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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 26 septembre 2025 10 min

Après la condamnation de Nicolas Sarkozy, l’impartialité de la juge Nathalie Gavarino interroge

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

13h 15h Europa info. À 14h1 sur europein, le débat se poursuit Cal Mathias avec vos trois chroniqueurs en studio. Le chef du service politique chevaleurs actuels, Sébastien Ligier, l'avocat essayiste Gill William Gonadel et le magistrat honoraire et fondateur de l'Institut de la parole Philippe Bilger.

On continue évidemment notre débat après la condamnation hier de Nicolas Sarkozy à 5 ans de prison ferme avec mandat de dépôt à effet différé et exécution provisoire. C'est-à-dire que Nicolas Sarkozy ira en prison même s'il a interjeté appel. Euh, on parlait de la justice.

La justice est-elle politisé ? C'est la magistrate Nathalie Gavarino, cette juge là, qui a condamné hier l'ancien chef de de l'État. Sachez qu'en 2011, elle avait manifesté contre Nicolas Sarkozi sous la bannière de l'Union syndicale des magistrats.

Ce n'est pas non plus la première figure de droite qu'elle met en en prison puisque François Fillon aussi, c'était elle qui avait rendu son jugement. Évidemment, ça pose question et côté l'avocat de Nicolas Sarkozi, enfin l'un des avocats de Nicolas Sarkozi, Jean-Michel Daro qui a confirmé la présence de cette présidente du tribunal dans la manifestation contre Nicolas Sarkozy en 2011. On le sait, on le sait maintenant.

Oui, on le sait maintenant. Ouais, je veux pas encore une fois parce que je veux respecter la justice, pas nécessairement lui faire confiance mais respecter la justice. Je ne veux pas croire que ça ait pu influencer sa décision.

Maintenant, je comprendrai que d'autres le pensent. Alors Philippe Bilger, vous aussi vous êtes un là, vous êtes un ancien magistrat, mais vous est-ce que vous pensez qu'on peut manifester contre une un homme politique et ensuite l'avoir dans son tribunal et prononcer une peine sans qu'il y ait une influence entre les deux ? Moi, je ne le ferai pas. je ne l'aurais pas fait même si en 2011 ce que vous venez de rappeler a une certaine distance avec l'affaire qui nous préoccupe et je rappelle que cette magistrate durant sa présidence dans l'affaire de Nicolas Sarkozy et des autres de la part de tous les médias de droite comme de gauche n'a pas fait l'ombre d'une critique dans la direction des débats.

Alors, j'entends bien comme le dit Sébastien, que la décision qu'elle a rendue en collégialité peut déplaire, mais je ne crois pas que ça permette, d'ailleurs, il ne l'a pas fait ou de manière très très hypocrite que ça permette de discuter la légitimité de cette juridiction. Don, vous êtes d'accord avec Jean-Michel Darroi vous ? Oui, mais je ne l'aurais pas dit comme ça, hein.

Ça va s'aligner. Oui, moi je suis d'accord. Je ne dis pas que le fait que ce soit une opposante politique ou à la politique de Nicolas Sarkozy plutôt complète enfin détruisent complètement son argumentaire et la gestion de ce dossier là.

C'est pas ce que je dis. Je dis simplement dans un pays où la défiance des Français envers leur justice atteint des niveaux historiques. Est-ce qu'on aurait pas pu s'éviter ce procès-là et cette discussion là en dessaisissant cette présidente ?

Ce n'est quand même pas la seule. Il y en a, ce n'est pas la seule présidente compétente de ce tribunal. Il pouvait y en avoir d'autres qui n'avaient pas manifesté contre Nicolas Sarkozy.

Évidemment que ça crée une nouvelle fois un trouble, un soupçon et c'est ce qui suffit parfois un soupçon pour créer la défiance. Je pense qu'onait pu on aurait pu s'éviter un énorme problème en prenant un président de cours qui n'avait aucun risque de de collusion de ce genre. Je vais vous faire réagir William Golnadel.

Je voudrais vous faire écouter juste avant Pierre Moscovici, le premier président de la Cour des comptes. Il était l'invité de France Info ce matin et pour lui évidemment c'est un choc mais il ne pointe à aucun moment la responsabilité des juges. Évidemment c'est un choc.

Qui peut penser que ça ne l'est pas ? qui n'intervient pas dans un ciel serein sur le plan politique et démocratique. Je dirais que c'est quelque chose qui aussi participe de cette crise politique et démocratique et qui pose une question, c'est comment on est capable de rendre aux citoyen la confiance dans les institutions, dans la politique.

Et ça c'est un sujet fondamental qui je dire dépasse cette affaire et qu'on doit se poser parce que ça s'ajoute évidemment à une situation dont on voit bien que pour les Français elle est anxiogène, elle est mal perçue. J'ai William Golnadel. Oui, c'est pas comme ça que il faut poser la question, hein.

Euh, un juge, ça doit être comme la femme de César, elle ne doit pas être soupçonnée à tort ou à raison. Euh, vous avez une juge qui est qui a mis par exemple un de mes un de un de mes clients sur le mur des cons. Si jamais je sais que c'est elle qui va l'opérer, je vais demander sa récusation.

