une tenaille s'est mise en place. D'un côté, la justice a été considérablement renforcée dans ses moyens. La législation, on en parlera, a été également renforcée.

Les magistrats, et notamment le procureur de Marseille, s'en félicitent. Il y avait d'autres choses dans ce que vous avez qualifié de prise de bec. On avait parlé, juste avant notre arrivée, de procédures qui pourraient concerner des greffiers.

Le procureur général avait démenti ces faits. J'avais dit qu'il était inutile de se regarder en chiens de faïence alors que rien n'était avéré. Ce sont des polémiques anciennes.

La réalité, c'est que l'Etat a répondu présent en termes de moyens, en termes de personnel. Vous avez rappelé les chiffres, la législation, le parquet national anti-criminalité organisée, ce n'est pas rien. C'est moi qui ai commencé à travailler sur cette question.

On a considérablement évolué. - A.-E.Lemoine: Pourtant, la France est dans une situation dramatique parce qu'elle a ignoré la question du narcotrafic depuis 30 ans.

C'est le constat de l'écrivain italien R.Saviano. Il vit sous protection policière parce qu'il a dénoncé la Camorra. - E.Dupond-Moretti: Je veux bien qu'on dise que rien n'a été vu et rien n'a été fait...

Il fut une époque, que j'ai connue, lorsque j'étais avocat, où le trafic de drogue, c'était un délit condamné au maximum de 20 ans d'emprisonnement. On en a fait un crime, notamment lorsque le trafic est commis en bande organisée, ce qui est le cas du narcotrafic. On est passés de 20 à 30.

On est allés devant la cour d'assises. Une cour d'assises spécialement composée pour ne pas qu'on exerce des pressions sur les jurés. Je pourrais citer bien d'autres évolutions. - P.Cohen: On peut améliorer les choses à quelle échéance?

Les résultats sont attendus. - E.Dupond-Moretti: Monsieur Cohen...

L'Etat répond à la délinquance qui se modifie en permanence, et pas l'inverse. Il faut que l'on s'adapte, que l'on prenne des textes, ce que l'on a fait. On est partis d'un projet que j'avais laissé sur mon bureau lorsque D.Migaud est devenu garde des Sceaux.

Ce projet a été travaillé par des sénateurs. Il a été repris par G.Darmanin.

La loi est aujourd'hui votée. Attendons 2 secondes qu'elle se mette en place. On ne peut pas dire que les choses n'ont pas été faites.

Attendons que les choses se mettent en place pour voir les résultats. Et puis, il y a les repentis, statut nouveau. Le statut précédent n'était pas efficace.

Il y a ce que vous dites sur les peines qui peuvent être réduites pour ceux qui sont repentis, collaborateurs, peu importe...

Il y a aussi leur protection. C'était un volet dans l'ancienne loi qui n'était pas couvert. Je suis allé à 4 reprises en Italie pour travailler sur le statut du repenti.

S'il n'y a pas de repentis, il n'y a pas de maxi-procès à Palerme. Il faut attendre que ces choses se mettent en place. - A.-E.Lemoine: A l'étranger, le rôle des repentis a été essentiel, notamment en Italie? - B.Monnet: Pas seulement en Italie.

C'est une des façons de faire tomber ou d'essayer de faire imploser ces organisations. Mais je crains que malheureusement...

On voit la situation dramatique dans laquelle on va. A mon avis, la seule solution pour obtenir des résultats probants à moyen terme, c'est de considérer le trafic comme une économie. le transport et la vente.

Avant le transport, il y a la production. Après la vente, il y a la consommation. Il faut blanchir.

Il y a 5 maillons. Les forces de l'Etat français qui sont très déterminées, elles sont là et c'est assez exceptionnel, elles se concentrent sur ces 2 maillons. Ce qui fait exploser le narcotrafic en France, c'est la production de cocaïne. - A.-E.Lemoine: Avec des marges gigantesques. - B.Monnet: Je travaille sur ce sujet avec des narcos mexicains et colombiens.

Les surfaces de coca cultivées, c'est une étendue qui fait plus de 30 % par an. Il y a une offre exceptionnelle. Pour comprendre ce qui arrive ici et l'assassinat odieux de ce jeune homme, bien sûr qu'il faut travailler ici, mais il faut aussi travailler en Colombie.

