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interviewLe Figaro· 5 septembre 2025 7 min

Les raisons de l'échec de François Bayrou

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'aujourd'hui, vous avez à peu près 28 millions et demi de Français qui sont en emploi et qui font vivre en quelque sorte 69 millions. Le reste de la population. On sait qu'il y a entre 15 et 20 milliards de fraudes sociales tous les ans en France et là, il y a vraiment de l'argent à récupérer.

Et donc avant d'aller chercher de l'argent dans les poches des contribuables, il me semble absolument indispensable d'aller d'abord faire celle des fraudeurs. Aujourd'hui, la France est dans une situation financière critique avec une tête record. Comment est-on arrivé là ?

Le problème de la France depuis trop longtemps, c'est qu'elle vit au-dessus de ses moyens. C'est-à-dire que malgré un taux d'imposition extrêmement élevé, comme on continue à avoir des dépenses publiques qui sont très élevées, on est obligé d'emprunter quasiment 30 fois tous les ans le budget de la justice pour justement aller combler cet écart. La France a le taux de dépense publique le plus élevé au monde. 57 % de dépenses publiques par rapport à la richesse qui est crée.

C'est un record absolu. On est le pays en Europe qui paye le plus d'impôts et pourtant les Français s'aperçoivent tous les jours qu'en fait les services publics ne sont plus au niveau. Vous entrez dans un commissariat de police, vous voyez que vraiment tout est obsolè.

Vous entrez dans un hôpital, il y a des temps d'attente incalculables aux urgences. L'école a un niveau catastrophique. Donc grosso modo, il est évident qu'aujourd'hui les Français n'en ont plus pour leur argent.

Et ce qu'il faut bien comprendre, c'est que c'est une politique en fait de longue haleine. Ça fait 50 ans que nos budgets sont votés en déséquilibre et ça fait 50 ans en fait que l'État se comporte mal. Ce que je veux dire par là, c'est que ce qui caractérise, je crois, un bon responsable de famille, un bon manager, un bon chef d'entreprise et qu'il est capable de dire non.

Et le problème de nos responsables politiques, c'est qu'ils ont dit oui à des clients en quelque sorte depuis des années. Et donc, ils ont arrosé en fait les Français de chèque dans tous les sens. Très concrètement, ils ont cédé au lobby de la dépense et donc aujourd'hui, on se retrouve avec énormément de Français qui dépendent justement de cet argent public.

François Bairou est l'un des premiers à avoir eu le courage de mettre sur le devant des priorités de la France ce déficit économique. Dans son plan pour le réduire, le Premier ministre propose notamment de supprimer de jours fériers ou encore de restreindre la liste des bénéficiaires de l'AME. Qu'est-ce que ces propositions vous inspirent ?

Je crois qu'une des raisons pour lesquelles une grande partie des Français n'a pas adhéré justement au plan proposé par François Berérou, c'est notamment parce qu'il demanderit encore des efforts à ceux qui travaillent et à ceux qui ont travaillé. Ceux qui travaillent, c'est les jours fériers. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'aujourd'hui, vous avez à peu près 28 millions et demi de Français qui sont en emploi et qui font vivre en quelque sorte 69 millions, le reste de la population.

Donc leur demander des efforts alors qu'ils ont déjà un sac à dos, notamment en terme de charge sociale qui est très lourd, c'est effectivement inadmissible. De la même manière, demander des efforts à ceux qui ont déjà beaucoup travaillé parce qu'il faut rappeler quand même que ceux qui sont à la retraite aujourd'hui certes, ils ont bénéficié de conditions économique extrêmement avantageuse. Certes, ils ont pu acheter par exemple des logements pas chers.

Mais ce qu'il faut comprendre, c'est que il travaillait en tout cas dans l'année plus que les actifs d'aujourd'hui. Il travaillent à peu près 2000 he alors que les actifs d'aujourd'hui travaillent à peu près 1600 heures. Et donc taper encore sur ceux qui ont travaillé et ceux qui travaillent beaucoup aujourd'hui, ça me semble absolument inadmissible.

Selon vous, que faudrait-il faire en priorité ? Pour véritablement et durablement rétablir l'équilibre de nos comptes, je crois qu'il y a six pistes à explorer. La première piste, c'est la réforme des retraites.

C'est le grand tabout des débats qu'on a eu ces derniers temps. Il faut absolument introduire une dose de capitalisation dans notre système de retraite, sinon il va tomber de l'humaine. Deuxième sujet important, c'est le sujet du 1000 feuilles administratif.