C'est pas parce que c'est pas parce que je suis certain qu'elle va se déchaîner sur lui, c'est que j'ai un doute légitime sur son objectivité. Idem pour cette histoire-là, il y a pas donc elle aurait dû être dessaisie. Idem pour cette histoire-là, il y a pas pénurie de juge.

Ça tombe sur elle sans que ce soit offusquant. s'il l' alors j'ai cru comprendre qu'ils l'ont appris après mais s'il le savaient avant ça n'avait rien de vexatoire que de dire non je suis désolé on on demande votre accusation pour une cause de suspicion légitime et s'il y avait eu l'élément effectivement que cette dame avait manifesté contre monsieur Sarkozi peine à imaginer sans qu'elle soit pour autant frappée d'indignité qu'on aurait trouvé quelqu'un d'autre je suis très frappé de voir à quel point cette mise en cause de la présidente m'apparaît comme un moyen de plus de battre en brèche la légitimité d'une juridiction. Et il y a d'autres arguments encore plus discutables qui ont été développés depuis hier.

Mais surtout si vous me le permettez Clélie et ce sera probablement ma dernière phrase euh non on a encore du temps. C'est le fait que les mêmes à droit ou ailleurs qui euh en permanence disent "Il faut restaurer la confiance en la justice" sont exactement les mêmes qui en permanence à chaque fois qu'un jugement ne leur plaît pas. Je pense à mon ami Henry Genau par exemple et à d'autres qui détruisent mais consciemment et lucidement la confiance qu'on doit avoir dans la justice.

Ça n'est pas elle qui se détruit. Ce sont ceux qui systématiquement avec partialité la démolissent. Alors justement à ce propos j'ai j'ai une question.

Si jamais faisons un peu de politique fiction justement, ça ou de si jamais il n'y avait pas eu cette exécution provisoire, c'estàd le fait que malgré l'appel Nicolas Sarkozy aille en prison avant même donc un nouveau procès, est-ce que vous auriez tenu les mêmes discours sur ce jugement sans même ce voilà sans sans l'exécution provisoire ? Je commence avec vous, j'ai William. pas dit un mot, je n'aurais pas dit un mot contre ce D'ailleurs c'est c'est pas mon habitude mais je n'aurais dit pas un mot sur ce jugement parce que d'abord c'est un dossier que je ne connais pas.

D'accord ? Quand vous ne connaissez pas le dossier, vous vous vous abstenez de dire quoi que ce soit et ensuite je vous mentirai en disant que certaines choses que j'ai vu dans ce dossier m'ont plongé dans un abîme de béatitude. de savoir que des gens que j'aime bien par ailleurs, dont un d'ailleurs que j'ai défendu, ont rencontré un salot de terroriste qui a qui a qui a mis une bombe dans un décis ou qui a fait 110 morts dont 56 français.

Je vous mentirai en disant que ça m'a plongé dans un abîme de béatitude. Mais en dehors de ça, je n'ai pas l'habitude. En 45 ans de métier, je me souviens pas d'avoir critiqué très souvent les décisions de justice qui ne me concernaient pas.

Quand elle me concernait, je donnais quand même mon avis parce que je connaissais le dossier. Même question Sébastien Lignet, différentes réponses. Euh non, moi ça ça ne changerait pas grand-chose parce que c'est une circonstance aggravante si vous voulez.

Moi le problème que j'ai ce n'est pas avec la condamnation en tant que telle. Si Nicolas Sacrzy est coupable, il doit aller en prison au vu de la gravité des faits. J'ai un problème avec le fait de mettre une personne, notamment un président de la République, mais ça s'applique avec n'importe quel citoyen, en prison pour une absence de fait matériel.

Moi, c'est la question de la preuve qui me dérange. C'est pas la question de la condamnation. Je considère qu'on ne peut pas envoyer quelqu'un à Forceie, un président de la République, en prison ferme pour une histoire de soupçon, pour une histoire de conviction personnelle.

Ouais. Mot, je ne suis pas du tout d'accord Sébastien, vous répétez avec talent la même argumentation. Je pas apporté de preuve mais je la s'il vous plaît votre votre réponse à ma question s'il vous plaît votre question mais bien sûr le fait que voilà s'il pas eu cette exécution je n'ai aucun plaisir à l'idée de voir Nicolas Sarkozi en prison je me serais largement satisfait d'une argumentation lucide cohérente et juridiquement efficace c'est tout je n'ai aucun plaisir je suis pas Martine Tondelier ça c'est vrai ça vous avez pas échappé merci beaucoup Philippe Gill William qui reconnaît le caractère gravissime de cette affaire mais tout le monde le reconnaît sans sans aucune difficulté.

Merci à tous les trois d'avoir participé à ce débat. Voilà pour notre débat dans Europa info. Maintenant place à la à la santé à votre santé.

Vous savez le vendredi on parle d'amour, on parle de sexualité et on va parler des troubles de l'érection. Si vous avez des questions, appelez-nous. 01820 391 Brigitte Millot arrive.

Il est 13h26 sur Europ. 13h 15h Europa Info.