L'Etat colombien a décidé d'arrêter la guerre aux guérillas qui sont devenues des narco-guérillas. En bout de chaîne...

Il faut agir. - P.Cohen: Le consommateur. - B.Monnet: Mettre la pression sur le consommateur, c'est un non-sens.

En revanche, il faut faire comprendre aux consommateurs...

La coke, ce n'est pas un produit naturel. Il faut faire comprendre la dangerosité. Et puis, il y a le blanchiment.

Il y a des moyens qui sont en place, mais il y a des trous noirs aujourd'hui. Très peu de choses sont faites sur l'usage des cryptomonnaies. Il y a encore des choses à faire qui ne sont pas encore mises en oeuvre. - A.-E.Lemoine: Sur les leçons à retenir de ce qui se passe en Colombie, c'est ce qui est en train de se faire? - P.Lescure: Ecoutons ce que disait J.-N.Barrot quand il est revenu de son voyage en Colombie où il a rencontré les autorités. - J.-N.Barrot: Je propose la création d'un régime européen qui permettra de désigner les narcotrafiquants, des criminels internationaux, pour geler leurs avoirs dans tous les pays de l'UE et interdire toute forme de transaction.

Plus généralement, leur interdire l'accès au territoire européen. - P.Lescure: La lutte contre le blanchiment passe par l'Europe. - B.Monnet: Ca doit aller au-delà de l'échelon européen.

Ces gens blanchissent par tous les moyens possibles. C'est des malades du fric. Ils sont prêts à tuer pour l'argent.

Dès qu'ils voient une porte se fermer...

Ils en ouvrent une autre. Il faut que cette lutte soit globale. Evidemment, à l'échelon européen.

Ca ne suffira pas. Il faut aussi agir sur les outils de blanchiment que sont les cryptoactifs. Les cryptomonnaies sont aujourd'hui utilisées pour ça.

Malheureusement, il y a un obstacle majeur à la régulation, qui est l'inertie américaine. L'administration Trump a décidé de cesser de réguler sur les cryptos. - A.-E.Lemoine: Il faut s'attaquer au porte-monnaie. - B.Monnet: Ces gens ne font ça que pour l'argent. - E.Dupond-Moretti: L'Etat, vous le dites et vous avez raison, a fait un certain nombre de choses.

En termes De confiscation des avoirs criminels saisis...

On a augmenté le volume des biens saisis de 30 %. On a permis notamment de redistribuer des immeubles au profit d'associations caritatives. Sur les consommateurs...

S'agissant du shit festif, consommé par les bourgeois essentiellement, pas que, c'est les mots du président de la République... - A.-E.Lemoine: "Les bourgeois du centre-ville qui financent le narcotrafic". - E.Dupond-Moretti: Le shit, il faut dire 2 ou 3 choses en termes de santé publique.

Le taux de THC, la substance nocive, a été multiplié par 10. C'est plus le pétard des années 70. Il est aujourd'hui avéré que chez un certain nombre de jeunes, ça rend schizophrène, malade mental. - A.-E.Lemoine: Quand il y a une prédisposition génétique. - E.Dupond-Moretti: On a créé l'amende forfaitaire délictuelle.

C'est une création assez récente. J'ai porté ce texte aux côtés de G.Darmanin.

Il faut aussi une forme de suivi des toxicomanes. Beaucoup d'ados fument un pétard. Les parents qui nous entendent, certains d'entre eux vont se reconnaître dans mes propos, il faut aussi les aider à décrocher de ça.

C'est répression, mais c'est aussi une aide médicale, psychologique qu'il faut apporter. Et sur les choses qui ont été faites...

On a essayé d'éradiquer les téléphones portables en détention. On s'est heurtés à différentes difficultés. D'abord une difficulté d'ordre législatif.

Les fouilles à corps étaient interdites. Ca pouvait rentrer en prison. Ensuite, les difficultés techniques.

Il y a des portables entièrement en plastique, indécelables. G.Darmanin a durci le ton.

On espère que dans les prisons de haute sécurité, il n'y a plus un téléphone qui passe. Ca permet d'étouffer le trafic. Il y a des types en prison qui commanditent non seulement le trafic de stups, mais aussi des assassinats.

Ce qui est nouveau, c'est que les pressions, on les connaissait dans le grand banditisme. Dans le narcotrafic, ce qui est nouveau, c'est qu'il y a ce type de pressions, de crimes d'intimidation, et...