On sait qu'aujourd'hui on a beaucoup trop de strates. La commune, l'agglomération, la communauté de commune, les départements, les régions, il faut absolument faire le ménage là-dedans. Et d'ailleurs, un rapport récent a montrer que ce 1000 feuilles administratifs coûtait tous les ans 7,5 milliards d'euros aux français. 3è sujet, c'est le nombre de fonctionnaires.

On sait qu'aujourd'hui, on a 15 millions d'habitants en moins que l'Allemagne et pourtant, on a 1 million de fonctionnaires en eux. Là, il faut absolument réduire au moins de 2 millions le nombre de fonctionnaires, notamment dans les collectivités locales où on a depuis à peu près 15 20 ans plus 44 % d'embauche dans les collectivités locales. Troisème sujet qui me semble important, c'est le sujet de l'immigration.

Je pense notamment aux aides qui sont versées et qui sont ce qu'on appelle des aides non contributives, c'est-à-dire des aides auxquelles un certain nombre d'étrangers ont droit sans même avoir cotisé préalablement. Je pense par exemple aux allocations familiales, à la prime d'activité, aux allocations de logement. Ce qu'on pouvait regretter dans le plan initial de François Berou, c'est qu'il y a absolument rien sur le sujet de l'immigration.

Donc là, je crois qu'on peut se réjouir du fait qu'il pense faire des économies sur l'AME, l'aide médicale d'État qui coûte à peu près 1 milliard30003 chaque année au français. Alors, c'est vrai que c'est pas énorme par rapport aux 1700 milliards de dépenses publiques, mais néanmoins, il y a une forte dimension symbolique. Autre sujet fondamental qui me semble-til pas assez exploité, c'est le sujet des fraudes sociales.

On sait qu'il y a entre 15 et 20 milliards de fraudes sociales tous les ans en France et là, il y a vraiment de l'argent à récupérer. Et donc, avant d'aller chercher de l'argent dans les poches des contribuables, il me semble absolument indispensable d'aller d'abord faire celle des fraudeurs. Et puis dernier sujet qui me semble essentiel, c'est le sujet des agences d'État.

Vous avez à peu près de plus de 1000 agences, ça représente plus de 150 milliards d'euros avec des fonctionnaires qui sont souvent rémunérés à justement pondre des normes qui doivent être appliquées par les fonctionnaires de terrain et qui sont ensuite doivent être contrôlés pour vérifier si ces normes ont bien été appliquées. Donc les agences de l'État, il faut absolument les fusionner, les supprimer et ça passe naturellement par la révision du périmètre de l'État. La question fondamentale derrière les agences, c'est de se dire est-ce que l'État doit gérer tel ou tel sujet et il faut qu'on ait ce sujet de fond à l'occasion de la prochaine élection présidentielle.

Il semble y avoir un sursaut dans la société, notamment avec ce mouvement Nicolas qui paye. Alors, pourquoi les politiques n'ont-ils pas le courage d'agir davantage ? C'est précisément parce qu'aujourd'hui il y a tant de Français qui dépendent de cet argent à travers des chècs, à travers des subventions, des allocations diverses et variées qu'aujourd'hui dès lors qu'on veut réduire la dépense publique, on a des Français ou des étrangers qui sont justement impactés par cette éventuelle baisse.

Donc partant de là, on manque de responsables politiques qui sont capables de dire les yeux dans les yeux aux français que oui, il va falloir faire des efforts sur certaines catégories de la population. Je pense notamment bien sûr à des populations qui ne créent pas directement de la richesse. On oublie de se dire qu'effectivement il faut faire en sorte de remettre le maximum de personnes au travail.

C'est le premier élément. Deuxième élément, c'est qu'il faut aussi ne jamais sous-estimer les forces de blocage. Je pense notamment au syndicat qui depuis tant d'années empêchent la France justement de se réformer.

La bonne nouvelle, c'est que on voit notamment sur le réseaux sociaux des mouvements, des groupes qui qui sont en train de se constituer et qui incarnent en fait le ralbol fiscal français. Ce qui est à craindre, c'est que le mouvement bloquou du 10 septembre prochain va suivre exactement le même parcours et le même parcours idéologique même que celui des gilets jaunes. C'est-à-dire, c'est un mouvement qui est initialement provoqué par des gens qui en ont justement rasbol de ces gaspillages d'argent public.

Et malheureusement, comme pour les gilets jaunes, je crains que ça va être récupéré justement par l'extrême gauche, donc la gauche la plus radicale et qui va demander encore plus de dépenses publique, encore plus d'impôts, qui était en fait finalement exactement le contraire des revendications des gens qui ont lancé ce mouvement. [Musique]