Dans le narcotrafic, aujourd'hui, c'est prégnant. - A.-E.Lemoine: Un haut gradé de la police judiciaire a témoigné anonymement dans "Le Parisien". "Tout ça va mal finir.

Un magistrat va être enlevé et tué." Vous alertez aussi dans votre livre sur les menaces proférées contre les avocats qui ont accepté de défendre les trafiquants. - E.Dupond-Moretti: Ca n'existait absolument pas.

Le ministre belge de la Justice a été menacé avec également sa famille. Il a été sous protection policière longtemps. Une princesse de sang royal aux Pays-Bas a été menacée. des salles de torture.

Ce que je veux dire...

Ce combat n'est pas perdu. A.Kessaci est aujourd'hui le visage et l'incarnation de la lutte contre le narcotrafic.

Ca va fédérer du monde. Tous ceux qu'on voit témoigner à la télévision, on ne voit que leurs mains. Ils ne veulent pas montrer leur visage.

Tout ça, c'est susceptible de changer, me semble-t-il. - B.Monnet: Je suis parfaitement d'accord, mais je pense que ça ne suffira pas.

Ce sursaut, c'est nécessaire, mais c'est pas suffisant. Il faut agir ailleurs. Il faut agir en Colombie...

La déclaration du ministre des Affaires étrangères a été faite en Colombie mais ne porte pas sur le problème colombien, sur la lutte contre la production de coke en Colombie. Il y a des moyens qui sont en place mais il faut accélérer sur la lutte anti-blanchiment. Il n'y a pas un narco que je rencontre qui ne blanchisse pas via des trous noirs de la finance internationale que sont les paradis bancaires.

Ils sont connus. - A.-E.Lemoine: Ils sont aussi complices que les consommateurs que vous incriminez? - B.Monnet: Un paradis bancaire n'a rien de criminel dans son modèle législatif, mais ce sont des Etats qui sont utilisés à des fins criminelles par des narcos.

Dubaï, sous la pression du ministre de la Justice...

Dubaï commence petit à petit à collaborer. Mais il n'y a pas que Dubaï. Les narcos vous parlent de Dubaï, du Panama, de Hong Kong.

Tout autour de la France, il y a des paradis bancaires. Il n'y a pas de définition stricto sensu dans "paradis bancaire". C'est un Etat qui protège le secret bancaire et, alors même qu'il prétend collaborer avec les autorités judiciaires étrangères, ne le fait pas.

Dubaï commence à le faire, mais combien d'autres ne le font pas? Ils vont changer. Ce sera Dubaï puis un autre pays...

Là, il y a des choses à faire. - A.-E.Lemoine: Vous revenez du Mexique.

Qu'est-ce qui a été mis concrètement en place là-bas? - B.Monnet: Au Mexique, on est à une échelle qu'heureusement, en France, on n'a pas encore atteinte. - A.-E.Lemoine: On parle parfois de mexicanisation. - B.Monnet: Le trait est impropre et outrancier. - P.Cohen: C'est une différence de nature, de degré? - B.Monnet: Je reviens du siège dans le cartel.

Il y a 15 exécutions par jour. On n'en est pas du tout là. Je ne parle pas de la police fédérale.

La police locale est corrompue. Des ministres ont été corrompus. On n'en est pas là du tout.

Mais il ne faut pas y arriver. Ce que fait aujourd'hui la présidence mexicaine, C.Sheinbaum...

Elle s'oppose à l'intervention militaire des Etats-Unis. Ca ne marcherait pas. Ce qu'elle fait, c'est que le narcotrafic prospère sur l'absence de l'Etat.

Les narcos ont besoin d'avoir cette assise territoriale. - A.-E.Lemoine: Avec les bonnes oeuvres... - B.Monnet: C'est l'argent et la terreur.

On tue quelqu'un qui dénonce ou son proche et on va en même temps essayer d'associer la population. La présidente réinstaure l'Etat dans des régions où il n'était quasiment plus présent. Ca demande d'attirer des entreprises, c'est des années et des années.

Ca demande un vrai courage politique. - A.-E.Lemoine: L'Etat, au fur et à mesure des années, a déserté.

C'est l'un des arguments qu'on entend régulièrement. C'est ce que disait A.Kessaci. - E.Dupond-Moretti: En même temps, on peut constater qu'il y a eu un grand plan pour Marseille et que beaucoup d'argent à été investi.

Je voudrais revenir 2 minutes sur cette question du consommateur. On a des expériences étrangères où on a légalisé. Le Canada, par exemple, a légalisé.

C'est une décision du gouvernement fédéral, mais le Québec ne voulait pas. Finalement...

Vous vouliez en parler? - E.Tran Nguyen: Le premier qui milite pour la légalisation des drogues, c'est A.Kessaci.

Il le dit aussi dans son livre que voici. ...

Déjà, cette question, il y a 30 ans, en 1997, faisait des remous dans les couloirs du Palais-Bourbon. Une association a envoyé des colis provocs. - Des lettres plus un argument explosif: un pétard pour chaque élu.

L'Assemblée nationale a plongé dans l'illégalité. - A.Montebourg: Je l'ai mis à la poubelle.

Ca ressemble à la verveine. - Je suis de ceux qui disent que s'amuser à cela en violation du Code pénal, ça nécessite une réaction. Nous allons déposer plainte après avoir vérifié que dans ce joint, il y a du cannabis. - Parce qu'on n'est pas des experts! - E.Tran Nguyen: A l'époque, l'argument est de détruire le marché du deal. - Je pense vraiment qu'il faut une légalisation contrôlée pour casser la moitié du chiffre d'affaires et pour collecter des recettes qui permettent de faire de la prévention et avoir une stratégie de santé publique. - E.Tran Nguyen: Pour L.Sarkozy, il faut dépénaliser toutes les substances.

Côté français, c'est fluctuant. En 2024, 57 % des Français s'opposent à la dépénalisation. C'est toujours les mêmes arguments de casser le trafic.

Vous êtes pour ou contre? Vous faisiez "non" comme ça. - B.Monnet: La question, c'est qu'est-ce qu'on légalise?

Dans le cannabis, la substance psychotrope, c'est le THC. Dans les coffee-shops, il est moins fort. Celui-ci a un impact beaucoup plus fort.

Pour rester sur le cannabis...

Mais quand je lis la déclaration de monsieur Sarkozy, je suis surpris. On va légaliser quoi? Le fentanyl?

Pour autant, sur le modèle, c'est parfaitement juste. Ce que vendent ces gens...

La marge sur 1 kg de coke, du sud de la Colombie à la France, c'est 4000 %. Il n'y a pas un produit dans l'économie légale plus rentable. Comment cette marge incroyable est-elle obtenue?

Ces gens vendent de l'interdit. Si on légalise, on casse le modèle. Si ce produit est interdit, il y a une raison.

Si on casse cet interdit...

L'alcool est une drogue légale. Le tabac aussi. Il faut regarder ce qu'on légalise.

Ensuite, il y a l'exemple de pays qui ont légalisé en mettant un peu la charrue avant les boeufs. Qui va produire le cannabis qu'on vend? Les narcos.

Regardez l'un des premiers pays qui a légalisé, les Pays-Bas. La mafia la plus puissante en Europe après l'Italie, c'est la Mocro Maffia. - A.-E.Lemoine: En quelques mots? - E.Dupond-Moretti: C'est l'expérience canadienne.

Le gouvernement fédéral impose la légalisation. Les Québécois n'en veulent pas. Qu'est-ce que ça donne?

On a une recrudescence des consommateurs. Les mafias locales qui s'occupaient autrefois du trafic de stups font de l'exportation de cocaïne vers les Etats-Unis. Qu'est-ce qu'on a gagné?

Vous pensez que nos trafiquants, si demain, c'est légalisé, vont travailler à l'usine? Certainement pas. Ils se tourneront vers un autre type de délinquance.

Quant à ce que dit L.Sarkozy...

C'est le capitalisme débridé. Ca n'a absolument aucun sens. Il y a un autre danger dont on n'a pas parlé: le fentanyl.

Ca ne coûte rien à réaliser et à produire. Il y a des bénéfices colossaux. Drogue de synthèse qui commence à inonder l'Europe.

Il y a encore beaucoup de boulot. Il y a des choses qui ont été faites. Celui qui dit que tout a été bien fait raconte n'importe quoi.

Il faut qu'on s'adapte à ces délinquances nouvelles. Voilà ce que l'on peut dire. Et pardon...

Ca mérite une union nationale, ça, et pas des polémiques comme j'en ai vu...

La loi n'a pas encore eu le temps de s'appliquer que déjà, certains, ou certaines en l'occurrence, disent que ce n'est pas bien fait. C'est toujours le même truc. En réalité, les choses sont faites. - A.-E.Lemoine: Tout de suite, la Story. - L.Salamé: Mathis avait 19 ans.

Il a été mortellement fauché par une voiture, samedi. Le chauffard est soupçonné d'avoir consommé du protoxyde d'azote. - Yohan, décédé le 5 mai 2018 après avoir inhalé du protoxyde d'azote. - Un accident d'une rare violence qui a blessé plusieurs piétons.

La conductrice a inhalé du protoxyde d'azote. - L.Amar: Leur point commun, c'est ça: une petite bonbonne qui a gâché ou fauché leur vie, du protoxyde d'azote, aussi appelé gaz hilarant, dont les conséquences font de plus en plus de dégâts.

Cette substance est utilisée dans de nombreux domaines. Elle est peu coûteuse. Une drogue dans laquelle est tombé le jeune homme que nous avons rencontré.

Nous l'appellerons Julien, mais ce n'est pas son vrai prénom. Vous ne verrez pas son visage. A 23 ans, après des années de consommation, il ne tient plus sur ses jambes.

Il est pris en charge dans un centre de rééducation en région parisienne. - Julien, c'est à nous. On va repartir sur le renforcement des jambes.

Excellent. On se relâche. - L.Amar: A quel moment tu as compris que ça devenait un problème? - J'ai ressenti des douleurs aux jambes.

J'ai eu des crises de paranoïa, des problèmes d'érection... - L.Amar: Est-ce que tu t'es dit que c'était à cause du protoxyde d'azote? - Oui.

Je me suis dit qu'il fallait que j'arrête, que je pouvais finir paralysé, amputé. - L.Amar: Tu regrettes? - Oui, je regrette, quand même. - L.Amar: Les derniers chiffres dont on dispose datent de 2022. 14 % des 18-24 ans disent en avoir déjà consommé en gonflant des ballons avec et en les inhalant.

Le phénomène ne fait que s'amplifier. C'est ce que constate le directeur de la clinique où est Julien. - Tous les jours, on avait des bouteilles de protoxyde qui étaient jetées devant la porte de l'établissement.

On ne s'inquiétait pas trop. Au bout de 3 ans, ce n'est plus une bouteille, mais 20 tous les matins. On a également un nombre de patients en constante augmentation.

Avant, on traitait 1 à 3 patients. Aujourd'hui, c'est 10 fois plus. Le ministre de l'Intérieur a ajouté dans son projet de loi qu'il fallait interdire la commercialisation du protoxyde d'azote. - L.Amar: L.Nunez a intégré à son projet de loi l'interdiction de la vente du protoxyde d'azote.

Il faut qu'il soit qualifié comme produit stupéfiant. Le gaz hilarant peut entraîner des séquelles irréversibles. - Le protoxyde d'azote attaque le système nerveux.

Qui dit système nerveux dit tout le corps. Il ne s'agit pas uniquement de perdre ses jambes, ses bras, mais aussi la force musculaire, la capacité à faire ses besoins naturels normalement, la fonction érectile chez l'homme... - L.Amar: Les cas les plus graves? - La perte de fonction des 4 membres.

Même une petite consommation hebdomadaire peut amener à cette lésion. Il ne faut même pas essayer. - L.Amar: Ce médecin insiste sur un autre aspect: le protoxyde d'azote ne contient pas de substances addictives.

L'addiction n'est pas physique mais psychologique. Celui qui consomme veut retrouver l'état d'euphorie dans lequel le place ce gaz, dont les effets sont puissants mais très brefs. C'est comme ça que Julien est devenu accro. - La 1re fois que j'ai pris du protoxyde d'azote, j'étais posé en soirée avec mes copains.

On était en mode rigolade, morts de rire. - L.Amar: A quel moment tu es tombé dans une addiction? - C'était pour retrouver la sensation d'être dans mon monde à moi.

Des fois, je vois des jeunes avec des ballons au volant, dans la rue. J'ai envie de leur dire d'arrêter de faire ça. - L.Amar: Julien va rester quelques mois dans ce centre de rééducation.

E.Dupond-Moretti, il faut interdire cette substance? - E.Dupond-Moretti: Ca clôt le débat sur la légalisation.

Ca sert à faire de la chantilly. On voit le résultat. Je suis favorable à la prohibition. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup. "Un chef d'état-major des armées ne devrait pas dire ça", c'est l'une des réactions politiques après ce discours anxiogène tenu avant hier par le général F.Mandon devant le congrès des Maires de France. - F.Mandon: Malheureusement, la Russie, aujourd'hui, je le sais par les éléments auxquels j'ai accès, se prépare à une confrontation à l'horizon 2030 avec nos pays.

On a tout le savoir, toute la force économique, démographique pour dissuader le régime de Moscou. Ce qu'il nous manque, c'est la force d'âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l'on est. Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, si on n'est pas prêts à ça, alors on est en risque. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, général D.Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU.

Merci de votre présence pour revenir sur ces propos. Ils ont beaucoup fait réagir. Est-ce que vous comprenez pourquoi ils choquent autant? - Gal D.Trinquand: Ils choquent car il a besoin de réveiller.

Sur la menace, tout a été dit depuis longtemps. - A.-E.Lemoine: Il fixe une échéance assez proche... 2030, c'est demain.

C'est une réalité? - Gal D.Trinquand: Bien sûr.

Ca fait des mois que l'Otan dit que la montée en puissance russe fait qu'ils ne vont pas s'arrêter là. "Poutine est allé trop loin pour ne pas aller plus loin et il s'en donne les outils." Sur la menace, il n'y a pas de surprise.

Il faut qu'on se réarme, qu'on se prépare. Il faut que l'on soit capables d'être forts. - A.-E.Lemoine: "Une confrontation à laquelle il faut se préparer.

On a tout le savoir, la force économique et démographique. Ce qu'il nous manque, c'est la force d'âme." Qu'est-ce qu'il faut comprendre? - Gal D.Trinquand: La défense n'est pas le propre des militaires, mais de l'ensemble du pays.

Je cite toujours Thucydide: "La défense, ce ne sont ni les vaisseaux, ni les murailles mais les caractères des citoyens." Il faut avoir des citoyens prêts. Il faut être forts pour être dissuasifs.

Si on est faibles, on est vulnérables. - A.-E.Lemoine: Y compris "prêts à perdre ses enfants".

Beaucoup ont entendu qu'on allait envoyer au front toute une génération. - Gal D.Trinquand: Les soldats français sont bien des enfants de France.

On parle bien de ça. Tout le monde pense à son petit "moi". "J'ai un enfant qui a 3 ans..." Vous verrez, quand il aura 20 ans, s'il s'engagera.

Aujourd'hui, on parle d'une armée française avec des réservistes, des citoyens... - A.-E.Lemoine: C'est ça qui trouble.

C'est le débat en ce moment, le retour du service militaire, que certains veulent rendre obligatoire. C'est ce que nous disait J.Bardella.

Ca peut troubler et angoisser. - Gal D.Trinquand: Le problème du service militaire obligatoire...

Comment on les équipe? Les soldats, il faut les équiper. Aujourd'hui, dans les budgets des armées, on arrive juste à équiper notre armée professionnelle, 200 000 hommes.

Une population en service militaire, c'est 700 000 hommes. Vous pensez qu'on va avoir 700 000 hommes en plus? C'est impossible.

Nous avons une démographie en Europe qui s'effondre. En 2035, nous ne sommes plus capables de recruter le nombre de soldats que nous avons aujourd'hui, parce que notre démographie s'effondre. C'est vrai pour toute l'Europe. - A.-E.Lemoine: C'est aussi ça, le message que fait passer le chef d'état-major des armées? - Gal D.Trinquand: Je n'aurais pas pris le mot "sacrifier".

On y va pour combattre. Dans le combat, il y a le risque de la mort. C'est un risque qu'on accepte, quand on est militaire.

Ce n'est pas une obligation. Ces mots ont choqué. C'était le but: secouer un peu tout le monde. - A.-E.Lemoine: Il y a un état d'esprit un peu endormi par 80 ans de paix? - Gal D.Trinquand: Je suis frappé de l'état d'esprit dont vous parlez.

Quand je parle à des gens d'un certain âge, et c'était le cas en 38-39... "Plus jamais la guerre." Quand vous discutez avec les jeunes, 61 % des jeunes de moins de 35 ans sont prêts à s'engager pour défendre leur pays.

C'est extraordinaire. Quand je discute avec les jeunes, ils disent qu'il faut défendre notre pays. Il faut vraiment se concentrer sur le verre à moitié plein. - P.Cohen: Que répondre à ceux qui disent que c'est un discours de va-t-en-guerre?

Que c'est la volonté de faire la guerre... - Gal D.Trinquand: Les militaires ne sont jamais des va-t-en-guerre.

Ils savent ce que c'est, la guerre. Ils n'ont pas envie d'engager...

Quand vous avez emmené des soldats au combat...

Quand je suis parti au Liban, mon chef m'a dit: "Vous partez avec 650 hommes, revenez avec 650 hommes." C'est notre souci permanent. "Si tu veux la paix, prépare la guerre." C'est tout.

Il faut s'y préparer. Il y a un très bon dossier qui a été fait par l'institut Montaigne, qui parle des options possibles, qui se termine avec une option avec NARVAL, les pays baltes... "La 1re phase qui est intéressante, c'est le caractère des citoyens.

La désinformation, le cyber, les drones..." Si on résiste à cette guerre hybride, si on montre qu'on est forts, on sera dissuasifs et on n'aura pas la guerre.

Si on est faibles et qu'on dit "plus jamais ça, souvenez-vous, on ne va pas mourir pour Dantzig", finalement, on a eu la Seconde Guerre mondiale. - E.Tran Nguyen: Le gouvernement français prépare la population à une situation de crise.

Il y a eu ce kit de survie. Ce kit, d'autres pays l'ont fait avant, la Suède, par exemple. Il a été distribué à tous les Suédois.

Ils l'ont fait après l'invasion russe en Ukraine. Ce plan de paix privilégierait très nettement la Russie? - Gal D.Trinquand: Très nettement.

Le manuel, c'est pour les situations extraordinaires. Ce n'est pas forcément la guerre. C'est pour préparer des citoyens qui sont dans une vie ordinaire à des événements extraordinaires.

C'est très bien. Qui pense à avoir de l'eau à la maison, des piles à la maison? - P.Cohen: Comment stopper une hémorragie... - Gal D.Trinquand: Ca me paraît très bien, de faire ça.

Le plan de paix...

On va voir les Européens marcher sur des oeufs. Ils ne veulent pas froisser les Américains. Très clairement, le plan n'est pas acceptable.

C'est une capitulation de l'Ukraine qui est demandée. La position européenne, c'est un cessez-le-feu, on arrête le combat et on discute. Là, ce n'est pas ça, on cède et on reconnaît les territoires occupés comme étant russes.

On diminue l'armée ukrainienne de moitié, on lui interdit des armements. C'est inadmissible. Je préempte des commentaires qui seront faits par les diplomates européens. - A.-E.Lemoine: Merci. "D'un monde à l'autre", c'est votre livre.

Le 5/5 de L.Sénéchal. Les 1res fortes neiges de l'année. - L.Sénéchal: A Paris, on n'a eu qu'un vague grésil désagréable hier...

On n'est pas bien servis. Ailleurs, il y a de la bonne vieille neige. En Auvergne, dans les Hauts-de-France...

La région Grand Est également. 15 cm dans le Doubs. Les plus heureux, ce sont les enfants, qui attendaient parfois la neige comme leurs cadeaux un matin de Noël. - Hier, mon papa a regardé la météo.

Il a dit qu'ils annonçaient de la neige. Ce matin, je suis allé voir derrière le rideau de la maison. - A 7h, il s'est mis à tomber beaucoup de neige.

Ca change de la pluie. C'est très agréable. C'est plus compliqué pour ceux qui font des céréales.

Nous, on ne fait pas de culture. - L.Sénéchal: Une difficulté quand même: la neige et le froid, ça rend les trottoirs, les chaussées glissantes.

Ce n'est pas forcément une bonne journée pour le facteur. - Ce n'est pas facile. Ca tombe bien.

On va essayer d'y arriver. - Vous pensez que vous allez réussir à faire votre tournée? - Oui.

Les chasse-neige passent. Ca va être faisable. On est dans le Haut-Doubs, on a l'habitude. - L.Sénéchal: Le chasse-neige de sortie, la saleuse aussi, pour libérer les routes.

Pour les trottoirs, il existe des versions plus artisanales, comme ce modèle manuel, plus évolué. Le ministre des Transports prévient que ce sera compliqué ce week-end. Dans 34 départements, les pneus neige sont obligatoires.

Les accidents se multiplient. Malgré les 7500 agents de l'Etat déployés sur le territoire...

Jusqu'à 800 000 t de sel sont utilisées chaque année en France. La tôle de notre voiture n'est pas la seule à souffrir, les humains aussi, les plus précaires. - A chaque début d'hiver, la question se repose.

Pourtant, ce n'est pas un scoop, L'hiver arrive tous les ans. Quand il commence à faire froid, la situation des personnes en difficulté s'accroît. On leur explique qu'on n'y peut rien.

Je ne veux même pas dire que c'est de la colère...

Quelque part, c'est du désarroi. Comment se fait-il que les personnes en charge ne voient pas la même chose que nous? - L.Sénéchal: Chez nous, la pire journée sera samedi, avec moins 1 à Paris et moins 6 degrés à Nancy.

Moins 10 degrés en Ecosse. Là-bas, seuls les rênes sont contents. - A.-E.Lemoine: Il y a des rênes en Ecosse...

Les inséparables jumelles Kessler se sont donné la mort ensemble à 89 ans. - L.Sénéchal: Très populaires en Allemagne, leur pays d'origine, mais aussi aux Etats-Unis ou en France, pour leur show télé dans les années 70... - CE N'EST PAS L'ACCENT...

C'EST NOUS, POURTANT, LES MOMES DE PARIS. Applaudissements. - L.Sénéchal: "Si une de nous tombe dans un état végétatif", disaient-elles en 2012, "l'autre l'aidera et la survivante se suicidera".

Cela dit, les 2 jumelles sont parties ensemble à l'aide d'une injection mortelle, en présence d'un médecin, en présence d'un membre d'une association. Le suicide assisté reste interdit en France, 3 ans après la convention citoyenne, et alors que 90 % des Français sont pour. E.Dupond-Moretti, vous qui avez scellé dans la Constitution le droit à l'IVG, est-ce un regret que vous avez, que votre gouvernement n'ait pas fait voter ce droit à mourir? - E.Dupond-Moretti: Le gouvernement a décidé qu'il s'agissait d'un problème de santé publique et pas un problème de liberté.

C'est la raison pour laquelle je n'ai pas porté le texte au Parlement. Si je vous dis tout, je ne vous en dirai pas plus. J'ai un regret de ne pas avoir pu porter ce texte, et que nous n'ayons pas collectivement considéré qu'il s'agissait d'une loi de liberté.

On ne décide pas de tout. Lorsque l'on est au gouvernement, qu'on a l'honneur d'appartenir à un gouvernement, on est tenus à la solidarité gouvernementale. - A.-E.Lemoine: Quand le président taïwanais met en scène sa proximité avec le Japon. - P.Cohen: La nouvelle Première ministre japonaise affirme que son pays est prêt à envoyer des troupes pour défendre Taïwan en cas d'attaque de l'armée chinoise.

Ca provoque la colère de Pékin, pour qui la Chine est une et indivisible. Elle demande le boycott des produits japonais, notamment les produits de la mer. Voici ce qu'a fait le président de Taïwan. ... - L.Sénéchal: Il a aussi encouragé les Taïwanais à voyager au Japon pour "arrêter le comportement intimidant du Parti communiste chinois". - A.-E.Lemoine: Les scientifiques pensent être remontés à l'origine du 1er baiser. - P.Cohen: Ca remonte à plus long que la série "Premiers baisers", plus loin que la célèbre fresque du baiser allemand...

Des baisers, il y en a plein...

Il y a eu le baiser de Rodin dans les années 1883. Ce sont des peintures rupestres de 12 000 ans. Nos ancêtres, les primates, se roulaient des pelles, sans doute depuis 20 millions d'années, d'après une étude parue dans "Sciences".

Il a fallu définir le mot "baiser". - E.Dupond-Moretti: Si j'ose dire, c'est la novlangue... - L.Sénéchal: Les Homo sapiens et les hommes de Neandertal s'embrassaient. - A.-E.Lemoine: C'est un échange de microbes.

Merci, E.Dupond-Moretti. "Juré, craché", votre livre toujours disponible.